Bad With Faces, Good With Names [en]

[fr] Je suis très peu physionomiste mais dès qu'on me donne un nom, je sais exactement qui vous êtes. Pensez-y la prochaine fois qu'on se croise en vitesse quelque part, à une conférence par exemple!

I have a problem. I am really bad at recognizing faces. Really very bad. Bordering on hopeless.

This makes social occasions like conferences very difficult for me, because people keep coming up to me, saying hello, and though their face might seem familiar, I have not the slightest idea who they are.

Even with people I know, it’s sometimes difficult. My good friend Kevin Marks came up to me to say hi this morning, and it took me 4 excruciatingly long seconds to recognize him.

One might think that it’s because I meet too many people, or have too many people in my network, and can’t keep up. I’m happy to say it isn’t the case — I haven’t reached such a celeb status, luckily.

How do I know that?

I know that because the moment the person who just walked up to me gives me their name, I know exactly who they are.

I am deadly good with names.

That’s why I like conference badges.

The way I explain this to myself is that my “internal database” of people I know has an index on the name column, and not the face one. It’s as if I were “colour-blind to faces”.

I’m really good at remembering people, actually. I just need names.

Les commentaires d'un blog ne sont pas un espace de pub! [fr]

[en] I'm tired of people using blog comments as advertising space (it's particularly a problem on the ebookers.ch travel blog that I manage). I've decided that I was tired of racking my brains to figure out if this or that slightly fishy comment was ham or spam, so in future, people who sign comments with brand names (or any non-human name, for that matter) will not see their comments published. Ditto if the URL provided with the comment points to something resembling a commercial site (well, anything that is clearly not that person's site).

Y’en a marre! Le spam mécanique qui nous assome de Britney peu vêtue et de Viagra dans nos commentaires de blog, c’est déjà pas drôle, mais il y a des filtres à spam genre Akismet qui font assez bien leur travail.

Mais là, ce qui commence à me sortir par les trous de nez, ce sont les personnes (au pire malhonnêtes, au mieux mal informées) qui s’appliquent à laisser des commentaires “pseudo-intelligents” à droite et à gauche pour promouvoir leur site/blog/produit.

Ça va de la remarque vide genre “super article, merci!” ou “j’adore ton blog!” au commentaire un peu plus réfléchi et même parfois pertinent, en passant par le franchement publicitaire plus ou moins subtil.

Les auteurs de ces commentaires ont parfois un nom d’être humain, mais souvent pas. Et leur URL n’est clairement pas celle de leur blog ou site personnel.

C’est particulièrement grave sur le blog de voyage ebookers.ch, dont j’ai l’honneur d’être “blogueuse-rédac-chef”. Environ la moitié des commentaires que nous recevons sont entre le douteux et le franchement commercial. Quand quelqu’un qui s’appelle “blog voyage” laisse un commentaire sympathique 2-3 fois par mois, on se pose des questions. Ou bien alors l’annonce pour une location d’appartement dans une rue de Paris dont nous parlons dans un article. Les liens vers d’autres sites de tourisme ou de voyage. J’en passe.

Alors bref, y’en a marre. Voici ce que j’ai décidé.

  1. Déjà, pour commencer, si vous n’êtes pas capable de signer votre commentaire d’un nom humain ou d’un pseudonyme clair, je ne publie pas votre commentaire.
  2. Si votre commentaire se complaît dans la banalité et sent de façon suspecte “l’excuse à lien”, il croupira dans l’obscurité de la file de modération sans jamais voir la lumière du jour.
  3. Si vous utilisez un nom d’humain et qu’en plus votre commentaire est génial, mais que le lien fourni laisse à penser qu’il est commercial, alors je le publierai, mais en supprimant le lien.

Méchant? Oui.

Je comprends toutefois que de nombreuses personnes (et agences, parce que je me rends bien compte qu’il y a des professionnels qui se lancent dans ce genre d’opération misérable) agissent ainsi par manque d’informations. Ou se basant sur de mauvaises informations provenant de soi-disant experts en marketing 2.0 ou que sais-je, mais en fait qui n’y comprennent que dalle.

Donc, du coup, je vais vous expliquer.

Oui, laisser des commentaires sur d’autres blogs est en excellent moyen de promouvoir le vôtre. Mais seulement si vous ne le faites pas dans le but premier de faire de la promotion. Paradoxal? Pas tant que ça.

La raison pour laquelle les commentaires vont faire connaître votre blog, c’est parce que ces commentaires vont vous faire connaître. Ils vont vous faire connaître à travers l’intelligence de vos propos, la vivacité de votre esprit, le tranchant de votre plume clavier. Les commentaires d’un blog, c’est l’espace privilégié de la conversation, et donc de la rencontre entre êtres humains. Comme j’aime le dire, on ne peut pas avoir une conversation avec un communiqué de presse — on ne peut pas non plus avoir une conversation avec un robot publicitaire, même si celui-ci s’appelle Juliette.

Et j’ai une mauvaise nouvelle pour les robots publicitaires: on les repère de loin dans la foule des humains.

Quelques exemples. (J’ai omis les cas tout à fait évidents d’un côté comme de l’autre.)

  1. Un article portant sur la bonne manière d’organiser sa valise: j’y laisse un commentaire vantant les mérites des shampooings solides de chez Lush. Je n’ai pas d’actions chez Lush, ce n’est pas un client (sinon je le préciserais, du coup), je n’ai aucun bénéfice direct à en parler, si ce n’est que je suis un fan de produits Lush et que j’ai envie de partager ça. => publié.
  2. Un article parlant de San Francisco: Ben (je sais qu’il s’appelle comme ça grâce à son e-mail et à une signature en fin de commentaire) laisse un commentaire avec une petite info supplémentaire et un merci pour les photos qui lui rappellent de bons souvenirs. Ça s’annonce bien, sauf que dans le champ “nom et prénom” il a écrit “blog voyage” et que le lien qu’il fournit est celui de Enroutes!, une plateforme de blogs de voyage, justement. Ajouté aux deux autres commentaires du genre laissés sur d’autres articles, ça sent fortement le “j’essaie de faire connaître un site en laissant des commentaires à droite et à gauche”. => pas publié.
  3. Sur l’article “Trois destinations de rêve“: quelqu’un laisse un commentaire répondant à la question posée dans l’article. Problème? Son nom est “Ces petits riens”, comme le blog donné en lien. Du coup, alerte rouge. Je vais visiter le blog en question, je fais un peu d’analyse de texte et… cela semble effectivement a première vue être un blog personnel écrit par une personne. Un conseil pour la blogueuse en question? Se choisir un pseudonyme qui ressemble plus à un nom qu’à un titre de publication, si elle tient à rester anonyme. Son commentaire a failli ne pas être publié. => publié, mais ça m’a demandé du boulot de vérification et j’en ai marre.
  4. Enfin, l’article donnant quelques trucs “santé” pour voyager malin: “Rando” (ça commence mal) laisse un commentaire pour préciser qu’en effet, il ne faut pas oublier de prendre une trousse de secours pour ce genre de destination… avec lien sur la page de vente de trousses de secours d’un magasin en ligne de matériel de randonnée. => pas publié.

Avec ces quelques exemples, j’espère que vous voyez où est le problème avec ce genre de commentaire “trop promotionnel”: on ne sait pas vraiment qui est en train d’écrire le commentaire (le proprio du magasin en ligne? le créateur de la plateforme de blogs de voyage? l’employé d’une agence de comm?) et clairement, le commentaire est laissé plus pour la valeur qu’il leur apporte que pour celle qu’il nous apporte. C’est pas très désintéressé, comme qui dirait.

Pourraient-ils procéder autrement? Oui.

Par exemple, Ben pourrait signer les commentaires de son nom et laisser en lien son propre blog de voyage au lieu de celui de la plate-forme. Cela éviterait de donner l’impression qu’il essaie simplement de placer un lien vers la plateforme. Ou s’il est le créateur de la plate-forme et qu’il cherche à promouvoir celle-ci, il pourrait nous écrire pour nous suggérer de faire un article à ce sujet pour nos lecteurs (ce qu’on ferait ou non, c’est une autre histoire). Dans les deux cas, la communication serait claire et transparente.

Quant à “Rando”, il pourrait nous dire simplement dans le commentaire que son magasin en ligne vend des trousses de secours, et peut-être nous expliquer en quoi les siennes sont tellement plus extraordinaires que les autres que l’on pourrait trouver. Il nous donnerait son nom, et un lien qui nous en dise un peu plus sur lui. Ça passerait ou non, clairement, aussi en fonction de son engagement dans la micro-communauté du blog. Si c’est son seul commentaire, bof. Si c’est un contributeur engagé (et authentique!) régulier, on lui passerait probablement ça, parce qu’il aurait accumulé assez de capital social pour se le permettre.

De façon générale: payer quelqu’un (à l’interne ou à l’externe) pour aller arroser les blogs de pseudo-commentaires dans l’espoir de faire connaître son site (ou le faire soi-même) est une mauvaise stratégie, qui finira simplement par vous ranger dans la catégorie des spammeurs et pollueurs.

Ici, comme avec tout ce qui touche aux médias sociaux, ce n’est pas l’action (laisser un commentaire, envoyer un tweet, faire une page sur facebook, publier sur un blog) qui est importante. C’est l’état d’esprit dans laquelle elle est faite.

Et pour cela, encore et encore, lisez le Cluetrain Manifesto. Oui, même s’il faut vous taper la version anglaise.

En attendant, moi, je vais devenir impitoyable dans la modération des commentaires des blogs que je gère. Si vous n’avez pas un nom d’humain, passez votre chemin!

Problèmes d'internet, problèmes d'humains [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Les médias se plaisent à nous rappeler régulièrement qu’internet est un espace dangereux. Passons pour cette fois, si vous le voulez bien, sur les exagérations et les dangers particuliers (je le fais déjà assez ailleurs) pour nous pencher sur un principe de base.

Internet est peuplé d’humains. Les problèmes que l’on y rencontre sont donc avant tout des problèmes d’humains. Et dans les médias sociaux en particulier, les principales difficultés sont de l’ordre du relationnel.

Les personnes peu familières avec internet semblent tout d’un coup perdre toutes leurs compétences interpersonnelles dès que l’échange a lieu par écrans interposés. Un commentaire désagréable en réponse à un article? Il suffit souvent de se demander comment l’on réagirait en face-à-face. Certes, cela demande parfois un peu de maturité — mais il est très rare que l’on se retrouve compètement démuni face à quelqu’un dans la plupart des situations de la vie courante.

Même les problèmes plus “sérieux” comme le harcèlement en ligne, les contacts sexuels entre adultes et mineurs, les communautés “malsaines” (pro-ana, racisme…) sont à la base des problèmes de personnes. Ce sont des problèmes qui existent en-dehors d’internet, qui se manifestent là où il y a des gens — y compris sur internet.

On comprendra donc qu’y remédier passera donc par se concentrer sur la dimension humaine du problème, et non sur celle, accessoire, de sa présence sur internet.

Je simplifie, bien sûr, et il y a des exceptions. Tout ce qui a trait au droit d’auteur, par exemple, est inextricablement lié aux caractéristiques techniques d’internet. La permanence des objets numériques, également, change le paysage de nos relations les uns aux autres, et à l’information.

N’oublions donc pas, dans notre exploration du monde connecté, que les principales difficultés que nous y rencontrerons seront humaines. Et que les humains, c’est du terrain connu.

Je tweete, tu tweetes… merci de laisser les twits au vestiaire [fr]

[en] About the correct way to say "to tweet" and "a tweet" in French. No twits, please. Or even twitts. It just sounds plain stupid.

J’ai beau être une horrible bilingue qui parsème allègrement mon français d’anglicismes et mon anglais de gallicismes, et mes deux langues de néologismes et de stephanismes, il y a un certain nombre d’abus linguistiques qui me hérissent sérieusement le poil.

Une des derniers en date? L’utilisation par les francophones de “twit” ou “twitt” pour faire référence à un message envoyé sur Twitter. (C’est quoi, Twitter?)

Je m’explique — parce que ce qui me tient à coeur, c’est qu’on reste un peu linguistiquement cohérents.

En anglais, “to twitter” (le verbe, donc), signifie “gazouiller” (on va pas pinailler sur le sens). Le nom qui correspond à ce verbe, et qui fait donc référence à une “instance” de cette activité (dans le contexte de Twitter, donc, à un message envoyé), c’est “a tweet“. Notons, pour ceux qui s’intéressent à la prononciation, que le verbe contient un “i” court (le phonème qui n’existe pas en français — on sait ça parce que le “i” est suivi de deux “t”) mais que le nom, lui, se dit avec un long “i” (comme le “i” français).

Prenons un parallèle bien connu: “to blog” et “a blog”. Voilà, très bien.

En français, on importe directement le nom, sans autre forme de procès. Un blog. Un tweet.

Et puis on forme un verbe à partir de ce nom: bloguer, tweeter.

Mais il y a plus grave, en fait. Parce que “twit“, voyez-vous, qui se prononce avec un “i” court (même si on l’écrit “twitt”), c’est un mot qui existe déjà dans la langue anglaise.

“A twit”, c’est un imbécile. Ouille.

Quitte à importer des mots d’une langue à l’autre (ce qui ne me pose aucun problème), essayons d’importer les bons, voulez-vous?

Je récapitule.

Quand j’utilise Twitter, je tweete. J’envoie des tweets à droite et à gauche. Parfois je reçois un tweet privé, mais la plupart sont publics et je n’arrive pas à suivre. Et j’évite de passer pour un twit en appelant ces messages des twitts ou mon activité twitter (ce qui, en passant, prête à confusion avec le nom du service… et donne des noeuds à la langue, prise dans le doute prononciatif!)

A lire: recherche académique sur les risques courus par les adolescents sur internet [fr]

Un des avantages déjà perceptibles de mes efforts pour passer de “penser mes journées” à “penser mes semaines” est que je recommence à donner un peu plus de priorité à mes travaux d’écriture et de recherche. Je suis ainsi en train de gentiment avancer dans la lecture de l’annexe C du rapport Enhancing Child Safety and Online Technologies, paru il y a déjà un an (!) et co-dirigé par mon amie danah boyd.

Toute personne qui prétend parler des risques que courent les enfants et adolescents sur internet devrait lire ce rapport. L’annexe C, par laquelle je commence mon exploration, est une méta-étude qui tente de rassembler toutes les recherches académiques publiés au sujet des adolescents et internet.

La lecture du livre Bad Science il y a quelques mois m’avait déjà sensibilisée à l’importance de ce genre de démarche, mais plutôt dans le domaine médical: plutôt que de se baser sur une seule étude, on fait le point sur toutes les études cliniques qui ont été faites pour tester un médicament (par exemple), les examinant pour des problèmes méthodologiques et compilant/comparant leurs résultats lorsque c’est pertinent. C’est comme ça qu’on survit aux études “contradictoires” (l’une montre que oui, l’autre montre que non — on les confronte).

On est donc ici bien loin des titres racoleurs d’articles dont le contenu sent bon la soupe de restes (on prend les mêmes et on recommence: “ne mettez pas en ligne ce que vous n’êtes pas prêt à assumer davant tout le monde, futur patron y compris, et Facebook n’est pas une exception”). Se plonger dans la littérature académique est d’autant plus important que la question de la sécurité en ligne de la jeune génération souffre douloureusement de la prépondérance des anecdotes sur les statistiques dans la construction de notre compréhension du monde. Dans l’édito du numéro 45 d’Allez Savoir!, le rédacteur en chef Jocelyn Rochat entre ainsi en matière:

C’est dur à accepter pour un intellectuel, pour un homme du chiffre et de l’écrit, mais c’est une réalité. Il est quasi impossible de trouver des mots ou des statistiques qui soient capables d’effacer une photo choc. Surtout quand l’image est géniale, et qu’elle pèse de tout son poids dans l’imaginaire collectif.

Jocelyn Rochat parle de deux sujets abordés dans le magazine: les Gaulois, que l’on croit connaître via Astérix (bien moins historiquement correct qu’on voudrait le croire), et le grand requin blanc, proclamé tueur d’hommes assoiffé de sang par le film Les dents de la mer. Réalise-t-il que nous sommes dans exactement la même situation avec le thème des “pièges d’internet” pour les jeunes, sujet d’un article en page 44 du même numéro. Là aussi, d’ailleurs, Allez Savoir! fait un assez bon travail de remise à l’heure des pendules, même si l’on pourrait à mon avis encore appuyer un peu plus fort.

Tout ça pour vous dire que maintenant, fin 2009, contrairement à il y a quelques années quand j’ai commencé à donner des conférences sur le sujet dans les écoles de Vaud et d’ailleurs, il commence à y avoir un sacré paquet de recherche académique sur le sujet. Grâce à internet, elle est à porté de souris et d’écran — il suffit de s’y plonger. Si l’on veut prendre des décisions fondées et faire de la prévention efficace, il est indispensable de comprendre correctement comment les jeunes utilisent internet et quels sont les risques réels qu’ils courent (pas juste ceux de nos fantasmes, colportés par les médias grand public à coups d’anecdotes frappantes mais… anecdotiques).

Quelques points de départ, donc (et oui, désolée, faut se taper l’anglais, pour la recherche académique — et la plupart des liens vont télécharger des PDF):

Quant à moi, je vais me remettre à ma lecture!

Chroniques du monde connecté pour Les Quotidiennes [fr]

[en] I'm now writing a column for Les Quotidiennes, a local online publication. The first one is up: E-mail, quand tu nous tiens.

Ça y est! Ma première chronique pour Les Quotidiennes, intitulée “E-mail, quand tu nous tiens“, est en ligne. J’y écrirai désormais chaque semaine les “Chroniques du monde connecté“, un coup d’œil humaniste dans l’univers technophile des gens ultra-connectés (nous!!)

E-mail, quand tu nous tiens | Les Quotidiennes C’est un peu plus “grand public” que ce blog — et j’avoue que j’ai quand même pas mal réfléchi au sens que ça pouvait avoir d’écrire ailleurs qu’ici: eh bien, simplement, toucher un autre public, dans un autre contexte. On verra ce que ça va donner, en tous cas j’ai plein d’idées pour les semaines à venir et je me réjouis beaucoup!

Et une fois que vous avez fini de lire mon article, filez vous délecter de ceux de mes co-chroniqueurs!

E-mail, quand tu nous tiens [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

L’e-mail, c’est proprement merveilleux, sauf quand on est noyé dedans. Pourtant, il existe un certain nombre de choses assez simples que l’on peut faire pour sortir la tête de l’eau. Beaucoup sont ceux qui en connaissent au moins certaines, bien moins nombreux ceux qui les appliquent: désactiver les notifications automatiques d’arrivée d’e-mail, utiliser des filtres, mettre des répondeurs automatiques, encourager ses interlocuteurs à employer d’autres moyens de communication, par exemple.

Le cauchemar de l’e-mail est à deux dimensions:

  1. la consultation compulsive
  2. la masse d’informations à traiter.

Eviter la noyade est rendu d’autant plus difficile que beaucoup d’institutions (et les individus qui les peuplent) souffrent d’une compréhension très naïve de certains mécanismes liés à l’utilisation de l’e-mail.

Saviez-vous par exemple:

  • qu’en cédant à la tyrannie de la réponse immédiate, on encourage ses correspondants à compter dessus?
  • qu’à chaque interruption, il faut une bonne minute pour reprendre le train de ses pensées, et bien plus pour se replonger dans ce que l’on faisait?
  • que tout programme e-mail est muni d’un moteur de recherche dont l’utilisation rend inutile une grande partie du temps consacré à trier ou archiver ses messages?
  • que la compulsion à vérifier sans cesse son e-mail est motivée par un système (implicite) de récompenses aléatoires — méthode que l’on utilise dans le dressage des animaux?
  • que dans de nombreuses situations, l’e-mail peut (et devrait!) être avantageusement remplacé par d’autres technologies privilégiant les échanges dans des espaces partagés, plutôt que privés comme la boîte e-mail: forums, messagerie instantanée, blogs, wikis…?

J’avoue être sans cesse ébahie qu’à l’heure où l’e-mail joue un rôle aussi central dans nos vies professionnelles, on attend de tout un chacun qu’il ait la science infuse et sache se débrouiller pour être efficace avec cet outil pourtant complexe et délicat à manier. Je ne parle bien entendu pas ici de technologie, mais de culture. Comme avec presque tout ce qui touche de près ou de loin à internet, c’est en effet là que ça coince.

Si vous ne deviez faire qu’une seule chose? Si votre ordinateur vous alerte (son, message) de l’arrivée de chaque nouvel e-mail… désactivez cette notification!

Vous lisez l’anglais et désirez approfondir le sujet?

Social Media Survival Kit [en]

[fr] Deux règles très simples pour survivre à l'ère des médias sociaux.

  1. You do not have to read everything.
  2. If you feel bad about missing stuff, apply rule one. This goes for e-mails, too.

Basic Bilingual 0.4 [en]

[fr] Mon plugin bilingue vient enfin d'être mis à jour: version 0.4 à disposition, par les bons soins de Luca!

Another long-overdue update of my Basic Bilingual plugin (which, as you can see by following the link, now has its own page here, in addition to the page in the WordPress plugin repository).

Luca Palli e-mailed me a few months ago saying he had upgraded the admin code to make it compatible with WordPress 2.8. I’m happy to let you know that you can now drag the language and other excerpt fields to more convenient places in your post and page editing screens.

Basic Bilingual with new editing screen, thanks Luca!

Luca also added an options screen, and I have hope that I (or somebody) will at some point manage to write the code to set the languages through the options screen rather than by editing the plugin, as we have to do now (it’s pretty simple editing, though).

So, thanks a lot, Luca.

Thanks too to the “how to use Subversion” page on the WordPress extend site, as it saved my life once again. I update my plugins so infrequently that I completely forget how to use svn in between.

As always, back up your data regularly, and if you bump into any problems, let me know. If you want to contribute code, as you can see, you’re more than welcome!

"Have-to" Posts and "Want-to" Posts [en]

[fr] Quand je blogue, il y a les articles que je "dois" écrire, souvent de nature informative: annoncer des événements, par exemple. Il y a également les articles que je "veux" écrire, où je partage des réflexions, des idées, ou des choses sympas.

I was about to blog about something else when I realised one thing that is bothering me about this whole “blogging more” theme that I’ve been talking (and thinking) about a lot over the last year (or is it years, actually?)

Blogging, for me, is divided into “have-to” posts which I write to inform my readers of something, and “want-to” posts which I write because I’m thinking about something or what to share something cool I’ve done or seen.

Informative blog posts are the part of blogging which really feels like work. For example, telling you that eclau is one year old, that you can listen to me on the radio (again!), that the blogger accreditation form is open (it’s closed now, sorry) — and also most of the stuff I publish on the Bloggy Friday blog, the eclau blog, the Coworking Léman blog, and used to write on the Going Solo blog.

It’s like creating facebook events and groups, sending messages to mailing-lists, promoting happenings and projects, my stuff or other people’s stuff, left, right, and centre.

It’s work. Nice work, but clearly, work. And most of the time, it’s time-sensitive, so at one point it gets this “have to do it now” or “oops I’ll be in trouble if I don’t do it” flavour (which is probably what makes it feel like work). These are the “have-to” posts.

Given what my job is, the other kind of blogging I do (the “thinking” posts, or the “sharing” ones) is of course also part of my work. But it feels more optional. There are no real time constraints. It doesn’t feel like work. This is the kind of blogging that (I think) I became known for, and that I prefer. These are the posts that I want to write more of. Like musings on the evolution of the web social sphere, a 50-word story titled “Love”, giving 80% for free as a marketing model, or talking about new toys I’m discovering like a bunch of Twitter tools, Fluid and Prism, or Google Wave. These are the “want-to” posts.

Confusing the two, or not making the distinction, has led me to be frustrated with my blogging at times: if what I feel I want to do more of is “want-to” posts, and I spend half a day writing “have-to” posts, then of course I won’t really feel like I’ve been “blogging more”. My “have-to” posts also tend to get in the way of my “want-to” posts, because if I keep a list of things I want (need?) to blog about (in my head or elsewhere) I have not, until now, separated the two types of posts.

So from now on, “have-to” posts will go on my next-actions-todo list, and “want-to” posts will go on my “things I want to write about” list. We’ll see if understanding this changes anything.