




C’est moche pour l’accessibilité, je sais.
Stephanie Booth's online ramblings





C’est moche pour l’accessibilité, je sais.
Extraits choisis:
Au 6 août 2009, l’OMS recensait 1500 morts sur la planète… Chaque année, la grippe classique (A H3N2) fait entre 250 000 et 500 000 morts…
Dans le canton de Vaud, le médecin cantonal – en charge des mesures sanitaires – a laissé entendre qu’il convenait, dès à présent, d’éviter de se serrer la main et de s’embrasser. Qu’en pensez-vous?
Que ça me fait penser à ce qu’on disait au moment où le SIDA faisait peur à tout le monde, qu’il ne fallait pas toucher une personne séropositive. Cette recommandation est anti-scientifique. Ca accentue la panique et l’inquiétude dans une société qui n’a pas besoin de plus de méfiance sociale qu’elle n’en a déjà. C’est la grippe, bon dieu, ce n’est pas la peste, le choléra ou la variole! Ne pas s’embrasser ou se serrer la main? Personnellement, je rejette ce genre de recommandation. Médicalement et éthiquement parlant, c’est inacceptable!
[L]’angoisse actuelle est majorée par la situation économique. Objectivement, personne n’a envie que les grands pays industrialisés soient paralysés par une épidémie, parce que ça ne serait pas bon pour les entreprises… donc, pour les actionnaires. Il y a là une indécence insupportable. Ce n’est pas la santé des populations qui inquiète nos dirigeants, c’est celle de l’économie.
Merci de faire votre contribution à la lutte contre la paranoïa auprès de votre entourage!
[en] A first day of walking, climbing above 2000 metres to escape the clouds. With success.
Pour être honnête, j’appréhendais un tout petit peu de monter toute seule au chalet. Quand j’y réfléchis, je ne suis pas bien sûre pourquoi — une vague impression de journées glauques et solitaires enfermée ici, mais que je n’arrive pas à placer précisément dans mes souvenirs. Le mot-clé est peut-être enfermé: les deux fois où je me rappelle être montée ici toute seule, c’était pour m’enfermer afin d’accomplir quelque chose (étudier, surtout), et non pas me détendre, me retrouver, faire des kilomètres de marche.
Bref, tout ça pour dire que j’ai passé une excellente journée. Au réveil, un gros nuage s’était assis sur Gryon, à tel point que je ne voyais pas beaucoup plus loin que le bout du jardin. La purée de pois s’est dissipée un instant, assez pour que je prenne espoir qu’il y ait du beau plus haut. Le train pour Bretaye étant fermé, j’ai pris la télécabine du Roc d’Orsay pour essayer de sortir des nuages. En haut, misère! Toujours la peuf.
J’ai néanmoins commencé à grimper vers le Grand Chamossaire (30 minutes, qu’ils disent, hah!) et bien m’en a pris, parce que primo, le sommet était en-dehors des nuages et deuxio, ces mêmes nuages ont décidé de gentiment commencer à se retirer.
Au sommet, j’ai pique-niqué, pris des photos, et lu un chapitre de mon livre. Je suis en train de lire The End of Mr. Y, que j’ai acheté à Leeds sur les conseils de Vince, qui était en train de le lire. Ça devient fascinant, je suis très contente de l’avoir acheté.
Se poser à 2200 mètres d’alitude pour bouquiner au soleil… Il y a pire, pour débuter un samedi après-midi!
Je suis ensuite partie pour le Petit Chamossaire, pendant que j’y étais, par la crête. Premier constat: c’est sur la crête, et parfois bien raide. Deuxième constant: mes genoux sont vraiment merdiques, et je me demande si je ne devrais pas me mettre aux bâtons de marche. La montée, le plat, et la descente douce, ça va, mais dès que c’est de la descente un peu raide… ouh là là. A méditer.
Petit Chamossaire, encore une séance de lecture, puis descente sur ce que j’ai compris être un ancien tracé de téléski (“c’est quoi, ce gros bloc de béton au milieu du pâturage?”), Lac de Bretaye dont les abords marécageux m’ont fait regretter de ne pas avoir des chaussures imperméables, mais dont les vols d’hirondelles m’ont ravie et donné l’occasion d’user un peu de pellicule numérique, puis un renard au soleil (photographié et filmé lui aussi) et une montée bien raide pour reprendre la télécabine.
Ce que j’aime ici, c’est que je prends le temps. De me lever, de déjeuner, de marcher, de cuisiner, de lire, d’écrire, de faire un feu de cheminée… Alors qu’en plaine j’ai tendance à être tout le temps dans l’urgence. Tant à faire! Ici, le nombre de choses que je peux faire est limitée. Donc c’est moins la course.
Pendant que j’étais à Villars, j’en ai profité pour prendre des photos des commerces du coin. Depuis que j’ai décidé de promouvoir activement mes talents de fabricante de sites web basiques, je suis aux aguets pour des clients potentiels. Je passe un magasin, je prends une photo. Une voiture de boîte “publicitaire”, idem. Ensuite, j’irai regarder si ces petites entreprises sont facilement trouvables sur internet, si elles ont leur propre site ou non, et en cas d’existence de site, si ce que je leur propose sera mieux.
[en] A few words about being at the chalet alone with Bagha. I'm happy there is no internet connection there.
Cela fait longtemps que je ne suis pas montée ici seule. Je pourrais vérifier dans le carnet de bord du chalet, sorte de livre d’or où les visiteurs chroniquent les jours passés ici. C’était mon initiative, ce livre de bord: un “blog collaboratif hors-ligne” — et à ma surprise, tout le monde s’y est mis.
Je me souviens de deux séjours solitaires. Le premier, c’était dans une autre vie. Avant l’Inde, avant le blog, avant Bagha. J’avais découvert internet depuis quelques mois, je chattais à n’en plus dormir la nuit, j’avais peur d’être “accro”, et je suis montée quelques jours durant les (à l’époque) longues vacances universitaires de février pour faire le point. A défaut de cahier pour le chalet, c’est à cette occasion que j’ai acheté mon premier “cahier de route” (j’en suis au treize ou quatorzième) servant à la fois de journal, bloc-notes, liste de commissions.
Le deuxième, justement, c’est “celui du carnet de bord”. C’était en 2002, je préparais ma licence de philo, et j’avais besoin d’un changement d’air. Je me souviens que je lisais Paul Ricoeur devant un feu de cheminée, le chat sur les genoux, et à un moment donné, j’ai réalisé que je comprenais ce que je lisais. Vraiment. C’était une expérience de “flow” intellectuel assez intense. Peut-être que je devrais ressayer de lire Ricoeur — j’ai des tas de livres à lui dans ma bibliothèque.
Me voici donc seule au chalet, pour quelques jours de répit dans la tourmente. J’ai éteint mon téléphone, je sais à peine quelle heure il est, et demain matin je me lèverai quand je me lèverai, déjeunerai, prendrai ma douche, puis m’inquiéterai à ce moment-là de savoir ce que je fais de ma journée. Marche s’il fait beau. S’il pleut, lecture, écriture, ou piscine à Villars (puisque mon passe “indigène” m’y donne droit).
Avec les autres copropriétaires, on a évoqué la possibilité d’amener une connexion internet au chalet. J’espère que ça ne se fera pas. Je crains de ne pas réussir à me tenir à une décision qui ne serait pas soutenue par une contrainte technique: bien sûr que je pourrai continuer à monter au chalet “sans internet” — mais dans l’état actuel des choses, la décision est prise pour moi, et cela rend les choses plus simple.
Plutôt qu’une question de dépendance à internet, je pense qu’il s’agit ici plutôt d’une surcharge de décisions à prendre. J’ai déjà mentionné le livre The Paradox of Choice, qui m’a fait prendre conscience à quel point nous devons prendre un nombre toujours croissant de décisions (micro et macro) dans nos vies, à plus forte raison lorsque l’on est indépendants. N’avoir pas à décider de ne pas travailler quand je monte ici, c’est déjà des vacances. Vous voyez ce que je veux dire?
Autres vacances, autres gens, autre rythme, autre effet.
J’ai pris des tas de photos, de nouveau. On a eu de la chance avec le temps, même si on s’est fait rincer un peu (au Col des Essets, notamment). Le programme des ces quelques jours en altitude?
Vendredi 15, tronçonnage des troncs d’arbustes coupés il y a trois semaines. Soirée tranquille à jouer (kalah et backgammon).
Samedi 16, départ peu matinal (et malgré le beau temps) pour le Col de la Croix. On a une voiture, on en profite! Une petite grimpette dans les Pyramides de Gypse (histoire de s’échauffer et de se préparer moralement pour l’initiation à la Via Ferrata prévue pour le lendemain… ou le surlendemain), suivie par un petite pique-nique et une autre grimpette (moins d’escalade, plus de dénivellation) jusqu’au Meilleret, avec détour involontaire par l’Encrène.
Ça fait un peu journal de voyage, comme je raconte ça, non? 🙂
On coupe à travers pâturages depuis le Meilleret pour descendre sur le Lac des Chavonnes (fort joli) où un petit restau sympa nous attend (et une tomme de chèvre fraîche sur lit de salade pour moi). On repart pour Bretaye via son lac et une séance course-photos avec les bébés grenouilles qui en habitent les rives.
On continue via le Col de Bretaye pour la promenade “poussette-compatible” jusqu’au Col de la Croix, via Ensex. Nos jambes en ont bien marre, mais on s’arrête toute de même en route pour photographier une amanite tue-mouches. Vers 20h, on est enfin de retour à la voiture.
Une fois les pâtes carbonara avalées, les photos de la journée regardées, et une bonne pile de bois de cheminée brûlée, il est quasi minuit…
Dimanche 17, le temps n’est pas à la Via Ferrata. On part pour Solalex avec le projet de monter à Anzeinde en taxi et puis de faire le tour de l’Argentine (5 heures de marche). A Solalex, on décide de monter à pied à Anzeinde. Il est environ 14h quand on y arrive, et le temps de manger, il est très clair que notre tour de l’Argentine ne se fera pas. En plus, il y a des nuages partout et l’orage menace.
On décide de se limiter au Col des Essets. On se met en route dans une purée de pois qui bouche la vue à 20 mètres, et on se fait rincer propre en ordre une fois au col. Malgré les éclaboussures sur les objectifs, on s’arrête pour prendre des photos, assez longtemps en fait pour que la pluie se calme et que le soleil réapparaisse en compagnie d’un magnifique arc-en-ciel. La vue se dégage complètement. On reste un bon moment à admirer les montagnes d’en haut, et je commence à faire des projets de Col des Chamois (pour une autre fois, hein).
Lundi 18, après un réveil un poil tardif (on a ouvert le Trivial Poursuite la veille au soir), on se met en route pour la fameuse Via Ferrata. Que dire? Il faut regarder les photos. On a renoncé à commencer par le début un peu abrupt (c’était une initiation) pour entamer la route par l’échappatoire. Quelques passages difficiles, un pique-nique avec vue imprenable sur la vallée, et une tyrolienne pour terminer (qui m’a vu faire le singe sur le câble à la fin, la tête en bas et les pieds en l’air, pour pouvoir décrocher ces sacrés mousquetons — la corde de la poulie avait fait des noeuds, du coup je touchais à peine par terre à l’arriveé).
Le soir: taille-haies. Taille-haies. Et le lendemain matin: taille-haies. Le jardin est bien propre.
A voir aussi, les photos de Corinne: premier jour, deuxième jour, troisième jour. Et moi qui lis la carte:
[fr] Journal. Retour au travail, découragement, rythme toujours agréablement ralenti, de la vie seul ou à deux. Et des fumeurs.
Demain, j'écris en français, promis.
What has changed? I still feel slowed down, in a good way. I’m rushing less. Taking more time to do things. Particularly silly things like make food, brush my teeth, go out on the balcony to look at the storm. Retrospectively, I feel like I used to be rushing around to scrape every minute I possibly could and get back to being “productive”. That’s not exactly what I did, of course (gosh, no), but the fact I remember myself like that pre-holiday is an indicator of my level of stress then.
I’m less stressed. I see a slightly larger picture. You can’t spend days in the mountains and stay stuck to your internal screen. A dear friend of mine showed me that, long ago — with the lake, not the mountains. When anxiety goes up, that life seems too hard, and troubles not manageable anymore, go by the lake and look out. Lots of water, and mountains on the other side. It helps gain some perspective.
A bit like this phrase that hit me, and stuck with me, from Eight Principles: “Think about what’s worrying you the most now. A month from now, will it still be important? What about in a year? In ten years? in 100 years — will anybody care?” It helps me not take everything to heart. Everything in my life tends to be a matter of life and death. Dealing with life and death situations from morning to evening is very, very stressful. It takes some effort to remember that these are not life and death situations. They are small problems.
Problems which will not matter much ten years from now, or even a year from now. I’ll have moved on. I always do.
One thing I’ve realized, now that I’m alone with cat again, is how much easier being with somebody makes certain things. Eating, for example. I ate late today. I managed to conjure myself up a nice lunch, but dinner was… well, there wasn’t much in the fridge or cupboards, so I made do with what I could find. When there are two of you, there are two people to think about / provide the impulse for things like shopping, cooking, taking breaks, going to bed, getting dressed.
Alone, it’s all on my shoulders. I have to make all the effort. I have to lead, always, never follow. If I’m hungry, I have to cook — each time. There is no chance for somebody else to say “I’m hungry, let’s make some food” before I’m starving.
It’s a bit (in a positive way) like the mutual encouragement smokers are subject to when there is more than one of them. Being a non-smoker, I’ve often noticed how my smoking friends smoke reasonably little when they’re alone with me, and often more than double when they’re together. Each time one smoker reaches for her pack, the other lights one too. They are not just following their pattern of need/desire, but adding to it that of the other.
Being a social animal has its advantages — saving energy.
[fr] Journal. L'effet des vacances.
One of the reasons the mountain works (like the beach, I guess), is that it’s a space where I can’t physically do a great number of these things. Hah! I’m finally understanding the point of going on holiday.
Could I decide that I’m on holiday except for (say) 6 hours a day? I have the impression that would not work. It took me a day or so to “switch off” — more mysteries of the brain to delve in, I guess.
In any case, one benefit of this holiday (even if the “effect” doesn’t last long) is that it’s reset my standard for being “relaxed”. I remember what it feels like, now. And that memory is going to help me not get too carried away into stress and frantic activity.
I’ve decided I was going to back-post these “offline entries” to roughly the moment I wrote them. So, don’t be surprised if you see past posts popping up here and there (I’ve posted those that I wrote during my vacation, so now all you should expect is a night late).
Welcome to my series on trying to figure out some kind of balance in life.
[fr] Journal. Retour en ligne.
So, since my last message (blog post, actually — funny for me to find myself suddenly having a spurt of journal-like blogging) I checked my e-mail, blog comments, twitter, friendfeed, etc. E-mail contained a few sources of stress (ie, “bad news”) which I’m still not sure what to do about. I noticed that as I was going down to the see the movie (X-Files première!) I was preoccupied. My mind was back on the “worry, solve problems” track.
Back from the movie, I went online again, and chatted a bit with an old friend who happened to be online and want my advice.
Writing offline is different from writing online. Online, I’m in the network, I have access to everything. Offline, I’m alone. Just like when I was a teacher, every now and again I would go and prepare classes or grade tests in my empty classroom rather than the staff room. I like talking, and honestly, given the choice between just about anything and having a chat, I’ll have a chat. So, I guess it’s normal that every now and again I need to isolate myself to do certain things. Nothing bad about that.
Time to sleep now. And try to wake up in my “holiday” mood, even though I have a day of work ahead of me.
[en] I'm really quite happy about the article about me in the paper today. I like these "portrait" articles. The journalist has the time to talk, and it's (until now) a very nice experience.
J’aime bien les portraits. En général, le/la journaliste a le temps, alors on parle, on parle, on parle. Sans vouloir passer pour outre-mesure égocentrique, je trouve intéressant de parler de moi dans ce genre de contexte — essayer de se raconter, c’est un peu, aussi, essayer de savoir qui l’on est. La quête de l’identité, celle qui durera toute une vie…
Comme toujours, il y a certaines choses dans l’article que je voudrais expliquer, développer, nuancer. (Je l’ai relu avant parution, on a corrigé certaines choses, mais parfois, à cause du format, on est obligés de laisser passer certaines choses.) Juste là, pas le courage — mais n’hésitez pas à poser des questions dans les commentaires si le coeur vous en dit, ça m’aidera peut-être à me lancer (je vous répondrai, à moins que ce ne soit personnel, bien entendu, mais essayez toujours).
Edit: oh, je viens de voir qu’un morceau de la vidéo était également en ligne. J’ai beaucoup aimé cette petite opération multimédia improvisée. J’espère qu’on aura l’occasion de voir la vidéo en entier lundi!
[en] More bad editor stuff.
Je ne vous en dis pas plus, mais personnellement, je pense que 20 secondes ce n’est pas assez pour faire les en-têtes.
Comme le dit Raph, faut aussi s’occuper de la concurrence.