Commentaires et bonnes manières: 8 conseils [fr]

Allez, je vais faire un peu ma Nadine de Rothschild, et vous proposer une petite séance de savoir-vivre blogosphérique. Les manières pour les manières, c’est clair, c’est barbant, mais elles ont généralement un sens. En l’occurence, faire preuve de bonnes manières lorsque l’on laisse un commentaire sur le blog de quelqu’un, c’est avant tout:

  • s’assurer que celui-ci ne sera pas confondu avec du spam
  • lui assurer au moins une chance de publication.

Mais de quelles bonnes manières est-ce que je parle? Etre poli, c’est bien joli (en effet, même sur un blog, être respectueux et éviter d’insulter son prochain passe toujours bien) — mais est-ce que ça m’évitera d’être confondu avec un spammeur?

Je m’explique un peu avant de vous donner ma petite liste de préceptes à suivre (ou ne pas suivre). Les spammeurs sont malins. Les créateurs de filtres anti-spam (comme Akismet) le sont aussi. On assiste à une véritable course aux armements, et les spammeurs font tout ce qu’ils peuvent pour embrouiller les filtres à spam, et faire en sorte que leur spam ressemble à un véritable commentaire. (C’est exactement le même processus pour ce qui est du spam d’e-mails.) Parfois, il n’est pas aisé de reconnaître au premier coup d’oeil (même pour un blogueur expérimenté) s’il s’agit ou non de spam.

Une autre plaie des commentaires de blog, c’est la déferlante de marketeux ou autres individus auto-promotionnels maladroits ou carrément imbéciles: mon blog n’est pas une plate-forme de promotion pour autrui, et l’art de ramener du traffic vers son blog en laissant ailleurs des commentaires est délicat, et doit être manié avec goût.

Donc, histoire d’éviter que votre commentaire se retrouve à la poubelle (ou pire, dans le piège à spam), voici ce que je vous recommande.

  1. Signez de votre nom: vous avez un nom, utilisez-le. Une discussion a lieu entre êtres humains. Si vous signez du nom de votre boîte, c’est au mieux déplaisant (je ne discute pas avec des boîtes, moi), au pire une utilisation de mon blog comme plateforme publicitaire. Il va sans dire qu’un pseudonyme bien établi peut servir de nom, mais attention: je ne fais pas une enquête en ligne au sujet de l’auteur de chaque commentaire que je dois approuver, donc à vos risques et périls.
  2. Donnez une URL personnelle: à la base, les commentaires se faisaient entre blogueurs, et le champ URL ou “site web” était là, bien évidemment, pour qu’on y mette l’adresse de son blog. L’adresse, donc, d’un site personnel qui pourra informer sur l’auteur du commentaire. En près de neuf ans, le paysage a certes changé, mais si l’URL que vous fournissez ne semble pas mener au “site de quelqu’un”, mauvais point. Faire un lien vers un article particulier pue l’auto-promo excessive, la plupart du temps. Un lien vers le site de son entreprise, c’est limite: n’avez-vous pas d’autre identité que celle d’employé? Si vous êtes là pour représenter votre boîte, à la limite… mais cela ne marchera bien que dans un contexte de support.
  3. Orthographe! Je sais que je suis parfois une pinailleuse sur ce sujet (ex-prof de français, on ne se refait pas), mais là aussi, il y a les limites raisonnables et le dépassement de ces limites. Language SMS-kikou-lolllll? Passez votre chemin (votre commentaire, en tous cas, passera le sien). Ponctuation et orthographe frisant l’illétrisme? Préférez un commentaire vidéo (lien Seesmic en bas de chaque champ de commentaires). On a le droit de faire des fautes, tout comme on a le droit de sortir mal vêtu. Mais pas tout nu.
  4. Ajoutez de la valeur: de nombreux spammeurs essaient de pourrir les filtres en laissant des commentaires gentils comme “super article!” ou encore “merci, ça m’a été très utile”. On apprend vite à ne pas se laisser aveugler par la flatterie! Si vous laissez un commentaire, assurez-vous que vous apportez quelque chose aux lecteurs futurs de l’article commenté. Sinon… abstenez-vous. Si on se connaît, c’est différent, mais si on ne se connaît pas, s’arrêter pour “lâcher un comm'” un peu vide, ce n’est pas une entrée en matière très respectueuse de l’autre.
  5. Freinez vos élans dissertatifs: les commentaires sont là pour apporter des compléments d’information à l’article principal, ou héberger un débat ou une discussion y prenant naissance. Veillez donc à ce que vos contributions soient digérables dans un contexte conversationnel. S’il vous prend l’envie de partir dans une envolée lyrique sans fin, ou de rédiger sur un coup de tête votre travail de thèse, votre blog est le meilleur endroit pour le faire. Laissez ensuite un commentaire aux dimensions modestes incluant un lien vers votre article. Pas de blog? C’est par ici. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire de longs commentaires, juste… qu’il y a des limites. (Une dissertation dans les commentaires d’autrui, c’est soit dit en passant le meilleur moyen de tuer toute conversation en ayant justement l’air de lancer le débat.)
  6. Restez dans le sujet: l’article que vous commentez parle d’un problème de ventilateur MacBook? Evitez d’y laisser un commentaire détaillant votre dernière visite de Rome (sauf éventuellement si c’est en lien avec un problème de ventilateur MacBook). Les conversations dévient, on peut parler de choses en rapport par association, mais si le lien n’est pas évident, ça ne fait pas de mal d’expliquer pourquoi on laisse le commentaire qu’on laisse.
  7. Publicisez avec doigté: si vous êtes là pour (entre autres, on l’espère) attirer l’attention sur un autre produit ou article, réfléchissez à deux fois et dégainez votre tact. Est-ce que votre commentaire apporte véritablement quelque chose aux autres lecteurs, ou n’est-il qu’un prétexte à pousser un lien, un nom, ou une idée? Avez vous assez de “capital social” pour le faire? (Tiens, une idée d’article vient de germer dans mon cerveau…) — Chez moi, les commentaires trop franchement publicitaires (à plus forte raison si je n’en connais pas l’auteur) passent direct à la trappe. Dans le doute, abstenez-vous.
  8. Politesse, respect, tout ça: ça ne fait jamais de mal de le redire, mais personne n’est obligé d’accepter dans son salon un individu irrespectueux, malpoli, et qui crache par terre. Vos commentaires sont votre présence dans le salon du blogueur qui les héberge. On peut ne pas être d’accord (c’est même là pour ça, les commentaires) — mais un minimum de politesse et de respect s’impose.

Comme vous le voyez, les trois premiers conseils ont vraiment trait à la forme ou aux métadonnées de votre commentaire. C’est la première chose que regardera celui qui modère les commentaires (avec un coup d’oeil au contenu).

Et vous autres blogueurs, quelle politique exercez-vous pour la validation de commentaires sur votre blog? Durant longtemps, j’ai tout tout tout publié (sauf le spam), mais ces dernières années, le spam devient parfois franchement difficile à distinguer de certains commentaires vides de contenu et de présence humaine, et je sabre donc plus lourdement qu’auparavant dans les commentaires “douteux”.

Solved Another MacBook Fan Problem! [en]

[fr] En recherchant la cause d'une trop grande activité du processeur (et donc du ventilateur) de son MacBook, ne pas oublier d'afficher "tous les processus" dans Activity Monitor. Sinon, on risque de rater MozyBackup, par exemple, qui a piqué une crise et décidé d'utiliser 99.6% du processeur...

Remember how happy I was after solving my print-queue-related MacBook fan problem? Well, for the last few days, my fan has been noisy again. I had a vague suspicion the noise coincided with when I reactivated my Mozy account and endeavoured the get my computer backed up again remotely. However, the fan remained noisy even when Mozy wasn’t uploading or being active.

A friend of mine dropped by on IM to help me troubleshoot. I went through Activity Monitor, sorted the processes by CPU, and closed off those that were using the most ressources — to no avail. The highest process on the list was using 4.5% of CPU ressources, and iStat Nano (a dashboard widget I heartily recommend) was still telling me my fan was running at around 6200rpm and my CPU temperature was approaching 70°C. I could also see that the graph depicting CPU activity was showing it pretty active overall.

I bit at loss over what to do next. Clicking around in iStat Nano, I noticed that at the top of the process list there was MozyBackup, using up 99.6% of my CPU! The reason this process didn’t appear in Activity Monitor was that I was filtering “My Processes” instead of viewing all processes, and MozyBackup was running as root.

Activity Monitor

I killed (force quit) MozyBackup, and it popped up again. I killed it again. And again. By that time, my friend had unearthed this article about Mozy Backup going crazy, where I learned that MozyBackup coming back from the dead was normal (it’s a feature).

Thankfully, once I’d killed MozyBackup a few times, it started behaving normally again, and as you can see on the screenshop posted above, it’s now happily backing up my data without squeezing all the ressources out of my poor old MacBook, which is now quiet again.

Nouveau site TL [fr]

[en] A fail in our new public transport website... supposedly mobile-optimised.

Alors, à ce qu’il paraît, le nouveau site des TL est optimisé pour la consultation par téléphone mobile. Il y a même à l’arrêt de bus une affichette arborant fièrement un iPhone en pleine action.

Ni une, ni deux, je m’y colle: horaires en temps réel, yes!, et un prometteur My TL.

Je clique, je suis le lien “s’enregistrer” et… Je me retrouve à la page d’accueil. Caramba!

…et que diriez-vous d’utiliser le système de géolocalisation de l’iPhone pour déterminer à quel arrêt je suis?

Les chants d'oiseaux se mêlent aux rires [fr]

Les chants d’oiseaux se mêlent aux rires des enfants. La lumière baisse et le silence tombe brutalement sur la ville.

Ils sont de retour.

L’alerte est donnée. Tu enfiles ta combinaison et ton casque, enfermes le chat, et pars rejoindre les tiens l’arme à la main.

La nuit sera longue.

Ceci est une mini-nouvelle en 50 mots. Lisez-en d’autres de moi sur CTTS ou sur Facebook, par d’autres que moi.

PJW Blogminder Plugin for WordPress [en]

[fr] J'en rêvais, on m'a prise au mot: un plugin qui vous envoie une alerte si vous n'avez pas publié quoi que ce soit sur votre blog depuis x jours (entre un et sept jours). Histoire d'éviter que la semaine entière passe sans s'en rendre compte!

A few days, ago, I was dreaming out loud on Twitter about a plugin which would let me know when I hadn’t published anything on my blog after a certain number of days. I guess that, once again, I’d reached the end of a week and realised that I had not written a single thing on CTTS.

Well, my wish was heard, and Peter Westwood has just released the PJW Blogminder plugin. The plugin adds a simple option to your profile page, where you can request a reminder if you haven’t published anything in the last few days (set the number of days between one and seven).

Blogminder screenshot

Nice!

(Now I just need to get my server to send mail… ahem.)

New Tumblr iPhone App [en]

[fr] Si vous êtes un utilisateur de Tumblr muni d'un iPhone, il vous faut absolument l'application iPhone pour Tumblr.

I missed the Tumblr application for iPhone when it came out, because I had downloaded an earlier version named Tumblrette — and didn’t spot the name change. I was quite disappointed by Tumblrette, to be honest — but I absolutely love the new Tumblr app.

There is an iPhone-specific dashboard view, you can easily like and reblog posts, follow new Tumblelogs you discover, or create new original posts. Here’s a view of the dashboard (easy insertion of iPhone screenshots by using the WordPress iPhone app to create a draft containing the images — my iPhone is starting to feel almost like a computer):

When you click on the top right arrow in a given post on your dashboard, it changes to this:

To like, just tap “like”, and if you want to reblog, you get a chance to edit (like in the web interface) before posting:

The one thing I’m not wild about, because it really breaks the flow of what you’re doing with the app, is that once you’ve reblogged a post, you end up at the top of the “web-view” dashboard.

The logical place to end up would be back in the “iPhone-view” dashboard, so that you can continue skimming through the posts you were reading before you reblogged:

But in all, it’s really great. If you’re a Tumblr and iPhone user, get Tumblr for your iPhone now!

WordPress on my iPhone [en]

Wow, just checking out the new WordPress iPhone app. It now allows comment moderation management, post and page editing, as well as saving non-local drafts. I’m going to start using it regularly… Though maybe not for writing my usual unending posts for CTTS!

Anecdotes et statistiques [fr]

Une histoire vaut tous les chiffres de la terre. Nassim Nicholas Taleb l’explique très bien dans son livre The Black Swan (aussi en français), que j’ai lu avec fascination. L’auteur y décortique toute une série de nos vices de raisonnement, non des moindres la tendance à penser que le passé est une bonne indication de comment se déroulera le futur (par exemple: “je ne suis jusqu’ici jamais mort dans un accident de voiture, il n’y a donc aucune raison que ça commence demain”).

Les êtres humains aiment les histoires. Nous mettons les choses sous forme narrative (notre recherche effrénée de la causalité dans tout ce qui nous entoure, la quête de sens) et retenons nos apprentissages sous cette forme également (“la voisine du dessous s’est fait cambrioler car elle a laissé sa porte ouverte en allant à la lessive, je vais donc toujours fermer ma porte à clé quand je vais à la lessive”). C’est économique, et clairement, nous avons eu un avantage à le faire d’un point de vue évolution (probablement qu’on mourait moins souvent si on avait cette tendance).

Mais cette façon de concevoir le monde, à coups d’anecdotes, a ses limites:

– on continue à avoir bien plus peur de l’avion que de la voiture, malgré tout ce que disent les statistiques, car les accidents d’avion sont transformés en histoires dramatiques à forte charge émotionnelle

– quand j’essaie d’expliquer que le risque pour un enfant d’être victime d’un prédateur sexuel sur internet est minime, on me répond “mais ça arrive, je connais quelqu’un dont la fille…” (donc allez vous faire voir avec vos statistiques)

– un meurtre a eu hier au Golden Gate Parc — je vais donc éviter l’endroit et aller plutôt me promener ailleurs.

Bref, sans rentrer dans les détails, le pouvoir de l’anecdote (l’histoire qui est arrivée à quelqu’un) écrase tous les chiffres qu’on peut bien lui opposer. Il est donc important d’en tenir compte.

Des règles abstraites auront moins de force qu’un ou deux exemples bien choisis démontrant leur raison d’être.

Des histoires de personnes seront toujours plus utiles que des raisonnements ou des chiffres. (Je me répète, vous trouvez?)

Un exemple récent où j’ai vu ce principe en application a été la Journée Ada Lovelace. Si les femmes ont plus besoin de modèles positifs féminins, c’est bien d’histoires qu’il s’agit. Faire des listes ou donner des noms, c’est déjà bien, mais c’est beaucoup moins puissant que de mettre en scène une héroine, avec une histoire. C’est ce qui lui permettra véritablement de devenir une inspiration pour d’autres.

Savoir qu’il y a 50 ou 60% de femmes dans telle ou telle branche (ou même 40%), alors qu’on imagine que les femmes y sont fortement sous-représentées, ne va pas créer des “modèles positifs”. C’est l’histoire d’une femme qui aura cet effet. De même, savoir que 95% des cas d’abus sexuels d’enfants on lieu dans le cadre de la famille, des voisins, des amis proches n’empêche pas certains parents de flipper quand leurs gossent passent du temps à chatter, parce que les médias ou la police leur ont raconté l’histoire d’une victime d’un “prédateur internet”.

Moralité? Pour faire véritablement entendre les chiffres aux gens, il faut leur raconter des histoires.

Végétation [fr]

Elle peut à peine ouvrir la porte tellement les plantes ont poussé chez elle depuis la veille. Elle se fraie un chemin à travers la jungle avec le couteau de cuisine qu’elle garde dans son sac.

Elle ne ressortira pas. Les plantes ont décidé de la garder. Elles ont faim.

Ceci est une mini-nouvelle en 50 mots. Lisez-en d’autres de moi sur CTTS ou sur Facebook, par d’autres que moi.

The Hotel by the Sparkling Sea [en]

After a long dusty drive across the desert, we have finally reached the sparkling sea. The coast is bordered by a wall of stone. A real road runs beside it.

It’s beautiful. I take photos, cursing myself for not taking more during our journey.

We hear gunfire. Our party does not seem to mind much. Those responsible for all the racket are small kids, boys mainly, with big machine-guns. Dead earnest, they stand in front of our hotel, spraying the street with bullets. We stay aside, like when strangers nearby have an argument: pretend not to hear, don’t interfere.

I enter the hotel to get some pictures. I almost get a photograph of the big window breaking into one thousand pieces as one of the shooters falls onto it, but I’m a fraction of a second too late.

I suddenly realise being here is dangerous. The kids are done outside. They start coming into the building. I hide in the back rooms. They advance without a sound, from all directions.

I’m really scared, but one room ahead. I walk calmly across a corridor, say hi to the sentinel as if a kid with a gun in a hotel hallway was perfectly normal. It works. He says hi back, almost like a real kid, and I pass my way up the stairs, heart beating.

I end up hiding in a bedroom marked “Private”. I’ve heard some isolated gunshots. I huddle in a corner, near the telephone, concealed under a bed cover. I dial for reception.

Ring. Ring. Ring. Ring.

– Hello?

– …Hello. Er. There are kids with guns in the hotel. Call the police. I’m hiding in a room.

I hang up, trembling. I wonder if my time has come.

Click.

The door opens, and a small armed figure steps silently inside.