Plume et canicule [en]

Transcription IA non-vérifiée (30.07.2026):

Lausanne, jeudi 30 juillet 2026, 19h

J’ai du temps. J’ai mangé. C’est la canicule – de nouveau. Ce matin j’ai mis le réveil à 5h pour tout ouvrir, parce que je ne voulais pas attendre 1h du matin que la température de dehors descende enfin sous celle de dedans. Juju fait sa toilette à côté de moi, dans mon salon, que j’ai enfin réussi à rendre présentable après sa destruction lorsqu’on y a entassé le contenu de ma chambre à coucher – surtout les habits.

Je reprends la main sur ma vie depuis 10-15 jours environ. Le “groupe énergie” en ergothérapie m’a été très profitable. Quelques outils, mais surtout, une série de semaines sur ce thème, donc aussi des lectures, des réflexions en toile de fond, des choses à l’horizon de ma compréhension auparavant qui mûrissent en prises de conscience nettes.

J’ai fait une sieste, avant. Pas nouveau, mais là je comprends mieux pourquoi j’ai un coup de barre. Entre le planning dans mon calendrier avec des codes couleur qui font sens pour moi, et l’app “multi-counter” sur mon téléphone qui me permet de rendre visibles et de comptabiliser tout un tas de choses (mes rendez-vous médicaux ; mes pauses ; ce qui me coûte en termes de fatigue cognitive ; les émotions “ré-énergisantes” ; et pas des moindres, toute une série de routines et habitudes), j’ai enfin l’impression d’aller quelque part et de ne plus être dans les limbes.

Il faut que je remonte la table du salon qui est encore en bas. Ce grand cahier en équilibre sur mon ordi-sous-main, posé sur ma micro-table en canne, c’est pas idéal. J’ai compris, vraiment, que j’avais à reconstruire un nouvel équilibre. Peut-être qu’un jour il ressemblera à l’ancien. Peut-être pas. Mais dans tous les cas, tenter un raccourci vers l’ancien, ça ne le fera pas. Je me sens enfin équipée pour. J’ai trouvé un moyen de reprendre le contrôle de mon heure de coucher. Du coup, j’arrive à me lever plus tôt, ce qui est appréciable quand il fait chaud. Et ce qui permet aussi de se mettre au travail plus tôt, également appréciable quand on espère augmenter son pourcentage et déjà rajouter une heure de travail à ses journées.

Ça va bien mais je me méfie. Les dernières fois que ça “allait bien”, la semaine suivante c’était le fond du bac. Alors c’est différent, là, mais avant aussi, c’était à chaque fois différent. J’ai plus d’outils, mais est-ce que ça suffit ? Tout à l’heure, quand j’ai fini de bosser vers 16h, j’avais un gros coup de barre. Direction sieste, et petit à petit, j’ai commencé à avoir mal à la tête. Alerte rouge, donc. Est-il déjà trop tard ? Réponse dans une semaine. En tous cas, c’est clair, demain : minimum nécessaire. Pas d’extras. Le temps qui me restera entre le travail et les courses, je ne l’utilise que pour du repos ou des activités ressourçantes. Dodo tôt, attention particulière sur les routines.

Il fait trop chaud pour se promener, là, sauf tôt le matin. Je réfléchis à comment gérer les vagues de chaleur – un investissement pas juste pour la fin de cet été, mais pour tous ceux à venir. J’ai une clim mobile pour la chambre, cet hiver j’en achèterai une pour l’eclau, mais ça ne suffit pas. Il faut aussi organiser sa vie et ses activités autrement, avec la chaleur. Je n’essaie pas de faire autant de choses en Inde qu’en Suisse, et ce n’est pas juste parce que j’y vais en “vacances” et que la culture est différente. On ne mange pas aux mêmes heures en Espagne. On fait la sieste à plein d’endroits. Je me rappelle ma stupéfaction quand j’avais réalisé que tout fermait l’après-midi en Inde, et qu’on sortait faire du shopping la nuit tombée.

Le matin, je peux profiter quelques heures de mon balcon. Je travaille mieux, aussi, quand je ne suis pas en train de cuire. Je n’ai jamais été une lève-tôt (j’ai l’âme d’une grande procrastinatrice du coucher) mais je dois dire que là, j’adore me lever à 7 heures. Démarrer la journée avec quelques heures de soulagement, qu’est-ce que ça fait du bien ! Le soir il fait encore trop chaud, alors profitons du matin.

Le parapluie anti-UV, c’est une invention merveilleuse. 20.- chez Décathlon, s’ils ont encore du stock. Il faut que je m’en procure aussi un plus petit, pliable, qui rentre dans le sac. Les habits, aussi. J’ai plein d’habits que je ne porte plus depuis des années car une fois que le printemps a montré le bout de son nez, il fait déjà trop chaud. Mon duvet ne sert presque plus en été – j’ai un drap de lit indien parfait pour dormir quand il fait trop chaud, mais il montre des signes de fatigue, il va falloir que je lui cherche un binôme.

Je pense à Oscar, régulièrement, alors que Juju et moi établissons des petites routines de visite d’appartement. Je me sens assez en paix, même s’il me manque bien sûr, comme tant d’autres disparus me manquent, humains ou animaux.

J’ai un nouvel appareil photo. Deux, même. Cadeau, pour cause de non-emploi. De très jolis jouets. Je les apprivoise. Je me penche à nouveau un peu sur les entrailles de Lightroom. J’ai acheté une petite collection de succulentes, mon élevage de sempervivums m’y ayant donné goût. Je réfléchis à des arrangements. J’apprends qu’il ne faut pas les arroser quand il fait chaud. J’ai un faible pour les délospermes. Oui, j’ai trop de plantes, mais c’est comme ça. Je préfère diminuer mes rendez-vous médicaux et administratifs pour alléger ma vie, et apprendre à ne pas “intervenir” dans le monde à chaque fois que je repère un trou dans un système. Apprendre à me taire, tout un poème. Repérer quand je suis sur le point de mettre le doigt dans un engrenage, d’accomplir une petite action derrière laquelle se cache une cascade de dominos prêts à dilapider mes précieuses ressources. Identifier quand saucissonner les tâches, ou quand, au contraire, les enchaîner. Guetter mon “perfectionnisme du processus”. Faire plus de pauses. Garder mes plantes.

Il fait trop chaud [en]

Tellement trop chaud que mes neurones sont liquéfiés. Je sais, c’est comme ça pour tout le monde dans cette vague de chaleur caniculaire. Faites attention à vous.

Je voulais écrire des trucs, ces derniers temps. Mais j’ai dû faire plus attention à économiser mon énergie. Je suis en train d’apprendre, encore. Je suis dans un programme d’ergo (quelques séances en individuel, quelques séances en groupe) sur la gestion de l’énergie, et je suis déjà en train de comprendre des trucs utiles et nouveaux.

Comme par exemple: ça vaut la peine d’économiser l’énergie, comme l’argent. Le but c’est pas juste de ne pas se retrouver dans le rouge (batterie à zéro ou réservoir d’essence vide). C’est plutôt de rester dans le vert et de recharger dès que le orange fait mine de se pointer à l’horizon.

Ça me fait penser au diabète félin. Un chat diabétique peut entre en rémission, c’est-à-dire ne plus avoir besoin d’insuline. C’est pas garanti mais c’est réaliste. Ce qui va aider, c’est de maintenir la glycémie du chat quasi tout le temps dans des valeurs de glycémie “non-diabétique” (dans le vert). Et si on fait ça pendant assez de temps, on peut réduire l’insuline, petit à petit, prudemment, en prenant garde de toujours rester “dans le vert”… jusqu’à pouvoir complètement arrêter l’insuline.

Ça change ma façon de voir les choses. C’est pas parce que là, je me sens assez en forme pour m’activer et faire quelque chose, que c’est une bonne idée. Il vaut peut-être mieux me reposer et “mettre de côté”.

Une autre chose que je remarque, en remplissant un tableau journalier de mes activités et de mon “niveau d’énergie” (estimé, entre 0 et 10, au début on fait ça n’importe comment, avec l’entrainement on devient plus précis). Alors oui, ça fluctue le long de la journée. Mais j’observe déjà des choses intéressantes. Par example, c’est bête, hein, mais manger, ça me redonne du jus. Je vais remettre en place mes snacks entre les repas.

Aussi, quand je suis active, j’ai de l’énergie, ma fatigue disparaît – et du coup, je ne peux pas me fier à ce “signal” pour savoir si c’est trop ou pas. S’écouter, c’est pas toujours la solution. Des fois il faut se connaître et se calculer. Prévoir des pauses même si on n’en ressent pas le besoin, pour s’extraire de l’activité et pouvoir évaluer où on en est. Ça paraît bête, aussi, je sais. Mais c’est en train de rentrer. C’est comme boire et manger, au fond: on n’attend pas de crever la dalle ou de crever de soif. On a des heures de repas, ou quelque chose qui y ressemble. On sait ce qu’on a besoin de manger pour tenir jusqu’au repas suivant. On sait qu’on a besoin d’un snack – ou pas.

Donc voilà, c’est intéressant, déjà utile, et ça me donne de l’espoir.

L’autre truc cool: demain j’ai mon premier rendez-vous de logo. Je sais que je n’ai pas l’air d’avoir des soucis de langage, comme ça, mais j’en ai. Ils sont légers, je les compense. Mais certainement que ça me fatigue. C’est ce qui fait, aussi, que “boire un verre” ou “s’appeler” ou “se voir”, ces activités sociales que j’apprécie tant et qui paraissent si banales, ce sont maintenant des choses que je dois bien prévoir, à côté des rendez-vous médicaux, des séances du boulot. J’ai un quota interactionnel. Frustrant, mais je ne peux pas me permettre de l’ignorer. Se voir pour papoter, c’est un truc qui me coûte plus d’énergie que ce qu’on pense, même si c’est de la discussion légère. Je dois rationner.

Il fait chaud, donc mes bonnes intentions de reprendre mes balades quotidiennes, elles ont fondu. J’ai réinstallé ma clim dans la chambre tout à l’heure, même si je n’ai pas de vieux chat malade, parce que la nuit passée il faisait tellement chaud que j’ai dû dormir avec tout ouvert, et qu’à 5h30 du matin la lumière et les oiseaux m’ont réveillée, la chambre même pas tellement plus fraîche qu’au coucher. Donc tant pis, c’est chiant, mais j’ai installé ma clim.

Un truc au sujet duquel je dois écrire, et dont je parlais hier avec ma binôme de planification hebdomadaire, c’est l’idée de “programmer sa tour de contrôle”. (Oui, stratégie TDAH répertoriée, qui mérite sa propre publi, et que j’appelle dans ma tête le “si… alors…”) La tour de contrôle, c’est la partie de nous qui nous observe pendant qu’on vit, et aussi pendant qu’on s’enlise ou bien qu’on fait des trucs qu’on sait qu’on ne devrait pas faire, mais on ne peut pas s’en empêcher. C’est probablement pas présent la même chose chez tout le monde, évidemment. Mais si c’est là, on peut l’utiliser, en préparant à l’avance des instructions ou des “vaccins” pour parer à nos travers récurrents.

Un exemple: je regarde une série télé, le soir. Un épisode. Oui, je vous entends, rire, là-bas au fond. Un épisode, c’est l’objectif. Oui, oui. On sait comme c’est: oh, allez, juste un autre. Tout est construit pour nous faire céder et regarder le suivant. Alors que faire? Parce que quand j’arrive à m’en tenir à un épisode par soir, c’est un très bon élément de mon rituel du soir. Mais quand j’arrive pas… et que j’enchaîne jusqu’à bien trop tard… c’est pas bon du tout.

Donc ce que je fais, c’est la chose suivante: avant de lancer mon épisode, je me rappelle (je ne le fais pas à haute voix, mais on pourrait) que je veux regarder un seul épisode, et qu’à la fin de l’épisode, soit ça va se terminer sur un cliffhanger qui me donne envie de connaître la suite, soit il y aura des tensions pas résolues entre les personnes ou dans l’histoire, qui me laisseront frustrée et désireuse de continuer pour ne pas rester sur ça, et que je vais quand même arrêter là, malgré tout ce qui est mis en place pour me donner envie de continuer, même si c’est frustrant et pénible, je vais cliquer sur la pomme en haut à gauche et déconnecter ma session télé.

En gros, je me prépare moralement à faire face à la difficulté que va représenter pour moi de m’en tenir à ma décision de regarder un seul épisode. (Pourquoi un et pas deux? on pourrait se poser la question. J’ai réalisé que si j’en ai regardé deux, je suis trop prise dans l’histoire et c’est encore plus difficile d’arrête qu’après en avoir regardé juste un. Un, j’arrive. OK stop bye.)

Ça peut s’appliquer à des tas de choses, qui méritent donc d’être détaillées correctement dans un autre article.

Il fait trop chaud, mon ordinateur a trop chaud, mon téléphone a trop chaud, mon chat a trop chaud. L’immeuble a trop chaud. Bref, trop chaud.

Hier j’avais deux ou trois choses à cuisiner. J’ai déclaré “soirée fournaise à la cuisine”, j’ai fermé la porte, et j’ai cuisiné tout en parallèle. Les poivrons à la poêle, la tarte tatin à la tomate, et l’aubergine (“popbergine”) dans le air fryer. Assez contente de mon organisation. Là je suis bonne pour un bout sans avoir besoin d’allumer une plaque.

Comme chaque année en période de canicule, je suis effarée-consternée de voir à quel point, même après toutes ces années (on devrait être rôdés maintenant quand même) les gens continuent à laisser des fenêtres ouvertes (à l’imposte ou normalement, peu importe) en plein après-midi quand les presque 35 degrés à l’ombre vous assomment contre le bitume dès que vous faites un pas dehors. Je pige pas, les gens. Quand l’air du dehors est plus chaud que dedans, ouvrir, ça réchauffe l’air de dedans. Physique élémentaire. Si vous voulez un bain frais et que vous rajoutez de l’eau chaude dedans parce que vous trouvez qu’il se réchauffe trop vite, il ne va pas devenir plus frais… Si vous voulez de l’air (c’est bien l’air), y’a des trucs qui s’appellent des ventilateurs.

Et en passant, les animaux domestiques, comme ils ne transpirent pas comme nous, et que le ventilateur nous rafraîchit en favorisant notre transpiration, ils profitent pas tant du ventilateur. Le seul truc qui leur importe, c’est la vraie température de l’air. Et pouvoir se poser sur un truc frais: les catelles, un tapis refroidissant…

Je vais arrêter là, histoire de ne pas entraîner votre cerveau dans la fonte du mien. Il fait vraiment trop chaud.

Canicule: mes trucs pour rester au frais chez soi ou dans son espace coworking [fr]

[en] Archive of my weekly French-language "technology advice column".

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Une fois n’est pas coutume, un truc de geeks qui n’a rien à avoir avec le web, les smartphones, ou les ordis pour “Demande à Steph“. Et puis on n’est pas samedi, mais je vous ai bien négligés ces dernières semaines, alors je tente de me rattraper.

Voici comment garder votre appart/maison/bureau/studio au frais durant la canicule (et simplement, quand il fait chaud):

  • fermer complètement toutes les fenêtres dès que l’air extérieur est plus chaud que l’air intérieur (tendre le bras par la fenêtre pour voir, et ne pas se laisser avoir par les “airs” qui peuvent donner une sensation de fraîcheur trompeuse)
  • ouvrir complètement toutes les fenêtres dès que l’air extérieur est plus frais que l’air intérieur (idem)
  • baisser les stores ou fermer les volets (en gardant les fenêtres fermées!) dès que le soleil menace de briller à l’intérieur

Ça paraît contre-intuitif, non, de fermer les fenêtres quand il fait chaud? On veut pas des courants d’air, justement? Alors le problème avec les courants d’air, c’est qu’ils nous donnent une sensation de fraîcheur (en soi c’est bien) mais si l’air avec lequel on fait les courants est plus chaud (c’est souvent le cas), on est en fait en train d’amener plein d’air chaud à l’intérieur et de réchauffer la pièce… Pas top.

Solution? Le ventilateur… ça permet de faire de l’air sans laisser entrer l’air chaud du dehors par les fenêtres.

Un extra? Si vous n’avez pas la clim, tester la “clim du pauvre”, qui utilise le fait que l’évaporation de l’eau est une réaction physique qui consomme de la chaleur, et donc refroidit son environnement (c’est pour ça que transpirer nous rafraîchit ou qu’on a froid quand on est mouillé).

On met un linge mouillé sur le ventilateur: le vent de celui-ci accélère l’évaporation et donc la production de frais. On peut aussi simplement suspendre des tissus mouillés un peu partout, ou mettre des bassines d’eau (mais attention aux moustiques).

Je fais ça depuis des années à l’eclau (si vous êtes à Lausanne et que votre lieu de travail est trop chaud, l’eclau vous ouvre d’ailleurs ses portes cette fin de semaine) et dans mon appart, et ça marche vraiment bien! Ne partez donc surtout pas travailler en laissant vos fenêtres ouvertes et vos stores ouverts. Et n’oubliez pas de boire!