Comprendre mon cerveau: un pas de plus [fr]

[en] One step further in understanding my flaky brain (which is much-less-flaky as of late). Our brain puts ressources where our motivation and intention is. If I'm super involved in an online community, that's where my energy will go, rather than on cooking. When we feel sucked into Facebook or incapable of focusing anymore, well, it's because we like candy.

Vous savez que ça fait un moment que mon cerveau me préoccupe. J’ai passé une année avec assez peu de “temps de repos” pour mon cerveau, et je me demandais si le foisonnement d’activités avec lesquelles je jonglais pouvait expliquer oublis, zappings, et autres difficultés à me concentrer. Etais-je en train de devenir sénile à 40 ans, de perdre la boule? Est-ce que Facebook, Google Hangouts et Ingress m’avaient grillé les neurones?

J’avais gentiment pris les décisions suivantes:

  • j’allais faire un effort conscient pour prendre des temps morts (ne pas être tout le temps en train d’écouter un truc ou de pianoter sur mon téléphone durant mes trajets et activités quotidiennes)
  • idem pour être moins “éparpillée” en travaillant, faire des efforts de concentration et ne pas passer d’un onglet à l’autre toutes les dix secondes, ou ne pas vérifier mon téléphone quand je lis un livre ou regarde un film (plus de “monotâche”)
  • mettre plus de “conscience” dans mes actes: par exemple, allumer une plaque en prenant note que j’allais devoir l’éteindre, ou faire un effort “d’impression mentale” quand je dis que je vais faire quelque chose

Avec les semaines et les mois qui passaient, j’ai senti un retour à la normale. Ouf, je n’étais pas en train de devenir sénile, et mes neurones n’étaient pas irrémédiablement grillés!

Cygne

Ma conclusion à ce stade était que, en effet, “trop” d’activités dans tous les sens avait eu un effet délétère sur ma façon de fonctionner. Mais j’ai aujourd’hui révisé cette conclusion — je ne crois pas qu’elle était tout à fait correcte.

Deux éléments ont fait évoluer ma réflexion:

  1. La lecture d’un article expliquant (neurosciences) que se plaindre à répétition crée des connexions qui facilitent par la suite la “génération” d’idées négatives. C’est très logique, en fait, on met en place par nos actions et mouvements de pensée des connexions neurales qui rendent plus facile la répétition de ces mêmes mouvements.
    Et je connais bien ce phénomène dans sa version positive, que je pratique sous forme de l’exercice des “trois bonnes choses” quotidiennes. On peut entrainer son cerveau à être plus optimiste/positif, comme on peut l’entraîner à être négatif. J’avais d’ailleurs rencontré cette idée pour la première fois il y a plus de 15 ans maintenant, en lisant le livre “L’intelligence émotionnelle” — quand on est dans un certain état émotionnel, on va naturellement chercher autour de soi ce qui le confirme et l’entretient.
  2. A l’occasion d’une journée pédagogique où j’étais invitée à intervenir, j’ai eu la chance de parler un peu avec le pédopsychiatre Philippe Stephan, qui venait de donner une excellente et très instructive conférence sur le cerveau des adolescents, et ce que son développement nous apprenait par rapport à la relation des ados au monde numérique.
    On parlait du “non-danger” des écrans (le problème est l’absence de limites plutôt que l’écran lui-même — un défaut de cadre plus qu’une activité néfaste), et je faisais part tout de même de mes doutes, me basant sur ma propre expérience récente et des articles comme celui-ci, qui semblaient mettre en rapport temps d’écran et troubles d’attention chez les enfants. Je ne sais plus exactement comment il a formulé ça, mais j’ai retenu l’idée suivante: c’est une question d’investissement/de motivation plus que, de nouveau, la nature de l’activité.
    Si je suis très investie dans ma “vie Facebook”, par exemple, ou ma “vie Ingress”, mon cerveau va “délaisser” en quelque sorte les autres pans de ma vie. On met l’énergie là où “c’est important”, du point de vue de notre motivation. Et là où c’est délicat, c’est que Facebook et cie sont faits pour nous plaire et nous stimuler.

Pour moi ça fait complètement sens. Si on passe beaucoup de temps à faire quelque chose, qu’on y est investi émotionnellement, qu’on a envie de le faire, c’est là que va aller notre attention. On peut bien sûr se remettre sur le droit chemin à coup d’astuces comportementaux, ou aussi simplement en mettant de l’énergie à autre chose (ce qui revient probablement au même). Ça explique aussi pourquoi un changement de rythme de vie (vacances, chalet) nous permet souvent de prendre du recul ou de “décrocher”: on se réinvestit dans d’autres choses.

(En relisant ce que j’ai écrit en conclusion, je me demande s’il n’y a pas un petit bout qui m’échappe encore, parce que ça me paraît un peu “plat” comme conclusion en comparaison avec la “grande illumination cérébrale” que j’ai eue pendant la discussion.)

Accompagnement à la transformation numérique [fr]

[en] "Digital transformation", and how this expression describes what I've been doing these last 10 years so much better than "social media".

Depuis plusieurs années, je cherche une “étiquette” qui décrive plus adéquatement ce que je fais que “consultante en médias sociaux”. Et là, je crois que je tiens enfin une expression qui couvre ce que je fais depuis 10 ans avec mes clients: je fais de l’accompagnement à la transformation numérique.

Alors, il paraît que “transformation numérique” ou “transformation digitale” c’est le truc hype du moment. Mais j’avoue qu’il y a encore deux mois, cette expression n’était pas sur mon radar. C’est Jean-Marc Sandoz, alors que je lui faisais part de mes réflexions sur mon véritable domaine d’expertise et mon rejet croissant de l’étiquette “médias sociaux”, qui m’a proposé “accompagnement à la transformation numérique.” Marrant comme une rencontre fortuite sur le quai de la gare de Lausanne peut déboucher sur un grand moment d’éclaircie intellectuelle!

Gâteau au chocolat

Crédit photo: Slice of Chic (CC)

Quand on dit “consultante en médias sociaux” (en Suisse Romande tout du moins) l’interlocuteur imagine immédiatement quelque chose de cet ordre: “ah, tu fais publies des choses sur Facebook pour tes clients?” ou bien “tu fais du marketing sur les réseaux?” Je me retrouve du coup à expliquer que non, je vais pas généralement faire des choses sur Facebook (ou ailleurs) pour mes clients, que je ne fais pas du marketing même s’il m’arrive de travailler avec “les gens du marketing”, et que l’essentiel de ce que je fais c’est expliquer aux gens ce que c’est que ces médias sociaux et les aider à faire des choses pas trop inutiles avec. Et que ce qui m’intéresse ce sont les gens, comment les relations se tissent, comment l’information passe d’une personne à l’autre.

Rajoutons aussi que les médias sociaux c’est pour beaucoup de gens un truc hype et fumeux dont on ne sait pas trop à quoi ça sert (et qu’on comprend pas), et… aïe. Bref, en disant “médias sociaux” je crée une image chez l’autre que je dois ensuite m’évertuer à déconstruire pendant une bonne dizaine de minutes.

L’accompagnement à la transformation numérique, par contre, ça me parle!

“Accompagnement”, déjà, c’est bien. C’est un terme que j’ai utilisé pas mal au début de ma carrière indépendante, puis que j’ai laissé tomber parce que ça semblait un peu “mou”. Comme “conseil”, d’ailleurs. Alors je me suis retrouvée avec “consultante”, “formatrice”, “conférencière”. Des mots qui décrivent une personne. (Alors que “accompagnatrice” et même “conseillère”… moyen.) Mais avec ça j’ai perdu un bon bout de ce qui fait la spécificité de mon approche: je suis vraiment dans une logique d’accompagnement, et je me suis rendu compte récemment que c’était une dimension importante de mon travail, et qui plaisait aux clients potentiels à qui je parlais.

J’ai pensé ces derniers mois à des termes comme “passeuse” ou “médiatrice”, qui reflètent cette même idée. Je suis celle qui va vous prendre par la main pour explorer ce que vous ne connaissez pas encore (le numérique). Et cet accompagnement peut se traduire par du consulting, de la formation, des conférences, du travail sur des projets (opérationnel!) que je fais également. Avec, derrière, un objectif d’autonomisation de la personne que j’accompagne.

On me propose souvent “coaching” pour décrire ce que je fais. Et… pris au sens commun, effectivement, beaucoup de personnes diront que ce que je fais est du coaching. Mais le coaching, dans le contexte professionnel, est une approche spécifique, un cadre déontologique précis. Un coach ne va pas faire à votre place. Il ne va pas non plus vous dire quoi faire. Mon positionnement est peut-être plus proche du mentoring: j’ai de l’expérience dans un domaine, et je fais profiter mes clients de cette expérience, en leur expliquant, en leur conseillant, en étant une “référence” quand nécessaire. Mais de nouveau, dans un contexte professionnel, le mentorat met en général en relation des professionnels jeunes avec des professionnels expérimentés sur la même voie qu’eux, ou sur un parcours similaire.

Alors ce que je fais, je le dis maintenant haut et clair, je préfère l’appeler “accompagnement”.

Et la transformation numérique? Ce que le monde semble être en train de découvrir maintenant (si l’on en croit que c’est le terme en vogue en 2016), c’est ce que je prêche depuis plus d’une décennie: le numérique (internet, les blogs, les médias sociaux…) n’est pas une couche supplémentaire à rajouter à nos activités, mais un nouvel élément qui transforme celles-ci.

Ça n’a pas toujours été très clair pour moi que cette question de la transformation (versus l’ajout) était cruciale — probablement parce que je l’avais comprise instinctivement très tôt, durant mes premières années de vie en ligne. La lecture du Cluetrain Manifesto m’a donné un vocabulaire pour en parler. Je dis souvent, par exemple, qu’internet a changé la façon dont les organisations communiquent avec les personnes, que celles-ci soient à l’intérieur ou à l’extérieur de l’organisation. A ce jour, j’ai une vision de moi bâton de pèlerin à la main, portant la bonne parole du Cluetrain où je vais — comme d’ailleurs mon ami et collègue Euan Semple.

Au fil des années, à force de me heurter aux tentatives d’utilisation des outils sociaux dans le vent qui s’arrêtaient à leur expression visible, sans comprendre les changements profonds qui doivent les accompagner pour qu’ils puissent manifester leur potentiel, j’ai réalisé à quel point c’était cette dimension-là qui était cruciale, et qui posait problème. On partait de “on fait un blog?” et toute la stratégie de l’entreprise venait avec, si on tirait un peu.

En regardant en arrière, je me souviens que cette conscience était très présente pour moi lors que nous étions en train de concevoir la formation de Spécialiste en Médias Sociaux et Communautés en Ligne du SAWI, début 2010. La formation tout entière reposait sur un projet de diplôme, qui consistait en fait à opérer cette transformation numérique dans l’entreprise, la profession, ou un projet de l’étudiant. Les cours apportaient la “culture” du numérique, surtout stratégique, technique aussi, outillant les étudiants pour le monde dans lequel nous travaillons et vivons, mais le plus important était ce qui s’opérait dans le cadre du travail de diplôme, et c’est cela qui faisait à mon sens la valeur de cette formation.

Je me souviens de la frustration de certains, lors des rendez-vous de suivi de projet, lorsqu’à chaque module ils se retrouvaient presque à tout défaire ce qu’ils avaient fait jusque-là pour reprendre depuis le début. C’était inévitable: c’est à mon sens uniquement en tentant de mettre en application ces “nouveaux outils” ou ces “nouvelles techniques” du numérique dans une situation réelle qu’on se heurte à la nécessité de cette transformation en profondeur. Je crois qu’on peut oser parler ici de changement de paradigme. Il y a une rupture de continuité entre le monde sans numérique, et le monde avec numérique. Et tant qu’on n’a pas passé “de l’autre côté”, on n’est pas “de l’autre côté”.

En 2011, j’allais à Montréal donner une conférence: comment intégrer les médias sociaux à sa stratégie. C’est à cette occasion, si ma mémoire est bonne, que j’ai utilisé pour la première fois la métaphore du gâteau au chocolat. Le numérique, c’est le chocolat du gâteau au chocolat. On n’est pas en train de parler d’un muffin avec des “chocolate chips”, ou du glaçage sur un gâteau, mais bien d’un gâteau au chocolat: le chocolat ne peut pas être dissocié du gâteau, comme le numérique ne peut être dissocié du reste du monde.

Cette volonté de considérer le numérique (le monde en ligne, internet, le cyberespace) comme lieu d’altérité est très fort. Je me souviens la peine que j’avais, au début et au milieu des années 2000, à expliquer aux journalistes et autres curieux la continuité qu’il y avait entre ma “vraie vie” et ma “vie virtuelle” (je déteste ces termes, mais c’était clairement comme ça dans l’esprit de mes interlocuteurs). Je pense vraiment que mes années de réflexion sur ce rapport, à titre personnel, entre “en ligne” et “hors ligne” et leur intime inextricabilité ont préparé le terrain pour l’impact que le Cluetrain a eu sur moi. Tout ce que je découvrais faisait sens. Et comme ce n’était pas le cas pour la grande majorité des gens, la porte d’une activité professionnelle tournant autour de communiquer ce sens s’ouvrait pour moi.

C’est très clair avec le recul, bien sûr. Sur le moment, et jusqu’à il y a peu, je crois que je n’avais pas les mots ni même toutes les idées pour penser tout ça. Et certainement que dans dix ans, cette réflexion-ci me paraîtra bien lacunaire.

Mais nous y sommes donc: la transformation numérique. Mon domaine d’expertise professionnel, c’est ça. Comment le numérique change notre monde, et comment adapter nos activités à ce monde qui l’inclut. Les médias sociaux, au sens du “living web” du milieu des années 2000, ça en fait partie, bien sûr. Mais gérer son rapport à son smartphone, ou créer un site web, aussi. La transformation numérique ne se résume pas aux réseaux sociaux, même si ceux-ci en sont une des manifestations les plus évidentes.

En me présentant comme une spécialiste des médias sociaux, j’avais un double problème: d’une part, un malentendu d’office concernant le genre de mandats que je prenais, et d’autre part, une négation de la plus grande partie de la valeur que crois que je peux apporter, passée sous silence tant dans les services que je propose, que dans les demandes des clients, cachée sous la couche visible de mes activités manifestes: publier des articles dans un blog, apprendre à des gens à utiliser Twitter, faire un site web, mettre un client en contact avec des blogueurs, montrer sur quel bouton appuyer.

Maintenant, en disant que je fais de l’accompagnement à la transformation numérique (on notera que du coup je ne suis plus “une xyz”), ce que j’amène à mes clients est plus clair. Je les aide à se digitaliser. Je les accompagne dans un processus. Et ça peut prendre une multitude de formes, qui inclura souvent les médias sociaux, mais qui ne se réduit pas à eux.

Il y a quelques semaines, à l’occasion d’un atelier de co-création organisé par euforia, j’ai réussi pour la première fois à expliquer ce que je faisais sans dire une seule fois “médias sociaux”. En français et en anglais.

Victoire! 🙂

Pain au levain: recette pour paresseux [fr]

[en] Making sourdough bread with a lazy recipe. If you're around Lausanne, I have starter for you if you want it.

Depuis quelques mois, je fais mon propre pain au levain. J’ai toujours aimé l’idée du pain maison (mon père en faisait à une époque lorsque j’étais enfant), mais beaucoup moins l’idée du temps que ça prend, de pétrir la pâte, etc.

Pain au levain

En plus, je mange très peu de pain.

Mais bon, j’étais passivement tentée, surtout après avoir goûté le délicieux pain que fait mon père depuis quelques années. Il m’avait aussi vanté les mérites d’une recette qui prenait très peu de temps. Un beau jour, il a passé chez moi en disant “j’amène le levain”.

Le levain, c’est une colonie de levures et autres bactéries dans (et qui se nourrissent de) un mélange eau-farine. Ça se garde d’une fois à l’autre, ça se nourrit, on en prend un portion quand on veut faire son pain. Je vous parle un peu plus du levain après.

Voici comment ça marche (étapes décrites avec force détails en anglais dans le lien ci-dessus):

  1. mélanger dans un bol une mesure* de levain* avec deux mesures d’eau
  2. ajouter 3 mesures de farine et touiller
  3. rajouter une mesure d’eau (touiller bien sûr), puis le sel*
  4. incorporer encore trois mesures de farine (et des petites graines si on aime)
  5. couvrir et laisser reposer 12 heures environ.

Vous avez bien lu, pas besoin de pétrir! Cette première phase prend à tout casser 5 minutes. 12 heures plus tard, deuxième phase:

  1. saupoudrer la pâte, le plan de travail, et ses mains de farine
  2. sortir la pâte du bol en décollant les côtés avec les mains (il faut reprendre de la farine en cours de route sinon ça colle!)
  3. laver le bol, le sécher à fond, le graisser avec un peu d’huile
  4. remettre la pâte dans le bol
  5. couvrir et laisser reposer 5 heures environ.

Vous avez toujours bien lu, on ne pétrit toujours pas! Le plus pénible dans cette histoire c’est de laver le bol. Compter 5 minutes, 10 minutes max.

Pâte dans bol huilé

On passe à la cuisson.

  1. préchauffer le four à 240 avec le récipient* dans lequel on va cuire le pain
  2. verser la pâte dans le récipient chaud, après avoir saupoudré le fond de flocons d’avoine (par exemple) pour faciliter le démoulage
  3. cuire 30 minutes avec couvercle
  4. cuire 15 minutes sans couvercle.

Finito!

On voit que l’enjeu ici n’est pas le temps de travail mais le timing entre les différentes phases. Ça demande qu’on soit là et dispo. Voici un exemple qui pourrait marcher:

  • vendredi soir, mettre en route le pain vers 21h
  • samedi matin vers 9h, deuxième phase
  • samedi après-midi vers 14h, cuire le pain.

Quelques clarifications pour les éléments à astérisque.

La mesure

C’est bien d’utiliser une mesure dont on a deux exemplaires, comme ça on peut en garder une pour la farine et une pour l’eau/le levain. Ça évite de laver pendant qu’on fait le pain.

Ma mesure

Voici la taille de la mienne. A vue de nez elle fait environ 1.8 dl. De la taille de la mesure dépendra la taille du pain! Une tasse à café avec poignée c’est pas mal aussi.

Le levain

L’idéal c’est d’obtenir du levain de quelqu’un. Mon père m’a laissé une partie du sien, et j’en ai donné déjà à mon tour à une demi-douzaine de personnes. (Si vous êtes en région lausannoise, demandez seulement. Ça ne coûte rien.)

A température ambiante, le levain a besoin d’être nourri tous les jours. Un peu contraignant! On peut en fait le garder au frigo, où il survit avec une semaine entre les “repas”. Beaucoup plus pratique!

Pour nourrir le levain: ajouter une part d’eau et deux parts de farine pour une part de levain, idéalement. Ça veut dire qu’on doit peut-être jeter du levain, parce qu’il quadruple théoriquement de volume à chaque repas! Il n’y a pas besoin d’être exact-exact.

Levain qui bulle

L’indication d’un levain content c’est qu’il monte (beaucoup!) et fait des bulles. S’il sent l’acétone (le vernis à ongles) c’est qu’il a faim, donc il faut le nourrir plus. S’il y a du liquide clair dessus, c’est un alcool, produit par les levures quand elles n’ont plus assez de farine pour se nourrir. On peut le balancer, ou s’il y en a peu, simplement le mélanger dans le reste quand on nourrit. C’est assez résistant, un levain. Si ça semble aller mal, revenir à “une part de levain, une part d’eau, deux de farine” et nourrir 2-3 fois à 8-12h d’intervalle.

Comme je fais du pain à peu près une fois par semaine, je garde mon levain au frigo. Ça veut dire que je sors mon levain du frigo le matin du soir où je vais mettre en route le pain. Je le nourris à ce moment-là.

Si j’en ai l’occasion (et l’envie) je le nourris à nouveau 3-4h avant de faire le pain. Le but c’est qu’il soit au sommet de son activité quand on met le pain en route. Donc je regarde un peu suivant son état (il sent souvent un peu l’acétone quand je le sors du frigo, donc je me dis que bien le nourrir ne peut pas lui faire de mal).

Quand je fais le pain, je complète mon levain pour remplacer ce que j’ai pris (toujours double de farine que d’eau) et je le remets au frigo

Le sel

Là, pas de miracle, il faut expérimenter un peu. Je sais qu’avec ma mesure il faut deux bonnes cuillères à café rases de sel. Si on utilise toujours les mêmes mesures, on apprend d’une fois à l’autre combien mettre de sel pour obtenir le goût qu’on veut.

Le récipient

Ça, c’est une des grosses surprises de cette façon de faire: on ne façonne pas une miche de pain, on le cuit dans un récipient (typiquement une casserole en fonte avec couvercle) qui va au four.

Deux choses auxquelles il faut faire attention:

  • pas de plastique, ça fond!
  • bords verticaux ou qui s’évasent (pas qui se referment), sinon on arrivera jamais à sortir le pain…

Chez moi, j’utilise une grosse casserole en métal et je recouvre de papier d’alu parce que je n’ai pas de couvercle adéquat. La casserole est un peu grande alors ça me fait des pains un peu trop plats. Je passerai un de ces quatre à l’Armée du Salut voir si je trouve mieux! Au chalet, j’ai trouvé une sorte de marmite pour rôti qui est assez légère mais qui va plutôt bien.

Pain tout droit sorti du four

Sans enfant: quelques éléments sur le contexte sociétal qui nous y mène [fr]

[en] A few thoughts and links about childlessness, and the social forces which bring 1 in 4 women of my generation to reach the end of their childbearing years without having a child.

Un discussion, hier. Comme je les aime. Sur la vie, les relations, le travail, comment on fonctionne. Ce qu’on arrive à changer et ce qu’on ne peut pas changer. Et aussi, sur le célibat et l’absence d’enfant.

Quelques liens en vrac, parce que mine de rien, depuis bientôt deux ans, j’en ai fait du chemin.

D’abord, le must: Date limite de procréation dépassée. Un article pas agréable à lire si on baigne dans le déni ambiant concernant la chute de la fertilité féminine dans la deuxième moitié de la trentaine.

Il y a un problème sociétal et d’information sur ce sujet. Si une femme veut un enfant, et qu’à la mi-trentaine elle n’est pas activement en train d’essayer de procréer, il y a un risque non négligeable qu’elle n’y parvienne pas.

Une femme sur cinq née durant les années soixante arrive à 45 ans sans avoir d’enfant. Pour les femmes des années septante, ça risque bien d’être une sur quatre.

Et si on parle de plus en plus des femmes qui font le choix de ne pas être mère, ce n’est de loin pas le cas de toutes. Certaines, comme moi, se retrouvent “par les circonstances de la vie” sans enfant alors qu’elles en voulaient.

Et là aussi, attention: ce n’est pas blanc et noir. Je veux ou je ne veux pas. Il y a beaucoup d’ambivalence autour du désir de maternité (ou de son non désir). Et on peut se retrouver, un peu du jour au lendemain, à réaliser que le temps a eu raison de notre ambivalence et pris la décision pour nous. Peut-être même des années avant qu’on en prenne conscience.

Les solutions médicales aux problèmes de fertilité existent, certes, mais elles ne sont pas une garantie de succès. On a une vision déformée des “miracles” de la médecine, à coups de célébrités d’âge “avancé” qui ont des enfants, mais sans qu’on sache:

  • combien d’années d’essais et de traitements
  • si ce sont leurs ovocytes (le don d’ovocyte est interdit en Suisse)
  • si même elles ont porté l’enfant elle-même, dans certains cas
  • combien de dizaines de milliers de dollars les traitements ont coûté

Il y a aussi un “biais du survivant” dans ces histoires: on entend parler de celles pour qui ça a marché, des exceptions, et jamais (ou pas assez) de toutes celles pour qui ça n’a pas “marché”, qui se retrouvent sans enfant et l’espoir brisé après des années de traitements, le portefeuille allégé en plus.

Savez-vous qu’à partir de 39 ans, les chances de succès d’une FIV sont autour de 10% seulement?

Personnellement, je n’avais pas conscience de tout ça durant mes années de fertilité “maximale”. Est-ce que ça aurait changé quelque chose aux diverses décisions de vie que j’ai prises? Va savoir, c’est dur de se projeter en arrière et d’imaginer ce qu’on aurait fait “si on avait su”. Mais je peux imaginer qu’avoir conscience à quelle point sa fertilité est finie est tout de même un élément important à avoir en main pour prendre les grandes décisions de la vie.

L’éducation sexuelle que les femmes de ma génération ont eues à l’école — et c’est déjà bien — mettait l’accent sur comment ne pas tomber enceinte. Bien moins sur comment, si on le désirait, et jusqu’à quand.

Comme avec la transmission du HIV: un rapport suffit, mais un rapport “n’implique pas nécessairement que”. On tombe dans le domaine des probabilités, ô combien dur à intégrer pour notre cerveau d’homme (de femme!) des cavernes. Une fécondation est une histoire de probabilités, et la probabilité n’est pas la même quand on a 25 ou 40 ans. On s’en doute, mais on n’a pas de chiffres, pas d’échelle, pas d’ordre de grandeur. Et si la fécondation est la condition sine qua non de la grossesse, elle n’est pas suffisante pour la mener à terme…

Notre génération souffre du retour de balancier de la libération sexuelle. Ça fait mal de dire ça. Mais oui. On a gagné plus de contrôle sur comment, quand, et avec qui on procrée. Surtout dans le sens du “pas”. Mais les limites biologiques dures ne se sont pas envolées. Notre contrôle n’est pas total. Même la congélation d’ovocytes n’est pas la panacée que certaines voudraient nous faire croire.

Avec la libération sexuelle, l’égalité, tout ça (qui est très bien!) on se retrouve en tant que femme à avoir (et vouloir!) accès à des “plans de vie” masculins. On fait ses études, supérieures autant qu’on peut, on se stabilise professionnellement, on fonde une famille. Vers 30-35 ans.

Vous voyez le blème? Si on regarde ça à travers le filtre de la fertilité, ça va très bien pour un homme, qui, malgré l’andropause, ne voit pas sa fertilité tomber dans le fond d’un ravin autour de 37 ans. Il suffit d’une rupture au mauvais moment, de difficultés imprévues, et hop, on sort de la fenêtre.

Du point de vue de la fertilité féminine, le modèle études-travail-couple-stable-enfants n’est vraiment pas top.

Au Danemark, et ailleurs également j’en suis sûre, de plus en plus de femmes font le choix de procréer “seules”. Parce qu’avoir un enfant est important pour elles, et qu’elles ne sont pas prêtes à risquer de se retrouver dans l’impossibilité biologique de le faire parce qu’elles attendent de trouver le compagnon qu’il faut. Jusqu’à trop tard.

Il n’y a pas de solution parfaite à ce problème social. Mais j’espère qu’il arrivera un moment où les femmes auront en mains les cartes nécessaires à prendre des décisions informées par rapport à leur désir ou non d’être mères, sans se réveiller un jour à 43 ans, après des années à s’être laissé ballotter par les vents et les vagues dans la petite coque de noix du manque d’information et de discussions franches autour de la fertilité féminine.

Réglez-vous la luminosité de vos écrans? [fr]

[en] Archive of my weekly French-language "technology advice column".

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Il vaut la peine de garder un oeil sur la luminosité de ses écrans.

L’écran est un bouffeur de batterie

C’est surtout utile à savoir pour les tablettes et smartphones. Sur luminosité maximale, vous drainez votre batterie bien plus rapidement qu’à une luminosité plus faible (clairement, il vaut encore mieux avoir un écran éteint ;-)).

Attention aux yeux!

Idéalement, pour ménager ses yeux, la luminosité de l’écran qu’on regarde devrait être comparable à celle de notre environnement. On va donc augmenter la luminosité en plein jour, et la réduire le soir. Votre écran ne devrait pas être un grand phare lumineux dans une pièce sombre ou une rue de nuit. Vos yeux vous remercieront (et votre tête aussi, si l’écran a tendance à avoir sur vous cet effet désagréable).

Mieux dormir…

La lumière de nos écrans est très blanche/bleue. Elle correspond au soleil du milieu de la journée. Outre le type d’activité que l’on a tendance à avoir sur écran, et qui stimule notre cerveau, s’exposer à de la lumière “de jour” le soir n’est pas une super idée. Le mieux est encore de bannir les écrans le soir, mais soyons réalistes, on est en 2016 et on est tous un peu accros à Facebook ou Whatsapp.

Du coup, pensez déjà à installer flux sur vos ordinateurs et tablettes: c’est une application qui jaunit la lumière de vos écrans une fois la nuit tombée et qui atténue donc un peu l’effet “je suis en plein soleil et donc il fait jour, pas question de dormir” de leur lumière bleue. Et veillez bien également à en diminuer la luminosité!

Je vous souhaite de douces nuits bien reposantes…

Google Docs: savez-vous partager un document? [fr]

[en] This is my French weekly newsletter that gives tips and simple explanations to use our daily digital tools better.

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Si vous avez un compte Google (ou une adresse Gmail), vous avez aussi Google Drive et la suite bureautique de Google: DocsSheetsForms, etc.

C’est un peu l’équivalent de Office de Microsoft: Word, Excel, Powerpoint. Mais c’est Google. Et c’est en ligne, au lieu de vivre sur votre ordinateur.

Tous les documents de cette suite peuvent être partagés, et on peut collaborer dessus en temps réel: plus besoin de faire des allers-retours interminables de versions diverses d’un document par e-mail pour le fignoler à plusieurs!

Voici comment partager un document. Je vous montre avec un document texte, mais le principe est le même pour tous les documents que vous pouvez créer à partir de Google Drive.

Pour créer votre document, allez simplement à l’adresse http://docs.google.com. Dans votre document, vous verrez en haut à droite un bouton bleu pour partager:

Ce bouton donne accès à l’interface de partage, qui vous permet:

  • d’ajouter un collaborateur via son adresse e-mail (choisissez si la personne peut modifier, commenter, ou seulement voir le document)
  • de créer un lien “magique” qui donne automatiquement le droit de voir ou de modifier le document à quiconque clique dessus (pratique mais attention à la confidentialité!)

Quand vous ouvrez le document alors que quelqu’un d’autre travaille dessus, vous pouvez voir où cette personne est dans le document, et même la voir taper!


Si vous connaissez déjà tout ça, transférez ce mail à une personne avec qui vous aimeriez pouvoir collaborer avec les documents en ligne Google. Peut-être que ça lui donnera envie…

N’oubliez pas que vous pouvez toujours m’envoyer vos questions, que ce soit pour des informations supplémentaires ou pour proposer un sujet pour la semaine prochaine.

Music and Sadness [en]

Musique, émotions, larmes.

[fr] Musique, émotions, larmes.

This is a post I wrote over a year ago, in December 2014, but never published. It’s still quite true today. Since his death, I’ve been listening to David Bowie. I was very unfamiliar with his music and wouldn’t have listed him as an artist whose work I “liked”. Now, I’m discovering that there is actually quite a lot of his stuff I do like, and that I am finding an interest in the rest, even if it’s not my favorite kind of music. It feels like a different way of appreciating music from until now.

Emotions have always been hard. As far as I remember. Especially one, which all the others seem to hang on to. Sadness. Grief.

I can have trouble connecting to these sometimes difficult emotions. We all do, to some extent. Maybe? I’m not sure. Well, I have trouble connecting.

Throughout the course of my life, I’ve realised that there are two things that I do to help me connect, to help me feel: listen to music and watch fiction. Reading sometimes does it too, but less — I suspect it’s the music connection. Movies and TV series have music, in addition to a story.

Until about 18 months ago I was singing in a local choir. Too much going on, I had to make the difficult choice to stop. Since then, I haven’t been singing much. I got a car again earlier this year, and I sing in my car, when I listen to music.

Singing while commuting is what made me realize how important music was to me. When I was a teenager I would drive to school on my motorcycle, singing at the top of my lungs under my helmet. If I’m alone in a car, I’ll sing along to whatever I’m listening to.

Over the last year, despite the car, I have been listening to less music. I’ve been listening to podcasts, or more recently, audiobooks. Or I just haven’t been listening to much. The cable to connect my iPhone to my music player in the car is shot now, so I drive in silence. And I find that I’m not even really singing.

This year has been a difficult year. There will be more — much more — to write about on that topic. I have been keeping myself busy. With work, of course, but not being too much of a workaholic, with other things too: helping people around me with their problems (a big favourite of mine it seems), consuming fiction and non-fiction in various forms, and having an active social life, online and off.

And now that I’m stuck on a plane with my headphones in, listening to music because I’m tired and don’t trust myself not to fall asleep while listening to a podcast, I am taken over by a big wave of sadness. It’s not even very specific, sadness about this or about that. Oh, about a bunch of things, but it moves around. I don’t try to catch it. It’s just there.

And music brought me back to it.

iPhone: chercher n’importe quoi sur son smartphone [fr]

[en] Archive of my weekly French-language "technology advice column".

Ma newsletter hebdomadaire “Demande à Steph” est archivée ici pour la postérité. Chaque semaine, un tuyau ou une explication touchant à la technologie numérique, ou une réponse à vos questions! Inscrivez-vous pour recevoir directement la prochaine édition. Voici l’archive originale.

Cette semaine, un petit truc pour les propriétaires d’iPhone.

Plutôt que de chercher une application dans son téléphone à travers tous nos écrans, il y a un moyen beaucoup plus direct de trouver quelque chose sur son téléphone: la recherche.

On y accède d’un coup de doigt descendant sur l’écran d’accueil, comme ça:

Et il suffit de taper ce qu’on cherche:

Ça marche pour les applications, mais aussi pour:

  • une chanson
  • un contact
  • un podcast
  • des photos sur Flickr
  • un calcul
  • un site web…

Et peut-être même d’autres choses!

Voici quelques exemples. Une chanson que j’aime bien ces temps:

Un contact:

Mon chat:

Vous voyez que comme j’utilise Flickr pour mes photos, il me sort directement les bons albums! Et il va même chercher le texte de mes messages:

Le podcast que j’ai envie d’écouter en faisant la vaisselle:

Zut, où ai-je rangé cette application Photos?

Un calcul rapide à faire, pas besoin de sortir la calculatrice:

C’est un petit coup à prendre. Exercez-vous! Cherchez maintenant:

  • une application que vous avez cachée quelque part
  • une chanson que vous avez envie d’écouter
  • un contact que vous auriez plaisir à voir
  • “restaurant”

Pensez-y la prochaine fois que vous avez besoin de quelque chose qui est dans votre téléphone. Et si vous avez trouvé utile, transmettez ce mail à une de vos connaissances!

PS: certains d’entres vous auront découvert qu’un coup de doigt vers la droite à travers l’écran fait aussi apparaître un écran de recherche — il est un peu moins bien car il faut toucher le champ de recherche avant de pouvoir y taper, alors qu’avec ce coup de doigt vers le bas, on peut taper direct!

Facebook: comment rendre public un statut pour qu’il puisse être partagé [fr]

[en] Archive of my weekly French-language "technology advice column".

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L’idée de la semaine pour inaugurer cette newsletter: comment rendre public un statut facebook afin que nos amis puissent le partager plus loin.

C’est très utile pour les petites annonces: un meuble à donner, un appartement à remettre, un chat perdu — mais aussi pour les recherches, les demandes: “est-ce que quelqu’un sait si…”, “connaissez-vous quelqu’un qui…”).

Une chose qui nous échappe souvent quand on poste ce type de demande ou d’annonce, c’est qu’un statut visible pour “amis seulement” ne sera jamais visible en dehors de notre cercle d’amis, même si il est partagé. Imaginez, si nos statuts privés étaient à la merci d’un partage maladroit!

Du coup, on voit souvent des messages avec “merci de partager”, mais qui sont limités aux amis de la personne qui poste. C’est dommage! (On peut les partager, mais ils seront invisibles à quiconque n’avait pas déjà le droit de les voir sur le profil d’origine. Selon les cas, ceci donne lieu à la fameuse “pièce jointe indisponible” que vous avez déjà certainement croisée ici ou là dans des groupes Facebook.)

Chacun de vos statuts indique, à côté de l’heure (et du lieu), qui peut le voir. Celui-ci n’est par exemple visible que pour mes amis:

Et celui-ci est public. C’est ça qu’on veut voir quand on fait un statut à partager:

Souvent, on publie d’abord le statut, puis on se rend compte qu’il n’est pas public. Pas de panique! Il n’est pas nécessaire de l’effacer et d’en republier un. On peut changer la visibilité de n’importe quel statut Facebook, même longtemps après sa publication:

C’est bien sûr aussi possible sur le téléphone:

Et voilà pour aujourd’hui!

Comme on démarre tout juste, ça m’intéresse vraiment d’avoir vos retours. Il suffit de laisser un commentaire:

  • est-ce que ces infos vous sont utiles, ou bien vous saviez déjà?
  • est-ce que l’explication est claire, trop longue?
  • avez-vous une question à laquelle vous aimeriez que je réponde une prochaine fois?

Newsletters in 2016 [en]

[fr]

Réflexion sur les newsletters en 2016 et le rôle qu'elles peuvent jouer. Méditations sur les blogs, leur désenchantement, Facebook, et Twitter. Je pense qu'il y a un potentiel avec les newsletters de retrouver un sentiment de communauté restreinte et de connexion qui s'est un peu perdu en route avec notre immersion perpétuelle dans notre propre réseau.

Prêts à tenter l'aventure avec moi? Voici mes newsletters, faites votre choix:

For years now, I’ve been thinking about using newsletters better. Or simply, using newsletters. Until recently all I had was a pretty dead newsletter on MailChimp — and the ability for my readers to subscribe to CTTS blog posts and a weekly dump of all the links I save to Delicious.

MailChimp is a powerful tool, probably overkill for me, and I never really managed to ease myself into its process. Sending out an e-mail is dead simple, but sending out my newsletter felt like more work than cranking out a blog post.

Sunset

Two tools caught my eye over the last year: Revue and TinyLetter (acquired by MailChimp, what a coincidence!)

Revue is designed to help you send out curated lists of links. TinyLetter is a barebones newsletter tool, just what I need.

I’ve been trying to analyse my recent excitement for newsletters over the past days. Like others, I’ve been grieving what I think of as the golden age of blogging. I stumbled upon Tiny Letters to the Web We Miss, which I think hits the nail on the head:

Self-publishing online was fluid and inviting in the early years because the community was self-selecting — the sort of people who would know what Blogspot was in 2003. I didn’t worry about my boss finding my blog. I didn’t worry about getting rape threats in the comments either. (Just thinking about how absurd that sentence would have sounded in 2003 is giving me a crater-sized hit of nostalgia.) We didn’t have the same worries over public personas, because the internet felt like it was just us.

Blogging before social media was like drinking with friends. If someone adjacent to your conversation said something interesting, you would pull up a chair and invite them in. Sometimes a friendly stranger would even buy you a drink.

Everybody is here now, it’s not “just us” anymore.

This reminds me of In Praise of Online Obscurity by Clive Thompson, which I wrote about in 2010. At some point of growth, your “community” dissolves into an “audience” (on Twitter, on blogs) or a “network” (on Facebook). Engagement drops. People retreat.

Once a group reaches a certain size, each participant starts to feel anonymous again, and the person they’re following — who once seemed proximal, like a friend — now seems larger than life and remote. “They feel they can’t possibly be the person who’s going to make the useful contribution,” Evans says. So the conversation stops. Evans isn’t alone. I’ve heard this story again and again from those who’ve risen into the lower ranks of microfame. At a few hundred or a few thousand followers, they’re having fun — but any bigger and it falls apart. Social media stops being social. It’s no longer a bantering process of thinking and living out loud. It becomes old-fashioned broadcasting.

This dynamic is behind the somewhat counter-intuitive fact that more followers on Twitter does not mean more influence, and that getting a boost in followers through presence on a list doesn’t mean more retweets or replies.

Already at the time of my 2010 article, this was how I analysed what had happened to blogging:

I think that this is one of the things that has happened to the blogging world (another topic I have simmering for one of these days). Eight-ten years ago, the community was smaller. Having a thousand or so readers a day already meant that you were a big fish. Now, being a big fish means that you’re TechCrunch or ReadWriteWeb, publications that for some reason people still insist on calling “blogs”, and we “normal bloggers” do not recognize ourselves anymore in these mega-publications. The “big fish” issue here is not so much that formerly-big-fish bloggers have had the spotlight stolen from them and they resent it (which can also be true, by the way), but more that the ecosystem has completely changed.

The “blog-reading community” has grown hugely in numbers. Ten years ago, one thousand people reading a blog felt special because they were out-of-the-mainstream, they could connect with the author of what they read, and maybe they also had their own little blog somewhere. Nowadays, one thousand people reading a blog are just one thousand people doing the mainstream thing online people do: reading blogs and the like. The sense of specialness has left the blogosphere.

So there you have it. We “lost” something when the internet went from “just us” to “everyone”: part of our sense of community. People reading my blog don’t feel special anymore. I don’t even feel that special anymore for writing it. Blogs aren’t special. Numbers have declined, and I’m sure it’s not just due to the fact I’m slipping into old-fartdom and neglecting my beloved blog to romp in the bushes with Facebook.

The place where we go to connect online is Facebook, or Twitter, or Google Plus. We spend our time in real-time, and head out to read this or that when a link nudges us. We might be part of communities inside Facebook groups, or small delimited spaces, but overall we are spending our time just hooked into our network.

When I was directing the SAWI Social Media and Online Communities course, I read this article by Rich Millington about the distinction between communities and followings. I formalised a three-way distinction for my classes in the following way.

Audiences: around non-social products, bloggers, authors, politicians, salespeople, “fame”

  • attracted by you
  • interact with you
  • not interlinked
  • large scale

Networks: to filter information, connect people, search

  • individual relationships
  • two-way
  • interlinked
  • each node is its own centre

Communities: “a group of people who care about each other more than they should” (Cluetrain)

  • common object of interest
  • interactions inside the group
  • human-sized
  • investment of time, emotion, ego
  • around social objects and niche services

A few years later (and even as I was using it to teach), it’s clear this typology is a bit wobbly, and many spaces are hybrids. But it remains a useful thinking tool.

When I discovered Twitter, I was spending most of my online time on IRC. I remember that one of my first strong feelings about Twitter was that it felt a bit like an IRC channel which had all the people I cared about and only them in it. (I spent my first few days/weeks on Twitter frantically recruiting.) They didn’t all know each other, and didn’t realise they were rubbing shoulders in “my” room, but for me, it was really as if I had managed to invite everybody to my birthday party.

That’s the network.

Facebook entered my world, and the same thing happened. Life online became more and more about the network. And as the network grew (and grew and grew), all our time and attention poured into it. It’s great to have a place which is populated nearly only by people you know and care about. Facebook does that for you.

Who wants to hang out in blog comments when there is Facebook and Twitter?

As you can see, I’m thinking out loud in this rambly, slightly contradictory blog post. If you can synthesise all this better, definitely have a go at it (in the comments or on your blog — link back!) I can’t quite wrap my head around all this, I feel like I’m still missing a piece.

Back to newsletters.

What newsletters definitely have chance of bringing back is this feeling of small scale. When I write a blog post, like this one, I’m not writing it for a dedicated group of readers anymore. I know you’re still out there, of course, all three of you who actually follow my blog ;-), but I’m also very much aware that I am writing for a whole pile of strangers who will stumble her after a google search. I am writing for everyone.

Email can be very personal. It goes from private space to private space (the inbox). It definitely feels more personal to write than a blog post. But it’s funny, in a way, because this post is going to reach some of you by email, and newsletters are often archived publicly on the web. There shouldn’t be a difference, right?

But there is, because the medium or tool you use really changes the way you express yourself and connect. “Email first” or “web first” does not produce the same writing.

So let’s see what happens with this newsletter experiment, OK? Take your pick and subscribe to:

And seriously, I’m really looking forward to your comments on all the stuff I’ve talked about here.