Informations et prévention: adolescents et internet [fr]

[en] An overview of the different talks and trainings I can do regarding teenagers on the internet. I can do them in English too, but most of my clients here are French-speaking. If you'd like more information about this in English, please leave a comment or drop me a line.

Alors qu’un ami me raconte un épisode désastreux de conférence consacrée aux “dangers d’internet”, je me dis qu’il est temps que je récrive à la directrice d'[Action Innocence](http://www.actioninnocence.org/suisse/index.asp?antenne_news=22&navig=15), avec qui j’ai eu une discussion tout à fait sympathique et intéressante il y a quelques semaines.

“Déçue en bien”, comme on dit par ici. Si [nos avis](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/27/myspace-supprime-les-profils-de-29000-delinquants-sexuels/) [divergent](http://flickr.com/photos/julianbleecker/385705252/) quant au risque réel que courent les enfants et adolescents d’être victimes de pédophiles à cause de leurs activités en ligne (chat, diffusions d’informations personnelles) nous sommes assez sur la même longueur d’onde pour le reste, ce qui me réjouit, vu l’important travail de prévention que fait Action Innocence dans les écoles de la région. (Après, on peut discuter des détails. Je n’aime personnellement pas trop leur matériel, par exemple, que je trouve alarmiste, mais dans le fond, on cherche la même chose: informer et prévenir sans diaboliser internet.)

Le mail que j’ai envoyé contient des informations sur le travail que j’accomplis dans le domaine “adolescents et internet”. Comme c’est une assez bonne synthèse et que [mon site professionnel](http://stephanie-booth.com) n’est plus trop à jour (quand je dis que [la meilleure formule de site professionnel c’est le blog](http://climbtothestars.org/archives/2007/09/08/comment-se-faire-connaitre-comme-independant/), je ne rigole pas!), je vais reproduire-adapter tout ça ici.

Donc, voici quelques informations sur les services que je fournis dans le contexte “éducatif” ou “adolescents et internet”, et mes tarifs. Je suis toujours ouverte à d’autres propositions — je n’ai pas de “liste de prestations” fixe dont je ne dévie pas.

#### Conférences

Généralement dans des écoles/associations. Approche information-prévention. Contenu adapté aux besoins du client (général, accent sur les blogs, accent sur le chat, la permanence des contenus numériques), et même si nécessaire en réaction spécifique à des “problèmes” concrets qui ont été rencontrés.

**Parents**: visite guidée de l’internet social, discussion des risques et difficultés rencontrés par les ados en ligne (environ 1h30)

**Enseignants, Educateurs**: présentation des différents outils de l’internet social, utilisation par les adolescents (+risques), ouvertures pédagogiques (45-90 minutes)

**Adolescents, Elèves (dès la 5ème)**: adapté à la tranche d’âge, en groupes de 2-3 classes max. (environ 50 élèves), sensibilisation aux différents enjeux d’une présence active en ligne, prévention contre les risques qu’ils peuvent y rencontrer (45-75 minutes)

#### Formations

Diverses formations sont possibles, contenu précis à négocier au cas par cas. Exemples:

– formation plus spécifique de responsables informatique, médiateurs, animateurs santé aux enjeux liés à la socialisation sur internet
– formation d’intervenants “prévention/information” (générale ou spécifique, théorique ou pratique)
– comprendre les mondes virtuels (Second Life) et les dynamiques relationnelles dans les relations “online”
– technique: ouvrir un blog et l’alimenter
– applications pédagogiques du blog, du wiki, et des outils associés
– accompagnement lors de projets pédagogiques utilisant internet

#### Tarifs

Mes tarifs évoluent, mais au jour d’aujourd’hui, ils sont les suivants pour les écoles et autres clients “éducatifs-non-lucratifs”: dès CHF 500 par demi-journée, minimum une demi-journée (+ frais).

Par exemple, si je viens à midi, que je fais deux conférences pour des élèves l’après-midi, et une pour les parents le soir, on arrive à deux demi-journées = CHF 1000

Une conférence isolée compte comme demi-journée, donc CHF 500. Mais si je fais une conférence + une réunion dans la même demi-journée, c’est le même prix.

Pour les mandats plus complexes ou longs (formation, accompagnement de projet), les tarifs sont à discuter et fixer pour le mandat dans sa globalité.

#### A mon propos

– une [collection de “bios”](http://stephanie-booth.com/bio) si jamais c’est nécessaire
– [mes coordonnées](http://stephanie-booth.com/contact/)
– [page d’infos “conférences”](http://stephanie-booth.com/conferences/) (a besoin d’une mise à jour, mais ça donne une idée)
– le [matériel “thème internet”](http://ciao.ch/f/internet/infos) rédigé pour ciao.ch
– la liste (d’une longueur effrayante) de [mes interventions dans la presse](http://climbtothestars.org/about/presse) (pas toutes au sujet des ados et internet)

J’approche internet comme une culture étrangère avec laquelle il faut se familiariser, afin de la connaître et de la comprendre. Je suis immergée dans cette culture depuis maintenant bientôt dix ans, et je la comprends en profondeur aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, avec le recul que me donne ma formation universitaire en sciences humaines.

Similar Posts:

MySpace supprime les profils de 29'000 "délinquants sexuels" [en]

Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur [cet article de la BBC](http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/6914870.stm), qui rapporte que le site [MySpace](http://myspace.com) (une sorte de super-[Skyblog](http://skyblog.com) d’origine américaine) a supprimé de son site les profils de 29’000 “délinquants sexuels” (“sex offenders”).

J’ai écrit deux billets à ce sujet en anglais, qui ont reçu pas mal de couverture dans la blogosphère anglophone. J’ai aussi été interviewée par la radio BBC World suite à mon message leur signalant ma réaction.

– [MySpace Banning Sex Offenders: Online Predator Paranoia](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/) (liens vers ce billet chez d’autres blogueurs: [cosmos Technorati](http://technorati.com/search/http%3A//climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/))
– [Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear…](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/parents-teenagers-internet-predators-fear/) (liens vers ce billet chez d’autres blogueurs: [cosmos Technorati](http://technorati.com/search/http%3A//climbtothestars.org/archives/2007/07/25/parents-teenagers-internet-predators-fear/))
– [interview BBC World](http://www.bbc.co.uk/radio/aod/networks/wservice/aod.shtml?wservice/world_hys_wed) (je parle à la minute 34, le sujet commence à 29:30)

Ces deux billets comportent un résumé bref en français que je reproduis ici pour plus de commodité.

> MySpace exclut de son site 29’000 “sex offenders” (des gens qui ont été accusés de crimes sexuels) enregistrés. C’est problématique d’une part car suivant l’Etat dans lequel elles ont été condamnées, ces personnes enregistrées peuvent être coupables de choses aussi anodines que: relations homosexuelles, nudisme, uriner dans un lieu public, faire l’amour dans un lieu public, etc. D’autre part, je rappelle les chiffres provenant d’une récente étude sur les crimes sexuels impliquant des minteurs, qui vont à l’encontre de l’idée qu’on se fait habituellement de ce genre de cas. En agissant ainsi, possiblement poussés par la paranoïa ambiante, MySpace contribue à cette paranoïa. Je regrette que la presse joue systématiquement le jeu de la peur et ne se fasse pas l’avocate d’une attitude moins paniquée face à la question des prédateurs sexuels en ligne. (En résumé: les enfants courent plus de risques hors ligne qu’en ligne, et probablement bien plus à chaque fois qu’ils montent dans une voiture ou traversent la route…)

Stephanie Booth, MySpace Banning Sex Offenders: Online Predator Paranoia

Conseils aux parents (après mon interview à la BBC ce soir au sujet des “sex offenders” bannis de MySpace):

  • pas de panique, les prédateurs sexuels tels que nous les présentent les médias ne sont pas légion, votre enfant ne court pas des risques immodérés en étant sur internet;
  • dialoguez avec votre enfant; intéressez-vous à ce qu’il fait en ligne;
  • souvenez-vous que fournir des informations personnelles n’est pas un très grand risque; par contre, s’engager dans des relations de séduction avec des inconnus ou des amis adultes en ligne l’est.

J’ai écrit relativement peu en anglais à ce sujet jusqu’à maintenant. En français, lisez Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins, De la “prévention internet”, les billets en rapport avec mon projet de livre sur les adolescents et internet, et la documentation à l’attention des ados que j’ai rédigée pour ciao.ch.

Stephanie Booth, Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear…

Donc, en faisant ma tournée sur [technorati, pour voir qui a mentionné dans son blog l’article de la BBC](http://technorati.com/search/http%3A//news.bbc.co.uk/2/hi/technology/6914870.stm), je suis tombée sur [un billet en français qui se réjouissait de la nouvelle](http://etjesigne.free.fr/blog/?p=57). Mon long commentaire à ce billet devenant trop long, j’ai décidé de le faire ici, sur mon blog, et du coup, de parler un peu de cette histoire pour mes lecteurs francophones:

> Bonne nouvelle signée MySpace qui vient de supprimer 29.000 profils de délinquants sexuels américains errants sur son espace qui compte 80 millions internautes. La suppression a été effectuée grâce à son partenariat avec le bureau de vérification Sentinel Tech Holding Crop qui développe une base de données nationale de délinquants sexuels. La législation américaine facilite cette tâche car elle permet de consulter librement les fiches de ces déliquants sur le site du ministère de la justice…

M/S, MySpace a les yeux sur les délinquants sexuels

Comme je l’explique donc dans [ma réaction à l’article de la BBC](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/) **ce n’est pas une si bonne nouvelle que ça**. Ce sont les états qui définissent ce qu’est un “délinquant sexuel”, et suivant où, on peut être sur une de ces listes pour avoir montré ses fesses en public. De plus, les profils supprimés seraient ceux où l’adresse e-mail fournie correspond à celle qui se trouve dans le dossier des délinquants sexuels. Vous pensez vraiment qu’un “pervers à la recherche de victimes” (et encore, voir plus bas pour ma réfutation de la forme qu’on donne au problème) serait aussi bête?

Aussi, la problématique des prédateurs sexuels sur internet est dramatisée et déformée par les médias. Tout d’abord, on perd de vue que la grande majorité des crimes sexuels sur mineurs impliquent la famille ou des amis proches de la famille (et non des inconnus ou “connaissances” provenant d’internet). Les cas faisant intervenir internet sont une minorité, et sont plus de l’ordre “relation de séduction d’ados” que “duperie et enlèvement d’enfants”. On peut légitimement se demander si une telle action de la part de MySpace est vraiment utile (il s’agit en fait plus de sauvegarder leur image), et si on n’est pas en train de se donner bonne conscience tout en évitant de faire de la prévention utile, mais quelque peu plus complexe (puisqu’il s’agit d’aller plonger dans la façon dont les adolescents vivent l’éveil de leur sexualité et de leurs premières relations amoureuses). Voir à ce sujet [De la “prévention internet”](http://climbtothestars.org/archives/2007/06/17/de-la-prevention-internet/), billet qui, au milieu de mes grands questionnements, aborde cette question.

Mon ami [Kevin Anderson](http://strange.corante.com), journaliste américain vivant à Londres, a écrit un excellent billet au sujet de toute cette histoire suite à un interview assez frustrant qu’il a donné à la BBC: [‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism](http://strange.corante.com/archives/2007/07/26/think_of_the_children_yes_but_also_think_about_the_journalism.php). Entre autres, il en appelle à la presse, qui couvre systématiquement ce genre d’événement selon l’angle “mon Dieu, ça grouille de pédophiles sur internet, enfin on fait quelque chose, mais est-ce suffisant?”

> I am taking an issue with the format and the journalistic assumptions made. Yes, there is a problem here, but it’s not the one that is being shouted in the headlines. The facts don’t support the sensationalist story of a predator lurking behind every MySpace profile or blog post. As Steph points out in her posts, the threat to youth isn’t in them having blogs or being on social networks. The problem is one of emotionally vulnerable teens being preyed upon by opportunistic adults. It’s more complicated and less emotive than saying: Keep the paedos off of MySpace.

Kevin Anderson, ‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism

Après mon interview à la BBC il y a deux jours, j’ai envoyé à quelques (3-4) journalistes romands de ma connaissance un e-mail contenant un appel à une couverture plus “réaliste” que “sensationnelle” de cette histoire. Voici à quelques variations près le message que j’ai envoyé:

> Vous avez peut-être entendu parler du fait que MySpace a “viré” de son
site 29’000 personnes se trouvant sur les listes de délinquants
sexuels tenues par les Etats aux USA. J’ai écrit une assez longue
réaction à ce sujet (en anglais) et me suis également faite
interviewer par la BBC.

> En deux mots:

> – la définition de “sex offender” est problématique (dans certains
états, on peut finir sur ces listes pour avoir montré ses fesses ou eu
des relations homosexuelles)
– une telle action de la part de MySpace (pour sauver leur image,
principalement) est problématique d’une part car elle renforce la peur
(peu justifiée) ambiante autour des prédateurs sexuels en ligne, et
d’autre part car c’est une mesure peu utile car elle est déconnectée
de la réalité des “problèmes/agressions à caractère sexuel” que
rencontrent les ados en ligne.

> [liens vers mes deux articles]

> Je ne sais pas si c’est votre rayon ou non et si ça vous intéresse,
mais si vous connaissez quelqu’un qui serait susceptible de couvrir
cette histoire sous cet angle (un angle qui manque cruellement dans
les médias “traditionnels”) n’hésitez pas à leur dire de prendre
contact avec moi (+41 78 625 44 74).

Deux réponses intéressées à ce jour (une personne en vacances qui a retransmis le mail, et un quotidien local pour qui ce n’est peut-être pas évident de couvrir un tel sujet international). Je réitère donc ici mon appel: y’a-t-il une publication romande qui veuille relever le défi?

Similar Posts:

Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear… [en]

[fr] Conseils aux parents (après mon interview à la BBC ce soir au sujet des "sex offenders" bannis de MySpace):

  • pas de panique, les prédateurs sexuels tels que nous les présentent les médias ne sont pas légion, votre enfant ne court pas des risques immodérés en étant sur internet;
  • dialoguez avec votre enfant; intéressez-vous à ce qu'il fait en ligne;
  • souvenez-vous que fournir des informations personnelles n'est pas un très grand risque; par contre, s'engager dans des relations de séduction avec des inconnus ou des amis adultes en ligne l'est.

J'ai écrit relativement peu en anglais à ce sujet jusqu'à maintenant. En français, lisez Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins, De la “prévention internet”, les billets en rapport avec mon projet de livre sur les adolescents et internet, et la documentation à l'attention des ados que j'ai rédigée pour ciao.ch.

**Update:** [radio stream is up](http://www.bbc.co.uk/radio/aod/networks/wservice/aod.shtml?wservice/world_hys_wed) and will be so until next Wednesday. MySpace piece starts at 29:30, and I start talking shortly after 34:00. Use the right-facing arrow at the top of the player to move forwards. Sorry you can’t go backwards.

I was just interviewed by [BBC World Have Your Say](http://www.bbc.co.uk/blogs/worldhaveyoursay/) (radio, links will come) about the [MySpace banning sex offenders](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/myspace-banning-sex-offenders-online-predator-paranoia/) story. (They didn’t find me, though, I sent them a note pointing to my blog post through the form on their site.) Here’s a bit of follow-up information for people who might just have arrived here around this issue.

First, I’m often asked what advice I give to parents regarding the safety of their children online (the BBC asked this question but I didn’t get to answer). So here’s my basic advice, and a few things to keep in mind:

– don’t panic — the media make the whole online sexual predator issue sound much worse than it is; (they might even be more at risk offline than online if they’re “normal” kids who do not generally engage in risky behaviour, given that most perpetrators of sex crimes against minors are family members or ‘known people’)
– **talk** with your kids about what they do online; **dialog is essential, as in many educational situations;** show interest, it’s part of their lives, and it might be an important one; start early, by introducing them to the internet yourself, rather than letting them loose on it to fend for themselves from day one;
– keep in mind that sharing personal information is not the greater risk: engaging in talk of a sexual nature with strangers/adult friends is, however <insert something about proper sexual education here>;

I regularly give talks in schools, and I speak to students, teachers, and parents — all three if possible, but not at the same time, because the message is not the same, of course. When I talk to parents, I see a lot of very scared/concerned parents who understand very little about the *living internet* their kids spend so much time in. But they read the mainstream media, and they’ve heard how the internet is this horrible place teeming with sexual predators, lurking in chatrooms and social networking sites like Facebook and MySpace, on the look-out for their next victim.

I may be dramatizing a little, but this is basically the state of mind I find parents in. I’ll jump on this occasion to introduce a piece by [Anastasia Goodstein](http://www.ypulse.com/): [Dangers Overblown for Teens Using Social Media](http://www.pbs.org/mediashift/2007/06/fear_factordangers_overblown_f.html). I’m quite ashamed to say I only discovered Anastasia and her work about a month ago — we seem to cover similar ground, and I’m really impressed by what I see of her online (for example, she’s actually [published a book about teens online](http://www.amazon.com/Totally-Wired-Tweens-Really-Online/dp/0312360126) whereas I’m stuck-stalled in the process of trying to get started writing mine — in French). She also [reacted to the MySpace Sex Offender Saga](http://www.huffingtonpost.com/anastasia-goodstein/the-myspace-sex-offender-_b_57793.html).

Anyway, my job when I’m talking to parents is usually:

– **play “tourist guide”** to introduce them to this strange internet culture (my background in Indian culture clearly helps me manage the cross-cultural internet/offline dialogue) — I encourage them to try chatting (find a friend who chats and can help you sign up to MSN to chat with her/him) and blogging (head off to [WordPress.com](http://wordpress.com) and write about random stuff you’re interested in for a couple of months)
– **de-dramatize** the whole “internet predator” thing so they’re not as tense when it comes to having their kids online, or being online themselves, and put forward the positive aspects of having an online life too.

What am I concerned about, when it comes to teens online? A bunch of things, but not really sick old men in raincoats posing as little girls in chatrooms or MySpace profiles.

– their blissful unawareness of how permanent digital media is; photos, videos, text etc. are all out of your control once they’ve left your hands; easy to multiply and distribute, they could very well be there for ever; they also don’t realize that all their digital interactions (particularly webcam stuff) is recordable, and that nothing is *really* private;
– their perception of the online world as “uncharted territories” where all is allowed, where there are no rules, no laws, no adult presence; for that, I blame adults who do not accompany their young children online at first, who do not show any interest in what’s going on online for their kids, and who do not *go online* to be there too; teens need adult presence online to help them learn to become responsible internet citizens, just as they do offline; our fear of predators is resulting in teenager-only spaces which I’m not sure are really that great;
– their certainty that one can evade rules/law/morals by being anonymous online and hiding; we’ve told them so much to stay hidden (from predators), and that one can be anonymous online (like predators) that they think they can hide (from parents, guardians, teachers);
– their idea that what is online is up for grabs (I’m not going to stand up against what the record companies call “piracy” — that’s for another blog post — but I do feel very strongly about crediting people for their work, and respecting terms individuals or small businesses set for their work).

There are other things which are important, but discussed so little, because “online predators” is such a scary issue that it makes everything else seem unimportant: the “chat effect” (why is it easy to “fall in love over chat”?), findability of online stuff (yeah, by parents, teachers, future bosses), what to say and what not to say online (“what am I comfortable with?”), gaming environments like WoW…

One thing we need to remember is that kids/teens are not passive victims. Some teens are actively seeking certain types of relationships online, and when they do, chances are they’ll find them (proof the “catch a predator” operations in which “normal people” or policemen pose as lusty/consenting teens to trap dirty predators… sure it works, but most teens aren’t like that!)

I remember getting in touch with a kid who had an account on Xanga. He had lifted some HTML code from my site, and visits to his page were showing up in my stats. I asked him to remove it (“hey, lifting code like that isn’t cool!”) and he didn’t react. I found his ICQ number and messaged him, and he was outright obnoxious. A few days later, he started messaging me vulgar messages out of the blue (“I want to f*** you, b****!”). We finally trapped him, a friend of mine posing as a Xanga official who scared him a bit so he’d remove the code from his site, and who actually had a long, long talk with him. He was 9 years old.

If you came here via the BBC, leave a comment to let me know what you think about these issues, or what your experience is!

Similar Posts:

MySpace Banning Sex Offenders: Online Predator Paranoia [en]

**Update:** If you’re a parent looking for advice, you’ll probably find [my next post](http://climbtothestars.org/archives/2007/07/25/parents-teenagers-internet-predators-fear/) more interesting.

[MySpace has removed profiles of 29’000 registered sex offenders](http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/6914870.stm) from their site.

> In a statement, MySpace said: “We’re pleased that we’ve successfully identified and removed registered sex offenders from our site and hope that other social networking sites follow our lead.”

BBC News, MySpace bars 29,000 sex offenders, July 2007

Sounds like a good move, doesn’t it?

Maybe not so.

First, what is a sex offender? A sex offender is somebody on the state registry of people who have been convicted of sex crimes. A sex offender is not necessarily a pedophile. And in some states… a sex offender might not have done anything really offensive.

Listen to [Regina Lynn](http://www.reginalynn.com/wordpress/), author of the popular [Wired column Sex Drive](http://www.wired.com/commentary/sexdrive) and the book [The Sexual Revolution 2.0](http://www.amazon.com/gp/product/1569754772):

> Lately I’ve been wondering if I’ll end up on the sex offender registry. Not because I have any intention of harming anyone, but because it has recently come to my attention that in a flurry of joie de vivre I might have broken a sex law.

> You see, I keep hearing these stories of mild infractions that led to listing on the sex-offender registry alongside child molesters, rapists and abusive spouses. There’s the girl who bared her ass out a bus window in college and pled guilty to indecent exposure — and then couldn’t become an elementary school teacher because of her sex offense. Then there’s the guy who peed on a bush in a park and was convicted of public lewdness, a sex offender because he couldn’t find a bathroom.

> […]

> But sometimes I do skirt the edge of the law when it comes to sex. And if you’ve ever ducked into the bushes for a little al fresco fondling, so have you.

> Unfortunately, even in California, it’s not technically legal to make discreet love in public spaces, even in your truck, even if it has a camper shell with dark windows and Liberator furniture, even if no one can see you without pressing his nose to the glass or hoisting her children up over her head.

> And if a passerby does intrude on your personal moment, it’s no longer a matter of “OK kids, pack it up and get out of here.” A witness’s cell-phone video could be on the internet within five minutes. A busybody might even feel justified in calling the police.

> “If someone saw something that offended them and they wanted to sign a citizen’s arrest, the officer is obliged to take the citizen’s arrest,” says Inspector Poelstra of the Sexual Offender Unit of the San Francisco Police Department, who spoke with me by phone.

Regina Lynn, Could You End Up on a Sex Offender Registry?, April 2007

[Critics of Megan’s Law](http://en.wikipedia.org/wiki/Megan’s_Law#Criticism), which requires convicted sex offenders to register with the state, have also put forward that the registries include people it would be rather far-fetched to consider a threat to our children’s safety.

> But the laws have unexpected implications. Consider California, whose 1996 Megan’s Law requires creating a CD-ROM database of convicted sex offenders, available to the public. (The state has had a registry of sex offenders since 1944.) The Los Angeles Times reports that this new database is turning up many ancient cases of men arrested for consensual gay sex in public or semi-public places, some of them youthful experiments of men who went on to long married lives. One man, arrested in 1944 for touching the knee of another man in a parked car, was surprised when his wife collected the mail containing an envelope, stamped “sex crime” in red ink, telling him he needed to register as a sex offender. Many of these men are going through humiliating confrontations with long-forgotten aspects of their past, and complicated and expensive legal maneuverings to get themselves off the list. “It’s a real concern,” says Suzanne Goldberg of the Lambda Legal Defense Fund, which works on legal issues involving gays. “These laws have the potential to sweep in more people than they should. Laws requiring registration of people engaging in consensual sex are far beyond the pale. Those requirements can have devastating effects on people’s lives.”

Brian Doherty, Megan’s Flaws?, June 1997

These concerns about indiscriminate lumping together of “sex offenders” in the light of the online predator paranoia were already raised in January when MySpace handed over a database containing information about sex offenders to the National Centre for Missing and Exploited Children, on [Violet Blue::Open Source Sex](http://www.tinynibbles.com/blogarchives/2007/01/myspace_and_the_sex_offenders.html) and [Sex Drive Daily](http://blog.wired.com/sex/2007/01/myspace_hands_o.html). *(As an aside, I now find myself wondering if this post is going to get me blacklisted by internet security filters left and right… How ironic that would be.)*

> These are state registries, and depending on the state you’re in, you’re a “sex offender” under Megan’s Law if you get caught urinating in public, mooning, skinny dipping, or if you get busted having consensual sex in public. Think of how lopsided these charges must be in homophobic states. Also, it’s a lesson in what sites like MySpace can and will do with personal information. I’m definitely an advocate for speeding up natural selection when it comes to rapists and pedophiles, but I worry about what could happen to individuals and personal privacy when a questionably informed company casts a wide net, and turns it over to anyone who asks.

Violet Blue, MySpace and the Sex Offenders, Jan. 2007

In addition to that, we need to totally rethink the views we have on how sexual predators act online. The old pervert lurking in chatrooms is more a media construct and a product of [the culture of fear](http://www.amazon.com/Culture-Fear-Americans-Afraid-Things/dp/0465014909) we live in than a reality our kids are likely to bump into, [as I said recently in an interview on BBC News](http://climbtothestars.org/archives/2007/05/21/video-bbc-interview-teenagers-facebook/ “Watch the short video.”). Remember kids are way more likely to be abused by a person they know (family, friends) than by a random stranger. I’ll assume you don’t have the time to read through [the whole 34-page transcript](http://www.netcaucus.org/events/2007/youth/20070503transcript.pdf) of the [panel danah boyd participated in](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/11/just_the_facts.html) a few months ago, so here are the most significant excerpt about this issue (yes, I’m excerpting a lot in this post, but this is an important issue and I know people read better if they don’t need to click away). Here is what Dr. David Finkelhor, director of the Crimes against
Children Research Center and the codirector of the Family Research
Laboratory at the University of New Hampshire, has to say:

> Now, on the case of internet sex crimes against kids, I’m concerned
that we’re already off to a bad start here. The public and the
professional impression about what’s going on in these kinds of
crimes is not in sync with the reality, at least so far as we can
ascertain it on the basis of research that we’ve done. And this
research has really been based on some large national studies of
cases coming to the attention of law enforcement as well as to large
national surveys of youth.

> If you think about what the public impression is about this crime,
it’s really that we have these internet pedophiles who’ve moved
from the playground into your living room through the internet
connection, who are targeting young children by pretending to be
other children who are lying about their ages and their identities and
their motives, who are tricking kids into disclosing personal
information about themselves or harvesting that information from
blogs or websites or social networking sites. Then armed with this
information, these criminals stalk children. They abduct them.
They rape them, or even worse.

>But actually, the research in the cases that we’ve gleaned from
actual law enforcement files, for example, suggests a different
reality for these crimes. So first fact is that the predominant online
sex crime victims are not young children. They are teenagers.
There’s almost no victims in the sample that we collected from – a
representative sample of law enforcement cases that involved the
child under the age of 13.

> In the predominant sex crime scenario, doesn’t involve violence,
stranger molesters posing online as other children in order to set up
an abduction or assault. Only five percent of these cases actually
involved violence. Only three percent involved an abduction. It’s
also interesting that deception does not seem to be a major factor.
Only five percent of the offenders concealed the fact that they were
adults from their victims. Eighty percent were quite explicit about
their sexual intentions with the youth that they were communicating
with.

> So these are not mostly violence sex crimes, but they are criminal
seductions that take advantage of teenage, common teenage
vulnerabilities. The offenders lure teens after weeks of
conversations with them, they play on teens’ desires for romance,
adventure, sexual information, understanding, and they lure them to
encounters that the teams know are sexual in nature with people who
are considerably older than themselves.

> So for example, Jenna – this is a pretty typical case – 13-year-old
girl from a divorced family, frequented sex-oriented chat rooms, had
the screen name “Evil Girl.” There she met a guy who, after a
number of conversations, admitted he was 45. He flattered her, gave
– sent her gifts, jewelry. They talked about intimate things. And
eventually, he drove across several states to meet her for sex on
several occasions in motel rooms. When he was arrested in her
company, she was reluctant to cooperate with the law enforcement
authorities.

David Finkelhor, in panel Just The Facts About Online Youth Victimization: Researchers Present the Facts and Debunk Myths, May 2007

Let me summarize the important facts and figures from this excerpt and the next few pages. The numbers are based on a sample of law enforcement cases which Finkelhor et al. performed research upon:

– most victims of “online predators” are teenagers, not young children
– only 5% of cases involved violence
– only 3% involved abduction
– deception does not seem to be a major factor
– 5% of offenders concealed the fact they were adults from their victimes
– 80% of offenders were quite explicit about their sexual intentions
– these crimes are “criminal seductions”, sexual relationships between teenagers and older adults
– 73% of cases include multiple sexual encounters
– in half the cases, victims are described as being in love with the offender or feeling close friendship
– in a quarter of the cases, victims had actually ran away from home to be with the person they met online
– only 7% of arrests for statutory rape in 2000 were internet-initiated

I find these figures very sobering. Basically, our kids are more at risk offline than online. No reason to panic! About this last figure, listen to Dr. Michele Ybarra, president of Internet
Solutions for Kids:

> One victimization is
one too many. We watch the television, however, and it makes it
seem as if the internet is so unsafe that it’s impossible for young
people to engage on the internet without being victimized. Yet
based upon data compiled by Dr. Finkelhor’s group, of all the arrests
made in 2000 for statutory rape, it appears that seven percent were
internet initiated. So that means that the overwhelming majority are
still initiated offline.

Michele Ybarra, in panel Just The Facts About Online Youth Victimization: Researchers Present the Facts and Debunk Myths, May 2007

I digress a little, but all this shows us that we need to go way beyond “don’t give out personal information, don’t chat with strangers” to keep teenagers safe from the small (but real, yes) number of sexual predators online:

> Our research, actually looking at what puts kids at risk for receiving
the most serious kinds of sexual solicitation online, suggests that it’s
not giving out personal information that puts kid at risk. It’s not
having a blog or a personal website that does that either. What puts
kids in danger is being willing to talk about sex online with
strangers or having a pattern of multiple risky activities on the web
like going to sex sites and chat rooms, meeting lots of people there,
kind of behaving in what we call like an internet daredevil.

> We think that in order to address these crimes and prevent them,
we’re gonna have to take on a lot more awkward and complicated
topics that start with an acceptance of the fact that some teens are
curious about sex and are looking for romance and adventure and
take risks when they do that. We have to talk to them about their
decision making if they are doing things like that.

David Finkelhor, in panel Just The Facts About Online Youth Victimization: Researchers Present the Facts and Debunk Myths, May 2007

So, bottom line — what do I think? I think that MySpace’s announcement is more of a PR stunt than anything. This kind of action is the result of the ambient paranoia around sexual predators online, but it also fuels it. If MySpace are doing that, it must mean that we are right to be afraid, doesn’t it? I think it is a great pity that the media systematically jump on the fear-mongering bandwagon. We need more sane voices in the mainstream press.

Here is a collection of links related to this issue. Some I have mentioned in the body of the post, some I have not.

MySpace bars 29,000 sex offenders
Could You End Up on a Sex Offender Registry?
MySpace and the Sex Offenders
Megan’s Flaws?
Just The Facts About Online Youth Victimization: Researchers Present the Facts and Debunk Myths ([see danah’s post for YouTube video](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/11/just_the_facts.html))
– [Video: BBC Interview (Teenagers, Facebook)](http://climbtothestars.org/archives/2007/05/21/video-bbc-interview-teenagers-facebook/)
– [Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins](http://climbtothestars.org/archives/2006/12/20/adolescents-myspace-internet-citations-de-danah-boyd-et-henry-jenkins/) (quotes are in English)
– [De la “prévention internet”](http://climbtothestars.org/archives/2007/06/17/de-la-prevention-internet/)

*note: comments are moderated for first-time commenters.*

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De la "prévention internet" [en]

[fr] Thursday evening, I went to listen to a conference given by a local high-ranking police officer who has specialised in tracking down pedophiles on the internet. His presentation was titled "Dangers of the Internet", and I was expecting to hear warnings about excessive pornography consumption and predators lurking in chatrooms.

That's exactly what I heard.

Before going, I had intended to blog viciously about the conference. I changed my mind. I changed my mind because first of all, I spoke up a few times during the conference to ask for numbers, give information I had gathered from other sources, or simply state my discomfort with some of the "official" messages targeted at kids to "keep them safe".

Then, after the talk, I went to have a chat with the speaker. I realised that we agreed on quite a few things, actually. Our angle is different when presenting, of course, and more importantly, his job is to hunt down pedophiles, not talk about the internet and teenagers to the public (which, in a way, is mine).

To cut a long story short, I had a few interesting conversations during that evening, which left me more motivated than ever to get on with my book project on the subject of teenagers and the internet. Problems are complex, solutions aren't simple. And around here, there is little money available to run awareness operations correctly.

Jeudi soir, je suis allée assister à une conférence sur les dangers d’internet, donnée par Arnold Poot, Inspecteur principal adjoint à la police cantonale vaudoise, spécialisé dans la traque au matériel pédophile sur internet. J’y suis allée prête à me retrouver devant le “discours attendu” au sujet des prédateurs sexuels sur internet. Je n’ai pas été déçue. Pour être brutalement honnête, j’avais aussi la ferme intention de bloguer tout ça, de prendre des notes, et de montrer méchamment du doigt les insuffisances d’une telle approche.

J’ai changé d’avis. Pas sur le fond, non. Je pense toujours qu’on exagère grandement le problème des prédateurs sexuels sur internet, et qu’à force de placer des miroirs déformants entre la réalité et nos discours, on finit par ne plus s’y retrouver. Par contre, je n’ai plus envie de démonter point par point la présentation qui nous a été faite.

Ceci n’est donc pas le billet que j’avais l’intention d’écrire. Attendez-vous donc à quelques ruminations personnelles et questionnements pas toujours faciles dans le long billet que vous avez commencé à lire.

Qu’est-ce qui a amené ce changement d’état d’esprit? C’est simple: une conversation. Au lieu de fulminer dans mon coin et de cracher du venin ensuite sur mon blog (mon projet initial — pas très reluisant, je l’admets), je suis à intervenue à quelques reprises durant la présentation pour apporter des informations qui m’amènent à avoir un autre regard sur certaines choses dites, et même pour exprimer mon désaccord face à une certaine conception de la prévention internet (“ne pas donner son nom ni d’informations personnelles”).

Il y a des semaines que je désire écrire un billet (toujours pas fait, donc) en français qui rend compte de [la table ronde sur la victimisation des mineurs](http://www.netcaucus.org/events/2007/youth/video.shtml) à laquelle [a participé](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/11/just_the_facts.html) mon amie [danah boyd](http://www.zephoria.org/thoughts/), chercheuse travaillant sur la façon dont les jeunes construisent leur identité dans les espaces numériques. A cette table ronde, trois autres chercheurs actifs dans le domaine des crimes commis à l’encontre de mineurs. Je rentrerai dans les détails plus tard, mais si vous comprenez un peu d’anglais, je vous encourage vivement à lire ce que dit le Dr. David Finkelhor, directeur du *Crimes against Children Research Center*, en pages 3 à 6 de la [retranscription PDF de cette discussion](http://www.netcaucus.org/events/2007/youth/20070503transcript.pdf). (Le reste est fascinant aussi, je n’ai d’ailleurs pas fini de lire les 34 pages de la retranscription, mais l’essentiel pour comprendre ma prise de position ici se trouve dans ces trois-quatre pages.)

Mais ce n’est pas tout. Après la conférence, je suis allée discuter avec l’intervenant. Pour m’excuser de lui être ainsi rentré dans le cadre durant sa présentation, d’une part, mais aussi pour partager mon malaise face à certains messages véhiculés de façon générale autour de la question des pédophiles sur internet. Et j’ai été surprise.

Parce qu’en fin de compte, on était d’accord sur de nombreux points. Parce que son discours, comme il le dit, c’est celui “d’un flic qui arrête des pédophiles” — et pas autre chose. Son métier, c’est d’être policier, j’ai réalisé. Il nous a fait une présentation sur les dangers d’internet tels qu’ils apparaissent dans son quotidien de professionnel — ce qui n’est pas forcément la même chose que “rendre compte de la situation sur internet dans sa globalité” ou même “faire de la prévention”.

J’ai discuté longuement avec lui, puis avec deux enseignantes (dont une avait assisté à ma rapide présentation de l’internet social à la HEP en début d’année scolaire) qui font de la prévention internet dans les classes du primaire. Discussions intéressantes et sympathiques, mais où encore une fois, je n’ai pu que constater à quel point nous manquons de moyens (en fin de compte, cela reviendra toujours à une question d’argent) pour faire de la prévention “correctement”.

Je voudrais pouvoir former des gens à faire le genre d’intervention que je fais dans les écoles — et pas juste en leur donnant un survol de la situation durant 45 minutes. Mais qui, comment, avec quel argent? De plus, je réalise de plus en plus que pour faire de la prévention intelligente, d’une part il faut avoir identifié le problème (les dangers) correctement — ce qui est à mon avis souvent [pas le cas lorsqu’il s’agit d’internet](http://flickr.com/photos/julianbleecker/385705252/) — et d’autre part, on retombe inévitablement sur des problèmes éducatifs de base (la relation parents-enfants, le dialogue) qui renvoient à un contexte de société encore plus général.

Que faire? Allez toquer chez Mme Lyon? Peut-être. Mais honnêtement, je n’aime pas “démarcher les gens à froid”, et je n’ai pas l’énergie pour ça. (Peut-être que je devrais le faire plus, mais pour le moment, c’est comme ça que je fonctionne.) Il y a assez de travail à faire avec les gens motivés, à moitié convaincus, ou au moins curieux, qui me contactent d’eux-mêmes. Oui, on critiquera peut-être, mais j’attends qu’on vienne me chercher. Ça changera peut-être un jour, mais je n’en suis honnêtement pas certaine.

Donc, que faire? Du coup, je retrouve un bon coup de pêche (pas que je l’avais perdue) pour mon projet de livre. Je crois que le public le plus important à toucher, c’est les parents, en l’occurrence. Et les gens “en charge de la prévention”. Peut-être qu’un livre serait utile.

J’ai fait plusieurs lectures ces derniers temps qui m’ont marquée. Tout d’abord, “[Blink](http://www.amazon.fr/Blink-Power-Thinking-Without/dp/0316010669/)” et “[The Tipping Point](http://www.amazon.fr/Tipping-Point-Little-Things-Difference/dp/0316346624/)” de [Malcolm Gladwell](http://www.amazon.fr/exec/obidos/search-handle-url/403-0634329-5245215?%5Fencoding=UTF8&search-type=ss&index=books-fr&field-author=Malcolm%20Gladwell). Le premier s’intéresse à l’intuition, d’un point de vue scientifique. J’y ai retrouvé, exposées de façon bien plus précises, fouillées et argumentées, de nombreuses idées que j’avais fini par me faire, au cours des années, sur la question. Le deuxième examine ce qui fait “basculer” certains phénomènes: qu’est-ce qui fait qu’une idée ou une tendance à du succès? Il y parle de la propagation des idées, des différents types de personnalité qui y jouent un rôle clé, et donne aussi quelques exemples d’application des ces principes à… des problématiques de prévention.

Ensuite, livre dans lequel je suis plongée en ce moment: “[The Culture of Fear](http://www.amazon.fr/Culture-Fear-Americans-Afraid-Things/dp/0465014909/)” (Barry Glassner) — une critique sans complaisance de la façon dont la peur est promue par les médias et les gouvernements pour, entre autres, encourager à la consommation. C’est américain, oui. manchettes-peur Mais on est en plein dedans ici aussi: les chiens dangereux, le loup, l’ours maintenant, les étrangers bien sûr, les jeunes, la technologie… et les pédophiles tapis dans les chats sur internet, prêts à se jeter sur nos enfants sans défense. Ce n’est pas pour rien que [le premier obstacle au bonheur est la télévision](http://climbtothestars.org/archives/2007/05/31/reboot9-alexander-kjerulf-happiness/), où l’on nous rappelle sans cesse et si bien de quoi avoir peur et à quel point notre monde va mal.

Mes réflexions ces temps ont pour toile de fond ces lectures. Il y a aussi, dans la catégorie “billets jamais écrits”, “The Cluetrain Manifesto”. [Achetez ce livre.](http://www.amazon.fr/Cluetrain-Manifesto-End-Business-Usual/dp/0738204315/) Lisez-le. Ou si vous ne voulez pas l’acheter, [lisez-le gratuitement sur le site](http://www.cluetrain.com/book/index.html). Ne vous arrêtez pas aux [95 thèses traduites en français](http://www.cluetrain.com/manifeste.html) que vous pouvez trouver sur internet. Le livre est bien moins obscur et va bien plus loin.

Bref, preuve en est ce billet destructuré, écrit petit bout par petit bout dans les transports publics de la région lausannoise, ça bouillonne dans mon cerveau. Et je me dis que la meilleure chose à faire, juste là maintenant, c’est de formaliser tout ça, par écrit. J’en parle, j’en parle, mais je réalise que je blogue très peu à ce sujet, parce qu’il y a trop à dire et que je ne sais pas très bien par où commencer. Quand j’ai décidé de partir cinq semaines aux Etats-Unis, je me suis dit que si rien ne se présentait côté “travail payé” (ce qui est le cas pour le moment, même si ça peut tout à fait changer une fois que je serai là-bas) ce serait une excellente occasion de me plonger sérieusement dans la rédaction de mon livre. Et là, je me sens plus motivée que jamais à le faire — même si au fond, je n’ai aucune idée comment on fait pour écrire un livre.

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Video: BBC Interview (Teenagers, Facebook) [en]

[fr] Une interview que je viens de donner à la BBC sur les parents qui jouent aux détectives privés pour "surveiller" leurs adolescents sur internet. Dialogue, dialogue!

I was contacted this morning (thanks, [Suw](http://chocnvodka.blogware.com/)!) to appear in a short interview on the BBC News, about how parents are increasingly signing up to social networking sites like Friendster to “stalk” their kids online.

Here’s the little video segment of my interview:

(Thanks to [Euan](http://theobvious.typepad.com/blog/) for the video, and to the BBC folks for sending me a copy too — though it arrived later and I used Euan’s here.)

For those of you interested in the whole “online predator issue is overblown” thing, I urge you to read [Just The Facts About Online Youth Victimization](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/11/just_the_facts.html) by danah boyd, and in particular what David Finkelhor has to say at the beginning of his presentation (numbers! numbers!) about how the general ideas the public has about online predators have little to do with reality.

And talking of videos, [episode 6 of Fresh Lime Soda](http://freshlimesoda.net/2007/05/21/fresh-lime-soda-episode-6-are-presentation-slides-evil/) (video!) is [online at viddler.com](http://www.viddler.com/explore/SuwC/videos/2/).

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Teenagers and Spelling [en]

[fr] Pour moi, la dégradation constatée de l'orthographe des jeunes a principalement à voir avec le fait que leur pratique d'écriture a maintenant le plus souvent lieu dans des espaces "non normés" (c'est-à-dire en-dehors du milieu scolaire et "des adultes", où "écrire juste" est important). Les SMS font bien entendu partie de ces pratiques d'écriture, mais son caractère "court" a plutôt comme conséquence l'apparition d'abbréviations très tôt dans l'écriture des jeunes, plus que la "perte" (!) de notions grammaticales ou orthographiques.

Here’s a case of “comment or post?” where I first commented, but now am thinking that I would rather have posted. So I’m reproducing [my comment](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/08/dystruktshun_of.html#comment-242922) to danah’s post titled [dystruktshun of inglesh as we no](http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2007/05/08/dystruktshun_of.html) (I know it’s in my [comments page](http://www.cocomment.com/comments/steph) and embedded in the sidebar of the blog, but I need to remember that many of you read this blog through RSS):

> As a French teacher, [I was asked this question](http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=343901&sid=5541448) (are blogs destroying our children’s spelling?) a couple of years back. My take on it is that compared to 15-20 years ago, most of the kids’ “writing activity” goes on in uncontrolled environments. When I was at school, if I wrote, it was usually at school. With pressure to have correct spelling, or I’d have to correct it / get a bad mark. Or I’d be writing a letter to my Grandma (better check the spelling there too).

> Today’s teen spends most of his/her writing time on IM, in e-mails or text messages, or in blogs/SN. Peer pressure to “write correctly” can’t really be said to exist.

> Text messaging has brought to them abbreviations. I remember discovering (stupefied!) that one could abbreviate words when I was in 9th grade (tjs=toujours, bcp=beaucoup). Now, kids know all these — and many more “bastard abbreviations” (jta=je t’adore) that might make our older skin crawl.

> I’d say that there are two ways in which teens’ writing today is “modified” by their writing habits:

> – peer spaces (“uncontrolled” regarding “proper writing”) => funky spelling and disregard for “grammatical rules”
> – length limitation (SMS) => abbreviations

One thing I wanted to add, which is “somewhat related”, is that historically, spelling stabilised when the printing press came into use. That explains why in French (and English too, for that matter) written spelling can be so widely different from pronunciation: the oral language has continued to shift, but our spelling has remained frozen. (If I’m saying stupid things here and you know better, let me know — but as far as I remember my linguistic courses from university this is how things happened.)

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Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins [fr]

[en] Citations and some French comments/paraphrasing of danah boyd and Henry Jenkins's interview "MySpace and Deleting Online Predators Act (DOPA)". Must-read if your life has anything to do with teenagers.

Je viens de finir de lire ce fascinant interview de [danah boyd](http://www.danah.org/) et [Henry Jenkins](http://web.mit.edu/cms/People/henry3/) au sujet des [adolescents et d’Internet](http://www.danah.org/papers/MySpaceDOPA.html), intitulé “MySpace and Deleting Online Predators Act (DOPA).” Si vous travaillez de près ou de loin avec des adolescents, ou si vous êtes parent d’adolescent, prenez vingt minutes pour le lire. ([PDF pour imprimer.](http://www.danah.org/papers/MySpaceDOPA.pdf)) Voici les passages qui me parlent le plus, avec quelques commentaires. La mise en évidence est de moi. (Avertissement: tartine ahead.)

Cela fait bientôt deux ans que je fais régulièrement des [conférences dans des écoles](http://stephanie-booth.com/ecoles/), pour faire de la “prévention blogs” ou “prévention Internet” en général. Ce qui me dérange depuis longtemps, c’est cette idée reçue qu’Internet grouille de pédophiles et est par définition un espace dangereux.

J’ai beaucoup apprécié de retrouver dans les paroles de ces deux chercheurs des choses que je pense ou dis, sans avoir fait autant d’études formelles à ce propos. Jolie confirmation de mon intuition et de ce que j’ai pu déduire de mes expériences directes.

J’essaie souvent, un peu maladroitement, de mettre en avant le rôle de construction sociale que jouent ces espaces sur internet. Voici ce qu’en dit danah:

> These sites play a key role in youth culture because they give youth a space to hang out amongst friends and peers, share cultural artifacts (like links to funny websites, comments about TV shows) and work out an image of how they see themselves.

(danah)

Une autre thèse que je défends et que ce ne sont pas ces espaces qui créent les comportements “déviants” des adolescents, mais qu’internet nous donne simplement accès, en tant qu’adultes, à des choses qui étaient auparavant cachées. A noter qu’une bonne partie de ces comportements font partie intégrante des processus de socialisation des adolescents, même s’ils ne sont pas plaisants.

> While integrating into cultural life is a critical process that takes place during these years, the actual process is not always smooth or pleasant. Bullying, sexual teasing, and other peer-to-peer harassment are rampant amongst teenagers, as these are frequently the tools through which youth learn to make meaning of popularity, social status, roles, and cultural norms. MySpace did not create teenage bullying but it has made it more visible to many adults, although it is not clear that the embarrassment online is any more damaging to the young victims than offline. […] No one of any age enjoys being the target of public tormenting, but new media is not to blame for peer-to-peer harassment simply because it makes it more visible to outsiders. In fact, in many ways, this visibility provides a window through which teen mentors can help combat this issue.

(danah)

Le vrai problème, ensuite, est la réaction que vont avoir les adultes face à ces comportements auxquels ils sont confrontés, et qu’ils ne peuvent plus nier.

> Adults are confronting images of underage drinking or sex, discussions of drug use, and signs of bullying and other abusive behavior. […] In many cases, schools are being forced to respond to real world problems which only came to their attention because this information was so publicly accessible on the web. […] Much of the controversy has come not as a result of anything new that MySpace and the other social software sites contribute to teen culture but simply from the fact that adults can no longer hide their eyes to aspects of youth culture in America that have been there all along.

(Henry)

Pour le moment, malheureusement, la réaction la plus répandue semble être une forme de panique morale (“internet c’est dangereux”, “les adolescents ont des comportements criminels sur leurs blogs”). Je me réjouis de lire les conclusions de danah concernant les causes du vent de panique gravitant autour des modes de socialisation de notre jeunesse. Je pense personellement qu’il y a également une autre piste à explorer, et qui tourne autour de ce qu’on pourrait appeler la “culture de la peur”.

> Understanding why moral panics emerge when youth socialize is central to my research.

(danah)

Les outils de l’internet social sont de plus en plus utilisés dans le monde professionnel. Même si à mon sens c’est plus un problème dans le monde Anglo-Saxon qu’en Suisse (quoique… ça nous pend au nez), les écoles devraient apprendre aux enfants à exploiter le potentiel de ces outils et gérer les risques que peut comporter leur utilisation, plutôt que de les interdire ou les ignorer comme étant “des jeux d’enfants”.

> Social networking services are more and more being deployed as professional tools, extending the sets of contacts that people can tap in their work lives. It is thus not surprising that such tools are also part of the social lives of our teens. Just as youth in a hunting society play with bows and arrows, youth in an information society play with information and social networks. Our schools so far do a rather poor job of helping teens acquire the skills they need in order to participate within that information society. For starters, most adult jobs today involve a high degree of collaboration, yet we still focus our schools on training autonomous learners. Rather than shutting kids off from social network tools, we should be teaching them how to exploit their potentials and mitigate their risks.

(Henry)

De même, si effectivement ces espaces numériques sont terriblement dangereux, il est important que l’école enseigne aux adolescents comment gérer leur présence en ligne, plutôt que de les encourager à l’éviter. La citation qui suit est une allusion directe à la volonté de certaines instances aux Etats-Unis (et ailleurs) de bloquer l’accès aux sites de “réseautage en ligne”, comme MySpace, depuis les écoles.

> Suppose, for the sake of argument, that MySpace critics are correct and that MySpace is, in fact, exposing large numbers of teens to high-risk situations, then shouldn’t the role of educational institutions be to help those teens understand those risks and develop strategies for dealing with them? Wouldn’t we be better off having teens engage with MySpace in the context of supervision from knowledgeable and informed adults? Historically, we taught children what to do when a stranger telephoned them when their parents are away; surely, we should be helping to teach them how to manage the presentation of their selves in digital spaces. The proposed federal legislation does nothing to help kids confront the challenges of interacting with online social communities; rather, it allows teachers and librarians to abdicate their responsibility to educate young people about what is becoming a significant aspect of their everyday lives.

(Henry)

Je vous cite maintenant un long passage dans lequel danah parle de la question des prédateurs sexuels sur MySpace, de la couverture médiatique de ce phénomène (qui contribue à créer un climat d’alarme déconnecté de la réalité), et des chiffres sur lesquels on se base aux Etats-Unis pour justifier l’inquiétude ambiante à ce sujet.

Il y a quelque temps, j’avais moi-même été à la recherche de matière première (chiffres, enquêtes, etc) concernant les prédateurs sexuels sur internet. Depuis des années que je baigne dans la cyberculture, je n’avais en effet jamais rencontré ni entendu parler d’une seule histoire du genre, ce qui me paraissait en décalage avec la frénésie médiatique et les opérations de prévention à grande échelle dont j’étais témoin.

Sans grande surprise, je n’ai pu mettre la main que sur une seule étude (celle-là même dont parle danah) qui fournissait des chiffres alarmants. Mais en regardant de près l’analyse des résultats fournis, j’avais été quelque peu sidérée de voir des choses comme “une fille de 13 ans à qui on a demandé sa taille de soutien-gorge” rentrer dans la catégorie “unwanted sexual sollicitation”, sans précision de l’âge ou du sexe de la personne posant la question. De plus, j’aurais apprécié une étude comparative de la quantité de “sollicitations sexuelles non désirées” dont sont victimes les ados à l’école, dans la rue, ou dans leur club de sports. Dans le troisième paragraphe que je cite, danah fait le même genre de critique.

Elle nous rappelle également que la grande majorité des enlèvements aux Etats-Unis sont l’oeuvre de personnes connues de l’enfant. D’un point de vue statistique, les enfants courent plus de risques en allant aux scouts ou à une sortie de catéchisme qu’en traînant sur MySpace. De plus, elle nous rappelle que la peur des prédateurs, régulièrement utilisée pour priver les jeunes d’espaces publiques (numériques ou physiques), sert aussi à détourner notre attention d’abuseurs statistiquement plus significatifs. Les jeunes courent plus de risques d’être victimes d’abus à leur domicile ou à celui de leurs amis que dans les espaces publics.

Voilà, grossièrement résumé, les arguments principaux de danah boyd dans les paragraphes suivants.

> The media coverage of predators on MySpace implies that 1) all youth are at risk of being stalked and molested because of MySpace; 2) prohibiting youth from participating on MySpace will stop predators from attacking kids. Both are misleading; neither is true.

> Unfortunately, predators lurk wherever youth hang out. Since youth are on MySpace, there are bound to be predators on MySpace. Yet, predators do not use online information to abduct children; children face a much higher risk of abduction or molestation from people they already know – members of their own family or friends of the family. Statistically speaking, kids are more at risk at a church picnic or a boy scout outing than they are when they go on MySpace. Less than .01% of all youth abductions nationwide are stranger abductions and as far as we know, no stranger abduction has occurred because of social network services. The goal of a predator is to get a child to consent to sexual activities. Predators contact teens (online and offline) to start a conversation. Just as most teens know to say no to strange men who approach them on the street, most know to ignore strange men who approach them online. When teenagers receive solicitations from adults on MySpace, most report deleting them without question. Those who report responding often talk about looking for attention or seeking a risk. Of those who begin conversations, few report meeting these strangers.

> The media often reference a [Crimes Against Children report](http://www.unh.edu/ccrc/pdf/jvq/CV38.pdf) that states one in five children receive a sexual solicitation online. A careful reading of this report shows that 76% of the unwanted solicitations came from fellow children. This includes unwanted date requests and sexual taunts from fellow teens. Of the adult solicitations, 96% are from people 18-25; wanted and unwanted solicitations are both included. In other words, if an 18 year old asks out a 17 year old and both consent, this would still be seen as a sexual solicitation. Only 10% of the solicitations included a request for a physical encounter; most sexual solicitations are for cybersex. While the report shows that a large percentage of youth are faced with uncomfortable or offensive experiences online, there is no discussion of how many are faced with uncomfortable or offensive experiences at school, in the local shopping mall or through other mediated channels like telephone.

> Although the media has covered the potential risk extensively, few actual cases have emerged. While youth are at minimal risk, predators are regularly being lured out by law enforcement patrolling the site. Most notably, a deputy in the Department of Homeland Security was arrested for seeking sex with a minor.

> The fear of predators has regularly been touted as a reason to restrict youth from both physical and digital publics. Yet, as Barry Glassner notes in [The Culture of Fear](http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/0465014909/apophenia-20), predators help distract us from more statistically significant molesters. Youth are at far greater risk of abuse in their homes and in the homes of their friends than they ever are in digital or physical publics.

(danah)

Henry Jenkins nous rappelle que le décalage entre générations de parents et d’enfants pour ce qui est de l’adoption de nouvelles technologies n’est rien de nouveau. Les parents et enseignants sont souvent effrayés par le fait qu’ils ne comprennent pas ce que les jeunes font avec les technologies de communication d’aujourd’hui, et qu’ils ne sont donc pas en mesure de protéger ou superviser les enfants lorsqu’ils les utilisent.

> History shows us a recurring pattern surrounding the adaptation of any new communications technology. Young people are often early adopters: they are more open to new ideas and experiences; they are looking for ways to leave their mark on the world and they are seeking places where they can socially interact with minimal adult interference. Parents and teachers are often frightened by these new kinds of communication technologies which were not part of the world of their childhood: they don’t really understand what their young people are doing with them and they don’t know how to protect or supervise their children while they are engaged in these activities. The situation is thus ripe for moral panic.

(Henry)

Henry continue sur les conséquences désastreuses d’une limitation de l’accès internet dans les écoles et bibliothèques. Cela handicaperait les enfants qui n’ont pas un bon accès internet à la maison et qui n’auraient donc pas l’occasion d’apprendre à utiliser ces outils sociaux s’ils ne sont pas accessibles depuis l’école.

Il ne faut plus maintenant parler de fossé numérique, mais de “participation gap” (décalage participatif — il y a sans doute une traduction meilleure). Les jeunes sont en train d’acquérir d’importantes compétences en réseautage et collaboration qui auront une conséquence sur leur futur professionnel. Ceux qui n’ont accès qu’à un internet filtré n’auront pas cette chance et s’en trouveront prétérités.

> What a kid can do at home with unlimited access is very different from what a kid can do in a public library with ten or fifteen minutes of access at a time and with no capacity to store and upload information to the web. We further handicap these children by placing filters on the Internet which restrict their access to information which is readily available to their more affluent classmates. And now this legislation would restrict their ability to participate in social networks or to belong to online communities. The result will be to further isolate children from poorer economic backgrounds, to cut kids at risk from support systems which exist within their peer culture, and to limit the social and cultural experiences of kids who are already behind in acquiring important networking skills that will shape their professional futures. All of this will compound what we are now calling the participation gap. The early discussion of the digital divide assumed that the most important concern was insuring access to information as if the web were simply a data bank. Its power comes through participation within its social networks. The authors of the law are reading MySpace and other social software exclusively in terms of their risks; they are not focusing on the opportunities they offer for education and personal growth. In protecting children from those risks, they would cut them off from those educational benefits.

(Henry)

Il y a des parallèles à faire entre les activités de socialisation de la génération “parents” dans leur jeunesse, et ce que font les ados d’aujourd’hui. Les activités sont déplacées en ligne, mais au fond, c’est assez similaire. D’après Henry, une des conséquences est la diminution des occasions qu’ont les jeunes d’être entre eux hors du contrôle des adultes. Là, je pose une question: si c’est vrai pour les Etats-Unis, qu’en est-il de l’Europe? J’ai le sentiment que cette problématique est peut-être différente.

> As I suggested above, most parents understand their children’s experiences in the context of their memories of their own early years. For the baby boom generation, those defining experiences involved playing in backyards and vacant lots within suburban neighborhoods, socializing with their friends at the local teen hangout, and participating within a social realm which was constrained by the people who went to your local school. All of that is changing. Contemporary children and youth enjoy far less physical mobility, have less time outside of adult control, and have fewer physical places to hang out with their friends.

> Much of this activity is being brought online. What teens are doing online is no better and no worse than what previous generations of teens did when their parents weren’t looking. The difference is that as these activities are being digitized, they are also being brought into public view. Video games bring the fantasy lives of young boys into the family room and parents are shocked by what they are seeing. Social networks give adults a way to access their teens’ social and romantic lives and they are startled by their desire to break free from restraints or act older than their age.

(Henry)

Il est réjouissant d’entendre que grâce en particulier à la téléphonie mobile, les jeunes sont plus régulièrement en communication avec les membres de leur famille et leurs pairs qu’autrefois.

> Because of mobile phones, current college students report greater ongoing communication with their parents than in previous generations. As Misa Matsuda has argued, networked technologies are allowing today’s youth to maintain “full-time intimate communities.” While the socialization that takes place in digital publics is equivalent to that which occurs in physical publics, new media is allowing youth to be more deeply connected to their peers and their family members, providing a powerful open channel for communication and sharing.

(danah)

En ce moment, MySpace et les autres outils de réseautage en ligne sont perçus comme des menaces à l’ordre public, dit Henry. Mais on peut regarder les choses différemment et les voir comme un terrain d’entraînement pour nos futurs citoyens et dirigeants politiques. Il mentionne que les jeunes d’aujourd’hui prennent des rôles publics de plus en plus tôt.

Note intéressante: la recherche actuelle démontrerait que les joueurs de jeux multijoueurs en réseau ont des aptitudes importantes pour le travail en équipe, une meilleure compréhension de quand prendre des risques et lesquels, de traiter des sources d’information complexes, etc. J’avoue que ça m’interpelle particulièrement, puisque j’ai personnellement plutôt des inquiétudes concernant les conséquences néfastes que pourrait avoir sur des jeunes en développement le fait de faire une partie de leurs expériences de vie dans un monde dont les règles ne sont pas celles de la réalité. A creuser, donc.

De nouveau, Henry relève que les jeunes n’ont personne vers qui se tourner lorsqu’ils ont besoin de conseils concernant les choix et problèmes éthiques auxquels ils sont confrontés dans ces environnements. Une partie du travail fait pour la Fondation MacArthur consistera à proposer aux jeunes, parents, et enseignants des lignes de conduite éthiques qui les aidera à prendre des décisions informées et sensées au sujet de leur vie en ligne. C’est clairement plus constructif que de mettre des filtres sur tous les ordinateurs publics et de laisser les jeunes se débrouiller seuls avec ces questions.

> Right now, MySpace and the other social network tools are being read as threats to the civic order, as encouraging anti-social behaviors. But we can easily turn this around and see them as the training ground for future citizens and political leaders. Young people are assuming public roles at earlier and earlier ages. They are interacting with larger communities of their peers and beginning to develop their own styles of leadership. Across a range of issues, young people are using social network software to identify and rally like-minded individualism, forming the basis for new forms of digital activism. Current research shows that teens who participate in massively multiplayer games develop a much stronger ability to work in teams, a greater understanding of how and when to take appropriate risks, an ability to rapidly process complex bodies of information, and so forth. At the same time, these teens are facing an array of ethical challenges which are badly understood by the adults around them. They have nowhere to turn for advice on how to confront some of the choices they make as participants within these communities. Part of the work we will be doing for the MacArthur Foundation involves the development of an ethics casebook which will help parents, teachers, and students work through some of these issues and make sensible decisions about how they conduct their online lives. We see this kind of pedagogical intervention as far more valuable than locking down all public computers and then sending kids out to deal with these issues on their own.

(Henry)

Voici, en très résumé, les conseils principaux que Henry propose aux parents. J’y retrouve le conseil que je répète un peu comme un disque rayé, de conférence en conférance: dialogue, dialogue, dialogue.

> Parents face serious challenges in helping their children negotiate through these new online environments. They receive very little advice about how to build a constructive relationship with media within their families or how to help their offspring make ethical choices as participants in these online worlds.

> […]

> 1. Communication with your daughter or son is key. Build a trusting relationship through dialogue. It is important to talk with them about your concerns; it is even more important to listen to what they have to say about their online experiences and why these sites are such an important part of their interactions with their peers. […]
2. Create an account to understand how the site works, but not to stalk your kids. […]
3. Ask your kids how they choose to represent themselves and why. […]
4. Talk about private/ public issues with your kids. Help them to understand the consequences of making certain information publicly accessible. Get them to think through all of the possible audiences who might come into contact with their online information. Teens often imagine MySpace as a youth-only world. It isn’t and they need to consider what the consequences would be if their grandparents, their teachers, admissions officers or a future employer read what they said about themselves. […]
5. Talk through what kids should do if they receive unwanted attention online or if they find themselves the victims of cyberbullying. […]

Voilà. J’ai fait un peu plus de traduction libre que ce que j’avais prévu, et peut-être un peu moins de commentaire — mais la plupart des citations parlent d’elles-mêmes. J’espère que vous aurez trouvé intéressant ce que disent ces deux chercheurs, [danah boyd](http://www.danah.org/) et [Henry Jenkins](http://web.mit.edu/cms/People/henry3/). A nouveau, je ne peux que vous encourager à [lire l’interview en entier](http://www.danah.org/papers/MySpaceDOPA.html) si vous travaillez avec des adolescents. Si l’anglais est un obstacle infranchissable pour vous, la [traduction Google](http://google.com/translate?u=http%3A%2F%2Fwww.danah.org%2Fpapers%2FMySpaceDOPA.html&langpair=en%7Cfr&hl=en&ie=UTF8) peut vous aider.

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