Chroniques du monde connecté pour Les Quotidiennes [fr]

[en] I'm now writing a column for Les Quotidiennes, a local online publication. The first one is up: E-mail, quand tu nous tiens.

Ça y est! Ma première chronique pour Les Quotidiennes, intitulée “E-mail, quand tu nous tiens“, est en ligne. J’y écrirai désormais chaque semaine les “Chroniques du monde connecté“, un coup d’œil humaniste dans l’univers technophile des gens ultra-connectés (nous!!)

E-mail, quand tu nous tiens | Les Quotidiennes C’est un peu plus “grand public” que ce blog — et j’avoue que j’ai quand même pas mal réfléchi au sens que ça pouvait avoir d’écrire ailleurs qu’ici: eh bien, simplement, toucher un autre public, dans un autre contexte. On verra ce que ça va donner, en tous cas j’ai plein d’idées pour les semaines à venir et je me réjouis beaucoup!

Et une fois que vous avez fini de lire mon article, filez vous délecter de ceux de mes co-chroniqueurs!

Social Media Survival Kit [en]

[fr] Deux règles très simples pour survivre à l'ère des médias sociaux.

  1. You do not have to read everything.
  2. If you feel bad about missing stuff, apply rule one. This goes for e-mails, too.

My Web World Has Grown [en]

The day before yesterday, a tweet of mine prompted me to get into blog gear again (honestly, why do I need other people? seems I have enough inner dialog going on).

The idea, as expressed in my tweet, was half-baked. I was actually thinking back to when I started blogging, or even when I became a freelance “something-or-other” 2.0 consultant. There are more people around today. The pond is bigger. This is a normal phenomenon when it comes to adoption: if you’re an early adopter, a cutting-edger, well, sooner or later those technologies or subcultures which were the turf of a happy few you were part of become more and more mainstream.

I’m seeing that. It’s been going on for some time. There are people all over doing tons of interesting stuff and I can’t keep up with them (I don’t even try). And here, I’m not even talking about all the wannabe social media experts.

So yes, the pond has turned into a lake, and I find myself a smaller fish than I used to be. Though I sometimes look back with a bit of nostalgia upon the “golden days” of blogging or Twitter, it suits me quite well. I actually never tried to be a big fish: one day, I suddenly realised that it was how people saw me. So I went with it, quite happily I have to say.

But it’s nice to slow down. I’ve never really been in the “breaking news” business, and have no desire to. I feel I’ve retreated somewhat from the over-competitive fringe of my web world, and my life is better as a result. Business too, if I look at my calendar for the upcoming months.

There are times when I regret that my “poly-expert” profile does not allow me to stay as up-to-date with everything as I’d sometimes want to. I haven’t given a talk in a school in nearly a year, and I miss it. I’ve played with Google Wave, but haven’t taken three days to dive into it completely as I would have done five years ago. (One of the reasons, here, is that I simply can’t afford to spend three days diving into something, like I could when I was an employee. The irony is not lost on me.)

All in all, there are more people now in my web world, and in the web world in general. It’s a good thing for the world. It has changed my place somewhat, but overall I’m pretty happy with it.

I don’t feel I’ve shrunk to tadpole status yet, though! 😉

Fréquence Banane: Internet rend-il stupide? [fr]

[en] On the radio tonight -- and tomorrow night. In French.

Ce soir, de 20 à 21h, je serai l’une des invités de l’émission “La langue de bois” de la radio universitaire Fréquence Banane. Le thème: Internet rend-il bête? 🙂

Grande question pour un débat qui, j’imagine, sera animé (sauf si nous sommes tous d’accord avec moi!), avec Lyonel Kaufmann et Olivier Glassey.

Donc, ce soir, branchez-vous sur 94.55 si vous êtes dans le coin, et sinon, écoutez l’émission en streaming sur le site de Fréquence Banane!

(Je serai à nouveau sur les ondes demain, mais sur Couleur3, pour y parler de l’eclau lors de l’émission Saperlipopette, à 17h30 si ma mémoire ne me fait pas défaut.)

Donner 80%, ou la loi de Paréto appliquée aux métiers des idées [fr]

On est tous familiers avec la loi de Pareto: 20% d’effort pour 80% de l’effet, etc.

L’an dernier, à SoloCamp, Dennis Howlett nous en a proposé une application en réponse à la question (qui torturait plusieurs d’entre nous): sachant que donner gratuitement est une forme de marketing très efficace, surtout dans les métiers des social medias, où mettre la limite? Combien donner? Quand commencer à faire payer? Comment ne pas se faire avoir, sans pour autant devenir radins?

Eh bien, sa réponse m’a stupéfaite, j’avoue, et bien tranquillisée. D’après lui, quand on est dans les métiers de la “propriété intellectuelle” (en gros, ce qu’on offre à nos clients, ce sont principalement des idées), une bonne ligne de conduite est de considérer qu’on va donner gratuitement (ou presque) 80% et faire payer (cher) les 20% restants.

Donner 80%!

Je suis presque tombée de ma chaise.

Puis, sachant que Dennis est quelqu’un qui réussit plutôt bien en affaires, que j’avais depuis un moment le sentiment désagréable que je donnais de moins en moins et que mon business en pâtissait, je me suis un peu détendue, et j’ai décidé de garder en tête ce principe.

Et si j’y réfléchis et que je fais un peu l’inventaire de mon “travail gratuit”, je me rends compte qu’on y est assez vite:

– tout ce que je publie sur ce blog et ailleurs sur internet
– les Bloggy Fridays
– l’eclau
– les repas, pots, “petites discussions” où je fais du “consulting gratuit” en échange d’une pizza ou de la reconnaissance éternelle de mon interlocuteur
– organiser Going Solo et SoloCamp (c’était pas censé, mais ça a fini par l’être, du travail “gratuit”)
– les personnes que je dépanne à l’oeil, en ligne et hors ligne
– les interviews accordés aux journalistes, participations non rémunérées à tables rondes et autres événements…

Je pourrais continuer encore la liste.

Bien entendu, il y a un retour sur investissement, là. C’est mon budget marketing, si on veut, toute l’énergie que je mets dans ces diverses activités. C’est “ce qui me fait”, aussi, et j’en suis bien consciente. Mais rien de tout ça ne remplit directement le compte en banque: ça fait partie des 80% grosso modo de mon temps-énergie que je ne facture à personne, et durant lequel je “travaille gratuitement”, suivant quelle définition on donne à “travailler” et “gratuitement”.

Me voici donc à répondre enfin à M. Fontana d’Universal, mon interlocuteur contradictoire lors du “débat” sur le piratage à la RSR1 il y a quelques mois, lorsqu’il demandait (ironiquement et sûr de sa réponse) si j’avais l’habitude de travailler à 100% et de n’être payée qu’à 50%. (L’homme de paille favori de mes détracteurs concernant les questions de partage de fichiers semble être que je ne veux pas que les artistes soient payés pour leur travail…)

Oui, oui, Monsieur — et même plus que ce que vous imaginez. C’est comme ça que ça fonctionne, dans mon métier.

Vous me voyez venir: si l’on accepte de sortir d’une mentalité d’employés (ou pire, de rentiers), on pourrait sans beaucoup de difficulté appliquer ce genre de raisonnement au monde des oeuvres de l’esprit en général, y compris la musique. Pour les détails, il faudra repasser, car je ne les ai pas (j’en entends déjà qui hurlent) — mais n’y a-t-il pas là quelque chose à creuser?

Google Identity Dilemma [en]

[fr] Depuis des années, j'utilise une identité "fantaisiste" pour tous mes services Google. C'est mon identité principale (vous voyez de laquelle je parle si on est en contact). J'aimerais passer à prénom.nom comme identité principale (je la possède aussi) mais tous les services Google sont rattachés à la première, et je ne vois pas vraiment comment m'en sortir. Idées bienvenues!

When I created a Gmail address all these years ago, I chose a “funny-cute” name that was easy to remember for most of the people I knew. I was on IRC all day back then, and my nickname was bunny(wabbit_), and people knew I was Swiss.

I didn’t really think my Gmail address would become so central to my online identity, you see.

Of course, I also registered firstname.lastname and redirected it onto my main e-mail address and identity.

As years went by, Google added all sorts of services that got tied onto this identity (not to mention the 2.5Gb of archived e-mails and chats). Google Talk, Google Profiles, and recently, Google Sidewiki and Google Wave.

These last weeks, I’ve been wondering if I shouldn’t “make the switch” and use my more serious “firstname.lastname” e-mail address as my main identity. Actually, to be honest, I’d like to. But there are obstacles — oh, so many.

First, all my contacts are linked to my current account. All my e-mail is stuck in it. My Feedburner and Google Reader settings are linked to it. My blogger blog is. My calendar. Everywhere I use my Google identity for a third-party service, here we go.

And Google does not allow you to link one Google account to another (sure, you can redirect mail, but that doesn’t solve anything).

So, do you see my problem? If you have any bright ideas, I’m listening. I would really like a solution.

Chat ou e-mail pour rester en contact? [fr]

Au détour d’une conversation avec Fabien ce matin, je (nous) faisais la réflexion suivante: même si j’adore écrire (preuve les kilomètres de texte qui s’alignent sur ce blog, sauf quand je n’écris pas) je ne suis pas du tout versée dans l’e-mail “correspondance”.

Certes, j’utilise (beaucoup) l’e-mail comme outil de travail. Pour des échanges factuels. Pour de l’administratif.

Mais pour parler de sa vie ou de son coeur, je préfère être en intéraction directe: IM, SMS, IRC Twitter, téléphone, ou même (oh oui!) se voir en chair et en os pour boire un café ou manger un morceau.

Déjà avant que l’e-mail ne débarque dans ma vie, je n’étais pas vraiment une correspondante. Ma grand-mère paternelle se plaignait amèrement du manque de lettres provenant de sa petite-fille, les cartes postales signées de ma main étaient dès le jour de leur réception des pièces collector, et les deux ou trois tentatives adolescentes d’avoir des correspondantes dans d’autres pays se sont assez vite essoufflées.

Peu étonnant, dès lors, qu’un fois accro au chat sous toutes ses formes, ce soit les modes de communication interactifs que je privilégie pour mes relations avec les gens.

Je me demande si c’est simplement une préférence personnelle (certains sont épistoliers, d’autres pas) ou bien s’il y a véritablement des caractéristiques des médias en question qui la sous-tendent: l’interactivité (relativement synchrone), par exemple. Parler de ce qu’on vit ou fait (c’est souvent l’essentiel des conversations), c’est bien mieux avec un retour direct d’autrui en face, non?

Survivre à l'heure du trop d'informations [fr]

Lors du très sympathique Bloggy Friday d’hier soir, la conversation est à un moment donné partie sur les fils RSS, Twitter, le temps que ça prend, et la quantité d’informations à s’enfiler chaque jour, si on rentre là-dedans.

Je vous présente donc ma recette pour survivre à l’heure de la pléthore d’informations à portée de nos souris qui est la nôtre. Elle est très simple, la recette:

  • lâcher prise et abandonner tout espoir d’être “à jour” ou de “tout lire”
  • mettre l’accent sur les connexions et le réseau (quelles personnes je suis sur Twitter, connexions facebook, abonnements RSS)
  • considérer que tous ces flux sont comme une rivière où l’on fait trempette de temps en temps, ou comme une station radio diffusant en continue et qu’on allume lorsqu’on en a envie.

Quelques éléments supplémentaires:

  • si l’information est importante et que le réseau est de qualité (voir le point ci-dessous), elle vous parviendra par de multiples chemins (exit donc l’angoisse de “rater” quelque chose de vital)
  • la qualité du réseau est cruciale: ce n’est pas juste une question de quantité de connexions ou de contacts (même si cette dimension joue un rôle), et chacun est entièrement responsable du réseau qu’il construit et maintient autour de lui.

Pour ma part, j’ai depuis longtemps accepté que je ne suis pas une lectrice régulière de blogs. Je sais, cette information en surprend plus d’un, car je suis perçue comme une personne très connectée et “au courant”. Mes lectures sont des butinages, incités par ce que je vois passer dans ces différents flux (Twitter, Facebook, Tumblr, surtout). De temps en temps, je vais expressément voir le blog de telle ou telle personne, ou son compte Facebook, ou son Twitter — parce que j’ai envie d’en savoir plus sur ce qu’elle raconte récemment.

Mais je ne cherche pas à “tout lire”, oh non, au grand jamais. Et je m’en porte fort bien!

Gérer sa réputation numérique [fr]

[en] Online reputation management: know what people are saying about you, and concentrate on putting yourself out there in a good (honest) light rather than getting stuff pulled down and risking the Streisand Effect. This is exactly what Anil Dash explained on his blog many years ago in "Privacy through identity control".

En allant faire un saut à la boulangerie du coin, iPhone sur les oreilles, le hasard de la playliste aléatoire m’a permis d’écouter “La mauvaise réputation“, épisode de l’émission RSR1 “On en parle” que j’avais téléchargé il y a une semaine environ.

Eh bien, même si par moments j’ai un peu grincé des dents face à l’approche un peu “contrôler sa réputation” de certaines parties de l’émission, et au fait qu’on insistait un peu beaucoup sur comment savoir ce qui est dit de nous, mais pas tellement sur “et bon ensuite, on en fait quoi?”, les conclusions sont tout à fait bonnes. Je vous encourage donc à écouter l’émission (surtout la fin!) si ce sujet vous intéresse.

En résumé:

  • ayez une présence internet, et utilisez-la pour être proactifs par rapport à ce qu’on peut trouver sur vous en ligne (en termes moins élégants: ça peut aider à “noyer le poisson” ou tout au moins, équilibrer un peu le message si des choses négatives sont publiées sur vous)
  • gardez un oeil sur ce qui est publié à votre sujet (Google, alertes, Technorati, abonnements, ou même entreprise spécialisée)
  • il y a des moyens de faire retirer des contenus, mais attention: ils vont resurgir ailleurs, et risque de Streisand effect
  • tenter d’éviter le problème en faisant l’autruche et en restant aussi loin d’internet que possible, c’est donner le contrôle total de votre réputation numérique à autrui!

A Thought or Two on Social Capital [en]

A couple of weeks ago, I was having a nice afternoon in Geneva (a surprise for me!) sipping an ice tea on the terrace of a café in the Quartier des Bains. The people around the table were interesting, as was the conversation. At one point, I was trying to explain how I viewed “social capital” and the meritocratic nature of the connected lifestyle.

As with many things, the Internet has not really created anything new, but given more visibility or weight to something that already exists in the offline world that everybody knows.

As an individual, I have certain connections with other individuals, and a certain reputation. If I’m respected and appreciated, then I have a certain amount of social capital that I can either accumulate or “spend”.

Here’s an example of “spending” some of my social capital: I’m organizing a conference and ask people to blog about it or introduce me to possible sponsors. In “normal” speech, we’d simply say I’m asking for favours — and that’s what it is.

The amount of favours people will do me depends on how much “social capital” I have — how much they respect, regard, appreciate me. It’s pretty simple, really. “Social capital” is just an expression (like “whuffie”) used to give a name to this “thing” that people have more or less of, and which gives them power as an individual in their network.

Social capital can be well spent, or dilapidated. It can also be lost by doing stupid things (the kind of things that “ruin a reputation”). I think it’s a better expression than “popularity” or “reputation” because it stands a chance of being understood as multi-dimensional.