Carotte et créativité ne font pas bon ménage [fr]

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Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Plutôt que de vous parler de la nouvelle boulette (je suis gentille) de Facebook au sujet de nos vies privées (le sujet me sort par les oreilles, pour être honnête), je vais faire une petite digression pour vous parler de motivation.

Le monde connecté, ce n’est pas que la technologie (j’espère ne pas vous avoir donné l’impression que c’était le cas). C’est aussi le hasard des rencontres qui n’auraient jamais eu lieu sans cette technologie. C’est les réseaux et les communautés, dopés par ce qu’on appelle aujourd’hui les médias sociaux (rassurez-vous, demain on aura trouvé un autre nom). C’est les choses intéressantes qui vous tombent entre les mains d’on-ne-sait-où, sans qu’on les ait cherchées. Le réseau qui vous les offre en cadeau.

J’écris cette chronique de Lisbonne. J’ai bravé le nuage de cendres pour aller donner une poignée de conseils pour indépendants lors de la conférence SWITCH à Coimbra — conférence mise sur pied par Ricardo Sousa, 17 ans, et son équipe à peine plus âgée. A SWITCH, j’ai fait quelques rencontres marquantes, dont , sur le blog duquel j’ai fait un saut en début d’après-midi après avoir retrouvé mon wifi lisbonnais.

Et c’est là que je tombe sur cette vidéo, que Zé nous dit de regarder et regarder à nouveau. Elle est en anglais — je vous encourage à braver la barrière linguistique durant 10 minutes, et à revenir ensuite ici. Je ne bouge pas.

Dan Pink, l’orateur que vous entendez dans la vidéo, nous apprend qu’il a été scientifiquement démontré (je pèse mes mots) que les récompenses monétaires élevées ont un effet néfaste sur le travail lorsque celui-ci fait appel un tant soit peu à nos forces créatives. Les meilleurs motivateurs sont intrinsèques: l’autonomie, la maîtrise, et le sens. Quand on réalise que le monde du business fonctionne en grande partie sur des principes que la science a démontré comme erronés…

A mon avis, on peut appliquer tout ceci à l’utilisation des médias sociaux en entreprise, et surtout à la volonté hypertrophiée de tout mesurer — parfois à tort et à travers — afin de savoir si on en retire réellement quelque chose. Mais c’est pour un autre jour!

Si je vous ai donné envie d’écouter Dan Pink mais que votre anglais pédale un peu dans la choucroute, vous pouvez voir ici sa conférence TED sur la motivation, avec sous-titres français. C’est beau le web, non?

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La blogueuse et les conférences [fr]

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Les conférences, c’est l’occasion idéale de créer des contacts et de renforcer les liens existants. Et si l’on a la chance d’avoir un blog, c’est doublement l’occasion de le faire.

En 2004, j’assiste à ma première conférence “de geeks” (à l’époque, c’est clairement ce qu’on était, nous les blogueurs). Fraîchement sortie des études (elles ont été longues!), il m’est difficilement concevable d’écouter un orateur sans prendre des notes. Blogueuse depuis plusieurs années, il m’est difficilement concevable de prendre des notes sans les publier. Ça deviendra une habitude par la suite: je prends des notes aux conférences auxquelles j’assiste, et je les publie sur mon blog.

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça? Parce que je me suis rendu compte, au détour d’une conversation ou deux avec d’anciens et nouveaux participants à la conférence Lift en fin de semaine dernière, à quel point c’est mon activité de blogueuse au fil des conférences qui a servi de catalyseur (voire de détonateur!) dans la construction de mon réseau. (Je n’aime pas trop le mot “construction” ici, qui donne l’impression d’une démarche délibérée alors que c’est plutôt un processus organique qui se fait un peu tout seul, mais faute de mieux…)

En me positionnant comme “celle qui prend des notes et les publie sur son blog”, j’initie des contacts tant avec les autres participants que les orateurs — ou même les organisateurs de la conférence. On pourrait dire que c’est la recette “faites quelque chose qui ait de la valeur pour la communauté, et elle vous en sera reconnaissante”.

Je ne sais pas comment c’est pour vous, mais pour ma part, si je me retrouve dans une salle pleine de personnes et que je n’en connais aucune, je trouve très difficile de faire connaissance avec les gens autour de moi (à plus forte raison si ces personnes se connaissent déjà). Par contre, si je connais une ou deux personnes pour commencer, ça aide énormément. Bloguer est un excellent moyen de provoquer ces quelques premiers contacts qui mèneront plus loin.

Bien entendu, plus on fait ça de façon désintéressée, et mieux ça marche. C’est d’ailleurs comme ça avec plus ou moins tout ce qui touche au réseautage et aux médias sociaux.

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Passion et authenticité [fr]

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A l’heure où blogs et médias sociaux se commercialisent et se professionnalisent de plus en plus (et parfois à outrance), il n’est pas inutile de rappeler l’importance capitale de deux ingrédients qui tendent à passer au deuxième plan: la passion et l’authenticité.

Dans un monde sans public captif (essayez donc de forcer quelqu’un à lire votre blog ou à vous suivre sur Twitter), la passion et l’authenticité restent les arguments les plus persuasifs pour se faire sa place dans les médias sociaux.

Certes, un minimum de compétence côté communication (écrite surtout) et relations humaines, ça aide. Mais sans passion, sans authenticité, votre présence en ligne bien calculée ne sera qu’un canal de plus à travers lequel fourguer l’éternel blabla marketing et promotionnel bien lisse et fatigué qui ne nous émeut plus depuis longtemps.

Si c’est ça que vous voulez, allez-y donc, mais soyez conscients que vous passez ainsi à côté de ce qui fait la spécificité des médias sociaux. Et lorsque votre “stratégie médias sociaux” aura fait chou blanc, blâmez vos oeillères plutôt que Facebook, les blogs, ou bien Twitter.

La passion et l’authenticité, cela ne s’achète pas, et cela ne se fabrique pas. C’est là, où ça n’est pas là.

On les reconnaît au son de leur voix, et elles nous attirent irrésistiblement.

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La newsletter, carnet d'adresses de 2010 [fr]

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En affaires, on le sait, le carnet d’adresses, c’est primordial. Permettez-moi de diviser ce carnet d’adresses en deux:

  • les relations, d’une part, à savoir les personnes que font partie de notre réseau
  • les clients ou potentiels clients, d’autre part, à savoir les personnes que l’on tente d’intéresser à nos services ou nos activités.

C’est une division discutable, je vous l’accorde. Voyons tout de même. En 2010:

  • les relations, on les garde “à portée de main” via les réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn, Twitter, etc.)
  • les clients (ou futurs clients), on leur envoie une newsletter.

A nouveau, schématisation un peu à l’emporte-pièce, mais qui permet de situer l’importance de ce qui suit.

Trop de structures (surtout petites) ne savent pas comment gérer convenablement une newsletter, et travaillent avec des listes d’adresse manuelles ou des “groupes” à l’intérieur de leur logiciel e-mail (Outlook ou Notes par exemple). C’est dramatique! Premièrement parce que tenir ces listes à jour (et propres) à la main est un travail de titan si on veut le faire convenablement. Et deuxièmement, tout simplement parce que c’est vraiment impoli. Carrément.

Que vient faire la politesse là-dedans? Eh bien, j’imagine que comme moi, vous appréciez assez peu de recevoir des pubs dans votre boîte aux lettres (le nombre d’autocollants “pas du pub” semble témoigner du fait que ce sentiment est assez bien partagé dans nos contrées). J’imagine aussi que côté e-mail, surtout si vous tentez de ne pas vous y noyer, vous n’aimez pas trop recevoir de spam. Vous avez d’ailleurs des filtres (efficaces, espérons-le) pour ça.

“Mais ma newsletter, ce n’est pas du spam,” protesterez-vous! Vous truffez votre newsletter d’informations vitales et fascinantes à vos yeux, mais le sont-elles aussi pour chacun de vos destinataires? Certes, vous avez probablement raison à strictement parler: un spam, c’est un e-mail commercial non sollicité et envoyé de façon automatisée. Si vous avez manuellement copié-collé vos adresses e-mail depuis le fichier où vous les conservez précieusement, votre newsletter ne répond probablement pas au critère d’automatisation requis pour qu’on puisse la traiter de spam. De plus, vous ciblez certainement un peu vos destinataires (enfin j’espère). J’utilise donc des mots qui choquent — vous voyez le procédé — mais j’espère ainsi vous faire un peu réfléchir: la limite entre la newsletter commerciale gérée un peu maladroitement et le spam en bonne et dûe forme est ténue.

Que faire? Ne renoncez en aucun cas à votre newsletter, elle est un outil précieux si vous savez l’utiliser correctement, et elle le restera durant les années à venir. Par contre, asssurez-vous que chacun destinataire puisse se désinscrire très facilement (quelques clics) et sans avoir besoin d’intéragir avec un être humain. C’est très embarrassant de devoir demander à un ami ou une connaissance de bien vouloir arrêter de nous envoyer sa super newsletter mais qui franchement ne nous intéresse pas. C’est au destinataire de contrôler s’il désire ou non recevoir des informations de votre part.

Dans le même ordre d’idées, invitez les gens à s’inscrire à votre newsletter plutôt que de les y abonner de force. Mieux vaut avoir 100 destinataires qui ont envie de recevoir vos communiqués que 1000 qui l’envoient directement à la poubelle sans passer par le start. Tenter de s’imposer dans la boîte e-mail d’un client potentiel n’est pas une bonne stratégie.

La solution? Utilisez un service en ligne dédié pour votre newsletter. Fini le bricolage à la main. Quelques suggestions qui me viennent immédiatement à l’esprit (il y en a des tas d’autres, demandez autour de vous):

  • Google Groups ou Yahoo Groups: gratuits, support quasi inexistant pour Google Groups, mais ça marche suffisamment bien (c’est personnellement la solution que j’utilise)
  • MailChimp: moins gratuit (le compte gratuit est limité) mais semble très bien, y compris le support
  • PopList: francophone!
  • Mailman: si vous aimez les solutions maison (à installer sur votre serveur)
  • AWeber ou Emailvision: ça, c’est déjà plus l’artillerie lourde…

Je vous souhaite plein succès avec vos newsletters… polies!

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Le nuage de cendres vu d'internet [fr]

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Il y a quelques jours, sur Facebook, j’aperçois au passage un mot d’une connaissance qui espère que son vol de Londres vers les Etats-Unis ne sera pas annulé. Je me demande (et lui demande) pourquoi, puis retourne vaquer à mes occupations numériques et professionnelles.

Un peu plus tard, j’ai ma réponse via les gens que je suis sur Twitter: c’est le fameux volcan Eyjafjöll et son nuage de cendres. Je mets en branle ma machine à extraire des informations d’internet (mes dix doigts, mon cerveau, un moteur de recherche et mon réseau).

A quoi ça ressemble, alors, un nuage de cendres vu d’internet? Tout d’abord, ça ressemble aux sites web des médias traditionnels: 24heures, la TSR, la RSR, la BBC, CNN, Al Jazeera, Le Temps, le New York Times, le Guardian, Le Monde, Le Point, le Times… Très variables en richesse et fraîcheur d’informations, je dois dire. Mes préférés? la BBC en premier lieu, puis Al Jazeera, et 24 heures ainsi que la RSR pour un point de vue plus local.

Alors que dans le monde physique on achète “un journal”, on regarde “une chaîne de télé”, on écoute “une radio” — sur internet on va simplement lire ou regarder ce qui est intéressant. On pioche où on veut, quand on veut, comme on veut. On compare, on complète, on évalue, on se sert de fragments de la production des institutions médiatiques.

On fait une bête recherche sur Google, aussi.

On va bien sûr lire Wikipédia, halte incontournable en autant de langues qu’on peut se le permettre (anglais et français en ce qui me concerne). Pour un événement aussi majeur que l’éruption du volcan Eyjafjöll, Wikipédia est un excellent point de départ, proposant un survol tout de même assez détaillé et des liens vers des sources premières. Et contrairement à un article dans la presse traditionnelle, chaque page de Wikipédia vous donne accès au fameux onglet “discussion”, où vous pouvez prendre connaissance des débats éditoriaux qui sous-tendent la production de l’article.

Mais avant tout, un nuage de cendres vu d’internet, c’est Twitter. Twitter, c’est les gens que je suis, dont certains sont coincés à l’étranger ou chez eux par la paralysie de l’espace aérien. C’est les informations les plus fraîches ou les plus pertinentes qu’ils ont trouvées, et qu’ils retransmettent aux gens de leur réseau (ceux qui les suivent). Un travail d’édition formidable et collectif, donnant accès en temps réel aux sources premières disponibles sur le web. Une des grandes forces d’internet, je le répète souvent, c’est d’amoindrir (voire de réduire à néant) le rôle des intermédiaires établis, donnant accès direct aux informations de première main à qui veut bien cliquer sur quelques liens. Si on est un peu enquêteur dans l’âme et qu’on aime se faire une idée des choses par soi-même (oui, oui, le fameux esprit critique), c’est le paradis.

Twitter, ça m’amène partout: sur des articles des médias traditionnels que je n’avais pas encore vus ou pas trouvés par moi-même. Sur des récits de voyageurs bloqués ou en périple trans-européen. Sur des articles scientifiques, des images satellites ou des schémas du nuage, les sites des aéroports avec leurs annonces. Ça m’amène aussi sur Twitter (on boucle la boucle), où je découvre une opération pour rapatrier des britanniques coincés à Calais en traversant la Manche en zodiac — opération malheureusement écrabouillée en cours de route par les autorités françaises.

Un nuage de cendres sur Twitter, c’est aussi les divers hashtags en rapport avec l’éruption volcanique, des étiquettes que l’on appond à son tweet pour le marquer comme faisant partie d’une conversation qui dépasse son réseau. #ashtag (c’est un gag mais il a pris, “ash” signifiant cendre) pour la situation en général, #getmehome ou #roadsharing pour trouver d’autres voyageurs faisant le même trajet que vous et coordiner le transport, #putmeup si on est bloqué sans logement ou qu’on a une chambre d’amis à mettre à disposition. En faisant des recherches sur ces mots-clés, on a accès à encore plus de ressources que ce que notre réseau nous fournit directement.

Sur Facebook aussi, on s’organise, grâce par exemple à une page dédiée au nuage de cendre volcanique. Mais dans une telle situation, je crois que c’est vraiment Twitter qui brille, grâce à son caractère plus ouvert et public que Facebook.

Sur Twitter, vous trouverez un certain nombre de comptes soit créés pour l’occasion, soit aux premières loges pour fournir de précieuses informations au public. Voici ma petite sélection — sans grande surprise, l’anglais est la langue dominante.

  • @calaisrescue, l’opération zodiacs pour traverser la Manche
  • @metoffice, l’office météorologique britannique
  • @theashcloud, anthromorphisation sympathique et humoristique du grand nuage
  • @eurocontrol, l’organe de contrôle du traffic aérien européen
  • @ashalerts, des informations générales sur la situation
  • @ebookerschfr, des tas d’informations utiles de la part d’ebookers.ch (note: j’ai une relation de travail avec ces gens!)

Inutile de dire qu’on est dans un monde bien plus réactif que celui des “vieux médias”, même la radio. Après tout ça, un retour sur nos médias et services locaux me laisse un peu dépitée. Quand on regarde les pages “minute par minute” du Point ou de la BBC, leurs récits de voyageurs, la liste des aéroports fermés du New York Times, l’office météorologique britannique et eurocontrol qui utilisent leurs comptes Twitter comme des êtres humains pour intéragir avec le public et non comme des robots (comparez @metoffice avec @meteosuisse, ainsi que les informations sur leurs sites web — MétéoSuisse et Met Office), les compagnies d’aviation et les agences de voyage qui renseignent directement leurs clients grâce aux médias sociaux (regardez @KLM et @SwissAirLines pour vous faire une idée — les calls centres c’est bien mais moins réactif), on se dit qu’il y a encore du boulot sur le territoire numérique helvétique.

Je pourrais continuer, mais j’ai déjà assez abusé de votre patience avec cette chronique bien plus longue que d’habitude. J’espère vous avoir donné l’occasion d’entrevoir comment les gens connectés, dont je fais partie, suivent l’actualité et s’informent: c’est vers ça qu’on va.

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Arrêtons de parler d'amitiés virtuelles [fr]

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Une chose qui m’irrite profondément, c’est l’utilisation de l’adjectif “virtuel” pour qualifier tout ce qui se passe en ligne. Réseaux virtuels, mondes virtuels, et surtout, “relations virtuelles”.

J’ai une bonne amie qui habite en France. On se connaît depuis des années, et avec le temps, on est devenues plus proches. On discute presque tous les jours — des fois c’est “tu vas bien, oui, et toi?” et d’autres fois ce sont des conversations plus longues sur le travail, la vie, la famille, nos intérêts.

Nous ne nous sommes encore jamais rencontrées — ni même parlé au téléphone. Mais qu’on n’aille pas me dire (ni à elle) que notre amitié est “virtuelle”.

Le problème avec le mot “virtuel”, vous voyez, c’est qu’il signifie quelque chose comme “seulement en puissance et sans effet actuel”. Dire que cette amitié est “sans effet actuel” parce qu’on ne s’est jamais rencontrées, c’est complètement à côté de la plaque. Il suffit pour s’en rendre compte de voir le joli arrangement floral qui égaye mon salon depuis la semaine dernière. Elle me l’a fait livrer pour me remercier de mes conseils lors de ses débuts comme indépendante. Si c’est pas un effet actuel, ça, je ne sais pas ce que c’est.

Bien sûr, il ne me viendrait pas à l’idée de dire que les communications par chat, SMS, ou même téléphone ont la même valeur que se retrouver en face-à-face autour d’un café. Mais elles en ont une. Et il y a des choses qu’on l’on peut dire par chat ou SMS bien plus facilement que par téléphone ou en personne. Il n’y a donc pas à mon sens de hiérarchie rigide et absolue entre ces différents modes de communication. Ils sont différents, et permettent (ou pas) des choses différentes.

Ces interactions en ligne ne valent pas rien, comme le suggérerait le qualificatif “virtuel”. Il y a de belles amitiés, et même des histoires d’amour, qui se bâtissent sur elles.

Privilégions donc des expressions qui ne charrient pas des wagons de jugements de valeur. “En ligne”, c’est certes moins accrocheur que “virtuel”, mais c’est plus honnête.

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C'est si superficiel [fr]

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Une critique souvent faite à l’encontre des médias sociaux, c’est la superficialité des contenus qui y transitent ou y sont publiés. Twitter, Facebook, et même les blogs sont montrés du doigt comme autant d’exemples de la vacuité des propos de l’être humain moyen.

On oublie que les médias sociaux, à la différence des mass-médias, visent moins à diffuser des informations qu’à créer des relations.

C’est pour ça que la métaphore de la machine à café pour décrire ces espaces numériques est si juste. La plupart des discussions autour de la machine à café sont banales — mais ce sont elles qui créent les liens entre les gens. Le tissu des relations humaines, c’est justement ces petits échanges anodins, sur le temps qu’il fait, le film qu’on a vu, ou les plantes à rempoter.

Qu’on bavarde de ce genre de chose au téléphone, dans le bus, entre deux réunions, ou même par SMS, cela n’émeut personne. Mais qu’on fasse la même chose en ligne, où règne l’écrit, réservé traditionnellement aux seules expressions de notre culture dignes d’être imprimées, et l’on s’empresse de brandir ce mot chargé de jugement moral: “superficiel”.

C’est faire preuve d’une grande méconnaissance de la nature profonde des relations humaines.

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Mots de passe: moins de naïveté! [fr]

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Je suis régulièrement sidérée de la naïveté avec laquelle le grand public internautique traite ses mots de passe. Alors qu’on se pose des grandes questions sur la disparition de la vie privée puisqu’on est de plus en plus présents en ligne, on fait preuve d’une légèreté effrayante avec l’outil même qui permet de gérer la confidentialité de nos données.

Je vois deux raisons principales à cela:

  • une méconnaissance des risques
  • les instructions pour “faire bien” que nous donnes informaticiens et autres professionnels de la sécurité qui sont, disons-le franchement, quasi-impossibles à respecter tant elles sont exigeantes.

A proscrire:

  • utiliser le même mot de passe partout
  • donner son mot de passe à autrui
  • utiliser comme mot de passe le nom du chien, un mot du dictionnaire, son signe astrologique…
  • entrer son mot de passe ailleurs que sur le site pour lequel il a été prévu (par exemple, quand Facebook vous demande votre mot de passe Gmail… non, non!)

J’en vois déjà qui pâlissent. Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude de voir pâlir ainsi mes clients.

Mais pourquoi diable faut-il faire si attention? Craquer un mot de passe qui est un mot du dictionnaire, ça prend très peu de temps. Un petit programme qui tourne, et hop, le tour est joué, on est dedans. Une fois que quelqu’un a accès à votre compte, il peut changer le mot de passe pour vous empêcher d’y accéder, et se faire passer pour vous. Imaginez! Quelqu’un d’autre aux commandes de votre e-mail, de votre compte Facebook, de votre Twitter, de votre blog, de votre compte PayPal… Ouille!

Allons droit au but, j’ai quelques conseils pour vous:

  • définissez trois (quatre, en fait) niveaux de sécurité pour vos divers comptes en ligne: finances (PayPal, Amazon, iTunes, banques), identité (blog, serveur, Twitter, Facebook), autres services — et dans un groupe à part, votre e-mail
  • blindez le mot de passe que vous utilisez pour votre e-mail: si quelqu’un rentre dans votre e-mail, il peut changer les mots de passe de tous les services que vous utilisez — le compte e-mail est donc le maillon faible
  • assurez-vous que vous avez des mots de passe solides pour le groupe “finances” et “identité” (au minimum un mot de passe distinct pour ces deux groupes, et différent de l’e-mail)
  • pour les “autres services”, bricolez-vous un algorithme avec un mot de passe de base que vous faites varier en fonction du nom du service (si l’un d’entre eux a des fuites, cela ne compromettra du coup pas tous les autres)
  • en plus des lettres, utilisez majuscules/minuscules, ponctuation, et chiffres dans vos mots de passe (autant que possible!)
  • une méthode pratique: prenez un long mot, et insérez au milieu de celui-ci des chiffres et signes de ponctuation (exemple — à ne pas utiliser! — biblio38!theque)
  • une autre méthode pratique: choisissez une phrase dont vous gardez la première lettre de chaque mot, ainsi que les signes de ponctuation (exemple à ne pas utiliser non plus: J’ai maintenant 3 chats et je vis en Suisse. => J’am3cejveS.)

Allez, au travail! Allez changer au moins les plus importants de vos mots de passe.

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Journée Ada Lovelace: femmes, technologie, blogs [fr]

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Ce mercredi 24 mars, c’est la Journée Ada Lovelace (Ada Lovelace Day).

Il y a un peu plus d’un an de cela, j’ai été très intéressée d’apprendre que le rôle des modèles positifs de même sexe était plus important pour les femmes que les hommes. Ce phénomène a été mis en lumière par la chercheuse canadienne Penelope Lockwood.

Dans l’étude qu’elle a menée, les étudiantes qui avaient lu un article de journal fictionnel au sujet d’une femme excellant dans leur propre discipline s’auto-évaluaient de façon nettement plus positive que celles qui avaient lu un article mettant un scène un modèle masculin. Ce décalage ne se retrouve pas chez les hommes, et un groupe de contrôle permet d’assurer qu’il s’agit bien d’un effet positif du modèle féminin, et non un effet négatif lié à la mise en scène d’un modèle masculin.

Ce phénomène est en fait bien connu pour ce qui est des problématiques de couleur aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs probablement le cas pour tout individu qui ne fait pas partie du groupe dominant au pouvoir. (Pensez “effet Obama”.)

Donc, il est important de montrer aux femmes des modèles positifs féminins dans leur domaine. Or, dans le milieu de la technologie entre autres, les femmes manquent de visibilité.

C’est ici qu’agit la Journée Ada Lovelace, en rassemblant une coalition de blogueurs et autres podcasteurs qui s’engagent à tous publier le même jour un article mettant en avant une femme qu’ils admirent, dans le milieu de la technologie ou des sciences. Ainsi, un peu partout dans la blogosphère, apparaîtront des modèles de femmes appartenant à ces milieux traditionnellement perçus comme masculins.

Pour transformer les représentations des gens, malheureusement, il ne suffit pas de dire ou de raisonner — même si nous mettons toute la bonne volonté du monde à accepter de les transformer. Il faut répéter, répéter, et répéter, si possible à coups d’anecdotes plutôt que de statistiques.

C’est ce que fait la Journée Ada Lovelace, en misant sur la force des blogs, à savoir leur nombre, la simplicité des décisions rédactionnelles, et l’intensité du lien entre blogueur et lecteurs — peu importe combien sont ces derniers.

Plus d’informations:

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Comment démarrer avec Twitter [fr]

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Twitter commence à faire partie du vocabulaire courant en Suisse Romande. Si tout le monde n’a pas un compte (de loin pas!), un nombre croissant de personnes savent ce qu’est Twitter, ou du moins en ont entendu parler, et désirent l’essayer.

Comme beaucoup d’outils composant l’internet d’aujourd’hui, Twitter est techniquement extrêmement simple à utiliser. La simplicité s’arrête là, malheureusement.

Tout comme savoir taper des mots dans un traitement de texte ne fait pas de vous un grand auteur, et aller à une soirée de réseautage ne signifie pas que vous allez en repartir le carnet d’adresses plein de contacts intéressants, réussir à composer des messages de 140 caractères dans le champ d’envoi de Twitter ne garantit pas que vous en tirerez quoi que ce soit.

Mais qu’est-ce qu’on peut donc attendre de Twitter? A quoi est-ce utile?

  • se construire un réseau de veille riche et réactif
  • créer de nouveaux contacts autour de centres d’intérêt communs
  • consolider et développer des contacts existants
  • avec le temps, et de la persévérance, s’entourer d’un réseau qui pourra devenir actif pour soi.

Tout ça ne se fait pas en une semaine, ni même en un mois. A part pour quelques chanceux, cela ne se fait pas tout seul et ça demande du travail. C’est la dure réalité! On a souvent des attentes complètement idéalisées de la rapidité et de l’efficacité des médias sociaux, vu qu’on est abreuvés par des histoires à succès impressionnantes, ces exceptions qui font de beaux titres dans les journaux. (“Marketing viral”, ça vous dit quelque chose?)

Bref, Twitter c’est un outil de création et de gestion de réseau extrêmement utile, et ça vaut la peine de s’accrocher un peu durant la période ingrate du début. Pour ceux qui se retrouvent un peu démunis une fois leur compte créé, voici quelques conseils de démarrage:

  • ne perdez jamais de vue que Twitter est un réseau social asymétrique: vous pouvez suivre qui vous voulez sans qu’ils doivent vous suivre en retour — de même, ne vous sentez pas obligé de suivre en retour tous ceux qui vous suivent
  • regardez parmi vos amis/connaissances et dans votre réseau existant qui a déjà un compte Twitter et suivez-les
  • la plupart des blogueurs sont sur Twitter — si vous appréciez un blog, suivez donc son auteur
  • utilisez le moteur de recherche de Twitter pour suivre des gens qui vous paraissent intéressants ou qui abordent des sujets qui vous interpellent
  • gardez un oeil sur les personnes qui se mettent à vous suivre (vous voudrez probablement en suivre certains en retour), mais ne tombez pas dans le panneau de ceux qui suivent un maximum de personnes juste pour gonfler leurs statistiques
  • de façon générale, suivez avec discernement mais généreusement: dans le doute, abonnez-vous à un compte qui paraît intéressant — quitte à vous désabonner après quelque temps si votre première impression ne se confirme pas
  • utilisez votre compte Twitter pour partager pensées intéressantes ou liens glânés ici ou là au fil des journées, et pas juste pour promouvoir vos activités ou poser des questions (tout est une question de dosage, et le dosage maximum pour le contenu “promotionnel” est vite atteint)
  • répondez aux gens que vous suivez lorsque c’est pertinent (ce dernier bout est capital: s’il n’y a pas de vraie valeur ajoutée, mieux vaut se taire).

Et finalement, le conseil le plus important que je puisse vous donner: intéressez-vous aux gens. C’est la meilleure recette de réseautage que je connaisse, en ligne ou hors ligne.

Tweetez bien!

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