Le placement dans les moteurs de recherche [fr]

[en] A document on how search engins function and how to improve indexing for your site, which I wrote for a client over June/July. If this interests you, you should definitely check out my notes on Matt Cutts' Whitehad SEO tips for bloggers.

Ceci est un document rédigé pour un client en juin/juillet 2007. Un grand merci à Béatrice pour son assistance éditoriale! Si vous voulez l’imprimer et le lire tranquillement, je vous recommande de télécharger le PDF (6 pages). Ce document est distribué sous une licence Creative Commons by-nc-sa.

Introduction

On est souvent tenté de mesurer le succès d’un site internet par son placement dans les moteurs de recherche [1]. En effet, un bon placement dans les moteurs de recherche peut être un indicateur parmi d’autres du succès d’un site. Malheureusement, le fonctionnement des moteurs de recherche en général et du positionnement en particulier est difficile à comprendre et amène souvent à avoir des attentes peu réalistes en la matière, en particulier l’exigence des résultats précis pour certains mots-clés donnés.

Le positionnement dans un moteur de recherche ne peut pas être contrôlé [2]. On peut l’influencer positivement en soignant certains aspects techniques ou rédactionnels du site, mais le facteur principal dans un bon placement demeurera inévitablement la qualité du contenu.

En fait, le placement dans les moteurs de recherche est une conséquence de la popularité d’un site, et non sa cause. (Même si, bien entendu, un bon placement peut amener des visiteurs au site — mais un bon placement seul ne suffit pas.)

1. Comment fonctionne un moteur de recherche ?

1.1. Fonctionnement général

La fonction principale d’un moteur de recherche est de fournir à son utilisateur la liste des pages Internet correspondant aux mots-clés que celui-ci aura spécifiés. Généralement [3], cela revient à fournir une liste de pages contenant ces mots-clés. Cela est en soi une opération relativement simple. Ce qui est très complexe, par contre, c’est le classement de tous ces résultats afin de mettre en tête de liste les plus pertinents. L’algorithme utilisé par Google à cet effet est secret, et comprend une bonne centaine de variables. On saisit donc aisément pourquoi il n’est pas possible de contrôler sa position dans un moteur de recherche. D’ailleurs, si ça l’était, ce positionnement perdrait tout son sens…

Le premier facteur qui va influencer le placement est bien entendu le contenu de la page : les mots-clés y apparaissent-ils? Sont-ils proches les uns des autres, ou bien éloignés ? Apparaissent-ils une seule fois, ou bien plusieurs fois ? Apparaissent-ils dans le titre de la page, dans les divers titres qui organisent le contenu de celle-ci, dans le corps du texte, en gras, dans un lien, dans des citations, en haut de la page, en bas de la page… ?

Un autre facteur qui va avoir beaucoup d’influence sur “l’autorité” que Google accordera à un site Web est le nombre de liens entrants vers ce site. De plus, la provenance de ces liens a une importance : le “pagerank” (autorité) se calcule de façon circulaire. Logiquement, les liens provenant de sites dont l’autorité est déjà reconnue auront plus d’impact que des liens provenant de sites moins cotés (mais un grand nombre de liens provenant de sites peu cotés comptera également…).

Le fait de définir des “mots-clés” [4] dans les différentes pages du site était très important pour le placement dans les moteurs de recherche à une certaine époque (pré-Google). Maintenant, l’importance de ces mots-clés est très limitée, voire même nulle selon certains.

1.2. Le choix des mots clés

Lorsque l’on cherche à mesurer la performance d’un site dans Google, par exemple, on introduit dans le moteur de recherche des mots clés qui semblent pertinents par rapport au contenu du site en question. Mais ces mots-clés sont-ils ceux qu’introduiraient les personnes faisant partie du public-cible du site?

Il est en fait très difficile de deviner quels mots-clés un internaute recherchant une information donnée va introduire dans un moteur de recherche. Parfois, les gens y tapent des questions entières. Parfois juste un mot. Parfois, les mots pour lesquels ils imaginent que le site web dont ils auraient besoin aura été optimisé. Et parfois encore, l’information qu’ils tirent du site et qui a de la valeur pour eux n’est pas celle qu’imaginait l’auteur du site.

Se focaliser sur certains mots-clés n’est donc pas une stratégie très porteuse. Il vaut mieux se concentrer sur le référencement général du site et la qualité de son contenu, et laisser au moteur de recherche le soin de déterminer quels sont les mots-clés les plus pertinents pour lui.

1.3. Langue et géographie

Un moteur de recherche comme Google donne la possibilité de limiter les langues dans lesquelles la recherche est effectuée, ou de circonscrire la recherche à un pays donné. Il faut cependant prendre garde au fait que la détection de la langue ou du pays de provenance d’une page peut facilement être erronée. La langue est détectée automatiquement en analysant le contenu de la page (ce qui crée vite des problèmes lorsqu’une page contient plus d’une langue), et pour ce qui est du pays, il semblerait que la localisation physique du serveur hébergeant le site web soit déterminante.

Notons également qu’une recherche “en français” donne des résultats légèrement différents selon qu’on utilise google.fr ou google.ch.

Il ne faut donc pas trop compter sur ces distinctions qui fluctuent facilement — mais elles ont le mérite de rappeler qu’un site visant un public local est “en compétition”, pour ce qui est de la pertinence des mots-clés, avec tous les autres sites publiés dans la même langue. Les seules véritables frontières sur internet sont linguistiques.

2. Que conclure d’un placement insatisfaisant?

C’est souvent le constat d’un placement peu satisfaisant dans les moteurs de recherche qui amène à se demander ce que l’on peut faire pour l’améliorer. Il est important, tout d’abord, de ne pas perdre de vue l’élément de subjectivité que comporte un tel constat. Le placement n’est pas quelque chose d’absolu: une page va être classée en fonction de sa pertinence par rapport aux mots-clés qui ont été donnés comme critères de recherche. La sélection des mots-clés doit donc se faire très soigneusement s’ils doivent servir à évaluer d’une façon ou d’une autre si le placement est “bon”.

Les causes d’un placement insatisfaisant peuvent être multiples. Pour y remédier, il est important des les identifier correctement. Tout d’abord, il faut distinguer parmi les facteurs agissant sur le placement ceux qui sont “internes”, propres au site placé, et donc sur lesquels on peut agir, de ceux qui sont “externes”, sur lesquels on n’a pas prise.

2.1. Facteurs externes

Ils sont au nombre de deux:

  • les mots-clés choisis
  • les sites “concurrents”

Chaque site est placé dans la liste des résultats pour les mots-clés choisis par rapport aux autres sites ayant un contenu similaire (potentiellement pertinent pour les mots-clés recherchés). Obtenir un “bon placement” dans un tel cas de figure sera donc une toute autre histoire s’il s’agit d’un domaine dans lequel il existe quantité de sites ayant déjà une présence forte, ou si le domaine en question est relativement peu documenté sur internet.

2.2. Facteurs internes

Les facteurs internes influençant le positionnement d’un site sont les suivants:

  • qualité du contenu
  • mise en valeur rédactionnelle du contenu
  • mise en valeur technique du contenu

La qualité du contenu influence de deux manières le placement. Premièrement, d’une façon tout à fait mécanique, comme expliqué plus haut: la fréquence et la place des mots-clés dans le texte de la page est analysé et interprété par le moteur de recherche. Celui-ci, par contre, n’a aucun moyen d’évaluer la “qualité” d’un texte au sens où un être humain pourrait l’entendre. Cette “qualité” est en fait mesurée au nombre de liens entrants établis par d’autres créateurs de site. Ce n’est donc pas directement le moteur de recherche qui est influencé ici, mais les êtres humains qui jugeront le contenu digne ou non d’une mention sur leur site.

La “mise en valeur rédactionnelle” consiste à organiser le texte d’une façon qui tienne compte de la manière dont le moteur de recherche indexera le contenu: que va-t-on regrouper sur une même page? Quelles expressions choisir pour les titres? comment utiliser gras, liens, sous-titres de façon adéquate?

La “mise en valeur technique”, quant à elle, consiste à s’assurer qu’il n’y a pas d’obstacles techniques à la bonne indexation du site et à la création de liens vers les différentes pages qu’il comporte. Par exemple, on évitera les cadres (“frames”), les liens en javascript, le balisage non sémantique, etc.

Lorsque le référencement n’est pas satisfaisant, il convient donc de repérer dans quel domaine les améliorations doivent être faites. Pour ce faire, on regardera dans l’ordre:

  • les aspects techniques
  • les aspects rédactionnels
  • le contenu proprement dit.

En effet, s’il y a des obstacles techniques majeurs à une bonne indexation, il ne sert à rien de s’acharner à améliorer la qualité ou l’intérêt du contenu. Celui-ci est peut-être parfaitement adéquat, mais il n’est simplement pas mis correctement en valeur. Une fois que la qualité technique du site est assurée, on peut s’intéresser à la technique de rédaction, par exemple en améliorant la façon dont les titres sont choisis, ou en optimisant la façon dont le contenu est organisé sur les diverses pages du site.

C’est seulement une fois ces questions techniques réglées (du moins pour ce qui est des grandes lignes) que l’on peut réellement évaluer si la qualité proprement dite du contenu est en cause. Et à ce moment-là, il est important d’inclure dans l’évaluation les facteurs extérieurs comme la place occupée par les autres sites consacrés à des sujets similaires.

3. Que faire pour améliorer le placement général ?

Encore une fois, la chose principale à faire pour avoir un bon placement est d’avoir un contenu de qualité. En effet, les algorithmes des moteurs de recherche visent à mettre en avant les pages qui sont utiles aux gens faisant les recherches — le contenu est donc primordial.

Les créateurs de sites peuvent ensuite aider les moteurs de recherche à indexer correctement leur contenu en prenant garde à certains points:

Aspects techniques :

  • utiliser un balisage HTML propre et sémantique
  • prévoir une architecture de site qui encourage les autres propriétaires de sites à faire des liens vers différentes pages de celui-ci
  • créer suffisamment de liens entre les différentes parties du site pour permettre une navigation facile (particulièrement dans le corps du texte lorsque cela est pertinent)
  • utiliser un schéma d’URL “sympathique” pour les moteurs de recherche
  • éviter les frames (cadres), les images représentant du texte et les liens en javascript.

Aspects rédactionnels :

  • structurer les pages avec titres et sous-titres
  • choisir des titres qui contiennent des mots-clés en adéquation avec le contenu de la page.

On notera qu’il y a deux sortes de “bon placement”: l’autorité que Google confère à une page de façon générale, ou “PageRank” [5], et la position dans laquelle cette page se trouvera pour la recherche de mots-clés précis.

Une page peut avoir un très bon PageRank mais être mal placée pour une recherche selon certains mots-clés. Cela peut être le cas parce que ces mots-clés n’occupent pas une place assez prédominante (au sens de Google) dans la page, voire n’y figurent pas (!). Mais aussi, d’autres sites existent peut-être dont le contenu relatif à ces mots-clés est plus pertinent. Cette pertinence apparaîtra (aux yeux du moteur de recherche) à travers la place qu’occupent ces mots-clés dans le contenu de la page en question et des pages proches, et surtout à travers les liens entrants vers cette page: le texte de ces liens utilise-t-il régulièrement ces mots-clés, ou non?

Par exemple, on trouvera normal qu’en tapant les mots-clés “prévention+sida” le premier résultat apparaissant soit , un site consacré uniquement à la prévention Sida, plutôt que , la page à ce sujet sur ciao.ch, un site qui comporte des informations sur des sujets très variés.

4. Qu’apporte un bon placement ?

Il peut être utile de regarder d’un peu plus près les raisons qui poussent à vouloir un bon placement dans un moteur de recherche. Effectivement, un site bien placé, qui se situe dans les premiers résultats pour les mots-clés que recherchent les gens qui seraient intéressés par le contenu du site, va attirer plus de visiteurs par ce biais.

Gardons cependant à l’esprit que le placement est un moyen d’attirer des visiteurs, et non une fin en soi. Ce n’est d’ailleurs pas le seul moyen d’attirer des visiteurs sur son site: les gens peuvent aussi y arriver parce qu’ils ont cliqué sur un lien se trouvant sur un autre site, parce qu’on leur en a parlé, ou qu’on leur a envoyé l’adresse par e-mail, chat, ou messagerie instantanée.

Ces derniers moyens font intervenir quelque chose qui est de l’ordre du bouche à oreille: une recommandation “de personne à personne”, qui est généralement beaucoup plus efficace qu’une entrée dans un répertoire automatisé (le moteur de recherche), et qui prend de plus en plus d’importance dans l’internet d’aujourd’hui. Un lien sur un site web est une recommandation, et cela d’autant plus si ce site est un site personnel, comme un blog, par exemple.

Bien entendu, les résultats des moteurs de recherche vont refléter la part “internet” de ces recommandations en bouche à oreille. Une adresse web transmise dans une liste de discussion par e-mail va se retrouver indexée via les archives en ligne de celle-ci. Les blogs sont des sites internet, et “comptent” évidemment pour le moteur de recherche — d’autant plus que bon nombre d’entre eux sont en fait très bien “cotés” (PageRank).

Si beaucoup de propriétaires de sites jugent que le contenu d’un site vaut la peine qu’on en parle, le placement de ce site dans les moteurs de recherche va s’en trouver amélioré, mais ce placement est la conséquence de cet intérêt et non sa cause. Tenter d’agir directement sur le placement est donc insuffisant: c’est le contenu du site qui va jouer un rôle prépondérant.

Conclusion

Le placement d’un site dans un moteur de recherche est un indicateur de qualité parmi d’autres. Ce placement ne peut pas être contrôlé, et ne dépend pas uniquement du site concerné — il est toujours relatif au reste du matériel existant sur internet.

Il est bien plus efficace d’agir sur le contenu et la qualité formelle d’un site afin de l’améliorer plutôt que de chercher à obtenir directement un résultat en termes de placement par rapport à certains mots-clés, objectif qui est souvient peu réaliste.

Notes

  1. La plupart des moteurs de recherche fonctionnent sur le modèle de Google. Si ce document parle des moteurs de recherche en général, c’est plus particulièrement de Google et des moteurs de recherche fonctionnant sur des principes similaires dont il s’agit ici.
  2. Les organisations qui garantissent un placement dans les x premiers résultats pour tel ou tel mot-clé utilisent des techniques peu éthiques qui reviennent en somme à tricher avec les algorithmes de classement des moteurs de recherche []. D’un moyen pour mesurer quelque chose (la qualité), le placement devient un but en soi.
  3. Google tient en effet également compte des mots utilisés pour créer des liens vers une page donnée. Le “googlebombing” abuse de ce fait pour imposer une page spécifique en première position lorsqu’on l’on recherche certains mots-clés, en obtenant qu’un grand nombre de sites Web utilisent ceux-ci dans le texte de liens pointant vers cette page. Un exemple célèbre plaçait la biographie officielle de George Bush en première position des résultats lorsque l’on cherchait l’expression “miserable failure”, même si la page ne contenait bien sûr pas cette expression. Voir aussi .
  4. Ces fameux mots-clés, importants pour les moteurs de recherche de la génération précédant Google, sont ceux que l’on place dans la balise HTML .
  5. Le PageRank est une valeur allant de 0 à 10 et qui est basée sur le nombre de liens entrants vers une page, pondérée par la valeur de PageRank de la page sur laquelle se trouve ce lien.

A lire aussi, en anglais: Matt Cutts: Whitehat SEO Tips For Bloggers, les notes que j’ai prises lors de sa conférence à WordCamp (San Francisco).

Corporate Blogging Talk Draft [en]

[fr] Je donne une conférence dans un peu plus d'un mois à des responsables de communication d'entreprises suisses. On m'a demandé de fournir une présentation de mon intervention, qui figurera sur l'invitation. Voici la version resultant de deux jours en sueur (oui je sais, c'est pas très impressionnant!) -- j'apprécierais votre feedback en la matière si vous lisez l'anglais.

A little over a month from now, I’ll be giving a talk on corporate blogging to leading communications executives of Swiss companies. I’ve been asked to provide an introduction to my talk, which will be included alongside some biographical information in the invitation to the event. Here’s my draft, based on examples of previous invitations I was given:

> Blogs are way more than teenage diaries, and it is now common knowledge that they can be a precious tool in corporate environments. Many companies today are interested in embracing social media, and some take the plunge — unfortunately, not always with the desired results.

> Blogging is not a magical solution. Though it requires little technical skill to exertblog (akin to sending an e-mail), it comes bundled with the culture of openness and real human dialogue described at the beginning of the decade in The Cluetrain Manifesto, which can be at odds with existing corporate communication practice.

> When a corporation starts blogging, whether behind the firewall or on the internet, it changes. Not all corporations are ready for that. Not all corporations can accommodate those sometimes unpredictable changes.

> Though one could just start blogging blindly, it is wiser in a corporate setting to identify some particular needs or problems which can be addressed with social media. Though social media is by nature error-tolerant, it would be a mistake to underestimate the importance of learning the “blogging culture”, or the time required to keep a blog alive.

> Stephanie Booth will share her insights on how blogs can find a place inside corporate culture, and how to go around introducing them in such a setting. The focus will be on blogging culture and practices, illustrated by real-world examples taken directly from the blogosphere.

I’ve been struggling with it for the last two days, and I’d appreciate your feedback in the comments (both on the language and the content).

Most People Are Multilingual [en]

[fr] Une clarification de ce que j'entends par "la plupart des gens sont multilingues". Multilingues au sens large.

In a comment to my last post, Marie-Aude says I’m being a bit optimistic by stating that “most people are multilingual”. I’d like to clarify what I mean by that.

The “most people are multilingual” thing is not from me. I’ve seen it mentioned in varied settings, though I still need to find systematic studies to back it up (let me know if you have any handy).

It all depends how you define “multilingual”. If you define it in a broad sense (ie, school-level passive understanding of a language counts), then a little thinking shows it’s not that “optimistic”. Here is what would make somebody multilingual:

  • immigration, of course
  • learning a foreign language at school
  • living in a country with different linguistic groups.

Some examples:

  • in India, many people are fluent in their mother tongue, and to some extent in one of the countries official languages: Hindi or English
  • in the US, think about the huge immigrant population; the whole country was built upon immigration, come to think of it; in the bus in San Francisco, I often heard more foreign languages than English
  • again in the US (because the English-speaking world is seen as a big “monolingual” block), think of the increasingly important hispanic/latino population (people who will often have knowledge of both English and Spanish)
  • in most European countries, people learn at least one foreign language in school — even if it’s not used, most people retain at least some passive knowledge of it; I’m not sure about Asia, Africa, Southern America, Australia: does anybody know?

So, I don’t think it’s that optimistic to say most people are multilingual. To say that most people are “perfectly multilingual”, of course, is way off the mark. But most people understand more than one language, at least to some extent.

Another Multilingual Talk Proposal (Web 2.0 Expo, Berlin) [en]

[fr] Une proposition de conférence sur le multilinguisme et internet, pour Web 2.0 Expo à Berlin en novembre. J'ai un peu laissé passer le délai, mais advienne que pourra.

I’m sending in a (very late) talk proposal for Web 2.0 Expo, Berlin. Here’s the description I sent them, for my personal records, mainly. We’ll see what happens.

Title: Waiting for the Babel Fish: Languages and Multilingualism

Short description: Languages are the new borders of our connected world, but our tools make them stronger than they have to be. Most people are multilingual: how can language-smart apps help us out of the Internet’s monolingual silos?

Full description: The Internet is the ideal space to reach out to a wide public. However, if geographical boundaries are non-existent, linguistic barriers are all the more present.

Localization is a first step. But though most people and organizations recognize the necessity of catering to non-English audiences, some assumptions on how to do it need to be challenged. For example, countries and languages do not overlap well. Also, most people do not live and function in exclusively one language.

However necessary, localization in itself is not sufficient in getting different linguistic communities to emerge from their silos and mingle.

Multilingual spaces and tools will weaken the linguistic borders by allowing multilingual people of varying proficiency to act as bridges between communities otherwise incapable of communicating.

Till today, unfortunately, our tools are primarily monolingual even when correctly localized, and multilingualism is perceived as an exception or a fringe case which is not worthy of much attention — when in fact, most human beings are multilingual to some extent.

Previous incarnations: for the record again, previous incarnations of this talks (or, to put it slightly differently, other talks I’ve given about this topic):

Speaker blurb: Stephanie Booth lives in Lausanne, Switzerland and Climb to the Stars,
The Internet. After a degree in Indian religions and culture, she has
been a project manager, a middle-school teacher, and is now an
independant web consultant. More importantly, she’s been bilingual
since she could talk, has lived in a multilingual country since she
was two, and been an active web citizen in both English and French
since she landed online in the late 90s.

On Liveblogging [en]

[fr] Quelques réflexions de la part d'une personne (bibi!) qui prend des notes "live" aux conférences...

Via Bruno Giussani, a post by Ethan Zuckerman on liveblogging conferences. Again, a comment turned into a post — so here are some of my thoughts on liveblogging conferences, something I’ve been doing more and more regularly.

No big surprise, my reasons for blogging conferences are quite similar to Ethan and Bruno’s. “Taking notes” helps me concentrate on what is being said, I can search through them later easily, and this kind of “conference coverage” brings new people to my blog. I’m not yet at the stage where I’m being invited to conferences because of my liveblogging-fu — but who knows, in future? (hint, hint)

Here are a few of my comments (go read Ethan’s post first, it’ll make more sense):

  • no lapdesk for me — due to RSI, the best place for my keyboard is right on my lap, even if it gets a bit hot.

  • I take photos too, so I tend to sit in front, or further back right next to the central alley if there is one (the “distracting to others” side of liveblogging never struck me, but maybe I’m too engrossed in my typing).

  • I’m not good at summarizing (like Ethan and Bruno do), so my style of live-blogging is very note-like, with a few “steph-notes” to express my thoughts along the way. Actually, I started liveblogging because I took notes for myself on the computer (RSI has made handwriting “not an option”), and thought “oh well, they’re pretty crap, but I might as well publish them” — and to my surprise, they were very much appreciated.

  • I usually publish right at the end of the talk, which means I snap a few photos of the speaker at the beginning of the talk, upload one at some point during the session, and near the end copy my notes from WriteRoom (my editor of choice) into my blogging tool, add tags… I take note of Ethan’s “preparation” tip — I could really do with writing the post titles in advance. There are two reasons I publish fast (in addition to the little thrill I’ll admit to having at the idea my post might be “first up”): first, I get to enjoy the breaks, and second, it helps me continue to convince myself that blogging sessions does not create “extra work” for me — as I do it all during the session.

  • One point Ethan does not raise is tiredness — is he immune, or just more resistant than I? Maybe it’s lack of practice, or just the way I’m wired, but I find that I can’t go without breaks. Even without taking RSI into account, my brain just goes liquid and I become incapable of taking in stuff after 2-3 sessions. So, I skip a session once in a while, and even sometimes skip it completely, not even attending.

Ethan mentions collaborating: some people blog, some people take photos, others keep an eye on blogosphere coverage of the conference, etc. I remember how participants to the BlogTalk 2004 conferences took collaborative notes using SubEthaEdit. I have to say, I’ve never done it since. That gives me an idea for the next conference I’m going to…

Reboot9 Was Bub.blicio.us! [en]

[fr] J'ai écrit une série de trois articles au sujet de la conférence Reboot pour le magazine en ligne bub.blicio.us, qui couvre la scène "tech" de San Francisco et de la Silicon Valley -- et maintenant, aussi, l'Europe!

Les articles sont composés principalement de photos avec quelques commentaires. N'hésitez donc pas à aller y jeter un coup d'oeil même si l'anglais n'est pas votre langue préférée.

I’ve written a three-part series about the great Reboot 9.0 conference I attended in Copenhagen a couple of months ago for bub.blicio.us. bub.blicio.us? From their about page:

bub.blicio.us is here to help capture the excitement behind everything two point oh – especially the party and event scenes in Silicon Valley and San Francisco. No panels, no keynotes, no tradeshows, just a lens into the social scene that’s energizing and shaping Bubble 2.0 and the new Valley economy behind it.

Keep us on your party list. Let us know about your events. Send us the things we just won’t see on upcoming.org. We might just send someone out there to cover the soiree.

So, now that all the articles are online — full of photos! photos, photos, more photos! — let me point you to them:

Reboot9 Second Day 12

As a reminder (so that this can serve as a general wrap-up post), I also did my best to liveblog most of the sessions I attended:

And of course… the photos (here, by interestingness).

Blog du Paléo [en]

[fr] A quick feedback I gave about the blog of a local (but very popular) festival.

Une fois n’est pas coutume, je vais essayer de faire court. (Je soutenais hier à mon examinatrice de demi-licence de philo 😉 qu’on pouvait faire très court sur un blog, qu’il suffisait d’aller regarder, par exemple, le mien… ahem. Oui je sais, je suis la reine de la tartine.)

J’étais au Paléo hier sur invitation de l’association CIAO (je suis leur partenaire pour le thème internet), ce qui tombait bien, car j’adore les feux d’artifices de ce festival. Bref, avant de partir, j’ai fait un petit tour sur le site du Paléo et j’ai découvert qu’ils avaient un blog. (Je l’ai appris plus tard, une expérience “assez à l’arrache” (sic), donc tout à fait pardonnable qu’il y ait des choses à redire.)

Vous me connaissez, je suis à peu près incapable de la fermer. J’ai donc laissé un petit feedback concernant ce blog dans leur forum, qui a d’ailleurs été fort bien reçu. Je le reproduis ici:

  • dans l’ensemble, le blog part dans la bonne direction. Infos un peu “coulisses”, je crois que c’est la direction à donner à un blog de festival.

  • côté ton, par contre, ça varie selon les rédacteurs. Nombre de billets sont trop “journalistiques” (pas un compliment en l’occurrence, les journalistes font parfois les pires blogueurs). Un bon truc pour trouver le ton: parler en “je” (ça aide à être un peu “personnel”, sans pour autant que ça doive faire “journal intime”) et choisir comme public-cible de ses écrits un group d’amis qui nous apprécie.

  • dommage que le blog ne soit pas plus mis en valeur ailleurs sur le site (e.g. intégrer à la page d’accueil un flux RSS avec titres des derniers billets, voire — au secours! — le blog entiter?) L’année prochaine peut-être?

  • les commentaires… quel dommage de les rediriger vers ce forum, où il faut s’inscrire, cliquer dans l’e-mail de confirmation, se connecter! Le plus gros risque avec un blog, c’est de ne pas avoir de commentaires — pas d’être débordé. Tout ce qui rend la conversation facile est bienvenu, et tout ce qui pourrait être un obstacle est à proscrire (jusqu’à preuve d’éléments nuisibles parmi le lectorat).

  • quelques détails concernant la maquette: liens “haut” un peu désuets, pas de permaliens (si je veux faire un lien vers un article depuis mon blog, je fais comment?), pas de flux RSS pour s’abonner… etc. On dirait que le moteur de blog a été “fait sur mesure”, ce qui est une solution que je déconseille absolument, à moins d’avoir des moyens considérables à disposition et une bonne connaissance des outils de blog (on ne s’improvise pas créateur d’outil de blog, même si on a une grande expérience dans la fabrication des sites web). Histoire de ne pas réinventer la roue, WordPress est un excellent outil, gratuit, et facilement intégrable à d’autre composantes d’un site.

Voilà! J’ajouterai juste, à nouveau, que si faire un blog est facile (tant du point de vue de l’installation de l’outil que de son utilisation), les aspects stratégiques et rédactionnels de ce média ne vont pas de soi. J’en profite pour vous envoyer regarder la vidéo que j’ai enregistrée il y a quelque temps déjà, et qui tente d’expliquer cet apparent paradoxe: bloguer c’est super facile, mais se former pour le faire correctement n’est pas superflu.

Chat perdu? Pas si sûr… [en]

[fr] Poor little lost cat? Not necessarily. Cats can travel upto 2-3km to hunt, and way more for a tom running after females. This cat, who wouldn't quit following me around, is probably just on a (very) long walk, and runs the risk of being kept away from his home if made too comfortable.

A call to the local shelter gave me this information (about three people were ready to adopt him on the spot, so something needed to be done):

  • ignore him completely (no food, no water, no attention) so that he doesn't get comfy and heads back home because he's thirsty, hungry, or wants a cuddle
  • if he's still there after a few days, put notices up in the neighbourhood
  • if he's still there after a week or so, get the shelter to come and pick him up

The bottom line is that cats don't "get lost". They'll go back home, unless they're given a good reason (food, shelter, friendly humans) not to.

Chat perdu? Pas si sûr... (Vallombreuse, Prilly/Lausanne) 7

Me promenant à la Vallombreuse (près de la frontière entre les communes de Lausanne et Prilly), j’entends un chat qui miaule devant le numéro 77. Je regarde, il ressemble à Bagha, il veut sûrement rentrer.

A mon arrivée, il court vers moi comme un petit chien. Trois caresses, un câlin, je lui ouvre la porte mais cela ne l’intéresse pas. Je lui souhaite une bonne journée et m’en vais, mais je viens visiblement d’être "adoptée" et il me suit partout.

Que faire? J’essaie de le semer, sans succès. Après enquête dans le voisinage, il s’avère que ce chat était là la nuit d’avant et que quelqu’un l’a nourri. Pas étonnant qu’il traîne encore dans le coin! C’est un joli jeune mâle très (trop?) affectueux, pas castré.

Coup de fil à la SPA pour demander quoi faire (on soupçonne qu’il est perdu, et devant la mobilisation générale de l’immeuble pour l’adopter…). Conseils avisés du monsieur de la SPA:

  • il est sans doute en vadrouille plutôt que perdu — un chat ne se "perd" pas, mais fait facilement 2-3km pour chasser, voire plus si c’est un mâle qui court après des femelles (le chat en question est un jeune mâle pas castré, et — coïncidence — la dame qui l’avait nourri la veille a une femelle non stérilisée dans son appart du rez…)
  • ne pas le nourrir, ni lui donner à boire, ni d’attention; en bref, l’ignorer — le but est de ne pas rendre l’endroit "sympathique" pour qu’il retourne chez lui; en lui fournissant un semblant de foyer, même sous forme d’un peu de nourriture et de câlins, il risque de s’attacher et de ne plus rentrer chez lui
  • s’il est encore là dans quelques jours, mettre des affiches dans le quartier; au bout d’une semaine environ, appeler la SPA pour qu’ils viennent le chercher…

Certains chats sont plus affectueux que d’autres, s’attachent plus vite que d’autres. Celui-ci… c’est un rapide (il n’a pas fallu grand-chose pour qu’il me suive à travers le quartier).

Sur internet, il y a bien le site animal-trouve.ch, mais mis à part une gestion catastrophique des langues le site semble vraiment peu pratique. Difficile de faire des recherches fine, présentation des informations trop synthétique (une page listant les détails de toutes les fiches résultant d’une requête, ce serait pas du luxe), confusion entre animaux perdus et animaux trouvés… Bref, pas terrible.

Dans le Canton de Vaud, les animaux perdus/trouvés sont à annoncer au registre des animaux trouvés (SVPA, Refuge Sainte-Catherine. Un animal perdu peut être annoncé sans frais au 021/784 8000; pour un animal trouvé, il faut remplir le formulaire d’annonce se trouvant sur le site.

Chat perdu, donc? Pas si sûr.

Chat perdu? Pas si sûr... (Vallombreuse, Prilly/Lausanne) 2

Surtout, surtout — si vous avez un chat, faites-le munir d’une puce électronique afin qu’il puisse être identifié.

MySpace supprime les profils de 29'000 "délinquants sexuels" [en]

Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur cet article de la BBC, qui rapporte que le site MySpace (une sorte de super-Skyblog d’origine américaine) a supprimé de son site les profils de 29’000 “délinquants sexuels” (“sex offenders”).

J’ai écrit deux billets à ce sujet en anglais, qui ont reçu pas mal de couverture dans la blogosphère anglophone. J’ai aussi été interviewée par la radio BBC World suite à mon message leur signalant ma réaction.

Ces deux billets comportent un résumé bref en français que je reproduis ici pour plus de commodité.

MySpace exclut de son site 29’000 “sex offenders” (des gens qui ont été accusés de crimes sexuels) enregistrés. C’est problématique d’une part car suivant l’Etat dans lequel elles ont été condamnées, ces personnes enregistrées peuvent être coupables de choses aussi anodines que: relations homosexuelles, nudisme, uriner dans un lieu public, faire l’amour dans un lieu public, etc. D’autre part, je rappelle les chiffres provenant d’une récente étude sur les crimes sexuels impliquant des minteurs, qui vont à l’encontre de l’idée qu’on se fait habituellement de ce genre de cas. En agissant ainsi, possiblement poussés par la paranoïa ambiante, MySpace contribue à cette paranoïa. Je regrette que la presse joue systématiquement le jeu de la peur et ne se fasse pas l’avocate d’une attitude moins paniquée face à la question des prédateurs sexuels en ligne. (En résumé: les enfants courent plus de risques hors ligne qu’en ligne, et probablement bien plus à chaque fois qu’ils montent dans une voiture ou traversent la route…)

Stephanie Booth, MySpace Banning Sex Offenders: Online Predator Paranoia

Conseils aux parents (après mon interview à la BBC ce soir au sujet des “sex offenders” bannis de MySpace):

  • pas de panique, les prédateurs sexuels tels que nous les présentent les médias ne sont pas légion, votre enfant ne court pas des risques immodérés en étant sur internet;
  • dialoguez avec votre enfant; intéressez-vous à ce qu’il fait en ligne;
  • souvenez-vous que fournir des informations personnelles n’est pas un très grand risque; par contre, s’engager dans des relations de séduction avec des inconnus ou des amis adultes en ligne l’est.

J’ai écrit relativement peu en anglais à ce sujet jusqu’à maintenant. En français, lisez Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins, De la “prévention internet”, les billets en rapport avec mon projet de livre sur les adolescents et internet, et la documentation à l’attention des ados que j’ai rédigée pour ciao.ch.

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p class=”sig”>Stephanie Booth, Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear…

Donc, en faisant ma tournée sur technorati, pour voir qui a mentionné dans son blog l’article de la BBC, je suis tombée sur un billet en français qui se réjouissait de la nouvelle. Mon long commentaire à ce billet devenant trop long, j’ai décidé de le faire ici, sur mon blog, et du coup, de parler un peu de cette histoire pour mes lecteurs francophones:

Bonne nouvelle signée MySpace qui vient de supprimer 29.000 profils de délinquants sexuels américains errants sur son espace qui compte 80 millions internautes. La suppression a été effectuée grâce à son partenariat avec le bureau de vérification Sentinel Tech Holding Crop qui développe une base de données nationale de délinquants sexuels. La législation américaine facilite cette tâche car elle permet de consulter librement les fiches de ces déliquants sur le site du ministère de la justice…

M/S, MySpace a les yeux sur les délinquants sexuels

Comme je l’explique donc dans ma réaction à l’article de la BBC ce n’est pas une si bonne nouvelle que ça. Ce sont les états qui définissent ce qu’est un “délinquant sexuel”, et suivant où, on peut être sur une de ces listes pour avoir montré ses fesses en public. De plus, les profils supprimés seraient ceux où l’adresse e-mail fournie correspond à celle qui se trouve dans le dossier des délinquants sexuels. Vous pensez vraiment qu’un “pervers à la recherche de victimes” (et encore, voir plus bas pour ma réfutation de la forme qu’on donne au problème) serait aussi bête?

Aussi, la problématique des prédateurs sexuels sur internet est dramatisée et déformée par les médias. Tout d’abord, on perd de vue que la grande majorité des crimes sexuels sur mineurs impliquent la famille ou des amis proches de la famille (et non des inconnus ou “connaissances” provenant d’internet). Les cas faisant intervenir internet sont une minorité, et sont plus de l’ordre “relation de séduction d’ados” que “duperie et enlèvement d’enfants”. On peut légitimement se demander si une telle action de la part de MySpace est vraiment utile (il s’agit en fait plus de sauvegarder leur image), et si on n’est pas en train de se donner bonne conscience tout en évitant de faire de la prévention utile, mais quelque peu plus complexe (puisqu’il s’agit d’aller plonger dans la façon dont les adolescents vivent l’éveil de leur sexualité et de leurs premières relations amoureuses). Voir à ce sujet De la “prévention internet”, billet qui, au milieu de mes grands questionnements, aborde cette question.

Mon ami Kevin Anderson, journaliste américain vivant à Londres, a écrit un excellent billet au sujet de toute cette histoire suite à un interview assez frustrant qu’il a donné à la BBC: ‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism. Entre autres, il en appelle à la presse, qui couvre systématiquement ce genre d’événement selon l’angle “mon Dieu, ça grouille de pédophiles sur internet, enfin on fait quelque chose, mais est-ce suffisant?”

I am taking an issue with the format and the journalistic assumptions made. Yes, there is a problem here, but it’s not the one that is being shouted in the headlines. The facts don’t support the sensationalist story of a predator lurking behind every MySpace profile or blog post. As Steph points out in her posts, the threat to youth isn’t in them having blogs or being on social networks. The problem is one of emotionally vulnerable teens being preyed upon by opportunistic adults. It’s more complicated and less emotive than saying: Keep the paedos off of MySpace.

Kevin Anderson, ‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism

Après mon interview à la BBC il y a deux jours, j’ai envoyé à quelques (3-4) journalistes romands de ma connaissance un e-mail contenant un appel à une couverture plus “réaliste” que “sensationnelle” de cette histoire. Voici à quelques variations près le message que j’ai envoyé:

Vous avez peut-être entendu parler du fait que MySpace a “viré” de son
site 29’000 personnes se trouvant sur les listes de délinquants
sexuels tenues par les Etats aux USA. J’ai écrit une assez longue
réaction à ce sujet (en anglais) et me suis également faite
interviewer par la BBC.

En deux mots:

  • la définition de “sex offender” est problématique (dans certains
    états, on peut finir sur ces listes pour avoir montré ses fesses ou eu
    des relations homosexuelles)
  • une telle action de la part de MySpace (pour sauver leur image,
    principalement) est problématique d’une part car elle renforce la peur
    (peu justifiée) ambiante autour des prédateurs sexuels en ligne, et
    d’autre part car c’est une mesure peu utile car elle est déconnectée
    de la réalité des “problèmes/agressions à caractère sexuel” que
    rencontrent les ados en ligne.

[liens vers mes deux articles]

Je ne sais pas si c’est votre rayon ou non et si ça vous intéresse,
mais si vous connaissez quelqu’un qui serait susceptible de couvrir
cette histoire sous cet angle (un angle qui manque cruellement dans
les médias “traditionnels”) n’hésitez pas à leur dire de prendre
contact avec moi (+41 78 625 44 74).

Deux réponses intéressées à ce jour (une personne en vacances qui a retransmis le mail, et un quotidien local pour qui ce n’est peut-être pas évident de couvrir un tel sujet international). Je réitère donc ici mon appel: y’a-t-il une publication romande qui veuille relever le défi?

Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear… [en]

[fr] Conseils aux parents (après mon interview à la BBC ce soir au sujet des "sex offenders" bannis de MySpace):

  • pas de panique, les prédateurs sexuels tels que nous les présentent les médias ne sont pas légion, votre enfant ne court pas des risques immodérés en étant sur internet;
  • dialoguez avec votre enfant; intéressez-vous à ce qu'il fait en ligne;
  • souvenez-vous que fournir des informations personnelles n'est pas un très grand risque; par contre, s'engager dans des relations de séduction avec des inconnus ou des amis adultes en ligne l'est.

J'ai écrit relativement peu en anglais à ce sujet jusqu'à maintenant. En français, lisez Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins, De la “prévention internet”, les billets en rapport avec mon projet de livre sur les adolescents et internet, et la documentation à l'attention des ados que j'ai rédigée pour ciao.ch.

Update: radio stream is up and will be so until next Wednesday. MySpace piece starts at 29:30, and I start talking shortly after 34:00. Use the right-facing arrow at the top of the player to move forwards. Sorry you can’t go backwards.

I was just interviewed by BBC World Have Your Say (radio, links will come) about the MySpace banning sex offenders story. (They didn’t find me, though, I sent them a note pointing to my blog post through the form on their site.) Here’s a bit of follow-up information for people who might just have arrived here around this issue.

First, I’m often asked what advice I give to parents regarding the safety of their children online (the BBC asked this question but I didn’t get to answer). So here’s my basic advice, and a few things to keep in mind:

  • don’t panic — the media make the whole online sexual predator issue sound much worse than it is; (they might even be more at risk offline than online if they’re “normal” kids who do not generally engage in risky behaviour, given that most perpetrators of sex crimes against minors are family members or ‘known people’)
  • talk with your kids about what they do online; dialog is essential, as in many educational situations; show interest, it’s part of their lives, and it might be an important one; start early, by introducing them to the internet yourself, rather than letting them loose on it to fend for themselves from day one;
  • keep in mind that sharing personal information is not the greater risk: engaging in talk of a sexual nature with strangers/adult friends is, however <insert something about proper sexual education here>;

I regularly give talks in schools, and I speak to students, teachers, and parents — all three if possible, but not at the same time, because the message is not the same, of course. When I talk to parents, I see a lot of very scared/concerned parents who understand very little about the living internet their kids spend so much time in. But they read the mainstream media, and they’ve heard how the internet is this horrible place teeming with sexual predators, lurking in chatrooms and social networking sites like Facebook and MySpace, on the look-out for their next victim.

I may be dramatizing a little, but this is basically the state of mind I find parents in. I’ll jump on this occasion to introduce a piece by Anastasia Goodstein: Dangers Overblown for Teens Using Social Media. I’m quite ashamed to say I only discovered Anastasia and her work about a month ago — we seem to cover similar ground, and I’m really impressed by what I see of her online (for example, she’s actually published a book about teens online whereas I’m stuck-stalled in the process of trying to get started writing mine — in French). She also reacted to the MySpace Sex Offender Saga.

Anyway, my job when I’m talking to parents is usually:

  • play “tourist guide” to introduce them to this strange internet culture (my background in Indian culture clearly helps me manage the cross-cultural internet/offline dialogue) — I encourage them to try chatting (find a friend who chats and can help you sign up to MSN to chat with her/him) and blogging (head off to WordPress.com and write about random stuff you’re interested in for a couple of months)
  • de-dramatize the whole “internet predator” thing so they’re not as tense when it comes to having their kids online, or being online themselves, and put forward the positive aspects of having an online life too.

What am I concerned about, when it comes to teens online? A bunch of things, but not really sick old men in raincoats posing as little girls in chatrooms or MySpace profiles.

  • their blissful unawareness of how permanent digital media is; photos, videos, text etc. are all out of your control once they’ve left your hands; easy to multiply and distribute, they could very well be there for ever; they also don’t realize that all their digital interactions (particularly webcam stuff) is recordable, and that nothing is really private;
  • their perception of the online world as “uncharted territories” where all is allowed, where there are no rules, no laws, no adult presence; for that, I blame adults who do not accompany their young children online at first, who do not show any interest in what’s going on online for their kids, and who do not go online to be there too; teens need adult presence online to help them learn to become responsible internet citizens, just as they do offline; our fear of predators is resulting in teenager-only spaces which I’m not sure are really that great;
  • their certainty that one can evade rules/law/morals by being anonymous online and hiding; we’ve told them so much to stay hidden (from predators), and that one can be anonymous online (like predators) that they think they can hide (from parents, guardians, teachers);
  • their idea that what is online is up for grabs (I’m not going to stand up against what the record companies call “piracy” — that’s for another blog post — but I do feel very strongly about crediting people for their work, and respecting terms individuals or small businesses set for their work).

There are other things which are important, but discussed so little, because “online predators” is such a scary issue that it makes everything else seem unimportant: the “chat effect” (why is it easy to “fall in love over chat”?), findability of online stuff (yeah, by parents, teachers, future bosses), what to say and what not to say online (“what am I comfortable with?”), gaming environments like WoW…

One thing we need to remember is that kids/teens are not passive victims. Some teens are actively seeking certain types of relationships online, and when they do, chances are they’ll find them (proof the “catch a predator” operations in which “normal people” or policemen pose as lusty/consenting teens to trap dirty predators… sure it works, but most teens aren’t like that!)

I remember getting in touch with a kid who had an account on Xanga. He had lifted some HTML code from my site, and visits to his page were showing up in my stats. I asked him to remove it (“hey, lifting code like that isn’t cool!”) and he didn’t react. I found his ICQ number and messaged him, and he was outright obnoxious. A few days later, he started messaging me vulgar messages out of the blue (“I want to f*** you, b****!”). We finally trapped him, a friend of mine posing as a Xanga official who scared him a bit so he’d remove the code from his site, and who actually had a long, long talk with him. He was 9 years old.

If you came here via the BBC, leave a comment to let me know what you think about these issues, or what your experience is!