Larmes virtuelles [fr]

Aujourd’hui j’ai de nouveau pleuré devant mon écran pour la mort d’un chat que je n’avais jamais rencontré. Je pleure parce que je me projette dans la peine de sa maîtresse effondrée et inconsolable, et aussi parce que je sais que tôt ou tard ce sera mon tour.

J’en ai vu mourir, des chats, depuis deux ans et demi. Dans un groupe de chats diabétiques qui approche maintenant les 900 membres, ça fait beaucoup de chats, tous avec au moins une maladie chronique, et souvent plus, vu que beaucoup des chats du groupe sont des chats seniors, ou des diabétiques difficiles à réguler et dont on découvre par la suite un autre souci de santé.

Dans le groupe Diabète Félin, nous avons une véritable communauté. Il y a des liens forts qui se créent. On se connaît, on se suit, on est inévitablement embarqué dans les espoirs et les désespoirs des uns et des autres. On partage un souci commun, on se serre les coudes, on trouve du soutien auprès d’autres “comme soi” quand on n’a pas la chance d’avoir un entourage qui comprend l’attachement qu’on peut avoir pour un petit animal qui ronronne, ou l’investissement auquel on est prêt pour le soigner et lui offrir une bonne vie.

Mais bon, me direz-vous, tous ces petits chats croisés sur Facebook ne sont que des chats “virtuels”. Je ne les ai jamais vus, jamais caressés, ils n’ont jamais ronronné dans mes bras. Certes. Mais j’ose espérer qu’en 2020, on a compris que le lien pouvait se créer sans présence physique. Le lien avec les humains, que l’on apprend à connaître dans un contexte pas toujours facile, et indirectement, à travers une photo par-ci par-là, une anecdote, et surtout l’amour que leur témoigne leur maître, le lien avec ces chats que l’on n’a jamais rencontrés. Et tout ceci se fait d’autant plus facilement et naturellement qu’on a aussi un chat malade qu’on aime et qu’on soigne.

Ce lien n’est pas le même pour chacun de ces “chats des autres“. Il y a des histoires qui nous touchent particulièrement, des humains avec qui on a des atomes crochus, certains qui sont plus présents, d’autres pas. Chaque chat qui meurt est une perte immense pour son maître ou sa maîtresse, et leur douleur m’atteint toujours. Je me dois pourtant d’essayer de garder un peu de distance, simplement parce que c’est trop dur, autrement. Samedi passé, trois chats sont morts coup sur coup. C’est un exercice difficile, la distance juste. Il m’importe d’être “émotionnellement honnête” dans mes rapports avec les gens, en ligne également. Ça a un coût. Et il m’importe aussi de me ménager suffisamment pour pouvoir continuer à être là, à faire ce que je fais. Donc je m’adonne à cet exercice (le travail d’une vie!), avec plus ou moins de succès suivant les jours.

Certains décès me tourneboulent plus que d’autres, parce qu’au-delà de la douleur visible de celui ou celle qui vient de voir mourir son chat, et qui fait inévitablement écho à la mienne, passée et future, je suis touchée plus personnellement. Souvent, c’est simplement que je connais particulièrement bien le chat en question et son histoire, ou l’humain ou l’humaine qui partage sa vie. Quand on s’implique pour aider quelqu’un, qu’on y met de l’énergie, on s’attache. C’est aussi bête que ça.

Aujourd’hui, je pleure parce que je sais que l’heure de Quintus se rapproche, même s’il s’est miraculeusement stabilisé ces dernières semaines. La profonde peine et la détresse de quelqu’un d’autre est venue réveiller la mienne, dormante et enfouie, pour me rappeler qu’elle m’attend au contour. Je pleure aussi parce que j’y croyais, pour cette minette. J’espérais qu’on allait pouvoir faire quelque chose pour elle. Et enfin, je pleure car je suis triste pour cette femme qui vient de perdre son chat qui comptait tant pour elle, et pour lequel elle a tant fait. Sans la connaître vraiment, je la connais quand même un peu, et je souhaitais du fond du coeur une autre issue pour elle.

Tous nos chats vont mourir. Chaque fois que l’on est témoin de la grande tristesse que cet état de fait amène inexorablement, on a le choix. On peut fuir, on peut se laisser emporter par le désespoir, ou on peut remercier de nos larmes, avec conscience, le petit être qui partage encore notre vie.

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Lettre à mon vieux chat [fr]

[en] Memories of Quintus.

Quand tu es arrivé chez moi tu n’étais déjà plus très jeune. Quand j’ai dit à ta première maîtresse que je pouvais te prendre, elle m’a dit “tu es sûre? il n’est pas tout jeune!” J’ai répondu oui sans hésiter.

La première fois qu’on s’est vus tu devais avoir six mois. C’était en été. On avait traversé la France et une partie de l’Angleterre avec mon frère pour ramener Cali à sa famille. Ta famille. Ma famille aussi, un peu, mine de rien. Les premières photos que j’ai de toi sont en noir et blanc, et c’est difficile de dire si c’est vraiment toi ou bien ton frère. Vous vous ressembliez beaucoup. Il était un poil plus foncé que toi. Vous étiez l’un comme l’autre des “chats de genoux”, câlins, confiants, et très attachés l’un à l’autre.

Au fil de mes visites en Angleterre, vous dormiez généralement les deux sur ma tête – je sais qu’Aleika m’a trouvée plus d’une fois au matin enterrée sous un tas de chats. Je me souviens d’un jour, une visite administrative d’un homme inconnu: moins de 10 minutes après son arrivée, il avait sur ses genoux deux chats occupés à faire leur toilette mutuelle.

Tu n’avais pas vraiment de nom à l’époque, si ce n’est celui écrit sur ton pedigree: Oaxaca Little Quintus.

Ton frère est mort à un moment donné, et toi tu as continué ta vie de chat anglais bien dans ses coussinets: rentrer et sortir par la chatière 20 fois par jour, squatter le canapé des voisins, voler des oeufs de pigeon dans leurs nids, souffler sur le jeune chien quand il se montrait trop entreprenant, sortir par la fenêtre du premier en passant par l’avant-toit et le muret – un bond de deux mètres qui semble surréaliste depuis bien des années. Et surtout, des heures sur les genoux de ta maîtresse, un ronron continu, et tes petits ronflements lorsque tu dormais sous son lit durant la sieste. Un super, super chat.

Alors j’ai dit oui sans hésiter. Parce que c’était elle, évidemment, mais aussi parce que c’était toi. Safran venait de mourir, je m’étais projetée dans un avenir à deux chats qui venait d’être emporté par la PIF, j’avais de la place pour un chat et je te connaissais déjà. Toutes ces nuits à dormir sur ma tête à Birmingham t’avaient assuré une retraite paisible en Suisse.

 

Juillet 2012, tu es donc rentré avec moi à Lausanne. Tu as fait le tour de l’appartement en grondant, Tounsi sur tes talons. Puis tu t’es installé sur le lit pour une sieste bien méritée.

Il te manquait un peu de respect, au début, le jeune Tounsi. Mais tu ne t’es jamais laissé marcher dessus. Au fil des années vous êtes devenus bons potes, les inséparables de la sieste, les séances de toilettage qui finissaient en échanges de tartes: tu aimais grignoter et mordiller entre deux coups de langue, et Tounsi ne prenait pas toujours ça bien. De son côté, il avait régulièrement des pulsions pas forcément bienvenues

En 2013, vous aviez tout deux – mais surtout toi – joué les super-nounous pour Max, Lilly et Sushi. Les 10 premiers jours avec les orphelins, tu avais franchement fait la tête aux p’tits rats. Puis un jour, l’un d’eux s’étant installé près de toi, tu t’es mis à lui faire sa toilette. Après, ça n’a pas arrêté. Je te les donnais l’un après l’autre pour que tu les toilettes de haut en bas.

Tu avais eu accès à l’extérieur toute ta vie, et ici aussi tu l’as eu. Je me souviens t’avoir cherché longtemps, angoissée, lors d’une de tes premières sorties. J’avais fini par te trouver, faisant la sieste roulé en boule tranquillement dans les herbes hautes du jardin, ignorant superbement mes appels désespérés, alors que j’avais dû passer dix fois à côté de toi.

Déjà à cet époque l’arthrose avait bien mis à mal tes pauvres coudes. Je me souviens de la radio. Même moi, je voyais que ce n’étaient plus des coudes. Assez  vite j’ai commencé à te poser au sol après t’avoir pris dans mes bras, à te porter en bas des escaliers. Dehors, tu courais encore, mais au fil des années ce qui restait de galop a disparu pour laisser place uniquement au trottinement. Pour monter les escaliers tu faisais des petits bonds. Tu faisais ce que tu pouvais!

Tu chassais encore, ramenant au chalet un souris à 5h du matin, à la grande surprise de mon invitée du séjour. Tu te perchais sur la table ou ma palette fleurie pour observer le jardin depuis le balcon. C’était toujours le soir que tu aimais le mieux sortir. Je me souviens: Tounsi rentrait vers 21h, et c’est là que tu avais envie d’aller dehors. Comme je n’ai jamais aimé laisser mes chats sortir pendant que je dormais. Alors je me couchais tard. Tu n’allais jamais bien loin, mais tu n’étais jamais pressé de rentrer.

Il y a eu ensuite une longue période où nous nous promenions dans le jardin, Tounsi, toi, et moi. On faisait le tour de l’immeuble. On allait même autour de l’immeuble de derrière, jusqu’à se faire engueuler par le concierge. Tounsi avait toujours été un peu chat-chien, et toi tu t’étais mis à nous suivre. Je n’ai compris que bien plus tard que tu commençais certainement déjà à perdre la vue, et que c’était rassurant pour toi de te balader avec nous.

Puis les tours d’immeuble ont cessé. Etait-ce avant ou après la disparition subite de Tounsi? Quand ta cécité est devenue évidente, j’ai cessé de te laisser sortir seul. Tu ne t’éloignais pas du devant de l’immeuble, de toute façon. Alors je te prenais dans mes bras, et on sortait au jardin. Au fil des années les sorties se sont rétrécies, raccourcies. La présence d’un chat agressif dans le voisinage n’aidait pas.

2016 a été la première grande alerte pour ta santé. Une vilaine pancréatite, pronostic réservé. Tu t’en es tiré. Avant ça, tu avais été globalement très en forme. Tu avais failli perdre un oeil en 2014 (une infection), et en 2015 manqué t’étouffer avec une croquette. En fait, tu t’étais étouffé, tu avais juste manqué y rester. Quand Tounsi est mort, le jour de l’an 2017, je ne pensais pas que tu verrais la fin de l’année. Tu étais déjà bien vieux, 16 ans, et je me préparais à ce que vienne ton heure. Mais non.

Tu as passé l’été, même si tu péclotais. La mort de Tounsi t’a tout de même affecté, dans le sens où il était pour beaucoup de choses ta canne blanche. Pour aller manger, pour aller dehors, tu dormais avec, il te stimulait. Je t’ai regardé devenir un vieux chat dont la vie se rétrécissait à vue d’oeil. Et en automne, re-pancréatite, puis diabète. Cette histoire, vous la connaissez. Mais j’ai pensé que c’était la fin pour toi.

La rémission de ton diabète, un an jour pour jour après la mort de Tounsi, a été le début d’une vie avec toi où je me disais que chaque mois était du bonus. Je ne pensais pas que tu verrais ton 17e anniversaire. Ni l’hiver suivant. Ni ton 18e. Ni ton 19e. Et nous voilà. Ces dernières années ont été du sursis, je le savais bien. On a géré toutes tes maladies aussi bien que possible. Il y a un an environ, au détour d’un traitement antibiotique “un peu pour voir”, parce qu’à ton âge, on a tendance à essayer et voir si ça marche, tu as même repris du poil de la bête.

En janvier l’insuffisance rénale a failli avoir raison de toi. Une semaine d’hospitalisation sous perfusion. Le mercredi, tout espoir semblait perdu. Je suis allée te récupérer jeudi le coeur lourd, pensant que les analyses confirmeraient ce qu’on avait vu la veille, à savoir que rien n’aidait. Coup de théâtre, tu allais mieux, on t’a gardé un jour de plus, et tu es rentré en meilleure forme que tu ne l’avais été depuis des mois.

Ce qui me préoccupait le plus c’était ton arthrose. Tout le reste on pouvait “gérer”. Combien avais-tu mal? Est-ce que ta vie comprenait plus de bonnes choses que de souffrance? Ça fait des années en fait que je me pose cette question. Ta qualité de vie en vaut-elle encore la peine? As-tu encore du plaisir à vivre? Et comment évaluer la souffrance, avec un animal maître dans l’art de la cacher?

Cette dernière année, et surtout tes derniers mois, depuis janvier, c’est aussi ta perte de poids qui me préoccupe. A ton âge on ne récupère pas ce qu’on perd. Tu es faible, ça fait longtemps que tu ne te déplace que parce que c’est nécessaire. Avant l’arrivée d’Oscar tu faisais encore des allers-retours entre le canapé du balcon, celui  du salon, et le lit. Mais là, ça fait des mois que tu as pris racine dans le lit. Tout récemment, tu as recommencé à prendre plaisir au canapé du balcon. Tu y es même revenu quelques fois par toi-même.

Mais ce dernier mois, cette dernière semaine surtout, nous n’en sommes plus là. Ça me brise le coeur, mon vieux chat adoré. Au moins tu sembles paisible, juste là. Mais quand je pense à la richesse de tes 19 années de vie, et que je vois tes journées aujourd’hui, je sais qu’il va être très bientôt temps.

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Feline Diabetes: My Advice for Diabetic Cats [en]

After 2.5 years of dealing daily with feline diabetes (and over two years of managing a French support group), I thought I’d put together an English version of what my best advice for diabetic cat owners is so far, as most of what I’ve written on the subject is in French.

Things to know

I’m starting with this as a sort of FAQ/TL;DR:

  • upto 84% of remissions within six months of diagnosis using Lantus/Levemir and home monitoring (injections do not have to be for life)
  • Lantus/Levemir are far superior to Caninsulin/Prozinc
  • home monitoring makes a huge difference in quality of regulation and reduction of risks, as well as chances of remission
  • a diabetic cat can be well-regulated and lead a normal life
  • FreeStyle Libre continuous glucose monitors can be used successfully on cats
  • a normal human glucose meter can be used for monitoring, pet meters to not add significant value to the monitoring
  • diabetic ketoacidosis kills more cats than hypoglycemia – at a bare minimum have urine dipsticks to monitor ketones in urine
  • inject twice a day at regular times, and prefer syringes over pens (you can draw insulin from the pen with the syringe)
  • inject a constant dose of insulin (no fiddling with the dose at each injection), and adjust the dose progressively according to the lowest glucose value reached with the previous dose
  • a decently regulated diabetic cat can miss a dose of insulin now and again if necessary
  • a diabetic cat can be fed wet, dry, raw, whatever you want; less carbs and more protein is good, therapeutic “vet” diets are fine; free-feeding dry therapeutic food has huge advantages with Lantus/Levemir
  • never change a cat’s diet without close monitoring if it is under insulin

Getting started

If your cat has just been diagnosed, you’re probably in shock and afraid to lose him or her. The first thing I’d like to tell you is that feline diabetes is a very manageable disease, and that there is no reason for a well-managed diabetic cat to die from diabetes.

The second is that the treatment for diabetes is insulin injections (no way around that), and you will get over your fear of doing them if that is an issue for you. And it does not have to be “for life”. A 2009 study has shown that with the right treatment protocol (Lantus/Levemir insulin and serious home monitoring), upto 84% of newly diagnosed cats (less than six months since diagnosis) could achieve remission. Remission means the diabetic cat doesn’t need insulin injections anymore.

I have seen cats in critical condition upon diagnosis, skin on bones or diabetic ketoacidosis (more on that later), with other illnesses, go on to not only survive but thrive and reach remission. It’s work, of course, but it’s worth it. I have seen owners who were panicked by needles and blood go on to not only give insulin injections without a second thought, but also monitor blood glucose at home multiple times a day, with a little blood prick on the edge of the ear (the cat usually minds way less than the human doing it!)

A well-managed diabetic cat can have normal quality of life and live out the rest of his cat years with no major consequences.

Insulin

Insulin is a hormone secreted by the pancreas. Its job in the body is to make glucose from the bloodstream enter the cells (glucose is fuel/energy for the cells). Diabetes is due to an issue either in insulin production (poor pancreas is sick or damaged and can’t do its job correctly), or what is called “insulin resistance”, meaning that something in the body prevents the insulin from doing its job correctly. The insulin is there but it can’t get the glucose into the cells. This insulin resistance then exhausts the pancreas as it tries to keep up, in vain. Common causes of insulin resistance are obesity, illnesses like acromegaly, or (note the vicious circle) high blood glucose.

To manage diabetes, we are going to give the body extra insulin to help it along and help feed the cells. Insulin is a fragile molecule, and it doesn’t survive going through the stomach, so it has to be injected. The needles used to inject insulin just under the skin are tiny, and cats barely feel the injection once you get the hang of it.

There are four different insulins that are commonly prescribed for cats: Levemir, Lantus, Prozinc and Caninsulin (called Vetsulin in the US). Levemir and Lantus give by far much better results than Prozinc or Caninsulin. With them, cats are easier to regulate, get a better quality regulation, and a higher chance of remission. Remission and correct regulation are possible with Prozinc and Caninsulin, but less likely and more tricky. On the French group, we often help owners discuss switching insulins (French document) with their vet.

If you can get Levemir or Lantus, go for it. Prozinc is better than Caninsulin, but Lantus and Levemir are in a whole other category. If you have a human insulin like NPH or Insulatard, it’s going to behave similarly to Caninsulin. Tresiba (a new, long-lasting human insulin) seems to behave like Lantus and Levemir.

Whatever insulin you are using, you want to inject twice a day, 12 hours apart. With Lantus or Levemir, it’s really 12 hours – give or take 15 minutes. With Caninsulin and Prozinc there is more flexibility (even a couple of hours), but you’ll get better results with regular injection times.

You also want to inject the same dose of insulin continuously. Varying doses or skipping injections regularly make regulation difficult. The best dosing methods involve injecting the same dose of insulin for some time, then evaluating how that dose is performing through blood glucose measurements, and then adjusting the dose by a small increment, and reevaluating again, and so on.

Using syringes rather than pens allows for more precise dosing and also makes the injection itself faster for the cat.

Home monitoring

Home monitoring is the key to managing diabetes well. It’s even more important than the choice of insulin. With a glucose meter, you can easily check your cat’s blood glucose. Regular measurements will help keep your cat safe (both from hypoglycemia and from the consequences of bad regulation) and give you precious information to adjust the insulin dose (with instructions from your vet or by following a time-tested dosing protocol). This will give your cat the maximum chance of remission and, even if you don’t reach remission, the best regulation possible, and therefore the best quality of life and health.

If you can, I highly recommend using a FreeStyle Libre continuous glucose monitor for your cat. The monitor is attached to the cat’s skin with a sticker. It lasts upto 14 days and each time you scan it (with your cellphone or a dedicated reader) you get the last 8 hours of readings (4 readings per hour). This means you never miss any information on how the blood glucose is evolving, and you can relax about when to check it. It’s also a great solution if you’re away from home a lot, need to board your cat or have somebody looking after him or her that cannot do “ear prick” tests, or if your cat is hard to test (I’ve had one, I know some cats can be impossible). Here is a video demonstrating how to apply the FreeStyle Libre sensor, and providing some explanations. (See on Facebook.) Many owners apply the sensor themselves at home.

One thing you should absolutely be monitoring, whether you monitor glucose or not, is ketones. An unregulated diabetic cat can develop ketones (if his cells are starving so much that he starts metabolising fats to get energy). Ketones accumulate in the blood and the cat ends up developing diabetic ketoacidosis, a deadly complication. Cats with DKA (diabetic ketoacidosis) can be treated and saved, but in my experience many vets are not equipped to manage it, as it requires 24/7 intensive care for a number of days. I have seen way more cats die from ketones and DKA than from hypoglycemia.

Keeping an eye open for early traces of ketones is therefore absolutely necessary, both for your cat’s life and your bank account. It can be done in two ways: either with a glucose meter which also measures ketones, or with urine dipsticks (photo below). If you’re not monitoring blood glucose, get the urine sticks. They have colour codes which will also tell you how much glucose is in the urine, a precious indication if you’re not monitoring blood glucose. If you are monitoring blood glucose, then a meter is a better choice, because it is more precise, and you do not need to wait for the cat to pee. If your cat has already had ketones or DKA, she or he has a one in three chance of developing ketones again. In that case too, you really should have a meter. (Note that the FreeStyle Libre reader also doubles as a glucose and ketone meter.)

So, if you’re not monitoring blood glucose, the absolute minimum you should be doing is monitoring glucose and ketones in urine, if not daily, at least a few times a week.

If for some reason you cannot monitor blood glucose or install a FreeStyle Libre, you can monitor water intake, weight (weekly), amount of food eaten (if free-feeding), and general clinical signs like play, purring, grooming, habits, etc.

You will want some kind of notebook or spreadsheet to track your monitoring, whatever form it takes. A shared online spreadsheet using Google Sheets is a great solution (see below).

Support

Don’t do this alone. Managing feline diabetes is a marathon, and can feel overwhelming at first. Your vet cannot give you the day-to-day support you will get from an online support group, where you will benefit from the experience of those who have gone through what you are going through now, and (often) 24/7 support, either for technical questions or simply to cheer you up or hold your hand.

If you speak French, join the group I manage on Facebook, Diabète félin: apprendre à gérer son chat diabétique (groupe de soutien). If you speak German, join the Diabetes-Katzen Forum (where the tight regulation protocol published by Roomp and Rand in 2009 was developed). If you are an English-speaker, join the FDMB (Feline Diabetes Message Board).

Of course there are both cultural and “technical” differences between these support communities, in addition to language. So the advice you will get will not be exactly the same. Here are a few key points on where the views you will find in the French community (therefore mine) differ from those you will find on the FDMB (as this is an English article):

  • In the French group we do not insist on feeding a wet food diet even if tight glycemic control is desired, our experience being that it is perfectly possible on dry food, and we have a good opinion of therapeutic (ie, “diabetic/veterinary”) diets over commercial ones.
  • We recommend starting insulin first, and worrying about diet later, rather than postponing the start of insulin therapy to put in place a diet change.
  • When glucose values are high we increase insulin at an accelerated rate, depending on how much monitoring the caregiver can provide (in line with discussions I have had on the German forum).
  • We encourage the use of FreeStyle Libre continuous glucose monitors whenever possible, as they offer less stressful monitoring for owners. The continuous monitoring allows for more assertive dosing decisions as there is no uncertainty regarding past glucose values.
  • Our management of low glycemic values (50 mg/dl and below on a human meter) is slightly more relaxed than on the FDMB, more in line with the German site. Same for dose reductions, as long as there is sufficient monitoring and owner experience.
  • We don’t give a lot of importance to removing food 2 hours prior to pre-shot glucose tests, and are OK with free feeding.

Food

Food is one arm of diabetes treatment. Feeding a cat a diet with less carbs is going to help bring blood glucose numbers down. But beware: less carbs is not the only thing that counts. The overall quality of protein in the food is important, and some therapeutic diets are formulated to help keep the blood glucose stable (the whole question of which carbs).

This is where my advice strays from the lot of what you will find online. On the French group we have very good experiences with dry diabetes-formulated therapeutic food, in particular Hill’s m/d. The huge advantage of dry food is that you can free-feed the cat (use a food silo – the cat should never see the bottom of the bowl, and shouldn’t know the human is the food distributor). Of course, if you have a cat who likes wet food, that is fine too. Do what works best for your cat and you.

If for some reason or another you need to give your cat another diet (food intolerances or other illness that requires a special diet), it is still possible to get its diabetes regulated. It will just probably require more insulin. Remember that the goal is not to give as little insulin as possible: it is to keep the blood glucose low and stable.

If you are giving Caninsulin or Prozinc, you’ll want to make sure your cat eats a reasonably good meal just before or around injection time, and has the same amount and kind of food over each 12-hour period following an insulin injection.

If on Levemir or Lantus, nibbling throughout the day works fine (total free-feeding). We have seen cats that were very bouncy and hard to regulate on very low-carb wet food become much easier to regulate (with more insulin, but who cares?) and less bouncy on a free-fed dry therapeutic diet.

For some cats, of course, reducing carbs to the max will allow them to be diet-regulated and go off insulin. But pay very close attention to the quality of the food in question – quality is not just about carbs, ingredients (or lack of certain ingredients), or form (wet/dry/raw). It is about nutriments.

I don’t recommend changing the diet before starting insulin. A diet change can bring along a host of problems and with a diabetic cat, you want to start insulin as soon as possible and get clinical improvement quickly. If and when you change food:

  1. do it progressively, over a week
  2. monitor blood glucose levels closely, as they might drop and you might have to reduce the insulin dose

Never change the diet of a cat that is on insulin without close monitoring. It can go into hypoglycemia and die.

Constraints

Having a diabetic cat comes with a certain number of constraints, the most obvious of which is being there twice a day 12 hours apart for insulin injections, every day.

However:

  • Prozinc and Caninsulin allow flexibility in injection times, up to a few hours, as long as blood glucose is high enough at injection time
  • A well-regulated cat can skip and injection now and then
  • With Lantus or Levemir, if you can’t inject at the normal time, injecting approximately 6 hours after what would have been injection time (give or take a few hours) and skipping the next injection mitigates the “damage” due to the skipped injection
  • It is possible to find (or train) pet-sitters to give injections
  • Some diabetic cat owners take their cat with them on holiday
  • Some places will board diabetic cats
  • If you are not there to monitor blood glucose (the person replacing you will do injections but not monitor glucose) consider putting a FreeStyle Libre continuous blood glucose monitor on your cat.

Many cats reach remission, which means an end to injections. Some cats are so well-regulated that although they don’t reach remission, they can move down to one injection a day (Lantus/Levemir) and skip injections regularly.

Financially: to make a budget, do not look at sticker prices, but calculate how much insulin, food, strips etc. will cost for a month. Dry food is cheaper than wet food, for equal quality. Not all insulin is the same price. Regarding test strips, in Canada the One Drop unlimited subscription is really the cheapest option. In France, we calculated that the One Drop is cheaper if you’re using 5 strips a day or more on average. Do the math for your country! In France, it costs less than 100€/month to give your diabetic cat 5-star treatment. Generally, home monitoring costs less than doing curves at the vet, and decreases the chances you will need to spend a lot of money on an emergency.

Risks and caution

Most people are afraid of hypoglycemia. It is indeed a risk that comes with insulin therapy, but if you are home monitoring, increasing the insulin dose gradually, following safety guidelines and avoiding brutal diet changes, the risk is very small. Having access to food further decreases this risk.

Most serious hypoglycemic episodes I have witnessed or heard of occur after a diet change with no monitoring, large dose increases with insufficient data to justify them, or long periods of injecting the same dose with no monitoring.

What people are unfortunately not afraid of enough is diabetic ketoacidosis, probably because it is a complicated word and “ketones” (despite the popularity of “keto” diets) are not part of our everyday vocabulary or life experience.

I have seen more cats than I can remember die from diabetic ketoacidosis. This is in particular a danger for newly diagnosed cats or badly regulated cats. The absolute first thing one needs to be doing with a diabetic cat is checking urine for traces of ketones.

It is often recommended to skip the insulin dose if the cat is not eating. This advice can be dangerous, as one of the first visible symptoms of ketones will be loss of appetite. Skipping insulin for a cat with ketones will make the situation worse and things have a high chance of spiralling out of control. This is why at the bare minimum glucose and ketone urine checks should be made. On the other hand, injecting a full dose of insulin on a fasting cat who is normally well-regulated can be disastrous too (hypoglycemia).

High doses of insulin are not dangerous as of themselves, and some cats need them. The only risk of “too much insulin” is hypoglycemia, so if you are monitoring to stay safe on that side, there is no reason to be worried about the number of units you are injecting – considered you reached that number progressively and with adequate monitoring.

If you are injecting Lantus or Levemir, injection time is very important (give or take 15 minutes). Injecting less than 12h after the previous injection can lead to hypoglycemia.

What if I don’t treat my cat’s diabetes ?

Not treating a diabetic cat shouldn’t be an option. If it is lucky, the cat will waste away to be just skin and bones, starving and drinking like a fish the whole time. It is not comfortable. If it is not lucky it will start producing ketones and die of diabetic ketoacidosis.

If your cat is diabetic, it needs insulin. What I describe in this article is my “best advice”, but if the alternative is no treatment, then anything is better than nothing – even one injection a day with scarce monitoring.

Many people don’t believe they will be capable of caring for a diabetic cat, be it for needles, constraints, or finances. But trust me, solutions are found, and many people caring very well for their diabetic cat today didn’t think they would be capable of doing it when they got the diagnosis.

Diabetes can really be very well managed, so it’s absolutely worth giving your diabetic cat a chance at life.

My vet doesn’t agree

The advantage of online support groups is that we have the luxury of paying attention to just one illness, whereas a vet has to know everything on everything – and for more than one species. Feline diabetes is a very niche condition, and vets are generally not very familiar with it, and dread it – cat owner reactions tend to range from panic, despair, to asking for euthanasia.

So, vets are generalists, but people in feline diabetes support groups have probably read more on feline diabetes and followed more diabetic cats than most vets, though of course their knowledge on anything outside that field is certainly going to be lacking.

Vets tend to have an approach to treating feline diabetes that makes it as easy as possible on the owner: no home monitoring, just injections, drop the cat off every now and again to check blood glucose (a curve, or in some cases, a single spot test). The consequence is that they aim for an improvement of clinical signs: the cat stops losing weight, stops eating as if it were starving and drinking like a fish, doesn’t go into DKA or hypoglycemia. With home monitoring, however, we can do much better, and aim for remission or great blood glucose regulation, rather than just a stabilisation of clinical signs.

Also, vets, like other medical professionals, are often faced with people who have “found information online”. 99% of the time, the information in question is crap. So, don’t assume your vet is going to take seriously your “online research” on feline diabetes, even if you can see that it is solid.

Links and conclusion

I’ll probably add to this article as I remember things I have forgotten to include. I hope you found some useful information here! To finish, here are links to some recent publications on feline diabetes if you want to read more.

Photo: Quintus and Oscar, my two diabetic boys (one in remission, the other with a FreeStyle Libre)

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Au temps du coronavirus [fr]

[en] The last three weeks in Vaud, coronavirus-style.

J’ai beaucoup de mal à penser à autre chose qu’à la crise actuelle. Normal, j’imagine. Comme tout le monde je suppose, je suis un peu sous le choc, quand même. On est mardi matin, 17 mars. Hier, fermeture de tous les commerces “non vitaux”, état de nécessité prononcé pour le canton. Vendredi, fermeture des stations de ski, des écoles, restrictions de distance dans les restaurants. Lundi passé seulement (il y a une éternité), l’Etat exhorte les personnes à risque de s’isoler au max. De mon côté, je vais chez le psy, à la physio, chez le véto, et j’ai une séance de comité pour Elles Entr’Aide. A ce moment-là, c’est clair, on ne se fait plus la bise, on ne se serre plus la main. Alors qu’une semaine avant, quand le Conseil Fédéral rajoute dans les mesures de protection de la population d’éviter les poignées de main, l’ambiance générale était à trouver tout ça excessif et je me demandais comment faire pour ne pas serrer la main aux gens.

C’était il y a deux semaines!

Alors effectivement, à ce moment-là, la situation locale ne paraissait pas dramatique. Le premier cas avait été détecté dans le canton le jeudi d’avant (le 27), le lendemain on apprenait l’annulation de toutes les manifestations de plus de 1000 personnes. Personnellement, c’est ça qui m’a fait l’effet d’un électrochoc, et qui m’a fait passer de “euh mais bon c’est un peu comme une grippe en plus grave” à “branle-bas de combat”. Et l’annonce “pas de poignées de main” le 3 (un gros truc quand même ici, culturellement) a fini de me faire prendre conscience qu’on n’allait pas y échapper. Y échapper? A tout ce qu’on a vu jusqu’à présent, et aux mesures encore plus sévères qui nous attendent dans les jours et semaines qui viennent.

Entre lundi et mardi (le 2 et le 3) les annulations ont commencé à pleuvoir: les cours de judo, décision difficile prise en urgence pour le lundi soir, chapeau à mon prof, sa femme, et l’équipe “de crise” qui a eu le courage d’agir rapidement alors que le public n’était pas forcément sur cette longueur d’onde; les répétitions de chant pour le concert prévu en 2021 en l’honneur de mon ancien chef de choeur décédé, qui devaient commencer mercredi; une réunion “conférence-réseautage” prévue jeudi soir. Samedi, une copine est venue chez moi; dimanche, je suis allée au hammam avec une autre.

Le 28, j’avais déjà acheté quelques boîtes de conserve supplémentaires. Je fonctionne “aux stocks” en temps normal, donc mes armoires et mon congel sont plus ou moins toujours pleins, ce qui fait que je n’ai eu qu’à compléter un peu. Mardi 3 j’ai rajouté une couche et acheté du savon liquide pour les mains (il n’en restait plus des masses en rayon). Samedi 7 j’ai fait des commandes de réserve pour les chats, vérifié que j’avais de l’avance dans mes médicaments et les leurs. Comme ça je serais tranquille.

Le premier décès dans le canton c’était le jeudi 5, une semaine tout juste après l’annonce du premier cas. Donc après-demain, cela fera trois semaines depuis le premier cas et 2 semaines depuis le premier décès.

Je sais, je n’arrête pas de calculer les jours et les semaines, parce que le temps a pris une tout autre texture que d’habitude et je m’y perds.

Hier à midi je suis allée faire des courses pour un proche et sa famille. Les rayons à Denner et à la Migros étaient encore bien vides. Certes pas par manque de vivres, mais parce que tout remettre dans les rayons, ça nécessite des bras et ça prend du temps. Tout ça en effectif réduit vu que les personnes à risques doivent rester chez elles. Le rayon des légumes était bien fourni, par contre, je pense que c’est celui qu’ils ont restocké en priorité.

Si on fait une commande sur Le Shop, elle n’arrivera pas avant le 1er avril (hier c’était le 31 mars, dimanche soir le 27). Les gens ont peur, c’est normal, mais de grâce, ne cédez pas à la panique. Si vous avez de quoi tenir 2 semaines, vous êtes OK. Si vous êtes “à risque” (plus de 65 ans ou maladie chronique”, de grâce, faites-vous livrer ou demandez à vos proches ou voisins de faire vos courses. Il y a sur Facebook des groupes d’entraide qui voient le jour, et j’y vois plein de personnes proposer leur aide pour ce genre de chose. (Lausanne, Morges, Riviera, Yverdon… cherchez “entraide” et le nom de votre ville/région sur Facebook.)

Je ne suis pas trop inquiète pour moi. Je suis non seulement hors du temps mais hors du monde, en arrêt de travail encore, alors qu’avant mon opération j’étais déjà en recherche d’emploi. Proprement dans les limbes, mais ça rend le confinement facile. Alors bon, je tournicote un peu, cherchant comment je peux être utile autrement qu’en ne sortant pas (déjà utile), en “faisant campagne” autour de moi pour que les gens prennent les mesures au sérieux et se protègent (beaucoup sur Facebook), en me demandant où mes compétences en transformation numérique pourraient servir, parce que faut se le dire, cette crise va donner un gros coup d’accélérateur à la numérisation. (Si vous avez besoin d’aide pour vous mettre à Skype ou aux achats en ligne, faites-moi signe.)

Je suis un peu inquiète pour mes proches à risque, mais ils semblent être sages. Bien plus inquiète pour nous en tant que collectivité, pour les professionnels de la santé et tout ceux qui voient leurs conditions de travail chamboulées, mes anciens collègues indépendants qui voient venir la grande galère financière (j’espère vraiment que l’Etat va mettre en place quelque chose pour eux). Inquiète aussi pour les personnes déjà isolées et qui en souffrent, qui vont se voir encore plus isolées avec le confinement actuel. Je me demande à quoi ressemblera notre monde post-crise, avec le coût économique et humain que nous allons payer, la récession inévitable, mais peut-être aussi des transformations positives.

Il y a bien des années, alors que je m’étais retrouvée en consultation aux urgences psychiatriques, on m’avait dit “alors vous êtes en crise, mais la crise c’est une chance, car c’est l’opportunité de réel changement”. Je crois que c’est également vrai à l’échelle de la société.

Prenez soin de vous et de vos proches. Soyez sages. Et pour les “colibris” parmi vous, ici on est réellement dans une situation où “chacun doit faire sa part”. C’est le moment de mettre en pratique.

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Mes liens “coronavirus” (COVID-19) [fr]

Je lis et partage beaucoup de choses autour de l’épidémie ces temps, surtout sur Facebook. Ici, donc, une collection de ce qui me semble le plus intéressant.

Il est possible que je rajoute d’autres liens à cette collection au fil du temps.

Sinon, hors coronavirus, parce qu’il faut se changer les idées: vous devez absolument écouter l’épisode de Reply All: The Case Of The Missing Hit (audio, EN) si vous ne l’avez pas encore fait. Lire la critique (EN).

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Comment avoir assez peur, mais pas trop peur? [fr]

Et aussi, comment faire assez peur, mais pas trop peur?

En cette période des premiers cas de COVID-19 dans le canton de Vaud, je retrouve cette question qui me préoccupe au quotidien dans la gestion de chats diabétiques: comment avoir “la bonne quantité de peur”?

La peur est un animal compliqué. Elle est utile, elle nous protège du danger. Elle nous maintient en alerte. Mais elle peut aussi nous paralyser, nous rendre incapable de penser ou de dormir.

Comment savoir où est la posture juste, entre ceux qui trouvent qu’il est ridicule d’annuler des événements et d’éviter de se serrer la main, et ceux qui dévalisent les magasins et sa calfeutrent chez eux sans oser mettre le nez dehors?

Comment avoir assez peur de l’hypoglycémie ou de l’acidocétose pour ne pas “prendre de risques inutiles” (voyez comme le serpent se mord déjà la queue), mais pas tellement peur qu’on vit dans un état de stress permanent, si on peut appeler ça vivre?

Le cerveau humain n’est pas conçu pour bien réagir face à des risques abstraits, non immédiats. La peur de tomber de l’arbre, du serpent ou de l’ours qui nous charge, ça on gère (assez) bien.

Mais comprendre qu’une mesure comme éviter de serrer la main ne va non seulement pas me garantir que je ne tomberai pas malade, mais à l’échelle de la population va simplement freiner la progression d’une propagation inéluctable du virus, qui demande au cerveau de faire de l’équilibrisme avec des notions de statistiques et de probabilités, on est très nuls.

Je trouve très difficile de faire face à ce genre d’attitude. Peut-être parce que j’ai toujours eu un “cerveau qui aime les probabilités”, et j’ai fait un peu de gestion du risque dans mes études, j’arrive pour ma part à “voir comment ça marche”. Je fais toujours un effort pour essayer de m’extraire de l’obsession de notre cerveau pour le cas particulier, l’histoire-anecdote qui nous aide à apprendre et comprendre le monde, mais qui nous dessert quand il faut penser en termes de risque.

Alors je fais ma petite cuisine de gestion du risque dans ma tête, alimentée par ce que je lis, ce qu’on me dit, à qui je fais plus ou moins confiance, et mes quelques notions générales scientifiques et médicales.

Ça vaut ce que ça vaut, évidemment.

J’essaie de ne plus serrer la main aux gens. Je ne fais plus la bise. Trois activités de groupe (grand groupe ou avec promiscuité) auxquelles j’allais participer cette semaine ont été annulées, et j’avoue que ça me soulage car je n’ai du coup pas besoin de décider si j’y vais ou pas. J’ai toujours de quoi soutenir un siège côté nourriture, donc pas de grand changement de ce côté-là, j’ai juste mis à jour mes stocks.

J’ai appris à me laver les mains correctement et acheté du savon liquide au lieu de mes pains de savon habituels. Je n’ai pas de gel désinfectant car quand je m’y suis intéressée, on était déjà en rupture de stock. Mais ça ne m’empêche pas de dormir. Je voyage en transports publics mais je me lave les mains quand j’arrive à destination. Je toussote un peu ces temps (ça date d’avant, je vous rassure), donc je prends le pli de tousser dans mon coude.

J’essaie de motiver les personnes autour de moi de se protéger, de nous protéger, avec moyennement de succès. Qu’est-ce qui leur dit que “leur gestion du risque” est moins bonne que “ma gestion du risque”?

Je pense qu’on va plus ou moins tous voir des gens mourir. J’espère me tromper. J’espère vraiment me tromper. On a toutes les chances de se trouver confinés à l’intérieur deux semaines à un moment où un autre. De voir nos hôpitaux ou nos infrastructures peiner.

Voilà ce que je crois. Alors évidemment, vu que je le crois, je pense que j’ai raison. Avec un peu de chance je dramatise et je me trompe.

On en reparle dans quelques semaines.

Si c’est pas avant.

On est à 7 cas déclarés dans le canton.

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Conférence diabète félin: accompagner les chats diabétiques et leurs maîtres [fr]

[en] A conference I gave in France on feline diabetes.

Depuis le diabète et la rémission de mon vieux Quintus, fin 2017, je me retrouve plongée sans l’avoir prévu ou planifié dans le monde du diabète du chat. J’ai ouvert début 2018 un groupe de soutien pour maîtres de chats diabétiques francophones, écrit ensuite un résumé des points importants que j’avais appris dans l’aventure, et condensé le tout plus récemment en vidéo sous forme de “10 choses à savoir sur le diabète félin“.

Cet automne, j’ai été invitée à venir parler du diabète félin à l’occasion des 10 ans de l’Association ABVA, en France. La conférence a été filmée, donc je suis ravie de pouvoir vous en faire profiter aussi en ligne!

Diabète félin: accompagner les chats diabétiques et leurs maîtres (Stephanie Booth)

La dernière décennie a vu de grandes avancées dans la prise en charge du diabète félin. Cette conférence s’appuie sur les publications les plus récentes en la matière, et sur l’expérience du suivi quotidien de centaines de chats diabétiques dans des communautés en ligne.

Posted by Diabète félin: apprendre à gérer un chat diabétique on Saturday, October 19, 2019

Objectifs

  • pouvoir accompagner judicieusement le maître d’un chat diabétique après le diagnostic
  • mettre en place un suivi de glycémie à domicile ou un capteur de glycémie en continu
  • connaître les différentes insulines (animales et humaines) et les méthodes de suivi
  • optimiser l’insulinothérapie grâce au suivi à domicile (y compris viser la rémission)
  • savoir reconnaître une urgence et y réagir

Thématiques abordées

  • de quel soutien un maître de chat diabétique a-t-il besoin?
  • les différents degrés de prise en charge du diabète félin
  • à domicile: contrôles urinaires, évaluation de la prise d’eau et de nourriture, suivi de glycémie
  • intérêt et utilisation d’un capteur de glycémie en continu (FreeStyle Libre)
  • les différentes insulines et quelques méthodes de dosage avec suivi de glycémie à domicile
  • l’alimentation pour un chat diabétique
  • l’hypoglycémie et l’acidocétose: prévention et conduite à tenir

Slides de la conférence

Votre chat est diabétique? Rejoignez le groupe de soutien Diabète félin: apprendre à gérer son chat diabétique.

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Making Memories [en]

I’ve recently started watching TV series (Doctor Who!) and listening to podcasts again, partly in an attempt to pull myself out of some activities or preoccupations that were on the way to becoming a little obsessive. And amongst those podcasts I listened to recently, one episode seems to have had a lasting impact on how I view the world and life: Hidden Brain’s Yum and Yuck.

It’s funny how you don’t always realise on the moment that a new idea is going to be an important milestone in your worldview. I’ve groaned about this before, concerning podcasts. But in this case, I’m lucky, I did manage to lay my hands on the podcast to show it to you.

So, what’s this about? The episode is about food. But the idea that struck me has to do with how we “make” memories. The podcast was describing how memories of meals are created. For example, if you eat a meal of just one thing, you will remember that one thing. But if you eat the same amount of food, in the form of five different things, you will have memories for those five things. See where this is going?

It seems quite obvious, but it’s not something I had ever given much thought to. So, if I eat three slices of toast for breakfast, and put honey on all three, my memory of breakfast is going to be “honey on toast”. But say I put honey on one toast, jam on the second, and cenovis on the last: my memory of my breakfast will be much richer.

The podcast went on to talk about ordering strategies at the restaurant: do you order your favorite dish, or take the risk of trying something else? If you eat something different each time you go to the restaurant, or your favorite dish each time, you will not have the same memories. There is a tension between immediate enjoyment and the creation of memories.

In the same way, if you spend three weeks of holiday at the beach, you won’t have much to tell. But you will certainly have enjoyed each day (if you like the beach). But if you did all sorts of things during your holiday, there are certainly days where you would have had more pleasure sticking with the beach — but your memories of your holidays will be much richer.

I tend to stick in my comfort zone. I’ll order the same thing again and again. I’ll do the same thing over and over. I stick with what I know and what I like.  I go to the same places. I’ve been in the same flat nearly 20 years, have been doing judo for 25, sailing for 10… I go to India regularly, but don’t really travel around or visit new places.

I had never realised the impact this way of living my life was having on the memories I am building of my life. I sometimes feel adrift in time, in some sort of limbo, and I’m now considering explicitly trying to add more “peak experiences” to my life.

Regarding food, because meal-memory seems to have an impact on whether you feel hungry or not, this insight is also encouraging me to make sure I have less “mono-meals” and more meals with a collection of different foods composing them.

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Apple Photos to Lightroom Classic CC: Step 2 [en]

[fr] Le suite de mes misères pour revenir à Lightroom après mon passage dans Apple Photos...

Here’s where I left things in March:

  • I had a catalog of my exported Apple Photos
  • I was hoping to merge them into my Lightroom master catalog.

One little problem: importing from catalog didn’t recognize any of the photos in the temporary catalog full of photos from Apple as duplicates of those already in the master catalog. So my bright idea of using this system to update the metadata of photos in the master catalog came crashing to the ground.

I figure it has something to do with the hash Lightroom uses to identify photos. Anyway… off to find another idea.

My next hope had to do with using the Syncomatic plugin to sync metadata between files with similar names or capture times. A little scary to run on the whole catalog, and I haven’t managed to get it working predictably enough to trust it. Might still come, thought?

So I ended up looking at Photosweeper and LR/Transporter. There was my solution, though it was tedious, and the result is not perfect.

Here’s a bunch of thing I did, best I remember.

I used Photosweeper to weed out duplicates from my Apple Photos. I tried various settings and experimented quite a bit. This also allowed me to get rid of “Edited in Apple Photos” photos which were so close to the original photos it wasn’t worth importing a duplicate bloated JPG just for fun.

LR/Transporter allows you to import metadata to a photo based on a filename or a capture date.

That meant that if I could export a list of keywords of my Apple Photos (with LR/Transporter) and import it onto photos that were already in the catalog, matching the keywords to files with the same name, I could avoid importing duplicate files and having to hunt them down afterwards.

I would have to find a way, however, to flag the photos in the Apple Photos folders from which I had extracted and imported the metadata — because those that remained, “non-duplicates”, would need to be moved to the main folder. Thankfully, LR/Transporter flags photos that have last been modified by it. So once I had imported the keywords from Apple Photos, I had only to:

  • use the metadata filter on my master folders to select all photos that had just been modified by LR/Transporter
  • export a list of those filenames
  • edit it in Google Sheets and add a “delete” flag column
  • import that metadata back to the Apple Photos folders, matching the delete flag column on the “job identifier” field (for example)
  • select those photos through a filter or smart collection and delete them

I did this on the Apple “original” photos I had in my collection.

You’ll not that it’s totally uninteresting to go through this exercise with Apple Photos that don’t have keywords. As I had previously keyworded all apple photos to identify if they were master photos, edited photos, master photo of an edited version, HDR, panorama, etc, I couldn’t easily filter out photos with no “real” keywords. I started out by replacing all those “status” keywords by flags in the “job identifier” field. For exemple

  • I selected all apple edited photos
  • added “apple edited” in the job identifier field
  • removed the “apple edited” keyword
  • used the “job identifier” filter to display those photos again
  • now I could see which ones had no keywords
  • selected those and gave them a slightly different job identifier, etc.

So when doing the LR/Tranporter export above, I was able to select only the photos that actually had keywords to work with.

What about those that had a different name? I used a similar process, counting on the capture time. Her’s what I did, year by year (to avoid having unending tables to open in Google Sheets — max 10k photos, roughly).

  • I selected a year of photos with keywords both in the “master” and “Apple Photos” folders
  • I exported them with LR/Transporter. Fields: size, filename, path, keywords, capture time
  • I opened the CSV in Google Sheets and added four columns to help me “sort” them and generate for the correct file in each matching pair either the updated list of keywords or a delete flag (see example spreadsheet here)
  • I replaced the path for all the files in the Apple Photos part of my directory structure with “apple” for readability’s sake (useful when scanning to check things)
  • Ordered the photos by capture date (with Apple folder photos first, so sort them A-Z by that column first) to let the formulas do their magic
  • Duplicate the sheet, then copy-“paste special” (values only) the columns containing the formulas
  • I went through the list checking that the formulas worked correctly (this is where filename and size come in handy, as well as conditional formatting in the spreadsheet to create a visual pattern that is easy to scan for anomalies), corrected manually when necessary
  • Once that was done, used some A-Z sorting to delete the lines of all the photos that did not match anything
  • Duplicated the sheet once more (trying to be safe) and removed all unnecessary columns
  • Duplicated it one last time so I could have to clean “export” sheets: one to update the keywords, one to set the delete flags
  • Import the “keywords” metadata sheet onto the photos in the master folder
  • Import the delete flags metadata sheet onto the apple photos folder photos.

Once I had done that for each year, it meant that all the Apple Photo original photos with keywords had been processed to see if they had a “twin” already in my Lightroom photos, and keywords imported accordingly (and source file removed).

I then was able to import the remaining Apple Photos files into my main folders, knowing there should be no obvious “same time” or “same name” duplicates — except of course for edited photos. (For that, I deleted them from the main catalog and imported/moved them using the standard “import”, so that they would sit in the right monthly folders.)

The saga continues, as my reduced list (12k from 20k!) of Apple Photos is now integrated with my main catalog, but there are still duplicates in there.

Ideally, I’d get syncomatic to work how I want it to, sync keywords, then use Find Duplicates 2 to delete duplicates. But that’s not going well for the moment.

In addition to this, somewhere in the process a pile of my photos have lost their capture date, or seen their capture date replaced by “today’s” date (the day I was obviously doing whatever caused them to lose their capture date). So I have about 2k badly dated (or undated) photos I need to find a solution for. Many of my videos seem not to be read correctly by Lightroom anymore, and have metadata/date issues. My catalog is also sprouting metadata conflicts, and Lightroom very helpfully (not) asks you whether you want to import metadata from the file or write Lightroom metadata to the file without showing you what the conflict is made of. Not much chance of troubleshooting what is going on in there.

So, what’s left to do?

  1. Identify duplicates with FD2 and figure out a way to be systematic about which versions I keep (I’m doing a test on a month of photos to see how it goes). The key seems to be smart collections, and using color labels like I remember doing in March: for example, color all the “most edited” duplicates identified by the plugin green, then go and look at the full list and figure out if that is a good criteria or not.
    But for that to work I need Syncomatic to work, or to mess around with LR/Transporter again, because many of these duplicates do not have synced keywords. *sigh*
  2. See what’s going on with those videos. Not too sure where to start, but I was pointed to this, and need to dig into it. Reminder, there are three problems: systematic metadata being flagged as up-to-date though in a smart collection it’s indicated as changed; mess-ups with capture times; unreadable videos.
  3. Look at the photos with a bad capture date (or none) and see what I can salvage. One idea is to find a back up of my master catalog before all this mess started happening, use LR/Transporter to match those “lost” photos to their “ancestors” in the old vers of the catalog, and use a process similar to the one described above to fix their capture times. But I’d still like to know what created this situation so I can avoid it in future.

    I’m not sure how understandable all this is, these are mainly notes for myself for when I pick this up again, but if it’s useful for you, all the better! Feel free to ask questions if certain parts are unclear and you would like explanations.

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LR/Transporter: Renaming Files With Excess Whitespace in Lightroom CC Classic [en]

I’ve spent a large chunk of my leisurely holiday in Pune trying to continue my “return to Lightroom“. Amongst the various problems I’ve had to solve, one of them was that many of the filenames in my library had one or two leading spaces. How, why? I don’t know. But it creates problems when you want to match files by filenames to weed out duplicates (with Photosweeper for example).

Here’s how I did things, using a plugin called LR/Transporter, and messing with .csv files. Warning: don’t do this if you don’t understand what you’re doing — you can really mess things up!

Adapted from my post on the Lightroom Queen forum:

  1. I sorted my whole catalog by file name so that those with the leading spaces would be listed first, and selected them.
  2. I used LR Transporter to export File name + file name base to a file
  3. I edited this file in Numbers (Excel messed up the encoding, some of my file names have accented characters in them, Google Sheets removed the leading whitespace)
  4. Copied the column containing the base file name to another table, did a search and replace for two spaces to remove them
  5. Trickier: what about one leading whitespace? Some of my filenames have spaces in them, so I can’t just “remove spaces”. I used the “concatenate” function to add a second leading whitespace to those files, then did another search and replace for two spaces, then copied the formula results back onto the original cells.
  6. I now have a two-column spreadsheet with the filenames (whitespace included) in the first column, and the second column has the base filename with leading whitespace stripped off.
  7. I export as CSV after having removed extra columns and empty cells
  8. In Lightroom, I go back to my selected photos, and Import metadata with LR Transporter: I map the “file base name” field to a metadata field that I don’t use, but that can be used as an “ingredient” in a file renaming preset. I chose “Instructions”.
  9. After import, these files should all have their future filename base listed in the “Instructions” field.
  10. Rename the files, composing the new name with the metadata field that has been used to store the whitespace-stripped base filename (in my example, “Instructions”)
  11. After that, just empty the “Instructions” metadata field if you wish!

Hope this might come in handy to someone!

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