Aimer écrire [fr]

Ça m’est venu hier dans une discussion avec une collègue: j’aime écrire, mais comme moyen d’expression. J’aime mettre par écrit des choses qui sont dans ma tête. J’aime m’exprimer par écrit, “parler” par écrit, réfléchir par écrit.

La rédaction pure, prendre un contenu arbitraire et le mettre en forme par écrit, collecter des infos de différentes sources pour en faire quelque chose de digeste, en tant que tel, ce n’est pas ma tasse de thé.

C’est certainement pour cela que durant toute ma carrière j’ai relativement peu écrit “sur commande”. Même lors des mandats rédactionnels que j’ai eus, j’avais une motivation forte à communiquer la matière dont il était question. Et lorsque ce n’était pas le cas, la rédaction était pénible. Oh, je l’ai fait, et je le ferai sans doute encore, mais je n’aime pas particulièrement ça.

Gagner ma vie en écrivant, ça n’a jamais été un objectif pour moi. Gagner ma vie en réfléchissant, ou en communiquant mes idées, ça oui, c’est attractif.

Je blogue depuis plus de dix-sept ans. Il y a eu des pauses plus ou moins longues, la fréquence rédactionnelle a beaucoup varié, le genre d’écrits aussi. Ici, je pense et je parle à haut clavier. Et c’est pour ça que ça dure.

 

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Time Tired [en]

Time is catching up with me. It was to be expected. As novelty and excitement starts to wear off, a more sustainable rythm needs to be found.

I’m starting to feel tired. That’s what I’m paid for, my dad would say. Not badly tired, just, tired. So I’m being careful before I need to be.

Sleep. Don’t take on too much. Give myself time to breathe, and more importantly, think. Thinking is so important. At work, too. Taking time to look out of the window while solutions take shape. Doing is not only typing on a keyboard. I am perfectly comfortable with the fact my work requires me to think. 15 years ago, I’m not sure I was.

I had to take a day off work on my first week, to teach elsewhere (a preexisting commitment). At first I thought I’d catch up those hours. But after a couple of weeks I discovered that making up for 8+ hours when you’re already working 4.5 days a week, and commuting 2.5 hours a day is not easy. I decided to stop trying to stretch my already long days to make up for it, and cash in a day of vacation instead. A wise decision: I now have a few hours in the bank, which means I don’t have to worry about those days where I have to leave work early, and I can be home at 6pm.

Having a basic structure for my time is interesting. It’s something I can build upon. It’s constraining, of course: I have few hours every day to spend with my old cat Quintus, less time to see friends and family. I’m alseep by 10pm, up at 5.30. My struggle of all these last years to try to introduce some routine in my too-free life has been solved for me – dramatically.

My weeks pretty much all look the same now. Head off to Fribourg on Mondays, Tuesdays, Thursdays and Fridays. Lausanne on Wednesday, work in the morning, errands and appointments and the odd client appointment in the afternoon. Laundry on Friday evening when I get home. Maybe grocery shopping too – doing that on Saturday is just miserable. And I discovered last week that doing laundry and grocery shopping on Friday means that when I get up on Saturday, I’m pretty much “free”.

I’m discovering that I don’t have that much practice functioning when tired. I’m not sure that’s a bad thing. Previously, when I was tired, I’d rest, and try and do things when I was in good shape. Now, the calendar rather than how I feel determines what I do. It’s a strange change.

 

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Un chat c’est CHF 2000.- par an [fr]

[en] A rough calculation based on the 20 years of cat-life in my home tell me that in Switzerland, one should budget roughly CHF 2000.- per year and per cat, food and meds included. It's an average. But knowing this might help us see less people in Facebook groups saying they won't spay their cat because it's too expensive (hey, kittens are expensive too!) or can't take their sick cat to the vet because they don't have the money.

En moyenne. Sur une vie de chat. A la louche.

Ça paraît beaucoup, hein?

En faisant ma compta 2016, je me suis amusée à extraire mes frais de vétérinaire. C’était une mauvaise année. La première pancréatite de Quintus, la maladie de Tounsi.

Un jour, au guichet après une consultation, je mentionne le chiffre à l’assistante. Elle n’est pas étonnée. Et elle m’en donne un autre: le montant que j’ai dépensé chez eux, depuis 17 ans que je suis leur cliente.

Alors j’ai fait des calculs. Sur 20 années de vie de chat en moyenne, à la louche, en rajoutant un bout pour les consultations d’urgence hors du cabinet, les spécialistes, le Tierspital. Bagha, Safran, Tounsi, Quintus, Erica, une poignée de chatons. Ça comprend les croquettes (médicalisées parfois) et les médicaments. Les vaccins, les bobos, les grosses maladies, les accidents, les mystères.

Et à la louche, un chat, ce serait sage de budgeter CHF 2000.-/an.

Certes, il y a des années qui ne coûteront pas grand-chose. Et des chats qui ne coûteront pas grand-chose. Une moyenne, c’est une moyenne. Mais je me dis que se rappeler qu’un chat c’est 2000.-/an au budget, ça éviterait les gens qui se plaignent sur Facebook du prix d’une stérilisation (les chatons ça peut coûter cher aussi, en passant), ou qui “n’ont pas les moyens” d’amener leur chat clairement malade chez le vétérinaire.

Le jour où on a un souci sérieux avec un chat, on est vite dans les grosses centaines de francs, et facilement dans les quelques milliers. Il vaut mieux y avoir pensé avant.

Pour ma part, je me dis que deux chats, c’est un nombre sage pour moi.

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Lutter vainement [fr]

[en] The fight against self-scanning systems in supermarkets is... useless.

Cet article devrait être un long article. Et je suis presque en train de ne pas l’écrire à cause de ça. Je repousse. Je suis un peu trop mal réveillée dans le train pour exposer clairement une problématique complexe avec plein de ramifications.

Alors cet article sera incomplet et imparfait et suscitera des réactions que j’aurais voulu prévenir en étant exhaustive dans mes propos. Tant pis.

L’autre jour, je vois passer un appel au boycott des scanners à la Migros. Parce qu’on voudrait pas remplacer les caissières par des machines, quand même. La discussion va bon train sur le mur de la personne tentant de lancer ce mouvement (le lien ci-dessous vous amène directement à mon premier commentaire), puis sur mon propre mur où j’ai partagé l’histoire.

Le manque de perspective historique et de pensée “systémique” dans ce genre de discussion me consterne. Durant la révolution industrielle, les luddites n’ont pas réussi à stopper l’avancée de la technologie en brisant les machines. Le plus gros employeur de Stockholm n’est plus la fabrique de glace, et nous avons l’électricité et des réfrigérateurs dans nos foyers. Les lavandières ont disparu. Le conducteurs de fiacre aussi. Nous avons tous un téléphone portable, même ceux qui ont dit “moi, jamais”.

Personne ne contrôle les avancées technologiques et les bouleversements sociétaux qui vont avec. Tout au plus pouvons-nous exercer une influence. Je prends le parti de mettre mon énergie là où sa dépense n’est pas futile.

Je reproduis ici mon commentaire initial et quelques autres extraits choisis.

Grand angle: le monde change, en permanence, et la technologie a toujours remplacé les humains (tout en ouvrant d’autres possibilités). On ne voit plus de conducteurs de fiacres, qu’on peut imaginer s’étant soulevés contre l’invasion des voitures. Il n’y a plus de fabriques de glace, avec son réseau de livraison: à Stockholm, la fabrique de glace, plus gros employeur de la ville, s’est battue pour interdire l’électricité dans les ménages privés, car cela permettait aux gens d’avoir des frigos et ça les rendait obsoletes.
Grand angle aussi: alors que certains métiers disparaissent, que fait-on (au niveau société) pour requalifier/réorienter/former les personnes qui en font les frais? C’est là qu’il fait mettre de l’énergie, plutôt que dans un boycott aussi futile qu’inutile, qui s’apparente au « clictivisme » tant décrié.
Je vais aller déterrer le reportage sur la fabrique de glace et un autre sur la prise en main (aux USA, imaginez!) des travailleurs dont le métier disparaît.
Et regarder quelqu’un qui est à la caisse en se disant « s’il n’y a plus l caisse, que va-t-elle faire? » je trouve ça d’un snobisme insupportable.
Réfléchissons et agissons là où ça a une chance d’avoir un effet, plutôt que de s’agiter vainement. L’absence de perspective historique derrière ce type d’initiative me désole.

 

La technologie a toujours remplacé l’homme. Regardez la révolution industrielle… nous ne vivons plus dans le même monde. Tous les métiers qui pourront être remplacés par des robots (machines) le seront à terme. Restera pour l’humain les tâches cognitives complexes qu’on ne peut ni modéliser ni recréer, et… le relationnel, le lien. Ce qui touche à l’humain.
C’est pour ça, en passant, qu’on fait mieux de mettre notre énergie à défendre un RBI qu’à boycotter des scanners. Les luddites n’ont pas gagné l’histoire.

Notre vision de l’histoire est myope: on regarde « notre » histoire (qu’on appelle le présent) avec beaucoup moins de distance que l’histoire « historique ». Pour les personnes de l’époque, ce qui se passait était très semblable à ce que l’on vit aujourd’hui. Notre présent n’est pas, historiquement, si exceptionnel que ça. Plus proche de nous, les téléphones portables ont rendu quasi inutiles les cabines téléphones. On ne s’est pas ému du sort des gens qui les posaient, parce qu’invisibles (au contraire de la personne à la caisse à qui on dit bonjour en la regardant dans les yeux). Mais ces gens ne posent plus de cabines téléphoniques. Toute l’industrie qui les produisait a rétréci.
Est-ce qu’on va jeter nos smartphones à la poubelle pour recréer ces postes?
Est-ce qu’on va boycotter l’e-banking et retourner faire la queue au guichet? Idem pour acheter nos billets de trains (pas d’automate, de grâce, pensez à la personne qui gagne sa vie en vendant les billets au guichet!)
Ce que nous vivons ici est complètement banal, historiquement, et l’histoire nous dit comment ça finit.

En Inde, il y a près de vingt ans, j’ai été choquée de voir des gens sous le soleil brûlant à casser des cailloux au bord de la route. Je disais “mais y’a des machines pour ça! c’est les travaux forcés, ce que font ces gens!” — et on me répondait: oh, mais si on les remplace par des machines, ils vont faire quoi comme travail, ces pauvres gens?
C’est comme ça qu’on justifie l’exploitation de son prochain…

Je doute qu’une action concertée, toute pleine de bonnes intentions soit-elle, est capable d’avoir un poids plus fort que les avantages qu’amène une innovation technologique.
Et je pense aussi que l’innovation gagne toujours et a toujours gagné, tout au cours de l’histoire. Plutôt que lutter contre le courant et l’avancée inéluctable du “progrès” (je déteste ce terme car il y a un jugement de valeur), je préfère me pencher sur comment on va “faire avec” ce nouveau monde que nous créons au fil du temps.

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36h54 [fr]

[en] There is a large chunk of my time that I don't "own" anymore, as it is my employer's, in a way. It's making me reflect on how I did or didn't protect my working time as a freelancer, and how that is indicative of my priorities regarding earning money vs. "social obligations".

Aujourd’hui, 36h54 de mon temps chaque semaine appartient à mon employeur. Après plus de dix ans à mon compte, durant lesquels j’ai autant que possible essayé d’éviter de “vendre du temps”, c’est un gros changement.

Et j’ai confirmation de ce que je savais déjà, mais dont je ne mesurais peut-être pas précisément l’ampleur: quand mon temps ne m’appartient pas, je le protège bien mieux que quand c’est le mien. Quand je travaille, je travaille. Je ne m’interromps pas pour ceci ou cela, plus particulièrement, pour les autres.

En tant qu’indépendante, “libre de mon temps”, tout “oui” rognait sur mon temps de travail, et donc, au final, sur mon compte en banque. Cela ne signifie pas que je regrette ces “oui”. Mais ils ont une autre conséquence.

Aujourd’hui, un engagement hors travail signifie que je suis plus fatiguée. Mon salaire et mes heures de travail sont inchangés.

Je ne suis pas certaine que tout le monde fonctionne ainsi. C’est probablement le reflet chez moi de comment je hiérarchise mes obligations envers moi-même et mes obligations vis-à-vis des autres. De comment je hiérarchise “travailler” et mon implication sociale.

Dans un emploi salarié, il y a des gens qui attendent quelque chose de moi. Je suis là pour remplir un rôle. Il y a donc, dans le cadre de l’emploi, une “pression sociale” (positive, pour moi!) sur le travail.

Comme indépendante, si je choisis d’avoir un impact en travaillant ou en étant bénévole, c’est entre moi et moi. Et, au final, mon banquier.

Paradoxalement, n’être plus maître de cette large portion de mon temps, en échange pour un salaire, ça me libère pour mes engagements “hors travail”. Ce blog, par exemple. Ou une activité bénévole. J’ai moins de temps, mais je me sens plus libre quant à la façon de l’utiliser.

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On Anger, Harassment, Sadness, Forgiveness, and Outrage [en]

[fr] C'est tellement plus compliqué que "les hommes bien, les porcs sexistes". C'est tellement facile de se donner sans retenue à la colère qui rejette en bloc, de juger les autres sur le pire acte qu'ils ont commis, aveugles au fait qu'on vient de passer de l'autre côté du miroir.

My heart sank when I read Quinn’s post. I’ve known, since the outing of a string of VCs, that soon it would be not just people who were one step away, or direct connections I had scant contact with, but also people I knew and liked.

Francine expresses what I feel the best. I’m not as close to the Scoble family as she is, of course. But I like Robert. We used to bump into each other at conferences. I’ve followed his struggles these last years from afar. I’ve met Maryam a couple of times.

The second part of Quinn’s post really resonates with me. About restorative justice. About not demonising people who do bad things. I’ve written about this, obliquely. Sadly, the pile-on in online media is going to be about “yet another tech pundit sexually harassing women”.

So, here are a few thoughts.

Sexism and harassment need to be fought

Does anybody have a doubt about this? The question is how. I see three levels: culture, institutions, people. You cannot deal with one without dealing with the others.

  • Culture is the way we raise children. Movies. Billboards. What is “socially acceptable”.
  • Institutions are laws, processes, systems that promote gender inequality.
  • People are humans who make choices and behave in certain ways.

Using a broad brush here. But these are the three levels at which I see we can act.

Everybody does bad things

People are fallible. People are broken. People can be trapped in behaviours they fail to change. Being a victim sucks. Being an abuser sucks too. I’m not putting them on the same level: but there is a difference to be made between a psychopath and somebody who hurts others as a way to survive, or because they don’t know any better. (And… it isn’t even that clear-cut for psychopaths.)

Systematic lynching of all Bad People (TM) (otherwise known as Good People who do Bad Things) will get us nowhere. Yelling at people who are trying to mend their ways, imperfectly, telling them apologies are not enough when apologies are already a hugely difficult step, will get us nowhere.

I get the anger. I cannot stand behind the outrage. It’s easy to be angry and club people to death. One thing to learn, when learning about one’s anger, is that anger is often anger that cuts people out. It’s much harder to be angry and continue caring. And stick around. When anger means outright rejection, then that is all the more reason to stay silent and hidden.

We are judging people based on the worst thing they have done. Now think of the worst thing you have done. Does it define you?

(I know I’m going to be lynched here for “defending the perpetrator”. So be it.)

People’s actions have context

We don’t exist in a vacuum. Powerful men who harass women do it because the institutions and culture enable it. It doesn’t make them blameless, far from it. But just as we women have to fight against a system that puts us in a place we don’t like, so do men. And that place might very well be the place of power and abuse.

I think we are well aware of the systemic issue here. I would like to question how much going after individuals really solves the systemic issue. It’s a real question.

Nobody is a harasser 

This is something that became very clear to me I was harassed a few years ago (not sexually, counting my blessings, but it was bad enough). The main perpetrator in my story did not see his behaviour as abusive, or see himself as harassing me. He saw himself as the victim. He was an ally of women. He was defending himself against me.

Nobody is ever the Bad Guy, in their eyes.

Coming to terms with the fact one is an abuser requires a 180 flip in how one sees oneself. It is no easy feat. Just as you can’t convince an anti-vaxxer that vaccines are safe by pounding your fist on the table and telling them to open their eyes and look at the science, which will only entrench them more in their beliefs, I don’t think publicly shaming people is the final answer to getting them to recognise their bad behaviour.

This should also be a cautionary tale to us when we feel justified in our anger and outrage. Anger is useful. I often encourage people to use their anger when something bad is being done to them. Anger is what will help you slap in the face the guy who put his hand on your butt. Anger is what will give you power to stand up, walk to HR and put your fist on the table to say “this is not OK and has to stop”.

But when anger leads to outrage over situations you are not part of, when you pile on Justine Sacco because she deserves it or on a “sexist pig” because he deserves to see his life destroyed, on which side of the harassment divide are you?

Trauma doesn’t have to destroy you

The fact I feel like I have to keep on saying “this is not what I’m saying” is testimony to how trigger-ready many are on these topics. But I’ll still say it: this is not me telling victims to “just get over it already”.

But.

Trauma, in a way, is a part of life. It sucks all the more when it was wilfully inflicted upon you by another person. But it doesn’t have to destroy you. Or define you.

I have thankfully never been raped. Of course, #metoo, I’ve had to swat away unwelcome hands or back off from grinding groins (wonder why I don’t like the dancefloor? look no further). I’ve stayed speechless in the face of comments on my sex life from colleagues or “friends” – though lately, each time less speechless, as I’ve decided to strive towards a zero-tolerance policy for casual everyday sexism around me. Easier said than done, but getting there.

My mother died when I was 10. This trauma was not anybody’s fault, granted. It’s had an impact on my life. Contributed to making me who I am. More or less broken like everyone, more or less functional despite it.

Many things that happen to us in life shouldn’t happen. We must work towards preventing those we can – and lecherous men in positions of power are definitely on that list. But we must work also on not letting trauma take over our lives and reduce us to a heap of fuming outrage.

Nothing is unforgivable

I talked about apologies earlier. Forgiveness is the other side of the coin. My title is provocative: you’re all thinking of things are unforgivable.

Remember when Snape kills Dumbledore? He uses an unforgivable curse. And it is an unforgivable curse. But is what he did unforgivable?

I would like to make a distinction between something being unforgivable and something one cannot forgive.

There are things people have done to me that I cannot forgive. I have broken (a handful) of friendships because of such situations. But these are not unforgivable actions per se. They are actions that I am unable to forgive.

Apologies are important. Because an important ingredient enabling forgiveness is the recognition by the perpetrator of the harm done. Apologies may be hollow, or insufficient. But they are necessary.

I am not saying we have to forgive everything. And we are not all Hector Black. But our world needs more compassion and forgiveness, and less outrage. When I say we need compassion and forgiveness, I’m not saying we should leave anger aside. Anger is there. But we can choose how to use it.

What else?

There is more to say, and I will certainly say more. My feeling right now is largely of sadness. Sad for my friend and his family, sad for the hurt he caused, sad for all the broken people we are, sad for the broken system we are caught in, sad for the deafening outrage, drowning out the much more difficult conversations that need to be had.

If you’re going to comment: please leave your outrage at the door.

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Trois semaines [fr]

[en] I've just finished my third week as an employee. Everything is going fine. I'm happy. Who would have thought that working nearly full-time a good hour of home could feel restful? I'm tired, of course, but my cognitive load has shrunk.

Trois semaines que je suis employée. Après plus de dix ans à mon compte. J’aurai l’occasion de revenir sur le pourquoi du comment. Mais pour l’instant, un petit bilan.

Les journées sont longues et je vois peu mon vieux chat. J’en ai un peu marre des repas-tupperware.

A part ça, j’adore. Sérieusement.

Les collègues sont sympas. Le travail se passe bien. Il y a une jolie vue depuis le bureau. Le train m’offre Lavaux tous les jours.

Je regarde ma semaine, et j’ai une préoccupation: me lever et prendre le train. Une fois au travail, je suis en mode travail. Ma charge mentale a fondu comme neige au soleil. Moins de variables, moins de questions, moins de décisions.

Je ris intérieurement, mais un 90% à une bonne heure de chez moi, je suis en train de trouver ça reposant.

Certes, quand je rentre je suis fatiguée, je me couche avec les poules, je me lève à une heure indue. Mais mon cerveau se repose.

C’est la lune de miel, direz-vous. Qu’importe. Je suis contente. Tout va bien. J’aime ce que je fais. Et je me sens utile, et compétente, après deux ans à me torturer sur ma place dans le monde et le sens de ma vie. Alors je profite.

Et le changement de rythme, de style de vie? C’était l’inconnue, mais pour le moment, ça semble se passer très bien.

A l’heure où tant de mes pairs font le pas de se mettre à leur compte, ou rêvent de quitter le salariat, me voilà tellement heureuse de faire le chemin opposé. Peut-être qu’à un moment donné, on a tout simplement besoin de changement.

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Why I Get My Flu Shot Each Year [en]

[fr] En très résumé, les raisons pour lesquelles je me fais vacciner chaque année contre la grippe (reprise de mon article en français sur la question). Je suis à risque pour des complications (dès que je chope un rhume ça vire en bronchite), je ne tiens pas à me retrouver HS durant trois semaines à cause d'un vilain virus (je suis déjà bien assez souvent malade comme ça), et je considère que c'est ma responsabilité de citoyenne de faire ce que je peux pour enrayer la propagation du virus (il ne passera pas par moi!) et protéger les personnes "à risque" dans mon entourage.

Surtout, j'explique un peu la grippe: ce n'est pas le truc qu'on appelle d'habitude la grippe, et qui est en fait le rhume. (Confusion? y'a de quoi.) La grippe, c'est un truc qu'on chope en moyenne 2-3 fois dans sa vie. Je crois que je ne l'ai jamais eue, et pourtant, dieu sait si j'ai été malade (parfois durant des semaines).

Years ago, when we ended up with a separate vaccine for H1N1, I wrote an article in French summarizing my personal research on the topic of flu vaccinations: I’d decided I would be getting the flu shot.

Aside from the fact that I’m still amazed when I realise otherwise rational people think vaccines are a Bad Thing (listen to the great Science Vs Vaccines podcast episode for some debunking of common fears), here are some of the arguments that made me come to the conclusion that I was going to get vaccinated against influenza.

First, it’s important to understand what the flu is. It’s not this thing people routinely catch and call the “flu”. What we usually call the flu is in fact one of the many flavours of the common cold. You feel crappy, you might even be off work for a week, you get a fever, your nose is all stuffy, you might even have trouble breathing if, like me, you get bronchitis. I’ve been out of order for three weeks due to bronchitis developed over the common cold. If you’re falling ill, stay in bed two days, and then you’re over it, it wasn’t the flu. It was the common cold.

Why is this important? Well, the flu and the cold are different families of viruses. Getting vaccinated against the flu will not prevent you from catching a cold or bronchitis. Also, there are high chances you are underestimating how nasty the flu actually is.

On average, you are likely to get the flu two or three times in your life. I don’t think I’ve personally ever caught it in my adult life – though I have been ill with various colds and bronchitis (very miserable ones too) dozens and dozens of times. At one point I would fall ill every month in winter. Really. I’d get over two weeks of sniffling and coughing misery, feel on the mend for two weeks, and then start all over again. And it wasn’t the flu.

The flu is a disease that kills every year (numbers are tricky to compute because the direct cause of death is often the opportunistic bacterial infection that takes hold over an organism weakened by the virus). It’s the virus that had my mechanic, a super-healthy-never-ill strapping 45-year-old, off work for two weeks and unable to work “normally” for a month and a half. And he’s self-employed: as all independants know, we work even when we’re sick, because no work = no money. So him being off work so long is a testimony to how incapacitated he was.

Now that we’re clear about what the flu is and isn’t: should one get the shot?

Vaccination is risk management. And the human brain is super crap at risk management. You can’t really use your gut for it, because your gut is designed to keep you from getting eaten by wild beasts or falling off cliffs: present and immediate dangers. So, we’re going to have to be rational about this. Here are some guiding questions:

  • is being off work for three weeks (average time to get over the flu) a risk you’re ready to take? the answer to this will vary a lot depending on your professional situation.
  • are you at risk for complications? ie, do you have asthma, a weak immune system, a heart condition, or like me, a tendency to catch any upper respiratory tract infection that is lying around? chances are your doc has told you if you are, but it might be worth checking. If you are at risk for complications, catching the flu may have consequences more dire for you than for the average person. It may not be a risk you should be willing to take.
  • are you in contact with people who cannot get vaccinated, or who are at risk of complications? if you are, then you might want to reduce the risk of passing on the flu to them – by reducing the risk of catching it yourself.

The flu vaccine usually offers coverage around 70-90%. Less than some other vaccines, but still much more than zero.

In my case, once I thought about it, it’s a no-brainer: even though I’m not medically “at risk” enough to be provided with the shot free of cost here in Switzerland my doc has been pretty clear that in the event of me catching the flu, things were not going to be pretty. Plus, as somebody who is self-employed and already falls ill regularly, I’d rather not run the risk of being off work more than necessary. Not to mention the social responsability of contributing to herd immunity and doing my part to prevent the epidemic from spreading through me.

If you decide it makes sense to get vaccinated against the flu, then it also makes sense to get vaccinated each year. Unless your circumstances change dramatically, if catching the flu is not an acceptable risk for you this year, why would it be so next year? Bear in mind your chances of catching the flu are a handful of times in a lifetime – so only by getting the flu shot every year for a significant number of years do you get to reap the benefits. You can’t know in advance which year the nasty virus will try to crawl into your lap.

Time for me to go get that shot!

[PS: Comments refuting vaccine safety or efficiency will be deleted without pity. It’s not something I’m interesting in debating: the scientific consensus is quite clear.]

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Grand moment de solitude [fr]

Minuit moins quart. Je suis rentrée tard, mais c’est samedi soir, ça va encore.

Je suis accoudée sur mon lit, téléphone à la main, chat presque contre moi. Il est temps de me lever pour me mettre vraiment au lit. Je vais lire un peu et dormir sans trop tarder.

Seulement, quand j’essaie de changer de position, je ne peux pas. Mon bassin est un océan de douleur paralysante. Changer ne serait-ce que la répartition du poids entre mon coude et ma hanche est un calvaire. J’essaie de plier légèrement la jambe: n’y pensons pas.

Quinze longues minutes plus tard, j’ai péniblement réussi à me coucher sur le dos.

Il me faudra quinze minutes supplémentaires et pas mal de serrage de dents pour me retrouver sur mes pieds, pliée comme une petite vieille, accrochée à la table de nuit – mais « debout ». Je tremble comme une feuille: froid, peur, choc?

Je me redresse tant bien que mal. Je fais quelques pas en m’accrochant aux murs. Que faire? Prendre des médicaments? Un bain chaud? Essayer de bouger? Au contraire, surtout ne pas bouger? Me mettre au lit et prier?

Je suis raide comme un bâton, pendue à un fil. J’aimerais aller aux WC mais je n’arrive plus à m’asseoir. J’aimerais voir ce que j’ai comme médicaments mais je n’arrive pas à me pencher pour ouvrir le tiroir. A tout hasard, je sors la clé de ma serrure. On sait jamais. Je m’accroche à mon téléphone, point de contact avec le monde.

Vais-je pouvoir aller travailler lundi? Ma tête fait le tour des plans de contingence en cas de catastrophe.

Vivre seul a plein d’avantages. Je ne range que mon propre bordel. J’ai toujours mon espace vital. Je fais ce que je veux à peu près quand je le veux.

Il y a des désavantages, aussi: je paie toutes les factures. Quand je rentre du travail, les courses ne sont jamais faites, le repas n’est jamais prêt. Toutes les décisions reposent sur mes épaules.

Et les frayeurs médicales arrivent toujours au milieu de la nuit. Être mal, effrayé, et seul, c’est vraiment misérable, comme situation. Je connais bien le numéro de la centrale des médecins de garde.

J’hésite à l’appeler, mais j’ai des scrupules à deranger l’infirmière de garde parce que je n’arrive pas à m’asseoir.

Heureusement, une copine infirmière est encore debout. Un paracétamol, un ibuprofène, un patch anti-inflammatoire et une heure plus tard, je peux précautionneusement me mettre au lit avec un coussin chauffant en bas du dos. J’ai pu aller aux WC.

Je vois ma physio mercredi.

[PS pour les curieux: très certainement l’articulation sacro-iliaque, et la suite du feuilleton faisant suite à mon accident de judo d’il y a 18 mois. Je suis entre de bonnes mains.]

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Raising Boys [en]

Cindy Gallop (you should follow her on Facebook) shares a piece about the Weinstein scandal and excerpts this:

Begin young: Jaclyn Friedman said culture must adopt a new definition of what it means to be a man: “We have to start raising boys to think girls are cool. … If we raised boys to assume that girls are fully three dimensional and human and interesting, then they will be more horrified when people don’t act the same way,” she said.

USA TODAY

Indeed. From reading « Bitter Chocolate » way back when (on child sexual abuse in India), it’s been clear to me that the way out of this is largely in the way we raise our boys. Starting from when they are very little.

Mothers, fathers: this is on you.

Over the last year, I’ve become increasingly sensitive to two things that we do with kids that now feels very wrong:

  • forcing physical contact upon toddlers and small kids when they don’t want it (how do you then explain to them that it’s wrong to do it to others once they are teenagers or grown men?)
  • « romanticising » childhood friendships by making fun of (even in a nice day) « girlfriends » or « boyfriends » when our kids are three, four, five… Why does every interaction between the sexes have to be seen through that lens? And after that, we complain that our kids are « sexually precocious »…

Seriously, just like you’d educate a cat or a puppy: don’t, when they’re small, encourage behavior you don’t want to see when they’re big. 300 grammes of kitten climbing up your jeans is cute. 5kg of adult cat is not. Then don’t let the kitten do it. 4-year-old running after a little girl to kiss her: will that be cute when he’s 40? Don’t let him.

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