Slowing Down: About Cleaning, Laundry, Accounting, and Backlogs [en]

[fr] Il vaut mieux avoir un style de vie ou processus qui nous permet de faire les choses à mesure (compta, rangement, nettoyages, vaisselle...) que de courir et devoir s'arrêter pour s'occuper des désastres accumulés qui ont commencé à nous pourrir la vie.

I’ve just spent about 2 hours tidying up the flat and cleaning it. And yesterday, as I was about to head out to my concert, I couldn’t find my flashlight (which we need for one of the songs). It wasn’t where it was supposed to be, I couldn’t find it in the half-unpacked bag from our last concert two weeks ago, and basically lost 20 minutes turning the already messy flat upside down. (I found it finally. Hidden inside one of my concert t-shirts I’d taken out of the bag.)

This experience has allowed me to realise, after all these months of living a reasonably tidy and organized life (not too much, but enough to be functional), that it’s much easier to find something when the place is not in a mess *and* it’s nicer to clean/tidy as you go along rather than have to stop to do it (although I actually do like cleaning).

A year an a half ago I set off on a process which helped me crawl out of 10 years (maybe even a lifetime) of feeling overwhelmed by the mess in my living space (thanks, FlyLady). There’ve been ups and downs, but overall I have been living in a tidy flat for many months, doing my accounting, putting my laundry away instead of living in the laundry basket, and giving my flat a quick cleaning session once a week. I’ve been slacking these last few months though, probably because of calendar overload.

What’s the general teaching here? In the spirit of the “not running” and “doing things now” principles I detailed in my “Journey out of Procrastination” series, I’d say the following:

It’s better to go slower and have a process/lifestyle which allows you to deal with things as they come, rather than running around and having to stop to deal with the accumulated backlog once it starts impeding on your ability to live happily.

In practice, for me, that means I need to pay attention to build enough time into my days/weeks for:

  • unpacking bags
  • putting things away after I’ve used them
  • washing the dishes after the meal/snack
  • doing my accounting at least once a week
  • cleaning the flat roughly once a week
  • putting my laundry away the day after laundry day
  • taking things to the office

In summary: planning ahead enough so that I’m not in a rush. Added bonus: life is more enjoyable like that.

Apprendre à se dire non [fr]

[en] Saying no to others (when you don't want to do something) is one thing (it requires dealing with one's fear of displeasing the other), but saying no to yourself is another (which requires learning to deal with frustration). I'm not too bad at the first one, and on the way there with the second.

Dire non, ça se divise pour moi en deux catégories:

  • savoir résister à la pression d’autrui qui désire nous faire accepter quelque chose que l’on n’a pas particulièrement envie de faire (consciemment ou non)
  • savoir résister à ses propres élans de se lancer dans des choses nouvelles, que ce soit en réponse à la demande d’autrui ou par désir d’entreprendre (ses propres projets).

Il y a une limite un peu floue entre les deux (comme quand on veut rendre service — quoique), mais grosso modo, cette distinction permet d’appréhender le problème intelligemment.

En effet, dans le premier cas de figure, ce qui nous retient est la peur de déplaire à l’autre. Dans le deuxième cas, c’est la difficulté à se frustrer.

En ce qui me concerne, je n’ai maintenant plus trop de peine à dire non quand je veux dire non (premier cas de figure). Je crois qu’un pas important sur le chemin a été de refuser de donner une réponse “à chaud”, et de dire quelque chose comme “laissez-moi regarder ça, et je vous donne réponse dans 24h” ou bien “a priori je te dépanne volontiers, mais laisse-moi te dire demain si c’est vraiment possible pour moi ou non”. Vous voyez l’idée.

Par contre, me dire non à moi, c’est beaucoup plus difficile. Je suis d’ailleurs en plein dedans, là. J’ai toujours plein d’idées de choses à faire, la vie est pleine de choses fascinantes à entreprendre, et régulièrement, j’ai les yeux plus gros que le ventre de mon agenda.

Et alors il faut faire le tri. Accepter que je dois renconcer à faire certaines choses que j’aimerais beaucoup faire, pour pouvoir faire celles auxquelles je tiens encore plus. Cela demande d’être au clair de ses priorités. Si on refuse de hiérarchiser, on finit par vouloir le beurre et l’argent du beurre (sans mentionner le désormais incontournable fils de la crémière).

Warning Signals [en]

With the years, I’m getting better and better at identifying early warning signs. Human beings (I’m no exception) have this tendancy to dig themselves into holes now and again, but not realise they’re digging them or even inside them until the waters are closing on over their heads.

For the past month I’ve been looking at my calendar with increasing dread. I’ve barely been blogging. Things haven’t been spinning out of control, though, but I’ve been tired and more stressed than I like and kind of thinking “gosh, how am I going to manage all this”. At the same time, I’ve been refusing to make some hard choices regarding the things I want to do. Dropping one or the other was not an option.

I’m talking mainly about non-work things here. And things I do for me (as I might have mentioned somewhere before, I’ve become reasonably competent at not saying yes when I want to say no to other people, so I don’t end up with commitments I’d like to wriggle out of as often as I did a few years ago).

Yesterday, I realised that I was setting myself up for a couple of inhuman weeks before the end of the year, but that I was refusing to consider that I might have to let go of something. This is the cousin of “I really need a break now but there’s no way I can manage to take one“.

Something clicked. I realised that I was wanting to do everything. That clearly there was too much on my plate, that I was not Superwoman, but that I was refusing to set priorities between all these different things I wanted to do. So, I knew what I had to do: accept that I have to sit down and decide what is most important for me, and what is less important. I did that, decided to let go of something, and though it really saddens and frustrates me not to be able to do it (in addition to the umpteen other things I’m already doing), I feel better.

The important point here is the warning signals. If I look back at the journey of these last years, one constant for me has been to learn to spot warning signals that I’m leading myself somewhere I don’t want to go, and spot them earlier and earlier. And figure out what to do when I spot them.

And I’m happy to say I’m getting pretty good at it!

What about you? How good are you at recognizing your warning signals? When you recognize them, do you know what to do to keep things from going further downhill?

Carotte et créativité ne font pas bon ménage [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Plutôt que de vous parler de la nouvelle boulette (je suis gentille) de Facebook au sujet de nos vies privées (le sujet me sort par les oreilles, pour être honnête), je vais faire une petite digression pour vous parler de motivation.

Le monde connecté, ce n’est pas que la technologie (j’espère ne pas vous avoir donné l’impression que c’était le cas). C’est aussi le hasard des rencontres qui n’auraient jamais eu lieu sans cette technologie. C’est les réseaux et les communautés, dopés par ce qu’on appelle aujourd’hui les médias sociaux (rassurez-vous, demain on aura trouvé un autre nom). C’est les choses intéressantes qui vous tombent entre les mains d’on-ne-sait-où, sans qu’on les ait cherchées. Le réseau qui vous les offre en cadeau.

J’écris cette chronique de Lisbonne. J’ai bravé le nuage de cendres pour aller donner une poignée de conseils pour indépendants lors de la conférence SWITCH à Coimbra — conférence mise sur pied par Ricardo Sousa, 17 ans, et son équipe à peine plus âgée. A SWITCH, j’ai fait quelques rencontres marquantes, dont , sur le blog duquel j’ai fait un saut en début d’après-midi après avoir retrouvé mon wifi lisbonnais.

Et c’est là que je tombe sur cette vidéo, que Zé nous dit de regarder et regarder à nouveau. Elle est en anglais — je vous encourage à braver la barrière linguistique durant 10 minutes, et à revenir ensuite ici. Je ne bouge pas.

Dan Pink, l’orateur que vous entendez dans la vidéo, nous apprend qu’il a été scientifiquement démontré (je pèse mes mots) que les récompenses monétaires élevées ont un effet néfaste sur le travail lorsque celui-ci fait appel un tant soit peu à nos forces créatives. Les meilleurs motivateurs sont intrinsèques: l’autonomie, la maîtrise, et le sens. Quand on réalise que le monde du business fonctionne en grande partie sur des principes que la science a démontré comme erronés…

A mon avis, on peut appliquer tout ceci à l’utilisation des médias sociaux en entreprise, et surtout à la volonté hypertrophiée de tout mesurer — parfois à tort et à travers — afin de savoir si on en retire réellement quelque chose. Mais c’est pour un autre jour!

Si je vous ai donné envie d’écouter Dan Pink mais que votre anglais pédale un peu dans la choucroute, vous pouvez voir ici sa conférence TED sur la motivation, avec sous-titres français. C’est beau le web, non?

The Art of Removing One's Socks [en]

[fr] Comment enlever ses chaussettes de façon à ce qu'elles ne nous pourissent pas la vie quand on les sort de la lessive. Je ne plaisante pas, ça a été une révélation pour moi, même si c'est super simple: les enlever sans les retourner.

Amongst other life-saving tips I learned from hanging around on the Flylady site, I learned how to remove my socks. Now, don’t laugh — it has been a life-changing revelation for me. It’s a very simple obvious trick, and when I read about it I could have kicked myself for not having figured it out on my own, and as a result struggling with bunched-up socks in my laundry for the last 20 years.

I’m a sharing person, so here’s the tip, lifted directly from Flylady’s site (it’s #4 on this page):

[Robert] also taught me to take my socks off, right side out. LOL Push them down over your heels and then pull the toes. Poof your socks are right side out. No more having to turn socks after they are washed.

Now, I imagine you’re all going to tell me that you’ve done this all your life and you never have trouble with socks in laundry, but trust me, I did not. I would remove my socks as they came, inside-out, all rolled up, and wash them like that, and then have to struggle to unbunch them so they could hang up and dry.

It’s one of those very simple things that takes no effort (or almost) to do and makes life much easier for the future you. I’ve been implementing a lot of these “good habits” over the last year or so, but the sock thing is the one example that really sticks out for me, and represents the spirit of dealing with things now rather than later.

And as I remove my socks every day, I’m reminded of my new way of doing things every day.

C'est si superficiel [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Une critique souvent faite à l’encontre des médias sociaux, c’est la superficialité des contenus qui y transitent ou y sont publiés. Twitter, Facebook, et même les blogs sont montrés du doigt comme autant d’exemples de la vacuité des propos de l’être humain moyen.

On oublie que les médias sociaux, à la différence des mass-médias, visent moins à diffuser des informations qu’à créer des relations.

C’est pour ça que la métaphore de la machine à café pour décrire ces espaces numériques est si juste. La plupart des discussions autour de la machine à café sont banales — mais ce sont elles qui créent les liens entre les gens. Le tissu des relations humaines, c’est justement ces petits échanges anodins, sur le temps qu’il fait, le film qu’on a vu, ou les plantes à rempoter.

Qu’on bavarde de ce genre de chose au téléphone, dans le bus, entre deux réunions, ou même par SMS, cela n’émeut personne. Mais qu’on fasse la même chose en ligne, où règne l’écrit, réservé traditionnellement aux seules expressions de notre culture dignes d’être imprimées, et l’on s’empresse de brandir ce mot chargé de jugement moral: “superficiel”.

C’est faire preuve d’une grande méconnaissance de la nature profonde des relations humaines.

Tips For the Stressed and Anxious [en]

[fr] Une série de conseils (basés sur mon expérience personnelle!) pour les stressés et anxieux. Top de la liste: s'assurer qu'on dort, mange, et bouge assez (c'est la base). Boire des tisanes de fleur d'oranger. Prendre un bain chaud. Méditer.

Twice a month I write up an article chosen by my readers. This is the second. Vote for the next one!

After years of learning to deal with my stressed and anxious self, here are a few ideas and tips I’ve found help me get through those moments. It won’t replace therapy of course, but it can help!

  • Make sure you have your basics covered (this is your top priority): enough sleep, enough food (preferably more or less balanced), and physical exercise (go for a walk!) — regular hours if possible.
  • Drink orange blossom infusions (“fleur d’oranger”). It’s a relaxing infusion — 4-5 cups a day, and one 30 minutes before going to bed if you have trouble sleeping. I’m a fan ever since drinking those saved one of my exam sessions.
  • Take a warm bath.
  • Lie down, close your eyes, and concentrate on your breathing for 10-20 minutes, without falling asleep, and without starting to think about stuff. When thoughts show up, just let them fly by as you concentrate on your breathing. (This is kind of basic meditation.) Once or twice a day.
  • When stressed, identify the main stressor (if it’s procrastination-related stress) and get it done with. Things usually get better after that.
  • If anxious/down, go for stuff that makes you laugh (it helps the brain switch gears): lolcats, comedy movie, fun friends, comics — whatever does it for you.
  • Sometimes (specially if you’re more down than anxious), watching a scary movie / thriller can do the trick. Anxiety is often something we do to ourselves (need that adrenalin-drug!) so getting a shot through artifical means (the movie) can actually help relax about other stuff.
  • Head out to the countryside/lake/mountains. Look at nature around you — it helps regain a sense of proportion.
  • Watch the Eight Irresistable Principles of Fun video (a few minutes).

Of course, these are very general tips. They are not magic recipes, either: sometimes we’re stressed or anxious for very good reasons, and it’s normal to be uncomfortable. But these ideas might help make things a little bit better or bearable when it’s rough.

Got any tips that work for you when you’re stressed or anxious, and that you’d like to share? The comments are yours.

Du "droit" de gagner sa vie [fr]

Je fais court, promis. Je voulais parler de ça dans mon précédent billet sur la gratuité (ou la non-gratuité) du contenu, et j’ai oublié.

Un présupposé que me gonfle, mais alors vraiment, c’est cette idée selon laquelle le fait d’être un créatif et d’avoir un tant soit peu de talent nous donne le droit inaliénable de gagner notre vie avec. “Droit” non pas dans le sens que c’est permis, mais ça que nous est dû.

Je sais chanter, je chante bien, j’ai un peu de succès — le fait de pouvoir gagner ma vie avec mon art me serait dû.

J’écris, j’ai même écrit des romans, et bien je devrais pouvoir gagner ma vie avec — ça m’est dû.

Vous voyez l’idée?

Poussons plus loin.

Je sais créer des espaces coworking, alors je devrais pouvoir gagner ma vie avec.

J’ai une idée pour une nouvelle application et je peux la réaliser, je devrais pouvoir gagner ma vie avec.

Pas la même chose, hein?

Comment se fait-il que lorsqu’une entreprise commerciale échoue à générer assez d’argent pour faire vivre celui ou celle qui l’a lancée, on trouve que ça fait partie des risques de l’entreprenariat (“les finances étaient mal gérées” — “l’idée était bonne mais ils étaient à côté de la plaque sur le marketing” etc.) alors que quand c’est un artiste ou un créatif qui échoue à vivre de son art, on tire à gros boulets rouges sur le système ou les pirates?

Eh bien désolée. Bienvenue dans la réalité, mesdames et messieurs les créatifs (dont je fais partie). Ce n’est pas parce qu’on a un talent qu’on pourra nécessairement en vivre. Ceux qui y parviennent sont l’exception, et l’ont toujours été.

Jamais je ne refuserai à qui que ce soit le droit de tenter de gagner sa vie avec son art. Mais je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir des garanties que ça marchera.

Prune Your To-Do Lists, Mercilessly [en]

[fr] Plus tôt on admet que l'on ne fera pas une tâche, mieux c'est (avant qu'elle nous pourrisse la vie durant des mois avant de mourir de sa belle mort). Soyez donc sans merci en révisant vos listes de tâches. Posez-vous honnêtement la question: vais-je vraiment faire ça?

Yesterday, I opened Things for the first time in… a year, maybe, to see if the link to a video I wanted to watch was still in my old lists there. It wasn’t, but trawling through the state of my to-do lists from Going Solo times made me realize just how much stuff was in there that I never did. And I’m still alive.

I’ve known this for some time: a good way to make our lives miserable is to stack our to-do lists (or next action lists, if we’re GTD-enabled) with piles of tasks that we will end up not doing. Seeing all those old tasks I never got around to doing reminded me, once again, of how important it is to realize as early as possible if I am not going to do something.

I think the first time I really heard somebody talk about this explicitly was at the Going Solo conference in Lausanne, when Martin Roell gave his talk on “Self-Organisation for Effectiveness” (watch the whole video, but the moment in question is about 10 minutes in). He told us that, contrarily to some understanding of GTD (who is to say what’s right or wrong?), he recommended throwing out as much as possible from action lists. YANGTDI: You Are Not Going To Do It.

It’s a bit the same frame of mind as when you come back to your e-mail inbox after a holiday. You can usually safely ignore the stuff that’s marked URGENT in all caps, because chances are if it was urgent a week ago, it’s simply not relevant anymore.

I think that this is where lies the trap in GTD’s “Someday/Maybe” list. Also because we quickly forget one important step in the GTD process, which is that when we put a task on a next action list, it means we are fully committed to doing it. That, I have found, is simply just not the case most of the time for mere mortals like us struggling around with imperfect implementations of GTD in our lives.

So, here are some ideas. They’re not perfect, but they might help.

If you’ve been ignoring an item on your list for a long time, take a moment to look at it. First, make sure it’s a real next action and not a project in disguise, because that could be why you’re not getting around to doing it. Then, take a deep breath, and ask yourself, honestly, deep down inside in your heart of hearts, if you are really going to do it, or if you’re going to keep on procrastinating it until it disappears into a little puff of smoke, in which case you’d have been better off removing it from your list straight away and preventing it from adding to your stress.

How do you know you’ve been ignoring a task for too long? Some systems have that built-in. For example, when I was in my notebook phase, once a page was filled with tasks-done-and-still-to-do, I’d copy over to the next page all the tasks that still needed doing. Once you’ve copied over a task to the new page five times, you start to realize that you’re not doing it.

Yesterday, somebody told me of another method: at the beginning of the week, make a list of tasks you want to accomplish. Opposite that list, draw columns — one per day. Each day, ask yourself if you are committed enough to spend (say) an hour and a half on that task. If you are, draw a green dot on that task’s line. If you aren’t a red dot. At the end of the week, look at what you haven’t done, and look at the amount of red vs. green. The decisions to make are probably made, by that time.

Another trick I have is that I have a sub-heading, in my lists, which is called “Obviously I’m not doing this”. That’s where I send tasks off to die, when I’m clearly not doing them but don’t have the courage to get rid of them completely. A bit like the “Should throw away but can’t yet” box in your cellar.

A corollary to this “task pruning” attitude is to extract subsets of tasks for given time periods, like I started doing (and still am doing) when I plan my week. Or on a stressful day, when you feel swamped, select three things (or five!) and forget about all the rest.

But the main point here is: show no mercy for those idle tasks that just sit there, make your life miserable, and never get done.

La technologie qui nous pousse à grandir [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Depuis bientôt dix ans que je fréquente des blogueurs, j’en vois régulièrement qui succombent à la pression de leur lectorat. C’est ainsi qu’ils le présentent, en tous cas. Ils ne peuvent plus tenir le rythme de publication. Les commentaires de leurs lecteurs les minent. Leur public a des attentes, et ils n’arrivent pas ou plus à y répondre. Ils sont trop sollicités.

Alors ils arrêtent de bloguer, se fendant d’un long (ou très bref) billet explicatif.

Et à chaque fois, je lis, un peu médusée, et je peine à comprendre. Tout l’attrait du blog, pour moi, c’est la liberté qu’il confère à son auteur. Les seules contraintes sont celles que le blogueur s’impose. S’il cesse d’écrire à cause des attentes de son public, n’écrivait-il que pour celui-ci en premier lieu? N’avait-il pas peut-être lui aussi, des attentes peu réalistes (d’une certaine forme de reconnaissance, à tout hasard) pour son lectorat? Le problème est-il vraiment avec ses lecteurs, ou est-il plutôt entre lui et lui?

Ceci n’est qu’une situation parmi d’autres où je vois que les avancées technologiques nous offrent l’occasion de grandir en tant que personne — plutôt que d’en devenir l’esclave (à l’image des blogueurs dont il est question ci-dessus) ou de les rejeter un bloc (mouvement de retour de balancier, parfois).

Le téléphone mobile nous rend joignable en tous temps? On apprend à ne pas y répondre juste parce qu’il sonne. On le met sur silence. On l’éteint. On filtre les appels. On reprend le contrôle.

Le chat nous permettrait de bavarder à longueur de journée? On apprend à se discipliner, à mettre des priorités sur certaines activités (travailler, peut-être?), à dire gentiment mais fermement que l’on n’est pas disponible maintenant. A approcher les autres avec un peu de retenue, aussi.

Les e-mails arrivent dans notre boîte de réception à toute heure du jour et de la nuit? On apprend à filtrer, à ne pas répondre à tout dès que possible, à basculer vers un autre mode de communication lorsque c’est plus adéquat.

Le blog et la publication en ligne ont fait de nous un micro-célébrité? On apprend à voir plus loin que la satisfaction un peu compulsive de l’attention reçue, à reprendre contact avec les motivations profondes et saines qui nous poussent à faire ce que l’on fait, et à mettre des limites aux sollicitations quasi-infinies du monde extérieur.

Un fil rouge, ici: être au clair de ses attentes, connaître ses besoins et ses limites, les faire poliment respecter lorsque c’est nécessaire. Dans le monde ultra-connecté qui devient le nôtre aujourd’hui, les compétences que l’on regroupe souvent sous l’expression un peu réductrice “savoir dire non” sont une question de survie. Et ce n’est pas plus mal.