Here Comes Everybody: Journalism and Ease of Publication [en]

I’m reading “Here Comes Everybody“. I’m taking notes.

In the chapter “Everyone is a media outlet”, Clay explains very well what is the matter with the journalism industry. (He has since then co-authored a report on the future of the news industry, which I need to read.)

In a world where everyone is a publisher, journalism is becoming an activity rather than a profession — activity which can be carried out both by those employed by the news industry and the “amateurs” (oh heck). A profession serves to solve a hard problem, that requires specialisation. Reproduction, distribution, and categorisation are now orders of magnitude easier and cheaper than before: professionals are no longer required for these activities.

Look at iStockPhoto and professional photography: the price of professional photography not so much due to the incredible quality of the professional’s work, in many cases, but comes from the difficulty of finding the right photo. iStockPhoto helps solve that problem, so the photo now costs 1$ instead of 500$, can very well have been shot by an amateur, and be no lesser in quality than a more expensive, specially-commissioned professional one.

As it has become easier to publish, public speech and action have become more valuable and less scarce, just like the ability to read and write became more commonplace with the invention of movable type, and scribes lost their raison-d’être.

Journalism is a profession that seems to exist because of accidental scarcity of published material due to the expense of publishing in the physical world. Scarcity (and therefore cost) is not an indication of importance: water is more important to life than diamonds, but that doesn’t make it expensive (The Wealth of Nations, Adam Smith).

When everybody had learned to read and write, and scribes weren’t needed anymore, we didn’t call everybody a scribe, we just stopped using the word; reading and writing is ubiquitous and so not rare enough to pay for, even if it’s a really important skill. Scribes as a profession died out.

As for music and movie industry: the service they performed was distributing music and movies, but now anybody can move music and video easily and cheaply. The problem they were solving does not exist anymore, and so they are trying to maintain it by turning on their customers and trying to make moving movies and music harder artificially.

Because it’s so easy to publish, making something public is less the momentous decision that it used to be. The general criticism of the low quality of online content has to do with the fact we are judging “communications” content (conversation, often) by “broadcast” content standards of interest and quality. We look at Facebook statuses and think “was that really worth broadcasting?” — not realising that it was never intended for broadcast in the first place. It was not meant for us. If you eavesdrop on a dining hall conversation at the table next to you, doubtless you’ll find it uninteresting, but you won’t think “why are they speaking so loud I can hear what they’re saying?”

There used to be a distinction between communications and broadcast media, which has now broken down. Broadcast is one-to-many, a one-way megaphone which attempts to reach as many people as possible of a target audience. Communications, on the other hand, are two-way conversations for specific recipients, one-to-one. Now we also have many-to-many, communications tools which enable group conversation. There is a continuum between broadcast and communications rather than a sharp break neatly following the lines of the technology used (TV/radio vs. phone/fax). Communications and broadcast are mixed in the same medium, and we make the mistake of judging communications by the standards of broadcast.

Solar Impulse fait demi-tour et la presse fait… trois petits tours? [fr]

Update mardi 14 juin, 12h30: Solar Impulse effectue en ce moment sa deuxième tentative pour rallier le Bourget, à suivre en live sur le site!

Bon, écrire un titre, je vous l’accorde, ce n’est pas toujours simple. Mais franchement, depuis que Solar Impulse a annoncé que l’avion retournait sur Bruxelles plutôt que de continuer vers Paris, je suis simplement scandalisée par la piètre qualité de certains titres et papiers rapportant l’incident.

Solar Impulse décolle de Bruxelles, dans les nuages. Photo : Claude M. CAUWE.

Primo, les sources accessibles à tout un chacun via le site de Solar Impulse, en particulier:

Malgré mes rapports professionnels avec Solar Impulse ces temps, je n’ai pas eu accès à des infos privilégiées sur ce coup-ci, donc tout ce à quoi j’ai eu accès, le reste du monde y avait accès aussi (y compris les journalistes).

Au moment du demi-tour, il était très clair pour moi que:

  • André n’avait pas pu rentrer le train d’atterrissage, mais que ce n’était pas un gros problème en soi de voler avec, si ce n’est que ça freinait un peu l’avion
  • L’avion avait décollé tard de Bruxelles (18h36), avec donc peu de temps de vol “jour” pour stocker du soleil
  • Il y avait pas mal de nuages, pas mal de vent, et je crois même avoir entendu qu’il s’est fait pleuvoir un peu dessus
  • Avec un fort vent de face, l’avion avançait à 17 noeuds au sol au lieu des 30 escomptés: les batteries allaient donc se décharger plus vite, et le vol durer plus longtemps.

Quelle n’a donc pas été ma surprise (et ma déception!) quand j’ai commencé à voir pleuvoir sur Twitter des tweets parlant de “problèmes techniques” et même “d’incidents en série”. J’avais l’impression de n’avoir pas assisté au même vol! C’est peut-être une question de définitions, mais pour moi, “météo” ça ne rentre pas dans la catégorie “incident technique”.

Je ne mentionne même pas l’utilisation généreuse du mot “échec”, qui, franchement, pour un prototype qui effectue un vol encore jamais tenté auparavant et dans des conditions relativement peu favorables (météo), est un peu… ingrate?

Vous voulez des exemples? En voici.

Lesoir.be, pour qui “Solar Impulse fait demi-tour suite à des problèmes techniques” (on lit même dans l’article “L’avion a connu de nombreuses difficultés depuis son départ de Bruxelles.”) — lesoir.be qui s’est d’ailleurs déjà distingué en faisant subir un changement de sexe à la merveilleuse Elâ Borschberg, qui administre de main de maître le blog, le compte Twitter, la page Facebook, le supporters’ program, et tant d’autres choses.

[blackbirdpie url=”http://twitter.com/tdgch/status/79644994977280000″]

La Tribune de Genève titre hier “Problèmes techniques: Solar Impulse fait demi-tour et retourne à Bruxelles” et ne se rattrape pas aujourd’hui avec “Solar Impulse atterrit à Bruxelles après une grosse frayeur” (coupable du même titre: 24heures — et en passant c’est vraiment bête, parce que leur article n’est pas si mal).

7sur7 nous dit que “Solar Impulse rebrousse chemin pour soucis techniques“. TF1 ne nous étonne pas avec “Solar Impulse et le coup de la panne” (mythique, à ce stade j’imagine déjà l’avion rentrer en clopinant à Bruxelles, tracté par un petit avion de tourisme). A la RSR: “Un premier échec technique pour Solar Impulse“.

Ladépêche.fr nous annonce “Echec de l’avion solaire” — là, c’est tout le projet qui tombe à l’eau, visiblement. (On note en passant l’utilisation d’une image de synthèse de l’avion qui date de Mathusalem, alors que rien que sur Flickr, on a déjà bien mieux — j’ose à peine mentionner les magnifiques images disponibles de la part du service de presse de Solar Impulse.)

En anglais, on tweete des choses comme

[blackbirdpie url=”http://twitter.com/entrepreneur_uk/status/79837567809372161″]

qui donnent l’impression que l’avion n’ira finalement pas à Paris (vous savez comme c’est, Twitter: on ne lit pas toujours les articles, on voit passer les titres, et ceux-ci sont du coup d’autant plus importants comme véhicule d’information). Ici aussi, “Solar-powered plane abandons Paris flight“, où l’on rapporte allègrement “a series of technical problems” et “a series of glitches”, du resucé de l’AFP, en fait.

Après, il y a aussi les petits détails qui nous montrent à quel point un certain journalisme est du copier-coller de communiqués (on le savait déjà, mais au point d’y laisser des guillemets au mauvais endroit, ça donne vraiment l’impression qu’on ne lit pas ce qu’on colle):

[blackbirdpie url=”http://twitter.com/stephtara/status/79854855803514881″]

Guillemets mal placés, on regarde même plus ce qu'on copie

France Soir essaie de corriger la citation (“Solar Impulse: Echec et demi-tour“) mais du coup, André Borschberg se retrouve porte-parole plutôt que pilote:

Solar Impulse : Echec et demi-tour | France Soir

Oups.

Heureusement, il y a aussi des choses bien.

[blackbirdpie url=”http://twitter.com/BreakingNews/status/79711854166949888″]

Futura-Sciences: “L’avion solaire de Solar Impulse n’a pas pu atteindre Le Bourget“.

Aerobuzz: “Solar Impulse contraint au demi-tour“.

RTBF a pris la peine d’inviter André sur leur plateau et a fait un petit sujet bien informatif, j’ai trouvé.

Il y a aussi les tweets d’André (je suis très fière de mon élève), son compte-rendu sur le blog, l’atmosphère sur Twitter entre “suiveurs de #solarimpulse“, et les magnifiques vidéos tournées par l’équipe multimédia. Celles-ci, par exemple, du décollage et de l’atterrissage à Bruxelles:

Je vous conseille aussi de lire l’article de Martin Gillet, dans la même veine que celui-ci: “Why Solarimpulse’s return to Brussels is not a failure“.

Nouvelles musiques: adieu la radio [fr]

[en] Years ago, when I sold my car, the radio stopped being my source for new music. Now it's TV series, Facebook, and Tumblr.

Il y a des années de cela, lorsque j’avais une voiture, je passais chaque jour du temps sur la route à écouter de la musique et… à chanter avec. Des périodes CD (c’était avant l’iPhone!) et des périodes radio. J’aimais la radio qui ne parlait pas, qui passait simplement de la musique.

C’était là que je découvrais de nouveaux artistes. Grâce à la radio que j’achetais des CDs (toujours ou presque dans les bacs à 10-15 balles).

Quand j’ai vendu ma voiture en 2007, j’ai perdu non seulement mon local de chant préféré (heureusement je chante avec Café Café, sinon mes pauvres cordes vocales se ratatineraient) mais aussi ma source de nouvelle musique.

En fait, j’ai aussi perdu mon lieu principal d’écoute de musique. J’aime travailler dans le silence, je n’arrive pas à lire ou écrire en musique. Alors j’écoute de la musique quand je fais le ménage ou quand je retouche des photos mais… c’est vrai que j’aime le silence.

Aujourd’hui, piétonne, j’écoute aussi de la musique en marchant ou dans les transports publics, mais c’est très frustrant pour moi de devoir “la fermer” et de ne pas chanter à plein poumons comme j’en ai envie. (Non, je ne suis pas “celle-là” dans le train qui chante pour tout le wagon avec son casque dans les oreilles…)

En plus, merci iPhone, la musique a maintenant une rude concurrence: les podcasts. Je suis accro à On The Media et à Radiolab, par exemple. (Si vous avez des émissions de qualité comparable à me proposer en français, je suis preneuse, hein.)

La radio a donc complètement disparu de mon radar — si ce n’est sous forme de ces podcasts, ou lorsque j’y passe 😉

Depuis quelques années, donc, j’ai conscience que mon “répertoire” musical stagne. Je n’achète plus de CDs depuis longtemps (un des derniers était Back to Bedlam de James Blunt) et malgré ce que pourraient croire certains, je ne suis pas une grande pirate: trop paresseuse pour télécharger “illégalement”, je me contente d’acheter des morceaux isolés sur iTunes. En passant, j’ai la sensation de payer pour le service plus que pour la musique (vous m’entendez, là-bas?)

Source première de nouvelles musiques? Les séries TV (et films), Grey’s Anatomy en tête. Un petit coup de Shazam pour identifier le morceau qui passe, et hop, j’achète.

Deuxième source? C’est ça qui me fait écrire aujourd’hui: mes fils d’actualité sur Facebook et Tumblr. Mes amis qui partagent vidéos et morceaux qu’ils aiment. Parfois, j’achète.

On The Media: Hyperlocal and Numbers [en]

[fr] Trois sujets à écouter sur On The Media: un sur le journalisme hyperlocal (qui me fait penser au Bondy Blog -- d'ailleurs, pourquoi a-t-on le Lausanne Bondy Blog et non le Renens Bondy Blog? mystère...), et deux sur l'abus de chiffres dans les médias et le chiffre magique 50'000.

I’ve started catching up with my On The Media backlog. Here are two pieces I suggest you listen to.

Is Hyperlocal the Future of News?

This reminds me of Bondy Blog. Started by a bunch of Swiss journalists covering civil unrest around Paris in 2005 from the Paris suburbs themselves, it has since then been handed over to young local reporters. Bondy Blogs have sprouted since then in various cities, including Lausanne and Vernier — though I remain convinced that the Lausanne Bondy Blog should be the Lausanne Bondy Blog at all, but the Renens Bondy Blog. Isn’t it about putting the local spotlight on the underpriviledged suburbs?

Are Bondy Blogs hyperlocal?

Sex, Drugs, and Body Counts followed by Prime Number

You probably know my distaste for numbers and our obsession with metrics (including in the media, which is the topic of these two pieces). Refresher: my rant about un-scientific Twitter metrics, fan-quoting Seth Godin, and Suw‘s heartily recommended “Metrics” series: part 1, part 2, part 3, part 4. (I’m not dead against analytics, though. Just cautious.)

Sex, Drugs, and Body Counts: The Politics of Numbers in Global Crime and Conflict is a book, and it’s now in my Amazon shopping basket.

Enjoy!

Lift10 Workshop: From virtual to real world value — Collective Intelligence as an alternate source of media power [en]

These are my running notes of the Lift conference (Workshop: From virtual to real world value — Collective Intelligence as an alternate source of media power). May contain errors, omissions, things that aren’t quite right, etc. I do my best but I’m just a human live-blogging machine.

Lift10 Workshop day 2

Collective intelligence: gathering to put bits and pieces of the story together.

Obama campaign. Radiohead In Rainbows (in addition to the “pay what you like” promo they sold over 100K box sets at $80).

Massing old media companies are now in trouble. Well-crafted, manicured message. Different from the grassroots culture. Jenkins: media producer and media consumer interact in unpredictable ways.

New media: no barrier to entry as long as you have the technology (phone, internet connection, camera…)

Media convergence surrounds us. Participatory culture and collective intelligence prevail.

Convergence is not about a big black device that will do everything. Different sources/tools coming together, gathering. Industrialized process, cultures, social communication, etc — everything is changing in the convergence world. (It’s happening now!)

Scary process for some (media organizations in particular). Confusion in the marketplace. New media does not stop old media, but forces it to reinvent itself or find a new place. All these things can exist side-by-side, but the power is shifting.

We now have the ability to participate in the creation on culture — and we do it every day. (On Facebook, for example!)

Convergence is about how people use the devices — not the devices themselves. The platform is just a delivery mechanism. When media consumption occurs within social interactions, it becomes collective.

Some facts:

  • 11M e-readers to be sold by end of 2010 (Kindle $1 billion worth of sales)
  • Nintendo, MS and Sony are in a video console war. Wii 67 M units, DS (simple device!) 127 M units worldwide. If something is device-independant, the important thing is delivery. Nintendo have made the rules in this war, all the competitors are trying to implement motion-control.
  • iPad: 1M in one month (another example of a device where its limitations are also its strength)
  • 65M users accessing Facebook through mobile (and these people spend twice as much time on Facebook as anybody else)

Convergence world jargon fest.

Lift10 Convergence World Jargon Fest

Media actives comment on media, etc.

This is not a Western cultural shift. It’s worldwide. Fan fiction (Revelations, Star Wars, 45 minutes) which horrifies franchise holders (let’s go out and get the fans who built this!)

The cost of producing media has diminished dramatically. HD camera for $99.

Video game franchises: great way of stamping our logo on something and expanding over other media channels. Star Wars Galaxies is an interesting case study of this. Consumers have a stake in the survival of the franchise/community.

Like in WoW, you end up with people focusing more on secondary characteristics of the world, e.g. having dance parties instead of blowing up planets.

Sony got it wrong: don’t try and battle with your grassroots fan base… They alienated everybody who loved the game.

Harry Potter fan fiction. Publishing story coming down on fans. (Oh, and the Church. The Studio is promoting “satanic worship”.)

We’re all storytellers (maybe not good ones). We tell our stories on Facebook all the time.

Copyright laws are antiquated… *steph-note: if you read a bit of French, my take on that*

Photojournalism is dead. Clearly, the profession is under attack. Long live photojournalism!

Huff Post. Of course journalism is not dead. These things exist side-by-side. Burn Magazine (run by a Magnum photographer). Verve Photo. Photojournale (John Horniblow‘s baby): content aggregation, editorial work, community behind it (over 400 professional photographers).

Print on demand publishing (Lulu, Blurb — for high quality photography, Amazon Creative Space, Lightening Press).

With less analog stuff around, it’s intrinsec value will finally go up. Not everybody can do it exceptionally well. *steph-note: cf. Hugh‘s prints, for example.*

Now listening to Jay Z (some mashup). Soundcloud: producers and writers come together. Fairtilizer, Last.fm, Spotify… *steph-note: I need to get into Spotify, looks really exciting — damn, not available in Switzerland*

Important thing: corporations now need to be media entities themselves. Brands are forced into content production. How do they deal with that? And with the grassroots, and the shareholders?

Brands example: Cokestudios. Virtual world (music, games, digital economy, etc.). Coke as facilitator rather than message.

Other example: Being Girl. P&G. Choice of brand for feminine sanitary products => stick to it their whole life. Worth catching teens immediately. The site/community is not about tampons, but about the life experiences of teenage girls. Not about the brand, but about the girls. *steph-note: bugs me that I’m force-redirected to my country site, though, I’d like to see what the .com site looks like.* => P&G are now competing with the classic teen girl’s magazine on the stand. Business model: narrow audience => advertising on the magazine. P&G are shifting their money from advertising in magazines to their own. *steph-note: the question of independance of advertising and editorial, taken from the other end… food for thought here*

Pour tout vous dire. Another of these brand-driven magazines. Originally: all about the brand. *steph-note: hey, this reminds me of the origins of soap operas — designed so housewives would watch them so that they could place soap ads.*

Starbucks. My Starbucks idea. You tell us how to fix our corporate problem. Let us know what we should do and where we went wrong. Interesting stuff on Facebook too.

Harley Davidson: people’s stories, it’s all about the experience.

Nestlé: Creating Shared Value. How about that for a very traditional and controlled corporation?

Remain local but communicate in a global context.

Lift10, The Old New Media: Reinvent Capitalism (Mercedes Bunz) [en]

Here are my running notes of the Lift conference in Geneva. This is Mercedes Bunz’s Reinvent Capitalism, part of the Old New Media session. May contain errors, omissions, things that aren’t quite right, etc. I do my best but I’m just a human live-blogging machine.

Found other good posts about this session? Link to them in the comments.

Lift10 Mercedes Bunz

What’s going on? Algorithms analyzing text, but also writing it. Algorithms can now search online for information and facts and present them in formal journalistic style. *steph-note: did I get that right? I have trouble following.*

Example, Guardian Zeitgeist — chooses articles by itself.

*steph-note: total fail on note-taking here, combination of reading/audio quality/voice pitch/my deafness*

Public: category that is always changing. Communications used to be private, but as they move online, they become increasingly public and available for use.

Michel Foucault, structure of power (in The History of Sexuality).

Need to stop pushing society into a fear of society. Digitization is new business.

On The Media: Discovering a New Podcast I Like [en]

[fr] Deux podcasts en anglais que je recommande chaudement: RadioLab, une émission scientifique, et On The Media, une émission sur les médias.

You may or may not know that my number one podcast and radio show love is RadioLab. It’s an incredibly smart and funny science programme, and I’ve finally worked through the whole backlog of episodes I had sitting on my iPhone. That’s a lot of hours of listening (and pedaling on my exercise bike in the morning, which is where I do most of my podcast listening).

If you are not listening to RadioLab yet, trust me — subscribe in iTunes right now, you won’t regret it.

The problem I have now is that I’ve run out of RadioLab episodes to listen to, and they “only” air a new episode every two weeks. For somebody who aims to spend 30 minutes a day pedaling on a bike going nowhere with interesting talk stuff in her ears, well, that leaves quite a few hours a week to fill in. Enter On The Media, a one-hour weekly show about… yeah, you guessed, the media (and related things).

I discovered On The Media because I was pointed to their episode Facing the (Free) Music, about the music industry and the internet, you know. I thought it was very good. Actually, you might want to download the MP3 directly or even stop reading and listen right here.

I’ve listened to a couple of other episodes so far and would like to highlight a few pieces I particularly liked. You can even read the transcripts by clicking on the links below if you don’t feel like listening.

Take For Granted [download] is about the reactions to the possibility that news services could be subsidized by state grants. I found it interesting, because I don’t think we have this prejudice against government-subsidized news here. Quite on the contrary, I would tend to consider a state-funded radio or TV station as more likely to be high quality than a private one. I think there is a cultural issue here — but maybe I’m just naive. If news has never been a commercially viable product, then it needs to be funded, and I’d rather have the state behind it rather than big corporations.

News Ex Machina [download] is about Demand Media (heard of them? I hadn’t) and the way they work to be one of the biggest (if not the biggest) content producers online. Here’s a brief summary of how they do it: monitor search keywords; figure out if there is already a lot of content for them (bad); figure out if there is a lot of demand to advertise targeted on them (good); search for other keywords frequently used in combination with those top keywords; bring in a human being to create a headline out of those words; bring in another human being to write an article based on that headline. I know why this chills my spine: because it’s not content creation anymore, it’s pure SEO. It’s keyword stuffing at such a level that the whole content is just stuffing. Sure, one can argue that it is providing searchers with what they’re looking for — but maybe, sometimes, there is something to be said with not finding what you want, and finding something else instead. (Cue A Perfect Mess riff.)

Shot of Fear [download] is a good example of what happens when we mistake correlation for causation, and once the cat is out of the bag, it’s hard to stuff it back in. (“Girl dies of unrelated heart condition” doesn’t stand a chance once “Girl dies after taking vaccine” is doing the rounds.)

Infant Mortality [download] is a walk through history to look at the occasions “baby killer” was used to discredit adversaries (and not only on abortion issues). And what it means when you brand somebody as a “baby killer”.

Star Search [download] is about star ratings, and how these are always way too positive (they average around 4.3 stars out of 5). Interesting to know, given how ubiquitous this type of rating is!

Happy listening!

Vive le journalisme! [fr]

[en] Today's example of really sloppy local journalism.

Petite nouvelle insolite du vendredi matin: certains journalistes n’ont rien à envier à certains blogueurs concernant la piètre qualité de ce qu’ils publient.

On entend encore et toujours se lamenter sur la mort du journalisme… et qu’à côté des blogs, le journalisme, c’est sérieux, ça, c’est un vrai métier, qu’on fait face à une apocalypse de l’information avec le naufrage des médias traditionnels, etc., etc.

Alors, avant d’aller plus loin, je tiens à préciser (disclaimer!) que je sais qu’il y a des journalistes qui font très bien leur boulot, etc., etc. — que mes amis et lecteurs journalistes ne prennent pas mal ce que je vais dire.

Comme toute personne qui se fait régulièrement interviewer le sait, les citations entre guillemets que l’on trouve dans un article écrit correspondent rarement aux mots prononcés, et inévitablement, quelque part entre la conversation avec le professionnel de la presse et la publication, détails et nuances se perdent en route, quand ce n’est pas carrément certains faits. A leur décharge, les journalistes travaillent souvent dans l’urgence, et sur des sujets avec lesquels ils ne sont pas forcément familiers, donc j’ai appris à accepter qu’un certain décalage entre “les faits” (qui contiennent “ce que j’ai dit”) et “le discours” (l’article) est inévitable. Avec l’expérience, je déduis aussi que c’est le cas de tous les articles que je lis, et non pas seulement de ceux pour lesquels j’ai été interviewée.

Mais passons. Ce qui m’interpelle aujourd’hui, c’est l’histoire du bancomat de Thierry Weber. Je vous laisse regarder sa vidéo explicative si vous voulez (elle est franchement un peu longuette) — mais voici un résumé des faits.

Hier, Thierry va retirer des sous au bancomat de la BCV, et trouve celui-ci en maintenance… écran actif. Il filme, fait quelques commentaires amusés. Voici la vidéo (il faut pencher la tête, avertissement, gare à votre nuque!):

24 heures s’en saisit pour faire un article un peu sensationnel à la noix, contenant la perle reproduite ci-dessous:

Reste une bande de jeunes convaincue d’avoir découvert le Graal, s’imaginant déjà joyeusement retirer un million de francs.

Oui oui, vous avez bien lu. Thierry est une bande de jeunes à lui tout seul!

La panne dévoile les secrets de la BCV (ou presque) | 24 heures

Alors on note:

  • une vidéo sur le web, ça ne peut être le fait que d’une bande de sales djeunz, et non pas d’un homme de 42 ans
  • franchement, à qui donc est-ce que ça a échappé que les commentaires de Thierry sur sa vidéo n’étaient peut-être pas à prendre au premier degré?
  • côté analyse des sources, zéro pointé pour le journaliste en question: remonter de la vidéo à son créateur, dans ce cas-ci, on ne peux pas dire que c’était un travail très compliqué (surtout qu’ils ont pris la peine d’appeler Christian Jacot-Descombes… mais retrouver l’auteur d’une source publié sur le web, ça non, on sait pas!)
  • et puis… dommage, pas possible de laisser de commentaire sur l’article pour rectifier l’erreur… ah non, c’est moi qui n’ai pas de compte 24heures pour commenter… bon, j’y vais de ce pas! Ah ben si, après avoir rempli la pile de champs nécessaires à l’obtention d’un compte pour commenter… la discussion est effectivement fermée! Bel exemple d’ouverture au dialogue.

Bref, on est pas sortis de l’auberge. Ce qui risque de buzzer plus encore que la vidéo, c’est le piètre travail de reportage sur cette histoire de la part de 24 heures!

Cessons de paranoïer au sujet de la grippe A (H1N1) [fr]

Je salue brièvement au passage la page 3 du Lausanne-Cités d’aujourd’hui, qui via l’interview du médecin et éthicien Martin Winkler, s’élève contre la paranoïa ambiante au sujet de la grippe A.

Extraits choisis:

  • Au 6 août 2009, l’OMS recensait 1500 morts sur la planète… Chaque année, la grippe classique (A H3N2) fait entre 250 000 et 500 000 morts…

  • Dans le canton de Vaud, le médecin cantonal – en charge des mesures sanitaires – a laissé entendre qu’il convenait, dès à présent, d’éviter de se serrer la main et de s’embrasser. Qu’en pensez-vous?

    Que ça me fait penser à ce qu’on disait au moment où le SIDA faisait peur à tout le monde, qu’il ne fallait pas toucher une personne séropositive. Cette recommandation est anti-scientifique. Ca accentue la panique et l’inquiétude dans une société qui n’a pas besoin de plus de méfiance sociale qu’elle n’en a déjà. C’est la grippe, bon dieu, ce n’est pas la peste, le choléra ou la variole! Ne pas s’embrasser ou se serrer la main? Personnellement, je rejette ce genre de recommandation. Médicalement et éthiquement parlant, c’est inacceptable!

  • [L]’angoisse actuelle est majorée par la situation économique. Objectivement, personne n’a envie que les grands pays industrialisés soient paralysés par une épidémie, parce que ça ne serait pas bon pour les entreprises… donc, pour les actionnaires. Il y a là une indécence insupportable. Ce n’est pas la santé des populations qui inquiète nos dirigeants, c’est celle de l’économie.

Merci de faire votre contribution à la lutte contre la paranoïa auprès de votre entourage!

MySpace supprime les profils de 29'000 "délinquants sexuels" [en]

Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur cet article de la BBC, qui rapporte que le site MySpace (une sorte de super-Skyblog d’origine américaine) a supprimé de son site les profils de 29’000 “délinquants sexuels” (“sex offenders”).

J’ai écrit deux billets à ce sujet en anglais, qui ont reçu pas mal de couverture dans la blogosphère anglophone. J’ai aussi été interviewée par la radio BBC World suite à mon message leur signalant ma réaction.

Ces deux billets comportent un résumé bref en français que je reproduis ici pour plus de commodité.

MySpace exclut de son site 29’000 “sex offenders” (des gens qui ont été accusés de crimes sexuels) enregistrés. C’est problématique d’une part car suivant l’Etat dans lequel elles ont été condamnées, ces personnes enregistrées peuvent être coupables de choses aussi anodines que: relations homosexuelles, nudisme, uriner dans un lieu public, faire l’amour dans un lieu public, etc. D’autre part, je rappelle les chiffres provenant d’une récente étude sur les crimes sexuels impliquant des minteurs, qui vont à l’encontre de l’idée qu’on se fait habituellement de ce genre de cas. En agissant ainsi, possiblement poussés par la paranoïa ambiante, MySpace contribue à cette paranoïa. Je regrette que la presse joue systématiquement le jeu de la peur et ne se fasse pas l’avocate d’une attitude moins paniquée face à la question des prédateurs sexuels en ligne. (En résumé: les enfants courent plus de risques hors ligne qu’en ligne, et probablement bien plus à chaque fois qu’ils montent dans une voiture ou traversent la route…)

Stephanie Booth, MySpace Banning Sex Offenders: Online Predator Paranoia

Conseils aux parents (après mon interview à la BBC ce soir au sujet des “sex offenders” bannis de MySpace):

  • pas de panique, les prédateurs sexuels tels que nous les présentent les médias ne sont pas légion, votre enfant ne court pas des risques immodérés en étant sur internet;
  • dialoguez avec votre enfant; intéressez-vous à ce qu’il fait en ligne;
  • souvenez-vous que fournir des informations personnelles n’est pas un très grand risque; par contre, s’engager dans des relations de séduction avec des inconnus ou des amis adultes en ligne l’est.

J’ai écrit relativement peu en anglais à ce sujet jusqu’à maintenant. En français, lisez Adolescents, MySpace, internet: citations de danah boyd et Henry Jenkins, De la “prévention internet”, les billets en rapport avec mon projet de livre sur les adolescents et internet, et la documentation à l’attention des ados que j’ai rédigée pour ciao.ch.

<

p class=”sig”>Stephanie Booth, Parents, Teenagers, Internet, Predators, Fear…

Donc, en faisant ma tournée sur technorati, pour voir qui a mentionné dans son blog l’article de la BBC, je suis tombée sur un billet en français qui se réjouissait de la nouvelle. Mon long commentaire à ce billet devenant trop long, j’ai décidé de le faire ici, sur mon blog, et du coup, de parler un peu de cette histoire pour mes lecteurs francophones:

Bonne nouvelle signée MySpace qui vient de supprimer 29.000 profils de délinquants sexuels américains errants sur son espace qui compte 80 millions internautes. La suppression a été effectuée grâce à son partenariat avec le bureau de vérification Sentinel Tech Holding Crop qui développe une base de données nationale de délinquants sexuels. La législation américaine facilite cette tâche car elle permet de consulter librement les fiches de ces déliquants sur le site du ministère de la justice…

M/S, MySpace a les yeux sur les délinquants sexuels

Comme je l’explique donc dans ma réaction à l’article de la BBC ce n’est pas une si bonne nouvelle que ça. Ce sont les états qui définissent ce qu’est un “délinquant sexuel”, et suivant où, on peut être sur une de ces listes pour avoir montré ses fesses en public. De plus, les profils supprimés seraient ceux où l’adresse e-mail fournie correspond à celle qui se trouve dans le dossier des délinquants sexuels. Vous pensez vraiment qu’un “pervers à la recherche de victimes” (et encore, voir plus bas pour ma réfutation de la forme qu’on donne au problème) serait aussi bête?

Aussi, la problématique des prédateurs sexuels sur internet est dramatisée et déformée par les médias. Tout d’abord, on perd de vue que la grande majorité des crimes sexuels sur mineurs impliquent la famille ou des amis proches de la famille (et non des inconnus ou “connaissances” provenant d’internet). Les cas faisant intervenir internet sont une minorité, et sont plus de l’ordre “relation de séduction d’ados” que “duperie et enlèvement d’enfants”. On peut légitimement se demander si une telle action de la part de MySpace est vraiment utile (il s’agit en fait plus de sauvegarder leur image), et si on n’est pas en train de se donner bonne conscience tout en évitant de faire de la prévention utile, mais quelque peu plus complexe (puisqu’il s’agit d’aller plonger dans la façon dont les adolescents vivent l’éveil de leur sexualité et de leurs premières relations amoureuses). Voir à ce sujet De la “prévention internet”, billet qui, au milieu de mes grands questionnements, aborde cette question.

Mon ami Kevin Anderson, journaliste américain vivant à Londres, a écrit un excellent billet au sujet de toute cette histoire suite à un interview assez frustrant qu’il a donné à la BBC: ‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism. Entre autres, il en appelle à la presse, qui couvre systématiquement ce genre d’événement selon l’angle “mon Dieu, ça grouille de pédophiles sur internet, enfin on fait quelque chose, mais est-ce suffisant?”

I am taking an issue with the format and the journalistic assumptions made. Yes, there is a problem here, but it’s not the one that is being shouted in the headlines. The facts don’t support the sensationalist story of a predator lurking behind every MySpace profile or blog post. As Steph points out in her posts, the threat to youth isn’t in them having blogs or being on social networks. The problem is one of emotionally vulnerable teens being preyed upon by opportunistic adults. It’s more complicated and less emotive than saying: Keep the paedos off of MySpace.

Kevin Anderson, ‘Think of the children’. Yes, but also think about the journalism

Après mon interview à la BBC il y a deux jours, j’ai envoyé à quelques (3-4) journalistes romands de ma connaissance un e-mail contenant un appel à une couverture plus “réaliste” que “sensationnelle” de cette histoire. Voici à quelques variations près le message que j’ai envoyé:

Vous avez peut-être entendu parler du fait que MySpace a “viré” de son
site 29’000 personnes se trouvant sur les listes de délinquants
sexuels tenues par les Etats aux USA. J’ai écrit une assez longue
réaction à ce sujet (en anglais) et me suis également faite
interviewer par la BBC.

En deux mots:

  • la définition de “sex offender” est problématique (dans certains
    états, on peut finir sur ces listes pour avoir montré ses fesses ou eu
    des relations homosexuelles)
  • une telle action de la part de MySpace (pour sauver leur image,
    principalement) est problématique d’une part car elle renforce la peur
    (peu justifiée) ambiante autour des prédateurs sexuels en ligne, et
    d’autre part car c’est une mesure peu utile car elle est déconnectée
    de la réalité des “problèmes/agressions à caractère sexuel” que
    rencontrent les ados en ligne.

[liens vers mes deux articles]

Je ne sais pas si c’est votre rayon ou non et si ça vous intéresse,
mais si vous connaissez quelqu’un qui serait susceptible de couvrir
cette histoire sous cet angle (un angle qui manque cruellement dans
les médias “traditionnels”) n’hésitez pas à leur dire de prendre
contact avec moi (+41 78 625 44 74).

Deux réponses intéressées à ce jour (une personne en vacances qui a retransmis le mail, et un quotidien local pour qui ce n’est peut-être pas évident de couvrir un tel sujet international). Je réitère donc ici mon appel: y’a-t-il une publication romande qui veuille relever le défi?