Pavé à l’abri des particules fines [en]

Je profite que le programme de mon samedi soit chamboulé par les fumées de l’incendie de Thévenaz-Leduc hier soir pour écrire ici. Comme toujours quand je n’ai pas écrit régulièrement, j’ai eu depuis mon dernier article des dizaines d’idées de choses à dire et à écrire au fil du temps, certaines de passage, d’autres plus tenaces, toutes aux abonnés absents à l’instant.

Je continue mon petit train-train de convalescente avec blessure invisible. Plus le temps passe, plus c’est invisible. On oublie plus facilement un cerveau blessé d’une jambe en moins (pour prendre un exemple extrêmement visible), surtout quand la blessure en question ne se montre que rarement lors des moments de contact.

C’est toujours la même chose: à petite échelle, un heure ou deux, ou même un peu plus, je fonctionne complètement normalement à l’oeil extérieur. Mais ça s’arrête là. Le gros du problème est dans la quantité que je peux faire. Je peux faire mes courses comme avant. Mais après, je suis hors service. C’est à peu de chose près mon activité de la journée. On peut se faire un bon tél d’une heure pour papoter: mais pas à l’improviste, je dois être sûre de pouvoir me reposer avant et après, et ne pas avoir prévu grand-chose d’autre ce jour-là.

Quantité devient qualité, à un certain point: 30 minutes de balade au parc, OK. Une heure ou deux tranquille en forêt, à peu près OK aussi (mais faut pas me demander de faire quelque chose après). Petite rando en montagne? On oublie. Souper avec des copines? oui, mais c’est ma dose d’interaction pour la journée.

J’ai l’impression de ressasser. C’est déjà compliqué de réussir à prendre conscience “moi pour moi” de mes limites, de mes besoins, de ce à quoi je dois m’astreindre pour éviter “le crash”. L’expliquer à autrui, c’est un bout de plus. Et le problème c’est que même quand on explique, comme c’est une situation tellement surréaliste par rapport au vécu “normal” (et j’inclus là-dedans celui qui était le mien avant l’accident), ça n’entre pas vraiment. C’est pas une question de mauvaise volonté – c’est juste que ça n’a pas assez de sens, ça n’est pas quelque chose qu’on arrive à relier à son vécu ou qui correspond à notre expérience.

Alors on me demande si j’ai pris des vacances. On me propose d’aller boire un café. On imagine que tout doit être rentré dans l’ordre, depuis le temps. On me propose une activité pour le week-end quelques jours avant, ou alors un truc en semaine. Le pire c’est que je sais bien que ça part d’une bonne intention. Mais en fait, à la longue, c’est presque isolant. Parce que ça révèle le décalage entre ce que je vis et ce que mon entourage en perçoit et comprend. Je ne blâme personne, qu’on soit clair. C’est un phénomène normal. J’ai aussi ma part dedans: ce que je dis, ce que je ne dis pas, comment je communique. Je ne me blâme pas non plus. On fait tous au mieux, mais purée ce que c’est merdique comme situation.

Il y a quelques semaines je suis partie en week-end prolongé en France avec ma famille. Je me réjouissais. J’allais plutôt bien, nettement plus stable grâce à ce que j’avais pu commencer à mettre en place dans le cadre du programme de gestion de l’énergie en ergo. Ça a été une grosse baffe, en fait. Réussir à gérer son énergie quand on est avec des gens et qu’on ne fait pas le programme est une autre paire de manches que seule à la maison.

Un incident banal mais parlant: à l’aller, un programme qui pouvait sembler relax. 2h de voiture (comme passagère), repas de midi tranquille au restau, un dernier petit bout de route, courses, puis arrivée au gîte. Sauf que non. Après le restau j’étais complètement grillée. J’ai fait un peu la sieste dans la voiture. Au centre commercial, “impossible” de rester à attendre dans la voiture (canicule) – je ne me joins pas aux courses et je m’adresse au service client dans l’espoir de trouver un coin calme où je peux m’allonger et faire un brin de sieste durant 10-15 minutes. Au pire, je me dis, ils doivent bien avoir une infirmerie.

J’explique en quelques mots la situation, tant bien que mal – d’une part parce que c’est compliqué à expliquer, d’autre part parce que quand je suis grillée, justement, j’ai premièrement plus de mal à parler (perte de fluidité, mots qui crochent) et deuxièmement plus de peine à “fonctionner”: penser, décider, communiquer, savoir ce que je veux, résoudre des problèmes, etc. Résultat: y’a un banc là dans le passage, y’a un bar/café, et non l’infirmerie c’est pour les situations médicales et s’ils ouvrent ils doivent faire venir les pompiers/ambulanciers (on est en France). Je me suis rabattue sur le café, qui heureusement était relativement vide et calme, mais je ne me voyais quand même pas m’allonger sur la banquette après avoir bu mon jus d’orange.

Imaginons le même scénario. Si j’avais été enceinte de 7 mois et que j’avais demandé un endroit où m’allonger durant 10 minutes pour souffler avant de pouvoir reprendre mon chemin, qu’est-ce que ça aurait donné? Et si j’avais été en béquilles avec un pied en moins ou une attelle médicale impressionnante, visses, tiges et câbles visibles? Est-ce que ça aurait changé quelque chose? Pas certain mais… je ne sais pas si on m’aurait dit de marcher encore 50m pour aller voir si là-bas ils avaient quelque chose pour m’aider. Et moi, en fait, chaque fois que je me retrouve dans une situation où je dois prendre sur moi de demander/expliquer/organiser ce dont j’ai besoin, je suis la personne en béquilles qui a vraiment besoin de se poser mais qui doit encore se déplacer “là-bas” pour voir s’il y a quelque chose qui peut l’aider.

Alors je ne suis pas naïve. Je sais que même les blessures et handicaps physiques ne sont pas toujours bien pris en considération, loin de là. Mais je crois que quand ça ne se voit pas, c’est encore moins facile. Je sais aussi qu’il n’y a que moi qui puisse “savoir ce qu’il me faut”, mais le souci c’est que justement la nature de mes difficultés fait que gérer cet aspect-là représente un travail que je devrais justement éviter, d’autant plus quand je n’en peux plus. J’ai vraiment tellement souvent l’impression d’être la femme enceinte ou la personne en béquilles qui n’arrive plus à avancer, qui a vraiment besoin de s’asseoir, et à qui ont dit “l’office du tourisme est juste à 300m d’ici, va leur demander s’ils ont une chaise ou bien où sont les bancs”.

Je sais aussi que je suis une femme blanche qui parle bien – même quand mon cerveau rechigne – et que ça ouvre bien plus facilement certaines portes. Mais purée, qu’est-ce que c’est épuisant.

Histoire de ne pas faire que dans le déprimant, il y a quand même du positif. J’ai reconstruit une routine quotidienne depuis la mort d’Oscar, donc récupéré un rythme. Juju monte à l’appartement maintenant et y passer volontiers du temps, même toute la journée. Je me couche plus tôt (généralement), je me lève plus tôt et j’arrive à me mettre au travail à une heure plus “normale” – un pas important pour envisager d’augmenter mon pourcentage: je serai à 60% dès le 1er septembre. Après tout ce temps coincée à 50%, ça me remonte le moral, même si je sais que je vais devoir m’accrocher.

Côté “vie en dehors du travail”, ça reste très réduit. J’ai appris à me reposer avant d’en avoir besoin (pas toujours facile à mettre en application), donc une grande part de ma journée part dans du “repos”: sieste, petite promenade au parc, m’allonger pour écouter un peu de musique ou un podcast, regarder ma série TV le soir (j’en suis à la saison 17 de Grey’s Anatomy, en plein Covid). Je fais très attention à être régulière dans mes routines et activités domestiques, et l’application Multi-Counter m’aide énormément avec ça. J’ai des compteurs pour plein de choses, entre autres les étapes de mes routines quotidiennes, et quand je les fais, je marque un point de plus sur le compteur correspondant. C’est motivant, ça rend visible, et ça me donne un historique. J’ai attaqué sérieusement le problème de ma quantité de rendez-vous médicaux et j’ai pu diminuer un bout (et répartir autrement) ce qui décharge mes semaines. Je suis en train de faire une reprise thérapeutique au chant (je reste la première heure de la répétition et puis je rentre) depuis deux semaines, et j’aimerais mettre en place quelque chose de similaire pour le judo, mais il faut encore organiser ça.

J’ai déjà mentionné que le programme d’ergo en gestion de l’énergie m’avait été très profitable. Il mérite un article à part entière… à l’occasion. En plus des pauses et de mieux équilibrer le rythme des activités, une piste qui s’est ouverte est celle de “simplifier” des activités pour qu’elles nécessitent moins d’énergie. Les activités qui me fatiguent sont essentiellement cognitives, mais là aussi, on peut agir: en ce qui me concerne, en particulier, faire les choses moins “à fond” (pas en termes de résultat mais en termes d’investissement et de mobilisation sur le moment), et aussi identifier en amont les “dépenses inutiles” d’énergie (par exemple pour ce qui est de ma tendance à signaler des dysfonctionnements administratifs ou les prévenir).

Côté logo, j’ai des exercices pour entrainer/dynamiser mon accès au lexique, mais j’ai aussi réalisé que je suis quelqu’un qui met de façon générale un grand soin un choix des mots et des tournures, à exprimer les choses précisément et avec nuance, à anticiper les malentendus et interprétations possibles dans la conversation. C’est une qualité évidemment, mais dans le contexte actuel, une stratégie de communication coûteuse sur le plan énergétique. Quand un mot “croche” dans la conversation et que je fais l’effort de le sortir, ça me fatigue — et généralement plus je suis fatiguée, plus ça croche, et ce n’est en fait pas une bonne idée de me fatiguer encore plus en compensant. Donc là clairement, une piste que je n’avais pas anticipée, c’est de “désapprendre” ça et de m’entraîner à privilégier la fluidité à la précision dans la vie de tous les jours, et de réserver l’expression orale “coûteuse” aux situations qui le justifient. D’avoir mieux compris comment ça fonctionnait éclaire aussi pourquoi l’écrit est bien moins fatiguant: à l’écrit il n’y a pas la pression du flux de production de parole comme à l’oral. Idem pour “lire” versus “écouter”: on lit à son rythme, tandis que l’écoute, c’est au rythme de celui qui parle. (Faites-moi des messages écrits plutôt que des vocaux, SVP!)

Il reste une piste (c’est dans les trucs positifs) récemment apparue sur mon radar, et qui avait passé entre les gouttes jusqu’ici: un éventuel souci vestibulaire et/ou neurovisuel qui expliquerait pourquoi 30 minutes de balade au parc me laissent étourdie, pourquoi le déplacement me fatigue autant, pourquoi je n’arrive toujours pas à aller me promener quelques heures sans conséquences, et aussi l’apparition ponctuelle d’un mal des transports dans le train lorsque je suis à l’ordi, quelque chose qui m’était inconnu jusque-là. Je prévois un rendez-vous chez l’ORL, on va rajouter du mouvement dans mon entrainement neurovisuel, et voir où ça nous mène. La reprise du sport reste une priorité (avec coaching) mais c’est vrai que c’est compliqué si une simple marche de deux heures est incompatible avec une journée de travail. Je vais aussi être référée en médecine intégrative d’ici quelques mois. A suivre.

Globalement le moral va, même si je fatigue. Je dis toujours ça, c’est toujours vrai, c’est toujours un peu pire. La frustration d’être limitée à si peu d’activité ne s’arrange pas avec le temps. La crainte de ne pas réussir à récupérer “à temps” (administrativement) ma capacité de travail augmente. D’être durablement limitée aussi. Bon, on est déjà dans le durable. Mais on se comprend. Le fait que je sois en train de travailler est très positif, car il semblerait que les cas de réelle chronicisation se retrouvent surtout chez des personnes qui n’arrivent pas du tout à reprendre le travail. Mais il n’y a pas que le travail dans la vie. Est-ce que je vais pouvoir faire des randonnées d’une journée? Quand est-ce que je pourrai imaginer repartir en voyage pour mes vacances? Actuellement, un week-end de trois jours c’est en fait pas possible: deux semaines pour reprendre à peu près pied. Je dois continuer à “prendre congé” au travail chaque fois que je veux pouvoir faire un peu plus que mon pas grand-chose habituel, sinon c’est la galère. Mais “ça va”. Je prends mon mal en patience, même si ma patience a un peu plus mal qu’avant.

En dehors de ma santé, sur mon radar: la canicule bien sûr, comme tout le monde, je pense que cet été n’aura laissé personne la tête dans le sable. Prévoir de m’équiper en ventilateurs (de plafond idéalement, il y a des modèles compacts à pales protégées qui sont compatibles avec nos hauteurs de plafond “normales” de 2m30) et en clim (mini-split mobile peut-être) cet hiver. L’incendie actuel me motive aussi à regarder du côté des purificateurs d’air et appareils de mesure.

Avec la chaleur, j’ai commencé (l’an dernier déjà) à m’intéresser aux plantes succulentes. J’ai une petite colonie de sempervivums qui se portent bien, et j’ai aussi fait un petit achat compulsif de succulentes diverses (2.95CHF/pièce) à la Migros il y a quelques semaines. Ce sera l’occasion (quand j’aurai l’énergie) de créer un joli arrangement.

La chaleur me fait aussi méditer sur ma garde-robe: c’est une remarque en passant d’une connaissance qui a attiré mon attention. Ça fait un moment déjà qu’on n’a plus vraiment d’entre-saisons. Le climat change, et avec lui, certaines catégories d’habits dans nos armoires n’ont plus tellement de raison d’être. Manteau léger, vous avez porté ça quand, vous, pour la dernière fois? Soit on a froid et c’est pulls, polaires, et gros manteau, soit il fait chaud et c’est “le moins de tissu possible” (sauf si on sort, et là je suis en train de me dire que certains de mes habits indiens amples, légers et couvrants ne sont peut-être pas un mauvais calcul; surtout si le moustique tigre continue à s’installer). Donc un jour, dans mon chapitre “continuer à ranger/aménager mon chez moi”, quand j’attaquerai l’armoire, il y aura ça à prendre en compte: ce vêtement est-il encore adapté au nouveau climat suisse.

J’ai levé le pied sur mes explorations de l’intelligence artificielle, temporairement. L’assistant IA que j’ai installé est en développement très actif, il y a eu de gros gros changements, du côté des modèles aussi, et honnêtement ça bouge tellement vite et je n’ai pas assez d’énergie à dispo pour suivre le rythme, donc j’attends que ça mûrisse, j’ai réduit mon abonnement, mis certains de mes projets sur pause, et je suis à nouveau comme tout le monde en mode “chatbot IA”.

Numérique toujours, j’ai migré le site de l’eclau vers WordPress histoire de ne pas payer l’abonnement devenu exorbitant de Squarespace. Le layout est tout cassé, il y a du contenu à mettre à jour, mais j’ai pu profiter de ma familiariser avec les “bloc themes” de WordPress et je suis conquise. Mais voilà, peu de bande passante, ça reste en chantier.

Ça c’est un de mes gros apprentissages post-accident: même quand tout va bien, on ne peut pas répondre à tous les “faudrait” de la vie. On fait l’impasse sur certaines choses. Certains font l’impasse sur prévoir leur retraite à temps ou gérer leurs finances. D’autres sur leur santé. D’autres encore, sur leur vie sociale ou leurs relations ou leurs loisirs, sur la culture, sur contrôler ses remboursements d’assurance maladie, sur faire réparer la lanière du store qui a cassé, faire les services pour sa voiture, aller chez le dentiste, faire du sport, avoir des plantes ou des animaux domestiques. Bref, l’art de faire l’impasse sur des choses “qu’on devrait” faire (je ne parle même pas de “ce qu’on voudrait” faire), c’est ça la vie. Donc j’apprends à faire l’impasse, et à accepter que c’est un élément essentiel et inévitable de la vie. Savoir que “on peut pas tout faire”, comme on dit toujours, c’est tout à fait autre chose. Quand on dit ça, c’est genre, n’aie pas les yeux plus gros que le ventre, tu peux pas faire tout ce que tu as envie de faire. C’est souvent un peu moralisateur. Moi je ne parle pas de ça, là. Je parle du fait que ce que notre culture nous “vend” comme “ce qu’il faut faire dans la vie”, pour juste gérer sa vie de façon responsable, vivre bien, c’est juste pas possible. La culture et le système administratif dans lesquels on évolue font semblant que c’est possible. Mais ça ne l’est pas.

Et quand on se retrouve avec une capacité de faire qui n’atteint pas le 50% de son “normal”, que ce soit suite à un accident ou à une maladie ou autre aléa de la vie, eh bien on fait encore plus l’impasse sur encore plus de trucs. Je n’aime pas ça. Ça va contre ma nature. Mais il y a un moment où il faut arrêter de se voiler la face. C’est indispensable.

Donc le site de l’eclau est cassé, et c’est très con car l’eclau a besoin de nouveaux membres, mais juste là, je fais l’impasse, parce que maintenir ma santé (physique et mentale) au-dessus de la ligne de flottaison pour ne pas compromettre ma reprise du travail ou mes perspectives à long terme, c’est la priorité absolue. Donc si vous connaissez des personnes cool, qui aiment les chats, les plantes vertes et les puzzles et qui voudraient télétravailler (ou travailler tout court) à l’eclau un jour ou plus par semaine, envoyez-les-moi.

A part ça, parlant de l’eclau: on y hébergera début octobre trois après-midis “ateliers créatifs” de création de bijoux origami. C’est la belle-fille d’une voisine qui fait ça: inspiration artisanat, couture et Japon, faites un saut pour regarder ce qu’elle fait, je trouve vraiment très chouette (et elle est super sympa, un jolie rencontre). Elle est sur instagram aussi, évidemment. Donc si ça vous dit de prendre une petite après-midi pour faire un truc que vous ne faites pas d’habitude, ambiance cosy en petit groupe, inscrivez-vous. Je serai par là (je vais très certainement aussi prendre part à un atelier, histoire de faire ce que je dis) et ça me fera plaisir de vous croiser. Ou parlez-en à vos connaissances! Mon but c’est aussi simplement que l’eclau vive et serve, et ce genre d’activité colle parfaitement au lieu.

J’avance toujours, à pas de limace, sur la migration de la communauté Diabète Félin vers Discourse. Ça prend gentiment forme, mais à nouveau, j’aurais besoin de pouvoir dégager tellement plus de temps que ce qui est possible juste là pour que ça ne stagne pas. Mais j’ai la chance d’avoir une aide ultra efficace qui s’est attaquée à copier, mettre en forme (et même mettre à jour) toute notre documentation sur le diabète félin, donc c’est quasi fonctionnel – mais comme avec le site de l’eclau, c’est encore plein de chenit qu’il faudrait régler.

Au travail, je suis (presque) en train de me réconcilier avec Powerpoint. Je déteste toujours autant le fait qu’on utilise cet outil à toutes les sauces, mais je fais le constat qu’il y a quelque chose d’utile dans la démarche consistant à “distiller” un point spécifique d’une idée complexe dans une slide ou deux. Pas en tant que véhicule primaire de l’information, mais en tant que synthèse, rappel, pense-bête ou “légitimation” de ce qui a été développé au cours de discussions ou dans d’autres contextes. C’est vrai qu’on a besoin “d’ancrer” des idées nouvelles sur quelque chose d’un peu tangible. Dans ce sens, ça rejoint la popularité des carrousels sur les réseaux. Moi, à la base, je suis quelqu’un qui s’étale. La synthèse n’est pas mon fort. J’écris des tartines, je fais des vidéos dans lesquelles je donne une conférence de 40 minutes sans notes et sans préparation, et il y a des gens qui aiment ça, mais je sais bien que côté communication, ce n’est pas très percutant ou efficace.

J’ai conscience depuis des années que dans ce que je produis, il y a deux courants: il y a ce que je produis en tant qu’expression, comme cet article. J’ai besoin de dire ou écrire. Le processus de production a une utilité pour moi, et tant mieux si le résultat présente un intérêt pour autrui. Evidemment que je suis contente si on me lit ou si on écoute mes vidéos. Mais il y a l’autre courant, celui où c’est important pour moi de faire passer un message, au-delà de mon témoignage ou de mon histoire racontée. Je veux activement avoir une influence sur ce que pensent, savent, ou croient les gens. C’est le cas au travail, où mon job consiste à amener/accompagner du changement, au sens large, et aussi dans mon investissement autour du diabète félin, où on souhaite que les gens puissent apprendre de façon efficace, devenir autonomes, faire les bonnes choses pour soigner leur chat. Il y a aussi, ici et là, d’autres sujet qui me tiennent à coeur. Et dans ce deuxième courant, la longue tartine ou la vidéo interminable va perdre d’entrée la grande majorité des gens que je souhaiterais toucher. Donc, plus concis, plus visuel. Je vais d’ailleurs suivre une formation en animation visuelle dans quelques semaines. Tout ça mijote depuis des mois, même des années, mais se rejoint aujourd’hui.

Parlant de visuel, j’ai “hérité” récemment de deux bons appareils photos, avec lesquels j’ai commencé à m’amuser lors de mes sorties. J’adore prendre des photos. En tâche de fond, je réfléchis toujours à quoi en faire, comment les mettre en valeur. Ça viendra. Déjà, j’ai découvert qu’on pouvait faire des impressions facilement à l’automate de la Migros ou d’Interdiscount, donc ça va mettre quelque chose en route, je pense. J’ai aussi envie d’investir (grand mot, acquérir est peut-être plus adéquat) dans un micro potable pour la prise de son sur mon iPhone — justement, plus de vidéo, peut-être même de l’audio. Je pensais l’autre jour à un enregistrement blabla un peu sympa pour accompagner la personne dans une pause. Le nombre de gens à qui je parle de pauses, depuis mon programme d’ergo, et qui m’avouent qu’eux aussi (comme moi, moi avant, moi maintenant) ils ont beau savoir qu’il faut faire des pauses, ils “arrivent pas”, sans compter l’hyperactivité mentale qui vient s’en mêler et qui fait que même quand on a réussi à s’arracher à ce qu’on faisait pour “se mettre en pause”, il faut encore que le cerveau accepte de ne plus turbiner, de ne pas passer la pause à vérifier des e-mails, scroller sur les réseaux ou regarder des vidéos. Une astuce que j’ai trouvée, c’est d’écouter de la musique. “Une pause de quatre chansons.” C’est déjà ça. Et je me suis dit, ce serait cool un enregistrement calme, sympa et peut-être un peu hypnotique pour “une pause de 12 minutes”. Evidemment, je suis inspirée par les “podcasts pour dormir” comme Sleep With Me ou Get Sleepy, ou encore Sleepy History, qui pour moi marche mieux pour une sieste ou une pause où le sommeil n’est pas forcément le but. Ah oui c’est juste, j’avais pas assez de projets…

Il est bientôt midi et demi. J’ai faim. Le dernier article du 24heures sur l’incendie n’est pas très clair concernant les mesures de confinement et la situation côté pollution. Est-on encore coincés dedans pour éviter à nos poumons les particules fines? Vais-je aller au restau ce soir avec mes copines? Juju va-t-il pouvoir sortir? L’alerte ne semble pas levée, mais on est plutôt dans le fameux (et parfois mal avisé) “principe de précaution”, selon la mise à jour récente de la RTS. Alors on va garder les fenêtres fermées, éviter les “sorties inutiles” (définir utile), et peut-être se la jouer style pandémie en arborant un FFP2 probablement périmé en allant au restau ce soir…

Mais dans tous les cas, je vais manger.

“Être autiste”: implicite, connotation et identité [en]

Je réfléchissais à cette question hier soir après avoir lu une partie des échanges qui “font rage” dans un coin de LinkedIn autour de “l’identité autistique“.
Il m’a semblé qu’un élément régulièrement mis de côté par les personnes argumentant « pour » la formulation « être autiste », en faisait des parallèles avec « être barbu » ou « être gaucher » c’est (encore une fois) la question de l’implicite. Au point que je me suis demandé s’il y a quelque chose du côté des caractéristiques de l’autisme à mettre en lien avec ça — la difficulté de tenir compte de l’implicite.

Qu’on le veuille ou non, tout énoncé comporte une part d’implicite. Les mots qu’on utilise ont des connotations. Comme le disait un de mes profs de linguistique, c’est comme des petits wagons qui sont accrochés au mot-locomotive et qui viennent avec quand on l’utilise. Certains mots ont plus de wagons que d’autres.

« Autisme/autiste » et « gaucher » ou « femme » sont tous des mots qu’on peut utiliser pour qualifier une personne. Mais ils n’ont pas les mêmes connotations, pas les mêmes types de « wagons ».

Le problème, à mon avis, avec « autisme comme identité » c’est que c’est une posture qui ne tient pas compte de ces wagons et par conséquent du décalage très grand entre l’intention de sens pour la personne qui dit « je suis autiste » et les associations qu’évoque ce terme chez l’écrasante majorité des personnes qui vont lire/entendre cette phrase.

On n’est pas libre d’utiliser les mots de la façon qu’on veut sans tenir compte de la signification perçue par l’autre — si ce que l’on souhaite c’est être compris.

« Autisme », c’est un mot extrêmement stigmatisant à la base. C’est un mot que tout le monde connaît et dont tout le monde pense connaître la signification. Et c’est une signification qui ne correspond pas du tout à ce que veulent exprimer beaucoup de personnes qui l’utilisent. Je comprends bien la démarche qui est de vouloir « déstigmatiser » un terme en se l’appropriant: on a un exemple avec « queer » par exemple, mais notons que le sens « stigmatisant » du mot était bien moins solidement ancré dans l’inconscient lexical qu’il ne l’est pour le mot « autiste », et qu’il y a une certaine naïveté linguistique et sociologique à penser qu’on peut reprendre ainsi le contrôle sur un mot.

Je pense, en fait, que le problème est moins dans le « je suis » que dans le « autiste ». Et que débattre sur le verbe (« être » versus « avoir ») c’est faire fausse route et vouer l’échange à l’échec, parce qu’en effet, dire « je suis xyz » n’en fait pas une question identitaire en soi — le repli identitaire peut très bien être réactif, suite aux réactions négatives à la formulation choisie pour parler de soi.

Dans ma réflexion, je cherchais d’autres mots « parallèles » qui pourraient également démontrer le phénomène que j’observe ici. Si on dit « je suis paraplégique » (un autre exemple aperçu dans les échanges), pourquoi ça ne me fait pas le même effet qu’entendre « je suis autiste »? Idem pour « je suis bipolaire », ou « je suis dyslexique »? Parce que les associations inconscientes (la connotation) sont différentes. Ce n’est pas le verbe qui fait ça. Est-ce qu’on peut donc trouver un terme qui démontre aussi cette problématique d’associations?

Le meilleur que j’ai trouvé — et qui me concerne — c’est « sourd ». Et, intéressant à noter, c’est aussi un terme autour de l’utilisation duquel émerge une problématique identitaire. Et il y a toute une série de débats terminologiques dans le « spectre » de la surdité (qu’on ne retrouve pas côté TDAH — je me demande d’ailleurs ce qu’il en est pour les handicaps de la vue?).

Déballons. Je dis que je suis malentendante. Je ne dis pas « je suis sourde ». Pourquoi? Si je dis “je suis sourde”, les gens comprennent quelque chose qui ne correspond pas à ma réalité. Pour beaucoup de monde, “sourd” ça veut dire “n’entend rien” ou au minimum “ne comprend rien”. En fait, strictement parlant, il y a différents degrés de surdité, mais le grand public a une vision beaucoup plus simpliste de tout ça. J’ai une surdité légère à moyenne congénitale (stable). J’ai fonctionné sans appareillage jusqu’à l’âge de 38 ans, fait des études, enseigné, etc. Pour la plupart des gens, je suis dans la catégorie “entend pas bien”. La nana un peu chiante à qui il faut répéter les choses, qui entend pas quand on l’appelle, qui comprend de travers, qui parle fort. Pas “sourde”, au sens où on le comprend. Donc je ne dis pas “je suis sourde” (risquant des réactions de type “hah mais t’es pas sourde, arrête de raconter n’importe quoi” – ça vous dit quelque chose, ça?) mais “je suis malentendante”. Preuve en est que si quelque chose “passe mal” pour moi quand j’entends “je suis autiste”, ce n’est pas le “je suis” qui est en cause mais ce qui vient après.

Le parallèle ne s’arrête pas là. “Sourd”, c’est stigmatisé et stigmatisant, comme terme. La surdité, contrairement à la cécité qui limite principalement le rapport à l’environnement, ça vient directement impacter le rapport à autrui – le lien social. La personne “sourde”, dans l’imaginaire populaire un peu historique, c’est “le sourd-muet”, c’est la personne qui ne parle pas, et aussi dont l’intellect est affecté (vu qu’on ne peut pas communiquer avec). On sait bien que c’est faux – tout comme on sait bien que ce à quoi on fait référence quand on parle d’autisme n’est pas à réduire aux histoires d’il y a des décennies, d’enfants non-verbaux avec déficit intellectuel enfermés dans des institutions et “coupés du monde”. Mais les mots continuent, malgré nous et malgré tout, à charrier ces petits wagons de connotations, d’implicite. On notera, concernant la surdité, l’utilisation du terme Sourd avec une majuscule pour l’identité culturelle.

Bon, ceci devait être un commentaire sur LinkedIn, ça s’est transformé en billet de blog… C’est une réflexion qui vaut ce qu’elle vaut. En résumé, voici où j’en suis:

  • l’utilisation de la formule “je suis autiste” pose d’autres problèmes que celui de la revendication identitaire – il faut en tenir compte également;
  • les débats autour de la revendication identitaire sont légitimes et importants mais s’ils se focalisent sur la formulation (“je suis xyz”), ils risquent de nous faire courir après un hareng rouge au lieu de rester dans le sujet.

Implicite [fr]

Il y a deux couches au langage. L’explicite et l’implicite. L’indice, et l’ordre. L’indice, c’est l’information que contient ce qu’on dit. L’ordre, c’est ce qui est dessous, et qui touche à la dimension relationnelle de l’acte de communication.

Quand je dis “j’ai faim”, à la surface je donne une information, mais il y a aussi une dimension qui touche ma relation avec la personne à qui je dis ça: peut-être que je lui signifie ainsi qu’elle doit faire à manger, ou m’apporter une pomme. C’est “l’ordre”.

Cet implicite, on le comprend dans le contexte de la relation à l’autre. Et on ne va pas tous “recevoir” ces implicites de la même façon. Certaines personnes vont ne pas entendre l’implicite, ou passer à côté, alors que d’autres sont sursensibles aux implicites et vont en entendre là où il n’y en avait pas.

Par exemple, la personne à qui je dirais “j’ai faim” (“j’ai faim, je vais partir manger dans quelques minutes”) mais qui comprendrait que j’attends qu’elle me prépare un petit plat (si c’est une collègue, elle pourrait trouver ma “demande” déplacée…).

C’est toujours utile de garder en tête qu’il y a ces deux couches dans ce qu’on dit, et que le relationnel se joue dans la couche la plus propice aux malentendus.

Des cours sur les chats et leur comportement [fr]

[en] An inventory of the (now numerous) courses I have followed on feline behavior. The next one is on ageing cats, in two weeks.

Note: ne ratez pas le cours le chat âgé, le 12 juillet 19-22h à Semsales, près de Châtel-St-Denis! 60.- le cours; je fais le trajet en voiture depuis Lausanne et peux prendre du monde.

Si vous aimez les chats, si cet animal vous intéresse, que vous désirez mieux comprendre votre félin, améliorer votre relation avec lui, voire résoudre des problèmes de comportement: je ne peux que vous encourager à vous intéresser à une série de cours que j’ai suivis avec grand intérêt.

Bien sûr, j’avais l’intention de faire ici des comptes-rendus à mesure, mais vous savez comme c’est. Alors je vais vous faire un petit inventaire synthétique et aussi vous signaler le prochain cours, sur le chat âgé, qui a lieu le 12 juillet 2018. Il reste encore de la place. Les cours sont donnés par le vétérinaire comportementaliste que j’avais consulté à l’époque pour les problèmes de marquage de Tounsi.

Mon amie Claire, une blogueuse bien plus rigoureuse que moi, a écrit toute une série d’articles suite à ces cours que nous avons suivis ensemble. Je vais donc sans autre forme de procès vous aiguiller sur ses articles.

  1. Le premier cours qu’on avait suivi, Entre chat et moi, était le seul donné par une autre comportementaliste. J’avais trouvé extrêmement intéressant. D’où vient le chat, côté évolution? Comment vit-il? Comment fonctionne-t-il? En gros, qu’est-ce qu’un chat? (les notes de Claire). [note: j’ai commencé à mettre ici certains des points qui m’avaient frappé, mais ce sera pour un article séparé…]
  2. Le deuxième cours portait sur les jeux, activités, et occupations du chat. C’est suite à ce cours que j’avais écrit Le chat, animal si pratique, mais qui s’ennuie “à dormir” dans nos maisons, et fait une longue vidéo live sur Facebook. Comment occuper son chat, conçu pour passer une dizaine d’heures par jour à chasser, et enfermé la plupart du temps dans une cage dorée où la nourriture est servie sur gamelle? J’en étais ressortie avec plein d’idées pratiques pour améliorer le quotidien des mes chats, même s’ils sortaient déjà, ce qui enrichit déjà largement leur environnement. Lire les comptes-rendus de Claire: partie 1 (nourriture), partie 2 (jeux et activités), partie 3 (espace).
  3. Nous avons ensuite fait un petit détour par la nutrition (générale et thérapeutique). C’était fascinant aussi! La nourriture est vite un sujet de débat “religieux” parmi les propriétaires de chats, donc c’était bien d’avoir quelques notions de base, des outils, et un peu de science à laquelle se raccrocher pour garder son esprit critique. Ce que j’ai apprécié particulièrement lors de ce cours est qu’il n’avait pas pour but de débattre si cru, croquettes, humides, ou rations maison étaient “le mieux”, mais de clarifier quels sont les besoins nutritionnels du chat et nous aider à déterminer si tel ou tel régime est équilibré. La preuve, tant Claire que moi avons trouvé ce cours intéressant: elle donne de la nourriture crue à ses chats et moi des croquettes! Voici d’ailleurs deux articles qu’elle a écrits suite à ce cours: l’alimentation du chat, introduction et les conséquences d’un déséquilibre alimentaire.
  4. Le cours sur le développement du comportement du chat, même s’il se focalise pas mal sur le chaton, était aussi utile pour comprendre comment un chat devient un chat, et ainsi mieux rentrer dans sa “logique de chat”. Comme tout le monde, j’adore les chatons, mais je fais aussi campagne pour que les gens adoptent les adultes qui se morfondent dans les refuges plutôt que de simplement craquer pour un “chaton cromignon”, et donc je n’ai pas de grande expérience (ou intérêt) côté reproduction, mise à part m’être occupée de trois orphelins il y a déjà pas mal d’années de ça. Ce cours a abordé en particulier les questions d’inné et d’acquis, le mode d’apprentissage du chat, sa socialisation (à l’espèce féline et aux autres espèces). Claire a écrit Comment se développe le comportement du chat et Le développement du chaton, partie 1 et partie 2.
  5. Nombre de problèmes comportementaux sont dûs au stress et à l’anxiété, donc c’était utile de suivre un cours sur le sujet. Comme les humains ne sont pas stressés par les mêmes choses que les chats ou les chiens, on évalue souvent mal ce qui est source de stress pour notre animal. Avoir les clés, c’est précieux. D’une part pour que notre animal se sente bien, d’autre part pour réduire certains comportements non-désirés qui sont dûs à des stress évitables.
  6. Septième cours suivi (!): la communication féline. Un inventaire très utile des différents signaux émis par le chat (sonores, visuels, olfactifs, posturaux, etc) et leur interprétation. C’est plutôt complexe, mais vraiment intéressant. Depuis, je vois les soucis que la cécité de Quintus pose dans ses (rares) interactions avec Erica, quand ils se croisent dehors. J’ai aussi découvert les différentes fractions de phéromones, l’importance d’observer des choses comme la position des oreilles ou le diamètre des pupilles vu que les odeurs et les phéromones ne nous sont pas accessibles, et on a aussi parlé de l’impact de la “socialisation forcée” chez les chats obligés à cohabiter. Claire a écrit La communication féline pour débutants suite à ce cours.
  7. Dernier cours en date, la douleur chez le chat et le chien. Là aussi, sujet hyper important vu que le chat masque sa douleur et ne s’en plaint pas, et donc que celle-ci va se manifester à travers son comportement, qu’il s’agira d’interpréter correctement. Vous imaginez que c’est un sujet qui me tenait particulièrement à coeur, avec Quintus et toute son arthrose. Mieux comprendre les éléments physiologiques de la douleur m’a permis de comprendre un peu mieux comment agissent les différents médicaments qu’on a pour agir dessus. Comme toujours, Claire a été bien plus organisée que moi et elle a publié Qu’est-ce que la douleur chez le chat? Comment la repérer? Comment la soulager?

Dans deux semaines, je me réjouis vraiment d’aller suivre le cours sur le chat âgé. Quintus a 17 ans, âgé depuis un moment, et il présente plein de problématiques de vieux chats: douleur et maladie, handicap (cécité et difficultés de mobilité), activité réduite, un peu de désorientation… Je suis déjà relativement bien équipée pour m’occuper de lui, mais je me réjouis de compléter les lacunes dans mon “éducation féline”! Cet automne, j’ai prévu de suivre le cours sur l’intelligence des chats, chiens, et autres animaux. Et je me tâte même pour aller faire un petit tour chez le chien, animal que je connais moins bien que le chat mais qu’il m’intéresse aussi de comprendre.

Faites-moi signe si vous vous inscrivez au cours du 12 juillet!

Musiciens romands: 5 ateliers de développement de carrière en 2016 [fr]

[en] A 5-evening series of career development workshops specially designed for local musicians with my friend Elisabeth Stoudmann.

Quelles clés pour continuer à faire de la musique avec plaisir et en vivre autant que possible?

Cet automne, on vous propose d’apprendre à tirer profit de la transformation de l’industrie musicale cette dernière décennie.

mains cadrées

Je commence par le plus important:

Ce printemps me reprend l’envie d’organiser des workshops. Je sais qu’Elisabeth est parfois sollicitée par les artistes qu’elle côtoie dans le cadre de son travail, et je me dis qu’il y aurait peut-être là l’opportunité de faire quelque chose ensemble.

Quelques discussions plus tard, c’est en route: nous organisons 5 ateliers en soirée pour les musiciens de notre région. En alliant nos domaines d’expertise respectifs, on met sur pied un programme de développement de carrière sur deux axes qui se rejoignent magnifiquement:

  • les spécificités du “business musical” romand en 2016
  • le rôle que les outils numériques jouent dans la “nouvelle manière” de mener une carrière musicale.

Au risque d’aller à contre-courant de ce qu’on devrait faire avec une formation sur ce thème, on veut rester résolument terre-à-terre et réalistes par rapport aux perspectives de vivre de sa musique dans nos contrées. On ne fera pas miroiter les promesses du succès interplanétaire. On s’intéressera plutôt à comment monter quelque chose de solide, même si c’est moins glamour, en s’appuyant sur la force des relations qui nous entourent, la distribution amplifiée que permet le numérique, et les nouvelles opportunités de monétisation.

Je sens que je m’envole dans des propos un peu stratosphériques, alors revenons sur terre sans attendre avec le programme de ces cinq soirées. C’est bien sûr idéal de suivre les 5, mais c’est aussi possible de se servir à la carte.

04.10: les mythes du music business

L’ancien modèle du music business perdure mais d’autres approches sont possibles, prenant souvent appui sur des outils numériques. Grâce à ce premier atelier, vous saurez à quoi vous en tenir.

Est-ce qu’un agent m’est utile? Dois-je faire une newsletter? Et les subventions? Comment est-ce que je me présente en ligne?

18.10: les nouvelles pistes

Gagner sa vie en vendant des CDs, c’est révolu. Si l’on n’est pas une superstar, comment vivre de sa musique? On parlera crowdfunding, médiation musicale, home concerts… Malgré la “crise” de la profession musicale, il y a des tas d’opportunités excitantes à développer.

01.11: clarifier son objectif de carrière

Parmi les diverses possibilités de concilier création artistique et nécessité de gagner sa vie, il faut faire des choix. Il existe des méthodes très concrètes pour clarifier ses objectifs et les atteindre. Notre intervenant Jean-Christophe Aubry, coach en performance, vous guidera pour apprendre ces techniques et les appliquer à votre carrière.

15.11: comment se rendre visible en ligne (I)

Une présence en ligne peut se gérer de façon naturelle et devenir un prolongement de la salle de concert, un espace où être en lien avec son public. Apprenez comment fonctionnent les relations et communautés en ligne, et comment vous pouvez utiliser ces outils pour que votre musique touche plus de monde.

29.11: comment se rendre visible en ligne (II)

Concrètement, je fais quoi? Cette session permettra de mettre en pratique les principes abordés dans l’atelier précédent. Il vous donnera du temps pour travailler sur votre clavier, avec notre soutien: évaluer la pertinence de l’utilisation de telle ou telle plate-forme dans votre situation, ouvrir des comptes, obtenir un retour sur votre présence existante… et poser toutes les questions que vous voulez!

On a aussi fait un magnifique flyer que vous pouvez télécharger, envoyer à vos amis, ou admirer ci-dessous en modèle réduit:

flyer musiciens_p1
flyer musiciens_p2

Vous avez des questions, vous êtes pas sûrs si c’est pour vous ou pas, ou vous voulez simplement un contact avant de vous inscrire? N’hésitez pas à nous envoyer un message ou un mail (ou même nous lancer un coup de fil!), soit à Elisabeth, soit à moi.

On se voit le 13 septembre à la Datcha?

Snapchat pour les nuls: l’essentiel pour démarrer [fr]

[en] An introduction to snapchat. Understanding chats and stories.

Snapchat est sur mon radar depuis un moment, mais je vous avoue que je ne captais vraiment pas — ressentant probablement ce que beaucoup de mes clients ressentent face à Twitter! 😉

Steph Snapcode

Le week-end dernier, j’ai eu un déclic, comme on dit, et je crois que j’ai enfin assez pigé pour vous expliquer l’intérêt de la chose. Je suis assez fan!

En très résumé:

  • c’est une application smartphone, point barre
  • ça permet de communiquer individuellement, ou de publier sur l’équivalent d’un “mur” pour tous ceux qui nous suivent (ou un sous-groupe)
  • ça mélange au même endroit texte, photo, vidéo — c’est principalement visuel
  • il y a tout un côté ludique avec des “masques” qu’on peut appliquer sur son visage, en photo ou en vidéo (je ne m’en lasse pas)
  • il n’y a pas d’archives, tout disparaît
  • l’interface n’est pas hyper intuitive…

Si vous ne l’avez pas encore fait, téléchargez snapchat sur votre mobile et créez un compte. Ça se fait directement dans l’application. Snapchat vous proposera spontanément d’ajouter les personnes parmi vos contacts qui ont déjà un compte: faites votre choix!

Regardons un peu plus en détail comment ça marche, histoire de ne pas se perdre.

La base

Quand on ouvre Snapchat, ça ressemble à ça:

Ouverture de SnapchatJ’ai deviné juste, hein? On fait bien cette tête, parce qu’on a une caméra pointée sur nous et on ne sait pas ce qui va se passer.

Avant de jouer avec la caméra (ça vient tout de suite), orientons-nous. En balayant un doigt sur l’écran, on trouve:

  • en haut, notre profil
  • à droite, les “stories” (l’équivalent du “mur” facebook)
  • à gauche, nos contacts pour la messagerie.

On peut aussi arriver sur ces écrans en touchant les icônes correspondantes, en haut au milieu, et en bas sur les côtés. Le petit “1” à droite est une notification m’indiquant qu’une nouvelle “story” (histoire) m’attend.

La caméra

Toucher le bouton prend une photo, appuyer longuement filme en vidéo, pour un temps limité. Jusque-là, rien de sorcier.

Grille de mesureAvant de prendre une photo ou une vidéo, on peut aussi appuyer “longuement” sur son visage. Un petit grillage comme celui-ci le recouvre afin de le mesurer pour l’utilisation des masques.

Vous voyez ensuite apparaître à gauche toute une ribambelle de masques. Ceux-ci changent régulièrement, on dirait. Si vous avez aimé les filtres déformants de Photo Booth dans le temps, vous allez adorer Snapchat! Amusez-vous un peu, puis filmez/photographiez-vous avec le masque que vous voulez.

Nice Tongue Smile Rainbow Feline 30s

Bref 🙂

Une fois la photo prise, de nouvelles possibilités s’ouvrent à vous, via une rangée de boutons en haut et en bas de l’écran.

Mona StephEn haut:

  • la croix, pour mettre à la poubelle votre oeuvre et revenir en arrière
  • les stickers, pour ajouter autant d’emojis que vous voulez; vous pouvez les déplacer avec un doigt, les agrandir (tirer avec deux doigts) et même les faire tourner
  • le texte, pour ajouter un commentaire; on peut aussi le déplacer avec le doigt, et changer la police en touchant à nouveau le bouton texte
  • le crayon, pour gribouiller à la main sur l’image.

En bas:

  • le minuteur, qui règle combien de secondes s’affichera la photo (ça deviendra plus clair quand j’expliquerai comment on construit son histoire)
  • la flèche vers le bas pour sauvegarder votre oeuvre sur votre téléphone
  • le cadre avec le “+” pour ajouter directement la photo à votre story
  • la flèche vers la droite qui vous permet de partager votre photo avec certains destinataires précis.

En balayant à droite et à gauche, vous avez aussi des filtres ou l’affichage d’informations comme le lieu, l’heure, la vitesse…

Essayez!

J'ai mis le paquet

Les stories (histoires)

Ça, c’est là où j’ai coincé pendant un moment. Mais une fois qu’on a compris la logique c’est assez simple. “My Story”, c’est une pile de photos de de vidéos, qu’on voit à la suite. Une montage qui se fait automatiquement: chaque fois qu’on ajoute quelque chose à “My Story”, ça vient se mettre en fin de vidéo.

Snapchat StoriesEt si on regarde une story, ce qu’on voit c’est une suite de moments peut-être un peu hétéroclites, mais dans l’ordre chronologique. C’est sur ça que j’ai bloqué au début: je pensais qu’il fallait expressément faire son propre montage, et je ne trouvais pas comment. Eh bien non, ça se fait tout seul!

Seules les dernières 24 heures d’une story donnée sont visibles. Ce qui est plus ancien est perdu à jamais!

Les stories qu’on n’a pas encore vues en entier se trouvent sous “Recent Updates”. S’il y en a plusieurs, Snapchat va nous les montrer à la suite quand on lance la première. Si on veut aller voir la story entière de quelqu’un en particulier, on va dans “All Stories”. Pour accélérer le défilement, il suffit de toucher l’écran et on passe au plan suivant.

Profil SnapchatOn peut sauvegarder sa propre story, sous forme d’une vidéo unique, mais pas celles des autres.

Donc, pour faire sa story, on enregistre une photo ou une vidéo, et on la rajoute sur la pile. On peut choisir dans les paramètres (écran de profil, en haut quand vous êtes sur la caméra d’accueil de l’app, roue dentée à droite) si notre story n’est visible qu’aux personnes que l’on suite (nos “amis”), à tout le monde, ou bien à un groupe restreint de personnes.

La messagerie (le chat)

Dans la messagerie (à gauche de l’écran principal, glisser encore vers la gauche sur le nom d’un contact pour ouvrir l’écran de conversation) on retrouve “l’appareil photo” décrit ci-dessus. Il est aussi possible de:

  • partager des photos depuis la pellicule de son téléphone
  • lancer une conversation vidéo ou audio, et basculer sans interruption de l’une à l’autre
  • écrire du texte 🙂
  • partager des stickers divers et variés
  • envoyer une courte séquence vidéo en appuyant longuement sur le bouton “appel vidéo” (attention ça part tout seul, une fois lancé rien ne l’arrête, faites vos expériences avec quelqu’un de confiance ;-))

Ce qui est intéressant:

  • dès que vous quittez la fenêtre de conversation, tous les messages disparaissent (bonjour la perte de contexte si on laisse des messages hors-ligne, pensez-y)
  • les captures d’écran sont possibles mais visibles, l’autre est donc informé
  • on peut vraiment mélanger texte, images, vidéo dans une même conversation
  • en appuyant longuement sur un élément de la conversation, on peut le sauvegarder (il ne disparaîtra donc pas à fermeture de la conversation)

Snap Chat 1 Snap Chat 2

Le snapcode

Pour suivre quelqu’un dans snapchat, il faut soit son nom d’utilisateur, soit son numéro de téléphone, soit son adresse e-mail soit… son snapcode.

Le snapcode c’est un peu comme un QR code spécial-snapchat. C’est le carré jaune avec les petits points et le fantôme au milieu. Si vous vous demandiez, comme moi, pourquoi certaines personnes utilisent ça comme photo de profil facebook, voilà pourquoi.

Il suffit de pointer l’appareil photo snapchat sur le snapcode, et d’appuyer (longuement) sur l’écran. Essayez avec le mien dans cet article!

La confidentialité

Une des raisons pour lesquelles on a (en tous cas au début) beaucoup parlé de snapchat, c’est parce qu’il n’y a pas d’archives. C’est l’application qui “ne laisse pas de traces”.

Alors, s’il est vrai qu’il n’y a effectivement pas d’archives, il ne faut pas non plus se lâcher complètement. Il y a toujours moyen d’enregistrer ce qui passe sur un écran, de faire des saisies d’écran, etc.

Attention quand même!

En conclusion

Je n’ai pas été exhaustive (je n’ai pas parlé de Discover, j’ai perso pas croché, en tous cas pour le moment) et je suis en train de faire mes premiers pas sur snapchat, mais j’espère que ce petit tour d’horizon vous donnera l’envie et le courage de vous lancer.

Je trouve très très sympa pour communiquer “au quotidien” avec les gens que je connais (c’est fait pour ça). C’est vraiment pratique de pouvoir balancer un morceau de vidéo quand on discute, plutôt que d’être coincé dans le texte.

J’aime beaucoup les masques, vraiment, et le fait qu’ils changent me donne vraiment envie de garder un oeil dessus afin de ne pas en rater des sympas (c’est le but, je pense).

Les stories ont vraiment été une découverte pour moi, car je suis quelqu’un qui communique en premier lieu par écrit. Avoir un outil qui m’oblige à le faire en vidéos et en images, ça ouvre des horizons que je me réjouis d’explorer (un peu le sentiment que j’avais eu avec Periscope, que je n’ai pas réutilisé depuis l’Inde, tiens… peut-être parce que ça bugait un peu trop à mon goût, et que le workflow pour récupérer les vidéos était laborieux).

S’il y a des coins encore brumeux n’hésitez pas à poser des questions en commentaire ou… à me trouver sur snapchat, si on se connaît!

Never Mind, It’s Not Important [en]

As the founding editor of Phonak’s community blog “Open Ears” (now part of “Hearing Like Me“) I contributed a series of articles on hearing loss between 2014 and 2015. Here they are.

You’ve read articles about this, right? How we the hearing less don’t appreciate being told “never mind” or “it’s not important” when we’re asking for something we didn’t understand to be repeated.

Since I started wearing hearing aids, I’ve had a few years to reflect on the impact growing up hearing less, first undiagnosed, then underestimated. When I see what a hard time adults sometimes have adjusting their communication habits to my ears, and that I still sometimes fake it despite my fancy cutting-edge hearing aids, I can only imagine what an impact this had on my relationships and ability to socialise as a child.

Some years ago I met up with a few girls I was in kindergarten with. It was really fun to meet them as adults, and we got on great, although we weren’t all exactly friends when we were in school together. I saw them as the “popular” girls and they didn’t seem to be very interested in me. As I was mentioning that, one of them remarked that it wasn’t they didn’t like me, but that I didn’t really speak to them or answer when they spoke to me.

never-mind-it-s-not-important

Shyness? I was shy. But now, I’m thinking I probably didn’t even hear or understand them. And, as another said, “we were five years old”.

What I’m getting at is that when you don’t hear as well as most of the people around you, you are automatically left out to some extent. You don’t have access to the same sound information as everybody else. You miss things. You misunderstand things. And when you are a child or a teenager, you will be mostly dealing with human beings who are probably not very good at taking that into account.

For many years I blamed my social difficulties as a child on being “awkward”, or not socially skilled, or not likeable, or whatnot. So yes, maybe I was a smart nerdy awkward kid, but the more I think of it, the more I’m convinced that my hearing loss played some role in there.

I’m dragging you into my childhood because I think that for those of us who grew up with hearing loss, “never mind” and other “it’s not important” responses hit right upon this sore spot of being left out. For those who lost hearing later in life, it probably hits a slightly different button, the one about losing an ability you had in the past, and not being able to function socially as you used to anymore.

There is something dismissive and patronising in “never mind”. The words being said were words I was expected to hear and understand, that others around heard and understood. They were uttered and audible-to-normal-ears, and as such made available to the hearer for an executive decision about their importance. If it really weren’t important, you wouldn’t have said it, right? And, as I like to point out to people who dismiss social media as “useless chatter”, these seemingly random and unimportant exchanges are the very ones which draw people together and create relationships.

What “never mind” says is “it is not worth the effort to give you access to this information that other people have”. It is not worth including you. And yes, I get it. You might think it’s not worth the effort.

But to me, it means a lot to feel included, to feel that I am worth the effort. Even if it’s just to get confirmation that indeed, it was nothing important.

At least I get to make that call.

Eyes And Ears: So Different? [en]

As the founding editor of Phonak’s community blog “Open Ears” (now part of “Hearing Like Me“) I contributed a series of articles on hearing loss between 2014 and 2015. Here they are.

Since I started spending so much time thinking about hearing loss and hearing technology, one of the things I’ve obviously been thinking about it social stigma related to hearing loss. Stigma is immediately cited as the reason people wait so long to get fitted, and the reason for which “invisible” is a great quality for a hearing aid. (Not everybody agrees, though.)

Corinne with glasses
Photo credit: Corinne Stoppelli

In an attempt to wrap my head around some of these issues, I’ve been trying to make parallels between eyes and ears, glasses and hearing aids. Why is “not hearing well” considered so differently from “not seeing well”? Saying “there’s more stigma” is not really an answer. Social stigma comes from somewhere, right?

I think the main thing we need to consider here is that hearing loss impacts our relationships to other people, whereas visual loss (!) mainly impacts our relationship to the world. If you have trouble seeing, you will stumble, you will not be able to read the signs, you will not recognise objects (maybe even people), but you will not be prevented in a significant way from interacting with others. Whereas with hearing loss, even “a bit” of it can mess up relationships: hearing loss can mean you pass for rude, or stupid, or uncaring, or distracted, or uninterested — because you just couldn’t hear what the other person thought you did.

I think this is the deep, social root of the issue. Being short-sighted isn’t perceived as a disability. It’s a reasonably normal, common condition. In Switzerland, your health insurance covers your glasses to some extent. If you’re “short of hearing”, however, it immediately falls under the “disability” label. What financial contribution there is to your hearing aids (if you’re entitled to it) comes from the Invalidity insurance.

To reinforce this, glasses are “in your face” visible and all over the place, whereas hearing aids go unnoticed most of the time. Since I was fitted, my keen eye for detail has been scanning ears in public transport and supermarkets. There are actually lots of people with hearing aids out there, but if you’re not paying attention, you won’t notice them!

One thing that has been bugging me a lot is how there is a linguistic double-standard for ears and eyes. We have a specific word for those things we put on our nose to compensate for bad eyesight: “glasses”. But what words do we have for those devices we wear in or on our ears? “Hearing aids.” I’ll probably do a proper article about the language issue, actually. Stay tuned 😉

Outrage Management and Precaution Advocacy [en]

[fr] Interview très intéressant concernant la communication des risques. Un risque c'est un danger objectif, et aussi une réaction subjective, "outrage". Les deux ne sont pas liés. On voit des réactions très émotionnelles à des risques très bas, et des risques hauts qui n'inquiètent pas du tout les gens. Il s'agit donc de trouver des techniques pour "calmer" l'inquiétude excessive pour des dangers mineurs (= "outrage management") et augmenter le sentiment de danger pour les dangers qui n'inquiètent pas assez (= "precaution advocacy"). Fascinant.

Listening to an old episode of On The Media, I came upon this super interesting segment about risk communication (titled Terrorists vs. Bathtubs — listen to the piece, it’s just over 10 minutes, or read the transcript).

Brooke interviews Peter Sandman, expert in the field. He presents risk as a combination of outrage and hazard. Hazard is the real danger and outrage is how upsetting it is. There is no correlation between the two, and that is what makes risk communication tricky.

When I was studying chemistry I had a class on risk management. It was one of my most interesting classes, and had I stayed in chemistry, I might have delved deeper into the subject. What I learned (and it changed the way I view the world) is that a risk is a product of a probability (that something will happen) and of the amount of damage if it happens. Peter Sandman adds another dimension to the equation: the human reaction.

Outrage management is what you do when you’re faced with people who are excessively angry or frightened about something that is not that dangerous. Precaution advocacy is what you do to make people more worried/scared about something they are not concerned about enough.

Trust and control play a big role on how much outrage a risk will generate. If I trust you and you say it’s no big deal, I’ll calm down. If I control the risk I’ll be less outraged than when I don’t (quoting from the interview transcript):

Trust is a biggie. If I trust you, I’m going to find the risk that you are exposing me to much more acceptable than if I don’t trust you. If you trust the government to tell you that surveillance is no big deal and they’re gonna do it responsibly, you’re gonna have a different response than if you think the government is not to be trusted. So trust is one.

Control is one. If it’s under my control I’m going to be less upset than if it’s under your control. Memorability goes in the other direction. If you can remember awful things happening or you can imagine awful things happening, that makes the risk more memorable, that makes it more a source of outrage. But what’s key here is that outrage has a much higher correlation with perceived hazard than hazard has with perceived hazard.

Peter gives an example of how to manage outrage:

Let’s take a situation that most of your listeners are going to think is genuinely low hazard, like vaccination. But if you’re the CDC or you’re some public health department and you’re dealing with a parent who’s anxious, it’s not mostly telling the parent that it’s foolish to worry about vaccine. It’s much more listening to the parent’s concerns. It’s partly acknowledging that there is some truth to those concerns. The strongest argument in the toolkit of opponents of vaccination is the dishonesty of vaccination proponents about the very small risk that’s real. If you’re 98 percent right and pretending to be 100 percent right, then the advocates of that two percent nail you!

And here’s an example of the opposite, precaution advocacy, when you actually try and increase outrage to encourage people into safer behaviours:

One of the things that demonstrably works well with seatbelts and well generally in precaution advocacy is scaring people. So those scary drivers at movies that, you know, they make teenagers watch actually do a lot of good. Role models work.

One of the most effective things in persuading people to get vaccinated against the swine flu pandemic a couple of years ago was when President Obama got his children vaccinated. One  example of a strategy that’s very powerful is if you can get people to do a behavior that doesn’t necessarily make sense to them, because they don’t have the attitude to support that behavior, once they have done the behavior, they begin to wonder why they did it. This is called cognitive dissonance. And, and cognitive dissonance is a very strong motivator for learning things that you wouldn’t otherwise want to learn.

A nice example of this is most people who have ever tried to ask people to sign petitions notice that more people sign your petition and then read your literature than read your literature and then signed your petition. They sign the petition to be courteous, and then the act of signing the petition makes them wonder, what did I do, what did I sign? Then they read the literature, in order to teach themselves that what they did made sense and, and to develop an attitude that supports the behavior.

The conversation goes on to talk about the NSA and surveillance and terrorism (this is not long after the Snowden leaks), as well as the narrative around fracking, which Peter has since written about on his website. (His website is full of good stuff, by the way, including musings on his legacy, as he’s pretty much semi-retired.)

What I was really interested in though was this concept of outrage, and how trying to calm outraged people down with facts doesn’t really work.

LeWeb'13: Carmine Gallo, The 3 Unbreakable Laws of Communication [en]

Communication matters! Dan Pink: we’re all in sales now, like it or not.

LeWeb'13, Carmine Goffi

We’re understanding a lot now about how the brain processes communication. The science of persuasion (cf. Carmine’s book “Talk Like TED“).

If you break the three laws, bad things happen. You don’t sell, etc.

Emotional — Novel — Memorable

Ideas that spread are emotional. Touch my heart before you touch my head. Passion leads to mastery. Make sure you’re passionate about what you do, you can’t inspire unless you’re inspired first. Passion is not interest… Passion is your greatest love. You don’t tell your sweetie “Marry me, you are interesting!” (Larry Smith)

Tony Hsieh’s passion isn’t shoes, it’s about delivering happiness. Branson’s love is elevating the customer experience, disrupting the status quo, making the world a better place.

Master storytelling. Remarkable things happen to your brain “on stories”. We connect when we’re told a story. Storytelling is connecting. When I tell you a story, the same areas of our brains light up. We’re in sync. We’re connected.

Novel: teach me something new. Our brains are trained to look for something brilliant and new, the stands out, that looks delicious (Pradeep, The Buying Brain). Jobs was brilliant because he came up with new ways to solve old problems, and he presented those in a new way.

Steve Jobs’ intro of the iPhone: 3 thoughts that were in fact one. That was novel! Expected 3 products, got one.

The brain cannot ignore novelty. Ballard, who discovered the Titanic: you can only inspire when you give people a new way to look at the world. Dopamine activates the brain’s mental save button.

Memorable: none of this matters if I can’t remember what you said. Present content in a way people will remember.

Three techniques:

– picture superiority: speech 10%, add a picture, 65% (use more pictures than words — steph-note: I suck at that)
– stick to the rule of 3: short-term memory can deal with 3 chunks of information. Just give me 3. Three is a powerful technique.
– keep it short. 20 minutes is great. Even less. JFK inspired the nation to look to the stars in 15 minutes. MLK articulated his vision of racial harmony in 17 minutes. Steve Jobs did his commencement speech in under 20 too.

None of this doesn’t matter if you don’t have the courage to stay in your lane, follow your life’s purpose.