BarCamp à Lausanne le 29 septembre [en]

[fr] BarCamp in Lausanne, September 29th. Come and join us!

Réservez la date du 29 septembre : [BarCamp débarque à Lausanne](http://barcamp.ch/BarCampLausanne) !

BarCamp Lausanne Banner

[Barcamp ?](http://fr.wikipedia.org/wiki/BarCamp) C’est un rassemblement informel, généralement d’un week-end, de personnes qui vont échanger leurs expériences, réflexions, et savoirs. Disons que le thème qui rassemble ces gens est Internet, au sens très large : il sera donc question de technologie, mais aussi de toutes les problématiques stratégiques, économiques, sociales, et même philosophiques touchant aux bouleversements numériques que vit notre époque. Et si un autre sujet pointait le bout de son nez… Il serait bien entendu le bienvenu.

Ce n’est donc pas une conférence : c’est une **non-conférence**. Un BarCamp est initié par une personne ou un groupe de personnes, et souvent sponsorisé, car l’événement est généralement gratuit pour ceux qui y participent. Chacun est encouragé à mettre la main à la pâte en aidant à l’organisation ou à l’animation de la journée, en faisant une démonstration, une présentation, en modérant une discussion, ou au minimum en étant un auditeur actif lors des séances. Si vous êtes curieux, allez donc lire [comment le concept est né](http://www.tantek.com/log/2006/07.html#d10t0805).

Vous l’aurez compris, le succès d’un BarCamp repose sur la participation de la communauté, et non sur les épaules d’une ou deux personnes qui organiseraient le tout pour les autres. Le BarCamp sera ce que l’on en fera. Ce n’est pas un événement totalement anarchique, cependant : il y a quelques règles.

> * 1ère règle: Tu parleras de BarCamp.
* 2ème règle: Tu blogueras à propos de BarCamp.
* 3ème règle: Si tu veux faire une présentation, tu dois [inscrire ton sujet et ton nom dans un slot de présentation](http://flickr.com/photos/scottmark/1332044405/).
* 4ème règle: Des intros de trois mots seulement.
* 5ème règle: Autant de présentations à la fois que l’infrastructure le permet.
* 6ème règle: Pas de présentations réservées à l’avance, pas de touristes.
* 7ème règle: Les présentations iront tant et aussi longtemps qu’elles le doivent, où jusqu’à ce qu’elles se heurtent à l’heure de début de la présentation suivante.
* 8ème règle: Si c’est votre première fois à BarCamp, vous DEVEZ présenter. (Bon, on ne va pas vous forcer, mais essayez de trouver quelqu’un avec qui présenter, ou posez des questions et soyez un participant actif.)

source

Concrètement ?

* bloquez le samedi 29 dans votre agenda pour [venir nous rejoindre à l’EPFL le temps d’une journée](http://barcamp.ch/BarCampLausanne) (oui, c’est un mini-BarCamp).
* [ajoutez notre nom à la liste des participants](http://barcamp.ch/index.php?title=BarCampLausanne&action=edit&section=9)
* [proposez d’animer une session](http://barcamp.ch/index.php?title=BarCampLausanne&action=edit&section=7)
* dites-nous si [vous désirez souper](http://barcamp.ch/index.php?title=BarCampLausanne&action=edit&section=13), [dormir à Lausanne](http://barcamp.ch/index.php?title=BarCampLausanne&action=edit&section=14), [donner un coup de main](http://barcamp.ch/index.php?title=BarCampLausanne&action=edit&section=17) ou encore sponsoriser l’apéro
* annoncez BarCamp Lausanne sur votre blog et faites venir vos amis !

***« Ah oui, sympa, je vais venir voir mais je présenterai quelque chose la prochaine fois… »***

Justement pas ! Un BarCamp, c’est justement l’occasion rêvée pour expérimenter, se jeter à l’eau, et prendre quelques risques. On est entre nous. Pensez « animer une discussion sympa avec une poignée de gens intéressés », et non « donner une conférence ex cathedra avec présentation PowerPoint léchée devant un parterre de 150 inconnus qui vont vous juger ».

Program for Blogcamp.ch

Chacun a quelque chose à raconter, à partager, à montrer, à discuter. On est tous des passionnés. Pas besoin de choisir un « grand sujet », digne d’un livre ou d’un dossier dans un magazine. Si vous êtes en panne d’inspiration, demandez à vous lecteurs, ils sauront, eux. Si vous êtes prêts à vous lancer, voici un article (en anglais) [qui vous donnera de bons conseils](http://www.scottberkun.com/blog/2006/how-to-run-a-great-unconference-session/).

***« Mais c’est tout en anglais ! On est en Suisse romande, non ? »***

La [page d’organisation de BarCamp Lausanne](http://barcamp.ch/BarCampLausanne) est effectivement en anglais, mais l’événement lui-même est multilingue. Les présentations et discussions peuvent avoir lieu en n’importe quelle langue (mais merci de préciser !)

Vu le côté inévitablement un peu « local » de ce genre d’événement, on peut s’attendre à ce qu’il y ait une majorité de francophones, mais il y aura aussi certainement des gens venant de plus loin, ou quelques-uns de nos amis suisses-allemands.

Donc, voilà. La langue, j’avoue que c’est un sujet un peu flou, et malgré mes grandes réflexions sur la pluralité linguistique, je ne suis pas certain qu’elle serait la meilleure formule. On verra donc ce qui se passe ! Ce qui est certain, en tout cas, c’est que ce ne sera pas monolingue, et qu’il y aura donc la place pour tout le monde !

Similar Posts:

MySpace supprime les profils de 29'000 "délinquants sexuels" [en]

Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur [cet article de la BBC](http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/6914870.stm), qui rapporte que le site [MySpace](http://myspace.com) (une sorte de super-[Skyblog](http://skyblog.com) d’origine américaine) a supprimé de son site les profils de 29’000 “délinquants sexuels” (“sex offenders”).

J’ai écrit deux billets à ce sujet en anglais, qui ont reçu pas mal de couverture dans la blogosphère anglophone. J’ai aussi été interviewée par la radio BBC World suite à mon message leur signalant ma réaction.

– [MySpace Banning Sex Offenders: Online Predator Paranoia](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/) (liens vers ce billet chez d’autres blogueurs: [cosmos Technorati](http://technorati.com/search/http%3A//climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/))
– [Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear…](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/parents-teenagers-internet-predators-fear/) (liens vers ce billet chez d’autres blogueurs: [cosmos Technorati](http://technorati.com/search/http%3A//climbtothestars.org/archives/2007/07/25/parents-teenagers-internet-predators-fear/))
– [interview BBC World](http://www.bbc.co.uk/radio/aod/networks/wservice/aod.shtml?wservice/world_hys_wed) (je parle à la minute 34, le sujet commence à 29:30)

Ces deux billets comportent un résumé bref en français que je reproduis ici pour plus de commodité.

> MySpace exclut de son site 29’000 “sex offenders” (des gens qui ont été accusés de crimes sexuels) enregistrés. C’est problématique d’une part car suivant l’Etat dans lequel elles ont été condamnées, ces personnes enregistrées peuvent être coupables de choses aussi anodines que: relations homosexuelles, nudisme, uriner dans un lieu public, faire l’amour dans un lieu public, etc. D’autre part, je rappelle les chiffres provenant d’une récente étude sur les crimes sexuels impliquant des minteurs, qui vont à l’encontre de l’idée qu’on se fait habituellement de ce genre de cas. En agissant ainsi, possiblement poussés par la paranoïa ambiante, MySpace contribue à cette paranoïa. Je regrette que la presse joue systématiquement le jeu de la peur et ne se fasse pas l’avocate d’une attitude moins paniquée face à la question des prédateurs sexuels en ligne. (En résumé: les enfants courent plus de risques hors ligne qu’en ligne, et probablement bien plus à chaque fois qu’ils montent dans une voiture ou traversent la route…)

Stephanie Booth, MySpace Banning Sex Offenders: Online Predator Paranoia

Conseils aux parents (après mon interview à la BBC ce soir au sujet des “sex offenders” bannis de MySpace):

  • pas de panique, les prédateurs sexuels tels que nous les présentent les médias ne sont pas légion, votre enfant ne court pas des risques immodérés en étant sur internet;
  • dialoguez avec votre enfant; intéressez-vous à ce qu’il fait en ligne;
  • souvenez-vous que fournir des informations personnelles n’est pas un très grand risque; par contre, s’engager dans des relations de séduction avec des inconnus ou des amis adultes en ligne l’est.

J’ai écrit relativement peu en anglais à ce sujet jusqu’à maintenant. En français, lisez Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins, De la “prévention internet”, les billets en rapport avec mon projet de livre sur les adolescents et internet, et la documentation à l’attention des ados que j’ai rédigée pour ciao.ch.

Stephanie Booth, Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear…

Donc, en faisant ma tournée sur [technorati, pour voir qui a mentionné dans son blog l’article de la BBC](http://technorati.com/search/http%3A//news.bbc.co.uk/2/hi/technology/6914870.stm), je suis tombée sur [un billet en français qui se réjouissait de la nouvelle](http://etjesigne.free.fr/blog/?p=57). Mon long commentaire à ce billet devenant trop long, j’ai décidé de le faire ici, sur mon blog, et du coup, de parler un peu de cette histoire pour mes lecteurs francophones:

> Bonne nouvelle signée MySpace qui vient de supprimer 29.000 profils de délinquants sexuels américains errants sur son espace qui compte 80 millions internautes. La suppression a été effectuée grâce à son partenariat avec le bureau de vérification Sentinel Tech Holding Crop qui développe une base de données nationale de délinquants sexuels. La législation américaine facilite cette tâche car elle permet de consulter librement les fiches de ces déliquants sur le site du ministère de la justice…

M/S, MySpace a les yeux sur les délinquants sexuels

Comme je l’explique donc dans [ma réaction à l’article de la BBC](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/) **ce n’est pas une si bonne nouvelle que ça**. Ce sont les états qui définissent ce qu’est un “délinquant sexuel”, et suivant où, on peut être sur une de ces listes pour avoir montré ses fesses en public. De plus, les profils supprimés seraient ceux où l’adresse e-mail fournie correspond à celle qui se trouve dans le dossier des délinquants sexuels. Vous pensez vraiment qu’un “pervers à la recherche de victimes” (et encore, voir plus bas pour ma réfutation de la forme qu’on donne au problème) serait aussi bête?

Aussi, la problématique des prédateurs sexuels sur internet est dramatisée et déformée par les médias. Tout d’abord, on perd de vue que la grande majorité des crimes sexuels sur mineurs impliquent la famille ou des amis proches de la famille (et non des inconnus ou “connaissances” provenant d’internet). Les cas faisant intervenir internet sont une minorité, et sont plus de l’ordre “relation de séduction d’ados” que “duperie et enlèvement d’enfants”. On peut légitimement se demander si une telle action de la part de MySpace est vraiment utile (il s’agit en fait plus de sauvegarder leur image), et si on n’est pas en train de se donner bonne conscience tout en évitant de faire de la prévention utile, mais quelque peu plus complexe (puisqu’il s’agit d’aller plonger dans la façon dont les adolescents vivent l’éveil de leur sexualité et de leurs premières relations amoureuses). Voir à ce sujet [De la “prévention internet”](http://climbtothestars.org/archives/2007/06/17/de-la-prevention-internet/), billet qui, au milieu de mes grands questionnements, aborde cette question.

Mon ami [Kevin Anderson](http://strange.corante.com), journaliste américain vivant à Londres, a écrit un excellent billet au sujet de toute cette histoire suite à un interview assez frustrant qu’il a donné à la BBC: [‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism](http://strange.corante.com/archives/2007/07/26/think_of_the_children_yes_but_also_think_about_the_journalism.php). Entre autres, il en appelle à la presse, qui couvre systématiquement ce genre d’événement selon l’angle “mon Dieu, ça grouille de pédophiles sur internet, enfin on fait quelque chose, mais est-ce suffisant?”

> I am taking an issue with the format and the journalistic assumptions made. Yes, there is a problem here, but it’s not the one that is being shouted in the headlines. The facts don’t support the sensationalist story of a predator lurking behind every MySpace profile or blog post. As Steph points out in her posts, the threat to youth isn’t in them having blogs or being on social networks. The problem is one of emotionally vulnerable teens being preyed upon by opportunistic adults. It’s more complicated and less emotive than saying: Keep the paedos off of MySpace.

Kevin Anderson, ‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism

Après mon interview à la BBC il y a deux jours, j’ai envoyé à quelques (3-4) journalistes romands de ma connaissance un e-mail contenant un appel à une couverture plus “réaliste” que “sensationnelle” de cette histoire. Voici à quelques variations près le message que j’ai envoyé:

> Vous avez peut-être entendu parler du fait que MySpace a “viré” de son
site 29’000 personnes se trouvant sur les listes de délinquants
sexuels tenues par les Etats aux USA. J’ai écrit une assez longue
réaction à ce sujet (en anglais) et me suis également faite
interviewer par la BBC.

> En deux mots:

> – la définition de “sex offender” est problématique (dans certains
états, on peut finir sur ces listes pour avoir montré ses fesses ou eu
des relations homosexuelles)
– une telle action de la part de MySpace (pour sauver leur image,
principalement) est problématique d’une part car elle renforce la peur
(peu justifiée) ambiante autour des prédateurs sexuels en ligne, et
d’autre part car c’est une mesure peu utile car elle est déconnectée
de la réalité des “problèmes/agressions à caractère sexuel” que
rencontrent les ados en ligne.

> [liens vers mes deux articles]

> Je ne sais pas si c’est votre rayon ou non et si ça vous intéresse,
mais si vous connaissez quelqu’un qui serait susceptible de couvrir
cette histoire sous cet angle (un angle qui manque cruellement dans
les médias “traditionnels”) n’hésitez pas à leur dire de prendre
contact avec moi (+41 78 625 44 74).

Deux réponses intéressées à ce jour (une personne en vacances qui a retransmis le mail, et un quotidien local pour qui ce n’est peut-être pas évident de couvrir un tel sujet international). Je réitère donc ici mon appel: y’a-t-il une publication romande qui veuille relever le défi?

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Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear… [en]

[fr] Conseils aux parents (après mon interview à la BBC ce soir au sujet des "sex offenders" bannis de MySpace):

  • pas de panique, les prédateurs sexuels tels que nous les présentent les médias ne sont pas légion, votre enfant ne court pas des risques immodérés en étant sur internet;
  • dialoguez avec votre enfant; intéressez-vous à ce qu'il fait en ligne;
  • souvenez-vous que fournir des informations personnelles n'est pas un très grand risque; par contre, s'engager dans des relations de séduction avec des inconnus ou des amis adultes en ligne l'est.

J'ai écrit relativement peu en anglais à ce sujet jusqu'à maintenant. En français, lisez Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins, De la “prévention internet”, les billets en rapport avec mon projet de livre sur les adolescents et internet, et la documentation à l'attention des ados que j'ai rédigée pour ciao.ch.

**Update:** [radio stream is up](http://www.bbc.co.uk/radio/aod/networks/wservice/aod.shtml?wservice/world_hys_wed) and will be so until next Wednesday. MySpace piece starts at 29:30, and I start talking shortly after 34:00. Use the right-facing arrow at the top of the player to move forwards. Sorry you can’t go backwards.

I was just interviewed by [BBC World Have Your Say](http://www.bbc.co.uk/blogs/worldhaveyoursay/) (radio, links will come) about the [MySpace banning sex offenders](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/) story. (They didn’t find me, though, I sent them a note pointing to my blog post through the form on their site.) Here’s a bit of follow-up information for people who might just have arrived here around this issue.

First, I’m often asked what advice I give to parents regarding the safety of their children online (the BBC asked this question but I didn’t get to answer). So here’s my basic advice, and a few things to keep in mind:

– don’t panic — the media make the whole online sexual predator issue sound much worse than it is; (they might even be more at risk offline than online if they’re “normal” kids who do not generally engage in risky behaviour, given that most perpetrators of sex crimes against minors are family members or ‘known people’)
– **talk** with your kids about what they do online; **dialog is essential, as in many educational situations;** show interest, it’s part of their lives, and it might be an important one; start early, by introducing them to the internet yourself, rather than letting them loose on it to fend for themselves from day one;
– keep in mind that sharing personal information is not the greater risk: engaging in talk of a sexual nature with strangers/adult friends is, however <insert something about proper sexual education here>;

I regularly give talks in schools, and I speak to students, teachers, and parents — all three if possible, but not at the same time, because the message is not the same, of course. When I talk to parents, I see a lot of very scared/concerned parents who understand very little about the *living internet* their kids spend so much time in. But they read the mainstream media, and they’ve heard how the internet is this horrible place teeming with sexual predators, lurking in chatrooms and social networking sites like Facebook and MySpace, on the look-out for their next victim.

I may be dramatizing a little, but this is basically the state of mind I find parents in. I’ll jump on this occasion to introduce a piece by [Anastasia Goodstein](http://www.ypulse.com/): [Dangers Overblown for Teens Using Social Media](http://www.pbs.org/mediashift/2007/06/fear_factordangers_overblown_f.html). I’m quite ashamed to say I only discovered Anastasia and her work about a month ago — we seem to cover similar ground, and I’m really impressed by what I see of her online (for example, she’s actually [published a book about teens online](http://www.amazon.com/Totally-Wired-Tweens-Really-Online/dp/0312360126) whereas I’m stuck-stalled in the process of trying to get started writing mine — in French). She also [reacted to the MySpace Sex Offender Saga](http://www.huffingtonpost.com/anastasia-goodstein/the-myspace-sex-offender-_b_57793.html).

Anyway, my job when I’m talking to parents is usually:

– **play “tourist guide”** to introduce them to this strange internet culture (my background in Indian culture clearly helps me manage the cross-cultural internet/offline dialogue) — I encourage them to try chatting (find a friend who chats and can help you sign up to MSN to chat with her/him) and blogging (head off to [WordPress.com](http://wordpress.com) and write about random stuff you’re interested in for a couple of months)
– **de-dramatize** the whole “internet predator” thing so they’re not as tense when it comes to having their kids online, or being online themselves, and put forward the positive aspects of having an online life too.

What am I concerned about, when it comes to teens online? A bunch of things, but not really sick old men in raincoats posing as little girls in chatrooms or MySpace profiles.

– their blissful unawareness of how permanent digital media is; photos, videos, text etc. are all out of your control once they’ve left your hands; easy to multiply and distribute, they could very well be there for ever; they also don’t realize that all their digital interactions (particularly webcam stuff) is recordable, and that nothing is *really* private;
– their perception of the online world as “uncharted territories” where all is allowed, where there are no rules, no laws, no adult presence; for that, I blame adults who do not accompany their young children online at first, who do not show any interest in what’s going on online for their kids, and who do not *go online* to be there too; teens need adult presence online to help them learn to become responsible internet citizens, just as they do offline; our fear of predators is resulting in teenager-only spaces which I’m not sure are really that great;
– their certainty that one can evade rules/law/morals by being anonymous online and hiding; we’ve told them so much to stay hidden (from predators), and that one can be anonymous online (like predators) that they think they can hide (from parents, guardians, teachers);
– their idea that what is online is up for grabs (I’m not going to stand up against what the record companies call “piracy” — that’s for another blog post — but I do feel very strongly about crediting people for their work, and respecting terms individuals or small businesses set for their work).

There are other things which are important, but discussed so little, because “online predators” is such a scary issue that it makes everything else seem unimportant: the “chat effect” (why is it easy to “fall in love over chat”?), findability of online stuff (yeah, by parents, teachers, future bosses), what to say and what not to say online (“what am I comfortable with?”), gaming environments like WoW…

One thing we need to remember is that kids/teens are not passive victims. Some teens are actively seeking certain types of relationships online, and when they do, chances are they’ll find them (proof the “catch a predator” operations in which “normal people” or policemen pose as lusty/consenting teens to trap dirty predators… sure it works, but most teens aren’t like that!)

I remember getting in touch with a kid who had an account on Xanga. He had lifted some HTML code from my site, and visits to his page were showing up in my stats. I asked him to remove it (“hey, lifting code like that isn’t cool!”) and he didn’t react. I found his ICQ number and messaged him, and he was outright obnoxious. A few days later, he started messaging me vulgar messages out of the blue (“I want to f*** you, b****!”). We finally trapped him, a friend of mine posing as a Xanga official who scared him a bit so he’d remove the code from his site, and who actually had a long, long talk with him. He was 9 years old.

If you came here via the BBC, leave a comment to let me know what you think about these issues, or what your experience is!

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Videos, Videos! And Kittens! [en]

[fr] Un nouvel épisode vidéo de Fresh Lime Soda, le podcast que je co-anime avec Suw Charman. On y parle de ce qu'on fait dans la vie, et surtout, de comment on le définit (mal!)

Aussi, vidéos de la Gay Pride ici à San Francisco, et de chatons. Oui, des chatons. Tout mimis.

Although [there is just one week left for me here](http://twitter.com/stephtara/statuses/151809632), I’m still [in San Francisco](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600394601924/). When [Suw](http://chocnvodka.blogware.com) was here a few weeks ago, we seized the occasion to record another (video!) episode of [Fresh Lime Soda](http://freshlimesoda.net). Our conversation takes [the episode I mention in my “What do you care about?” post](http://climbtothestars.org/archives/2007/06/22/what-do-you-care-about/) and goes on from there, to examine how we define ourselves in our professional field, and a bunch of other things. Read [the shownotes on the original post](http://freshlimesoda.net/2007/07/16/fresh-lime-soda-episode-7-in-san-francisco/) and enjoy the video!

(If the feed/RSS reader doesn’t take care of it for you, you can [download the video from Viddler.com directly](http://www.viddler.com/show_movie!orgFile.action?movieToken=5bc3aa08).)

While we’re on the subject of videos, I’ve uploaded quite a few to [my Viddler account](http://viddler.com/steph) recently. (Oh, and yes, I still have a post in my drafts somewhere… a review of viddler, which I really like despite its bugs and greenness.) There are videos of [the Gay Pride](http://www.viddler.com/explore/steph/tags/sfpride) (and photos of the [Dyke March](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600459417123/) and [Parade](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600487653731/) of course!), the [iPhone Launch here in SF](http://www.viddler.com/explore/steph/tags/iphonelaunch), but most importantly, [really cute kittens playing](http://www.viddler.com/explore/steph/tags/blukittens). If you like kittens, you’ll enjoy the 5 minutes you’ll spend watching the videos. There are obviously [kitten photographs too](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600783421840/):

Blu's Kittens 7

Blu's Kittens 29

Blu's Kittens 24

And for those who missed the update, [the post announcing my talk at Google (on languages and the internet)](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/10/talk-languages-on-the-internet-at-google-tomorrow/) now contains a link to [the video of my talk](http://video.google.com/videoplay?docid=-5004419583730327409&hl=en-GB), the (http://www.slideshare.net/sbooth/waiting-for-the-babel-fish), and my [handwritten presentation notes](http://www.flickr.com/photos/bunny/801234849/) (not that they’ll help you much…). All that!

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Talk: Languages on the Internet at Google [en]

[fr] Demain, je donne une conférence à Google sur le thème du traitement des langues sur internet.

Tomorrow 2pm I’ll be giving a talk at Google (thanks for the invitation, [Kevin](http://epeus.blogspot.com/)) about languages on the internet. It will be an updated version of the [“While We Wait For The Babel Fish” talk I gave at reboot](http://www.reboot.dk/artefact-773-en.html) a month or so ago. For details, click on the poster Kevin made:

Talking at Google: Languages on the Internet

**Update 11.07.2007:** here is the slideshow!

**Update 12.07.2007:** and here’s the video!

**Update 13.07.2007:** and here are my notes for the talk… click on the photo to decypher!

Waiting for the Babel Fish Notes (Google Talk)

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Notes From San Francisco [en]

So, roughly half-way through my five-week trip to San Francisco, what’s going on? I haven’t been blogging much lately, that’s for sure.

For once, I took some photographs from the plane. Unfortunately my camera batteries ran out just as we were coming down on San Francisco, and my spare ones were in the luggage compartment above my head. Oh, well.

Flying to San Francisco 31

I got some first-level questioning at immigration coming in. No, not the sort where they take you to a separate room, become much less friendly, and have boxes of rubber gloves on the counter. This is how it went:

– …And what is the duration of your stay?
– Five weeks.
– …And what do you do in… over in Switzerland?
– I’m a freelance… internet consultant. *OMG that sounds bad.* …I’m actually here to work on a book project. *Yeah I know I should never volunteer information.*
– What’s the book about?
– Er… teenagers and the internet.
– And…?
– Er… Well, the situation with teenagers and the internet, and what we’re doing about it in Switzerland.
– And what are you doing about it?
– Well, not enough!
– And? Come on, tell me more about it.
– Er… OK. *OMGOMG* Well, see, teenagers are really comfortable with computers and the internet, and so they’re chatting, blogging, etc. — they’re digital natives, see? — and parents, well, they’re clueless or terrified about the internet, and they don’t always understand what’s going on in their kids lives online, so basically, we have teenagers who are spending a lot of time online and sometimes getting into trouble and parents don’t know or don’t care about what they’re doing there, so we have this… chasm between generations and…
– Thank you. You can go.

The pick-up from the airport was wonderfully orchestrated and much appreciated. Being driven into town by somebody friendly rather than having to use unfamiliar public transportation really makes a difference. Thanks to all those involved (yes, it took that many people!)

Waiting on the Sidewalk

Then, through some freak breakdown of all modern forms of communication (partially documented on Twitter), I ended up waiting outside on the sidewalk for almost an hour while my kind host Tara waited for me inside her appartment. We worked it out finally, and I was introduced to my (nice and spacious) room before going to hang out at [Citizen Space](http://citizenspace.us/). A nice dinner out with Chris, Tara and Jimmy to end the day, and I happily collapsed in my bed at a respectable local hour. You will have taken note that I did not collapse at 4pm feeling like a zombie, thanks to having taken [melatonin](http://en.wikipedia.org/wiki/Melatonin) on the plane. (It [doesn’t seem to work that well for Suw](http://chocnvodka.blogware.com/blog/_archives/2007/6/29/3057876.html), but it works perfectly on me, and I’m never traveling between continents without it again.)

The four next days went by in [a blur of Supernova madness](http://climbtothestars.org/archives/2007/06/21/taking-photos-at-supernova/): too many people, too many sessions, food with ups and downs, parties with [cupcakes](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600415592611/) and others at the top of [skyscapers](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600430915725/). I took [lots of photographs](http://flickr.com/photos/bunny/collections/72157600420716687/) and even [a video sequence that got some attention](http://www.viddler.com/explore/steph/videos/5/).

Supernova First Day 33

During the next week, I started settling down. Met and hung out with old friends, made new ones, unpacked my suitcases, went walking around in town, saw [Dykes on Bikes](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600459417123/), the [Gay Pride Parade](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600487653731/), and the [iPhone launch](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600579979445/), photographed [skyscrapers in the night](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600607158151/), ordered a new camera, got my MacBook (partly) repaired, and even [dropped in at Google to take notes of Suw’s talk there](http://climbtothestars.org/archives/2007/06/27/suw-charman-at-google-does-social-software-have-fangs/).

All this, actually, is documented in [my Twitter stream](http://twitter.com/stephtara) — maybe I should add a whole lot of links? — be sure to keep an eye on it if you’re interested in a more day-by-day account of what I’m doing here.

Overall, things have been good. A small bout of homesickness a few days ago, but I’m feeling better now. I need to start focusing on the things I want to get done (blogging, writing, book, writing, fixing things for clients…) — holiday over now!

Downtown San Francisco By Night 9

I’ve been thinking about my “work career” a little, too. I’m very happy doing what I’m doing, but I’m not going to be doing “Blog 101” for ever — I can feel my interests shifting somewhat already. I’ve been interested in the “social tools at large” department for a long time, but unfortunately it seems to translated to “blogging” in most of the work I do, so I’d like to expand my horizons in that direction a little. I’ve had a couple of talks with people in startups recently, and I realize it’s a kind of environment I wouldn’t mind working in — at least part-time. We’ll see what happens.

I’m also realizing that there is more potential than I first thought around [the two main things I care about these days](http://climbtothestars.org/archives/2007/06/22/what-do-you-care-about/): teenagers online and internet language issues. Hence, the book, and also a talk on the subject of languages on the internet which I’ll be giving at Google this coming Tuesday.

Also in the “work” department, two other things have been on my mind. First, the idea of opening up a coworking space in or around Lausanne ([Ollie is having the same kind of thought](http://b-spirit.com/blogollie/?p=2140) — we’re talking). Second, trying to find a solution so that I don’t have to do maintenance on my clients’ WordPress installations once all is rolling, or spend hours swimming in HTML, CSS and WordPress theme PHP template tags. Not that I don’t know how to do it or don’t enjoy it once in a while, but it’s really not the kind of work I want to spend my time doing. So, I’ve been starting to ask around for names of people who might do this kind of thing (for a reasonable fee), and even thinking of recruiting some students in Lausanne that I could coach/train so that they can do most of the work, and call me up only for major problems. So, see, I’ve been thinking.

Some people have been asking me if I was planning to move here. Indeed, 5 weeks in the city looks suspiciously like a scouting operation. Actually, traveling has an interesting side-effect for me: I tend to come back home thinking “gee, Lausanne is *such* a great place to live! I’m never moving!” Sure, I have some underlying personal issues which contribute to making me overly attached to my hometown, and I know that someday I might end up living elsewhere. But really, for the moment, I don’t think I’d want that.

And even though I’m told San Francisco is very “European” compared to the rest of the US (which I have yet to see) I can’t help seeing how “horribly American” it is. Don’t get me wrong, I really like this city and am enjoying my time here. I know that what I say can give wrong impressions (for example, people — especially Indians — read [the story of my year living in India](http://climbtothestars.org/logbook) and think that I hated the country; it’s not true, I really loved it, and can’t wait to go back). But I walk around San Francisco and see all the signs with rules and regulations and “stupid” warnings (like, God, the pineapple chunks I buy at Whole Foods haven’t been pasteurized and may contain harmful germs! or, don’t use the hairdryer in the bath tub!), the AT&T Park and other manifestations of what to me is “consumerism gone mad”, I hear about health care and [“you’re expected to sue” horror stories](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/06/23/sicko_barack_an.html), visa lotteries for non-renewal, the education system…

So, yes, I’m focusing on the negative. And Switzerland, even though it’s a wonderful country ;-), has its negatives too. Like many natives all over the world, I’ve developed a selective blindness to what is “wrong” in the land I come from, considering much of it “normal” as I have been brought up with it. I know that. But too much of what I see here makes my skin crawl. I’m really enjoying spending some weeks here, I love my friends, the food and the sunshine, but I don’t think I’d be happy living here.

Misty Skyscrapers in Downtown San Francisco 10

Well, this was one of these longer-than-expected posts, and it’s occupied most of my morning. My tasks for this afternoon are (in this order):

– one WordPress install for a client
– spending a little more time trying to see if there is hope for the aggravating Google Groups problem I bumped into, and if not, setting up a Yahoo! Group instead
– writing a post for [bub.blicio.us](http://bub.blicio.us) or working on my book — whichever I most feel like.

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What Do You Care About? [en]

[fr] Hier soir, au lieu de me demander "alors, qu'est-ce que tu fais?", David Isenberg m'a demandé "de quoi te préoccupes-tu" (ou, peut-être, "quels sont les thèmes chers à ton coeur" -- traduction pas évidente de "what do you care about").

En bref, je m'intéresse à l'espace où les gens et la technologie se rencontrent, particulièrement sur internet. Plus précisément:

  • les adolescents et internet
  • le multilinguisme sur internet

Yesterday evening in the skyscraper, I met [David Isenberg](http://www.isen.com/blog/), who instead of asking the very conventional “so, what do you do?” question, asked me “so, what do you care about?”

What a great question to ask somebody you’ve just met. It kind of blew my mind. Personally, I’ve come to dread the “what do you do?” question, because the answer is usually something like “uh, well, I’m a freelance consultant… blogging 101, stuff, teenagers, talks… bleh”. Which actually, does not adequately cover what I do and who I am. Actually, [the evening before](http://flickr.com/photos/bunny/sets/72157600415932852/), somebody told me “you need to work on your sales pitch.” To which I answered that I didn’t have a sales pitch, because I don’t want to “sell myself” — if people want to work with me, they call me up or e-mail me, and I’m in the lucky situation that this provides enough interesting work to keep me busy and fed.

So, what do I care about? Mainly, about people, relationships, technology (particularly the internet) and where they intersect. That’s the whole “internet/web2.x consultant” thingy. And in a bit more detail, these days, there are two issues I care about a lot:

– teenagers and their use of the internet, and the educational issues it raises (what the risks are and aren’t — insert rant about predator hysteria here — what is changing, what parents need to know)
– languages online, particularly doing localisation right — insert rant about “country = language” here — and providing tools and strategies to help bridge people bridge language barriers better, and creating multilingual spaces (“multilingualism” stuff).

So, what do you care about?

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De la "prévention internet" [en]

[fr] Thursday evening, I went to listen to a conference given by a local high-ranking police officer who has specialised in tracking down pedophiles on the internet. His presentation was titled "Dangers of the Internet", and I was expecting to hear warnings about excessive pornography consumption and predators lurking in chatrooms.

That's exactly what I heard.

Before going, I had intended to blog viciously about the conference. I changed my mind. I changed my mind because first of all, I spoke up a few times during the conference to ask for numbers, give information I had gathered from other sources, or simply state my discomfort with some of the "official" messages targeted at kids to "keep them safe".

Then, after the talk, I went to have a chat with the speaker. I realised that we agreed on quite a few things, actually. Our angle is different when presenting, of course, and more importantly, his job is to hunt down pedophiles, not talk about the internet and teenagers to the public (which, in a way, is mine).

To cut a long story short, I had a few interesting conversations during that evening, which left me more motivated than ever to get on with my book project on the subject of teenagers and the internet. Problems are complex, solutions aren't simple. And around here, there is little money available to run awareness operations correctly.

Jeudi soir, je suis allée assister à une conférence sur les dangers d’internet, donnée par Arnold Poot, Inspecteur principal adjoint à la police cantonale vaudoise, spécialisé dans la traque au matériel pédophile sur internet. J’y suis allée prête à me retrouver devant le “discours attendu” au sujet des prédateurs sexuels sur internet. Je n’ai pas été déçue. Pour être brutalement honnête, j’avais aussi la ferme intention de bloguer tout ça, de prendre des notes, et de montrer méchamment du doigt les insuffisances d’une telle approche.

J’ai changé d’avis. Pas sur le fond, non. Je pense toujours qu’on exagère grandement le problème des prédateurs sexuels sur internet, et qu’à force de placer des miroirs déformants entre la réalité et nos discours, on finit par ne plus s’y retrouver. Par contre, je n’ai plus envie de démonter point par point la présentation qui nous a été faite.

Ceci n’est donc pas le billet que j’avais l’intention d’écrire. Attendez-vous donc à quelques ruminations personnelles et questionnements pas toujours faciles dans le long billet que vous avez commencé à lire.

Qu’est-ce qui a amené ce changement d’état d’esprit? C’est simple: une conversation. Au lieu de fulminer dans mon coin et de cracher du venin ensuite sur mon blog (mon projet initial — pas très reluisant, je l’admets), je suis à intervenue à quelques reprises durant la présentation pour apporter des informations qui m’amènent à avoir un autre regard sur certaines choses dites, et même pour exprimer mon désaccord face à une certaine conception de la prévention internet (“ne pas donner son nom ni d’informations personnelles”).

Il y a des semaines que je désire écrire un billet (toujours pas fait, donc) en français qui rend compte de [la table ronde sur la victimisation des mineurs](http://www.netcaucus.org/events/2007/youth/video.shtml) à laquelle [a participé](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/11/just_the_facts.html) mon amie [danah boyd](http://www.zephoria.org/thoughts/), chercheuse travaillant sur la façon dont les jeunes construisent leur identité dans les espaces numériques. A cette table ronde, trois autres chercheurs actifs dans le domaine des crimes commis à l’encontre de mineurs. Je rentrerai dans les détails plus tard, mais si vous comprenez un peu d’anglais, je vous encourage vivement à lire ce que dit le Dr. David Finkelhor, directeur du *Crimes against Children Research Center*, en pages 3 à 6 de la [retranscription PDF de cette discussion](http://www.netcaucus.org/events/2007/youth/20070503transcript.pdf). (Le reste est fascinant aussi, je n’ai d’ailleurs pas fini de lire les 34 pages de la retranscription, mais l’essentiel pour comprendre ma prise de position ici se trouve dans ces trois-quatre pages.)

Mais ce n’est pas tout. Après la conférence, je suis allée discuter avec l’intervenant. Pour m’excuser de lui être ainsi rentré dans le cadre durant sa présentation, d’une part, mais aussi pour partager mon malaise face à certains messages véhiculés de façon générale autour de la question des pédophiles sur internet. Et j’ai été surprise.

Parce qu’en fin de compte, on était d’accord sur de nombreux points. Parce que son discours, comme il le dit, c’est celui “d’un flic qui arrête des pédophiles” — et pas autre chose. Son métier, c’est d’être policier, j’ai réalisé. Il nous a fait une présentation sur les dangers d’internet tels qu’ils apparaissent dans son quotidien de professionnel — ce qui n’est pas forcément la même chose que “rendre compte de la situation sur internet dans sa globalité” ou même “faire de la prévention”.

J’ai discuté longuement avec lui, puis avec deux enseignantes (dont une avait assisté à ma rapide présentation de l’internet social à la HEP en début d’année scolaire) qui font de la prévention internet dans les classes du primaire. Discussions intéressantes et sympathiques, mais où encore une fois, je n’ai pu que constater à quel point nous manquons de moyens (en fin de compte, cela reviendra toujours à une question d’argent) pour faire de la prévention “correctement”.

Je voudrais pouvoir former des gens à faire le genre d’intervention que je fais dans les écoles — et pas juste en leur donnant un survol de la situation durant 45 minutes. Mais qui, comment, avec quel argent? De plus, je réalise de plus en plus que pour faire de la prévention intelligente, d’une part il faut avoir identifié le problème (les dangers) correctement — ce qui est à mon avis souvent [pas le cas lorsqu’il s’agit d’internet](http://flickr.com/photos/julianbleecker/385705252/) — et d’autre part, on retombe inévitablement sur des problèmes éducatifs de base (la relation parents-enfants, le dialogue) qui renvoient à un contexte de société encore plus général.

Que faire? Allez toquer chez Mme Lyon? Peut-être. Mais honnêtement, je n’aime pas “démarcher les gens à froid”, et je n’ai pas l’énergie pour ça. (Peut-être que je devrais le faire plus, mais pour le moment, c’est comme ça que je fonctionne.) Il y a assez de travail à faire avec les gens motivés, à moitié convaincus, ou au moins curieux, qui me contactent d’eux-mêmes. Oui, on critiquera peut-être, mais j’attends qu’on vienne me chercher. Ça changera peut-être un jour, mais je n’en suis honnêtement pas certaine.

Donc, que faire? Du coup, je retrouve un bon coup de pêche (pas que je l’avais perdue) pour mon projet de livre. Je crois que le public le plus important à toucher, c’est les parents, en l’occurrence. Et les gens “en charge de la prévention”. Peut-être qu’un livre serait utile.

J’ai fait plusieurs lectures ces derniers temps qui m’ont marquée. Tout d’abord, “[Blink](http://www.amazon.fr/Blink-Power-Thinking-Without/dp/0316010669/)” et “[The Tipping Point](http://www.amazon.fr/Tipping-Point-Little-Things-Difference/dp/0316346624/)” de [Malcolm Gladwell](http://www.amazon.fr/exec/obidos/search-handle-url/403-0634329-5245215?%5Fencoding=UTF8&search-type=ss&index=books-fr&field-author=Malcolm%20Gladwell). Le premier s’intéresse à l’intuition, d’un point de vue scientifique. J’y ai retrouvé, exposées de façon bien plus précises, fouillées et argumentées, de nombreuses idées que j’avais fini par me faire, au cours des années, sur la question. Le deuxième examine ce qui fait “basculer” certains phénomènes: qu’est-ce qui fait qu’une idée ou une tendance à du succès? Il y parle de la propagation des idées, des différents types de personnalité qui y jouent un rôle clé, et donne aussi quelques exemples d’application des ces principes à… des problématiques de prévention.

Ensuite, livre dans lequel je suis plongée en ce moment: “[The Culture of Fear](http://www.amazon.fr/Culture-Fear-Americans-Afraid-Things/dp/0465014909/)” (Barry Glassner) — une critique sans complaisance de la façon dont la peur est promue par les médias et les gouvernements pour, entre autres, encourager à la consommation. C’est américain, oui. manchettes-peur Mais on est en plein dedans ici aussi: les chiens dangereux, le loup, l’ours maintenant, les étrangers bien sûr, les jeunes, la technologie… et les pédophiles tapis dans les chats sur internet, prêts à se jeter sur nos enfants sans défense. Ce n’est pas pour rien que [le premier obstacle au bonheur est la télévision](http://climbtothestars.org/archives/2007/05/31/reboot9-alexander-kjerulf-happiness/), où l’on nous rappelle sans cesse et si bien de quoi avoir peur et à quel point notre monde va mal.

Mes réflexions ces temps ont pour toile de fond ces lectures. Il y a aussi, dans la catégorie “billets jamais écrits”, “The Cluetrain Manifesto”. [Achetez ce livre.](http://www.amazon.fr/Cluetrain-Manifesto-End-Business-Usual/dp/0738204315/) Lisez-le. Ou si vous ne voulez pas l’acheter, [lisez-le gratuitement sur le site](http://www.cluetrain.com/book/index.html). Ne vous arrêtez pas aux [95 thèses traduites en français](http://www.cluetrain.com/manifeste.html) que vous pouvez trouver sur internet. Le livre est bien moins obscur et va bien plus loin.

Bref, preuve en est ce billet destructuré, écrit petit bout par petit bout dans les transports publics de la région lausannoise, ça bouillonne dans mon cerveau. Et je me dis que la meilleure chose à faire, juste là maintenant, c’est de formaliser tout ça, par écrit. J’en parle, j’en parle, mais je réalise que je blogue très peu à ce sujet, parce qu’il y a trop à dire et que je ne sais pas très bien par où commencer. Quand j’ai décidé de partir cinq semaines aux Etats-Unis, je me suis dit que si rien ne se présentait côté “travail payé” (ce qui est le cas pour le moment, même si ça peut tout à fait changer une fois que je serai là-bas) ce serait une excellente occasion de me plonger sérieusement dans la rédaction de mon livre. Et là, je me sens plus motivée que jamais à le faire — même si au fond, je n’ai aucune idée comment on fait pour écrire un livre.

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Multilingual Interviews [en]

[fr] Deux interviews que j'ai donnés récemment au sujet de la conférence que je donne à Copenhague sur le multilinguisme sur internet la semaine prochaine.

I was interviewed twice during the last week about the [multilingual stuff](http://climbtothestars.org/archives/2007/03/25/blogcamp-multilingual-blogging-session/) I’m going to be [talking about this week at reboot9](http://www.reboot.dk/artefact-773-en.html):

– by [Suw Charman](http://chocnvodka.blogware.com/) for [Conversation Hub](http://conversationhub.com/): [The Multilingual Web](http://conversationhub.com/2007/05/22/the-multilingual-web/) (video)
– by [Nicole Simon](http://crueltobekind.org/) as part of her [reboot9 pre-conference series](http://bloxpert.com/Kickoff-of-the-reboot-9-interview-series-81): [Reboot 9: Stephanie Booth](http://crueltobekind.org/archive/2007-05-24/reboot_9_stephanie_booth) (audio)

Enjoy, and hope to see you at reboot!

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Video: BBC Interview (Teenagers, Facebook) [en]

[fr] Une interview que je viens de donner à la BBC sur les parents qui jouent aux détectives privés pour "surveiller" leurs adolescents sur internet. Dialogue, dialogue!

I was contacted this morning (thanks, [Suw](http://chocnvodka.blogware.com/)!) to appear in a short interview on the BBC News, about how parents are increasingly signing up to social networking sites like Friendster to “stalk” their kids online.

Here’s the little video segment of my interview:

(Thanks to [Euan](http://theobvious.typepad.com/blog/) for the video, and to the BBC folks for sending me a copy too — though it arrived later and I used Euan’s here.)

For those of you interested in the whole “online predator issue is overblown” thing, I urge you to read [Just The Facts About Online Youth Victimization](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/11/just_the_facts.html) by danah boyd, and in particular what David Finkelhor has to say at the beginning of his presentation (numbers! numbers!) about how the general ideas the public has about online predators have little to do with reality.

And talking of videos, [episode 6 of Fresh Lime Soda](http://freshlimesoda.net/2007/05/21/fresh-lime-soda-episode-6-are-presentation-slides-evil/) (video!) is [online at viddler.com](http://www.viddler.com/explore/SuwC/videos/2/).

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