Prendre son temps en voyage [fr]

[en] As the editor for ebookers.ch's travel blog, I contribute there regularly. I have cross-posted some of my more personal articles here for safe-keeping.

Cet article a été initialement publié sur le blog de voyage ebookers.ch (voir l’original).

L’autre jour, je tombe sur cet article du blog de Lonely Planet, Les plus beaux hymnes à la lenteur. Une série de suggestions que je vous laisse découvrir, pour voyager sans courir, parcourir le monde en se déplaçant à petite vitesse.

Je privilégie toujours la lenteur lorsque je voyage. Je suis de celles (et ceux) qui préfèrent voir (et faire) peu mais bien. Un tour d’Europe en deux jours, très peu pour moi. J’aime me poser, découvrir à pied le quartier dans lequel je suis, profiter du voyage-vacances pour ne pas m’imposer d’objectifs clairs en matière de “choses à accomplir aujourd’hui”. Visiter moins, mais mieux.

Les choses changent bien sûr, mais l’essentiel de ma vie jusqu’ici a été placé sous le signe de “trop peu de temps, trop de choses à faire”. Alors en vacances, je me rebelle. Je refuse. Je ralentis. Je m’arrête presque.

Concrètement?

D’abord, je marche. J’aime partir à l’aventure dans mon quartier ou ma ville d’accueil, une carte en poche, et me perdre dans les rues. Je sais me repérer sur une carte sans trop de difficultés pour pouvoir rentrer lorsque l’envie me prendra.

Je prends les transports publics plutôt que le taxi. C’est plus lent, c’est souvent un peu plus compliqué, mais on voit mieux la ville qu’on traverse.

An Indian Home (India 2004) 8Je lis, aussi. Oui je sais, quand on est en voyage à des milliers (ou des centaines) de kilomètres de chez soi, il y a mieux à faire que bouquiner, il faut visiter, visiter, visiter, au risque de rentrer d’une année en Inde sans avoir vu le Taj Mahal… Mais au fond, ce n’est pas si grave. Voyager, vacancer, c’est s’échapper de son quotidien, c’est faire les choses autrement.

Une autre chose que je me retrouve souvent à faire en voyage, c’est du shopping. Habits, livres… Une activité que j’apprécie mais que je ne prends souvent pas le temps de faire lorsque je suis dans ma ville. A l’étranger, ailleurs, même si ce sont les mêmes magasins (H&M a envahi le monde entier depuis belle lurette), je prends le temps de flâner, et du coup, d’acheter.

J’ai des souvenirs mémorables de traversées de l’Inde en train. Pune-Delhi, Calcutta-Pune, Delhi-Pune, Pune-Chennai, Bombay-Kerala… J’adore le train, en Inde. Il avance d’un petit pas à travers des étendues tellement vastes qu’on peut à peine les imaginer de Lausanne. Il s’arrête en rase campagne, on ne sait pas trop pourquoi. On lit, on somnole, on prend des photos, on discute avec ses compagnons de route.

L’avion, à côté, c’est presque dommage. A peine le temps d’embarquer qu’on est déjà ailleurs, sans avoir eu le temps de comprendre ce qui nous arrivait.

Certes, il faut être sur place assez longtemps pour pouvoir se permettre de “perdre” un jour (ou plus!) dans le train. Mais ça fait partie du voyage aussi…

Les vacances stressantes, ce n’est pas pour moi, en tous cas. Mes rêves, juste là? Des vacances à cheval, une descente de fleuve en petit bateau, et reprendre ces fameux trains en Inde.

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Just do it [en]

[fr] Parfois, on fait les choses même quand on n'en a pas vraiment envie.

“Just do it” is the answer many of us poor procrastinators get when asking for support from our non-procrastinating friends. And usually, it doesn’t help.

However, I’ve learned that there are situations where “just do it” is the answer. Years ago, I realized that I had become trapped in an excessive “what do I feel like doing” state of mind. I would wait until I felt like doing something to do it. I thought that I needed to feel like doing things to do them, and expected that at some point I would always feel like doing the things I had to do.

Probably too many childhood and teenage years what I wanted and what I felt like were not given enough place in my life, but let’s not dwell on that.

The important realization was when I understood that sometimes you don’t feel like doing things, and you still do them. You don’t feel like doing the washing-up, but you do it because you’ve decided that you wanted to live with a reasonably clean kitchen and clean dishes for your next meal. You don’t really feel like eating anything in particular, or maybe chocolate, but you make a salad, cut some bread, and put a piece of meat in the pan because you’ve decided it was important to have a balanced diet, even when you didn’t really feel like it.

And sometimes you work, or study, because you have an end goal in mind, or need to earn a living, even if you don’t always feel like it.

This is not to say you should ignore your feelings. But sometimes, for some people, listening to them too much can get in the way of living.

Google Buzz Privacy Issue: How to Hide People You're Following on Your Profile [en]

Yesterday, I got a call from a journalist about Google Buzz. I didn’t have much to say as I hadn’t read up on it and my account was not active yet. A few hours later I got a chance to play with it a few minutes before going out, quite liked it, left it at that.

Today, I’m pretty disturbed. Without going into deep analysis, here is the reason: Google Buzz displays the list of people I’m following (and those who follow me) on my public Google Profile.

Why is this an issue? After all, Twitter as been displaying followers/followees forever.

This is an issue because the default people Google Buzz makes me follow when I activate the service are the people I chat with and e-mail the most.

Chatting and e-mail happen in the private space. It’s nobody’s business who I chat with most, and who I e-mail regularly. I do not want that data exposed.

Buzz, on the other hand, is “public”. It’s Twitter-like. Come to think of it, I’m not sure it belongs anywhere near my inbox. (Wave might, though, but that’s another story.)

This is a nasty messy ugly mixture of public and private, where private information is suddenly made public without us being really aware of it.

Thankfully, there is a way to hide those lists from your Google Profile. Edit your profile and uncheck the “Display the list of people I’m following and people following me” checkbox on the right, as in this screenshot.

Hide people you're following on Buzz

I’ll quote from the article I mentioned above, for what Google should have done here:

The whole point is: Google should just ask users: “Do you want to follow these people we’ve suggested you follow based on the fact that you email and chat with them? Warning: This will expose to the public who you email and chat with most.”  Google should not let users proceed to using Buzz until they click, “Yes, publish these lists.”

Or simply, make these lists private by default.

Update 14:35: Suw Charman-Anderson has some thoughts on Google Buzz: Not fit for purpose that you also might want to read.

Update 12.02.2010: Google have reacted to the concerns about “following list” privacy and have planned some changes. Suw comments upon them at the bottom of her updated post.

Les commentaires, c'est une conversation [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Les “commentaires”. Avec, souvent, sous-entendu, un adjectif qui les accompagne: “anonymes”. Je le vois dans les yeux de nombre de mes clients lorsque je prononce le mot: “les commentaires”, c’est un peu sale. C’est inquiétant. Dangereux, même. Ça va avec “blog”, d’ailleurs. Un blog, ça a des commentaires, et c’est là que se passent les problèmes et franchement, on préfère ne pas en avoir. (Ni les problèmes, ni les commentaires, et souvent, ni le blog.)

Si on fait un site web, après tout, ce n’est pas pour que n’importe qui puisse venir y raconter n’importe quoi. Parce que oui, on sent bien que c’est ce qui se passe, dans les fameux commentaires. C’est pas très différent d’un forum, au fond, non?

Tant de désinformation m’attriste, j’avoue.

On retrouve là encore une fois cette peur des “inconnus d’internet”, cet oubli que les gens qu’on côtoie en ligne sont avant tout des êtres humains comme nous et non des monstres sans visage, et qu’un commentaire “problématique” n’est pas un engin nucléaire sur le point d’exploser mais une parole à laquelle on peut répondre. Oui, c’est en public. Oui, ça reste dans la grande mémoire numérique d’internet. Et oui aussi, on ne sait pas toujours à qui on a affaire.

Mais on peut répondre. Entrer en relation. Faire preuve dans sa réponse de plus de maturité que le malotru qui utilise nos commentaires comme un mur de WC publics. Mettre des limites, accepter l’acceptable et ne pas publier l’inacceptable.

Quand on dit que les commentaires sont un espace de dialogue ou de conversation, cela ne signifie pas que c’est un chat, une zone de non-droit, un lieu où la foule prend le pouvoir. En tant qu’auteur du blog, on y a sa place, et c’est nous qui allons donner le ton, par nos articles d’abord, mais aussi par nos réactions aux commentaires, et encourager ainsi des discussions constructives plutôt que du blabla vide.

Et de toute façon, le souci majeur de la plupart des blogs, c’est plus l’absence de commentaires que les débordements de ceux-ci.

Blog ou forum? [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Une question revient souvent autour de moi: quelle est la différence entre un blog et un forum? Oui, il y en a une.

C’est à la fois une différence éditoriale, et une différence d’outil. Le lien entre ces deux différences, c’est un peu comme la poule et l’oeuf — on va éviter de se casser la tête dessus.

Si le format superficiel d’un blog ou d’un forum paraît similaire, voici quelques différences fondamentales:

  • le blog a un auteur (ou des auteurs) clairement distinct des lecteurs-commentateurs
  • sur un forum, chacun peut lancer un sujet, et c’est la discussion qui s’ensuit qui occupe le devant de la scène — tout le monde est au même niveau
  • les commentaires sur un blog ont clairement un autre statut que les articles principaux qui en forment la base
  • sur un forum, c’est la voix de la communauté qui émerge, alors que sur un blog, c’est celle de l’auteur, commentée parfois par les lecteurs
  • le blog a un niveau d’ordre (d’organisation) plus élevé que le forum, en général
  • si le forum est un lieu pour discuter et échanger, le blog reste un lieu pour publier du contenu, avec droit de commentaire et de réponse.

Les outils (CMS) que l’on utilise pour mettre en place un blog ou un forum ne sont pas les mêmes, techniquement, même si parfois les fonctionnalités semblent se rejoindre. WordPress, par exemple, est clairement un outil de blog, et pas de forum, alors que phpBB est un outil de forum, et non de blog.

J’espère que ces quelques points auront aidé à clarifier la distinction entre forum et blog. Malgré sa popularité dans le discours des gens et des médias, le blog reste assez mal compris et grand nombre de craintes qui lui sont liées prennent racine dans la confusion avec le forum, ou pire… avec le chat.

Small Black Flies [en]

Small black flies invaded the office, before taking over the whole city. It got so bad you had to wear a mask to avoid breathing them in. They formed a fine black film over everything, including your skin.

People went mad.

One day, all the flies died. It was over.

This is a 50-word short story. Read more by me on CTTS or by others too on Facebook.

My Journey Out of Procrastination: Doing Things Now [en]

[fr] Une clé pour procrastiner moins: faire les choses à mesure. Evident, bien sûr, mais important. Pour pouvoir faire les choses à mesure, ralentir, prendre le temps. Comprendre au fond de soi et pas juste dans sa tête qu'une tâche effectuée maintenant ne sera pas à faire plus tard.

This is the fifth post in my ongoing series about procrastination. Check out the previous ones: Five Principles, Perfectionism, Starting, and Stopping, Getting Thrown Off and Getting Unstuck, and Not Running (Firewalls and iPhone alarms).

Obviously, doing things now (as opposed to later) is the remedy against procrastination. If you do things now, then you can’t procrastinate them, right?

Now that the obvious is out of the way, let’s dig a little. Doing things now is both the result of not procrastinating and part of the cure against procrastination. This means that if we understand what’s going on, and manage to make a habit of doing certain things immediately, we have a key to easing the accumulation of incoming tasks on the procrastination list.

At one point in my life (the “when” is a little fuzzy here) I really understood (deep down inside) that if I did something now, then it meant that I wouldn’t have to do it afterwards. I’m sorry for stating the obvious. Everybody knows this. But between knowing it in your head and knowing it in your gut, there is a difference. The procrastinator’s gut believes that if you don’t do it now, with a bit of luck you’ll be able to continue ignoring it safely until the end of time.

So read this again: if you do something you need to do now, you will not have to do it later.

I know that one decisive “aha!” moment in that respect was when I reached the “2-minute rule” part of GTD. Here’s what this rule is about: when you’re in the “processing” phase of GTD, going systematically through a pile of stuff and deciding what you need to do about each item — but not actually doing it, just making decisions and putting tasks in the system for later — well, there is one situation where you do what needs to be done instead of putting your next action in the system, and that’s when it takes less than 2 minutes to deal with the task. The logic behind this is that putting a task in the system and retrieving it later is going to take two minutes or so — so you’ll actually spend less time if you just do it now. Also, a 2-minute interruption in your processing is not the end of the world.

The trick here is to use a timer — if the timer goes off and you haven’t finished what you thought would be done in 2 minutes, then you stop, put the task on the right list, and continue processing.

Now, I’m not saying that this is where I got the “do it now” revelation, but it’s definitely one blow of the hammer that helped drive that particular nail in.

Another moment I remember is when clicking around on a few links on the FlyLady site brought me to Bratland. I like this metaphor of the “inner brat”, the part of you who finishes the toilet roll but doesn’t put a new one on for the next person (who, if you live alone, is going to be you). The brat who spills the milk and doesn’t clean up, so it ends up caking the kitchen counter and it takes you 5 minutes to get rid of it instead of 30 seconds. I started keeping a kind but firm parental eye open for my inner brat, and that is something that helped me not create more work for myself by letting things drag along.

One area I managed to put this in practice rather well is e-mail. If an e-mail comes in my inbox, and I answer and/or archive it straight away, it won’t be sitting there looking at me next time I go into my inbox. I know this goes against the “deal with your e-mail only twice a day” (or whatever) rules — I’ll write more about why I think my way of dealing with e-mail works, though.

But clearly, if you are the kind of people for whom tasks tend to go onto todo lists to die or weigh on your conscience for months, there is a decisive advantage to not letting them get on the list in the first place.

Related, but not exactly in the “doing things now” department: I have a trick I use when people ask me if I can do something for them (I’m usually tempted to say yes, because I want to be helpful and I want people to like me, and then I feel horrible because I let things drag along and don’t do them). I ask the person to send me an e-mail to remind me about it. This has three advantages:

  • if the person doesn’t really need me to do this for them, they won’t e-mail
  • I don’t have to answer right away
  • I have a “physical” reminder already in my system (I know that I am going to deal with stuff that reaches my inbox), that I will answer when I have the brain space to do so, and if necessary, can politely steer to “sorry, have other commitments” or “this is stuff I get paid for” or even “so sorry, I know I said yes, but actually, to be honest, I just can’t because xyz”.

One important element to be able to start doing things that need it “right away” (you do not want to be putting things like cleaning up spilled milk on your to-do list) is to slow down, run less. If you’re trying to run out the door because you’re late for an appointment, you’re not going to clean up the spilled milk. You’re not going to do the washing up right after your meal. You’re not going to put the laundry away today if you haven’t planned that you need time for that. Yes, household chores, but it’s the same thing with work-related stuff: accounting, invoicing, getting back to prospective clients. You need wiggle space in your days, and that will not happen if you’re running from morning to evening.

I had forgotten about this when I wrote my previous post in this procrastination series, but one thing that helped me break out of the vicious running cycle was heading up into the mountains with no internet for a few days, in summer 2008. Up in the mountains, with nothing to do but eat, sleep, walk, and read a bit, I slowed down. I started taking the time to do things. And I kept a taste of this when I came back to my work-life.

I’ve found that, in the spirit of incremental changes, it’s no use deciding “from now on, I’m going to do all the regular stuff I should be doing as it comes in, à mesure“. Picking an area or two where you stick to it, on the other hand, is helpful. It’s helpful because it means one area where you will be accumulating less procrastinable material, and one area where you can experience the change, the slowing down, the “less backlog”, and get a taste of what it can be like to encourage yourself to make these changes in other areas of your life too.

Ecrire pour un blog [fr]

[en] A few tips on writing for a blog: don't advertise, be interesting, use your authentic voice, remember the media is conversational, and be a real person writing something. This is not easy to do if you've been formatted to spew commercial copy or marketing-speak, but it can be learned. Learning requires exercise, and often help from others (peers or a trainer).

Hier, séance de formation chez un client. Deuxième séance, quelques mois après la première. Les bases techniques du maniement de WordPress sont acquises, on parle donc plus en profondeur de:

  • quels sujets aborder sur un blog d’entreprise
  • quel style d’écriture utiliser?

Voici quelques éléments intéressants qui ont émergé de nos discussions, et que je reproduis ici.

Publicité

En y réfléchissant bien, peu de personnes vont volontairement aller chercher du contenu publicitaire à lire. Toute l’industrie télévisuelle tourne finalement autour d’un but: attirer des gens devant un écran pour pouvoir leur enfiler de la publicité (oui, je suis un peu cynique). Mais sérieusement, la publicité c’est ce qu’on met sous les yeux des gens quand ils ne peuvent (ou ne veulent) pas s’échapper. Si on leur propose de s’abonner à du contenu purement publicitaire, peu de chances qu’ils le fassent.

Avec un blog, et en ligne en général (je pense aussi à Twitter), le public n’est jamais prisonnier. Il peut s’en aller d’un clic de souris. Si on veut utiliser un canal en ligne pour faire passer du contenu publicitaire, il faut le faire avec beaucoup de délicatesse — au risque de crier dans le désert.

Etre intéressant

Du coup, la logique rédactionnelle d’un blog ne peut pas être purement publicitaire (ou purement “marketing”, au sens de “pousser à la vente, à la consommation, promouvoir directement”). On privilégiera du contenu véritablement intéressant pour le lecteur. Pour le lecteur — pas du point de vue de l’entreprise.

Qu’est-ce qui intéresse vraiment les gens, du coup? C’est ça la grande question, mais voici quelques pistes:

  • rencontrer les êtres humains qui sont derrière l’entreprise
  • en apprendre plus sur le fonctionnement de l’entreprise ou son histoire
  • se cultiver (surtout quand la culture est intéressante!)
  • avoir droit à des informations “insider” pas forcément accessibles ou évidentes pour tout le monde…

C’est assez vague, tout ça, et il est possible (malheureusement) d’aborder ce genre de sujet de façon totalement inintéressante… Ce n’est pas une recette magique garantie!

Un ton authentique

La clé réside le plus souvent dans le ton utilisé. Le language marketing, “communiqué de presse”, pub, ou trop journalistique est à éviter. Oui, me direz-vous, mais comment faire?

Ce qu’on cherche, c’est à parler comme des êtres humains. Il faut pour cela souvent se “dé-formatter” (beaucoup de professionnels de la communication sont des crispés du “je”, par exemple). Le ton juste, c’est celui qu’on utiliserait dans un e-mail à un ami, ou bien dans une conversation avec des amis autour d’une table. Bien sûr, c’est de l’écrit, mais on se rapproche de ça.

Pour faire ça, quelques trucs:

  • raconter des histoires ou des anecdotes vraies (ne pas inventer!)
  • se mettre en scène dans l’histoire: raconter depuis son point de vue et utiliser la première personne
  • élaguer au maximum les informations publicitaires/marketing (les lecteurs peuvent toujours laisser un commentaire pour demander des précisions)
  • se mettre dans les chaussures la peau du lecteur, ou du moins l’imaginer en face (“est-ce que ça l’intéresse vraiment, ce que je raconte?”)
  • rester dans un état d’esprit “dialogue, conversation”.

Un petit tuyau: quand on est passionné par ce qu’on écrit, ça vient plus naturellement!

Un média conversationnel

Le dernier point de la liste ci-dessus est capital: avec un blog, nous sommes dans une conversation. Bien sûr, pas dans une véritable conversation en face-à-face, mais quand même, dans une dynamique d’échange.

Vous avez déjà certainement dû subir des cours ou des conférences où l’orateur lit son discours ou débite un monologue assommant. Comparez cela au bon orateur, qui n’est pas en train de parler au public, mais de discuter avec les gens dans la salle (même si ce n’est que lui parle).

On cherche à faire la même chose dans un blog. Si on parle comme une brochure de marketing, personne ne nous répondra. Un être humain, par contre, c’est autre chose: on peut discuter avec!

Autre avantage d’un style informel et conversationnel: votre lecteur retiendra mieux ce que vous lui dites. En effet, il a été démontré que l’utilisation du “je” et autres marqueurs de la conversation dans le language écrit informel donnent au cerveau l’illusion qu’il est dans une conversation. Du coup… il est plus attentif! Kathy Sierra explique très bien tout ceci (en anglais).

Une vraie personne qui écrit

Bloguer nécessite de se dévoiler un tout petit peu. Pas de raconter ses pensées ou envies les plus secrètes, bien entendu, mais quand même de se livrer un peu. Si le blog “marche”, c’est qu’il met le lecteur en contact avec quelqu’un d’humain, d’imparfait, d’atteignable. Quelqu’un comme lui — pas une organisation ou institution désincarnée.

Il est important pour cela que le blog soit formatté de façon à ce que le nom de l’auteur apparaisse à côté de l’article — ou le cas échéant, que les auteurs signent leurs articles. Si c’est Julie ou Sophie ou Robert qui écrit, ce n’est pas la même chose! Je veux savoir qui me parle, et à qui je parle si je réponds.

Comment changer?

Le problème de beaucoup de personnes qui se mettent au blog, c’est d’avoir été “formatté” à écrire dans un language pseudo-neutre, impersonnel, journalistique, ou marketing/commercial. Il faut “désapprendre”.

Heureusement, on sait tous avoir des conversations avec nos amis, ce qui nous donne un point de repère.

Il vaut la peine de se mettre à plusieurs, de regarder ses productions et celles des autres avec un oeil critique et impitoyable:

  • est-ce que ça sent la pub?
  • est-ce qu’on y croit?
  • est-ce que le lecteur de passage a une chance d’y trouver un intérêt?
  • est-ce que le narrateur (celui qui écrit) est présent dans l’histoire?

Puis, si nécessaire, retravailler, récrire. Ça ne vient pas tout seul, mais ça peut s’apprendre.

Suis-je toujours l'amie de mes amis? [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Les réseaux sociaux sont asymétriques.

Je ne parle pas des réseaux sociaux en ligne, mais bien des réseaux de relations et de gens, les vrais réseaux que les sites comme Facebook, MySpace, LinkedIn et autres cherchent à modéliser.

A mon sens, la grande majorité de ces sites nous proposent un modèle de relations comportant une erreur fatale: les liens entre les gens y sont symétriques, alors que ce n’est pas le cas dans la réalité.

Pensez aux gens qui font partie de votre monde: il y a fort à parier que vous trouverez sans difficulté des personnes qui sont plus importantes pour vous que vous pour elles — et vice-versa. On aimerait, idéalement, que les gens que l’on aime nous aiment autant en retour, que ceux que l’on admire nous admirent en retour, que ceux que l’on enrichit par notre présence nous enrichissent pareillement en retour. Mais souvent, et à des degrés divers, ce n’est pas le cas.

Et dans le monde professionnel, encore moins.

Pour qu’un lien soit établi entre deux utilisateurs de Facebook ou LinkedIn, chacun doit l’approver. Chacun doit dire “oui, je le veux”.

Du coup, un tel réseau social ne capture que les relations symétriques, ou bien (et c’est ce qui a tendance à arriver) fait passer des relations parfois fortement asymétriques pour des relations symétriques, parce qu’au bout d’un moment, on “cède”, et on accepte également comme amis les gens que l’on connaît peu, voire ceux que l’on ne connaît pas mais qui voudraient nous connaître.

Il existe cependant des réseaux sociaux en ligne (ou presque) qui permettent de rendre compte de ces asymétries.

Twitter est celui qui occupe le devant de la scène ces temps. Sur Twitter, vous pouvez suivre qui vous voulez, sans que cette personne doive vous suivre en retour (c’est d’ailleurs ce qui en fait un outil de veille si puissant, bien plus que Facebook).

Dopplr, un service permettant de partager ses déplacements et projets de voyages avec son réseau, vous laisse simplement décider qui peut accéder à votre profil — la réciprocité n’est pas requise.

Plus ancienne, la liste de contacts d’un service de messagerie instantanée permet également l’asymétrie, même si la pratique penche vers la réciprocité: je peux apparaître sur la liste de contacts d’une personne et avoir supprimé celle-ci des miens.

L’ensemble des blogs peut également être considéré comme un immense réseau social peu formalisé, où les “blogrolls” (listes de liens vers d’autres blogs appréciés du blogueur) révélaient les relations entre blogueurs, avant de tomber en désuétude (les blogrolls, pas les blogs).

Plus proche de chacun, peut-être, et pas tout à fait en ligne, la liste de contacts dans son téléphone mobile. Vous avez enregistré mon numéro, mais ce n’est pas pour autant que j’ai le votre.

Facebook, d’un certaine manière, tente de se rattraper avec les “listes d’amis”. Chacun peut maintenant en effet classer ses amis dans diverses listes (qui restent privées) que l’on peut utiliser pour donner ou non accès à certaines parties de son profil. Ainsi, je peux être connectée à Jules, à qui je donnerai le droit de voir tout mon profil, alors que lui ne me donnera qu’un accès limité au sien.

Sans ce genre de subtilité, les réseaux sociaux qui imposent la réciprocité parfaite finissent par devenir invivables avec la multiplication des contacts de tous bords, ce qui amène à leur désertion par ceux qui les faisaient vivre.

Weekly Planning: Weekly Routine? [en]

[fr] Je réfléchis à un rythme pour mes semaines. Même si elles se suivent sans se ressembler, certaines choses se répètent de semaine en semaine. J'en suis ici: lundi, courte journée consacrée essentiellement à m'organiser et à planifier la semaine, et à faire un sort à autant de tâches routinières que possible. Mardi, journée bureau. Mercredi, journée bureau ou meetings suivant les besoins. Jeudi après-midi, workshops ou meetings. Vendredi pour m'occuper de ce qui a passé entre les gouttes durant la semaine et faire des tâches "légères" (annoncer et promouvoir Bloggy Fridays et autres p'tits déjs, mettre le blog de l'eclau à jour, compta, paperasse, socialiser en ligne, mettre à jour ma présence sur les réseaux sociaux, etc...)

Attempting to plan my weeks has left me wondering if I should try to settle into some kind of weekly routine — especially when a week like last week comes up, where I realize that I have only one office day planned for the whole week, and on a Friday.

One thing I need to do in advance is plan my office and meeting days. Sometimes they are decided for me: a client wants me to come and give a talk on this or that day — well, that makes it a meeting day. But most of the time, I get to choose. So, which choice is best? What are the best days of the week for me to stay in the office, and what are the best days for me to be running around or seeing people all day?

Though my professional activities vary a lot for week to week, my personal ones are pretty regular. I finish early on Mondays and Fridays to go to judo. My Monday mornings and Thursday mornings are usually booked. I sing on Wednesday nights, or go sailing in summer. People from the coworking space often go out to eat together on Wednesdays.

There are also professional activities that I do or want to do each week: plan my week, for one. I’m the editor for a couple of blogs, and I have the choice between scheduling publications for the whole week at one moment, or publishing day-by-day. I write my column every week (on Sunday, so far). I want to write a few blogs posts every work, do some research, work on my business development, keep up with administrivia, and of course do my client work.

So, with all these different activities, and different types of days, maybe there is an optimal way of organizing my week.

Here’s my thinking so far (and many thanks to Suw who patiently listened to me thinking all this out loud over IM).

Planning my week is something, I realized, which can take upto half a day (scary!) because I’m still learning how to do it. It often involves rethinking priorities, doing a mind sweep (or an inbox sweep) to capture stray tasks that have slipped through the cracks, and sometimes dealing with actual emergencies. As I write this, I realise that my “plan my week” moments have a little “GTD weekly review” ring to them. They aren’t the weekly review, I’m aware of that, but there is some kinship.

I guess in an ideal world I would plan the next week on Friday afternoon, and make that a proper weekly review too. Unfortunately things do tend to crop up during the week-end, and I’m usually pretty tired by my week on Fridays, so I’m not in an optimal state of mind to be doing something new and a bit challenging.

As my Monday mornings are spent out of the office, and my Monday afternoons are pretty short, “Monday” actually turns out to be a good day for me to plan and get organized. Of course, if it doesn’t take the whole afternoon (which I hope!) I will get other things done — but I’ve learned it’s better to plan larger time slots than tight ones.

So, there goes my Monday.

Friday is another interesting day in the week: business is slow on that day, and meetings tend to happen earlier in the week. I’m tired (everybody is). Traditionally for me it’s an office day, and a rather quiet one: not many phone calls, not many incoming e-mails. If my brain is still functional it’s a good day to get things done, but most of the time it’s just not that productive. It’s useful to have it as an office day rather than a day full of meetings or errands, though, because it serves as a safety net to catch any emergencies that might not have been dealt with during the week. When I plan my week, I don’t usually *plan* to do much on Friday, apart from do the stuff I didn’t manage to do during the week.

Ten days ago, I was thinking about the type of activity that would be suitable for a low-energy day like Friday, and actually came up with quite a few ideas:

  • announcing events and promoting them (Bloggy Friday, eclau breakfasts and apéros, etc…)
  • updating blogs, mailing-lists, Facebook presence for my various projects
  • social media gardening: LinkedIn, Facebook, and all the rest
  • uploading photos
  • updating WordPress and plugins
  • trying out new toys or services (light research)
  • pruning my task lists (another hint of “weekly review”)
  • dealing with administrivia and filing paperwork
  • catching up with the week’s invoicing, accounting, and payments
  • getting back to people and socializing online.

A lot of these activities are actually more important than they might seem at first glance, and therefore they tend to slip through the cracks, grow hair and legs, and turn into scary emergency-monsters after a few weeks or months.

So, let’s say I declare Friday a “casual office” day, to catch up on the leftovers of the week and do the above. That leaves me with Tuesday, Wednesday, and Thursday.

Tuesday is a great office day. I have nothing planned in the evening, so it really gives me a clear day to just get on with work. Wednesday is also a good office day when I’m singing, as I can hang around until 7pm, though not so great when I’m sailing, as I’m likely to head out around 4pm. Thursday is usually only half a day, but will turn into a complete day similar to Tuesday in a few months’ time.

So, for the moment, it looks like I’m going to declare Tuesday a regular office day, Thursday afternoon a regular meeting/workshop time, and Wednesday will be office or meetings, depending on whether I have more “office” client work or more “meetings” client work.

Mondays are there to plan the week and get as much of my regular tasks out of the way. Friday is there to catch up on the “overflow”, deal with emergencies, and “casual” stuff. I’ll continue writing my column on Sundays.

What’s important to note though is that this is the framework. Many of my weeks will not work out like this — just like my days don’t always follow my daily routine. But having this framework is going to allow me to plan ahead better, I think.

Do you have some kind of weekly routine, or do you just go from week to week and deal with them as they show up?