Stephanie's October Conference Tour: SHiFT [en]

[fr] La conférence SHiFT a lieu du 15 au 17 octobre à Lisbonne. J'y parlerai des conférences que je donne depuis bientôt quatre ans dans les écoles. Il est encore possible de s'inscrire pour assister à la conférence, faites vite!

Well, here we are. I should have blogged about this long ago, but without getting into the details of these past weeks, it’s been kinda… busy here lately.

October is conference month in Stephanie-land. I leave on Tuesday. Let’s see what we have in store. First conference:

SHiFT, 15-17 October 2008, Lisbon

SHiFT - Social and Human Ideas For Technology I was present at the first edition of SHiFT in 2006, and really liked this Reboot– and LIFT-inspired event. Smaller scale than both of them, SHiFT is set in beautiful Lisbon and has a very nice atmosphere. I heard some great talks and met some incredible people in 2006, and I’m looking forward to more this year.

I’m really excited that I’ve been invited to speak, and will for the first time cover and comment on the work I’ve been doing in schools for nearly four years in schools, raising awareness about digital media issues with teenagers, teachers, and parents, in “What do teenagers, teachers, and parents need to understand“.

Even if you don’t work with teenagers or in a school setting, and don’t have any teenage children, I think you’ll find my talk interesting. I would really like to encourage you to attend. I’m saying this because I’ll be talking about what feels to me like my most meaningful work, and I want to share it. The thinking and issues behind it go way beyond educational settings, as I explain in my recent comments following a radio show about Facebook in Swiss companies, and the complete ignorance of what may seem basic digital media awareness in those environments — both on the part of employees and company management.

I’m not danah or Anastasia and my book project is on hold ;-), but I’ve learnt over the years that though it may not have seemed extraordinary to me at first, I have acquired some valuable insights about online behaviours of both adults and teenagers, and I’m really happy to have a chance to share them with my digitally clued-in peers.

If you hadn’t planned to attend SHiFT, hurry up and register. It’s last-minute but it’s still possible. EasyJet and TAP flights will take you to Lisbon from most places in Europe.

Looking forward to seeing you there!

Que de sites (ou blogs)! [fr]

[en] Starting to list sites I made for clients.

Il faudra que je vous parle de la soirée networking à laquelle je suis allée mardi passé. C’est tous les mardis à Lausanne (entre autres), à 18h au Nomade. J’y retournerai. Population très différente des gens “hyperconnectés” que j’ai l’habitude de fréquenter. Rafraichissant (“un blog, ce n’est pas un site” ou encore “les blogs n’ont pas leur place dans le business” et aussi “envoie-moi la liste des séries TV que tu veux, et je te dis quand on les reçoit”).

Un pas que j’ai fait dans la direction des gens d’ici, parce qu’une bonne partie de mon business est ici (je pense à votrecommerce.ch et services dérivés — bientôt des vrais flyers faits par une vraie graphiste, d’ailleurs!) mais je ne suis en fait pas très connectée hors de mon milieu internautique.

Et comme ma mission c’est d’aider les gens à mieux comprendre internet, eh bien, mes clients sont plutôt offline que online.

Je me disais l’autre jour qu’il faudrait que je fasse une jolie liste des sites de mes clients — ceux que j’ai aidés dans ce département-là, donc. Il y a pas mal de sites/blogs tournant sur WordPress qui me doivent leur existance, si je me mets à compter (et je vais laisser de côté les blogs purement personnels d’amis et famille, dans cette histoire).

Il est tard, j’ai fait de la relecture de livre sur WordPress (oui, en français) toute la journée, je me dis que je devrais faire des e-books sur le sujet, je devrais dormir (je suis raide raide raide) mais j’écris ce billet. Je décline toute responsabilité…

Allez, j’essaie de faire une petite liste. Je vais en oublier. Je les rajouterai plus tard. Et je mettrai peut-être cette liste ailleurs, avec saisies d’écran, même si c’est pas moi qui ai fait les designs, parce qu’un site, y’a rien à faire, c’est “le truc qu’on voit”, hein. (Purée, je suis vraiment fatiguée, je devrais pas bloguer dans cet état. Pardonnez-moi.) Il y en a des récents, il y en a des anciens. Certains sont encore en travaux. C’est tout mélangé.

J’ai oublié quelqu’un?

Et peut-être qu’il faudrait aussi que je fasse quelque part la liste de mes sites…

Facebook, employés et entreprises [fr]

[en] A radio talk show tomorrow will be devoted to facebook at the workplace. Swiss companies in general completely ignore facebook, and employees are often very naive in the way they expose personal information on their profiles. Teenagers aren't the only ones who need to learn about social media and how to use it responsibly: all newcomers make the same mistakes.

I've been giving talks on these topics in schools for a while now, and I'm looking forward to having the opportunity to do it in corporate settings too.

En tant que contributrice du Grand 8 à la Radio Suisse Romande, je reçois régulièrement (quotidiennement, probablement) un e-mail m’annonçant le sujet de l’émission du lendemain. Une ou deux fois, je suis allée laisser un commentaire (“contribuer”), mais la plupart du temps, pour être honnête, je zappe.

Pas aujourd’hui. Le titre? Entreprises: craignez facebook! Titre un peu à faire peur, certes, mais bon, le mot “Facebook” a mon attention. Je lis. C’est pertinent. Je commente.

Extrait:

Facebook, comme d’autres réseaux sociaux, fonctionne sur le partage d’information. De TOUTES les informations! On y trouve des souvenirs de vacances, des albums photos, des histoires plus ou moins salaces. On y lit les dernières aventures de nos “amis”, leurs exploits en tous genres, voire la dernière sortie avec les collègues de travail. Sans parler des groupes de discussions plus ou moins débiles auxquels on décide d’adhérer, parce qu’on y croit vraiment ou pour le fun. Du style “I hate les CFF” ou “I’m student and I work at Coop… shit”. Et pendant ce temps, que font les entreprises? Rien ou pas grand chose! D’après notre enquête réalisée auprès d’une dizaine de grandes entreprises suisses, à peine connait-on l’existence de Facebook. Pourtant, autant dire que certaines en prennent pour leur grade sur le net. Sans parler de l’image que certains employés peuvent véhiculer au travers de leur profil. Visiblement les entreprises ont une guerre de retard. Stéphane Koch parle carrément d’incompétence.

Entreprises: craignez facebook!

Comme je le dis dans mon commentaire, cette problématique n’a rien de vraiment nouveau. C’est le lot de ceux qui débarquent dans “l’internet relationnel”: on sous-estime sa visibilité, sa trouvabilité, et les conséquences que peuvent avoir nos publications sur nos vies (professionnelles par exemple). Les exemples (à ne pas suivre) abondent, mais l’éducation aux nouveaux médias manque cruellement.

L’éducation aux médias, il faut la faire non seulement dans les écoles, où je donne régulièrement des conférences pour parents, enseignants, élèves depuis bientôt 4 ans, mais également dans les entreprises.

Les personnes qui utilisent les réseaux sociaux comme Facebook pourraient vraiment bénéficier de quelques conseils avisés de la part d’une personne bien renseignée en la matière (suivez mon regard), et les personnes qui ne sont pas familiers avec, cadres ou collègues, trouveront certainement bien utile une petite “visite guidée” de ce monde aux allures parfois impénétrables.

Alors, j’attends. J’attends qu’on commence à me contacter pour que je vienne donner ce genre de conférence en entreprise. Ça viendra, parce que même si les entreprises font l’autruche, comme le montre du doigt l’annonce du Grand 8 de demain, elle ne vont pas le faire éternellement. Les premières à sortir la tête du sable seront aussi les premières à avoir l’occasion d’apprendre comment tirer parti de tous ces médias participatifs — et pas juste à en avoir peur.

Mise à jour jeudi midi: après avoir écouté l’émission (que j’ai trouvée très bien) j’ai fait quelques commentaires en vidéo que vous pouvez écouter ici.

Commentaires sur le Grand 8 de ce matin
Je n’en fais pas beaucoup usage, mais je suis une ‘contributrice’ de l’émission le Grand 8 à la Radio Suisse Romande.
Ce matin, une émission au sujet de Facebook dans les entreprises, et l’attitude un peu passive de ces dernières face à certaines publications pas toujours très malignes de leurs employés.
http://g8.rsr.ch/?p=335 et https://climbtothestars.org/archives/2008/10/08/facebook-employes-et-entreprises/
Je recommande chaudement la lecture du livre The Cluetrain Manifesto (en anglais seulement malheureusement). Voir https://climbtothestars.org/archives/2007/12/07/blogs-en-entreprise-un-peu-en-vrac/

Recommandations de lecture pour entreprises et curieux (entre autres, The Cluetrain Manifesto).

(Oui, je sais, je ne devrais pas me frotter le nez quand je fais de la vidéo, mais ça chatouillait!)

Mon article sur Twitter dans Le Temps [fr]

[en] I wrote an article about Twitter for a local newspaper. It was published on Monday, and I'm pretty happy about it!

Lundi a paru dans Le Temps Twitter, ou 140 caractères pour raconter sa vie, article écrit par bibi et dont je suis assez contente.

Twitter, ou 140 caractères pour raconter sa vie

J’ai écrit plusieurs articles sur Twitter ici, dès début 2007:

(Il y en a une pile en anglais, mais je ne vais pas tout lister ici — vous pouvez faire vos propres fouilles…)

Il était temps que quelque chose paraisse sur papier.

C’est de la faute à Suw, qui m’a dit il y a quelques temps qu’une de ses décisions “marketing” était de proposer plus d’articles aux médias traditionnels. Du coup, je me suis dit “tiens, moi aussi je devrais faire ça,” et je me suis lancée. Pas évident pour moi d’écrire “pour du papier” (depuis le temps, j’ai l’écriture blogueuse) — mais bon, je m’en suis sortie. J’ai bénéficié d’un bon éditeur, ce qui était pour moi une expérience quasi réparatrice. Je suis assez possessive avec mes mots, et là, j’ai eu le plaisir de relire mon article après édition sans que ce qui avait été modifié ne me frappe. “C’est quelque chose que j’aurais pu écrire,” je me suis dit. Patte discrète de l’éditeur qui a su alléger, condenser, compacter, tout ça sans trahir mon style. Merci.

J’ai eu surtout des retours positifs sur l’article (mes amis sont gentils!) et je me réjouis déjà de refaire la pigiste une fois que mon rythme de vie (la folie depuis 3 semaines) aura un peu ralenti. Des suggestions?

Pour me trouver sur Twitter: je suis @stephtara.

Blogger Accreditations for LeWeb Paris [en]

Update: the deadline for requests was 13.10.2008. The form is now closed. Thank you.

I’m pleased to announce that I am in charge of managing blogger accreditations for the conference LeWeb’08 Paris which will take place on December 9-10th.

For the fifth year running, this huge conference organised by Géraldine and Loïc Le Meur will receive 1500 participants from the business, media, and internet worlds to listen to an amazing line-up of speakers — gathered this year around the theme love. Just look at the programme to get a taste of what’s in store (listen to the video!) — plus great food, a startup competition, incredible networking, giant screens…

I went to LeWeb in 2006 for the first time, and I have to say I was blown away by what they had managed to put together. If you’ve never been to Le Web, it’s really worth experiencing. And if you have… Well, I probably don’t need to say much more.

This year, maybe you will one of the lucky ones to be invited there, as LeWeb is selecting bloggers, podcasters, and generally “electronic media people” from all over the world to cover the conference.

This selection will be based on:

  • their geographical and linguistic location (ever thought of language as an online “place”?)
  • their readership and influence
  • their motivation and the value they offer the conference by their presence
  • when they made their request (yes, there is an element of first come, first served in the selection).

Selected bloggers will be asked to display a badge on their blog upto the conference date and blog about it at least once before mid-November. They will be listed in an official blogroll on the conference site and will be given a “blogger accreditation” to attend the conference and cover it.

Send an e-mail to [email protected] (I’ll receive it) with Due to the rather large number of people applying, please fill in this form, which will ask you for information like:

  • your name
  • your URL
  • the country you live in
  • the language you will be blogging about LeWeb in
  • your Twitter username if you have one
  • if you’ve attended previous LeWeb conferences, and when
  • why we should invite you 🙂 (we know you’re great and you certainly deserve it, but what does LeWeb get out of the deal?)

Bloggers who are also journalists should apply for a regular press pass at [email protected].

Waiting to hear from you, and looking forward to seeing you at LeWeb in a couple of months!

Raide journée! [fr]

[en] A day where I ended up walking 6.5 hours by mistake (initial plan: 4-5) -- most of it steep uphill or steep downhill. Glad to be back at the chalet.

Raide, c’est le thème de cette journée. Raide, comme la montée sur Bovonne depuis Les Pars. Raide également, la descente sur Les Plans-sur-Bex. Raides, mes jambes à l’arrivée, après passé six heures et demie de marche. Raide enfin, la batterie de mon téléphone mobile, qui m’indique d’abord qu’elle est vide, avant de se la jouer “quasi pleine” une heure ou deux plus tard lorsque je rallume le téléphone que j’avais soigneusement éteint.

J’ai fini mon livre. J’ai fini mon livre dans le jardin, au soleil, un verre de jus d’orange à la main et les Dents du Midi en face. Ça, c’est du week-end.

Pour en revenir à ma longue promenade — excursion qui achève, plutôt — je suis partie assez oisivement aux alentours de 13h30. Eh oui, j’avais envie de passer la matinée tranquille (et de finir mon bouquin). Mon dépliant de promenades et excursions dans la région indiquait bien que la montée direction Bovonne était raide, et j’aurais dû les prendre un peu plus au sérieux. Raide, dans un petit chemin de forêt. Heureusement, on rejoint la route (venant de Solalex?) après environ une heure de grimpée.

C’est joli, Bovonne. J’avais oublié à quel point. Tout d’un coup, on débouche de la forêt sur cette immense étendue verte, coiffée du massif de l’Argentine, au milieu de laquelle se trouvent quelques petits chalets, tous munis de leurs panneaux solaires.

Je décide de redescendre via Les Plans. Ça m’évite en revenant sur mes pas de prendre la descente casse-gueule dans la forêt (du moins, c’est ce que j’imagine), et mon prospectus me dit que depuis Gryon, “Bovonne – Les Plans – Gryon”, c’est 4h15. Je viens de me taper les 2h30 de montée, ça laisse 1h45 pour la descente, ça me convient bien.

J’ai bien dû me rendre à l’évidence: il doit y avoir une erreur sur le plan. C’est plutôt 4h15 depuis Bovonne, oui. D’abord, la descente sur Les Plans n’a rien d’une promenade — bonjour les sentiers casse-gueule en forêt, du genre de celui que je voulais éviter. Depuis Les Plans jusqu’à Gryon, j’ai compté une bonne heure et demie, en marchant au pas de charge (autant que je pouvais avec les km que mes jambes avaient déjà avalées).

Résulat: retour à Gryon à 20h, dans la nuit (pas encore noire), totalement raide.

Excellente excursion pour qui veut se pousser, mais oserais-je recommander plutôt un départ vers 9h du mat’, plutôt qu’une heure de l’après-midi? A bon entendeur…

A noter tout de même, mis à part le plaisir de me retrouver à Bovonne, la quantité incroyable de champignons le long du chemin. J’ai bien dû en croiser dix sortes différentes (dont une magnifique amanite tue-mouches), et j’ai bien regretté de ne pas mieux m’y connaître en champignons. S’ils avaient tous été comestibles, j’en aurais ramené de qui me faire une bonne petite fricassée de champignons ce soir!

Au détour d’un sentier durant la descente sur Les Plans, je suis tombée sur ce qui semblait être une petite plantation de cannabis. Je ne suis pas une grande spécialiste, mais ces plantes ressemblaient furieusement à du chanvre. Il y avait aussi sur le banc une collection de mousses et de lichens, vraisemblablement mis là à sécher… Hmm, un début d’histoire à inventer, peut-être?

J’ai croisé peu d’êtres humains aujourd’hui. J’ai vu beaucoup de chalets. Quelques vaches, quelques chèvres, un rapace, et des chats en rentrant (c’était l’heure des chats, visiblement, entre Les Plans et Gryon).

Demain, p’tit déj au soleil si le temps le permet, encourager le chat à faire un tour de jardin (il est méconnaissable, ici, il rechigne à sortir), puis plier bagages, ranger le chalet, et redescendre en plaine. L’esprit reposé, prête à affronter ma semaine et son lot de crises. Mais sereinement.

Lecture au soleil à 2000 mètres [fr]

[en] A first day of walking, climbing above 2000 metres to escape the clouds. With success.

Il est neuf heures du soir mais c’est comme s’il était déjà tard. J’aime la façon dont je deviens fatiguée, ici. Est-ce la marche? l’altitude? l’absence de télé et d’internet?

Pour être honnête, j’appréhendais un tout petit peu de monter toute seule au chalet. Quand j’y réfléchis, je ne suis pas bien sûre pourquoi — une vague impression de journées glauques et solitaires enfermée ici, mais que je n’arrive pas à placer précisément dans mes souvenirs. Le mot-clé est peut-être enfermé: les deux fois où je me rappelle être montée ici toute seule, c’était pour m’enfermer afin d’accomplir quelque chose (étudier, surtout), et non pas me détendre, me retrouver, faire des kilomètres de marche.

Bref, tout ça pour dire que j’ai passé une excellente journée. Au réveil, un gros nuage s’était assis sur Gryon, à tel point que je ne voyais pas beaucoup plus loin que le bout du jardin. La purée de pois s’est dissipée un instant, assez pour que je prenne espoir qu’il y ait du beau plus haut. Le train pour Bretaye étant fermé, j’ai pris la télécabine du Roc d’Orsay pour essayer de sortir des nuages. En haut, misère! Toujours la peuf.

J’ai néanmoins commencé à grimper vers le Grand Chamossaire (30 minutes, qu’ils disent, hah!) et bien m’en a pris, parce que primo, le sommet était en-dehors des nuages et deuxio, ces mêmes nuages ont décidé de gentiment commencer à se retirer.

Au sommet, j’ai pique-niqué, pris des photos, et lu un chapitre de mon livre. Je suis en train de lire The End of Mr. Y, que j’ai acheté à Leeds sur les conseils de Vince, qui était en train de le lire. Ça devient fascinant, je suis très contente de l’avoir acheté.

Se poser à 2200 mètres d’alitude pour bouquiner au soleil… Il y a pire, pour débuter un samedi après-midi!

Je suis ensuite partie pour le Petit Chamossaire, pendant que j’y étais, par la crête. Premier constat: c’est sur la crête, et parfois bien raide. Deuxième constant: mes genoux sont vraiment merdiques, et je me demande si je ne devrais pas me mettre aux bâtons de marche. La montée, le plat, et la descente douce, ça va, mais dès que c’est de la descente un peu raide… ouh là là. A méditer.

Petit Chamossaire, encore une séance de lecture, puis descente sur ce que j’ai compris être un ancien tracé de téléski (“c’est quoi, ce gros bloc de béton au milieu du pâturage?”), Lac de Bretaye dont les abords marécageux m’ont fait regretter de ne pas avoir des chaussures imperméables, mais dont les vols d’hirondelles m’ont ravie et donné l’occasion d’user un peu de pellicule numérique, puis un renard au soleil (photographié et filmé lui aussi) et une montée bien raide pour reprendre la télécabine.

Ce que j’aime ici, c’est que je prends le temps. De me lever, de déjeuner, de marcher, de cuisiner, de lire, d’écrire, de faire un feu de cheminée… Alors qu’en plaine j’ai tendance à être tout le temps dans l’urgence. Tant à faire! Ici, le nombre de choses que je peux faire est limitée. Donc c’est moins la course.

Pendant que j’étais à Villars, j’en ai profité pour prendre des photos des commerces du coin. Depuis que j’ai décidé de promouvoir activement mes talents de fabricante de sites web basiques, je suis aux aguets pour des clients potentiels. Je passe un magasin, je prends une photo. Une voiture de boîte “publicitaire”, idem. Ensuite, j’irai regarder si ces petites entreprises sont facilement trouvables sur internet, si elles ont leur propre site ou non, et en cas d’existence de site, si ce que je leur propose sera mieux.

Chalet, chat sous duvet [fr]

[en] A few words about being at the chalet alone with Bagha. I'm happy there is no internet connection there.

Me voici seule au chalet. Enfin, seule avec mon fidèle et ronronnant compagnon à quatre pattes. J’ai choisi d’écourter mon séjour, ayant deux (peut-être même trois) crises à gérer ces jours, mais j’ai refusé d’y renoncer. Un long week-end pour reprendre de l’air, du vendredi au lundi, je crois ne pas exagérer en disant que j’en ai bien besoin.

Cela fait longtemps que je ne suis pas montée ici seule. Je pourrais vérifier dans le carnet de bord du chalet, sorte de livre d’or où les visiteurs chroniquent les jours passés ici. C’était mon initiative, ce livre de bord: un “blog collaboratif hors-ligne” — et à ma surprise, tout le monde s’y est mis.

Je me souviens de deux séjours solitaires. Le premier, c’était dans une autre vie. Avant l’Inde, avant le blog, avant Bagha. J’avais découvert internet depuis quelques mois, je chattais à n’en plus dormir la nuit, j’avais peur d’être “accro”, et je suis montée quelques jours durant les (à l’époque) longues vacances universitaires de février pour faire le point. A défaut de cahier pour le chalet, c’est à cette occasion que j’ai acheté mon premier “cahier de route” (j’en suis au treize ou quatorzième) servant à la fois de journal, bloc-notes, liste de commissions.

Le deuxième, justement, c’est “celui du carnet de bord”. C’était en 2002, je préparais ma licence de philo, et j’avais besoin d’un changement d’air. Je me souviens que je lisais Paul Ricoeur devant un feu de cheminée, le chat sur les genoux, et à un moment donné, j’ai réalisé que je comprenais ce que je lisais. Vraiment. C’était une expérience de “flow” intellectuel assez intense. Peut-être que je devrais ressayer de lire Ricoeur — j’ai des tas de livres à lui dans ma bibliothèque.

Me voici donc seule au chalet, pour quelques jours de répit dans la tourmente. J’ai éteint mon téléphone, je sais à peine quelle heure il est, et demain matin je me lèverai quand je me lèverai, déjeunerai, prendrai ma douche, puis m’inquiéterai à ce moment-là de savoir ce que je fais de ma journée. Marche s’il fait beau. S’il pleut, lecture, écriture, ou piscine à Villars (puisque mon passe “indigène” m’y donne droit).

Avec les autres copropriétaires, on a évoqué la possibilité d’amener une connexion internet au chalet. J’espère que ça ne se fera pas. Je crains de ne pas réussir à me tenir à une décision qui ne serait pas soutenue par une contrainte technique: bien sûr que je pourrai continuer à monter au chalet “sans internet” — mais dans l’état actuel des choses, la décision est prise pour moi, et cela rend les choses plus simple.

Plutôt qu’une question de dépendance à internet, je pense qu’il s’agit ici plutôt d’une surcharge de décisions à prendre. J’ai déjà mentionné le livre The Paradox of Choice, qui m’a fait prendre conscience à quel point nous devons prendre un nombre toujours croissant de décisions (micro et macro) dans nos vies, à plus forte raison lorsque l’on est indépendants. N’avoir pas à décider de ne pas travailler quand je monte ici, c’est déjà des vacances. Vous voyez ce que je veux dire?

"Je fais des sites internet" [fr]

[en] I've decided to start targeting small local businesses (shops, the plumber, etc.) who do not have a web presence, and offer them a cheap-clean-simple solution to have one.

Je traverse au vert, en sortant de la Migros. Une voiture dont le conducteur a regardé un peu paresseusement les feux (il y a un machin orange clignotant, là, pour indiquer que les piétons ont aussi le vert) manque me renverser. Enfin, j’exagère un tantinet: il s’arrête un peu brusquement et me regarde comme si je n’avais rien à faire là. Je le regarde en retour, de mon regard-qui-arrête-les-autos.

Un monsieur d’un certain âge m’interpelle, et nous faisons causette sympathique en continuant notre chemin. Non, je n’étais pas au Comptoir Suisse (ou le Foutoir Suisse, comme on dit par ici — référence aux perturbations de la circulation qu’il occasionne dans le quartier). Je lui raconte d’où je viens, je lâche que je suis indépendante.

– Ah… Et vous faites quoi?

– Je fais des sites internet.

– C’est encore à la mode ces trucs-là?

(Oui, je sais, c’est site web, mais faut s’adapter au vocabulaire courant, même s’il est un peu douteux. Cf. web-deux-(point-)zéro.)

C’est la première fois de ma vie que je me décris comme ça. Il y a une année ou deux, quand le téléphone sonnait et qu’on me disait “il paraît que vous faites des sites?” je répondais, gentiment mais fermement, que je ne “faisais” pas des sites, mais que je pouvais les aider à faire le leur. Ou leur montrer comment on fait.

Entre-deux, l’épuisement du réseau direct que traversent pas mal d’indépendants à un moment donné, et crise financière accompagnée d’une bonne dose de pragmatisme: si les gens veulent un site-vitrine, cela ne sert pas à grand-chose de s’échiner à leur vendre l’idée que c’est dépassé, et qu’il leur faut un site-conversations. Même s’ils trouvent que c’est une bonne idée, hein. Mais ils n’en ressentent pas vraiment le besoin, et en plus, ça fait plus cher.

Donc, voilà, pourquoi pas. Si les gens veulent des sites pour avoir une “présence sur internet”, un site un peu “brochure sur écran”, c’est un début. Il faut bien commencer quelque part. Et ça, je peux le faire. Du coup, j’ai rapidement mis en ligne deux sites de démonstration, votrecommerce.ch et votrecabinet.ch (vous voyez quelle clientèle je compte approcher pour commencer), et pondu un petit PDF pas-beau-mais-c’est-un-début. On parle ici du degré zéro du site internet. Quelques pages, adresse, une photo ou deux, heures d’ouverture, bref descriptif. Mais c’est déjà sous WordPress, et le jour où le client voudra aller plus loin (blog, ou 50 pages supplémentaires) tout est en place.

Que je rassure mes fidèles lecteurs: je suis toujours une de ces “spécialistes-généralistes” d’internet, qui peut faire tout un tas de choses, et continue à faire tout ce qu’elle faisait. Mais des fois, pour que ça tourne, il faut un fond de commerce.

Demain, je vais toquer aux portes dans le quartier.

Après-demain, je prépare un prospectus à envoyer aux écoles de la région.

A fanatic group calling themselves the Fashion Police [en]

A fanatic group calling themselves the Fashion Police are killing young men in baggy pants: Juliet has her first serial killer to track down. The long investigation finally reveals that these murders are a cover-up orchestrated by the CIA to hide a series of gruesome and worrying executions.