Google Questions [en]

[fr] Comment Google détermine-t-il (1) le pays d'où provient un site et (2) la langue d'une page? Pourquoi les résultats d'une recherche en français sont-ils différents, selon qu'on utilise google.ch ou google.fr?

So, I’m writing up a document for a client about search engine placement. Not really an SEO thing, more a “good search engine placement results from popularity and success, not the opposite” thing. Like, (gosh, am I being eloquent right now,) setting objectives like “be in the first three results for this or that keyword combination is not very realistic.”

Anyway, I’m stuck in the part about limiting seach to one country or a language (which is a “big thing” if you live outside Anglophonia and ambition to reach the local population). I realise that the way Google manages these different searches is not quite clear to me.

**Location**

If you go to [google.ch](http://google.ch) you can choose to do a search for [“pages from Switzerland”](http://www.google.ch/search?hl=en&q=stephanie+booth&btnG=Google+Search&meta=cr%3DcountryCH) (I’m using my name as a search term example). Or with [google.fr](http://google.fr/), “[pages from France](http://www.google.fr/search?hl=en&q=stephanie+booth&btnG=Google+Search&meta=cr%3DcountryFR)” (language set to English both times so you can compare). My assumption (thanks [shastry](http://vinayshastry.blogspot.com)) is that they use server location for that. But is that all? (My server is in the US, so that explains why CTTS does not show up as a “Swiss” site.)

**Language**

If I select French as the search language, I get different results whether I use [google.ch](http://www.google.ch/search?hl=fr&q=stephanie+booth&btnG=Recherche+Google&meta=lr%3Dlang_fr) or [google.fr](http://www.google.fr/search?hl=fr&q=stephanie+booth&btnG=Rechercher&meta=lr%3Dlang_fr). I assume Google uses language detection — but why are the results different?

Thanks for any explanation which can help me see a bit more clearly.

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Pas capté Twitter? [fr]

[en] A round-up of the common arguments raised against Twitter: "the whole world doesn't find your breakfasting habits fascinating, you know," "what do you care that your friends are watching a football match" (totally missing what human relationships are about, and ambient intimacy), "it just inflates your ego" (hey! talking about oneself has nothing to do with the moralistic concept of "ego"), and even, "it's lame!"

Je crois que je vais commencer à recenser les “arguments” avancés par ceux qui ne “captent” pas Twitter (filez lire mon ancien billet si vous voulez [des explications sur Twitter](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/15/twitter-cest-quoi-explications/)):

#### 1- C’est pas intéressant! Ça vole pas haut! On s’en fout!

> Vous vous trouvez sur un yacht à Minorque? (c’est en Espagne, pas à Malte) Vous pensez que ca peut intéresser le monde entier?

*[Etienne Maujean](http://e-maujean.net/?p=30)*

> Parce que je ne vois pas l’intérêt pour l’ensemble du monde de savoir que :

> “Houla…chui fatigué !”

*[Thomas Bonnin](http://www.toile-filante.com/2007/03/18/la-vague-twitter-pour-ou-contre/)*

“les gens envoient des messages débiles pensant que ça intéresse le monde entier” — euh, non, je vous rassure, je ne crois pas que mon grapefruit au p’tit déj intéresse le monde entier; par contre, mettre cette info publiquement à disposition est le moyen le plus simple de m’assurer que les personnes que ça intéresse effectivement y ont accès (*pull* vs. *push*, vous vous souvenez?)

Au risque de me répéter (parce que c’est valable pour les blogs, et plutôt trois fois qu’une): **ce n’est pas parce qu’on publie quelque chose sur internet et que le monde entier *peut* le voir qu’on pense nécessairement que *ça va intéresser tout le monde*.**

#### 2- Savoir ce que font ses amis, ça avance à rien!

> Bon, les fans (un exemple ici) disent que ce service donne un aperçu de la journée type de vos proches. “Ah Jean-Marc regarde le match de foot? Moi aussi c’est rigolo!” Ca va loin.

*[Etienne Maujean](http://e-maujean.net/?p=30)*

Un seul exemple parce que j’ai la flemme de chercher plus loin, mais cet argument est régulièrement avancé par ceux qui visiblement n’ont pas pris le temps (vu ce qui précède, je ne vais pas jeter la pierre) de comprendre comment fonctionnent les relations humaines et l’intimité en particulier. Ce sont “les petites choses de la vie” qui font les gens proches. Et [l’intimité ambiante](http://www.disambiguity.com/ambient-intimacy/ “Article à lire impérativement.”) qu’apporte Twitter peut aider à garder vivants ou même renforcer les liens distendus par la distance (c’est moche ou poétique, à vous de choisir). Certains l’ont compris:

> Après d’immense réflexion (il n’a que les cons qui ne change pas d’avis) j’ai peut-être trouvé une utilité à Twitter : J’habite à quelques milliers de kilomètres de ma famille et amis et Twitter pourrait me permettre d’être un peu plus en contact avec eux.

*[Thomas Bonnin](http://www.toile-filante.com/2007/03/18/la-vague-twitter-pour-ou-contre/)*

Ou mieux (il a parfaitement pigé):

> Il est par contre indéniable que ce qui est présent est du contenu personnel. Je le vois surtout comme une sorte de construction permanente d’un background, une certaine manière de continuer à oxygéner l’atmosphère qui nous entoure entre deux absences.

*[Tam Kien Duong](http://cendres.net/websomathic/2007/03/23/33-twitter-la-diffeacuterence-entre-la-technique-et-lusage)*

#### 3- Parler de soi, c’est lustrer le poil de son ego.

Un splendide exemple de cette façon de penser chez Frédéric (que j’apprécie au passage, même s’il ne peut pas saquer Twitter):

> On aura beau dire, même si la principale fonction du web 2.0 semble être d’exacerber l’ego par ailleurs démesuré de ceux qui s’y affichent, certains services à première vue gadgets ont fini grâce aux mashups à trouver une certaine utilité. Jusqu’à l’arrivée de Twitter.

*[Frédéric de Villamil](http://fredericdevillamil.com/twitter-la-branlette-2-0)*

Attends… parler de soi, c’est de l’*ego*? Navrée, mais ça sent les grands relents de moralisme genre “les autres d’abord, et se mettre en avant c’est mal”. On a besoin de se raconter. C’est comme ça qu’on se construit, et qu’on construit *avec* autrui. Ce n’est pas de *l’ego*. Alors oui, Twitter c’est parler de soi — tout comme on parle de soi quand on va boire un pot avec un ami (enfin j’espère un peu quand même) ou quand on rédige une opinion personnelle sur son blog.

Donc merci, mon ego se porte très bien (et on sait d’ailleurs que toute cette histoire d’*ego* n’est qu’un faux problème, car ceux qui semblent en avoir le plus sont en fait ceux qui ont le plus de problèmes d’estime de soi — un peu de sympathie pour son prochain donc) et si raconter à ceux qui veulent l’entendre que [je cherche mon chat](http://twitter.com/stephtara/statuses/52760052), que j’ai [trouvé un acheteur](http://twitter.com/stephtara/statuses/60028912) pour ma voiture, ou que [je mange du grapefruit](http://twitter.com/stephtara/statuses/25578041) pour le petit déjeuner, qu’est-ce que ça peut bien vous faire?

Version courte: c’est pas parce qu’on parle de soi qu’on a la tête qui passe plus les portes. Grumph.

D’ailleurs, on en revient, la preuve:

> La première fois que j’ai entendu parler de twitter j’ai trouvé ça simplement ridicule, comme une autre façon de se tripoter le nombril l’air de rien […] La morale de l’histoire : Ne jamais juger définitivement un outils avant de l’avoir utiliser et observer comment les autres s’en servent concrètement. Les objets ne sont seulement pas que ce qu’ils sont mais aussi ce qu’on en fait (et pas seulement non plus ce qu’on devrait en faire) !

*[Tam Kien Duong](http://cendres.net/websomathic/2007/03/23/33-twitter-la-diffeacuterence-entre-la-technique-et-lusage)*

#### 4- C’est nul! C’est naze!

Il y a aussi ceux qui n’essaient même pas vraiment d’argumenter, se contentant de clamer l’évidence que c’est vraiment trop nul, comme service:

> Tout le monde ne parle plus que de Twitter, “The service web 2.0″ à la mode… Mais c’est vraiment naze!

> J’ai testé l’application il y a quelques jours et j’ai vraiment mis du temps pour comprendre à quoi cela servait. De ce que j’en ai capté vous pouvez informer le monde et éventuellement vos amis (puisque c’est un réseau social) de ce que vous faite à l’instant T grâce à des phrases courtes (très courte même), sans image, sans liens. Le problème est que cela ne vole vraiment pas haut dans le genre “ah je suis fatigué” ou “je vais aller me coucher”, très intéressant donc.

*[Henri Labarre](http://www.2803.com/2007/03/16/twitter-un-service-tendance-vraiment-naze/)*

(Bon, on devine quand même un semblant de “ça intéresse pas le monde entier, vos conneries” et “savoir que ses amis vont se coucher ça n’apporte rien”. Je suis peut-être un peu dure en disant que c’est complètement dénué d’argumentation.)

#### Liens

Pour les râleurs, voyez:

– [Touiteur!](http://e-maujean.net/?p=30)
– [Twitter, la branlette 2.0](http://fredericdevillamil.com/twitter-la-branlette-2-0)
– [La vague Twitter, pour ou contre?](http://www.toile-filante.com/2007/03/18/la-vague-twitter-pour-ou-contre/)
– [Twitter un service “tendance” vraiment naze](http://www.2803.com/2007/03/16/twitter-un-service-tendance-vraiment-naze/) (certains [commentaires](http://www.2803.com/2007/03/16/twitter-un-service-tendance-vraiment-naze/#comments) valent aussi le détour)

Pour une critique constructive:

– [Is Twitter TOO good?](http://headrush.typepad.com/creating_passionate_users/2007/03/is_twitter_too_.html)

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"Pouvez-vous nous faire un site?" — rôle du consultant [fr]

[en] I'm regularly asked by potential clients to "make a website for them". This is not something I do -- if it is the only thing expected from me -- because I think that it is often a recipe for unsatisfaction. I see myself as somebody who is mainly going to educate my clients about "the internet", and accompany them in setting up a solution for their web presence which keeps them as autonomous as possible.

This post is mainly a reproduction of a document I made for a client, explaining the difference between a "service provider" and a "consultant", and the advantages of hiring the services of a consultant, even if what you want is "a web site".

Il y a quelque temps, j’ai été contactée dans le cadre d’une appel d’offres pour un site internet. Cela m’arrive relativement régulièrement: “Nous n’avons pas de site, pouvez-vous nous en faire un?” L’attente du client, dans ce cas, est généralement la livraison d’un site clé en mains pour lequel il aura fourni un certain nombre d’informations au prestataire de services (exigeances ou souhaits concernant le graphisme, la structure du site, le contenu), avec un minimum de formation pour pouvoir s’occuper du site par la suite, ou un contrat de maintenance.

Personnellement, je n’aime pas du tout travailler comme ça. Je préfère apprendre à mes clients comment pêcher (ici: mettre en place une présence internet) que de leur donner une caisse de filets de carrelet (ici: un site internet bien emballé avec manuel d’utilisation). Même si on peut argumenter que je ne suis pas une [pure consultante](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/07/martin-roell-getting-started-in-consulting-lift07/), c’est quand même le conseil et l’accompagnement qui sont au centre de ma démarche, dans une optique “comprendre et apprendre internet”. Ça convient, ou ça ne convient pas, mais c’est comme ça que je travaille en ce moment.

Suite à une première rencontre avec le client où j’ai expliqué tout ça, j’ai résumé sous forme d’un document écrit les principaux éléments de la discussion. Comme je l’ai déjà fait (voir: [Musique: bénéfices d’une bonne stratégie internet](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/18/musique-benefices-dune-bonne-strategie-internet/), je reproduis ici avec quelque modifications (anonymisation en particulier) ce document.

#### Consultant ou société de services

Le rôle d’un consultant est d’accompagner le client dans une démarche (de changement ou de résolution de problème). A ce titre, il peut être appelé à fournir des services, mais ce n’est pas là son rôle premier. Il vise à ce que le client soit autonome à la fin du mandat. C’est un investissement dont les résultats resteront sensibles sur le long terme.

La société de services fournit un produit fini, souvent avec un contrat de maintenance. S’il faut apporter des modifications au produit après la fin du mandat, il faut faire à nouveau appel à la société de services (et payer en conséquence). Le client reste dans une relation de dépendance, un peu au coup par coup.

Cette distinction est certes simplificatrice. Dans le cas qui nous occupe, on peut dire que le “problème” auquel on veut remédier est la non-utilisation d’internet comme canal de communication, et que “créer un site” est la solution proposée. Mais ce n’est pas nécessairement une solution suffisante, car les attentes quant à la résolution de se problème ne sont pas juste “avoir un site”, mais à un plus haut niveau (stratégie de communication tirant parti de ce qu’internet peut offrir, peut-être une certaine autonomie par rapport à ce média généralement mal connu, également).

En l’occurrence, l’appel d’offres lancé par l’organisation concerne principalement la livraison d’un produit fini (un site internet), dont une partie du contenu et des caractéristiques ont déjà été élaborés de façon interne.

En tant que consultante, je ne livre pas de produits finis comme le font les sociétés de services, à moins que cela ne soit dans le cadre d’un mandat plus large. Le risque que le “produit fini” ainsi livré tombe à côté des attentes réelles mal identifiées est en effet trop grand. Je considère que cela ne rend pas service au client (qui court de grands risques d’être insatisfait en fin de compte), et par extension, cela ne me rend pas service non plus en tant que professionnelle.

#### Un consultant pour une démarche internet

On peut se demander — et c’est compréhensible — s’il est vraiment pertinent d’utiliser les services d’un consultant pour la mise en place d’un site internet. Ce n’est effectivement absolument pas nécessaire si tout ce que l’on désire est “un site”. Cependant, il faut être conscient qu’en abordant les choses ainsi le site en question risque fort d’être insatisfaisant, ou de le devenir dans un futur plus ou moins proche.

En effet, un site internet, au contraire d’une brochure imprimée, n’est pas véritablement un produit qui peut être “fini”. C’est un espace, un lieu d’ouverture sur l’extérieur à travers internet, et qui est en évolution permanente. Faire évoluer cet espace (ne serait-ce que pour garder à jour le contenu pour refléter l’évolution de la vie de l’organisation) demande l’acquisition de certaines compétences à l’intérieur de l’organisation.

De plus, internet n’est pas simplement “du contenu imprimé accessible par ordinateur”. C’est un média à part entière, avec ses caractéristiques propres, sa culture, ses règles, et sa technologie. C’est un média très mal connu du public non spécialisé, d’une part parce qu’il évolue très vite (rester “à jour” demande donc un investissement conséquent), et d’autre part parce qu’il est très jeune (les personnes de plus de 25-30 ans n’ont en général eu aucun contact avec ce média, même passif, durant leurs années formatrices).

Faire appel aux services d’un spécialiste de ce média lorsque l’on décide d’y faire ses premiers pas permet:

* de comprendre réellement ce qui est en jeu, et donc d’être plus en contrôle de ce que l’on va y faire, et de ne pas naviguer à l’aveugle;
* d’adapter l’utilisation de ce nouveau média à la culture spécifique de l’organisation, y compris à son degré de confort avec un outil peu connu, et donc potentiellement déstabilisant et inquiétant;
* d’avoir un interlocuteur qui peut “faire l’intermédiaire” entre l’organisation et les sociétés de services auxquelles elle ferait appel;
* d’acquérir une plus grande autonomie par rapport à ce média et une stratégie de communication en évolution.

#### Forme possible d’un mandat

Voici par exemple comment le consultant pourrait accompagner l’organisation dans le cadre de la mise en place d’un site internet:

* soutien pour la gestion du projet à l’intérieur de l’organisation
* formation technique et “culturelle” des personnes gérant le site, y contribuant, et des décideurs
* assistance technique et stratégique en cas de difficultés
* accompagnement durant la préparation, mise en place du site, et même après
* réponses aux questions
* coaching rédactionnel
* interface (“traduction”) avec les prestataires tiers
* aussi possibilité d’agir comme société/fournisseur de services (=”mettre en place le site”, avec un outil de gestion de contenu léger rendant les mises à jour possibles de façon autonome), mais pas obligatoire
* …

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D'où vient cette idée de livre? [en]

[fr] An attempt to start book-writing. How I came to the field of teenagers and online culture, and what questions the book will try to address.

L’obstacle majeur pour l’accomplissement d’une tâche est souvent simplement de se mettre au travail. Il en va de même pour l’écriture. Il m’a fallu près d’un an pour commencer à écrire mon mémoire, et un peu plus d’un mois pour en achever la rédaction lorsque je m’y suis finalement mise. J’ai appris et compris, à cette occasion, qu’écrire n’importe quoi c’est déjà commencer. En particulier, raconter comment on est bloqué et ce dont on voudrait parler si on parvenait seulement à écrire, c’est déjà un excellent pas en avant.

Au milieu du mois d’octobre passé, j’ai réalisé que j’avais la matière nécessaire pour écrire ce fameux livre dont j’avais toujours dit que je l’écrirais un jour, mais que je n’avais aucune idée de quoi il parlerait et que dans tous les cas, je n’étais pas prête à me lancer dans une opération de cette envergure. Depuis, j’ai fait un plan, j’y ai beaucoup pensé, j’en ai beaucoup parlé, j’ai pris la décision ferme de l’écrire, et je l’ai annoncé [sur mon blog](http://climbtothestars.org/categories/livre/). Mais je n’ai pas écrit une seule ligne.

Oh, c’est clair : début d’une vie professionnelle indépendante, les [mains qui font mal](/tms/), quarante-six mille autres projets… Plein de bonnes raisons objectives, mais surtout, il faut bien l’avouer, une bonne vieille trouille de me jeter à l’eau. Maintenant, [le Dragon est installé sur mon Mac](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/31/nouveau-dragon), je suis en Angleterre pendant deux semaines, et il n’y a donc aucune raison objective de ne pas commencer.

Donc, je commence. Et je commence par vous expliquer ce qui m’a mené à écrire ce livre, dans l’espoir que cela éclairera — et me permettra de clarifier — la problématique que je désire aborder et le traitement que j’en ferai.

Début 2004, suite à mon apparition à l’émission télévisée Mise au Point, on m’a demandé pour la première fois de venir faire une conférence dans une école. Il s’agissait de parler à une classe d’élèves et de leur expliquer ce qu’étaient les blogs, à quoi ils pouvaient servir et surtout, de les rendre attentifs au fait qu’il y a des limites à ce que l’on peut publier sur Internet. L’école en question s’était en effet retrouvée confrontée à quelques débordements de ce côté-là et à l’incompréhension des élèves (leurs protestations vigoureuses, même) lorsqu’il lui avait fallu intervenir.

Durant les mois qui précédaient, jeune enseignante, j’avais en effet découvert les élans blogueurs de mes élèves, et par extension, ceux de toute une population adolescente que j’avais largement ignorée jusque-là. J’avais commencé à m’y intéresser et j’avais déjà tiré quelques conclusions concernant les causes des incidents dont les médias se régalaient, et qui impliquaient des publications d’adolescents sur des blogs. Quelques problèmes de cette nature auxquels j’avais été directement confrontée avec mes élèves de l’époque m’avaient aussi donné une expérience personnelle de la situation.

Ma première [conférence en milieu scolaire](http://stephanie-booth.com/conferences/) a été extrêmement bien reçue. On m’a demandé d’en faire une deuxième, puis une troisième. D’autres établissements scolaires m’ont contactée. J’ai commencé à parler non seulement aux élèves, mais également aux enseignants et aux parents. Et les conférences, ça va dans les deux sens. Je viens pour donner quelque chose, mais en retour, il y a toujours des conversations, de nouvelles personnes à rencontrer, des histoires à entendre, bref, des choses à apprendre pour moi.

En parallèle, [les médias ont commencé à faire appel à moi](http://climbtothestars.org/about/presse) régulièrement pour toutes sortes de sujets touchant aux blogs, mais principalement (au début en tout cas) dès qu’il s’agissait de blogs et d’adolescents. Prof et blogueuse assez en vue, c’était visiblement un mélange détonnant.

Au fil de mes contacts avec le monde des gens qui connaissent mal les blogs, j’ai pris conscience que beaucoup de choses qui pour moi relevaient du sens commun n’allaient en fait pas du tout de soi. J’ai réalisé que j’avais des choses à dire, et même des tas de choses à dire, et que ces choses étaient utiles à autrui. En fait, j’ai pris conscience que nous étions face à un problème à grande échelle, touchant une génération d’adolescents et de parents, ainsi que les éducateurs, et que j’étais en train d’y proposer des solutions. Les solutions que je proposais étaient bien modestes : il s’agissait simplement d’informer chacun selon ses besoins et préoccupations, de leur communiquer ce que je savais et j’avais compris de cette culture numérique, celle des blogs, du chat, de l’Internet vivant, et de l’impact que cette culture était en train d’avoir sur notre société.

Voilà donc de quoi je veux parler dans ce livre. Quel est ce problème exactement ? Que peut-on dire de ses causes ? Quelles sont les conséquences que nous voyons aujourd’hui ? Que peut-on faire, que doit-on faire pour y remédier ? Je vais essayer de répondre à ces questions dans les grandes lignes lors de mon prochain billet.

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BlogCamp: Multilingual Blogging Session [en]

[fr] Mise par écrit des notes de préparation pour ma présentation hier au sujet des blogs multilingues, lors du BlogCamp à Zürich. En deux mots: il faut des gens pour faire le pont entre les îles linguistiques sur internet, et la façon dont sont conçus nos outils n'encourage pas les gens à être multingues sur leurs blogs. C'est pourtant à mon avis la formule la plus viable pour avoir de bons ponts.

I presented a session about multilingual blogging at [BlogCamp](http://blogcamp.ch) yesterday in Zürich. Thanks to all of you who attended (particularly as I was [competing](http://flickr.com/photos/bunny/432373547/) with [Xing’s Nicolas Berg](https://www.xing.com/profile/Nicolas_Berg/)!) and wrote about the session ([Bruno](http://www.lunchoverip.com/2007/03/a_day_at_the_bl.html) of course, [Sarah](http://politikblogs.wordpress.com/2007/03/24/live-blogging-from-blogcampswitzerland/), [Sandra](http://www.chiperoni.org/wordpress/archives/2007/03/24/blogcampswitzerland/), [Maira](http://vitaminab.org/cms/en/multilingual-blog), [Jens-Rainer](http://www.blogwiese.ch/archives/556), [Waltraut](http://siebensachen.twoday.net/stories/3478815/), [Jokerine](http://www.hdreioplus.de/wordpress/?p=150), [Antoine](http://gedankenblitze.ch/?p=13)*…let me know if I need to add you here*), and to [Greg](http://cascades2alps.blogspot.com/) in particular for [filming the session](http://youtu.be/gLf_EquogUc).

Although I’m rather used to [giving talks](http://stephanie-booth.com/conferences), this was the first time my audience was a bloggy-geek crowd, so it was particularly exciting for me. I prepared my talk on the train between Lausanne and Bern, and unfortunately prepared way too many notes (I’m used to talking with next to no notes), so I got a bit confused at times during my presentation — and, of course, left stuff out. Here’s a rough transcript of [what I prepared](http://flickr.com/photos/bunny/433344448/). Oh, and don’t forget to look at this [photo of my cat Bagha](http://flickr.com/photos/bunny/349150808/) from time to time to get the whole “experience”.

Steph giving her talk.
Photo by Henning

**Talk notes**

In the beginning there was the Big Bang. Space, time and matter came to exist. (Physicists in the audience, please forgive me for this.) We know it might end with a Big Crunch. Internet looks a bit like this Big Crunch, because it gets rid of space. With the right link to click on, the right URI, anybody can be anywhere at any time.

However, we often perceive the internet as a kind of “space”, or at least as having some sort of organisation or structure that we tend to translate into spatial terms or sensations. One way in which the internet is organised (and if you’re a good 2.0 person you’re acutely aware of this) is **communities**.

Communities are like gravity wells: people tend to stay “in” them. It very easy to be completely oblivious to what is going on in other communities. Barrier to entry: culture. Language is part of a culture, and even worse, it’s the vehicle for communication.

What is going on in the other languageospheres? I know almost nothing of what’s going on in the German-speaking blogosphere. The borders on the internet are linguistic. How do we travel? There is no digital equivalent of walking around town in a foreign country without understanding a word people say. **Note: cultural divides are a general problem — I’m trying to focus here on one of the components of the cultural divide: language.**

Who speaks more than one language? In the audience, (almost) everyone. This is doubly not surprising:

– Switzerland is a multilingual country
– this is the “online” crowd (cosmopolitan, highly educated, English-speaking — though English is not a national language here)

Two episodes that made me aware of how strong language barriers can be online, and how important it is to encourage people to bridge the language barriers:

– [launching](http://climbtothestars.org/archives/2001/03/21/faire-part/) [Pompage.net](http://pompage.net) because at the time of the [browser upgrade initiative](http://web.archive.org/web/20010223215147/http://www.webstandards.org/upgrade/) I [realised](http://climbtothestars.org/archives/2001/02/24/tableaux-ou-non/ “Look at all those English language links I pointed my poor French readers to.”) that many French-speaking people didn’t have access to all the material that was available in Anglophonia, because they just didn’t understand English well enough;
– the very different feelings bloggers had about [Loïc Le Meur](http://loiclemeur.com/) when he first started being active in the blogosphere, depending on if they were French- or English-speaking, particularly around the time of the [Ublog story](http://climbtothestars.org/archives/2004/07/21/u-blog-six-apart-and-their-angry-bloggers/).

A few questions I asked the audience (mini-survey):

– who reads blogs in more than one language? (nearly everyone)
– who blogs in more than one language?
– who has different blogs for different languages?
– who has one blog with translated content in both languages? (two courageous people)
– who has one blog with posts in various languages, mixed? (half a dozen people if my memory serves me right)
– who feels they act as a bridge between languages?

So, let’s have a look at a few multilingual blogging issues (from the perspective of a biased bilingual person). Despite the large number of people out there who are comfortable writing in more than one language (and the even larger number who are more or less comfortable reading in more than one language), and the importance of bridging cultural/linguistic gaps, blogging tools still assume you are going to be blogging in **one language** (even though it is now accepted that this language may not be English).

What strategies are there for using more than one language on a blog, or being a good bridge? Concentrate first on strategy and then worry about technical issues. Usage is our best hope to make tool development evolve, here.

*A. Two (or more) separate blogs*

– not truly “multilingual blogging”, it’s “monolingual blogging” twice
– caters well to monolingual audiences
– not so hot for multilingual audiences: must follow multiple blogs, with unpredictable duplication of content

*B. Total translation*

– a lot of work! goes against the “low activation energy for publiction” thing that makes blogging work (=> less blogging)
– good for multilingual and monolingual audiences
– technical issues with non-monolingual page (a web page is assumed to be in a single language…)

*C. Machine translation!*

– getting rid of the “effort” that makes B. fail as a large-scale solution, but retaining the benefiits!
– problem: machine translation sucks
– too imprecise, we don’t want *more* misunderstanding

*D. A single blog, more than one language (my solution)*

– easy for the blogger, who just chooses the language to blog in depending on mood, bridge requirements, etc.
– good for the right multilingual audience
– technical issues with non-monolingual pages
– how do you take care of monolingual audiences? provide a summary in the non-post language

“Monolingual” audiences are often not 100% monolingual. If the number of people who are perfectly comfortable writing in more than one language is indeed rather small, many people have some “understanding” skills in languages other than their mother tongue. Important to reach out to these skills.

For example, I’ve studied German at school, but I’m not comfortable enough with it to read German-language blogs. However, if I know that a particular post is going to be really interesting to me, I might go through the trouble of reading it, maybe with the help of some machine translation, or by asking a German-speaking friend.

A summary of the post in the language it is not written in can help the reader decide if it’s worth the trouble. Writing in a simple language will help non-native speakers understand. Making sure the number of typos and grammar mistakes are minimal will help machine translation be helpful. And machine translation, though it is often comical, can help one get the gist of what the post is about.

Even if the reader is totally helpless with the language at hand, the summary will help him know what he’s missing. Less frustrating. And if it’s too frustrating, then might give motivation to hunt down a native speaker or do what’s required to understand what the post is about.

Other bridging ideas:

– translation networks (translate a post or two a month from other bloggers in the network, into your native language)
– translation portal (“news of the world” with editorial and translation work done) — check out [Blogamundo](http://blogamundo.net/dev/about)

Problem I see: bloggers aren’t translators. Bloggers like writing about their own ideas, they’re creative people. Translating is boring — and a difficult task.

Some more techy thoughts:

– use the lang= attribute, particularly when mixing languages on a web page (and maybe someday tools will start parsing that)
– CSS selectors to make different languages look different (FR=pink, EN=blue for example)
– language needs to be a post (or even post element) attribute in blogging tools
– WordPress plugins: language picker [Polyglot](http://fredfred.net/skriker/index.php/polyglot) and [Basic Bilingual](http://climbtothestars.org/archives/2005/01/23/basic-bilingual-plugin/)
– excerpt in another language: what status in RSS/atom? Part of the post content or not? Can RSS/atom deal with more than one language in a feed, or do they assume “monolingualism”?
– [indicating the language of the destination page a link points to](http://daniel.glazman.free.fr/weblog/archived/2002_09_15_glazblogarc.html#81664011)

**Extra reading**

The nice thing about having a blog is that you can dive back into time and watch your thinking evolve or take place. Here is a collection of posts which gravitate around language issues (in a “multilingual” sense). The [Languages/Linguistics category](http://climbtothestars.org/categories/languages-linguistics) is a bit wider than that, however.

Blogging in more than one language:

– [Writing](http://climbtothestars.org/archives/2000/08/18/writing/) — translation is just too much work; bilingual desires, but daunted by the workload
– [Bilingual?](http://climbtothestars.org/archives/2000/11/24/bilingual/) — the day (four months after its birth) this weblog became officially bilingual
– [Multilingue!](http://climbtothestars.org/archives/2002/09/17/multilingue/) — how to indicate the language of a link target using CSS
– [Life and Trials of a Multilingual Weblog](http://climbtothestars.org/archives/2004/07/11/multilingual-weblog/) — written after some discussions on the topic at [BlogTalk 2.0](http://climbtothestars.org/archives/2004/07/07/blogtalk-20-compte-rendu/)
– [Basic Bilingual Plugin](http://climbtothestars.org/archives/2005/01/23/basic-bilingual-plugin/) for WordPress
– [Thinking About Tags](http://climbtothestars.org/archives/2005/01/16/thinking-about-tags/) (and languages)
– [Requirements for a Multilingual WordPress Plugin](http://climbtothestars.org/archives/2006/01/22/requirements-for-a-multilingual-wordpress-plugin/)
– [Multilingual Proposals (Reboot, BlogCamp)](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/18/multilingual-proposals-reboot-blogcamp/)

About the importance of language, etc.:

– [Multilingual Dragon](http://climbtothestars.org/archives/2002/12/22/multilingual-dragon/)
– [SwissBlogs Needs Your Help](http://climbtothestars.org/archives/2005/03/23/swissblogs-needs-your-help/) — [SwissBlogs](http://climbtothestars.org/?s=swissblogs), oldest Swiss blog directory (and multilingual already), call for help. *(I mentioned during my session that I would not comment on any ideas about Switzerland needing a “national blog directory” of any type… part of the story here if you want to dig.)*
– [SpiroLattic Resurrection](http://climbtothestars.org/archives/2006/02/25/spirolattic-resurrection/) — some background on a short-lived multilingual wiki experiment
– [Vous parlez de blogosphère suisse?](http://climbtothestars.org/archives/2006/03/07/vous-parlez-de-la-blogosphere-suisse/) — a tag proposal to try and give the fragmented “Swiss blogosphere” some cohesion
– [About the Swiss Blog Awards (SBAW)](http://climbtothestars.org/archives/2006/04/30/about-the-swiss-blog-awards-sbaw/)
– [English Only: Barrier to Adoption](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/24/english-only-barrier-to-adoption/)
– [Not All Switzerland Speaks German, Dammit!](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/04/not-all-switzerland-speaks-german-dammit/)

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Couverture presse: contente! [fr]

[en] Two press appearances I'm really happy about. One is a radio interview about the usefulness of blogs in a corporate environment. The other is a half-page article covering the talk I gave about the internet to parents of teenagers in Porrentruy.

Là, franchement, chapeau bas à [Jean-Olivier Pain](http://capsule.rsr.ch/site/) (RSR1) et Sébastien Fasnacht (LQJ). Je suis absolument ravie [des résultats](http://capsule.rsr.ch/site/?p=208) de la [fameuse (double) capsule](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/12/demain-capsule-de-pain/) et de la [couverture (une bonne demi-page si je vois juste!)](http://www.lqj.ch/content/index.php?option=com_content&task=view&id=3661&Itemid=196) de ma [conférence pour parents d’adolescents](http://stephanie-booth.com/conferences) à [Porrentruy](http://steph.wordpress.com/2007/03/08/je-suis-toujours-a-porrentruy/). Bon, ça fait beaucoup trop de liens, ça. Ne vous prenez pas le chou et allez voir ailleurs:

– [Blogs et entreprises I & II](http://capsule.rsr.ch/site/?p=208) à écouter directement sur le blog de M. Pain.
– [Bien connaître internet pour mieux fixer des limites aux adolescents](http://www.lqj.ch/content/index.php?option=com_content&task=view&id=3661&Itemid=196) de Sébastien Fasnacht sur le site du Quotidien Jurassien.

Ça me fait très, très plaisir. Si en règle générale mes [contacts avec les journalistes](/about/presse/) sont tout à fait plaisants, il est rare que je sois carrément épatée par le résultat final, comme ici!

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Musique: bénéfices d'une bonne stratégie internet [fr]

[en] This is a description of the benefits a musician or singer can find in implementing a sound internet ("web2.0-ish") strategy (blogs, social software, online presence...). It's lifted from a project proposal I sent a client recently, but it's in my opinion general enough to be of interest to other people. Oh, and check out SellABand.

Pour une personne faisant carrière dans le monde de la musique, avoir une bonne stratégie internet apporte un certain nombre de bénéfices non-négligeables. J’entends ici par “bonne stratégie internet” le fait de s’ouvrir à la dimension sociale et participative de l’internet vivant (blog, outils de social networking, sites communautaires, etc.) et de se “mouiller” dans cette culture. Expliquer ce genre de chose fait partie de mon travail de [consultante en blogs ou spécialiste(!) de la culture en ligne](http://stephanie-booth.com) (je cherche encore et toujours un moyen concis et efficace de décrire ce que je fais…)

Ce qui suit est une description des bénéfices auxquels pourrait s’attendre un chanteur ou un musicien s’il décide d’investir dans ce média intelligemment. En fait, cet argumentaire est repris presque tel quel d’une [proposition de projet](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/07/martin-roell-getting-started-in-consulting-lift07/) que j’ai envoyée récemment à un client. Je le reproduis ici car il est assez général et peut à mon avis intéresser autrui.

#### Un site web facile à mettre à jour et bien référencé

Aujourd’hui, il est indispensable d’avoir un site web qui soit bien référencé et facile à garder à jour. Les outils de blog comme WordPress sont des systèmes de gestion de contenu légers et techniquement relativement faciles à manipuler.

Ils permettent à une personne n’ayant pas de compétences techniques particulières de publier et d’organiser le contenu du site et de le faire croître au fur et à mesure. Le site ainsi construit contient donc aussi bien une partie “blog” (organisée chronologiquement, qui donne en tous temps et un coup d’oeil les informations les plus fraîches) et une partie “classique” organisée hiérarchiquement (pages “contact”, “bio”, “discographie” etc.). Quelques sites construits sur ce modèle: [le blog du CRAB](http://crablog.net), [Groupe Vocal Café-Café](http://cafecafe.ch) et [Vibrations Music](http://vibrationsmusic.com).

De plus, ces outils séparent complètement le design du contenu du site: il est donc très aisé de changer la ligne graphique du site sans avoir besoin de toucher au contenu lui-même. La structure des pages est également telle qu’elle encourage un bon référencement par les moteurs de recherche (accessibilité, balisage sémantique), sans avoir recours à des techniques de SEO (“Search Engine Optimisation”) parfois douteuses.

En deux mots, gérer un site internet avec un outil de blog permet de le mettre à jour soi-même très facilement et garantit un bon placement dans les moteurs de recherche, en fonction du contenu du site bien entendu.

#### Tirer profit de la dimension sociale d’internet pour la promotion

Internet n’est pas juste une plate-forme de publication, à la différence d’un média traditionnel. C’est un lieu de vie, d’échanges, de relations, de bouche-à-oreille et de conversations. Cette dimension d’internet est souvent encore mal comprise et son importance sous-estimée. Avoir un site permettant les commentaires du public en regard des publications (une des caractéristiques du blog) est un premier pas. Il existe des également des dizaines de services, centrés ou non autour de la musique, qui permettent d’avoir un pied-à-terre virtuel dans diverses communautés en ligne. En comprenant les dynamiques sociales en jeu, on peut augmenter encore sa visibilité sur internet et lui donner une dimension plus humaine et personnelle.

Rassembler une communauté sur internet autour de soi ou de son travail ajoute un double bénéfice: la communauté est visible, ce qui peut attirer l’attention de personnes extérieures (médias traditionnels ou organisateurs d’événements) et encourager autrui à la rejoindre; d’autre part, les membres de la communauté sont eux-mêmes au centre de leur “réseau personnel”, leur propre communauté, dans laquelle ils jouent un rôle d’influenceur. Cette dynamique existe hors internet bien évidemment, mais elle est décuplée sur internet par l’absence d’obstacles géographiques et la facilité avec laquelle on peut faire circuler des informations dans le monde numérique.

#### Mettre de la musique à disposition en ligne et favoriser ainsi sa diffusion

Mettre à disposition sa musique en ligne favorise de façon générale sa diffusion, et donne l’occasion à des personnes qui ne l’auraient pas eue autrement de l’écouter et de l’apprécier. C’est la popularité d’un artiste auprès de son public qui va influencer les ventes de CD, et non le contraire. Il est donc intéressant d’une part d’utiliser internet comme véhicule ouvert de diffusion de la musique (afin d’augmenter visibilité et popularité), et également de permettre l’achat de CDs ou d’autres produits via internet, ce qui libère le public des contraintes géographiques. L’utilisation de licences adaptées ([Creative Commons](http://creativecommons.com)) permet de protéger les droits commerciaux tout en encourageant le partage et la diffusion de la musique.

Des sites comme YouTube, consacrés à la publication et au partage de vidéos, ou MySpace, ont déjà eu un impact considérable dans le lancement d’artistes, parfois avec des moyens extrêmement limités. La promotion du matériel ne coûte rien, elle est faite par le public qui lui trouve une valeur suffisante pour le partager avec son réseau.

#### Se former aux nouveaux médias afin d’être autonome et adéquat

Internet est un média (ou une collection de médias) dont une des caractéristiques principales est de contenir une dimension conversationnelle ou participative. Ces médias sont nouveaux et encore relativement mal maîtrisés en général, et ceci d’autant plus que l’on a pas eu l’occasion d’y être exposés passivement en grandissant. Ces nouveaux médias ont également comme caractéristique de remettre l’individu (avec sa personnalité propre) au centre, de favoriser le contact direct en libérant des intermédiaires, et de mettre en avant les valeurs de transparence, d’authenticité et d’honnêteté. Une formation sérieuse à l’utilisation adéquate de ces médias permettra d’en faire un usage efficace et autonome, et également d’éviter des faux-pas dûs à une méconnaissance de la culture en ligne.

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Multilingual Proposals (Reboot, BlogCamp) [en]

The famous conference [reboot](http://www.reboot.dk/listpublish-63-en.html) will take place in Copenhagen on 31.05-01.06. [I’ll be attending](http://www.reboot.dk/person-471-en.html).

I’m also going to make a proposal for a talk (as the [(un)conference format](http://www.reboot.dk/article-203-en.html) encourages this). I’m being a bit shy about [putting it up on the reboot site](http://www.reboot.dk/listpublish-189-en.html) before I’m happy with the title and description, so for the moment it’s a Google Doc tentatively titled While We Wait For The Babel Fish.

Those of you who know me won’t be very surprised to learn that it’s about multilingualism online. By “multilingualism” online, I’m not only talking about [localisation](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/24/english-only-barrier-to-adoption/) or [stupid default languages](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/04/not-all-switzerland-speaks-german-dammit/), but mainly about what happens when one wants to get off the various monolingual islands out there and *[use more than one language](http://climbtothestars.org/archives/2004/07/11/multilingual-weblog/)* in one place, for example. How can we help multiple languages coexist in a given space or community, as they do at times in the offline world? Can the tools we have help make this easier?

Another thing that interests me is this “all or nothing” assumption about knowing languages (when you have to check boxes): I wouldn’t check a box saying I “know” Italian, but I can understand some amount of it when it’s written, if it’s necessary. What are we capable of doing with that kind of information? [Read the draft](http://docs.google.com/Doc?id=ddcrwvm8_16d3fhsz) if you want more.

I’m also proposing a session at Saturday’s [BlogCamp in Zürich](http://barcamp.ch/BlogCampSwitzerland) which will be around similar issues, but which will focus precisely on the topic of [multilingual blogging](http://climbtothestars.org/archives/2004/07/11/multilingual-weblog/).

Feedback on these ideas (and anything here) is most welcome. Is this interesting?

**Update 19.03.2007: [proposal is now on the reboot site!](http://www.reboot.dk/artefact-773-en.html) Don’t hesitate to leave comments there.**

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Twitter, c'est quoi? Explications… [fr]

Cet après-midi, je ramasse 20minutes dans le bus, et je vois qu'[on y parle de Twitter](http://www.20min.ch/ro/multimedia/stories/story/10730138). Bon sang, il est grand temps que j’écrive le fichu billet en français que je mijote depuis des semaines au sujet de ce service [que j’adore](http://twitter.com/stephtara “Ma page Twitter.”) (après l’avoir [mentionné en anglais](http://climbtothestars.org/archives/2006/12/12/you-should-twitter/) il y a plusieurs mois). Allons-y, donc: une explication de [Twitter](http://twitter.com), pour vous qui n’avez pas la moindre idée de ce que c’est — et à quoi ça sert.

“Twitter” signifie “gazouillis” en anglais. Ce nom reflète bien le contenu relativement anodin qu’il se propose de véhiculer: **des réponses à la question “que faites-vous?”**.

Ça n’a pas l’air fascinant, a première vue, un service dont l’objet est d’étaler sur internet les réponses somme toute souvent très banales à cette question. “Est-ce que ça intéresse le monde entier, le fait que je sois [confortablement installée dans mon canapé](http://twitter.com/stephtara/statuses/8276161)?” Certes non. Par contre, **cela intéresse peut-être mes amis**.

Oh, très clairement pas dans le sens “tiens, je me demandais justement ce que Stephanie était en train de faire maintenant, ça tombe à pic!” Mais plutôt **dans un état d’esprit “radar”**: avoir une vague idée du genre de journée que mène son entourage. En fait, ce mode “radar” est tellement omniprésent dans nos vies qu’on ne le remarque même plus, et qu’on n’a pas conscience de son importance.

Pensez aux gens que vous fréquentez régulièrement, ou à vos proches. Une partie de vos intéractions consiste en échanges de cet ordre: “je t’appelle après la danse”, “je dois rentrer, là, parce qu’on a des invités”, “je suis crevé, j’ai mal dormi” ou encore “tu vas regarder le match, ce soir?”

Sans y faire vraiment attention, on se retrouve ainsi au courant de **certaines “petites choses” de la vie de l’autre** — et cela vient nourrir la relation. Plus on est proche, en général, plus on est en contact avec le quotidien de l’autre. Et corrolairement, **être en contact avec le quotidien d’autrui nous en rapproche**. (Vivre ensemble, que cela soit pour quelques jours ou à long terme, ce n’est pour cette raison pas anodin.)

On a tous fait l’expérience qu’il est plus difficile de garder vivante une relation lorque nos occupations respectives ne nous amènent pas à nous fréquenter régulièrement. Combien d’ex-collègues dont on était finalement devenus assez proches, mais que l’on a pas revus depuis qu’on a changé de travail? Combien de cousins, de neveux ou même de parents et d’enfants qu’on adore mais qu’on ne voit qu’une fois par an aux réunions familiales? Combien d’amis perdus de vue suite à un déménagement, ou simplement parce qu’il a fallu annuler la dernière rencontre et que personne n’a rappelé l’autre? Et à l’heure d’internet et des vols low-cost, combien de ces rencontres fortes mais qui se dissipent dès que la distance y remet ses pieds?

C’est ici qu’intervient Twitter.

**Twitter me permet de diffuser auprès de mon entourage ces petites parcelles de vie si anodines mais au final si importantes pour les liens que l’on crée** — et de recevoir de la part des gens qui comptent pour moi les mêmes petites bribes de quotidien. Cela permet de rester en contact, et même de renforcer des liens.

Ceux d’entre vous qui chattez le savez: échanger quelques banalités de temps en temps, ça garde la relation en vie, et on a ainsi plus de chances de prévoir de s’appeler ou de se voir que si on avait zéro contact. Les chatteurs savent aussi que les fameux “statuts” (“parti manger”, “disponible”, “ne pas déranger”) jouent un rôle non négligeable dans la communication avec autrui. C’est d’ailleurs en partie inspiré par ces statuts que [Jack](http://twitter.com/jack) a eu l’idée [qui est un jour devenue Twitter](http://evhead.com/2006/07/twttr-is-alive.asp). (Un autre ingrédient important était la page des “amis” sur [Livejournal](http://livejournal.com).)

Une des qualités majeures de Twitter et que **ce service n’est pas limité à internet**. En fait, à la base, il est prévu pour fonctionner par SMS. On peut donc envoyer (et recevoir!) les messages via le web, via un service de messagerie instantanée ([Google Talk](http://www.google.com/talk/)), ou par SMS — selon ses préférences du moment.

Concrètement, cela se passe ainsi: on [s’inscrit](http://twitter.com/account/create) et on donne à Twitter son [numéro de portable et/ou son identifiant GTalk](http://twitter.com/devices), ce qui nous permet déjà d’envoyer des messages. Ensuite, on [invite](http://twitter.com/invitations/invite) ses amis (ou bien on les ajoute depuis leur page s’ils sont déjà sur Twitter — voici [la mienne](http://twitter.com/stephtara)) afin de se construire un petit réseau social de personne que l’on “suivra”. Tous les messages de ces contacts sont rassemblés sur une page web (voici [la mienne](http://twitter.com/stephtara/with_friends)), et on peut choisir de les recevoir en plus par SMS ou par chat.

On peut envoyer des messages privés, bien entendu, et il y a toute une série de commandes qui permettent facilement d’ajouter ou d’enlever des contacts et de contrôler les alertes que l’on reçois — même si on est loin de son ordinateur. Un billet consacré à ces considérations plus techniques suivra.

Il faut aussi préciser que **recevoir les SMS de Twitter ne coûte rien** (enfin cela dépend de l’opérateur, mais en Suisse c’est gratuit), et qu’envoyer un message par SMS coûte simplement le prix d’un SMS envoyé à l’étranger (à ma connaissance, de nouveau, en Suisse cela revient au même prix qu’un SMS envoyé à un numéro suisse).

A venir, donc, un billet avec des informations techniques et pratiques sur l’utilisation de Twitter, et un autre qui poussera plus loin la réflexion sur le rôle d’un tel service, la façon dont les gens l’utilisent actuellement, et certaines critiques qui lui sont faites.

**Mise à jour 09.2007:** une [explication audio](http://capsule.rsr.ch/site/?p=345) avec la complicité de M. Pain.

**Mise à jour 03.2010:** depuis mi-2008, nous ne recevons plus de SMS Twitter en Europe. C’est nettement moins important aujourd’hui qu’à l’époque, vu l’explosion des iPhones et autres téléphones similaires.

**Mise à jour 04.2010:** à lire aussi, Comment démarrer avec Twitter, moins technique et plus stratégique.

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Technological Overload or Internet Addiction? [en]

[fr] Les vidéos du fameux débat sur la surcharge technologique à LIFT'07 est en ligne. Du coup, l'occasion de rappeler mes deux billets sur le sujet, et de rajouter quelques pensées suite à ma participation à la table ronde sur les cyberaddictions à Genève, entre autres sur la confusion entre dépendance et addiction parmi le grand public, et le fait qu'on perçoit souvent l'objet de l'addiction comme étant le problème (et donc à supprimer) et non le comportement addictif. Mes notes sont à disposition mais elles sont très rudimentaires.

For those of you who enjoyed my [Technological Overload Panel](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/09/technological-overload-panel/) and [Addicted to Technology](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/12/addicted-to-technology/) posts, the (http://www.liftconference.com/videos/view/single/8) is now online.

Since I wrote them, I participated in a panel discussion about cyberaddictions (that’s what they’re called in French) in Geneva. It was very interesting, and I learnt a few things. The most important one is the difference between “addiction” and “dépendance” in French. “Dépendance” is physical. The cure to it is quitting whatever substance we are dependant to. Addiction, however, lies in the realm of our relationship to something. It has to do with *how we use a substance/tool*, what role it plays in our life and overall psychological balance. And it also has a component of **automation** to it. You don’t *think* before lighting up a cigarette, or compulsively checking your e-mail.

I think there is a lot of confusion between these two aspects amongst the general public, which leads to misconceptions like the [“cure” to alcoholism being complete abstinence](http://climbtothestars.org/archives/2002/09/22/games-people-play-alcoholicaddict/). Sure, abstinence solves the substance abuse problem and is better for one’s health, but it doesn’t necessarily solve the *addiction* problem.

Addictions which are linked to otherwise useful tools are forcing us to look deeper (and that is actually what I’m trying to say in the [Addicted to Technology post](http://climbtothestars.org/archives/2007/02/12/addicted-to-technology/). The problem is not the substance (ie, alcohol, or even the drug, or in this case, technology). The problem is in the way a person might use it. Hence I maintain that the solution lies not in the **removal of the tool/technology**, as the panel moderator suggests twice (first, by asking us to turn off our laptops, and second, by asking “how to unplug”), but in a careful and personalised evaluation of what one uses technology for (or what one uses technology to avoid).

I had a talk after the panel with one of the people there, who told me of some rough numbers he got from a consultation in Paris which is rather cutting-edge when it comes to dealing with “internet addiction” amongst teenagers. I think that out of 250 referrals (or something), the breakdown was about the following: one third were parents freaking out with no objective reason to. Another third were parents freaking out with good reason, for the signs that brought them there were actually the first indicators of their child’s entry in schizophrenia. I can’t remember the exact details for the last third, but if I recall correctly the bottom line was that they had something like a dozen solid cases of “cyber addictions” in the end. (Please don’t quote me on these numbers because the details might be wrong — and if you *have* precise numbers, I’d be happy to have them.)

This confirms my impression that people are [a bit quick in shouting “internet addiction”](http://www.stoweboyd.com/message/2006/10/internet_addict.html “5-10% sounds like way too much.”) when faced with heavy users (just like people are a bit quick to shout “pedophiles!” and “sexual sollicitation!” whenever [teenagers and the internet](http://climbtothestars.org/archives/2006/12/20/adolescents-myspace-internet-citations-de-danah-boyd-et-henry-jenkins/) are involved). I personally don’t think that the amount of time spent using technology is a good indicator.

I took [some very rough notes](http://climbtothestars.org/files/20070221-cyberaddiction-table-ronde-geneve-notes.txt) during the panel I participated in (half-French, half-English, half-secret-code) but you can have a peek if you wish.

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