Photographie interdite! [fr]

[en] As the editor for ebookers.ch's travel blog, I contribute there regularly. I have cross-posted some of my more personal articles here for safe-keeping.

Cet article a été initialement publié sur le blog de voyage ebookers.ch (voir l’original).

Il y a quelques semaines je lisais un article du Times sur les excès des autorités face aux photographes amateurs. Puis j’ai trouvé cet article de Lonely Planet sur les interdictions de photographier dans plus en plus de lieux touristiques. Alors que nous sommes aujourd’hui tous photographes (en plus d’être sous vidéosurveillance la plupart du temps), on assiste à une sorte de lutte frénétique pour limiter la prise en photos de lieux ou de personnes.

No Photos! Les motivations? En général: sécuritaires (terrorisme, pédophilie), commerciales (“si on laisse chacun photographier, personne n’achètera nos catalogues”) ou protection de l’original (êtres vivants ou vieilles reliques sensibles au flash, par exemple).

En Angleterre, comme le raconte bien l’article du Times ci-dessus, on assiste clairement à un excès de zèle de la part des autorités (ou pseudo-autorités). Les photographes s’organisent, pour connaître leurs droits et non-droits, et se révoltent en ligne en publiant au vu et au su de tous ces photos qu’on n’avait pas le droit de prendre, sur le site Strictly No Photography ou dans ce groupe Flickr, par exemple. J’avoue que personnellement j’adore l’idée de prendre des photos de panneaux “photos interdites” (mais shhh… c’est mal et je ne vous ai pas dit de le faire).

Pour les USA, on peut télécharger un PDF détaillant les droits des photographes — document utile à avoir sous la main en cas de confrontation.

A priori, quand on part en vacances, on ne pense rien du fait de prendre des photos. Maintenant qu’il est tellement facile de mettre tout son voyage en ligne, la notion de “photographie à usage privé” disparaît peu à peu, et il faut s’attendre à ce que tôt ou tard, une photo se retrouve inévitablement accessible au public. C’est ça qui change la donne.

Ce n’est pas simple, malheureusement. Certaines situations sont assez claires, comme l’interdiction de photographier dans le Louvre. Certains musées, lieux touristiques, monuments, etc. affichent clairement les interdictions. Mais que faire? Accepter, se révolter?

Pour ce qui est du droit à l’image de façon plus générale (surtout lorsque l’on photographie des personnes) il faut savoir que les lois changent de pays en pays. Ce qui est vrai en France ne l’est pas nécessairement en Suisse (ou ailleurs, voir les liens à la fin de cet article de Michelle sur la question).

Le sujet est vaste, et une petite recherche Google vous donnera de quoi vous cultiver à l’envi sur la question. Les discussions dans les forums de photographie abondent, mais on semble être dans une situation où respecter la loi à la lettre rend quasi impossible la pratique de la photographie de vacances dont on a l’habitude si on veut mettre ses oeuvres en ligne (autorisations écrites, ça vous dit?)

Alors hop, le coin des anecdotes. Il y a des années de cela, un ami m’avait dit qu’il s’était fait sèchement rappeler à l’ordre alors qu’il prenait des photos dans une gare de métro parisien. Pour ma part, je suis sortie assez rapidement d’un magasin dont j’avais photographié les produits (c’était pour les mentionner sur mon blog, en plus!) face au vendeur à la mine patibulaire qui me venait dessus. On m’a aussi demandé d’arrêter de photographier des amis dans un centre commercial (“shopping centre”) en Angleterre. Voilà ce qui me vient à l’esprit, rapidement, comme ça.

Vous avez sûrement vos propres expériences “non-photographiques” à partager, et on se réjouit de les entendre!

Crédit photo: Quentin Xerxes Zamfir (Flickr)

Mots de passe: moins de naïveté! [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Je suis régulièrement sidérée de la naïveté avec laquelle le grand public internautique traite ses mots de passe. Alors qu’on se pose des grandes questions sur la disparition de la vie privée puisqu’on est de plus en plus présents en ligne, on fait preuve d’une légèreté effrayante avec l’outil même qui permet de gérer la confidentialité de nos données.

Je vois deux raisons principales à cela:

  • une méconnaissance des risques
  • les instructions pour “faire bien” que nous donnes informaticiens et autres professionnels de la sécurité qui sont, disons-le franchement, quasi-impossibles à respecter tant elles sont exigeantes.

A proscrire:

  • utiliser le même mot de passe partout
  • donner son mot de passe à autrui
  • utiliser comme mot de passe le nom du chien, un mot du dictionnaire, son signe astrologique…
  • entrer son mot de passe ailleurs que sur le site pour lequel il a été prévu (par exemple, quand Facebook vous demande votre mot de passe Gmail… non, non!)

J’en vois déjà qui pâlissent. Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude de voir pâlir ainsi mes clients.

Mais pourquoi diable faut-il faire si attention? Craquer un mot de passe qui est un mot du dictionnaire, ça prend très peu de temps. Un petit programme qui tourne, et hop, le tour est joué, on est dedans. Une fois que quelqu’un a accès à votre compte, il peut changer le mot de passe pour vous empêcher d’y accéder, et se faire passer pour vous. Imaginez! Quelqu’un d’autre aux commandes de votre e-mail, de votre compte Facebook, de votre Twitter, de votre blog, de votre compte PayPal… Ouille!

Allons droit au but, j’ai quelques conseils pour vous:

  • définissez trois (quatre, en fait) niveaux de sécurité pour vos divers comptes en ligne: finances (PayPal, Amazon, iTunes, banques), identité (blog, serveur, Twitter, Facebook), autres services — et dans un groupe à part, votre e-mail
  • blindez le mot de passe que vous utilisez pour votre e-mail: si quelqu’un rentre dans votre e-mail, il peut changer les mots de passe de tous les services que vous utilisez — le compte e-mail est donc le maillon faible
  • assurez-vous que vous avez des mots de passe solides pour le groupe “finances” et “identité” (au minimum un mot de passe distinct pour ces deux groupes, et différent de l’e-mail)
  • pour les “autres services”, bricolez-vous un algorithme avec un mot de passe de base que vous faites varier en fonction du nom du service (si l’un d’entre eux a des fuites, cela ne compromettra du coup pas tous les autres)
  • en plus des lettres, utilisez majuscules/minuscules, ponctuation, et chiffres dans vos mots de passe (autant que possible!)
  • une méthode pratique: prenez un long mot, et insérez au milieu de celui-ci des chiffres et signes de ponctuation (exemple — à ne pas utiliser! — biblio38!theque)
  • une autre méthode pratique: choisissez une phrase dont vous gardez la première lettre de chaque mot, ainsi que les signes de ponctuation (exemple à ne pas utiliser non plus: J’ai maintenant 3 chats et je vis en Suisse. => J’am3cejveS.)

Allez, au travail! Allez changer au moins les plus importants de vos mots de passe.

Du "droit" de gagner sa vie [fr]

Je fais court, promis. Je voulais parler de ça dans mon précédent billet sur la gratuité (ou la non-gratuité) du contenu, et j’ai oublié.

Un présupposé que me gonfle, mais alors vraiment, c’est cette idée selon laquelle le fait d’être un créatif et d’avoir un tant soit peu de talent nous donne le droit inaliénable de gagner notre vie avec. “Droit” non pas dans le sens que c’est permis, mais ça que nous est dû.

Je sais chanter, je chante bien, j’ai un peu de succès — le fait de pouvoir gagner ma vie avec mon art me serait dû.

J’écris, j’ai même écrit des romans, et bien je devrais pouvoir gagner ma vie avec — ça m’est dû.

Vous voyez l’idée?

Poussons plus loin.

Je sais créer des espaces coworking, alors je devrais pouvoir gagner ma vie avec.

J’ai une idée pour une nouvelle application et je peux la réaliser, je devrais pouvoir gagner ma vie avec.

Pas la même chose, hein?

Comment se fait-il que lorsqu’une entreprise commerciale échoue à générer assez d’argent pour faire vivre celui ou celle qui l’a lancée, on trouve que ça fait partie des risques de l’entreprenariat (“les finances étaient mal gérées” — “l’idée était bonne mais ils étaient à côté de la plaque sur le marketing” etc.) alors que quand c’est un artiste ou un créatif qui échoue à vivre de son art, on tire à gros boulets rouges sur le système ou les pirates?

Eh bien désolée. Bienvenue dans la réalité, mesdames et messieurs les créatifs (dont je fais partie). Ce n’est pas parce qu’on a un talent qu’on pourra nécessairement en vivre. Ceux qui y parviennent sont l’exception, et l’ont toujours été.

Jamais je ne refuserai à qui que ce soit le droit de tenter de gagner sa vie avec son art. Mais je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir des garanties que ça marchera.

Content: Paid vs. Free [en]

[fr] Quelques réflexions sur le fait que produire du contenu n'est pas gratuit. En général, celui-ci est subventionné soit par des pubs, soit l'accès est payant, soit il fait office de "budget marketing", ou alors les canaux de distribution sont payants.

Zeldman just wrote that content wants to be paid for, sending us to read Erin Kissane’s Content is Expensive (followed by Paying for it, which examines the four ways in which content can generate revenue).

Although I’ve been writing online for free for over 10 years now, I agree with the premise that content — especially good content — is expensive to produce.

I have a few thoughts around that.

If I can do something, and people have a need for that particular skill (or what I produce), it does not mean that (a) they are ready to pay for it or (b) if they’re ready to pay for it, that they will be willing to pay enough for it to be worth my time/skill/effort/expertise.

For example, I can write blog posts. I’m not too bad at it (I’m not the best, but I’m better than most people). Some of my clients need content on their blogs. I can do it for them. BUT there is a problem: often, the money they are willing to invest for that content, and the value it has for them, sets the price way too low for it to be worth my while. If we actually do go through and reach an agreement, chances are that I’ll feel underpaid and they’ll feel they’re wasting money.

One of my blogging friends is currently in this situation with a client — and maybe in some cases (like ours) part of the problem is the client not realizing exactly how valuable this content can be to them. But the fact remains that it’s not because somebody is ready to hire you to do something that it is a viable commercial endeavour. Another example of this situation is home arts and crafts — Suw and I had a discussion about this a couple of years back on Fresh Lime Soda (remember the times?) for home-made lace she was making: people would simply not be willing to pay a high enough price for it to cover materials and work.

This is also true in the sense that if people want something for free and enjoy it, it doesn’t mean they’ll be willing to pay for it. In that respect, I think that people like Philippe Barraud and Thierry Crouzet aren’t being very realistic if they expect to make their blogs paid content in the future. The fact that people read their blogs (and enjoy them) for free is not an indication that they would be ready to pay for it. That would be misunderstanding the power of free.

Erin talks about the subscription model in her second post:

Subscriptions didn’t keep most print publications profitable even when print was doing well—classified and display ads did. Legal databases, academic databases, super-specialized content . . . that’s something a lot of people or institutions will pay for. News? Bloggy or magazine-style content? Not so much.

That’s the conventional wisdom, which seems to be validated by disasters like Newsday’s acquisition of 35 whole subscribers in its first three months of operating behind a paywall. Jack Shafer provides a nice summary of paid content woes in Slate:, listing the NYT’s TimesSelect, the LA Times’s CalendarLive, and Slate itself as publications that tried and failed to make subscriptions work.

[…]

So what’s the upshot? People will pay for content that is difficult or impossible to get elsewhere, either because:

  1. the information itself is unique, as with Consumer Reports, Cooks Illustrated, and the Gaming Industry Weekly Report, or
  2. the information is surrounded by obviously and uniquely valuable analysis and context, as with the financial newspapers.

The first is an easy sell; the second is a bitch and a half.

If your content meets either of the above criteria, you’ll also be attractive to advertisers. Funny, that.

Philippe and Thierry are both “writing professionals” before being bloggers — in my opinion, paywalling content (just like slapping ads on pages) is pretty much an “old media” way of doing things.

Now, does it mean that I believe we writers should not be compensated for our work? Not more than my stand on filesharing means I believe that musicians and other artists should not be compensated for theirs. Let’s go back to Erin’s article Content is Expensive and look at the two remaining “monetization” solutions for content (aside from paywalling and advertising). This is where things become interesting:

  • Marketing. A lot of “free” content is subsidized by its function as a marketing tool for the content producers or the people who pay them. Many, many blogs work this way. A List Apart now runs small ads, but long before it did, it worked as a marketing channel, establishing the expertise and credibility of its publishers and writers. Most non-fiction books are also subsidized by their value as marketing tools: they don’t pay well enough to be worth the effort for royalties alone. Most commercial content strategy work deals with this kind of content.

“Marketing” or some kind of self-promotion is the obvious. For more years than I care to count now, I have been answering the tired “so, how do you make money with your blog?” question with “I don’t. I make money because of my blog.” The time I invest in writing on my blog is my marketing budget.

And that doesn’t mean there is no love, or passion, and that this writing is narrow-mindedly self-promotional. I was a blogger before I became a social media professional, and will most probably continue being a blogger if I change my line of work. I am a thinker, and a sharer, and by genuinely providing content because I love writing and I hope I can be useful to others, I happen to also be promoting my business (business which, incidentally, grew out of this blog — and not the contrary).

This is a tough message to pass on to a client: “The money you’re paying me to write is actually marketing money. The content I provide will add value to your website for years to come, and help build your reputation and credibility. How much is that worth?” It’s not just words on a screen, disposable stuffing like so much of what is unfortunately filling our newspapers today. Scanned today, gone tomorrow. Great writing, online, has no expiry date.

Back to Erin:

  • Paid Delivery Channels (The New Hotness). The paid iPhone app is a way of getting people to cough up money for content that they normally wouldn’t dream of paying for so they can receive it in a convenient way. Kinda like how we used to pay for newspaper delivery instead of going to the library to read the paper for free. (Spoiler: there is nothing new under the publishing sun.) We’re going to see a lot more of this in the nearish future as publishers realize that the race to free has resulted in a pileup of bleeding, sad people with no income.

This, honestly, is something I find exciting. As a customer, I will definitely pay for convenience. I may not be inclined for the right to own a file which happens to be a song or an ebook (the slippery terrain of IP — my jury is still out on that one, to be honest) but I will without hesitation buy a song on iTunes, because it’s easy to look up, easy to pay for, unexpensive enough, lands directly on my iPhone and computer, is guaranteed good technical quality, and it comes with cover art. I’ll pay for an iPhone app if it makes it easier for me to access content that is precious for me. I’ll pay for a concert if it allows me to watch a song performed live 🙂 (I’m not sure that’s still in the “delivery channels” department, though…)

Ah well, this was supposed to be a short blog post with just a few links. Now look at me. No wonder I get blogging-anxiety when I haven’t written in a while.

Not Writing, Again [en]

[fr] Clairement, un autre phase de non-écriture. Ça passera.

Another post on writing/blogging, yes, another one. I am in a “not writing” phase. I actually want to write. Ideas keep flapping around in my head. But the idea of actually disciplining myself to focus on writing about them just makes me want to hide under the covers.

I go through these phases regularly, as you know if you’ve been reading this blog for more than a few months. They last for a moment, and then I get back into writing.

I haven’t yet clearly identified what sets them off and what makes them end. I know there is a vicious/virtuous circle effect involved. The less I write, the more stressful the idea of writing again becomes, because all the things I have wanted to write about — but haven’t — during the “no writing” phase have piled up in my mind, and I feel that blogging regularly again means that I have 20 posts to write, and that they all need to be long, documented, enlightening masterpieces. It’s as if the “idea of blogging” or the “idea of the blog post” grows like a weed in my mind when I’m not actually doing it, and that makes the process much more scary than it actually is.

On the positive side, I know that “blogging again” always starts with publishing a blog post or two — which is what I’m trying to kick off here. Never know.

This is a pretty boring post. My apologies.

I’ve gone down the rabbit-hole of blog-reading on Penelope Trunk’s blog. Go read her. (And follow her on Twitter if you’re so inclined.) I’ve finished reading the Saga of Seven Suns by Kevin J. Anderson (not this Kevin Anderson! another one!) who is also on Twitter, I’ve just discovered. I love the idea of being able to follow SF authors I’ve enjoyed on Twitter. Cinema-side, I recommend you go and see The Hurt Locker if you haven’t already done so. It’s a beautiful — and hard — movie which rattled me a bit in the same way that the essay “I Miss Iraq. I Miss My Gun. I Miss My War.” did. (You might want to read that one with Readability to make it a more comfortable experience.)

Sarah Marquis, aventurière [fr]

[en] As the editor for ebookers.ch's travel blog, I contribute there regularly. I have cross-posted some of my more personal articles here for safe-keeping.

Cet article a été initialement publié sur le blog de voyage ebookers.ch (voir l’original).

Comme aujourd’hui, 24 mars, c’est la Journée Ada Lovelace (Ada Lovelace Day), une occasion de fêter les femmes dans le domaine des sciences et de la technologie — et par extension dans les autres milieux traditionnellement masculins — j’ai envie de vous parler de Sarah Marquis.

Ça fait longtemps que j’ai envie d’écrire cet article, en fait. J’ai croisé la route de Sarah deux fois: une première fois alors que j’étais enseignante, et une deuxième fois l’an dernier à la conférence Lift09.

Sarah est une aventurière. Traverser l’Australie à la marche en solitaire, dans des conditions de survie (17 mois!) ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Elle en a fait un livre, L’aventurière des sables, que j’ai lu avec fascination, après son passage dans notre établissement scolaire pour parler de son aventure. Sarah est une très bonne oratrice, captivante et émouvante. Elle est aussi un pur produit local, vivant en Valais lorsqu’elle n’est pas en train de parcourir le monde.

En ce moment, Sarah prépare son prochain périple, 20’000 km sur deux ans, de Sibérie en Australie, départ en mai de cette année. Vous pouvez lire son blog, regarder ses vidéos sur YouTube, et aussi la suivre sur Twitter. Elle donne encore quelques conférences avant son départ (Fribourg, Lausanne, Neuchâtel, Sion, Delémont) si vous voulez l’occasion de l’entendre.

Bonne route, Sarah!

Backup Awareness Day: Sometimes Badly is Better Than Not At All [en]

I’ve written previously about the ills of perfectionism, and in particular its consequence which is that rather than doing something imperfectly, we prefer not to do it (hence, often, procrastinating very actively).

There are cases in which it is better to not do something than to do it half-way. Blogging comes to mind. Or, getting involved in something (maybe even with someone).

With backups, however, it is not the case. It’s better to have a bad backup than no backup at all. It’s better to make backups irregularly than never. Basically, compared to “no backups at all”, anything is an improvement.

Don’t get me wrong: it’s better to have good backups, make them regularly, and make sure that you can restore data from them, than make backups sloppily, whenever you think about it, and without testing them. But that is still better than doing nothing.

So, today’s post for Backup Awareness Day is to remove your guilt about not having a perfect backup process set up. I haven’t, and I know I should, and I’ve been wanting to set it up for years, but something (including the need to acquire certain necessary tech skillz) always gets in the way. And I know that if today I decide to “set things up” it’ll send me down rabbit holes I won’t come out of, and the day will end without me having more backups than when I woke up this morning.

I will therefore suck it up and hit that “export” button manually in WordPress one more time. Yes, I’ll get an automated system up and running, but until then, at least once a month, I’ll take some emergency measures.

And so should you.

Journée Ada Lovelace: Suw Charman-Anderson [fr]

L’an dernier, mon héroïne scientifique pour Ada Lovelace Day était Marie Curie. Un nom que tout le monde connaît. Cette année, changement de registre. Je vous propose une femme moins connue mais bien vivante, et que j’ai l’honneur de compter parmi mes amies proches. (J’avoue que le choix a été dur: pas tellement “mais de qui vais-je bien pouvoir parler aujourd’hui?” mais plutôt “bon sang, laquelle vais-je choisir?!”)

Alors un peu logiquement (même tellement logiquement que beaucoup ne le feraient pas, et donc ça vaut doublement la peine de le faire) je vais vous dire quelques mots sur Suw Charman-Anderson — l’initiatrice de la Journée Ada Lovelace.

J’ai rencontré Suw en 2004, ou peut-être même fin 2003 (la date exacte importe peu) sur IRC. IRC, c’est un réseau de chat “pur texte”, très ancien, et qui plaît bien aux geeks et geekettes. On s’est rencontrées “en chair et en os” quelques mois plus tard, mi-2004, et on est tout naturellement devenues amies. Mais ce n’est pas pour vous parler d’amitié que j’écris ici.

A l’époque où je l’ai connue, Suw s’était lancée (tôt!) dans la création de sites web (HTML et compagnie), après des études en géologie. Elle avait appris le gallois (“geekette”, ce n’est pas juste pour la technologie pure et dure!) et s’était mise au Python pour pouvoir programmer son propre robot IRC. Elle a rapidement acquis une réputation internationale comme experte en médias sociaux (social software à l’époque), au point qu’elle a d’ailleurs dû à un moment donner mettre un moratoire sur ses engagements à l’étranger en tant qu’oratrice. Elle a également créé l’Open Rights Group, une ONG dédiée à la protection des droits numériques au Royaume-Uni (et ailleurs).

Dans ce monde des médias sociaux, mine de rien à majorité masculine, Suw est mon héroïne-soeur. Elle est une scientifique de base, ouverte sur le monde des humains, et qui navigue avec aisance dans le milieu des nouvelles technologies. Elle (et d’autres comme elle) me rappelle que je ne suis pas seule. Qu’au milieu de tous ces hommes qui occupent souvent le devant de la scène dans notre milieu professionnel, il y a d’autres femmes comme moi, qui n’ont rien à envier à qui que ce soit, que ce soit par leur parcours ou leur expertise.

Ada Lovelace Day and Backup Awareness Day: Today! [en]

Completely accidentally, Backup Awareness Day collides with Ada Lovelace Day in March. And it’s today, March 24th.

So, I’m going to ask you (yes you, faithful readers!) — if you have a blog — to write two blog posts today, as I will. They don’t have to be long. They don’t have to be perfect. L’essentiel, c’est de participer — taking part is more important than performance.

I would also be very grateful if you took a few minutes to spread awareness about these two events amongst your friends and network. Post a link on Facebook or Tumblr, tweet about it (hashtags are #ALD10 and #backupday), send an e-mail or two, mention them to your IM buddies.

Thanks a lot for taking part and helping spread the word.

Journée Ada Lovelace: femmes, technologie, blogs [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Ce mercredi 24 mars, c’est la Journée Ada Lovelace (Ada Lovelace Day).

Il y a un peu plus d’un an de cela, j’ai été très intéressée d’apprendre que le rôle des modèles positifs de même sexe était plus important pour les femmes que les hommes. Ce phénomène a été mis en lumière par la chercheuse canadienne Penelope Lockwood.

Dans l’étude qu’elle a menée, les étudiantes qui avaient lu un article de journal fictionnel au sujet d’une femme excellant dans leur propre discipline s’auto-évaluaient de façon nettement plus positive que celles qui avaient lu un article mettant un scène un modèle masculin. Ce décalage ne se retrouve pas chez les hommes, et un groupe de contrôle permet d’assurer qu’il s’agit bien d’un effet positif du modèle féminin, et non un effet négatif lié à la mise en scène d’un modèle masculin.

Ce phénomène est en fait bien connu pour ce qui est des problématiques de couleur aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs probablement le cas pour tout individu qui ne fait pas partie du groupe dominant au pouvoir. (Pensez “effet Obama”.)

Donc, il est important de montrer aux femmes des modèles positifs féminins dans leur domaine. Or, dans le milieu de la technologie entre autres, les femmes manquent de visibilité.

C’est ici qu’agit la Journée Ada Lovelace, en rassemblant une coalition de blogueurs et autres podcasteurs qui s’engagent à tous publier le même jour un article mettant en avant une femme qu’ils admirent, dans le milieu de la technologie ou des sciences. Ainsi, un peu partout dans la blogosphère, apparaîtront des modèles de femmes appartenant à ces milieux traditionnellement perçus comme masculins.

Pour transformer les représentations des gens, malheureusement, il ne suffit pas de dire ou de raisonner — même si nous mettons toute la bonne volonté du monde à accepter de les transformer. Il faut répéter, répéter, et répéter, si possible à coups d’anecdotes plutôt que de statistiques.

C’est ce que fait la Journée Ada Lovelace, en misant sur la force des blogs, à savoir leur nombre, la simplicité des décisions rédactionnelles, et l’intensité du lien entre blogueur et lecteurs — peu importe combien sont ces derniers.

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