Hearing Less: Dealing With Bad Audio Recordings in the Classroom [en]

Taking example on Meryl¬†who has started sharing similar stories on Facebook, here’s a little testimonial of my “somewhat deaf” life.

With my hearing aids, I’m fine for conversations with people (masks make it harder but not impossible unless people are very soft speakers), even in somewhat difficult settings.

But one disastrous context is non-professional recordings played through loudspeakers in echoey classrooms. I honestly can’t understand half of what is being said.

As this is often played through the teacher/trainer’s computer, I’ve come up with a workaround. I’ve bought a mini-jack split cable and an extension cord, so that I can listen to the audio through my headphones while the audio also goes to the classroom loudspeakers.

Note 12.01.2022: sometimes computers have VGA and audio on different sides. Worth having an extra VGA or mini-jack extension for these baffling situations.

This of course requires explaining the situation to the trainer (so far, everybody has been lovely about it), pointing out that I depend on the volume setting on the computer (keep it at maximum), and so they need to use the controls for the room loudspeakers to make it less loud for the class if needed.

Soundcheck recommended! I once forgot, and hadn’t realised the sound was going out through the HDMI cable, and not the mini-jack port!

One annoying situation that arises nonetheless is when trainers interrupt the recording to make a comment. I remove my hearing aids to put my earbuds in, so when the recording is stopped, I fiddle to get my hearing aids back in, and by the time I’m done, sometimes the comment the teacher was making is over! Worse: speaking over the audio of the recording… I miss everything.

But globally it’s a very good solution for me.

I use another workaround in my German class. We have an application which allows us to listen to the audio tracks at home. So when one is played in class, the teacher tells me which number it is and I play it on my phone with the earbuds. My comprehension score for German has gone way up this way! ūüėĀ

So there you are, a glimpse into my “less-hearing” life!

Initially published on 15.10.2021 on Facebook

Quand toute une vie prend sens: les pièces du puzzle qui manquaient [fr]

[en] 2021 will forever be the year where I finally got the explanation and solutions to so many of the problems which plague my everyday life: chronic procrastination, tons of ideas of things to start but huge difficulties with follow-through and finishing, difficulties with delayed gratification, inability to "just do it" but at the same-time machine-like productivity when in the right context, etc.

Il y a des moments dans la vie o√Ļ tout change, o√Ļ tout va changer, o√Ļ on voit que tout est en train de changer. Depuis quelques mois, je vis un moment comme √ßa. L’ann√©e 2021 va rester un tournant capital dans l’histoire de ma vie.¬†

La procrastination

Depuis toujours, je me heurte √† des probl√®mes de procrastination. J’ai d’ailleurs √©crit une pile d’articles √† ce sujet. J’ai mis une √©nergie √©norme √† apprendre √† m’organiser, √† planifier, √† construire des habitudes, pour garder un semblant d’ordre dans toutes les choses que je devais faire, et compenser ma gestion du temps plut√īt cataclysmique.

Et √ßa a march√©, jusqu’√† un certain point. Mon entourage me voit souvent comme la reine de l’organisation. J’ai r√©ussi √† ne jamais m’attirer de gros ennuis administratifs. Par contre… que de stress, que d’efforts, que de culpabilisation √† me dire que si je n’arrivais pas √† faire ceci ou cela plus facilement, √ßa devait bien √™tre parce qu’au fond je ne voulais peut-√™tre pas vraiment. Quand on √©choue jour apr√®s jour √† “s’auto-discipliner”, difficile de ne pas se sentir responsable.

Terminer les choses

Toute ma vie, j’ai aussi eu un mal fou √† terminer les choses, et √† tenir des projets sur le long terme, √† faire des choses maintenant en vue d’un objectif distant. J’ai bien failli √©chouer mes √©tudes par abandon au m√©moire, tant je n’arrivais simplement pas ‚Äď mais vraiment pas, c’√©tait comme une impossibilit√© physique ‚Äď √† m’y mettre. Des id√©es de choses √† d√©marrer, j’en ai √† la pelle. Je d√©marre, je mets en route. Mais apr√®s le souffl√© retombe, et ce qui √©tait si enthousiasmant devient une chose de plus sur la liste de choses √† faire. Difficile de ne pas voir √ßa comme un √©chec moral, une paresse de la pers√©v√©rance, un manque de t√©nacit√© ou de volont√© √† faire des t√Ęches un peu ingrates.

Une carrière sur mesure

J’ai vite compris √ßa, quand j’√©tais ind√©pendante, et centr√© mon offre autour de services qui ne m’obligeaient pas √† faire ce qui √©tait si difficile pour moi: globalement, je me faisais payer pour du temps que je passais avec des gens (formation, consulting, conf√©rences) et j’√©vitais les projets qui n√©cessitaient que je passe de longues heures “toute seule” √† travailler dans mon coin, ou dont l’objectif √©tait trop √©loign√© dans le futur. √áa a march√© pas trop mal pendant 10 ans ‚Äď mais √ßa m’a aussi limit√©e. Il y a des tas de choses que je n’ai pas entreprises, que je n’ai pas faites: je n’ai pas cr√©√© d’entreprise. Je n’ai pas √©crit de livre. Je n’ai pas mont√© une expo photo. Je n’ai pas mont√© une super offre de services bien emball√©e avec ce qu’il fallait de marketing et d’arguments de vente. C√īt√© biz dev, ce que j’ai fait pour moi a tout de m√™me √©t√© passablement limit√©. Je me laissais porter par le flot, je saisissais les opportunit√©s qui passaient.

Se motiver!

Le sujet de la motivation m’a toujours beaucoup int√©ress√©e, parce que c’√©tait √† travers ce prisme que je comprenais mes difficult√©s. J’ai beaucoup lu et r√©fl√©chi, beaucoup cherch√© de cl√©s. Esclave de la r√©compense imm√©diate, je ne savais pas comment me motiver, alors que je voyais bien que j’avais une capacit√© immense √† me plonger dans quelque chose quand j’√©tais, justement, motiv√©e: j’ai ouvert un espace coworking en moins de deux mois, j’ai appris √† peu pr√®s tout ce qu’il y avait √† apprendre sur le diab√®te f√©lin, j’√©tais “√† fond” sur tout ce qui se d√©veloppait comme nouvel outil dans les d√©buts du web social… Pourquoi est-ce que je n’arrivais pas √† contr√īler ou canaliser √ßa, √† √™tre quelque part entre la quasi-obsession et l’inertie?

Le lien entre mon incapacit√© √† arr√™ter et mon incapacit√© √† commencer m’√©tait clair, mais je sais aujourd’hui qu’il me manquait un √©l√©ment crucial de compr√©hension. J’ai appris au final que quand je sentais un √©lan pour faire quelque chose (m√™me pour √©crire un article pour mon blog), il fallait que je le fasse tout de suite, sous peine de voir cet √©lan s’√©teindre et dispara√ģtre √† jamais. J’ai aussi appris que cela ne servait √† rien que je pr√©voie de pr√©parer une conf√©rence ou une formation √† l’avance: je n’y arrivait simplement pas. Alors j’ai pris l’habitude de bloquer le jour ou deux avant pour le faire.

Moins de charge mentale

Un des facteurs qui m’ont pouss√©e √† revenir √† la vie salari√©e apr√®s tant d’ann√©es √† mon compte, c’√©tait, outre les simples probl√©matiques de chiffre d’affaires, le souhait d’avoir moins de charge mentale, que toutes les d√©cisions ne d√©pendent pas de moi, d’avoir un regard sur mon travail. Et j’avais raison. Dans mes emplois salari√©s, je ne procrastine pas ou peu, je mets √† profit mes comp√©tences organisationnelle, je fais les choses ‚Äď parce qu’il y a d’autres personnes qui comptent sur mon travail, parce qu’il y a un cadre qui est donn√© (tu viens au boulot, tu te poses √† ton bureau, tu bosses), parce que souvent aussi, il y a des gens qui appr√©cient ce que je fais. Et √ßa suffit √† lever la barri√®re. Je fais. A se taper la t√™te contre les murs, et √† me demander pourquoi je n’arrive pas, √† la maison, √† faire la vaisselle apr√®s avoir mang√© mon repas. Mais j’ai quand m√™me fait deux burnouts, mine de rien, et pas pass√© loin du troisi√®me.

Gestion émotionnelle

Sur un plan plus personnel, les √©motions √ßa a toujours √©t√© un probl√®me. Trop d’√©motions, que j’ai longtemps gard√©es sous cloche. Des nombreuses ann√©es de th√©rapie m’ont aid√©e √† en avoir moins peur, √† les apprivoiser, √† savoir quoi en faire. Et √† nouveau, pour beaucoup de personnes de mon entourage, j’ai une “sagesse √©motionnelle” et une compr√©hension des √©motions que beaucoup n’ont pas. Parce que je n’ai pas pu faire autrement.

Mais malgr√© tout √ßa, j’ai continu√© √† gal√©rer avec des probl√®mes de gestion √©motionnelle que je n’arrivais pas √† d√©passer. Quelqu’un se parquait sur ma place de parc, ou quelqu’un disait quelque chose sur facebook, et √ßa m’√©tait impossible de “l√Ęcher la chose” avant de l’avoir r√©solue. J’en perdais des demi-journ√©es voire des journ√©es enti√®res de travail. J’avais l’impression d’√™tre √† la merci de la moindre contrari√©t√©, qui ferait voler en √©clats tous mes beaux projets de faire ceci ou cela ce jour-l√†. Je parlerais peut-√™tre une autre fois de ma vie sentimentale, mais elle a √©t√© la victime de ces m√™mes difficult√©s de “trop d’√©motions”.

Procrastiner le coucher

J’ai aussi toujours eu du mal √† me mettre au lit. C’√©tait comme si, plus j’√©tais fatigu√©e, moins j’arrivais √† me coucher. Je le voulais, pourtant. J’√©tais raide! Mais je “procrastinais le coucher”. Alors OK, j’avais peut-√™tre des peurs d’enfant autour de dormir, de mourir pendant la nuit, mais vraiment, c’√©tait surtout que je me retrouvais prise dans une autre activit√©, pas toujours excitante ou int√©ressante, et que je n’arrivais simplement pas √† me “bouger” pour me mettre au lit. Vraiment, je me disais: z√©ro auto-discipline. Il y a de quoi se sentir vraiment nulle.

De pire en pire

Ces derni√®res ann√©es, j’ai eu le sentiment que ces difficult√©s ont empir√©. Peut-√™tre que ce n’√©tait que l’effet du temps qui passe, un peu l’√Ęge aussi, la lassitude de rester coinc√©e toujours devant les m√™mes √©checs, malgr√© le travail sur moi, malgr√© mon envie que √ßa change. Je finissais par me dire, pour de vrai, il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond chez moi. J’avais toujours eu cette impression, une grande crainte au fond de moi que je ne laissais pas trop monter √† la surface, qu’il y avait chez moi quelque chose de “cass√©”. Mais bon, tout le monde se sent un peu comme √ßa face √† ses √©checs, non?

Mon impression g√©n√©rale √©tait que la vie √©tait juste beaucoup plus difficile pour moi que ce qu’elle aurait d√Ľ √™tre. Malgr√© mon intelligence, mes comp√©tences, mes qualit√©s (que je ne mettais pas en doute en mon for int√©rieur), je n’arrivais quand m√™me pas. Est-ce que vraiment c’√©tait normal d’√™tre aussi √©puis√©e juste √† tenter de g√©rer le quotidien domestique, alors qu’en plus, je ne travaillais m√™me pas? J’avais envie de plein de choses, plein de projets, mais quand j’en avais le temps, me bouger √©tait une montagne tellement insurmontable que je n’avais plus envie de rien et que je restais √† glandouiller. Et je n’√©tais pas d√©prim√©e. J’avais un point de rep√®re, pour √ßa, et ce n’√©tait pas √ßa. Je l’ai dit comme √ßa parfois: “J’ai du mal √† faire. C’est comme si c’√©tait super difficile pour moi de faire.

L’ext√©rieur et l’int√©rieur

Je vous raconte tout √ßa pour poser le contexte. Toutes ces difficult√©s de vie, pour l’essentiel, je les ai v√©cues en priv√©. Les gens voient ce que j’ai accompli, ce que j’ai fait, me voient quand je suis en contact avec d’autres gens (eux, d√©j√†!) mais pas quand je passe une journ√©e enti√®re √† ne pas arriver √† faire une petite chose que j’avais d√©cid√© que je ferais. Pas quand c’est le week-end et que je n’ai envie de rien alors qu’au fond j’ai des tas de projets et le sentiment de n’avoir jamais le temps, et que l√†, je l’ai, le temps, mais je n’arrive rien √† en faire. C’en √©tait d√©sesp√©rant. Et ce qui √©tait particuli√®rement d√©sesp√©rant aussi, c’√©tait de ne pas r√©ussir √† savoir si j’√©tais en train de me plaindre pour rien (tout le monde procrastine, au final, tout le monde est fatigu√©, oui la vie est difficile et pleine de contrari√©t√©s) ou si vraiment il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond chez moi. Parce que bon, je m’en sortais quand m√™me pas mal dans la vie, hein. Quand je partageais mes probl√®mes, beaucoup de gens semblaient s’y retrouver, mais pour une raison qui m’√©chappait, √ßa ne semblait pas forc√©ment leur poser autant de probl√®mes qu’√† moi. √áa a dur√© des ann√©es, et des ann√©es, et des ann√©es encore.

Spoiler: il y avait vraiment quelque chose qui ne tournait pas rond chez moi. C’√©tait vraiment pas normal de gal√©rer autant.¬†

Epiphanie

En ao√Ľt, je suis tomb√©e sur un article qui parlait du sous-diagnostic d’un certain trouble neuropsy chez l’adulte. J’ai commenc√© √† le lire sans int√©r√™t particulier autre que ma curiosit√© g√©n√©rale pour tout ce qui touche au fonctionnement humain, parce que je ne me sentais pas du tout concern√©e. Mais au fil de l’article, je ne pouvais pas ignorer qu’ils √©taient en train de d√©crire toute une ribambelle de probl√©matiques et caract√©ristiques dans lesquelles je me retrouvais:

  • procrastination chronique
  • difficult√© √† s’en tenir √† ce qu’on a pr√©vu de faire ou planifi√©
  • toujours envie de chercher ou d’apprendre de nouvelles choses
  • capacit√© √† se focaliser √† fond sur quelque chose, en ignorant tout le reste
  • souvent sous-employ√© par rapport √† ses capacit√©s, ou en train de gal√©rer dans un job √† la hauteur de ses comp√©tences
  • tendance aux comportements addictifs (avec ou sans substances), sports √† √©motions fortes
  • attrait pour des professions stimulantes (pompier, secouriste par exemple, ou demandant beaucoup d’apprentissage ou de r√©flexion)
  • un probl√®me li√© √† un d√©ficit de dopamine et de noradr√©naline (deux neurotransmetteurs qui interviennent dans les circuits de motivation et de r√©compense)

√áa a suffi √† m’interpeller. Me questionner. J’en ai parl√© √† mon entourage, d’abord pr√©cautionneusement, puis avec un peu plus de certitude. Certains √©taient poliment dubitatifs (“√† ce moment-l√†, moi aussi” ou bien “ouais mais bon tout le monde a ces probl√®mes”), d’autres m’ont dit “mais bien s√Ľr que tu es comme √ßa, tu ne savais pas?!” ou encore “ah oui, c’est en effet pas normal d’avoir autant de difficult√©s…”

Plein de pièces de puzzle

J’ai trouv√© un questionnaire d’auto-d√©pistage (un vrai, celui qu’utilisent les psys) et je me suis retrouv√©e avec toute une s√©rie de croix “dans la zone gris√©e”. De plus, d√©but 2019, j’avais fait une exp√©rience √©trange avec un antid√©presseur (post-burnout) qui avait eu un effet quasi magique sur mes difficult√©s √† faire des choses. En creusant un peu, j’avais d√©couvert que ce m√©dicament augmentait aussi la concentration de noradr√©naline dans le cerveau, un des neurotransmetteurs qui pose probl√®me dans le trouble en question. Dingue! J’ai rejoint des groupes facebook, j’ai parl√© avec des gens concern√©s, j’ai regard√© des conf√©rences et lu des articles.

Tr√®s vite, c’√©tait comme si les pi√®ces de puzzle manquantes de ma vie commen√ßaient √† tomber en place. Tellement de choses s’expliquaient! Tout ce qui coin√ßait encore dans ma vie et m’emp√™chait d’avancer s’expliquait. Et avec cette explication, il y avait aussi l’espoir d’un changement, √† travers une prise en charge sp√©cifique.

Diagnostic

J’ai vite pris les devants pour trouver un sp√©cialiste (malgr√© le scepticisme de ma psychiatre traitante) pour avoir un diagnostic ‚Äď ou pas. J’y suis all√©e la peur au ventre, j’avoue. Cette hypoth√®se expliquait tellement de choses, mais j’avais tellement peur de me tromper, d’avoir √©t√© victime de l’effet Barnum (qui fait qu’on se reconna√ģt dans des descriptions un peu g√©n√©rales qui pourraient finalement coller √† n’importe qui). J’ai beaucoup dout√© pendant les deux mois d’attente pour ce rendez-vous. C’√©tait un peu “schizophr√®ne”, entre soulagement de savoir enfin (je croyais avoir trouv√©) et peur terrible de me tromper et de me retrouver au final sans porte de sortie.

Mais √ßa a √©t√© vite r√©gl√©. Apr√®s une s√©ance d’intense discussion et une bonne heure pass√©e √† mettre des croix dans beaucoup de questionnaires, le sp√©cialiste a confirm√© mon “auto-diagnostic”. Je suis ressortie du deuxi√®me rendez-vous avec la r√©f√©rence d’un livre sp√©cifique pour m’aider √† affiner mes strat√©gies de compensation (car j’en avais d√©j√† beaucoup), et une ordonnance.

Prise en charge

Il y a un mois, j’ai donc commenc√© √† mettre en pratique ce que je lisais dans ce livre (extr√™mement bien fait, pragmatique, et √©crit pour que ce soit facile √† mettre en oeuvre). A chaque page, je comprenais mieux pourquoi telle ou telle chose √©tait difficile pour moi, et comment contourner cette difficult√©. Je voyais que j’√©tais d√©j√† vraiment sur de tr√®s bonnes pistes avec ce que je faisais pour “me g√©rer”, mais il me manquait ici et l√† des morceaux pour que √ßa marche vraiment bien. C’√©tait un tel soulagement d’avoir enfin une aide et des explications sp√©cifiques √† ma probl√©matique.

Une semaine plus tard, d√©but d√©cembre, j’ai commenc√© les m√©dicaments. Avec un peu de tr√©pidation, √©videmment. √áa aide pour beaucoup de gens, pas tout le monde. Certaines personnes ne les tol√®rent pas. J’avoue qu’apr√®s mon exp√©rience impr√©vue avec l’antid√©presseur √† inhibition de recapture de noradr√©naline, j’avais bon espoir que √ßa m’aide. Je n’ai pas √©t√© d√©√ßue. Les m√©dicaments ne sont √©videmment pas magiques, mais c’est comme du fart sous les skis. √áa rend les choses beaucoup plus faciles.

Passer de l’intention √† l’action

Une des manifestations g√©n√©rales du trouble en question est une difficult√© √† passer de l’intention √† l’action. Je reviendrai l√†-dessus dans un autre article, mais une fois qu’on a compris √ßa, tout s’explique. Avec les m√©dicaments, c’est juste plus facile de faire. Je pose une assiette dans l’√©vier, “ah ben tiens je vais aussi la laver pendant que j’y suis”. J’ai d√©cid√© qu’√† telle heure j’allais faire telle chose, eh bien, sans gros effort, je m’y tiens. Il y a d’autres effets aussi, tr√®s tr√®s int√©ressants, qui feront l’objet d’un autre article, mais en gros, √ßa veut dire qu’avec les m√©dicaments, j’arrive beaucoup plus facilement¬†√† r√©ellement mettre en application ce que j’ai dans ma bo√ģte √† outils pour g√©rer la vie.

Le r√©sultat de tout √ßa, c’est que depuis un mois environ, ma vie a vraiment chang√©. J’arrive √† faire ce que j’ai pr√©vu de faire. Je passe de bonnes journ√©es. Je reprends confiance en moi. Je commence √† entrevoir qu’un jour il me sera possible de faire des choses en vue d’un objectif √† moyen ou long terme. Ma charge mentale a fondu comme neige au soleil.

C’est vraiment le d√©but de la suite de ma vie.

Mais alors, c’est quoi?

Si je n’ai pas entam√© cet article avec le nom du trouble qui m’a √©t√© diagnostiqu√© (et qui concerne, √† des degr√©s divers, un adulte sur 20 ou 25), c’est parce que ce nom charrie de nombreux pr√©jug√©s, et qu’il est ‚Äď je ne suis pas la seule √† le dire ‚Äď assez mauvais. Ma m√©compr√©hension de ce trouble, certainement bas√©e sur son nom et les id√©es re√ßues qui circulent √† son sujet, a clairement retard√© mon diagnostic et ma prise en charge, et m’a valu plusieurs ann√©es de gal√®re personnelle en plus. Je voulais donc raconter mon histoire d’abord, que vous ayez l’occasion de la d√©couvrir sans les lunettes d√©formantes de l’√©tiquette que peut conf√©rer ce diagnostic.

J’ai un autre article pr√©vu dans la pipeline pour parler plus en d√©tail de cette histoire de nom et des id√©es re√ßues, mais je ne vais pas vous laisser en suspens d’ici l√†. Le truc qui fait que j’ai du mal √† faire les choses, √† passer de l’intention √† l’action, que ma gestion √©motionnelle est un peu bof, que je suis comme prise dans l’imm√©diat du pr√©sent, que tout m’int√©resse, que je d√©borde d’id√©es et de projets mais que je n’arrive rien √† finir, que je suis cr√©ative et que je parle peut-√™tre un peu trop, que je peux me plonger dans un truc et abattre un boulot √©norme en un rien de temps ou devenir une experte de quelque chose que je ne connaissais pas, en gros, ce truc “qu’ont” les personnes comme moi qui ont une fonction ex√©cutive pas top, on appelle √ßa un TDAH. Oui, le fameux Trouble du D√©ficit de l’Attention avec/ou sans Hyperactivit√©.

Ça vous fait quoi?

Peut-√™tre que vous √©tiez familiers avec ce trouble et que vous saviez de quoi je parlais d√®s le d√©but de cet article. Peut-√™tre que, comme moi avant, ces quatre lettres √©voquent “court partout et n’arrive pas √† se concentrer plus de 2 minutes”. Peut-√™tre que √ßa vous para√ģt tr√®s √©tonnant de me voir concern√©e par ce diagnostic, ou au contraire, pas du tout. Peut-√™tre que √ßa vous dit vaguement quelque chose, mais que ces histoires de “trouble d’attention” ou “d’hyperactivit√©” c’est vraiment √† la p√©riph√©rie de votre conscience, un truc dont on n’est m√™me pas vraiment s√Ľr si c’est “pour de vrai” ou un machin √† la mode un peu invent√© de toutes pi√®ces pour excuser une mauvaise √©ducation, la paresse, ou trop de complaisance envers soi-m√™me. Peut-√™tre que vous vous reconnaissez dans mon histoire, peut-√™tre un peu trop pour votre confort, et que vous √™tes en train de vous demander, entre sueurs froides et lueur au bout du tunnel, si vous aussi, non mais quand m√™me, je saurais si j’avais √ßa…?

Toutes ces r√©actions sont l√©gitimes. Les commentaires sont ouverts, et mes MP/Whatsapp aussi. En attendant d’√©crire plus sur le sujet (et sur cette p√©riode charni√®re de mon parcours de vie), je vous laisse avec quelques liens si vous souhaitez creuser un peu:

Quintus, 1 an [fr]

13.12.2021, 21:20

Demain, le 14 d√©cembre, cela fera un an jour pour jour que j’ai dit adieu √† Quintus. J’ai r√©cup√©r√© ses cendres, comme je l’ai fait pour mes autres chats, et depuis, il y a une petite bo√ģte sur ma table de nuit, tout pr√®s du coin du lit o√Ļ il a pass√© une grande partie de ses derni√®res ann√©es.

Je n’avais pas le coeur de le mettre ailleurs. Alors le projet, c’est d’aller disperser ses cendres dans le jardin, comme je l’ai fait pour Bagha, Safran, et Tounsi avant lui. Alors c’est dur tout court, de faire √ßa, mais l√†, doublement dur parce que ses derni√®res ann√©es de vies √©taient tellement peu dehors.

Mais je veux me souvenir aussi des ann√©es o√Ļ il passait des heures install√© sous le buisson devant l’immeuble, o√Ļ on se promenait avec Tounsi autour du b√Ętiment, o√Ļ il courait √† travers le gazon, chassait, et grimpait m√™me aux arbres.

Alors demain, je prendrai mon courage à deux mains, même si je ne suis absolument pas prête, et je ferai un pas de plus dans ma vie sans Quintus.

14.12.2021, 18:08

Il y a des moments o√Ļ il faut aller de l’avant avec la vie, m√™me si √ßa fait mal. Se souvenir que le chat qu’on aimait, avec son corps si chaud, ses poils si doux, son odeur, sa truffe humide, son ronron et ses coups de langue, et bien maintenant, c’est un petit tas de poussi√®re dans une bo√ģte. Que c’est fini, qu’il n’est plus l√†, qu’il est mort, pour toujours. Qu’il est temps d’aller de l’avant dans la vie, sans le chat.

Alors j’ai regard√© cette poussi√®re, qui n’est plus rien du chat que j’aimais, qu’un souvenir, et bien moins vivant que celui qui est dans mon coeur, quelques grammes symboliques que je vais rendre au jardin qu’il aimait, avec quelques larmes, la m√©moire des pr√©cieuses ann√©es ensemble, la poussi√®re qui s’envole et le sable qui tombe au sol.

Et puis, renter √† la maison, faire un c√Ęlin au chat qui est l√†, tout chaud, tout vivant, et qui un jour aussi, si on a de la chance, sera un petit tas de poussi√®re et de sable, au fond d’une bo√ģte.

Ecouter: partie 1 | partie 2

Avoir un animal est une charge financi√®re qu’il faut pouvoir assumer [fr]

[en] Having a pet is a financial responsibility. Get health insurance for your pet or start a "health savings" account for them. They will fall sick and die someday, inevitably. See your vet at least once a year for a check-up and head to the clinic early if you suspect something is going on.

Je viens de regarder la vid√©o ci-dessous et je souhaiterais reprendre certains des conseils de l’oratrice aux propri√©taires de chats et de chiens ‚Äď auxquels je m’associe:

  • prenez une assurance-maladie pour votre animal ‚Äď ou bien pr√©voyez un compte-√©pargne pour lui, afin de ne pas vous trouver dans la situation o√Ļ il a besoin de soins que vous ne pourrez pas vous permettre
  • voyez votre v√©t√©rinaire au moins une fois par an pour un contr√īle, et le plus t√īt possible en cas de suspicion de probl√®me
  • ne donnez pas d’animaux en cadeau, m√™me dans la famille: un animal est non seulement une charge financi√®re mais aussi une charge niveau temps, et le ma√ģtre doit prendre cette charge en connaissance de cause.

Un animal, m√™me si on l’adopte petit, va t√īt ou tard tomber malade ou avoir un accident, vieillir, et finalement mourir.

Outre le groupe de chats diab√©tiques¬†que je g√®re, je suis dans nombre de communaut√©s “chats” en ligne. Et tous les jours ou presque, je vois des situations passer o√Ļ les soins √† l’animal sont compromis par l’aspect financier. Je sais, ce serait moche de devoir dire “si t’as pas de thunes, tu peux pas avoir un animal”, mais un animal √ßa coute, et il faut tenir compte de √ßa quand on d√©cide d’adopter.

Il y a des gens qui renoncent √† avoir une voiture car √ßa co√Ľte trop cher. Il y a des gens qui renoncent √† avoir un enfant de plus pour des raisons financi√®res. Il y a des gens qui renoncent √† vivre dans une plus grande maison ou un plus grand appart car √ßa co√Ľte trop cher. Et il y a des gens qui renoncent √† prendre un animal, de plus ou tout court, parce qu’ils ne pourront pas assumer financi√®rement les frais in√©vitables qui pointeront le bout de leur nez.

Pour info, en Suisse, pour assurer mes vieux chats, je paie environ 350.-/an. Les associations demandent des frais d’adoption, et ce n’est pas juste pour couvrir les frais engag√©s pour l’animal jusque-l√†. Si vous ne pouvez pas payer les frais d’adoption ou la prime annuelle d’assurance, il faut vraiment vous poser la question si la charge d’un animal est quelque chose que vous pouvez assumer financi√®rement.

Cette ann√©e, Oscar et sa bouche ont g√©n√©r√© pas moins de 4000.- de frais v√©t√©rinaires (heureusement, rembours√©s par son assurance). D’aucuns diront: je ne paierais jamais autant! Sauf que c’est pas “tu te pointes chez le v√©to, et on te fait un devis √† 4000.-“. C’est d’abord 500. Puis 300. Puis 700. Puis 1000. A quel moment tu dis “OK l√† j’arr√™te les soins que j’ai d√©marr√©s et je renonce √† faire la chose de plus qui a une chance de r√©gler la situation, et j’euthanasie mon animal”? Parce que laisser souffrir un animal malade, j’esp√®re que tout le monde est d’accord que ce n’est pas acceptable.

Je connais maintenant plusieurs v√©t√©rinaires. Je g√®re aussi un groupe dans lequel il y a environ 300 v√©t√©rinaires ‚Äď le groupe n’est pas tr√®s actif, mais tout de m√™me, “l’envers du d√©cors”, comme vous l’entendrez dans la vid√©o, si vous l’√©coutez. Je vous pr√©viens, c’est dur. C’est pas pour rien que la profession v√©t√©rinaire affiche un taux de suicides record. J’entends dans les groupes souvent des paroles tr√®s dures envers les v√©t√©rinaires, et c’est r√©guli√®rement dans des situations o√Ļ le d√©tenteur de l’animal n’a pas les moyens pour les soins qu’il faudrait, ou a longtemps tard√© √† consulter par peur des frais, pour se retrouver finalement dans une situation critique et bien plus on√©reuse.

Dans le groupe Diab√®te F√©lin, il y a une r√®gle stricte interdisant ce qu’on appelle le “v√©to-bashing”. J’y tiens. On peut √™tre en d√©saccord sur des d√©cisions, on peut m√™me consid√©rer qu’un praticien n’a pas offert une prise en charge ad√©quate (quand √ßa touche au diab√®te f√©lin, je vous assure qu’il y a souvent √† redire). Mais l’agression, le m√©pris, les insultes: cela n’est jamais acceptable.

Comme le dit l’oratrice, le milieu professionnel v√©t√©rinaire a ses probl√®mes. Mais une partie de ce qui influe sur la p√©nibilit√© de la profession est entre nos mains √† nous, ma√ģtres-d√©tenteurs-propri√©taires-domestiqu√©s. Et nous pouvons y rem√©dier relativement simplement, en incluant dans notre planification budg√©taire de quoi subvenir aux besoins m√©dicaux de nos animaux, d’une fa√ßon ou d’une autre.

Ainsi, on prend soin de son animal, de soi, et de son vétérinaire.

Témoignage musical [fr]

En 2005, j’avais fait un long chemin entre “je ne sais pas chanter” et “en fait, j’adore chanter”. √áa avait bien d√Ľ prendre une d√©cennie. On m’a parl√© d’un choeur sympa o√Ļ chantait une coll√®gue. C’√©tait Caf√©-Caf√©.

J’ai √©t√© g√Ęt√©e pour mon premier concert, √† Ch√©serex. Quatre soirs de suite. C’√©tait magique.

Les concerts se sont encha√ģn√©s, les ann√©es aussi, et j’ai eu un plaisir fou non seulement √† chanter, mais aussi √† c√ītoyer toutes ces belles personnes qui, au milieu des notes de musique, respiraient avec moi en harmonie.

En 2013, j’ai d√Ľ prendre la d√©cision d√©chirante d’arr√™ter Caf√©-Caf√©. J’avais d’autres activit√©s qui me tenaient tr√®s √† coeur, une vie professionnelle complexe, et l’incapacit√© fondamentale et malheureuse d’√™tre √† plusieurs endroits en m√™me temps.

Il n’y avait pas de bonne solution. Durant quelques ann√©es, j’ai tent√© de mener tout de front, √† grands coups de compromis, jusqu’√† ce que √ßa devienne intenable. Mon d√©part s’est fait dans les larmes, et pas comme j’aurais voulu. La faute √† personne, juste √† la vie et au temps.

Je suis all√©e revoir mes camarades de choeur en concert apr√®s √ßa. Une fois, peut-√™tre deux. Mais c’√©tait trop dur. J’en pleure encore aujourd’hui.

S’en est suivi une p√©riode de plusieurs ann√©es o√Ļ je n’√©coutais presque plus de musique ‚Äď entre autres parce qu’elle me faisait quasi syst√©matiquement fondre en larmes. C’√©tait plus facile d’√©viter.

‘2019. J’avais peut-√™tre vaguement vu sur facebook que Pierre avait eu “un souci de sant√©”, mais cela ne m’avait pas interpell√© plus que √ßa. J’ignorais qu’il √©tait malade. J’ai appris son d√©c√®s, je ne sais plus ni quand ni comment, et √† son enterrement, dans la peine des derniers adieux, j’ai retrouv√© mes amis de Caf√©-Caf√©. Et aussi une √©vidence: tout cela m’avait bien trop manqu√©.

Quand j’ai su qu’un spectacle serait en pr√©paration pour rendre hommage √† Pierre, je n’ai pas h√©sit√© tr√®s longtemps. Je sortais d’une op√©ration qui avait √©lagu√© mon agenda pour l’ann√©e √† venir et je ne travaillais pas: j’allais donc en profiter pour chanter.

Une pand√©mie et presque deux ann√©es plus tard, nous y voil√†: nous sortons d’un week-end incroyable d’√©motions, de musique et d’amiti√©. Une c√©l√©bration de Pierre et de son oeuvre, et aussi de tous ces liens qui se sont tiss√©s autour de lui, entre nous, et qui lui survivent.

Ces dix derniers jours ont √©t√© √©prouvants. La musique, et √ßa je l’ai bien compris maintenant, elle vient chercher directement nos √©motions. Impossible de se cacher. Et depuis le week-end dernier o√Ļ nous avons commenc√© √† mettre ensemble choeur, orchestre et solistes, c’est le raz-de-mar√©e qui n’est all√© que crescendo, jusqu’au dernier accord majeur de “Sang pour sang” dimanche soir.

Pour moi il y avait, en plus de tout ce que charriait cet hommage, l’√©motion de me retrouver sur sc√®ne avec Caf√©-Caf√© apr√®s presque 10 ans d’absence. Egalement, la perspective d’un nouveau choix “impossible” entre ma famille musicale et les vents du L√©man, puisqu’un avenir se dessine, sous une forme ou une autre, avec Elodie, qui a brillamment relev√© le d√©fi de nous diriger jusqu’√† cet hommage. Elle l’a fait avec humanit√©, humour et humilit√©, nous offrant ainsi l’espace de gu√©rison dont avaient tant besoin nos √Ęmes musicales apr√®s les √©preuves travers√©es. Je sais que je ne suis pas la seule √† avoir √©t√© conquise et √† vouloir continuer la route avec elle.
Ma d√©cision restera difficile, mais peut-√™tre que cette fois, je choisirai le chemin de la musique… et de l’amiti√©.

Ce billet a été initialement publié sur facebook. 

Crédit photo Ariane Dorsaz

Crédit photo François Clair

Taming the Dishes, 2021 Version [en]

If you know me just a little, you’ll know that doing my dishes is an everlasting challenge. It’s not that I hate doing it so much (I’d have got a dishwasher years ago). It’s just that… it never seems important to do it now, and then it piles up, and it’s the thing I constantly feel bad about not doing, so I tend to push it away.

My dishes have been under control for some time now and I thought I’d share how I did it. Worked for me, not sure it will work for you, but the underlying method is something you might find interesting.

Background

I was inspired by what I’m learning at my training at the IGB (it’s the brief therapy approach developed at the Palo Alto Mental Research Institute¬†back in the days).

To sum things up (too) briefly, the general strategy is the following: when faced with a problem one is stuck with, trying and trying to solve one’s way out of it, the obvious conclusion is that what is being tried is not working ‚Äď otherwise the problem would not be there anymore. Worse, what is being tried is actually keeping the problem alive or making it worse; if that were not the case, chances are the problem would go away at some point. If it remains despite all our efforts to get rid of it, then we are unwittingly participating in its persistance.

The “simple” solution is to identify what it is that we are doing which makes the problem worse, or at least maintains it, and stop doing it. It is not easy, firstly because we are generally unaware of our participation in the systems we are part of, and second, because if we are doing what we are doing, it is because on some level we firmly believe it is a solution to the problem at hand.

The “simplest” (again, not “easy”) way of not doing something is to head in a radically opposite direction, and do something that is incompatible with what we desire to stop. Think “U-turn”. This is very tricky to think through, and even trickier to implement (this is where the hundreds and hundreds of hours of training to become a therapist come in), and leads to these weird and counter-intuitive paradoxical prescriptions: instead of trying to stop doing x, do more of it!

Addictive/compulsive behaviours

So, to get back to our dishes, I had just come out of a couple of days of training where we had discussed some “typical” ways to deal with addiction/compulsion issues and ‚Äď very much related though maybe not obvious at first glance ‚Äď procrastination. Generally, in situations where excessive consumption (of all nature) is problematic, our attempts to get out of it take the shape of “stop it”, or “do less”. Like “I have to stop smoking”, or “I have to eat less chocolate”. Well, we all know how well that works, don’t we? So, how do we stop doing that? How do we stop telling ourselves to not smoke, drink less, etc., when our goal is precisely to stop smoking or excessive drinking?

Well, in this case, the prescriptions will have to go in the other direction: “smoke more”, “eat more chocolate” ‚Äď but of course, not in any crazy way, because we do not want to abandon the goal of getting the excessive consumption under control. For example, one classic prescription is of the form “do it once, do it x times”: instead of trying to stop smoking, have a rule that each time you smoke one cigarette, you have to smoke 5. Or each time you drink a glass of wine, you finish the bottle. Of course all this needs to be tailored to the specific situation and the person, but the way it works is the following: it “breaks” the mechanism of fooling oneself that one can smoke/drink/eat “just one” (assuming that is the problem). “Oh, I’ll just eat one bowl of ice-cream!” And three bowls later: “Heck, I really need to stop eating ice-cream.” See the idea?

Procrastination

Now, what does this have to do with procrastination, you will ask me? Procrastination is actually very similar in its underlying mechanism. But instead of “I’ll do it just once” it’s “I’ll not do it just once”. “I’ll do it tomorrow” is in fact “I’ll just skip doing it today.” Procrastination is telling ourselves that it doesn’t matter if we don’t do the thing just now, because we will (for sure!) do it later. So we apply a similar but opposite prescription: “if you don’t do it once, don’t do it x times.” Or, in positive terms: “skip it once, skip it x times”.

Let’s take an example. Say I’m trying to write my dissertation or prepare a class. I’ve decided I was going to work on it each day for 2 hours. What usually happens is that I don’t manage to get to work on it today, I get sidetracked, or I feel off, and I think “oh well, I’ll skip today and do it tomorrow.” And tomorrow, the same thing happens, and it gets worse and worse. Sound familiar? Now, if I have a rule that if I skip one day, then I am not allowed to get back to work on it for another 4 (e.g.) days, how will that make me feel? Can you feel the tension increasing?

Applying this to my dishes

This is very much what happens with my dishes. It’s the evening, I’m tired, I look at the sink and think “meh, I’ll do this tomorrow”. But then, as we all know, tomorrow brings more dishes and even less desire to deal with them and even more “meh, I can’t deal with this now, I’ll do it tomorrow, for real.”

This is what I came up with:

If I don’t do the dishes, I can’t do them for the next three days.

I came up with three days because it’s scary enough for me to be a deterrent, but not so much that it makes things impossible. For example, if I’d said “10 days”, that would not work for me because it’s just not tenable to not do the dishes for 10 days. Three days works for me because I know I have no desire whatsoever to have to deal with three days of dishes. Your mileage may vary, if you try this.

More than once, I have found myself in the evening in front of the days dishes thinking “meh, I really don’t want to do this” ‚Äď but right after, I picture the three days of dishes that not doing it tonight will imply, and I get to work.

Soon after I started with this, I found myself in the evening thinking “oh, the dishes!” only to realise I had already done them. Now that I’ve been at this for a few months, I can feel it’s turning into a habit like brushing my teeth before bed is. I “don’t feel right” if I haven’t done it.

Some concrete details:

  • “do the dishes” means I wash everything that needs washing at that moment and see the bottom of the sink
  • I don’t dry things, and haven’t got a system in place for putting clean dishes away yet (thinking about it)
  • because “things happen”, I have built some flexibility into the system (because it works for me without endangering the system): I am allowed an “exception” every now and again (imagine: guests or a lot of cooking in the evening so really too tired to deal with it) but the condition is that I must catch up ¬†the next day. I’m aware that with this system I could end up doing dishes every other day, but it’s not the case, and if it were, I would change this “exception clause”
  • I’m now starting to think it would be nice to do dishes earlier in the day too, so there is less in the evening. This is not a “goal”, but more of a drive, I’m starting to want to do dishes during the day.

So there we are. My dishes seem tamed. What is there in your life that you might try applying this approach to? Let me know in the comments!

Getting Older: How I Use Technology [en]

At lunch my colleague ordered delivery for us. On her phone.

Of course I know this exists. But it hasn’t “worked” that well in Switzerland for all that long, and I think I’d never ordered food with an app. I felt like a fumbling doofus not knowing where to find the fries in the menu.

This got me thinking (and we had a chat around this topic with a bunch of my ‚Äď quite ‚Äď younger colleagues, and one my age).

The idea that you can easily and cheaply get food delivered is very new to me. This is not something we could do when I was young. I think I only really started ordering food during lockdown (when Quintus died, actually), and I only did it a handful of times. Maybe once before. But I call, speak to a human being, place my order. I don’t really feel confident doing it through a website.

Weird, huh?

We were also musing on why so many people seem to want paper versions of certain documents when a digital version can be sent instantly by e-mail (and printed, if need be). Some people just aren’t comfortable having important things on their phones. I recalled how long it took me (me!) to be comfortable travelling with only a “phone” version of my airline ticket. In all honesty, depending on where I’m going, I still am not really.

So, here’s a little list of stuff I do and don’t do with technology.

  • I use ebanking and cash transfer apps (I’m almost completely cashless)
  • I use an app to track my public transport use and bill me at the end of the day
  • I order(ed) books and CDs online from amazon, before I went completely digital
  • I buy plane and train tickets online (but am always slightly uneasy not carrying a print version when abroad)
  • I make concert reservations online
  • To book a restaurant, I’ll call them up
  • I chat and interact with people I “don’t know” online all the time
  • I’ve been meeting people “from the internets” for over twenty years (completely blas√© about it)
  • I never managed to really get into snapchat or tiktok
  • I rarely print things, I tend to photograph paper stuff to digitally store it
  • I order groceries online when needed but I’d rather go into the store (when needed: post-lockdown, overworked)
  • I message people, rarely cold-call (except with family or purely utilitarian stuff, I generally schedule my calls)
  • I don’t order clothes online
  • I rarely print photos, they are first and foremost digital beings
  • I trust digital storage at least as much as physical storage
  • I know how to use a paper map
  • I navigate using google maps most of the time
  • I don’t have a CD or DVD player anymore
  • I have a Kindle and prefer most of my books as e-books
  • I type rather than write on pen and paper
  • I dictate to my phone regularly (my thumbs get fed up though I thumb-type really fast)
  • I rarely send people voice messages (never without consent ‚Äď I hate receiving cold voice messages)
  • I have a location tracker on my cat, and home surveillance cameras (for the cats) but haven’t connected the cat-flap to the internet

When I was talking with my colleagues, I realised that the first phone I had which could usefully connect to the internet (through GPRS) was around 2007 or so (it wasn’t an iphone). I could check my mails and even Twitter. Load slow web pages that weren’t mobile-friendly. I was 33 in 2007. So until that age, I lived and functioned without a constant connection to the internet. And I’m realising, now, as years turn into decades, that I’m starting to see my age in my level of comfort with certain technology usages.

Quoting Douglas Adams:

1. Anything that is in the world when you’re born is normal and ordinary and is just a natural part of the way the world works.

2. Anything that’s invented between when you’re fifteen and thirty-five is new and exciting and revolutionary and you can probably get a career in it.

3. Anything invented after you’re thirty-five is against the natural order of things.

What about you?

La vie avec deux doses [fr]

J’ai eu ma deuxi√®me dose de vaccin le 5 juin. J’ai morfl√©, comme beaucoup, mais qu’est-ce que je suis heureuse d’√™tre vaccin√©e et plus d√©tendue dans ma vie. D√©j√† apr√®s la premi√®re dose, les jours puis les semaines passant, j’ai senti que mon irritation envers les gens qui tiennent √† porter leur masque sous le nez (voire √† faire les rebelles en le gardant sous le menton) diminuait.

Bon, ce n’√©tait pas dramatique, car je ne croisais pas souvent des gens. Au travail, c’est masque chir pour tout le monde, on est drill√©s, et franchement bons √©l√®ves. Dehors, c’est dehors: 20 fois moins de risque que dedans. Les transports publics, le nombre de fois que je les ai pris √ßa se compte sur les doigts d’une main. Mais soyons honn√™te, √ßa me gonflait quand m√™me de me retrouver “potentiellement expos√©e” comme √ßa. Et surtout, ne voulant pas faire courir de risque √† des personnes vuln√©rables de mon entourage, ma vie sociale se trouvait d’autant plus r√©duite √† n√©ant.

Que mes parents soient vaccin√©s a d√©j√† √©t√© un gros soulagement: je peux aller les voir, manger avec, sans stresser. L’arriv√©e des autotests aussi, m√™me si je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de les utiliser. Mais j’ai senti le soulagement que c’√©tait de ne pas avoir derri√®re la t√™te cette crainte, apr√®s une rencontre, d’√™tre infect√©e ou d’avoir infect√©. De guetter d’√©ventuels sympt√īmes. C’est un peu comme si je retrouvais ma tranquillit√© d’esprit d’avant. Pour moi et les autres.

Mon entourage, les gens qui me sont proches, sont tr√®s largement en train de se faire vacciner, √† quelques exceptions pr√®s. Honn√™tement, c’est comme une lib√©ration. Je sais qu’il y a un certain taux d’√©chec vaccinal, mais √ßa reste vraiment microscopique compar√© √† “sans”. C’est un risque qui commence √† rentrer dans mes “risques acceptables de la vie” ‚Äď alors que le covid sans vaccin ne l’√©tait pas.

Maintenant, si les gens dans le bus laissent pendre leur nez sur leur masque, si les gens participant √† la m√™me activit√© que moi d√©cident de l’enlever, “parce que”, je m’en fiche. Et franchement, c’est tr√®s agr√©able.

Ma pr√©occupation a bascul√© de la pr√©servation de ma sant√© √† celle de “suivre les r√®gles”, √™tre la bonne √©l√®ve. J’ai tendance √† suivre les r√®gles. J’ai aussi tendance √† avoir du mal avec les r√®gles que je trouve inutiles ou insens√©es, comme tout le monde j’imagine. Evidemment que les consignes sanitaires actuelles s’appliquent √† tous, vaccin√©s comme non vaccin√©s (car tout le monde n’a pas encore eu l’opportunit√© d’avoir ses deux doses), et donc on se trouve dans des situations un peu cocasses comme √™tre dans une r√©union de travail entre personnes vaccin√©es et garder malgr√© tout le masque sur le nez. Ou de prendre part √† une activit√© th√©oriquement avec masques, mais en pratique sans, √† me demander quel sens √ßa a que je porte le mien (outre faire la bonne √©l√®ve) car au final, m√™me si un cas positif se d√©clare, non seulement je cours tr√®s peu de risques de contamination, mais en plus, administrativement, je ne serai pas mise en quarantaine. On attend que les consignes sanitaires rattrapent la r√©alit√© du terrain. Et en attendant, on voit bien que √ßa va devenir de plus en plus difficile d’imposer le port du masque √† des personnes vaccin√©es en nombre croissant.

Mais voil√†, en attendant, ma vie retrouve de la l√©g√®ret√©. J’ai d√©j√† mang√© plusieurs fois au restaurant — en terrasse, mais finalement je serais aussi pr√™te √† manger dedans, s’il fallait. C’est marrant, les restaurants ne m’ont pas plus manqu√© que √ßa durant leur fermeture, mais maintenant qu’ils sont ouverts, je suis hyper contente de pouvoir y aller. Et j’y d√©pense de l’argent en tr√®s bonne conscience, me disant que √ßa vient mettre un peu de baume au coeur de leurs chiffres d’affaires bien malmen√©s par la crise.

Je commence à retourner à mes cours de chant, et au judo. Je planifie ma prochaine sortie bateau. Il fait beau. Je vais bien.

Quintus: 6 mois [fr]

Quatorze d√©cembre, 14 juin. Six mois. Six mois que j’ai dit adieu √† ma vieille bo√ģte √† ronrons. Je ne pleure plus, enfin je ne pleurais plus avant de commencer √† √©crire ces mots. Il me manque, mais je suis aussi tellement soulag√©e de ne plus vivre dans le stress constant qu’il lui arrive quelque chose, d’√™tre lib√©r√©e de la charge de me soucier de lui et de le soigner au quotidien.

Pourtant, je l’ai fait de bon coeur. Je me sens presque coupable d’appr√©cier autant ma libert√©. Juste l√†, je donnerais beaucoup pour pouvoir le tenir encore quelques minutes dans mes bras, sentir sa t√™te contre la mienne, entendre son ronron.

Mon Quintus. ūüíĒ

Implicite [fr]

Il y a deux couches au langage. L’explicite et l’implicite. L’indice, et l’ordre. L’indice, c’est l’information que contient ce qu’on dit. L’ordre, c’est ce qui est dessous, et qui touche √† la dimension relationnelle de l’acte de communication.

Quand je dis “j’ai faim”, √† la surface je donne une information, mais il y a aussi une dimension qui touche ma relation avec la personne √† qui je dis √ßa: peut-√™tre que je lui signifie ainsi qu’elle doit faire √† manger, ou m’apporter une pomme. C’est “l’ordre”.

Cet implicite, on le comprend dans le contexte de la relation √† l’autre. Et on ne va pas tous “recevoir” ces implicites de la m√™me fa√ßon. Certaines personnes vont ne pas entendre l’implicite, ou passer √† c√īt√©, alors que d’autres sont sursensibles aux implicites et vont en entendre l√† o√Ļ il n’y en avait pas.

Par exemple, la personne √† qui je dirais “j’ai faim” (“j’ai faim, je vais partir manger dans quelques minutes”) mais qui comprendrait que j’attends qu’elle me pr√©pare un petit plat (si c’est une coll√®gue, elle pourrait trouver ma “demande” d√©plac√©e…).

C’est toujours utile de garder en t√™te qu’il y a ces deux couches dans ce qu’on dit, et que le relationnel se joue dans la couche la plus propice aux malentendus.