Un an de Juju [en]

Le 3 fĂ©vrier 2025, je rentre du judo et je descends rĂ©cupĂ©rer Oscar Ă  l’eclau. Il aime rester installĂ© sur la plate-forme devant la chatiĂšre condamnĂ©e: bonne vue sur le jardin, et effluves de l’extĂ©rieur.

En arrivant, je suis surprise par un matou gris et blanc de l’autre cĂŽtĂ© de la vitre. Je le surprends aussi. Il a pas l’air commode: oreilles aplaties, balafrĂ©, bajoues de compĂ©t’ – et il souffle. “Toi, t’es pas castrĂ©, ça c’est sĂ»r!”

J’ai le rĂ©flexe de prendre une photo, je rĂ©cupĂšre Oscar, je laisse quelques croquettes de l’autre cĂŽtĂ© de la chatiĂšre et je braque la camĂ©ra de surveillance dessus. Le lendemain, je verrai qu’il a mangĂ© les croquettes.

Les chats errants n’ont pas une belle vie, contrairement Ă  ce que voudrait faire croire le mythe populaire de la libertĂ© et de “la nature“. Les bonnes Ăąmes qui mettent une gamelle dehors ont bonne conscience et sont tout attendries, mais la rĂ©alitĂ© est une vie de bagarres, de dangers, de kilomĂštres parcourus poussĂ©s par leurs hormones, un risque de maladies plus Ă©levĂ© et Ă©videmment, pas de soins mĂ©dicaux. Non, il n’y a pas de soins mĂ©dicaux dans la nature, c’est vrai, et le rĂ©sultat c’est de la souffrance, encore de la souffrance, des vies qui se terminent misĂ©rablement dans les buissons, oui, dans la souffrance.

Il y a quelques annĂ©es, j’avais tenter d’attirer un des matous errants du quartier, les oreilles dĂ©formĂ©es par la gale, le pas boiteux vu son Ăąge avançant, pour le castrer. J’ai Ă©chouĂ©. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Sans doute mort dans un coin.

Donc quand j’ai vu Juju, j’ai passĂ© Ă  l’action. Quand j’ai vu qu’il revenait, j’ai lancĂ© l’opĂ©ration “rendez-vous croquettes sur le rebord de la fenĂȘtre”.

J’ai vĂ©rifiĂ© s’il Ă©tait pucĂ©, j’ai mis des affiches dans le quartier, j’ai mis des annonces sur internet. J’ai vu que je pouvais le toucher, mĂȘme s’il avait peur. Une voisine aussi. J’ai prĂ©parer le terrain pour qu’on puisse le castrer quand je l’attrapais – vĂ©tĂ©rinaire, WCs amĂ©nagĂ©s pour pouvoir l’y enfermer quelques heures le cas Ă©chĂ©ant. Quand tout Ă©tait prĂȘt, j’ai attendu que l’opportunitĂ© se prĂ©sente.

Elle s’est prĂ©sentĂ©e le mercredi 26 fĂ©vrier 2025, vers midi et demie. Dire que ça s’est bien passĂ© serait mentir. J’ai pu le saisir mais au moment de l’approcher de la cage de transport, il a commencĂ© Ă  se dĂ©battre comme un beau diable. Je ne sais pas combien de temps ça a durĂ©, mais j’ai tenu bon et lui aussi. La fenĂȘtre Ă©tait ouverte, je savais que si je le lĂąchais, il y avait toutes les chances que l’opportunitĂ© ne se reprĂ©sente plus. Lui luttait pour sa vie. A un moment il a failli m’Ă©chapper et je l’ai rattrapĂ© par une patte. Il m’a mordue. J’ai rĂ©ussi Ă  fermer la fenĂȘtre avec le pied et je l’ai laissĂ© filer dans l’espace coworking.

Par chance, il s’Ă©tait planquĂ© quelque part d’accessible et Ă©tait plus paralysĂ© de peur que bĂȘte sauvage. AprĂšs avoir pansĂ© mes doigts, je l’ai attrapĂ© et mis dans les WC. La suite a Ă©tĂ© moins aventureuse: un peu d’aide pour le choper avec une couverture et mettre le tout dans la grosse grosse cage de transport que j’avais achetĂ©e pour les trajets Lausanne-chalet avec Oscar, direction vĂ©to, rĂ©cupĂ©ration, convalescence, apprivoisement.

Je n’avais pas prĂ©vu de le garder. Mon projet Ă©tait de le remettre dehors, avec abri et gamelle Ă  puce (j’en avais profitĂ© pour le faire pucer). J’avais prĂ©vu de le relĂącher. Une personne de l’immeuble Ă©tait peut-ĂȘtre intĂ©ressĂ©e Ă  tenter de l’adopter. On ferait les choses en douceur.

Mais vu comment s’Ă©tait passĂ©e sa capture, je me suis dit qu’il valait mieux le garder quelques jours dedans avant de le laisser filer. Pas dit qu’il revienne, aprĂšs avoir eu la peur de sa vie. En plus, c’Ă©tait quand mĂȘme mieux pour lui aprĂšs l’intervention.

On me demande rĂ©guliĂšrement pourquoi “Julius”. Avant sa capture, j’avais vaguement rĂ©flĂ©chi Ă  un nom temporaire pour lui. Oscar Ă©tait mon premier chat Ă  avoir un “nom d’humain”, et ça m’a un peu inspirĂ©e. Je voulais un nom qui colle pour un matou barreur et un peu patibulaire. Victor? Julius? Je n’y ai pas beaucoup pensĂ©, je ne cherchais pas vraiment de nom, j’avais juste pris quelques secondes pour envisager des possibilitĂ©s, puis je n’y ai plus repensĂ©. En le rĂ©cupĂ©rant chez le vĂ©tĂ©rinaire, l’assistante me demande “quel nom mettre sur le dossier”. Je suis prise de court, je me souviens de “Julius”, je me dis “bah, s’il est sympa on pourra dire Juju”. Autant vous dire que “Julius” est inusitĂ©, mĂȘme ça reste son “vrai nom”.

Mon projet initial de le remettre dehors a Ă©tĂ© mis au rebut dĂšs le premier soir. Juju Ă©tait terrĂ© au fond de sa cage de transport, n’en Ă©tait pas sorti. J’ai tentĂ© une caresse. Sous ma main, j’ai vu se fermer ses yeux, sa posture se dĂ©tendre, et sa tĂȘte se poser. J’ai grattĂ© un peu sous le cou, et il a tendu le menton pour en profiter. Cet instant-lĂ , j’ai dĂ©cidĂ© que je n’allais pas prendre le risque de le remettre dehors, et qu’il valait la peine de tenter de le resocialiser pour adoption. Surtout que j’avais quelqu’un sur les rangs. Je me suis dit qu’un chat qui se dĂ©tendait sous les caresses d’une main inconnue aprĂšs la journĂ©e qu’il avait eue, il avait du potentiel.

La tentative d’adoption n’a pas fonctionnĂ©. Juju est un nocturne — et aussi, ce que je n’avais pas rĂ©alisĂ© Ă  l’Ă©poque, il y avait certainement une minette en chaleur dehors, ce qui expliquait les bagarres terribles qui avaient dĂ©chirĂ© nos nuits de fĂ©vrier, et simplement, la prĂ©sence de Juju, qui normalement ne venait pas par ici. Le jour, il restait planquĂ©, craintif, prudent. La nuit, l’appel de l’extĂ©rieur et probablement des hormones l’amenait Ă  miauler, miauler, miauler, miauler. De plus, aprĂšs des annĂ©es d’errance, il y avait quand mĂȘme pas mal Ă  reconstruire pour qu’il surmonte sa crainte de l’humain. C’est un gros investissement et mine de rien, ça nĂ©cessite des compĂ©tences en matiĂšre de comportement qui ne sont pas toujours simples Ă  acquĂ©rir sur le tas.

Je l’ai rĂ©cupĂ©rĂ©, en bas dans ma salle de rĂ©union, ou au moins, s’il passait la nuit Ă  miauler, mĂȘme si ce n’Ă©tait pas rigolo pour lui, il n’empĂȘchait personne de dormir.

Je ne prĂ©voyais pas de le garder. J’avais Oscar, et j’avais dĂ©cidĂ© que tant qu’Oscar Ă©tait lĂ , je ne prendrais pas de deuxiĂšme chat. J’avais aussi dĂ©cidĂ© qu’aprĂšs Oscar, je m’octroierais une “pause chat“, aprĂšs avoir enchaĂźnĂ© des annĂ©es de soins pour deux trĂšs vieux chats. J’ai donc commencĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir au profil de la maison d’accueil ou de l’adoptant qu’il lui faudrait. Et je suis arrivĂ©e Ă  la conclusion, dans un contexte oĂč choisir l’option la moins lourde pour moi Ă©tait un critĂšre important, que partir du principe que je gardais Juju serait paradoxalement beaucoup plus simple Ă  gĂ©rer que de lui chercher un foyer Ă  la hauteur de ses besoins.

Cette dĂ©cision prise et sa garde organisĂ©e, je suis partie au chalet le 17 mars avec Oscar pour profiter de mes vacances tant attendues, les premiĂšres depuis bien trop longtemps… Mais ça, c’est une autre histoire 😅!

Juju s’est super bien bien adaptĂ©. C’est un chat super cĂąlin, super tolĂ©rant, qui aime les caresses et les genoux. Il ronronne bien. Il est plutĂŽt bonne pĂąte. Il me fait penser Ă  Quintus, cĂŽtĂ© tempĂ©rament. Un peu plus craintif. Mais il apprend Ă  faire confiance si on prend le temps de lui montrer qu’il n’a rien Ă  craindre. Ses oreilles aplaties, c’est leur position naturelle. Elles doivent avoir Ă©tĂ© implantĂ©es bizarrement. Comme dit une copine “il est en mode avion”. Elle l’a aussi surnommĂ© “le chavion”.

Il continue Ă  courir le quartier chaque nuit, parfois jusqu’Ă  Prilly Centre et mĂȘme en-dessous, parfois juste autour du pĂątĂ© d’immeubles. Son tracker m’a montrĂ© que son coeur de territoire n’Ă©tait certainement pas ici, mais plus au sud. Avec le temps, il va moins par lĂ -bas, et reste plus proche d’ici. Il n’aime pas les trajets en voiture, pas du tout. Il est plutĂŽt chill avec les autres chats, pas dans le genre “je suis le roi” comme Oscar (qui le poursuit sans merci quand il en a l’occasion… Juju a appris qu’il suffisait de s’Ă©loigner un peu vu la vitesse de dĂ©placement de papy), mais si on vient le chercher dans son espace vital, il le dĂ©fendra. J’ai dĂ©jĂ  perdu le compte des abcĂšs et mises sous antibios.

Seule ombre au tableau: il s’est bien enrobĂ©. C’est un euphĂ©misme. J’ai honte, vraiment. Comme dit sa vĂ©to “au moins vous ĂȘtes pas dans le dĂ©ni, c’est dĂ©jĂ  ça!” Comme je n’ai pas envie d’avoir un nouveau chat diabĂ©tique tout de suite (et aussi parce que le diabĂšte n’est pas la seule menace qui pĂšse sur le chat obĂšse), on va prendre ça en main plus sĂ©rieusement. Il a dĂ©jĂ  des croquettes Metabolic, mais cela ne semble pas tout Ă  fait suffisant. Pour marquer le coup, ce matin je lui ai appris Ă  monter sur la balance (merci les Churu).

Allez Juju: bon attrapiversaire!

It’s Not Good [en]

Between November 3rd and last Thursday, Oscar has had three epileptic seizures – maybe four. Whatever the underlying cause is, it’s not good. He’s an old cat with many ailments, hanging on to a life still good enough.

You need to read The Cat Who Woke Me Up (thanks, Doc). It’s beautiful in so many ways. It makes me wish I were able to write about the truth of the world like that.

I haven’t got around to sharing even a tenth of all that I have understood over the nine long months since my accident. But somewhere in there, there is writing. And there is dealing with emotions. And grief. It is our struggle as humans, inevitably, to be faced with emotions. They colour our life. Maybe helping each other, being there for one another, all has to do with emotions. Maybe it all comes down to that. Emotions as the truth of life.

Christmas is approaching, and my old cat is inching closer to the end. It could be next month, it could be next week, it could be next summer. Though honestly, I think the likelihood of the latter is slim. Winter is not good for my cats. Both Bagha and Quintus died in the time before Christmas. Tounsi just after. Erica a few months later. I’m not superstitious and I don’t believe in anything. These days are just not filled with happy feline memories. And it’s a fact that winter, like the heatwaves of the summer, is not gentle on frail, ageing bodies.

I’m struggling with my brain right now. It’s not good either, in a different way. Obviously, I keep overestimating how much “available brain” (I don’t like “energy”) I have. As soon as things get better and more normal, I end up overdoing it, without realising, and then crashing again.

I underestimated the impact my programme for Friday and Saturday would have (and forgot to factor in some wiggle room for “unknowns”, which definitely made themselves known). Saturday evening I was completely exhausted. This means: headache, buzzing brain, making mistakes with numbers, struggling to put my thoughts clearly into sentences, more misunderstandings or lost threads when listening to others, and the odd word eluding me. Oh, and leaving my keys in the door (but that was Saturday noon already).

Sunday was headache, mostly rest, a friend over for tea, cancelling a videocall with another. Today had less headache, felt quite better, but after two hours Christmas shopping this afternoon my brain is filled with pounding rain and lightening and I gave up on heading out again for the second shopping trip I had planned. Christmas preparation is going to be much more challenging than expected. I look at the coming week and can’t see when I’m going to get the downtime to recover. It’s not good, and I don’t know what to do about it. That, of course, is part of the problem.

Next Monday, I’m going to the chalet. I don’t know what state my brain or my cat will be in. There are loud bells ringing telling me it would be more reasonable not to go. There are equally loud bells telling me that I haven’t been to the chalet in a year, that I desperately need a holiday, and that I want to go back skiing because this year has already been so dreadfully frustrating for me that I just can’t bear to give up on yet another plan.

I have had to get better at letting go of things. It doesn’t mean I’m good at it. And as I am still on the road to improvement, I logically should need to let go of less and less as time goes on. I keep thinking I can relax a bit, inch closer to my “normal life”, but I keep overshooting and being all the more frustrated: because I’m disappointed, with the double whammy that when my brain is fried, managing my emotions is more difficult.

I remember, in the first hours after my accident – or maybe days? – wondering through the fog of my concussion if this accident would leave a lasting mark on my life. Would it have big consequences. Would there be a before and after. Would it change me. Would a split second on a ski slope change the trajectory of a life. It made me even more acutely aware that some split seconds end lives – I was already very much aware of this, but knowing in your mind and feeling in your body are two different things.

My recovery is not just managing my tiredness and cognitive load to remain in the sweet zone of “enough activity but not too much” that supports healing and regaining function. It’s also grappling with Big Questions regarding the meaning of life, what’s important and less important, truly understanding that my ressources are finite, not just when I’m recovering from an accident, but always, and that I want to be mindful of how I use the time and energy of this one life I’m given. It’s figuring out what I want to do and dealing with the existential anxiety of my mortality, determining how much place I give to others and to myself.

I want to write about all this. If there is meaning, to me, it lies in making our time alive a little easier for each other. And though there is no better learning than through our own lived experience, sometimes the stories of others can resonate. Sometimes we find keys in the lives or insights of others. I want to write, and it’s terribly frustrating (that word again) to not have the availability to do it in a timely manner.

I hope Oscar doesn’t die too soon. It’s hard enough and sad enough as is. Of course I won’t want to have to deal with his death. But I accept I will have to. I would just like to be in a better place (cognitively) when it happens. 2025 has brought enough grief, and the last handful of years more than their fair share.

Can I Write a Quick Blog Post? [en]

This is often the question. In typical ADHD style, my difficulty getting started on something is only surpassed by my difficulty stopping something once it’s started. So, 9pm on Sunday night, tired tired tired, can I grab my keyboard and give you some news without still being up at midnight?

I challenge myself.

Mid-October, I went back to work part-time. Three half-days a week. It went OK but I was way more tired than I expected. Tired in general. Overwhelmed by trying to manage my weeks, that these three little half-days seemed to fill to the brim. It’s much better now and I feel ready for more. I haven’t had cognitive overload headaches for a while now, or at least, so few that I don’t remember them.

Months ago, I started using the Apple Journal app, because I was having such a hard time recalling what I had done in previous days, recent or less recent. Writing a few quick notes down at the end of the day has helped me keep some sort of grasp on all those days that have disappeared into the weird months of 2025. Recently, I’ve switched to Day One, trying it out as an alternative to Apple Journal. My Facebook suspension has made me cautious about locking data or content into hard-to-export-from apps or services.

I’ve also started learning Bridge. Maths and statistics, strategy and communication, fun! It’s an investment for my old days, but already enjoyable. I’ll write more about it in time. If you want to get started, Funbridge actually has tutorials that can take you by the hand for the first steps. Start with MiniBridge.

My very old cat Oscar is having a series of health issues. I treasure each good day I have with him, because I don’t know how many are left. The first part of the year saw a complete deregulation of his diabetes, which had been a smooth ride to manage until then. He was getting dehydrated, blood glucose going up and down like a yoyo, and slow but steady weight loss. We went through a long period of subcutaneous fluids, which helped a lot.

In September he came down with a really bad pancreatitis flare-up. I nearly lost him. An oesophageal feeding tube saved him. It sounds like a dramatic intervention, but it’s actually quite minor surgery, well-tolerated, and a life-saver. The main issue with pancreatitis is that the cat stops eating. Being able to feed by tube solves that problem, removes stress for everybody, allows proper administration of medication, fluids and calories. I had a short trip planned during that period, and thankfully a friend came over to cat-sit and take over nursing duties. I can’t thank her enough.

Since the pancreatitis he had been doing really good. He didn’t put all the weight he lost back on, but enough that it’s not a disaster. And his three old arthritic legs are happy for any 100g they don’t have to carry. I have been letting him out in the garden, closely supervised, of course, and he really enjoys it. It makes me happy too, to be able to give him access to enrichment and stimulation that an exclusively indoor life didn’t provide. It always made me a bit sad, especially as I knew he had lived most of his life outdoors. But he was too old and handicapped to risk it, and until recently, too mobile for me to supervise him in the garden here (he did get to go out at the chalet – different environment with less risks). The photo is of him on one of our recent outings.

Two weeks ago, though, he had an epileptic seizure. Out of nowhere. I moved my surveillance cameras around and kept an eye on him. He had a second one ten days later, just this Wednesday night. We put him on anticonvulsants Thursday evening, but it’s tricky dealing with the sedation side-effects, particularly on an elderly cat who is already mobility-challenged and wobbly at the best of times.

He still wants a lot of things (like me, hehe). He wants to go downstairs, he wants to climb in my lap, he wants to go outside, he wants to go on the sofa, he wants to teach Juju a lesson (Juju, by the way, is doing fine, but definitely overweight – I’m hoping his new diet will work out, because I’m not enthusiastic about preparing myself another diabetic cat).

So we’re still figuring things out, and crossing fingers that Oscar will be able to tolerate the medication and that he won’t have another seizure too soon. But it’s not good news, in any case. I’m sad and worried, which is normal, but that doesn’t make it comfortable. And also, apprehensive, because 2025 has come with more than its fair share of trials, and I’m aware that there is a high risk of Oscar dying in the coming months. And honestly, I don’t need that, just as I’m getting back on my feet. There’s never a good time for dead cats, but some are shittier than others. He might hang in there, of course, but he’s old enough and his health is such a fragile equilibrium that I would not bet on him being still around this time next year. He could still be here for months or more, of course, but he could also go downhill fast pretty much anytime. Loving and caring for an old animal is living with the certainty of grief to come, but the uncertainty of timing. I am very much reminded of Quintus’s last years.

I’ve never liked October-November. It’s dark, and damp, and not winter yet. It’s the in-between season. And this year, I had neither hiking, nor skiing, nor really sailing season. I did go out on the lake a handful of times, thanks to my dad who took me along. But it’s very frustrating and weird for me to have “lost” this year like that. It feels a bit like the first Covid year, you know, where we all felt there was a year missing in our lives. Only here, it’s just for me.

I’m way better but not “back to normal” yet. I have to put more effort into just “managing life”. And compared to before my accident, I’m much more careful about pushing myself. I used to push myself all the time. Now, when I feel tired, I go “oh, wait, I’m tired, how can I adjust my expectations for what I was hoping to do during the coming hours”.

A few weeks back I teamed up with a friend who also felt the need to get on top of her weekly planning, and we touch base once a week to go through our schedules. It’s been extremely helpful and is in no small part responsible for my not feeling overwhelmed by my life anymore. I’ve been knocking down admin tasks lately, blogging more, and even making some headway in much-needed tidying up and deep cleaning.

On the online side of things, I am sitting on my hands, because there are a few topics I really really want to dive into, but I know I cannot afford the time and bandwidth right now. It’s extremely frustrating. One of these topics is how to collate the things I share on the socials into daily blogs posts (I think I wrote about it in part 3 of Rebooting The Blogosphere). I think about it pretty much every day, because I share stuff on the socials and regret that I don’t have a simple way to round up the day’s shares here in WordPress to whip up a quick post with links and comments and some passing thoughts. There is a bunch of things I want to fix on the blog, too, but that will also have to wait. At least I’m writing.

I now finally have a Discourse instance up and running on a server (thanks Oliver!) and I am impatient to start configuring it and playing with it to start preparing for the migration of the “DiabĂšte FĂ©lin” community I manage. It’s not for tomorrow, but I’d love to at least get something moving before the end of the year. I’m super enthusiastic about Discourse, maybe I should write a post about it.

But not tonight.

I’ve been writing my “quick blog post” for nearly an hour, my eyes are still tired and my brain is still foggy, so I’ll wrap things up here, go and pick up my old drugged up cat, play a deal or two on Funbridge, jot a few notes down in Day One, and read my book a bit before I collapse.

Sleep is what transports you to the next day. And the next day here is Monday.

Vrac avant reprise de travail [fr]

Je peine Ă  trouver du temps pour Ă©crire, ça c’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que je me suis rendu compte, ces derniers jours, que quand j’Ă©cris pas il y a une sorte d’accumulation de charge mentale qui se crĂ©e. Pas juste de “l’activitĂ© d’Ă©criture” remise encore et encore Ă  plus tard, mais du contenu de ladite activitĂ© d’Ă©criture qui s’entasse dans mon cerveau dĂ©jĂ  bien chargĂ©.

Au-delĂ  de la pile d’articles en gestation dans ma tĂȘte, je me suis dit que ça me ferait peut-ĂȘtre du bien de juste partager ici ce qui vient. C’est pas la premiĂšre fois que je fais ça, Ă©videmment. Mais si on regarde, je suis sĂ»re qu’on verra que c’est un type de publication qui vient souvent aprĂšs une pĂ©riode de sĂ©cheresse rĂ©dactionnelle. C’est probablement pas pour rien.

Et puis, depuis mon accident, j’ai au fond peu rĂ©ussi Ă  donner des nouvelles de comment se passaient les choses et ma vie. On va commencer par lĂ .

Lundi, je reprends le travail, Ă  temps trĂšs partiel les premiĂšres semaines, dĂ©jĂ , puis on avisera (je refais le point avec le neurologue Ă  la fin du mois). AprĂšs sept mois d’arrĂȘt complet, il est temps. Je crains un tout petit peu la “mauvaise surprise” cĂŽtĂ© fatigue, parce que regardons les choses en face, en sept mois j’en ai collectionnĂ©, y compris une tentative prĂ©maturĂ©e de retour au travail Ă  PĂąques. Quand j’y repense maintenant, ça me paraĂźt surrĂ©aliste. Au fond, toute cette histoire me paraĂźt surrĂ©aliste. Parce que, comme je l’ai dĂ©jĂ  mentionnĂ©, il y a un large pan de ma vie oĂč je me vis comme “tout Ă  fait normale”. Mais s’il y a ça, c’est aussi grĂące au fait que je ne travaille pas, que mes activitĂ©s sont rĂ©duites, que je ne mets pas de rĂ©veil le matin, que je peux faire une sieste si j’ai besoin. C’est quand mĂȘme une pĂ©riode de vie bien Ă©trange.

Au-delĂ  de mes rĂ©flexions de fond sur le sens de ma vie (il faudra que je vous parle de la RĂ©vĂ©lation des Bois du Jorat), mon avenir professionnel Ă  moyen terme, la façon dont je gĂšre mes activitĂ©s, mes relations et ma fatigue, je rĂ©flĂ©chis beaucoup aux outils qui nous permettent de nous connecter les uns aux autres en ligne. Ce n’est pas nouveau, comme intĂ©rĂȘt – on pourrait mĂȘme dire que c’est un des fils rouges de ma vie – mais la suspension de mon compte Facebook fin aoĂ»t m’a donnĂ© un coup de pied aux fesses salutaire pour me pencher sĂ©rieusement sur la possibilitĂ© de construire un Ă©cosystĂšme d’outils et de plateformes ouvert, qui ne soit pas rĂ©gi par la logique capitaliste du profit Ă  tout prix.

Au dĂ©but il y avait le blog, pourrait-on dire (pas tout Ă  fait vrai, mais quand mĂȘme un peu), et il y a quelque chose d’assez magique dans le fait de pouvoir jardiner son petit coin Ă  soi d’internet tout en Ă©tant en interconnexion avec autrui. Mais tout le monde n’est pas jardinier. Certains veulent juste avoir quelques pots sur leur balcon, ou admirer les jardins des autres, ou acheter quelques fleurs coupĂ©es. Il faut trouver un moyen d’amener ensemble ces diffĂ©rentes personnes, ce que fait une plateforme comme facebook, mais en limitant les jardiniers Ă  une petite parcelle bien dĂ©limitĂ©e qui ne leur appartient pas, genre jardins familiaux. J’ai rien contre les jardins familiaux, mais les vrais sont conçus selon le modĂšle associatif ou coopĂ©ratif, pas gĂ©rĂ©s Ă  la façon d’un gouvernement totalitaire par une grosse entreprise capitaliste. Je pense qu’on peut creuser et filer encore un peu cette mĂ©taphore.

Si ce sujet vous intĂ©resse, je vous invite Ă  lire ma sĂ©rie “Rebooting the Blogosphere“, en la mettant dans un traducteur si l’anglais est un obstacle. C’est un peu technique par moments, mais pas que.

Donc, difficile de trouver le temps d’Ă©crire, comme toujours. A quoi me suis-je occupĂ©e?

AprĂšs le week-end du JeĂ»ne, j’ai eu une semaine trĂšs Ă©trange oĂč j’ai dormi une bonne heure de plus par nuit en moyenne que d’habitude, avec maux de tĂȘte en continu et sensation d’avoir passĂ© sous un rouleau compresseur dĂšs le rĂ©veil – zĂ©ro Ă©nergie. Ça s’est gentiment arrangĂ© au bout d’une semaine, dix jours. J’ai initialement pensĂ© que j’en avais trop fait durant le week-end (une “petite balade” qui s’est transformĂ©e en randonnĂ©e de 5h30 sur un mini sentier au pied des falaises de l’ArdĂšche), mais Ă  ce stade le consensus semble ĂȘtre que ça devait ĂȘtre un virus. On ne saura probablement jamais. Mais bref, une semaine durant laquelle j’avais prĂ©vu de pouvoir faire plein de choses, parce que j’allais vraiment beaucoup mieux depuis quelque temps, “perdue” au final. Et ça m’a stressĂ©e, vu la reprise de travail programmĂ©e. Mais lĂ  ça va, c’est passĂ©.

Oscar a eu chaud (et moi aussi): pancrĂ©atite, anorexie, j’ai dĂ» lui faire mettre une sonde oesophagienne (sinon il ne s’en sortait pas). Ça n’a pas Ă©tĂ© simple a gĂ©rer, ça a Ă©tĂ© stressant (d’autant plus avec mon absence durant le week-end du JeĂ»ne), mais il s’est bien remis et a maintenant repris sa petite vie, avec 300g en moins. Sa vie: descendre Ă  l’eclau pour occuper la place et taper sur Juju s’il est lĂ , se faire servir “au lit” la pĂątĂ©e du matin et du soir (mĂ©dics) sur mes doigts, faire un saut sur le balcon, sortir quelques fois par semaine et tenter de rattraper Juju (mais le bougre bouge vite!) ou plonger dans les buissons impĂ©nĂ©trables, manger, boire, faire un petit brin de toilette de la patte qui reste et du museau quand ça le prend, faire la tournĂ©e des diffĂ©rents dodos Ă  diffĂ©rents moments de la journĂ©e.

Allez, d’autres choses en vrac:

  • devoir mettre un titre Ă  un article de blog ajoute beaucoup de friction (je commence d’ailleurs de plus en plus souvent Ă  Ă©crire sans mettre de titre, et je rajoute un truc aprĂšs)
  • Juju ressemble Ă  un petit tonneau, j’attends depuis plus d’une semaine qu’arrivent ses nouvelles croquettes pour chat vieillissant et grassouillet
  • CafĂ©-CafĂ©, le choeur dans lequel je chante, sera en concert demain Ă  Payerne (concert-brunch!) et le 1er novembre Ă  CourtĂ©telle; moi pas, car si j’ai repris le rĂ©pĂ©titions, je ne suis pas encore au point pour la scĂšne et vu la coincidence avec ma reprise de travail, il est plus sage que je me repose; déçue et frustrĂ©e mais c’est comme ça
  • j’ai fait le saut et pris un abonnement chez Backblaze (100.-/an) pour faire une sauvegarde distante de tout mon ordi, disques durs externes compris, et la sauvegarde dĂ©part a fini de tourner (prĂšs de 3TB) – rappel: Google Drive, iCloud, Dropbox et cie ce ne sont pas des sauvegardes, c’est de la synchronisation; mieux que rien mais pas une aussi bonne assurance contre la perte de vos donnĂ©es
  • j’ai pris le temps d’exporter tout mon contenu Facebook (profil depuis sa crĂ©ation, pages de mes chats, etc) – y’a un article Ă  Ă©crire car c’Ă©tait quand mĂȘme un peu laborieux
  • Ă  qui appartient le contenu d’une communautĂ©? quand j’exporte mes donnĂ©es facebook, elles perdent leur contexte interactionnel: les discussions dans les commentaires, etc… c’est trĂšs insatisfaisant; il y a des conversations auxquelles j’ai pris part et qui comptent pour moi dans les commentaires de publications qui ne sont pas les miennes, par exemple
  • j’ai testĂ© le support Meta Verified, celui qu’on a quand on “paie” facebook et instagram pour avec le petit vu bleu et ne pas avoir de pubs; bilan mitigĂ© mais j’ai quand mĂȘme passĂ© 10 min au tĂ©lĂ©phone avec un vrai ĂȘtre humain! LĂ  aussi y’a des articles Ă  Ă©crire pour rentrer dans les dĂ©tails
  • je rĂ©flĂ©chis Ă  comment faciliter la transition des personnes habituĂ©es Ă  facebook vers le web social ouvert, c’est encore en train de mĂ»rir
  • dans le mĂȘme ordre d’idĂ©es, je rĂ©flĂ©chis Ă  comment gĂ©rer la transition future (horizon un an, disons) de la communautĂ© DiabĂšte FĂ©lin vers Discourse, et quel rĂŽle pourra ensuite jouer le groupe facebook dans l’Ă©cosystĂšme de la communautĂ© (car il faut encore garder un pied dans Facebook pour ĂȘtre trouvĂ©)
  • concernant ce blog, il y a pas mal de mĂ©nage Ă  faire, entre autres dans le but de le “pluguer” dans le FĂ©divers/Fediverse, oĂč est en train de se construire le web social de demain (voir Join the Social Web, le plugin ActivityPub, brid.gy, etc)
  • Fediverse? ActivityPub? Vous savez comme l’e-mail, chacun peut faire une adresse e-mail un peu oĂč il veut (Gmail, Hotmail, Bluewin, Outlook, Yahoo, Proton) ou mĂȘme l’hĂ©berger soi-mĂȘme, et que ça n’a pas d’incidence sur Ă  qui on peut envoyer des mails et de qui on peut en recevoir? Idem avec les numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone, ou les sites web et les flux RSS; l’idĂ©e c’est d’avoir quelque chose de similaire pour les rĂ©seaux sociaux (parce que lĂ  maintenant si on est sur Facebook, les seules personnes avec qui on peut se connecter c’est les gens qui sont dĂ©jĂ  sur Facebook… LinkedIn idem)
  • j’ai rĂ©installĂ© mon tĂ©lĂ©phone qui souffrait de manque de place… aussi un article Ă  Ă©crire: j’avais 65Gb (sur 128!) de “System Data” alors que normalement ça doit tourner autour de 10Gb… chiant et stressant mais je suis contente de l’avoir fait, je revis!
  • j’ai aussi fait pas mal de mĂ©nage sur mon ordi, entre autres pour ranger correctement sur un disque dur externe toutes mes vidĂ©os live et mes sauvegardes de rĂ©seaux sociaux, blogs, google drive et compagnie; les nuages c’est top, perso je suis fan, mais il faut avoir des sauvegardes! J’ai pris des notes, mais je devrais mettre ça dans un article pour que ça puisse servir Ă  d’autres
  • on saute du coq Ă  l’Ăąne: j’ai de nouveau remarquĂ© (de nouveau) que quand je fais mes courses, j’achĂšte des choses en pensant aux repas que je vais cuisiner avec, mais une fois Ă  la maison, je mets tout au frigo et pouf, les idĂ©es et le “planning” de repas disparaĂźt; donc je suis en train d’essayer de noter sur post-it mes idĂ©es (avec dates limites) quand je rentre et que je rĂ©duis les courses, et de les coller sur mon planning semaine; ça me permettra aussi d’apprendre Ă  mieux Ă©valuer quelle est ma capacitĂ© (Ă©nergie) de cuisiner au fil de la semaine
  • je continue l’entrainement cognitif chez Holisquare et mes performances progressent, ce qui est rassurant! je trouve ultra intĂ©ressant ce sur quoi ils travaillent, et j’avoue que ça titille ma fibre entrepreneuriale, d’autant plus que ça concerne entre autres une problĂ©matique de santĂ© (la commotion) gĂ©nĂ©ralement trĂšs mal prise en charge par notre systĂšme de santĂ©
  • parlant de systĂšme de santĂ©, lĂ  aussi y’a un article Ă  Ă©crire (des), je croise de plus en plus d’histoires horrifiantes qui montrent que mĂȘme dans notre jolie Suisse, si tu as pas les connaissances mĂ©dicales, pas la connaissance du systĂšme, pas les ressources pour dĂ©fendre ou faire dĂ©fendre tes intĂ©rĂȘts, t’as toutes les chances de pas ĂȘtre bien pris en charge (entre autres: deux nanas de mon entourage trĂšs certainement dopĂ©es au GHB et qui ont Ă©tĂ© traitĂ©es comme des cas de cuite Ă  l’alcool aux urgences)
  • parlant de systĂšmes tout court, j’ai le sentiment qu’on voit maintenant dans tous nos systĂšmes administratifs les consĂ©quences d’annĂ©es de gestion “capitaliste”, mĂȘme dans le service public: on veut Ă©conomiser, ĂȘtre plus performant, faire plus avec moins, optimiser, rationaliser… et maintenant les machines (systĂšmes, processus) commencent Ă  casser, et on en fait les frais; j’ai perdu toute confiance lorsque je dois faire des dĂ©marches administratives: je dois faire le suivi, relancer, relancer encore, protester, rĂ©clamer, me fĂącher ou pleurer suivant les cas…
  • parlant de la dĂ©gradation de tous nos systĂšmes administratifs: dans le monde du travail d’aujourd’hui, il faut tout faire plus vite; j’en parlais avec un contact cadre dans une grosse entreprise: on fait les mĂȘmes heures mais le rythme d’activitĂ©s pendant ces heures n’a plus rien Ă  voir avec il y a 20 ou 30 ans, on enchaine les rĂ©unions, on n’a plus le temps de rĂ©flĂ©chir, il faut faire, faire, faire et en plus, faire vite…

Allez, ça fait une heure et quart que j’Ă©cris, je m’Ă©tais dit une heure, je vais vous laisser lĂ . Pour aujourd’hui. Je me suis dit que ce serait peut-ĂȘtre un bon exercice, de m’entrainer Ă  faire des articles qui tiennent en une heure. Pour pouvoir me dire (oui je me dis beaucoup de choses): “OK, j’ai une heure, j’Ă©cris” – alors que jusqu’ici, pour Ă©crire, souvent j’ai besoin d’avoir le sentiment d’avoir tout le temps du monde pour m’y mettre. Peut-ĂȘtre qu’il y a Ă©crire et Ă©crire, d’ailleurs. Je m’Ă©tais dit la mĂȘme chose pour la vidĂ©o: je veux faire plus de vidĂ©os (maintenant que Facebook a plus ou moins tuĂ© les Lives en ce qui me concerne), mais avec une limite de temps. Vingt minutes? dix minutes? A mĂ©diter.

Comme toujours, merci de m’avoir lue si vous avez tenu jusqu’au bout. Laissez un commentaire pour me dire coucou, c’est vrai qu’aprĂšs avoir Ă©tĂ© formatĂ©e Facebook pendant des annĂ©es, on a parfois l’impression de bloguer dans le dĂ©sert (l’intĂ©gration avec le Fediverse devrait contribuer Ă  rĂ©soudre ce problĂšme).

Assurez vos animaux [en]

En photo: mon vieil Oscar qui dort paisiblement, ses divers maux bien pris en charge sans me ruiner đŸ„°

Avoir une assurance pour son animal, c’est pas pour couvrir les frais courants. C’est pour couvrir les situations-catastrophe. C’est pour couvrir l’abcĂšs au foie qui vous laisse avec un chat mort et 8000.- de frais de vĂ©tĂ©rinaire.

Et Ă  ceux qui diront que c’est insensĂ© de payer des sommes pareilles pour un animal: la mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire a aujourd’hui les moyens et les possibilitĂ©s de la mĂ©decine humaine, et donc le coĂ»t aussi. C’est pas comme il y a 20 ou 30 ans, ou “quand on Ă©tait gosses”. Le monde a changĂ©.

Aussi, les 8000.- de frais vĂ©to, c’est une escalade d’engagement inĂ©vitable. On arrive pas chez le vĂ©to avec un chat pas bien pour s’entendre dire “Madame, vous allez en avoir pour 8000.-“. Parce que lĂ , effectivement, on pourrait se dire: ok, quand bien mĂȘme ça me dĂ©chire le coeur, je peux pas, donc je fais pas.

Non, on arrive chez le vĂ©to avec un chat malade et on en a pour quelques centaines de francs. On rentre Ă  la maisonđŸ€žđŸ» mais ça ne va toujours pas, on retourne, on rajoute 500 balles. On est vite Ă  1000, 1500. On va Ă  l’hĂŽpital ou chez le spĂ©cialiste, on rajoute 1000. Quand on a dĂ©jĂ  investi 2500.- pour sauver le chat, quand est-ce qu’on dit “hmm non lĂ  on arrĂȘte, on fait pas le truc qui devrait lui sauver la vie et qui coĂ»te encore 1000 balles, ou 2000 balles”?

Personne ne sait au dĂ©but combien ça va ĂȘtre.

En Suisse, on a la chance d’avoir des assurances maladies qui nous sensibilisent au coĂ»t de la mĂ©decine. Dans d’autres pays, comme en France, on ne sait souvent pas combien a coĂ»tĂ© notre Ă©chographie ou notre radio, ou notre opĂ©ration. En Suisse, mĂȘme quand c’est payĂ© directement par l’assurance, on reçoit une copie de la facture. Ça aide, je trouve.

Donc l’assurance, elle est pour les situations catastrophe qu’on n’a pas vu venir. Pour les imprĂ©vus. De mon point de vue, aujourd’hui en Suisse, si on n’a pas un bas de laine de 10’000 balles Ă  mettre sur la table en cas de pĂ©pin, il est sage d’avoir une assurance.

Laquelle? C’est la jungle, en Suisse aussi, comme pour les assurances complĂ©mentaires chez les humains. Il faut bien lire les conditions. Ça n’aide pas Ă  faire le pas. Perso je suis chez Epona, parce qu’Ă  l’Ă©poque oĂč j’ai eu Erica, c’Ă©tait la seule assurance Ă  prendre les chats qui n’Ă©taient plus tout jeunes. Tounsi avait Ă©tĂ© assurĂ© chez Animalia (dĂ©cĂ©dĂ© Ă©galement brutalement, avec grosse facture vĂ©to, alors qu’il Ă©tait encore jeune).

Chez Epona, passĂ© un certain Ăąge il y a un questionnaire/rapport qui doit ĂȘtre rempli par le vĂ©to. Il faut dĂ©clarer les maladies passĂ©es ou en cours. Il y aura des rĂ©serves. Par exemple, pour Oscar son diabĂšte n’est pas pris en charge. Ni les consĂ©quences liĂ©es Ă  son amputation. Ni – parce que ça avait Ă©tĂ© dĂ©tectĂ© Ă  l’Ă©poque – sa toux, qui, on l’a appris plus tard, est certainement liĂ©e Ă  l’ancienne hernie diaphragmatique qu’on ne savait pas qu’il avait. Par contre, son arthrose, c’est couvert. Toutes les injections de Solensia, les mĂ©dics, l’ostĂ©o. Sa gingivo-stomatite, y compris extraction totale, soins intensifs avant, couverte. Oscar est un mauvais risque pour l’assurance, trĂšs clairement, ses primes ont Ă©tĂ© doublĂ©es et sa franchise augmentĂ©e (sinon rupture de contrat), mais j’ai fait mes calculs et ça vaut quand mĂȘme encore la peine.

Julius, je l’ai assurĂ© en mode “chat jeune sans soucis”. Environ 175.-/an, franchise de 1000.-, formule C, pas de questionnaire de santĂ© vu son Ăąge estimĂ©. Je ne m’attendais honnĂȘtement pas Ă  avoir de frais vĂ©tĂ©rinaires avec lui. Mais je me suis dit “s’il m’arrive une merde, comme c’est dĂ©jĂ  arrivĂ© avec d’autres de mes chats, au moins je ne vais pas me retrouver avec une ardoise Ă©quivalente Ă  deux mois de salaire, ou la dĂ©cision atroce de devoir euthanasier faute de sous”. Et en l’occurrence, vu le festival de bagarres de ces derniers mois, j’ai dĂ©jĂ  Ă©puisĂ© ma franchise.

Donc, faites assurer vos animaux. MĂȘme s’ils ont dĂ©jĂ  des maladies en cours – Ă  plus forte raison, je dirais, car une maladie n’en empĂȘche pas une autre, et si votre budget est dĂ©jĂ  grĂ©vĂ© par la maladie chronique non prise en charge, vous allez d’autant moins pouvoir gĂ©rer autre chose.

Les foyers Ă  grand nombre d’animaux: oui, lĂ  les primes ça devient un sacrĂ© montant. Mais je crois que si on a beaucoup d’animaux, on a aussi un budget vĂ©to mensuel consĂ©quent en permanence, donc ça veut dire qu’on a des fonds allouĂ©s Ă  ça, et peut-ĂȘtre plus de capacitĂ© d’absorber une dĂ©passement ponctuel de quelques milliers de francs du budget annuel. Si ce n’est pas le cas, peut-ĂȘtre qu’il faut quand mĂȘme rĂ©flĂ©chir Ă  assurer tout ce beau monde, en formule minimale, pour couvrir les catastrophes. Ou mettre sur pied une structure associative.

Amateurs de l’option “bas de laine”: faites les maths. Combien de temps vous auriez du Ă©conomiser pour payer les 8000.- de frais de vĂ©to que j’ai eus avec Erica? ou les deux annĂ©es consĂ©cutives Ă  4000.- avec Oscar?

Une assurance n’est pas un “investissement”. C’est une somme qu’on paie, chaque annĂ©e ou chaque mois, pour s’endormir en sachant que si le ciel nous tombe sur la tĂȘte en matiĂšre de malchance mĂ©dicale, on pourra quand mĂȘme soigner nos animaux sans se retrouver en dĂ©faut de biens.

Mon chat a disparu, je fais quoi? Conseils [fr]

Que faire quand on a perdu son chat? Mes conseils: affiches, rùtisser les alentours, parler aux voisins, contacter vétos/associations.

En trÚs résumé

  • mettre des affiches + annonces en ligne
  • rĂątisser systĂ©matiquement les environs avec une lampe de poche, de proche Ă  loin, en Ă©toile – votre chat ne viendra pas Ă  vous, il est cachĂ© et partez du principe qu’il ne va pas se manifester (Ă©vitez de l’appeler depuis plein d’endroits diffĂ©rents quand vous rĂątissez)
  • appeler les vĂ©tĂ©rinaires, associations, refuges des environs (et la voirie mĂȘme si on aime pas y penser) – d’autant plus si votre chat n’est pas identifiĂ©
  • aller sonner chez tous les voisins et contrĂŽler personnellement caves, garages etc.
  • faites la “mĂ©thode des appels“, surtout si c’est un chat d’intĂ©rieur qui a fui ou un chat d’extĂ©rieur qui a fui hors de son pĂ©rimĂštre habituel ou s’est perdu dans un environnement non familier
  • ne perdez pas votre temps avec la “communication animale” ou les “mauvais bons conseils” comme de mettre la litiĂšre dehors

Les prioritĂ©s seront diffĂ©rentes selon qu’il s’agit d’un chat d’extĂ©rieur qui n’est pas rentrĂ©, un chat d’intĂ©rieur qui s’est Ă©chappĂ© ou s’il est tombĂ© d’une fenĂȘtre ou d’un balcon et est probablement/possiblement blessĂ©. Le tempĂ©rament du chat entre aussi en ligne de compte (craintif ou non).

Si vous lisez l’anglais (ou l’espagnol), je vous recommande de tĂ©lĂ©charger le “lost cat kit” de Kim, qui est une “dĂ©tective Ă  chats” professionnelle = son job est de trouver des chats perdus, depuis plus de 10 ans.

Sinon, voici plus d’explications point par point, pas forcĂ©ment dans l’ordre. J’ai ajoutĂ© en fin d’article une section dĂ©diĂ©e Ă  la prĂ©vention.

Chercher un chat manquant c’est beaucoup de boulot Ă  faire alors qu’on est probablement mort d’angoisse. Faites-vous aider si vous pouvez.

N’attendez pas avant d’agir. Les premiĂšres 24h sont cruciales.

Mettez des affiches

Faites des affiches couleur avec une bonne photo oĂč votre chat est bien reconnaissable, qui met en avant ce qui le rend identifiable (tĂȘte + corps). Ecrivez le texte en gros pour qu’il se voie de loin. Mettez peu de texte, juste les mots-clĂ©s les plus importants. Chat perdu. Nom du chat, signes distinctifs, 2-3 mots sur les circonstances de la disparition (prĂ©sumĂ© blessĂ©?), s’il faut essayer de l’approcher ou simplement vous appeler. PrĂ©cisez s’il est identifiĂ©. Exemples: Luna, Tounsi.

Pensez que les gens vont peut-ĂȘtre photographier l’affiche. Mettez votre numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone en gros.

Demandez de l’aide pour coller les affiches, si vous pouvez. MĂȘme, dĂ©lĂ©guez. Prendre du scotch et des fourres plastique. Mettez l’affiche dans la fourre plastique Ă  l’envers, avec un morceau de scotch pour que la feuille ne tombe pas (protĂšge contre la pluie). Collez sur les portes, aux arrĂȘts de bus, sur les poteaux, etc, en commençant par votre immeuble maison, puis en cercles concentriques.

Lorsque vous aurez retrouvĂ© votre chat (ou, mĂȘme si on ne le souhaite pas, abandonnĂ© les recherches), pensez Ă  aller ĂŽter les affiches!

Mettez des annonces en ligne

Il y a normalement des pages facebook dĂ©diĂ©es aux chats perdus par rĂ©gion. Envoyez un MP Ă  la page concernĂ©e. En Suisse: Chats perdus/trouvĂ©s Suisse romande; rĂ©seau Pet Alert: Vaud, Valais, Fribourg, NeuchĂątel, Jura, GenĂšve; STMZ. Regardez aussi si la SPA de votre rĂ©gion a des formulaires d’annonce en ligne, comme la SVPA par exemple. Pensez aussi Ă  regarder si votre chat n’est pas annoncĂ© comme trouvĂ© sur un de ces canaux.

RĂątissez les alentours

Cette action est souvent nĂ©gligĂ©e ou mal faite, surtout pour les chats d’intĂ©rieur. Les maĂźtres pensent parfois que leur chat les reconnaĂźtra et viendra vers eux, mais ce n’est pas le cas. Il faut donc chercher le chat comme on chercherait un objet inerte: systĂ©matiquement, mĂštre carrĂ© par mĂštre carrĂ©, avec une lampe de poche pour bien voir sous les buissons.

S’il s’agit d’un chat d’intĂ©rieur

Il n’est probablement pas loin du tout. Dans un environnement nouveau et probablement terrifiant (si c’est un chat qui n’a jamais connu que l’intĂ©rieur) il va se planquer et bouger le moins possible. Il va falloir des jours pour qu’il ait assez faim ou soif pour ĂȘtre motivĂ© Ă  bouger.

Commencez la recherche Ă  l’endroit de fuite ou de chute. Essayez de “penser chat”: un chat n’aime pas les espaces ouverts et va essayer de rester cachĂ©.

Evitez absolument de faire tout le tour du quartier en appelant votre chat. S’il rĂ©pond Ă  votre voix, vous risquez en fait de l’Ă©loigner de lĂ  oĂč il est. Si vous pensez que cela vaut la peine de l’appeler, appliquez la mĂ©thode des appels.

S’il s’agit d’un chat d’extĂ©rieur

S’il n’est pas rentrĂ© alors qu’il rentre normalement, il est soit enfermĂ©, soit blessĂ©, soit quelque chose lui a fait peur et il est parti loin et ne “retrouve” pas le chemin (peu probable s’il connaĂźt bien les lieux, mais peut arriver s’il sort depuis peu par exemple).

Il faut donc:

  • rĂątisser prioritairement afin de le trouver s’il a Ă©tĂ© blessĂ©, mĂȘme genre de mĂ©thode que pour un chat d’intĂ©rieur (partir du principe qu’il ne va pas forcĂ©ment se montrer), sauf qu’il n’y a probablement pas un “point de chute” clair duquel partir
  • faire le tour du voisinage pour contrĂŽler garages et caves (prĂ©ciser sur les affiches)
  • regarder s’il y a des travaux dans les environs (extĂ©rieurs ou intĂ©rieurs: bruit et aussi portes ouvertes inhabituelles => enfermement)

S’il est dans un environnement pas familier la mĂ©thode des appels peut ĂȘtre intĂ©ressante, surtout s’il a l’habitude de venir sur appel Ă  la maison.

N’oubliez pas l’intĂ©rieur!

RĂątissez Ă©galement Ă  l’intĂ©rieur si vous n’avez pas vu filer ou tomber le chat. Ouvrez toutes les armoires, etc. et contrĂŽlez-les. On ne compte pas le nombre de fois oĂč on s’est retrouvĂ© Ă  chercher un chat dehors alors qu’il Ă©tait enfermĂ© quelque part dans l’appartement. Il ne va pas forcĂ©ment miauler.

Contacter vétérinaires, associations, refuges (et voirie)

A plus forte raison si votre chat n’est pas pucĂ©, il faut prendre les devants pour retrouver sa trace s’il a Ă©tĂ© blessĂ© et pris en charge ou simplement rĂ©cupĂ©rĂ© par une Ăąme charitable. MĂȘme si votre chat est pucĂ©, attention: la puce est un moyen d’identification assez sĂ»r mais pas infaillible, donc ne “comptez” pas dessus les yeux fermĂ©s.

Appelez donc les vétérinaires les plus proches, les refuges, et les associations qui font du sauvetage dans votre région. Si vous savez que votre chat est probablement blessé, essayez de trouver les coordonnées du cabinet vétérinaire qui était de garde à ce moment-là (en demandant aux cabinets que vous appelez).

Pour trouver les cabinets vĂ©tĂ©rinaires, utilisez Google + le nom de votre localitĂ©, et cherchez avec Google Maps. Idem pour la SPA/les refuges. En demandant sur Facebook vous trouverez certainement relativement facilement quelques noms d’associations actives dans votre rĂ©gion. N’oubliez pas la voirie, mĂȘme si on n’aime pas y penser, mĂȘme si votre chat est pucĂ©: malheureusement, les chats ramassĂ©s ne sont pas toujours scannĂ©s.

Faites le tour des voisins

Sonnez aux portes et parlez aux gens. Ayez avec vous des photos de votre chat avec vos coordonnĂ©es que vous pouvez laisser (ou des copies d’affiches). Demandez s’il y a des gens en vacances (apparts/garages fermĂ©s) et si vous pouvez vĂ©rifier cave/garage avec eux – ou au minimum qu’ils le fassent, en leur expliquant bien que le chat va se cacher et pas annoncer sa prĂ©sence (surtout si c’est un chat d’intĂ©rieur ou timide.) Si vous arrivez Ă  recruter des enfants du quartier pour la recherche, ça peut ĂȘtre utile aussi.

Comme pour les affiches, partez de votre logement et faites ça en cercles concentriques. N’allez pas trop loin dans un premier temps, la premiĂšre “couche” d’immeubles autour du vĂŽtre c’est dĂ©jĂ  bien. Rappelez-vous: votre chat est probablement moins loin que ce que vous croyez.

Conseils spécifiques selon les cas de figure

Chat probablement blessé ou malade/vieux

Il ne faut pas attendre, et faire des fouilles actives tout de suite. Le trouver tĂŽt plutĂŽt que tard peut ĂȘtre une question de survie. Surtout s’il n’est pas pucĂ©, appeler immĂ©diatement les vĂ©tos/associations/refuges, car si son Ă©tat est grave, il est bien possible qu’il ait Ă©tĂ© pris en charge. Comme toujours: chercher plutĂŽt prĂšs que loin.

Chat trÚs timide (intérieur) qui a fui

Il est certainement planquĂ© et pas en danger immĂ©diat, mĂȘme s’il est certainement trĂšs stressĂ©. Il va falloir plusieurs jours pour que la faim/soif le motive Ă  bouger, s’il a trouvĂ© une planque. S’il a filĂ© par une porte ou fenĂȘtre ouverte, c’est utile de laisser celle-ci ouverte la nuit pour lui donner une chance de rentrer par lui-mĂȘme quand tout sera calme. Fouiller de jour, faire la mĂ©thode des appels le soir.

Chat pucé

Vérifier que la puce est bien enregistrée dans la base de données (ANIS) avec vos coordonnées à jour. Demandez à votre vétérinaire de contrÎler pour vous.

Chat pas pucé

Votre chat peut avoir Ă©tĂ© recueilli, qu’il soit blessĂ© ou non, sans que personne ne sache Ă  qui il est. Il faut donc redoubler d’efforts de communication, tant en ligne, qu’auprĂšs des refuges et associations, que dans le quartier avec des affiches (ce ne serait pas la premiĂšre fois que quelqu’un de bien-pensant “adopte” un chat qui semble “perdu” alors qu’il habite simplement le quartier, ou s’est Ă©chappĂ© de son intĂ©rieur habituel).

Chat d’extĂ©rieur perdu ailleurs que chez lui

Il va probablement commencer Ă  chercher ses repĂšres mais ne saura pas oĂč aller. La mĂ©thode des appels est utile, et bien rĂątisser large avec les affiches. Dans ce cas de figure, pas dit qu’il se planque, et possible qu’il se dĂ©place (soit chassĂ© par des chats du coin, ou alors pour tenter de rentrer – ça arrive rĂ©guliĂšrement, ce genre de chose).

Les “fausses bonnes idĂ©es”

On entend souvent dire qu’il faut mettre la litiĂšre du chat ou de la nourriture dehors. Ce n’est pas une bonne idĂ©e! A plus forte raison si votre chat n’est pas habituellement dehors lĂ , les odeurs peuvent attirer/intriguer des chats du quartier qui ne seront pas forcĂ©ment sympas avec l’intrus et pourraient mĂȘme le chasser.

Faire tout le tour du quartier en appelant n’est souvent pas une bonne idĂ©e. Si le chat est craintif/planquĂ© et qu’il essaie de vous suivre, et que vous vous dĂ©placez, vous risquez de l’Ă©loigner encore. Exception: chat d’extĂ©rieur potentiellement enfermĂ© qui serait susceptible de miauler pour signaler sa prĂ©sence.

Un mot sur la “communication animale”, qui s’apparente en somme Ă  de la voyance. Ce n’est pas une pratique fiable! Pour toutes les histoires miraculeuses qui circulent il y en a tout autant oĂč il s’est avĂ©rĂ© que ce qui avait Ă©tĂ© “vu” n’avait rien Ă  voir avec la rĂ©alitĂ©… Mais ça ce ne sont pas des histoires qui vont circuler, c’est normal. Vraiment, il ne faut pas baser sa stratĂ©gie de recherche lĂ -dessus, au risque de faire complĂštement fausse route et de se laisser distraire d’actions rĂ©ellement efficaces. Difficile pourtant de faire abstraction des “informations” supposĂ©es – il vaut donc mieux Ă©viter de perdre son temps avec ça et consacrer son Ă©nergie aux mĂ©thodes qui marchent: affiches, rĂątissage, dĂ©marchage, appels de nuit selon la mĂ©thode des appels.

Autres pistes

Si vous avez l’occasion de faire appel Ă  un chien pisteur, c’est une solution intĂ©ressante, mais ce n’est pas simple Ă  trouver (en tous cas en Suisse). Il faut le point de fuite et l’odeur du chat (son dodo dans un sac plastic neutre.) Attention que le chien soit parfaitement Ă©duquĂ© afin qu’il ne risque pas de faire fuir le chat. Un “chien de rouge” (dressĂ© pour retrouver le gibier blessĂ©) peut ĂȘtre une alternative pour trouver un chat blessĂ© (ou pire).

Dans certains cas/environnements un drone avec camĂ©ra thermique peut ĂȘtre Ă  envisager.

En prévention

Si vous avez un chat, vous pouvez vous attendre Ă  ce qu’il se “perde” un jour ou l’autre. Peut-ĂȘtre quelques heures seulement, mais probablement plus. Voici ce que vous pouvez faire pour minimiser le risque que ça arrive.

Pucez votre chat, mĂȘme (surtout!) s’il ne sort pas! Un chat qui ne sort pas, s’il s’Ă©chappe par mĂ©garde, se retrouve dans un environnement Ă©tranger pour lequel il est trĂšs peu prĂ©parĂ©. Les accidents arrivent aussi aux chats d’intĂ©rieur! Quant aux chats d’extĂ©rieur, mĂȘme s’ils s’Ă©loignent peu, un incident peut arriver: une personne bien-pensante qui le ramasse, une camionnette qui passe par lĂ  et dans laquelle le curieux a sautĂ©… La puce peut Ă©viter Ă  votre chat de finir en refuge (et peut-ĂȘtre mĂȘme d’y finir sa vie). Pensez-y. Veillez Ă  bien enregistrer et maintenir Ă  jour vos coordonnĂ©es, si vous changez de numĂ©ro ou dĂ©mĂ©nagez. Vous pouvez aussi vĂ©rifier au cours d’une consultation de contrĂŽle que la puce est toujours bien lisible.

StĂ©rilisez et castrez! Non seulement vous faites votre part pour lutter contre la multiplication des chats (oui c’est un problĂšme, si vous ne me croyez pas, discutez avec les refuges et associations qui croulent chaque annĂ©e sous les chatons, la plupart des misĂ©reux nĂ©s dehors et dont la petite vie de souffrance s’achĂšve souvent bien trop tĂŽt) mais vous diminuez les risques que votre chatte ou votre chat aille “vagabonder” Ă  se perdre ou cherche Ă  s’Ă©chapper, poussĂ© par ses hormones. Chaque annĂ©e les associations recueillent des chats “errants” non castrĂ©s ou stĂ©rilisĂ©s mais qui clairement sont familiers et sociables. Ils Ă©taient Ă  quelqu’un, ces chats! Perdus, mais jamais retrouvĂ©s, car pas pucĂ©s, pas castrĂ©s/stĂ©rilisĂ©s.

ProtĂ©gez vos fenĂȘtres et vos balcons, surtout avec des chats d’intĂ©rieur pour qui ces fenĂȘtres et balcons sont probablement les lieux les plus excitants de leur vie. Les chats tombent des fenĂȘtres et balcons, et pas qu’un peu. Et ils se blessent souvent, malgrĂ© ce qu’on raconte. Discutez lĂ  aussi avec les refuges, associations, et vĂ©tĂ©rinaires qui pourront vous parler de la frĂ©quence avec laquelle ils se retrouvent Ă  prendre en charge des “chats-parachutes”, qui ne s’en sortent pas toujours.

SĂ©curisez vos cages de transport. Ne faites pas de concessions avec ça. Pourtant, des chats qui s’Ă©chappent de leur cage en route ou en revenant de chez le vĂ©to, on en voit rĂ©guliĂšrement! Ayez une cage de bonne qualitĂ©, solide, et utilisez-la. Oui le chat dans les bras c’est cool, mais c’est moins cool s’il prend peur, vous lacĂšre les bras et s’enfuit. Idem en voiture: que se passe-t-il en cas d’accident? La cage est-elle assez solide?

Pensez au tracker (e.g. Invoxia, Tabcat, Weenect…) pour les chats qui sortent, en particulier dans les situations suivantes: dĂ©but de sortie (aprĂšs une adoption ou un dĂ©mĂ©nagement), sortie dans un lieu pas familier (vacances, rĂ©sidence secondaire), chat malade ou vieux, qui a besoin d’un traitement ou est peut-ĂȘtre diminuĂ©. Utiliser un tracker sur un chat un peu vagabond (ou simplement qui sort normalement) peut aussi vous aider Ă  vous familiariser avec ses habitudes et coins prĂ©fĂ©rez.

Pour les chats d’extĂ©rieur, prenez le temps de vous balader avec lui pour connaĂźtre ses habitudes et faire connaissance avec les humains qu’il croise. C’est toujours bien que les gens sachent le nom du chat qu’ils voient passer, et qui en est le maĂźtre! Vous pouvez en profiter pour leur rappeler de ne pas nourrir les chats des autres… ;-). On peut aussi mettre au chat un collier avec le nom du chat et nos coordonnĂ©es pour quelque temps – cela donne aux gens qu’il croise l’information que le chat est Ă  quelqu’un, mĂȘme si aprĂšs il ne porte plus systĂ©matiquement son collier! Vous pouvez aussi mettre une affiche dans l’entrĂ©e de votre immeuble pour que vos voisins sachent que votre chat habite lĂ . Ça peut mĂȘme ĂȘtre une bonne idĂ©e pour un chat d’intĂ©rieur: “si vous me trouvez dans les couloirs, je ne devrais pas y ĂȘtre, j’habite au 3e et je ne sors pas!”

Note concernant la photo d’illustration: Oscar n’est pas perdu. Par contre, il est trĂšs probable qu’il l’ait Ă©tĂ©. Il a Ă©tĂ© recueilli par une association aprĂšs des annĂ©es d’errance, blessĂ© et pas castrĂ©. Et clairement, c’est un chat sociable qui avait vĂ©cu chez des humains au dĂ©but de sa vie.

Alimentation de nos chats (et chiens): Ă  quel saint se vouer? [fr]

[en] Some general information on the petfood industry and its marketing excesses, who would have us believe that grain-free or natural is better, that kibble is bad, etc. Summary? Kibble is fine, wet food is fine, home-made is fine but a lot of work and most recipes are not well-balanced, so get your recipe checked by a veterinary nutritionist. Forget about grain-free (actually worse than with grain), "natural" is just a bias (nature doesn't want your cat to live long, it just wants it to live long enough to reproduce), and you're better off sticking to the big veterinary petfood brands who have their own nutritionists on staff, plants, and quality-control, than smaller brands who actually sell white label products with a lot of fancy marketing on top. Oh, and cats don't need variety if their diet is good quality and balanced, they are grazers and eat throughout the day, and there is no "meat" in petfood, despite the pictures on the packaging.

Lien perçu entre alimentation et santé

Je croise rĂ©guliĂšrement parmi mes connaissances des personnes qui se posent des questions sur la “meilleure” alimentation Ă  donner Ă  leur animal de compagnie. En effet, il y a cette idĂ©e ambiante que l’alimentation c’est crucial. Avec la “bonne” alimentation on pourrait prĂ©venir des maladies et mĂȘme en guĂ©rir, et la “mauvaise” aurait des consĂ©quences dĂ©sastreuses sur la santĂ©. Pour nous humains aussi, d’ailleurs, ces idĂ©es ont la vie dure. On est entourĂ©s d’injonctions “mange comme ci, pas comme ça, Ă©vite ça, essaie ci tu verras” qui nous mĂšnent Ă  penser qu’il y a une bonne façon de faire. Et quand on a des soucis de santĂ©, trĂšs souvent on entendra des conseils touchant Ă  notre rĂ©gime.

Pourquoi cette obsession sur l’alimentaire, une sorte “d’orthorexie” collective, Ă  la limite? Je pense, perso, que c’est parce que l’alimentation est quelque chose de visible, concret, et sur lequel on a du contrĂŽle. Face Ă  un problĂšme, notre cerveau biaise dans la direction de rĂ©ponses simples (simplistes) et tangibles. Le sentiment d’avoir du contrĂŽle est la premiĂšre chose qu’on recherche pour soulager notre anxiĂ©tĂ©. Nos animaux domestiques font partie de notre famille, on les aime, on ne veut pas les perdre (alors mĂȘme qu’on sait bien que vraisemblablement, on les verra mourir avant nous) et donc on veut “tout faire” pour les prĂ©server. L’idĂ©e qu’on puisse “donner la bonne nourriture” pour Ă©viter les maladies et garantir la bonne santĂ© est donc extrĂȘmement sĂ©duisante.

Un “bon” aliment?

Et loin de moi l’idĂ©e de dire que l’alimentation ne joue aucun rĂŽle sur la santĂ©. Clairement pas. Que ce soit pour l’humain ou l’animal, il y a Ă©videmment un lien entre santĂ© et rĂ©gime. Mais ce n’est pas un lien “magique”, genre “tu manges comme ci il va t’arriver ça” ou “tu fais juste tu seras jamais malade”. On sait qu’un rĂ©gime qui rĂ©pond aux besoins nutritionnels va avoir un impact positif, et un rĂ©gime dĂ©sĂ©quilibrĂ© peut mener Ă  des carences ou des maladies. Mais ce n’est toujours qu’une question de probabilitĂ©s. Il y a beaucoup de variation individuelle. Il y a des exceptions. On connaĂźt tous quelqu’un qui mange “n’importe quoi” et reste en bonne santĂ©, ou des gens qui “font tout juste” mais sont quand mĂȘme malades.

On ne peut pas dĂ©duire, des conclusions concernant le lien entre alimentation, santĂ©, et maladie qu’on tire Ă  l’Ă©chelle collective, une sorte de causalitĂ© simple et directe applicable telle quelle Ă  l’individu. Ce n’est pas parce que statistiquement, manger suffisamment de fruits et lĂ©gumes a un effet bĂ©nĂ©fique sur la santĂ© que si je le fais je peux m’assurer de ne pas avoir la maladie xyz. Notre cerveau n’aime pas les probabilitĂ©s
 il prĂ©fĂšre bien mieux ce qu’on appelle les “anecdotes”, des histoires individuelles qu’on peut raconter et dont on croit pouvoir tirer une conclusion. Ça nous rend trĂšs vulnĂ©rables aux “tĂ©moignages”: “moi je donne telle alimentation Ă  mon chien et il est en super forme, ça marche du tonnerre”!

“Naturel”, c’est vraiment mieux?

En parallĂšle (ou conjointement) Ă  cette vague idĂ©ologique qui nous fait surestimer le lien de causalitĂ© (qu’on perçoit donc comme immĂ©diat) entre alimentation et santĂ©/maladie, il y a celle qui voudrait nous faire croire que “la nature sait le mieux”, que “ce qui est naturel est meilleur”, etc. Je ne vais pas m’Ă©tendre dessus (c’est un sophisme bien connu et documentĂ©, “l’appel Ă  la nature“, on trouve facilement des articles et des vidĂ©os explicatives sur le sujet) mais il faut garder en tĂȘte que cette idĂ©e est trĂšs prĂ©sente dans notre Ă©valuation de ce qu’est la “bonne” nourriture: “naturelle”, “bio” (encore tout un chapitre), proche de comment l’animal se nourrirait “dans la nature (allĂŽ le BARF et autres rĂ©gimes crus) – en oubliant que la nature ne cherche pas Ă  faire vivre l’animal longtemps et en bonne santĂ©, mais juste assez longtemps pour qu’il puisse se reproduire.

Besoins nutritionnels

En fait, la “bonne” alimentation est celle qui rĂ©pond aux besoins nutritionnels de l’organisme: l’organisme, il digĂšre la nourriture pour en extraire des composants qu’il va utiliser pour fonctionner et s’entretenir. Des protĂ©ines (dĂ©composĂ©s en acides aminĂ©s), des acides gras, des vitamines et minĂ©raux, du glucose pour produire de l’Ă©nergie dans les cellules. Je simplifie mais c’est ça l’idĂ©e.

La cellule s’en fiche si la molĂ©cule de glucose qu’elle utilise pour produire de l’Ă©nergie provient d’un kiwi ou d’une barre de chocolat. C’est du glucose. Si l’organisme a besoin de thiamine (un acide aminĂ©) car il n’arrive pas Ă  le synthĂ©tiser, peu importe si cet acide aminĂ© provient d’une souris attrapĂ©e dans un champ ou d’une croquette.

Tout l’art du rĂ©gime Ă©quilibrĂ©, c’est donc qu’il doit contenir ce dont a besoin l’organisme et pas trop de choses dont il n’a pas besoin. Je raconte ça de façon simpliste, parce qu’il y a aussi le microbiote dans cette histoire (son Ă©tude est un champ de recherche en plein dĂ©veloppement), et que je parle ici de “besoins nutritionnels” comme si c’Ă©tait quelque chose de complĂštement Ă©lucidĂ©, alors que (mĂȘme si ça l’est en grande partie) c’est extrĂȘmement complexe, et qu’il peut y avoir une marge de manoeuvre plus ou moins grande pour certains nutriments et pas pour d’autres.

Et la variété?

Pour en revenir Ă  nos chats et nos chiens, le bon aliment doit donc tout d’abord ĂȘtre Ă©quilibrĂ© et complet, c’est-Ă -dire qu’il doit couvrir les besoins nutritionnels propres Ă  l’espĂšce. Ça, ce sont des choses qui se calculent et se mesurent, et qui vont bien au-delĂ  d’analyses un peu simplistes comme le taux de protĂ©ines ou de glucides.

L’Ă©quilibre de l’aliment que mange l’animal est d’autant plus important que celui-ci a gĂ©nĂ©ralement un monorĂ©gime. Ce n’est pas une mauvaise chose! Croire qu’un chat ou un chien a “besoin” de variĂ©tĂ©, c’est projeter sur un animal des aspirations ou des fonctionnements humains: l’anthropomorphisme. Un animal mange pour manger. Oui, il a du plaisir Ă  manger. Mais cela ne lui pose normalement aucun problĂšme de manger tout le temps la mĂȘme chose.

Et si vous vous sentez rĂ©sister Ă  cette idĂ©e, posez-vous honnĂȘtement la question: est-ce l’animal qui a ce besoin, ou vous qui l’avez pour lui? Si on a un bon rĂ©gime bien Ă©quilibrĂ©, tout ce qu’on ajoute ou change Ă  ce rĂ©gime va risquer de le dĂ©sĂ©quilibrer. On a la chance, aujourd’hui, d’avoir quand mĂȘme un inventaire assez clair (et vĂ©rifiĂ© sur de nombreuses vies d’animal) des besoins nutritionnels de nos animaux de compagnie.

En fait, varier le rĂ©gime (surtout pour un chat) va plutĂŽt avoir tendance Ă  mener Ă  des troubles du comportement alimentaire: le chat devient “difficile”, se “lasse” d’un aliment au bout d’un moment, mange trop ou pas assez, etc. Ça, c’est aussi tout un chapitre.

D’oĂč ça sort, tout ça?

AprĂšs cette longue intro pour vous rendre attentifs au contexte “idĂ©ologique” dans lequel on navigue, venons-en au vif du sujet. Comment nourrir notre chat ou notre chien?

Pour vous aider Ă  situer un peu les recommandations que je fais ici, quelques prĂ©cisions prĂ©liminaires. D’abord, je ne suis pas nutritionniste, ni vĂ©to ni humaine. J’ai une petite culture gĂ©nĂ©rale scientifique de base (quelques annĂ©es d’Ă©tudes scientifiques quand mĂȘme) et un grand intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pour tout ce qui touche au mĂ©dical: on peut dire que j’ai tendance Ă  absorber ce type d’infos comme une Ă©ponge.

Depuis cinq ans et demie je gĂšre un gros (et trĂšs sĂ©rieux) groupe de soutien sur le diabĂšte fĂ©lin. Dans ce cadre, je me suis penchĂ©e un peu plus sur la question de l’alimentation (voici notre fichier sur la nourriture), et j’ai aussi suivi il y a quelques annĂ©es une journĂ©e de cours “pour grand public” sur l’alimentation du chat (y compris rations mĂ©nagĂšres) avec un vĂ©tĂ©rinaire spĂ©cialisĂ©.

Et si vous me connaissez, vous savez que j’essaie de faire les choses bien et que j’ai une exigence de rigueur scientifique que je tĂąche d’appliquer aux sujets que j’aborde.

Croquettes, pùtée, ration ménagÚre?

Vous l’aurez compris, ce qui est important c’est que les besoins nutritionnels de l’animal soient couverts, au mieux. La “forme” n’a pas un grand impact. Il est possible d’avoir un rĂ©gime Ă©quilibrĂ© sous forme de croquettes, de pĂątĂ©e, ou de ration mĂ©nagĂšre.

Les croquettes sont rĂ©guliĂšrement diabolisĂ©es mais ça ne repose pas sur du scientifique, on est limite dans du “nutri-complotisme”. Au contraire, les croquettes sont un mode de distribution particuliĂšrement intĂ©ressant pour les chats, car elles permettent une alimentation Ă  volontĂ© et en libre-service qui correspond le mieux aux besoins de l’espĂšce en matiĂšre d’accĂšs Ă  la nourriture.

Le chat est un “grignoteur”, il va manger plutĂŽt 10-15 fois dans la journĂ©e, en petites portions, contrairement au chien qui va faire moins de repas mais plus gros.

L’explication repose sur le mode de chasse des deux espĂšces et qui imprĂšgne encore leurs besoins. Le chat chasse des petites proies, et va donc manger une sauterelle par-ci, une souris par-lĂ , un lĂ©zard ici, une autre souris
 au cours de sa journĂ©e de chasse. Avec les croquettes, on peut donc fournir au chat une alimentation “indĂ©pendante de l’humain” (oĂč l’humain ne joue pas pour le chat le rĂŽle de “distributeur de nourriture”, ce qui peut mener Ă  des problĂšmes de comportement liĂ©es Ă  l’alimentation) et Ă  laquelle il peut avoir accĂšs quand il en a besoin.

On veut aussi un aliment qui soit suffisamment bon pour que le chat le mange, mais pas tellement bon qu’il va aller le manger “parce que c’est bon”. On peut avoir ce souci avec certaines pĂątĂ©es trop appĂ©tantes, ce qui mĂšne Ă  ces situations oĂč le chat devient franc fou et se goinfre dĂšs qu’il est servi (sans compter l’histoire du chat dans les pattes qui miaule pour que le “distributeur de pĂątĂ©e ambulant” serve le repas).

La méchante croquette

Face Ă  cette “diabolisation” de la croquette, alors qu’en fait il s’agit d’un mode de distribution bien adaptĂ© tant aux besoins de l’animal qu’Ă  nos modes de vie, et qui permet tout Ă  fait un rĂ©gime Ă©quilibrĂ©, ça peut ĂȘtre utile d’en savoir un peu plus sur “l’industrie” du petfood.

Mais d’abord: pourquoi cette “diabolisation”? On pourrait certainement Ă©crire une thĂšse sur le sujet, mais disons dĂ©jĂ  que quand quelque chose ne va pas, on aime trouver un coupable (eh bien oui, quelqu’un doit ĂȘtre “responsable”, non? encore tout un chapitre
) – et que si l’on est dans un paradigme qui surĂ©value l’importance de l’alimentation sur la santĂ© et la maladie, qu’on sait que l’Ă©crasante majoritĂ© des animaux domestiques mangent des croquettes, qui plus est des grands groupes (Royal Canin, Hill’s, Purina Pro Plan etc.) dont on va trouver les gammes “pro” en cabinet vĂ©to, eh bien si on a le rĂ©flexe (simpliste je le rĂ©pĂšte) de se dire “mon animal est malade, ça doit ĂȘtre la nourriture” on va regarder le nom sur le paquet et dire “la marque xyz a rendu mon animal malade”.

Ces grandes marques qu’on aime dĂ©tester

Pour s’y retrouver dans l’industrie du petfood, ça aide un peu de savoir comment ça fonctionne. Oui, parce qu’il y a un autre biais dans notre histoire: on aime dĂ©tester les gros industriels et aimer les petites marques perçues comme artisanales ou familiales.

Mais faire du petfood, ce n’est pas simple, vous imaginez bien. L’avantage qu’ont les “grosses marques” sur les plus petites c’est qu’elles ont leurs propres usines, leurs propres vĂ©tĂ©rinaires nutritionnistes pour Ă©laborer et amĂ©liorer les recettes, qu’elles ont aussi suffisamment de masse de production et de moyens pour faire un vĂ©ritable contrĂŽle qualitĂ© des produits qu’elles mettent sur le marchĂ©, mettre sur pied des Ă©tudes pour valider l’action d’aliments Ă  visĂ©e thĂ©rapeutique qu’elles conçoivent (insuffisance rĂ©nale ou obĂ©sitĂ© par exemple), etc.

Les plus petites marques, surtout celles qui vous mettent un joli filet de poulet sur l’emballage (ne rĂȘvez pas) n’ont pas ces moyens. Elles achĂštent le plus souvent des aliments “sur catalogue” (marques blanches) auprĂšs d’usines “petfood” ou alors commandent un aliment en fonction d’une recette qu’ils auront achetĂ©e ou fait dĂ©velopper par un prestataire externe.

Leur coeur de mĂ©tier n’est pas l’alimentation de nos animaux, mais le marketing – parce que oui, c’est un marchĂ© juteux, surtout si on surfe sur la mĂ©fiance envers les gros acteurs Ă©tablis, la recherche de “naturel” (ou “sans cĂ©rĂ©ales” – encore toute une histoire), l’envie de traiter notre animal comme un membre de la famille et donc de le nourrir avec quelque chose qu’on pourrait imaginer manger nous-mĂȘmes. Ces marques ne font gĂ©nĂ©ralement pas de contrĂŽle qualitĂ© sur le produit final et n’ont donc que la parole de l’usine le produisant que ce qui a Ă©tĂ© livrĂ© correspond bien Ă  ce qui a Ă©tĂ© commandĂ©.

Sous couvert de nous offrir quelque chose de plus “sain/naturel/bio” pour notre animal, on se retrouve au final avec un aliment moins stable et moins bien contrĂŽlĂ©, et pour lequel on a parfois payĂ© le budget marketing de la marque bien plus que le budget recherche et dĂ©veloppement, ou production.

Cela ne signifie pas qu’il ne peut pas y avoir de bons produits parmi ces petites marques, mais juste qu’on ne peut pas le savoir, et on ne peut pas garantir que ça le reste.

Les marques (dispo en Suisse) qui font des aliments “qualitĂ© vĂ©to” (c’est donc de ces gammes qu’on parle, pas des produits de la mĂȘme marque mais qu’on trouve en supermarchĂ©, attention) et Ă©galement des aliments “thĂ©rapeutiques” sont au nombre de cinq: Royal Canin, Hill’s, Purina Pro Plan, Specific et Virbac. Tous ces aliments ne sont pas parfaits (l’aliment parfait n’existe pas) mais ils sont dĂ©veloppĂ©s par des professionnels travaillant pour ces marques, produits dans leurs usines qu’ils contrĂŽlent, analysĂ©es rĂ©guliĂšrement. Ce ne sont pas des aliments achetĂ©s sur catalogue Ă  une entreprise tierce.

Marketing quand tu nous tiens

En tant que maĂźtre d’animal, on veut le meilleur pour celui-ci, et vu la complexitĂ© du domaine de la nutrition animale, la quantitĂ© de dĂ©sinformation et nos connaissances souvent
 approximatives sur la question, on est trĂšs vulnĂ©rable au marketing. Celui-ci va jouer sur les biais et tendance idĂ©ologiques que j’ai dĂ©crites en premiĂšre partie de cet article. On va nous vanter du naturel, on va nous montrer des aliments appĂ©tants pour nous sur l’emballage (alors qu’ils ne correspondent pas Ă  la rĂ©alitĂ© de ce qui est dedans), on va surfer sur la vague des “prĂ©occupations” du jour: on veut du cru, on veut pas de cĂ©rĂ©ales – mais le petits pois ça va, donc?, on veut du sans gluten, du sans additifs, du surprotĂ©inĂ©, du “sans glucides” – ça n’existe pas, donc, du vĂ©gane, on veut de la “viande”


Parlant de viande, savez-vous que ce terme est rĂ©servĂ© Ă  l’alimentation humaine? Quelque chose d’autre qu’on aime diaboliser: les fameux “sous-produits animaux”. Mais savez-vous de quoi il s’agit? En fait, une fois que les morceaux destinĂ©s Ă  la consommation humaine ont Ă©tĂ© retirĂ©s de la carcasse, il reste toute une partie de l’animal que l’humain ne consomme pas: les restes de viande sur la carcasse, des abats, les os Ă©videmment, etc.

Pour des questions sanitaires, et pour Ă©viter que des morceaux sortis de la filiĂšre de consommation humaine y reviennent, ce qui reste de la carcasse Ă  ce stade est dorĂ©navant catĂ©gorisĂ© “sous-produit animal” et rĂ©servĂ© Ă  la filiĂšre du petfood. C’est une dĂ©nomination quasi administrative.

Il ne faut pas rĂȘver, on ne met pas de steak ou de filet de poulet dans l’alimentation pour animaux (imaginez simplement le prix, dĂ©jĂ ). Donc en fait, les “sous-produits animaux”, c’est rien d’autre que ce qui reste sur la carcasse aprĂšs qu’on se soit servi, et donc la source “normale” de protĂ©ines animales dans un aliment pour animaux. On peut ensuite y mettre plus ou moins de carcasse, plus ou moins d’abats, et ce genre de chose peut se “dĂ©tecter” avec certains calculs sur les composant analytiques des aliments.

Et la ration ménagÚre?

On peut faire une ration mĂ©nagĂšre Ă©quilibrĂ©e, pour autant qu’on y ajoute un complĂ©ment minĂ©ralo-vitaminĂ©, c’est possible. Mais attention, pas n’importe comment!

Une large majoritĂ© des recettes que l’on trouve sur internet ou dans des livres ne sont pas Ă©quilibrĂ©es. Il est donc impĂ©ratif, si vous souhaitez nourrir votre animal avec une ration mĂ©nagĂšre, de faire Ă©tablir ou au moins vĂ©rifier votre recette par un vĂ©tĂ©rinaire nutritionniste. Tous les vĂ©tĂ©rinaires ne sont pas nutritionnistes, loin de lĂ  – tout comme tous les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes ne sont pas spĂ©cialisĂ©s en nutrition et diĂ©tĂ©tique.

Cru, ça pose vraiment des problĂšmes sanitaires (et non, congeler ne vous dĂ©barrasse pas des bactĂ©ries, c’est mĂȘme comme ça qu’on les prĂ©serve) donc il faut au minimum faire du mi-cuit.

Perso, pour m’ĂȘtre amusĂ©e lors d’une formation Ă  essayer d’Ă©quilibrer une ration, j’ai pu voir que c’est vraiment pas simple (les maths ne me font pas peur, je prĂ©cise). Ensuite, il y a toute l’organisation et le travail de prĂ©paration, sans parler du coĂ»t. Tout ça, sachant que la ration mĂ©nagĂšre n’apporte pas de bĂ©nĂ©fices nutritionnels en tant que tel, c’est pas “meilleur” en soi que de la pĂątĂ©e ou des croquettes.

Je ne vois pas l’intĂ©rĂȘt, sauf en cas de situations particuliĂšres comme des intolĂ©rances alimentaires ou des besoins trĂšs spĂ©cifiques dĂ»s Ă  des maladies, mais aujourd’hui le rayon des aliments thĂ©rapeutique est vraiment bien fourni.

Que fait Steph?

Chez moi, c’est croquettes gamme vĂ©to, en libre-service et Ă  volontĂ© (silos Ă  croquettes, mais suivant les chats boules Ă  croquettes et plateaux d’activitĂ©). Je n’ai pas de religion particuliĂšre entre les “5 grandes marques”, ce qui m’importe c’est que le chat aime assez l’aliment et le tolĂšre bien.

Ces derniĂšres annĂ©es j’ai plutĂŽt eu de vieux chats malades, donc aliments thĂ©rapeutiques (diabĂšte, insuffisance rĂ©nale, arthrose). Il y a eu une pĂ©riode oĂč j’ai dĂ» donner Ă  un de mes chats de la nourriture humide (inflammation de la bouche), et lĂ  je suis partie sur un Sheba, dont l’analyse Ă©tait pas trop moche (j’ai sollicitĂ© mes copines du groupe DiabĂšte FĂ©lin qui aiment faire ce genre de calculs), pas trop riche en glucides car il s’agissait d’un chat diabĂ©tique (un autre sujet
). Pas mon premier choix d’aliment mais vu le contexte c’Ă©tait le meilleur, pendant quelques mois, avant de pouvoir reprendre l’alimentation habituelle.

Je veux en savoir plus!

Dans ce que je vous ai racontĂ© ici il y a des approximations, peut-ĂȘtre des choses pas 100% prĂ©cisĂ©ment exactes. Ce que j’essaie surtout de faire c’est de vous donner un tableau d’ensemble du contexte dans lequel se posent ces questions alimentaires, et quelques infos sur l’industrie pour ne pas trop se laisser avoir par les marketeux. Si vraiment le sujet de l’alimentation vous intĂ©resse, voici quelques-unes de mes sources prĂ©fĂ©rĂ©es sur le sujet:

RIP Erica [fr]

Ça peut finir comme ça
Une vie de chat
Au Tierspital
Le jardin a fait place
A une cage Ă  oxygĂšne
La liberté
Aux machines
Tu n’es dĂ©jĂ  plus lĂ 
MĂȘme si ton coeur bat
Tu as fait de ton mieux
Et nous aussi
Mais ça n’a pas suffi

Entre mes larmes
Un festival de “j’aurais pu”
Le doute toujours
Inévitable
On aurait bien pu faire autrement
Mais au final

Tu n’as pas juste fait mieux que rien
Me dit-elle sagement avec amour
Tu as été splendide
Tu as donné tout ce que tu pouvais
Quand il en avait besoin
Sans pour autant te griller complĂštement
Au point de ne plus pouvoir ĂȘtre lĂ  pour toi
Ou pour d’autres qui ont et auront besoin
De ce que tu pourras leur donner
Ce que tu fais est suffisant
Et parfait
Parce que tu l’as fait
Les hypothétiques et les regrets
Feront toujours pĂąle figure
Face au vrai
Face au réel
Face au fait

Ça peut finir comme ça
Une vie de chat
Pas comme on voudrait
Jamais vraiment comme il faudrait
Avec des regrets et des doutes
Des larmes plein le coeur
Et des nuits sans sommeil.

17.02.2023
Erica nous a quittĂ©s au petit matin, malgrĂ© l’excellente prise en charge dont il a bĂ©nĂ©ficiĂ© nuit et jour toute cette semaine au Tierspital de Berne pour un abcĂšs au foie.

Quintus, 1 an [fr]

13.12.2021, 21:20

Demain, le 14 dĂ©cembre, cela fera un an jour pour jour que j’ai dit adieu Ă  Quintus. J’ai rĂ©cupĂ©rĂ© ses cendres, comme je l’ai fait pour mes autres chats, et depuis, il y a une petite boĂźte sur ma table de nuit, tout prĂšs du coin du lit oĂč il a passĂ© une grande partie de ses derniĂšres annĂ©es.

Je n’avais pas le coeur de le mettre ailleurs. Alors le projet, c’est d’aller disperser ses cendres dans le jardin, comme je l’ai fait pour Bagha, Safran, et Tounsi avant lui. Alors c’est dur tout court, de faire ça, mais lĂ , doublement dur parce que ses derniĂšres annĂ©es de vies Ă©taient tellement peu dehors.

Mais je veux me souvenir aussi des annĂ©es oĂč il passait des heures installĂ© sous le buisson devant l’immeuble, oĂč on se promenait avec Tounsi autour du bĂątiment, oĂč il courait Ă  travers le gazon, chassait, et grimpait mĂȘme aux arbres.

Alors demain, je prendrai mon courage Ă  deux mains, mĂȘme si je ne suis absolument pas prĂȘte, et je ferai un pas de plus dans ma vie sans Quintus.

14.12.2021, 18:08

Il y a des moments oĂč il faut aller de l’avant avec la vie, mĂȘme si ça fait mal. Se souvenir que le chat qu’on aimait, avec son corps si chaud, ses poils si doux, son odeur, sa truffe humide, son ronron et ses coups de langue, et bien maintenant, c’est un petit tas de poussiĂšre dans une boĂźte. Que c’est fini, qu’il n’est plus lĂ , qu’il est mort, pour toujours. Qu’il est temps d’aller de l’avant dans la vie, sans le chat.

Alors j’ai regardĂ© cette poussiĂšre, qui n’est plus rien du chat que j’aimais, qu’un souvenir, et bien moins vivant que celui qui est dans mon coeur, quelques grammes symboliques que je vais rendre au jardin qu’il aimait, avec quelques larmes, la mĂ©moire des prĂ©cieuses annĂ©es ensemble, la poussiĂšre qui s’envole et le sable qui tombe au sol.

Et puis, renter Ă  la maison, faire un cĂąlin au chat qui est lĂ , tout chaud, tout vivant, et qui un jour aussi, si on a de la chance, sera un petit tas de poussiĂšre et de sable, au fond d’une boĂźte.

Ecouter: partie 1 | partie 2

Avoir un animal est une charge financiĂšre qu’il faut pouvoir assumer [fr]

[en] Having a pet is a financial responsibility. Get health insurance for your pet or start a "health savings" account for them. They will fall sick and die someday, inevitably. See your vet at least once a year for a check-up and head to the clinic early if you suspect something is going on.

Je viens de regarder la vidĂ©o ci-dessous et je souhaiterais reprendre certains des conseils de l’oratrice aux propriĂ©taires de chats et de chiens – auxquels je m’associe:

  • prenez une assurance-maladie pour votre animal – ou bien prĂ©voyez un compte-Ă©pargne pour lui, afin de ne pas vous trouver dans la situation oĂč il a besoin de soins que vous ne pourrez pas vous permettre
  • voyez votre vĂ©tĂ©rinaire au moins une fois par an pour un contrĂŽle, et le plus tĂŽt possible en cas de suspicion de problĂšme
  • ne donnez pas d’animaux en cadeau, mĂȘme dans la famille: un animal est non seulement une charge financiĂšre mais aussi une charge niveau temps, et le maĂźtre doit prendre cette charge en connaissance de cause.

Un animal, mĂȘme si on l’adopte petit, va tĂŽt ou tard tomber malade ou avoir un accident, vieillir, et finalement mourir.

Outre le groupe de chats diabĂ©tiques que je gĂšre, je suis dans nombre de communautĂ©s “chats” en ligne. Et tous les jours ou presque, je vois des situations passer oĂč les soins Ă  l’animal sont compromis par l’aspect financier. Je sais, ce serait moche de devoir dire “si t’as pas de thunes, tu peux pas avoir un animal”, mais un animal ça coute, et il faut tenir compte de ça quand on dĂ©cide d’adopter.

Il y a des gens qui renoncent Ă  avoir une voiture car ça coĂ»te trop cher. Il y a des gens qui renoncent Ă  avoir un enfant de plus pour des raisons financiĂšres. Il y a des gens qui renoncent Ă  vivre dans une plus grande maison ou un plus grand appart car ça coĂ»te trop cher. Et il y a des gens qui renoncent Ă  prendre un animal, de plus ou tout court, parce qu’ils ne pourront pas assumer financiĂšrement les frais inĂ©vitables qui pointeront le bout de leur nez.

Pour info, en Suisse, pour assurer mes vieux chats, je paie environ 350.-/an. Les associations demandent des frais d’adoption, et ce n’est pas juste pour couvrir les frais engagĂ©s pour l’animal jusque-lĂ . Si vous ne pouvez pas payer les frais d’adoption ou la prime annuelle d’assurance, il faut vraiment vous poser la question si la charge d’un animal est quelque chose que vous pouvez assumer financiĂšrement.

Cette annĂ©e, Oscar et sa bouche ont gĂ©nĂ©rĂ© pas moins de 4000.- de frais vĂ©tĂ©rinaires (heureusement, remboursĂ©s par son assurance). D’aucuns diront: je ne paierais jamais autant! Sauf que c’est pas “tu te pointes chez le vĂ©to, et on te fait un devis Ă  4000.-“. C’est d’abord 500. Puis 300. Puis 700. Puis 1000. A quel moment tu dis “OK lĂ  j’arrĂȘte les soins que j’ai dĂ©marrĂ©s et je renonce Ă  faire la chose de plus qui a une chance de rĂ©gler la situation, et j’euthanasie mon animal”? Parce que laisser souffrir un animal malade, j’espĂšre que tout le monde est d’accord que ce n’est pas acceptable.

Je connais maintenant plusieurs vĂ©tĂ©rinaires. Je gĂšre aussi un groupe dans lequel il y a environ 300 vĂ©tĂ©rinaires – le groupe n’est pas trĂšs actif, mais tout de mĂȘme, “l’envers du dĂ©cors”, comme vous l’entendrez dans la vidĂ©o, si vous l’Ă©coutez. Je vous prĂ©viens, c’est dur. C’est pas pour rien que la profession vĂ©tĂ©rinaire affiche un taux de suicides record. J’entends dans les groupes souvent des paroles trĂšs dures envers les vĂ©tĂ©rinaires, et c’est rĂ©guliĂšrement dans des situations oĂč le dĂ©tenteur de l’animal n’a pas les moyens pour les soins qu’il faudrait, ou a longtemps tardĂ© Ă  consulter par peur des frais, pour se retrouver finalement dans une situation critique et bien plus onĂ©reuse.

Dans le groupe DiabĂšte FĂ©lin, il y a une rĂšgle stricte interdisant ce qu’on appelle le “vĂ©to-bashing”. J’y tiens. On peut ĂȘtre en dĂ©saccord sur des dĂ©cisions, on peut mĂȘme considĂ©rer qu’un praticien n’a pas offert une prise en charge adĂ©quate (quand ça touche au diabĂšte fĂ©lin, je vous assure qu’il y a souvent Ă  redire). Mais l’agression, le mĂ©pris, les insultes: cela n’est jamais acceptable.

Comme le dit l’oratrice, le milieu professionnel vĂ©tĂ©rinaire a ses problĂšmes. Mais une partie de ce qui influe sur la pĂ©nibilitĂ© de la profession est entre nos mains Ă  nous, maĂźtres-dĂ©tenteurs-propriĂ©taires-domestiquĂ©s. Et nous pouvons y remĂ©dier relativement simplement, en incluant dans notre planification budgĂ©taire de quoi subvenir aux besoins mĂ©dicaux de nos animaux, d’une façon ou d’une autre.

Ainsi, on prend soin de son animal, de soi, et de son vétérinaire.