Traduction suisse romande de WordPress.com [fr]

Il y a quelque temps déjà, on m’a très gentiment donné les clés (merci, !) de la traduction suisse romande de WordPress.com. Chacun peut contribuer à la traduction grâce au système GlotPress — il suffit d’être connecté à votre compte WordPress.com.

Pourquoi une version romande? Comme vous le savez, le français d’ici et le français d’outre-Atlantique (et même d’outre-Léman) ne sont pas tout à fait les mêmes. Plutôt que de lutter contre “blogues”, “courriels” et autres “plans du domaine” qui apparaissent quand on mélange des francophones trop divers, je vous propose donc de mettre sur pied une petite coalition romande pour qu’on ait à disposition une jolie traduction helvético-compatible.

Si ça se passe bien, il pourrait même être question de procéder de même pour WordPress.org… Donc lancez-vous, même si vous êtes plutôt .org que .com! (On peut — enfin je peux — exporter/importer des traductions…)

Pour vous y mettre:

– allez hop, une petite traduction ou deux le matin avant de démarrer

– partez à la chasse au courriel ou au blogue grâce au filtre

– dans votre blog WordPress.com, allez sous Réglages > Général et choisissez comme langue “Français de Suisse” (fr-ch)

– quand vous remarquez une erreur de traduction, allez vite proposer une meilleure traduction en la retrouvant grâce au filtre

Qui s’y lance avec moi?

Vie privée: "Big Brother" contre "ta mère sur Facebook" [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Le thème de la vie privée en ligne (ou son absence) est plutôt présent ces jours. Facebook, oui, bien sûr. Je vous ai déjà dit que ça me sortait un peu par les oreilles, ces histoires de vie privée, partiellement parce qu’on ne cesse de me questionner sur le sujet (enfin là on cesse, enfin, ouf) et partiellement parce que je pense qu’une fois encore, on se fait un peu mousser pour rien.

Je m’explique.

La “problématique” de la vie privée en ligne se résume à mon sens en deux volets.

Premièrement, celui que j’appellerais “ta mère/ton boss sur Facebook“. Dans les espaces numériques semi-publics, il n’est pas toujours aisé de garder à l’esprit qui a accès à quoi. On ne comprend pas bien comment fonctionnent les droits d’accès. On oublie que les objets numériques sont infinement copiables et diffusables, acquérant par là une forme d’immortalité.

Du coup, on s’attire des ennuis parce qu’on publie dans un espace plus public qu’on ne l’imaginait des informations que l’on aurait souhaité garder un peu plus privée. On fait des choses bêtes comme se plaindre amèrement de son travail sur Facebook alors que son patron y a accès. On pense que son mur est visible uniquement aux amis, alors qu’il s’étale sous les yeux des amis d’amis (autant dire “tout le monde”). On voit ressortir des photos de jeunesse publiées à l’époque sur un forum peu fréquenté, et qu’on avait complètement oubliées entre-temps.

Vous voyez l’idée?

Deuxièmement, “Big Brother“. On confie à des entreprises ou des institutions (même des gouvernements) une quantité effrayante d’informations à notre sujet, et l’on peut craindre qu’il en sera à un moment donné fait mauvais usage. Facebook et Google s’en servent pour nous mettre des pubs ciblées sous le nez, mais ça peut aller plus loin. 1984 est loin derrière nous, mais le spectre de Big Brother est encore bien présent.

Même si ces deux problématiques se rejoignent par endroits, je crois qu’il est important de les distinguer dans nos discussions autour de la vie privée en ligne. A mélanger les deux, on plaque sur des incidents genre “ton directeur sur Facebook” les peurs de Big Brother, alors qu’on paie par carte de crédit sans sourciller depuis des années, que Cumulus et Supercard se tiennent bien chaud dans notre portefeuille, que nos banques sont informatisées depuis belle lurette, nos dossiers médicaux sont en bonne voie de le devenir, et qu’on parle régulièrement de vote électronique.

Vous voyez où je veux en venir? On a deux poids, deux mesures pour notre peur de Big Brother: on flippe dès qu’il s’agit d’internet, alors qu’on n’y pense même plus pour les actes quotidiens que l’on fait depuis des années. Et en ligne comme hors ligne, les garde-fous sont avant tout juridiques et règlementaires, avant d’être technologiques — ou même éducatifs. A mon avis, donc, pas mal de bruit pour rien, surtout s’il provient de personnes qui sortent sans hésiter VISA ou Mastercard. Il faut en parler, certes, mais s’alarmer, c’est plutôt contre-productif.

Je pense que la problématique “ta mère sur Facebook”, par contre, est à prendre beaucoup plus sérieusement qu’elle ne l’est. Nous avons un besoin urgent d’apprendre à vivre dans ces espaces numériques semi-privés, où notre intuition ne nous sert malheureusement pas tellement. La solution, là, est de l’ordre de l’éducation — et je peux vous dire, il y a du boulot.

Security Fail (Big Time) [en]

[fr] Quand on dit que les questions de sécurité sont le maillon faible... Voici un exemple magnifique en action. Visiblement implémenté par quelqu'un n'ayant à disposition qu'un demi-cerveau.

Sometimes I come across stuff online that makes me really mad. Like this:

Security Question Weak Link

And it gets better (yeah, they tell you this after you’ve tried defining your password, of course):

Oh yeah, ask stupid security questions and be tough on your password criteria

Honestly, what were they thinking?! Answer: they weren’t thinking. This was clearly designed by somebody with half a brain. And approved by somebody with half a brain.

This is the online equivalent of putting three locks on your door and leaving the window wide open just next to it.

Anybody with about 5 minutes to spare can easily find my answer to any of these three “secret questions” (aha!) by digging around a bit online.

This is just plain STUPID.

Apprendre à se dire non [fr]

[en] Saying no to others (when you don't want to do something) is one thing (it requires dealing with one's fear of displeasing the other), but saying no to yourself is another (which requires learning to deal with frustration). I'm not too bad at the first one, and on the way there with the second.

Dire non, ça se divise pour moi en deux catégories:

  • savoir résister à la pression d’autrui qui désire nous faire accepter quelque chose que l’on n’a pas particulièrement envie de faire (consciemment ou non)
  • savoir résister à ses propres élans de se lancer dans des choses nouvelles, que ce soit en réponse à la demande d’autrui ou par désir d’entreprendre (ses propres projets).

Il y a une limite un peu floue entre les deux (comme quand on veut rendre service — quoique), mais grosso modo, cette distinction permet d’appréhender le problème intelligemment.

En effet, dans le premier cas de figure, ce qui nous retient est la peur de déplaire à l’autre. Dans le deuxième cas, c’est la difficulté à se frustrer.

En ce qui me concerne, je n’ai maintenant plus trop de peine à dire non quand je veux dire non (premier cas de figure). Je crois qu’un pas important sur le chemin a été de refuser de donner une réponse “à chaud”, et de dire quelque chose comme “laissez-moi regarder ça, et je vous donne réponse dans 24h” ou bien “a priori je te dépanne volontiers, mais laisse-moi te dire demain si c’est vraiment possible pour moi ou non”. Vous voyez l’idée.

Par contre, me dire non à moi, c’est beaucoup plus difficile. Je suis d’ailleurs en plein dedans, là. J’ai toujours plein d’idées de choses à faire, la vie est pleine de choses fascinantes à entreprendre, et régulièrement, j’ai les yeux plus gros que le ventre de mon agenda.

Et alors il faut faire le tri. Accepter que je dois renconcer à faire certaines choses que j’aimerais beaucoup faire, pour pouvoir faire celles auxquelles je tiens encore plus. Cela demande d’être au clair de ses priorités. Si on refuse de hiérarchiser, on finit par vouloir le beurre et l’argent du beurre (sans mentionner le désormais incontournable fils de la crémière).

Warning Signals [en]

With the years, I’m getting better and better at identifying early warning signs. Human beings (I’m no exception) have this tendancy to dig themselves into holes now and again, but not realise they’re digging them or even inside them until the waters are closing on over their heads.

For the past month I’ve been looking at my calendar with increasing dread. I’ve barely been blogging. Things haven’t been spinning out of control, though, but I’ve been tired and more stressed than I like and kind of thinking “gosh, how am I going to manage all this”. At the same time, I’ve been refusing to make some hard choices regarding the things I want to do. Dropping one or the other was not an option.

I’m talking mainly about non-work things here. And things I do for me (as I might have mentioned somewhere before, I’ve become reasonably competent at not saying yes when I want to say no to other people, so I don’t end up with commitments I’d like to wriggle out of as often as I did a few years ago).

Yesterday, I realised that I was setting myself up for a couple of inhuman weeks before the end of the year, but that I was refusing to consider that I might have to let go of something. This is the cousin of “I really need a break now but there’s no way I can manage to take one“.

Something clicked. I realised that I was wanting to do everything. That clearly there was too much on my plate, that I was not Superwoman, but that I was refusing to set priorities between all these different things I wanted to do. So, I knew what I had to do: accept that I have to sit down and decide what is most important for me, and what is less important. I did that, decided to let go of something, and though it really saddens and frustrates me not to be able to do it (in addition to the umpteen other things I’m already doing), I feel better.

The important point here is the warning signals. If I look back at the journey of these last years, one constant for me has been to learn to spot warning signals that I’m leading myself somewhere I don’t want to go, and spot them earlier and earlier. And figure out what to do when I spot them.

And I’m happy to say I’m getting pretty good at it!

What about you? How good are you at recognizing your warning signals? When you recognize them, do you know what to do to keep things from going further downhill?

Facebook et le web sans se casser les dents [fr]

[en] A prezi for a conference I gave to 17-20 year olds in Monthey.

Voici le prezi que j’ai utilisé ce matin pour ma conférence à l’attention des élèves de l’ECCG de Monthey.

Le prezi est un peu laconique bien entendu (ce qui était important, c’est ce que je disais) — mais pour ceux qui étaient là, ça vous donne accès aux liens, et pour ceux qui n’y étaient pas… ça vous donne une vague idée!

Je sais, je sais, les jours passent et je ne blogue pas. Ça va revenir ne vous en faites pas, je commence à sortir la tête de l’eau. Je commence.

Kickstarter: un modèle pour financer les projets créatifs [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping. This one is about Kickstarter -- and I strongly encourage you to back my friend Suw Charman-Anderson's Argleton project (writing, bookbinding, and geo-location game all in one!)

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Dans ma chronique de la semaine dernière, je vous invitais à écouter Dan Pink parler de motivation. Je résume très grossièrement: une fois que la paie pour une tâche (ou un travail) règle les préoccupations monétaires de base (avoir “assez d’argent pour vivre”), ajouter plus d’argent à l’équation tend à réduire la qualité et l’efficacité du travail (à moins que celui-ci soit de nature purement mécanique ou machinale). Les véritables motivateurs sont intrinsèques (autonomie, maîtrise, sens).

Je vois ceci appliqué pratiquement un peu partout sur le web et dans mon milieu professionnel. De ma décision personnelle (et celle de bien d’autres!) de ne pas avoir de tarif horaire à des projets comme Kickstarter, le message est clair: du moment qu’on s’y retrouve financièrement, c’est autre chose qui nous pousse à faire ce que l’on fait.

Je voudrais m’arrêter aujourd’hui quelques instants sur Kickstarter (et ses frères). Etes-vous le genre de personne qui rêve d’entreprendre un projet créatif (écrire un livre, faire un film, partir en reportage à l’autre bout du monde, enregistrer un album, ou développer un programme extraordinaire…) — seulement voilà, pour réaliser votre projet, il vous faudrait prendre trois mois de congé non payé ou réduire votre pourcentage de travail, ce que vous ne pouvez pas vous permettre?

Kickstarter prend quelque chose qui existe (le mécénat collectif, le soutien financier de parents, amis et fans) et le formalise. Voici comment ça marche:

  • le porteur de projet inscrit celui-ci dans Kickstarter
  • il définit le montant dont il a besoin pour pouvoir mener à bien son projet, et une date-butoir
  • il crée un certain nombre de “packs”: par exemple, si vous contribuez 5.- ou plus au projet, vous recevez une version électronique du livre, si vous contribuez 50.-, vous recevez une copie du livre autographiée, etc. (c’est là qu’il faut être créatif!)
  • les personnes désirant soutenir un projet font une promesse de versement via le site
  • dès que le montant total de financement est atteint, toutes les versements promis sont débités (ainsi, les “backers”, comme le site les appelle, ne risquent pas d’investir de l’argent dans un projet qui ne verra pas le jour)

Bien entendu, il n’y a rien de magique là-dedans: il faut un bon projet, convaincre autrui d’y contribuer financièrement, et remercier correctement les contributeurs. Parmi bien d’autres, Robin Sloan a trouvé près de 600 personnes pour soutenir l’écriture de son petit roman Annabel Scheme. Quatre étudiants en informatique récoltent près de $200’000 (20 fois plus que ce qu’ils attendaient) afin de pouvoir consacrer leur été à la finalisation de diaspora, un réseau social décentralisé qui se présente comme une alternative ouverte et non-commerciale à Facebook.

Et sans grande surprise, dans ces deux projets (et bien d’autres que vous trouverez), le produit final est mis gratuitement à disposition au public.

A ceux qui se lamentent sur la désagragation des modèles économiques traditionnels des “industries créatives” (quel oxymore!), il y a à mon avis beaucoup d’inspiration à trouver pour l’avenir dans des initatives comme Kickstarter.

Update 31.05.2010: mis en route ce dimanche par mon amie Suw Charman-Anderson, un projet d’écriture et de jeu collectif à soutenir: Argleton.

Cascais, les pieds dans l'Atlantique [fr]

[en] As the editor for ebookers.ch's travel blog, I contribute there regularly. I have cross-posted some of my more personal articles here for safe-keeping.

Cet article a été initialement publié sur le blog de voyage ebookers.ch (voir l’original).

J’ai profité de ma dernière journée entière à Lisbonne (26°C) pour aller faire un saut du côté de Cascais (prononcer “cache-caillche” — comme cache-cache mais avec un “y” vers la fin). J’avais envie de voir l’océan et d’y tremper mes orteils.

(Je sais, je vous avais promis l’Océanarium lors de mon dernier article sur Lisbonne, mais comme Nathalie est passée par là avec l’aquarium de Barcelone, je préfère ne pas vous assomer d’articles aquatiques et pisciformes. En attendant, vous pouvez toujours jeter un oeil aux photos.)

Donc, Cascais. Pas loin de Lisbonne (10-20km), petit village de pêche à l’origine qui s’est bien touristisé, et qui ne semble pas encore complètement pourri par le processus, en tous cas à cette période de l’année.

Cascais 02

Cascais 05

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Carotte et créativité ne font pas bon ménage [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Plutôt que de vous parler de la nouvelle boulette (je suis gentille) de Facebook au sujet de nos vies privées (le sujet me sort par les oreilles, pour être honnête), je vais faire une petite digression pour vous parler de motivation.

Le monde connecté, ce n’est pas que la technologie (j’espère ne pas vous avoir donné l’impression que c’était le cas). C’est aussi le hasard des rencontres qui n’auraient jamais eu lieu sans cette technologie. C’est les réseaux et les communautés, dopés par ce qu’on appelle aujourd’hui les médias sociaux (rassurez-vous, demain on aura trouvé un autre nom). C’est les choses intéressantes qui vous tombent entre les mains d’on-ne-sait-où, sans qu’on les ait cherchées. Le réseau qui vous les offre en cadeau.

J’écris cette chronique de Lisbonne. J’ai bravé le nuage de cendres pour aller donner une poignée de conseils pour indépendants lors de la conférence SWITCH à Coimbra — conférence mise sur pied par Ricardo Sousa, 17 ans, et son équipe à peine plus âgée. A SWITCH, j’ai fait quelques rencontres marquantes, dont , sur le blog duquel j’ai fait un saut en début d’après-midi après avoir retrouvé mon wifi lisbonnais.

Et c’est là que je tombe sur cette vidéo, que Zé nous dit de regarder et regarder à nouveau. Elle est en anglais — je vous encourage à braver la barrière linguistique durant 10 minutes, et à revenir ensuite ici. Je ne bouge pas.

Dan Pink, l’orateur que vous entendez dans la vidéo, nous apprend qu’il a été scientifiquement démontré (je pèse mes mots) que les récompenses monétaires élevées ont un effet néfaste sur le travail lorsque celui-ci fait appel un tant soit peu à nos forces créatives. Les meilleurs motivateurs sont intrinsèques: l’autonomie, la maîtrise, et le sens. Quand on réalise que le monde du business fonctionne en grande partie sur des principes que la science a démontré comme erronés…

A mon avis, on peut appliquer tout ceci à l’utilisation des médias sociaux en entreprise, et surtout à la volonté hypertrophiée de tout mesurer — parfois à tort et à travers — afin de savoir si on en retire réellement quelque chose. Mais c’est pour un autre jour!

Si je vous ai donné envie d’écouter Dan Pink mais que votre anglais pédale un peu dans la choucroute, vous pouvez voir ici sa conférence TED sur la motivation, avec sous-titres français. C’est beau le web, non?