Du judo à la vie [fr]

[en] Understanding how 20 years on the judo mats wondering how I can make somebody want to put their foot here instead of there, and why I I put my foot there instead of here, might have something to do with my interest in UX, and more importantly, the subtext of a lot of my professional activities: always asking why somebody would do what we expect or want them to do (e.g. sign up for a blogger outreach activity), making sure they have a real interest in doing so, and also, putting myself in the shoes of users or readers.

Je suis en train de reprendre l’entrainement après de longs mois d’interruption pour cause de divers bobos. C’est marrant, car durant mon “arrêt” je n’ai pas eu le sentiment que le judo m’avait manqué des masses, mais en reprenant, qu’est-ce que j’ai eu du plaisir à pratiquer à nouveau!

Et peut-être grâce à ces mois de recul ou de distanciation, j’ai mis le doigt sur un lien judo-vie qui m’avait complètement échappé jusqu’ici. Parce qu’il y a toujours cette réflexion, au fond: mis à part me “défouler” et me faire transpirer, qu’est-ce que j’apprends ou intègre sur les tapis que je mets ensuite en pratique à l’extérieur du dojo?

Portes ouvertes au Reighikan Dojo

On entraînait des entrées. Le timing. Etre réceptif à l’autre. Et là, d’un coup, j’ai fait un lien tellement évident que je ne comprends pas pourquoi je ne l’ai jamais vu avant. Enfin si, je comprends pourquoi. Mais ça fait plaisir de mettre le doigt dessus.

Dans mon activité professionnelle, une compétence que j’exerce beaucoup c’est de me mettre à la place de l’autre. On aurait tendance à appeler ça de l’empathie, mais c’est un peu différent. C’est plus: pourquoi l’autre ferait-il ce qu’on attend de lui? Quelle est sa motivation? Vu les circonstances, comment va-t-il agir? J’ai aussi un intérêt marqué pour l’UX (l’expérience utilisateur), sans en être une spécialiste.

Mais quand je travaille avec des clients pour réfléchir à comment ils pourraient utiliser les médias sociaux, avec qui ils cherchent à entrer en relation, je ne perds jamais cette question de vue: qu’est-ce que notre “setup” va encourager l’autre à faire? Que pouvons-nous changer pour l’inviter à agir autrement?

C’est du judo.

Quand on fait du judo, on passe notre temps à essayer de faire en sorte que l’autre avance le pied ici, recule le pied là, se place ainsi ou au contraire comme ça, nous donne un bras plutôt que l’autre, afin de pouvoir entrer les techniques qui nous réussissent le mieux. On n’a cesse de “tendre des pièges”, en quelque sorte, pour contrôler sans en avoir l’air le comportement de l’autre. Je n’aime pas les mots que je viens d’utiliser, je précise, parce que si on sort ça du contexte du judo, ça a des relents de sinistre manipulation.

Mais ça va plus loin: si mon partenaire/adversaire “sent” que je veux lui faire avancer le pied, il ne le fera pas. Je dois être subtile. Inviter plutôt que contraindre. En fait, créer une situation telle qu’il ait envie d’avancer le pied.

Dans le contexte du combat, on fait tout ça pour pouvoir faire tomber l’autre, “gagner”. Dans la vie et dans mon travail, je ne vois pas les choses comme ça. Il s’agit plutôt d’être sensible à leurs intérêts. Il y a un jeu d’équilibrisme, là. Pourquoi est-ce que quelqu’un s’abonnerait à ma newsletter? Quel intérêt aurait-il à participer à ce que je mets en place? Pourquoi aurait-il envie de s’inscrire?

Ces questions me paraissent triviales, elles me viennent naturellement. Mais j’ai réalisé que ce n’était pas le cas pour tout le monde. Et là, réalisant que ça fait 20 ans que j’applique ça sur les tapis, je me dis que ce n’est peut-être pas pour rien.

J’ai fait un deuxième constat hier soir. C’était le premier, en fait. C’est le corollaire de ce que je viens d’expliquer.

Quand on apprend le judo, et qu’on pratique contre plus “fort” que soi, on tombe. On tombe beaucoup. Au début on ne comprend pas ce qui nous arrive. On ne voit rien. Puis, avec le temps, on commence à se voir tomber. On ne peut pas plus éviter la chute, mais au moins on sait sur quelle technique on est tombé. Puis on prend conscience de “l’erreur” qu’on a faite qui a permis l’entrée de l’autre, sans pour autant pouvoir l’éviter. Mais bon sang, pourquoi j’ai avancé encore ce fichu pied?

On passe beaucoup de temps à analyser ses actions, à se demander pourquoi on a fait ceci plutôt que cela. Ce qui nous a incité à le faire. En somme, on applique à nous-mêmes ce que je décris plus haut.

Dans ma vie professionnelle, je crois que c’est la même compétence que celle qui me permet de donner du feedback “éclairé” sur les services que j’utilise. Je sais à la fois m’observer “agir naturellement” et analyser pourquoi je le fais. Hier ou avant-hier, je testais un nouveau service développé par une connaissance. A un moment donné, je me suis retrouvée gênée par le comportement de l’application. J’ai eu un sentiment interne de rejet, et je me suis demandé pourquoi. Et j’ai trouvé: un pop-up qui ne disparaissait pas comme “je m’y attendais”, et qui de plus recouvrait l’endroit où je désirais ensuite cliquer. Je ne rentre pas plus dans les détails, mais c’est le même état d’esprit que “m’enfin, pourquoi j’ai avancé le pied?” C’est aussi le même état d’esprit que l’analyse de texte, que j’ai aussi énormément pratiquée durant mes études (au point que je dis aux gens que j’ai le module “analyse de texte” activé en permanence): pourquoi ce texte suscite-t-il en moi telle émotion, telle réaction? Comment cela s’explique-t-il au niveau mécanique, narration, linguistique?

Je pense que nos compétences sont un mélange de prédisposition (inné) et de répétition (acquis). J’ai déjà fait souvent des liens entre mes études (histoire et sciences des religions, philo, français) et mes compétences professionnelles, mais je ne l’avais jusqu’ici pas vraiment fait pour le judo. Mais c’est clair qu’il doit y en avoir. On ne passe pas 20 ans sur des tatamis, plusieurs heures par semaine, sans que ça contribue à nous faire qui nous sommes.

This American Life Episode Selection [en]

[fr] Quelques épisodes de This American Life qui valent le détour.

I had my worst “forgot something on the stove” episode today. No fire, but I came back after three hours away to find my flat completely filled with smoke. I had to hold my breath to open the windows (everything was closed). My pan is dead (I’m not even going to try). Quintus was outside but Tounsi was inside, and was exposed to the smoke for all that time. One of the first things I did after opening the first window was throw him onto the balcony. He seems fine. Vet say to keep an eye on him for the next two days or so, as symptoms can be delayed.

Now my whole flat stinks of burnt smoke. Good thing it’s not January, as a friend noted.

Some podcast episodes for you. (And me, maybe one day). They are from This American Life, which I listened to a lot at the chalet. It’s really great — I should have started listening years ago.

  • #536: The Secret Recordings of Carmen Segarra: a chilling first-person account of the culture of complacency in the world of finance regulation.
  • #525: Call for Help: remember this story that was making the rounds, about a family that had to be rescued at sea because of a sick baby? and how a lot of the (uninformed) public opinion was up in arms about how irresponsible it was to go to sea with a baby, and then ask the coast guards to bail you out when things got rough? Well, as you can guess, there is much more to the story than that…
  • #555: The Incredible Rarity of Changing Your Mind: so, one of the studies this episode is based on has been retracted, but it remains interesting. First, to note that people rarely change their mind, particularly on ideological matters. And then, and this is something I think about a lot, what makes people change their mind? We do have anecdotal evidence that knowing somebody who is gay (or trans, or kinky…) can turn us around on those issues. And I think that people’s theoretical stance on an issue can be somewhat disconnected from what they would think, or how they would react, faced with a real human being they have a connection with and who is concerned by the issue.
  • #556: Same Bed, Different Dreams: for the very moving story of the two kidnapped South Koreans, the actress and the director.
  • #557: Birds & Bees: how do we talk to children about race, death, and sex? Some very good questions about consent and its “fuzziness” (I personally don’t think we should have to say “is it OK if I kiss you?” and wait for an enthusiastic verbal “yes” — seriously?!), how you can’t escape the question of race, and a moving segment on a grief counselling centre for children. If I could go back in time, I would take my 10-year-old self there. Sadly, we weren’t quite there yet 30 years ago when it comes to grief and children.
    By the way, this episode brings me to Death, Sex & Money — a podcast about all these things we don’t talk about.
  • #562 and #563: The Problem We All Live With (two parts): how do we reinvent education to get poor minority kids to perform as well as white kids? An exploration of the solution that works, but that we’re not putting much energy into implementing: desegregation. I found this episode both fascinating and infuriating. Fascinating because issues of race are not on the forefront in Switzerland as they are in the US, and infuriating that such a simple elegant solution is not given the attention and resources it deserves.

 

Sleeping in India and Putting My Brain Straight [en]

[fr] Le silence nécessaire au sommeil, c'est il me semble quelque chose d'acquis. Un segment du podcast mentionné avant-hier parle de l'Inde... je ne pense pas que donner des boules quiès aux indiens améliorera vraiment leur qualité de sommeil. Et sinon, je continue avec intention à reprendre mon cerveau en main, y compris pour l'administratif et la compta!

After writing my post the day before yesterday, I listened to the end of the two-part series on sleep from Freakonomics Radio. I like Freakonomics because they go beyond the easy fluffy questions, and dig down to where things can be uncomfortably unclear. Maybe I should read the book.

Liseron coloré

Anyway. There was a segment on sleep in India (Chennai to be precise), and some of the comments stuck me as a little… ethnocentric and uncritical. Yes, India is noisy, definitely. And we westerners have trouble sleeping in the noise.  But remember that we have had to learn to sleep in the calm. The womb, where we all come from, is a noisy place. It is only with time that noise starts waking us up.

I remember hearing about the miller who will wake up when his mill stops (sound gives way to silence). More recently, I’m sure I read something about a study where they put volunteers in a terribly noisy sleep lab and kept their eyes open to flashing lights, and they fell asleep just fine. (Couldn’t dig it out, if you find it let me know.)

Many Indians, in my experience, have no trouble whatsoever sleeping in the noise. Some cannot sleep without the noise and wind of the fan whirring above their heads, even when it is cold. So, I’m not sure that providing Indians with earplugs will actually help them get better sleep.

Also, one thing that stuck me in India is that a bed is just “a place to sleep”. It seems to be less of a private, intimate place than in the West. In that respect, I’m not sure one should interpret people sleeping in weird places the same way one would here: maybe they’re just sleeping, and not “passed out from exhaustion”.

This Indian sleeping comment aside, I’ve been mulling over my efforts to get my brain back on track. One thing I didn’t mention in my last post was that I am trying to put more intention in things. If I realise I have forgotten something, I make an effort to recall it. I make an effort to be organised and not let things slip. I am making a conscious effort to get back on top of things, and it seems to be working.

Obviously it’s not enough to help me keep track of everything I’ve read, because I can’t seem to find the piece which talked about this guy who made a conscious effort to floss every day as an exercise in self-discipline. If you can’t get yourself to floss each day (less than a minute of your time!), how can you hope to stick to bigger things?

So, I’m flossing. These last two nights, I also went to bed with my phone on airplane mode and in the living-room — just me, the cats and my kindle. This morning, I didn’t touch my e-mail or social media until I had showered, had breakfast, and headed down to the office. Environment design

I’ve also decided to stop being flaky about certain things, in particular around admin and accounting. I have no love for either of them, and like to say that I am with financial stuff like some are with algebra: my brain just blacks out. Well, enough of that. It’s not rocket science. If I was capable of doing Fourier transforms at some point in my life, there’s no reason I shouldn’t be able to remember which papers I need to bring my accountant for my taxes and accounting each year. Hell, I’m even enjoying listening to Planet Money!

Remettre mon cerveau dans le droit chemin [fr]

[en] About making small changes to get my brain back on track. Less frantic multitasking, more downtime, being aware of what I'm exercising my brain for. It seems to be working, I no longer fear I am suffering from early onset Alzheimer's or some kind of very premature dementia (I'm not kidding, I was really worried about this earlier this year). Most of the links in the article point to English sources.

En fait, bloguer c’est un peu comme faire la vaisselle. Ces jours mon évier est vide et propre quand je vais me coucher, parce que je fais la vaisselle à mesure. Hier soir, j’ai eu un coup de mou, je me suis dit “bah, je laisse” — puis je me suis reprise: si je laisse, demain matin, il va se passer quoi? C’est déjà assez dur comme ça, les matins, sans se retrouver devant la vaisselle de la veille au soir, même s’il n’y en a pas beaucoup. Parce qu’en effet, ce n’était pas grand-chose, ce qu’il y avait à laver.

Alors j’ai pris mon courage à deux mains et fait ma vaisselle.

Dans ma tête, l’évier est plein de vaisselle d’idées. Ça fait près de deux semaines que je n’ai pas blogué, parce que j’ai d’autres trucs à faire, ou que je suis fatiguée, ou pas là. Et quand je pourrais, je regarde la grande pille de vaisselle intellectuelle, et je n’ai pas le courage. Et voilà comment s’enclenche le cercle vicieux. C’en est au point où je ne prends même plus note des choses à mentionner dans mon prochain article, c’est vous dire.

Out of wifiland

Alors on va y aller à rebours. Aujourd’hui, sur Freakonomics Radio, j’écoute deux épisodes sur le sommeil. Il est bien, ce podcast. Récemment, j’ai aussi écouté un épisode fascinant sur l’efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale (CBT en anglais) pour la réduction des comportements violents/criminels chez les adolescents, et un sur l’augmentation de la prise de risque en fonction des mesures de sécurité en place.

L’épisode sur le sommeil reparle, bien entendu, de la question des écrans avant de se coucher. Je suis coupable, très coupable. D’ailleurs j’ai du mal à me mettre au lit. J’ai lu une série d’articles là autour ces derniers temps, concernant les enfants: ça va des symptômes genre troubles d’attention aux couchers tardifs. Le premier article propose carrément dans certains cas de passer par un “jeûne électronique” de quelques semaines.

Ça m’interpelle, tout ça. Parce que du temps sur mon écran, j’en passe. Et depuis un an ou deux, je constate des choses qui m’inquiètent, au point que j’en ai parlé plusieurs fois au copines, à mon ostéo, et que j’ai été pas loin de carrément prendre rendez-vous avec mon médecin pour faire des tests.

J’ai la mémoire qui flanche. Je zappe des trucs. Je fais des erreurs, aussi. J’oublie des rendez-vous. Je suis distraite. Je suis stressée, même si j’ai du temps pour souffler. Vous voyez le genre. Quand on est du genre flippette comme moi, on se dit, purée, sénilité précoce, signes avant-coureurs d’Alzheimer, ou bien est-ce que l’âge, ça nous fout vraiment en l’air le cerveau aussi tôt? Je ne rigole pas, j’étais vraiment en train de me poser ces questions. Je me suis aussi demandé si c’était Ingress qui me pourrissait les neurones. Mais non, j’avais déjà remarqué des soucis avant que je commence à jouer.

C’est une remarque de mon père qui m’a décidée à prendre le taureau par les cornes. Enfin j’exagère, mais disons, à prendre sérieusement la piste “mes activités quotidiennes”. Je partageais mes inquiétudes avec lui, et en même temps qu’il me rassurait que 40 ans n’était pas l’âge auquel nos facultés intellectuelles plongeaient dans le gouffre, il me faisait tout de même remarquer que j’étais tout le temps en train de faire trente-six mille choses à la fois. D’après lui, pas besoin de chercher plus loin l’explication.

Viennent s’agréger à tout ça quelques épisodes de l’excellent podcast Note to Self, dont je parle déjà dans mon dernier article: tout d’abord, la campagne Bored and Brilliant, qui nous invite à nous reconnecter avec les vertus de l’ennui (je rigole pas, ennui source de créativité par exemple). Une série d’exercices (je n’ai pas tout fait) pour nous inviter à nous déconnecter un bout. Alors, je connais, parce que (mauvais réseau oblige) je suis beaucoup plus déconnectée au chalet, par exemple. Ou quand je suis sur le lac. Pas étonnant que j’en aie envie.

Ensuite, notre “bilinguisme de lecture” — la lecture hypertexte, qu’on pratique en ligne, où on scanne, saute d’un truc à l’autre, etc, et la lecture longue, celle des livres ou des longs articles, celle qu’on a apprise à l’école et durant nos études. Notre cerveau adore la lecture hypertexte et s’y adapte merveilleusement bien, au point qu’on se retrouve effectivement comme drogués au zapping, et à avoir de la difficulté à lire non-stop un roman. L’épisode me  plaît particulièrement car il insiste sur l’utilité de ces deux types de lecture. On doit maîtriser les deux. Une des personnes interviewées dans l’épisode explique qu’elle s’est forcée à réapprendre à lire longuement. Horrible au début, mais c’est revenu, deux semaines d’efforts si ma mémoire est bonne.

Ailleurs, mais alors je ne sais plus où, un autre épisode de podcast où quelqu’un disait qu’on prenait l’habitude de déléguer des tas de choses à nos téléphones et ordis. Une question? Hop, Google. Tous les rendez-vous dans l’agenda. Etc. C’est génial, et ça marche super bien. Tellement bien que notre cerveau, ce miracle de plasticité, s’y adapte magnifiquement, et deviendrait… paresseux. Comme le chat qui va miauler devant le frigo pour qu’on lui remplisse sa gamelle plutôt qu’aller chasser la souris: chemin le plus court et le moins énergétique pour arriver à la nourriture. (J’ai essayé mais je n’arrive plus à retrouver l’épisode, désolée.)

Tout ça fait gentiment rentrer l’idée chez moi que ce à quoi on occupe notre cerveau au quotidien forge ses compétences. C’est évident, me direz-vous. Comme pour le corps: si on court tous les jours, on va bien courir. Si on travaille sa force, on sera fort. Donc si on entraine notre cerveau à être en alerte et à sauter de A à B tout le temps, c’est assez logique qu’il devienne bon à ça, et pas forcément à rester concentré sur un truc. (Purée, écoutez-moi parler, on dirait les alarmistes genre “tout cet internet va nous moisir le cerveau et faire de nous des addicts” d’il y a dix ans.)

Donc, je suis en train de mettre en place des changements.

Moins de multitâches, déjà. Essayer d’être un peu plus monotâche dans ma façon de travailler et quand je suis derrière l’écran. J’ai souvent plusieurs conversations en parallèle, la chose principale que j’essaie de faire, la chose secondaire sur laquelle ça m’a envoyé (etc.), et Facebook/G+ que je “checke” un peu compulsivement. C’est pas joli, je sais. Il ne s’agit toutefois pas de tirer la prise, mais de revenir à quelque chose d’un peu plus raisonnable.

Idem en déplacement. Là, Ingress n’a pas aidé: avant, dans le bus ou quand je marchais, j’écoutais des podcasts ou je lisais. Maintenant, je joue durant mes déplacements, et entre deux portails, je chatte (souvent avec mes camarades de jeu). Et comme je suis “activement” sur le téléphone, je finis dans Facebook ou ailleurs.

Cette histoire de déplacements, c’est important, parce que les déplacements, c’est une sorte de “temps mort” (plus ou moins mort) que j’avais, et que j’ai “perdu”. Durant mon année sans chat, en 2011, je m’étais déjà posé la question des différents types de temps mort donc j’avais besoin. Et là, je réalise que j’en manque. Même sur les pistes de ski, cet hiver, je me retrouvais à chatter sur les télésièges (à ma décharge, une vilaine histoire de harcèlement est venue se coller là-dessus, ce qui n’as pas aidé — mais c’est derrière maintenant).

Alors, pour revenir au podcast sur le sommeil, une des expertes interviewées relève le challenge de ne pas toucher à ses écrans entre 21h et 7h du matin durant une semaine. Et elle rapporte que ça a eu un effet vraiment positif sur son sommeil. Je n’en suis pas là, mais j’ai commencé à mettre mon téléphone en mode avion quand “j’éteins”.

Inspirée par un article de James Clear sur les comportements par défaut qu’on définit à travers la construction de son environnement, j’avais d’ailleurs il y a quelque temps fait l’expérience de mettre mes écrans dans une autre pièce. Effectivement, quand on se réveille à 3h du matin et que le téléphone est allumé à côté du lit, on a toutes les chances de le regarder, mais s’il est éteint et dans une autre pièce… peu de chance.

Il faut que je pense à utiliser mon FitBit comme réveil plutôt que mon téléphone, mais pour le moment je ne peux pas lui “dire” de régler le réveil comme je le fais avec Siri (“réveille-moi à sept heures et demie”).

Un point d’interrogation qui me reste, c’est la lecture sur Kindle. Depuis un nième article lu sur ces histoires de lumière d’écran avant le sommeil (en passant, j’utilise f.lux depuis des années), j’ai commencé à laisser ma lampe de chevet allumée pendant que je lisais, alors qu’avant je lisais dans le noir, rétro-éclairage de la Kindle sur 6 ou 7, juste ce qu’il me fallait pour lire. Est-ce de la lumière blanche d’écran qui perturberait le sommeil? C’est une activité de lecture continue, et pas de “zapping”, mais c’est sur un “écran”.

Donc voilà. Des petits changements, certains aménagements presque cosmétiques, mais comme je le disais à mon ostéo l’autre jour, il me semble que je vois déjà une amélioration, par rapport à il y a quelques mois. Je fais des efforts, aussi: je ne suis pas complaisante avec mon cerveau qui “me lâche”. Quand un truc m’échappe, je me concentre pour le retrouver. Quand je dois me souvenir de quelque chose, je fais un effort pour l’enregistrer. Je tiens compte du fait que mon cerveau est devenu l’équivalent d’un corps sédentaire, et que je dois être à la fois exigeante et compréhensive avec.

Je vous laisse, j’ai un gros livre à lire…

Comment écrit-on? Plagiat, paraphrase et compagnie [fr]

[en] Contact with a few batches to bachelor students these last years has led me to believe that "writing" for many of them means "copy, paste, remix a bit". Cue an article on plagiarism...

Il y a très longtemps, j’écrivais sur du papier. Brouillon, ratures, prévoir du temps pour recopier au propre. Depuis la fin de l’uni, et même avant, ça ne m’arrive plus. J’écris sur clavier. J’ai la grande chance d’être douée d’un excellent premier jet. Souvent, je ne relis même pas avant de publier. C’est “facile” pour moi. Avec les années, j’ai appris que ce n’était pas le cas pour tout le monde.

J'écris mal

Je viens de finir d’écouter un épisode de Note to Self sur le plagiat. On y parle de quelque chose que j’ai constaté ces deux dernières années avec mes étudiants de bachelor: pour beaucoup, écrire signifie copier, coller, et, si on a de la chance, remixer un coup. En saupoudrant de paraphrase.

Pour nous qui avons appris à écrire “avant les ordinateurs”, cela n’avait pas des masses de sens de recopier mot pour mot ce qu’on trouvait dans nos manuels ou encyclopédies. Certes, certains le faisaient certainement, mais comparez l’effort requis à celui de copier-coller puis changer quelques mots.

Dans mes cours de blog, j’ai jusqu’ici laissé pas mal de liberté à mes étudiants concernant leur choix de thématique. Une chose sur laquelle je ne fais aucune concession, toutefois: ils doivent publier du contenu original. Du contenu qu’ils ont écrit eux-mêmes. Je suppose qu’il est clair pour eux que le plagiat est un péché capital, mais dans le doute, on repasse une couche.

Malgré cela, je me retrouve avec chaque classe face à une collection d’articles qui sont au mieux de la paraphrase maladroite. Cela devient un point de contention avec les étudiants. Je me demande s’ils me prennent vraiment pour une idiote, mais avec le recul, je me dis qu’ils n’ont peut-être simplement jamais vraiment appris à écrire, et qu’ils s’en sont tiré “en faisant ça” dans leurs études jusqu’ici.

En particulier, je pense qu’on ne leur a jamais appris comment paraphraser correctement (digérer le texte source, cacher celui-ci, écrire avec ses propres mots, contrôler pour la justesse des idées/faits et l’absence de citation directe involontaire).

Après “un peu” de recherche en ligne (ahem! ça aussi c’est une compétence qui manque souvent!), il me semble que les sources francophones que j’ai trouvées insistent sur “c’est mal, voici ce qu’il ne faut pas faire” mais ne montrent pas avec beaucoup de détail comment faire mieux. En anglais, il y a plagiarism.org, qui semble très bien, un tutoriel de l’Université du Missouri, des indications sur comment éviter le plagiat “copier-coller” grâce aux citations, des exemples de paraphrases acceptables et non acceptables (ici aussi).

On me demande parfois comment je “détecte” le copier-coller sous-jacent. Je n’utilise pas de programme anti-plagiat (probablement pourtant que ça m’épargnerait les nerfs). Mais à force d’années de linguistique, d’analyse de texte, de lecture et d’écriture, je sens immédiatement le changement d’auteur à la lecture. La plupart des étudiants que j’ai croisés dans mes cours n’écrivent pas aussi bien que les textes qu’ils plagient, et ne savent pas ménager une transition. De plus, dans un cours de blog, on travaille un certain style d’écriture qui est rarement celui des sources “d’inspiration”.

Alors c’est clair, on cite avec moins de rigueur académique quand on blogue, mais le principe sous-jacent reste le même: éviter de faire passer les idées ou les mots d’autrui pour les siens. Le moyen le plus simple d’éviter ça? Ecrire des choses qui sont déjà dans sa tête, et qu’on n’a pas besoin d’aller piquer sur des sites existants. Et faire des liens vers nos sources.

Il reste après le problème du plagiat involontaire, mais ça, c’est une autre histoire…

(Zut, je voulais parler aussi de la difficulté constatée chez mes étudiants à simplement “construire” un texte, à argumenter, etc — mais ce sera pour une autre fois, ce billet est déjà assez long!)

No Blog Post Is an Island [en]

[fr] Une des grandes difficultés dans l'art de bloguer: intégrer des liens à son texte. D'une part parce que les liens rajoutent une dimension au texte, perçant en quelque sorte des trous dans celui-ci par lesquels le lecteur est libre de s'échapper, à la façon des "livres dont vous êtes le héros" de notre adolescence, et d'autre part parce que la nature hypertexte du web donne à l'intertextualité une place capitale. Un article de blog n'est pas une île isolée, mais un fragment textuel nageant au milieu d'un océan d'autres fragments similaires, avec lequel il a des liens plus ou moins proches, que la bonne maîtrise de l'hyperlien permet d'expliciter. Ceci nécessite, outre une habileté avec les mots (pour pouvoir retourner sa phrase dans le sens qui permet un bon ancrage du lien), une certaine culture des autres textes entourant le sien. Sinon, comment faire des liens qui feront sens?

Fellow blogger Adam Tinworth points to a leaked memo from The Guardian encouraging internal linking. He shares his astonishment on Facebook “that this still isn’t standard practice at most places”. I am not that astonished, I have to say.

During my many years as blog editor-in-chief and teaching blogging to students, I have seen again and again that from a technical point of view, aside from managing to write in your own personal voice, the most difficult aspect of blogging to master is integrating hyperlinks into your writing.

Autour du chalet, colliers de perles

I think this is because writing well with hyperlinks requires one to write differently. It is not just about “writing and then adding links”.

Adding meaningful hyperlinks to your sentences is going to have an impact on the way you construct them. You need to be comfortable shuffling the words around, or looking for others, so that you end up with a phrase that provides you with adequate anchor text for the link you want to insert.

Most people’s training in writing is probably in standalone texts. Offline writing, the type that worked well on paper. Your reader starts at the top, and finishes at the bottom. You may have footnotes and references, but nothing as dramatic as a hyperlink, which literally pokes a hole in your text.

I like to think of hyperlinks as adding an extra dimension to a text. Normal text is 1D. Just follow it through. Hypertext is 2D at least — remember those books we must all have read as teenagers? If you go right, head to page 16, but if turn left, run off to page 67?

So, the first challenge in writing with links is finding a gracious way to anchor all those links into your words.

The second challenge is less obvious, but even more important: intertextuality.

Intertextuality” is a rather vast topic, but it generally has to do with the fact that how you understand or read one text can be shaped by your knowledge of another. References or allusions, explicit or not, that connect different texts.

On the web, everything we write is swimming in a sea of other interconnected texts. It’s not called the World Wide Web for nothing, dammit. Everything that is published on the web is stitched together. The blog post you are writing now is not an island, it is swimming alongside all sorts of other pieces of writing. How you position your piece of writing amongst the others may be just as important as the writing itself.

Intertextuality in the world of hypertext is a crucial thing to be aware of.

What are you going to link to? What is there out there that complements your writing, or takes your reader further, or down a parallel path? What are the associations between parts of your writing and preexisting writing?

This requires, in addition to the will to connect one’s writing into this existing web, some degree of knowledge of what is out there. Culture. Or dexterity in the use of the search engine. Or both.

I agree with Adam: internal linking should be a no-brainer. I do it a lot on Climb to the Stars: whenever I’m writing a blog post, I’m wondering what else I have written in the past which is related to it. Am I building upon a previous post? Am I writing on a topic I’ve already touched upon? How can I work a link to this or that post into what I’m writing now?

I do it on Open Ears too. As editor-in-chief, I have read all the articles we publish. The difficulty is I often receive articles which are written as standalone pieces, so I have to either work with the blogger to incorporate a reference to another article, or do it myself as part of the editing process. But as I mentioned above, adding links changes the way you write and construct your text, so “adding a link” is rarely as straightforward as “just adding a link” — and in some cases can only difficultly be done if it wasn’t planned for from the start.

When I was discovering the web, one of the first sites I spent a lot of time reading was The Psychology of Cyberspace. It’s still online, and I encourage you to visit it: as the author explains, it is an online book, that is, written with hypertext in mind.

There is a table of contents, but in addition to that, inside the chapters, there are links to other chapters whenever there is a mention or a passing reference to something covered elsewhere. This frees the reader to wander around in the order they wish, and avoids redundancy — if you need to explain X again, just link to it. I think this was a very good learning example for me of how to build text online.

So now. How would you teach people the skills to do this, when it doesn’t seem to come naturally to them?

Quintus a eu beaucoup de chance [fr]

[en] Quintus is a very lucky cat indeed. He used up one of his nine lives the night before last. He almost certainly chocked on a piece of kibble. Luckily I was there. In panic, because I thought he was dying in front of my eyes, I stuck my fingers down his throat repeatedly (met kibble, got bitten, didn't solve the problem). At one point I thought he was dead, lying unresponsive on his side, blue tongue hanging out of his open mouth, not breathing but heart beating under my bloody fingers. That must have been when I shook him upside down in despair, what was there to lose? To cut a long story short, when I got the emergency vet on the phone, he was breathing, not well, but breathing, and he slowly resurfaced. I found a piece of kibble on the carpet the next day. No certainty, but it might be the culprit. I spent the rest of my night at the ER for my bite, which thankfully is not too serious.

Quintus a failli mourir durant la nuit de mercredi à jeudi. Je vous rassure tout de suite, il est en pleine forme maintenant.

Smilimg Quintus

2h du matin, je me couche tard (pas bien je sais) et pendant que je me prépare à aller au lit, Quintus, qui vient de rentrer, mange ses croquettes.

Je le vois débouler dans la chambre pour se cacher sous le lit, ce qu’il ne fait qu’en cas d’orage ou d’aspirateur. Il n’y a ni l’un ni l’autre. J’aperçois un filet de bave au passage, je plonge pour extirper le chat de sa cachette, il a la bouche ouverte et la langue dehors.

Ni une ni deux, je plonge mes doigts au fond de sa gorge, me disant qu’il doit y avoir quelque chose de coincé. Je rencontre des croquettes. Il m’échappe, toujours bouche ouverte, langue dehors, ne tousse pas et ne respire pas.

Mes souvenirs sont mélangés, parce que je suis sous le choc. Mais je sais que je l’ai attrapé plusieurs fois pour aller grailler au fond de sa gorge. Je sais que je me suis fait mordre. Je sais qu’il a sauté brutalement sur le lit pour y faire un bond, paniqué. Je sais qu’entre deux tentatives de l’attraper, j’ai réussi à enfiler un pantalon et un t-shirt, à prendre mon téléphone, à chercher le numéro du vétérinaire d’urgence. Je sais que je n’arrivais pas à trouver ce putain de numéro parce que mon doigt pissait tellement le sang que l’écran du téléphone ne répondait plus. Je sais que j’ai cru que Quintus était en train de mourir. Non, non, non, pas ça, pas ce soir, non. Je sais que j’ai réussi à essuyer assez de sang pour appeler le vétérinaire. Je sais qu’au retour de la salle de bain où j’étais allée essuyer le sang, je l’ai vu étendu sur le flanc, inerte, bouche ouverte, langue bleue, regarde vide, et j’ai pensé qu’il était mort. Je sais que j’ai mis la main sur sa poitrine et senti son coeur battre. Je sais que je l’ai saisi par le milieu (était-ce à ce moment? avant? je ne sais plus) et secoué la tête en bas, de désespoir, le tout pour le tout, je pensais que c’était fichu. Je sais qu’il était couvert de sang, mon sang, partout. Je sais que quand j’ai enfin eu l’assistante vétérinaire de garde au téléphone, Quintus était couché devant moi, inerte, mais respirant très vite et très superficiellement.

C’était mon cabinet qui était de garde. Ils connaissent Quintus, bien sûr. L’assistante m’a posé une série de questions sur l’état de Quintus, y répondre m’a calmée, je n’étais plus toute seule face à mon chat en train de mourir. Elle a appelé le vétérinaire, m’a rappelé droit derrière, Quintus respirait toujours, il a même levé la tête. Elle est restée en ligne avec moi pendant qu’il semblait respirer de mieux en mieux et reprendre ses esprits. Elle m’a rassurée que je pouvais le laisser une fois qu’il semblait reprendre pied pour aller soigner ma morsure.

Je n’osais pas y croire.

J’ai passé le reste de la nuit aux urgences du CHUV. Une morsure de chat, ça peut vite devenir mauvais, je le sais, et je sais qu’il ne faut pas attendre. J’ai pris mon mal en patience. Les morsures sont superficielles, heureusement. A mon retour, à six heures du matin, Quintus dormait paisiblement dans son panier, et il a ronronné quand je l’ai pris dans mes bras — comme d’habitude.

J’ai eu tellement peur. Je suis encore sous le choc, je crois. Tout l’épisode a un goût de mauvais rêve, le même goût que le cauchemar de la nuit dernière dans lequel un proche mourait. (N’allons pas chercher très loin…) J’ai cru qu’après Bagha, j’allais encore une fois devoir assister, impuissante, à la mort de mon chat. J’ai vraiment pensé qu’il était mort. Et je lui ai probablement sauvé la vie.

Après avoir passé mille et mille fois la scène dans ma tête, au point que je ne sais plus maintenant où sont les “vrais” souvenirs et où j’ai bouché les trous, je pense que la croquette est probablement sortie quand je l’ai secoué. Sa langue était vraiment bleue, ça j’en suis sûre. J’ai retrouvé en nettoyant une croquette sur le tapis, là où elle aurait pu tomber quand je l’ai mis la tête en bas. Certes, il y a souvent des croquettes qui trainent chez moi, mais la femme de ménage était passée la veille et je n’ai pas souvenir d’avoir lancé des croquettes dans le coin mercredi. Donc… probablement la croquette coupable.

On a quand même fait un petit saut chez le vétérinaire l’après-midi suivant, surtout pour me rassurer. Son examen confirme l’hypothèse de la croquette (on écarte définitivement l’épilepsie et les histoires cardiaques) et il m’a confirmé que c’était extrêmement rare, un chat qui fait une “fausse route” comme ça avec une croquette. J’essaie de me rassurer que ça n’a aucune raison d’arriver à nouveau, mais je ne peux pas m’empêcher de garder un oeil sur Quintus quand il mange. Je frémis de penser à ce qui aurait pu arriver si je n’avais pas été là…

The Friends Who Listen For Me [en]

As the founding editor of Phonak’s community blog “Open Ears” (now part of “Hearing Like Me“) I contributed a series of articles on hearing loss between 2014 and 2015. Here they are.

While I was writing “Never Mind, It’s Not Important“, I realised I have certain friends who do way more than just avoid brushing me off with a “never mind” when I am in a situation where I struggle to understand what is being said: they will repeat and summarise for me.

This happens especially in group situations where I haven’t managed to position myself optimally, or when the audio quality or acoustics aren’t good.

Having somebody “be my ears” and repeat to me what I need to know is really precious. We’re at the opposite of the “it’s not important” situation I wrote about recently: I am willingly giving up the power to decide what is important or not to somebody else. But the key word here is “willingly”. It is my choice.

Friends-Who-Listen-For-Me

This allows me to relax instead of having to strain, and it also means I won’t be asking the person speaking to the group to repeat stuff that everyone has understood but me.

So, group situations where somebody is giving information/instructions for everybody are a typical scenario — another is dinner parties at restaurant tables. It’s really nice when the person beside me repeats what a more distant person is trying to get across to me when I’m asking them to repeat for the third time. Easier!

I’m very grateful for these people who seem to be able to keep in mind that it’s more difficult for me than them to hear well in tricky situations. And it touches me that they care enough to take the trouble to make life a little bit easier for me.

Thank you.

Bad Cat Photos (And Links. Non-Cat Links.) [en]

[fr] Des liens. Surtout.

I still haven’t found the magic solution to grab interesting links on-the-fly and collect them for a future blog post. I easily share to facebook, G+ and Twitter from any device. Anything shared on Twitter ends up in delicious, and so does everything shared to facebook (albeit privately). I stuff things in Pocket when I don’t have time to read them and the tabs start piling up. I’ve started sticking things in Pocket that I have read but want to blog about. It’s going to be messy.

The Basket is a Little Tight

I hardly got through the first item in my notes with my last post. So, sorry for the somewhat stream-of-consciousness blogging. Welcome inside my head.

A facebook friend of mine asked us what we thought about couples who have shared email or facebook accounts. The reactions were mostly swift and strong: eeeeeeew! Mine was too.

Online, your account is your identity. Are you “one” with your significant other? Joint accounts, for me, point to symbiotic relationships, which I really don’t consider healthy. Are you nothing without your SO? Do you have no individuality or identity aside from “spouse of”?

This reminds me of how in certain communities the “second” of a couple (ie, not the primary member of the community) sometimes feels a bit like a satellite-person, using the “primary” as a proxy for interacting with the rest of the community. This bothers me.

It bothers me all the more that the “second” is (oh surprise) generally the woman of the couple. It’s a man’s world, isn’t it, and women just tag along. Enough said. A bit of reading. Not necessarily related. And in no particular order.

In “offline” news, I’ve been redoing some of the furniture in my living-room. (“Cheese sandwich”, here we come.) One part of trying to solve Tounsi’s indoor spraying problem is getting rid of the furniture he irremediably soiled, and that was the opportunity for some changes.

New Furniture

The picture is bad, but you see the idea. Huge cat tree on one side, and “cat ladder” created out of two LACK bookshelves from IKEA (don’t put all the shelves in). More for Tounsi than for Quintus, clearly, who is more comfy in the ground-level basket I brought back with him from England three years ago. His elbows aren’t what they used to be, so jumping down from anywhere is a bit of a pain.

Basket for Quintus

Yes, today comes with a lot of bad cat photos. Sorry.

Anyway, I had to remove all my books from my bookcase to move it over one metre, which gave me the opportunity to start sorting, now that I’ve gone all digital with my kindle. I’m finding it very liberating. All those kilogrammes of books I’ve been carrying with me for 20 years! I can now feel free to let go of all but the most meaningful or precious. My Calibre library only takes up space on my hard drive — and hardly any.

(The WordPress editor is doing horrible things to the formatting in this post. My apologies.)

Swiss Monsoon: Ashley Madison Leaks, Minimum Wage, And Healthcare [en]

[fr] Les fuites de comptes Ashley Madison et pourquoi je ne participe pas aux réjouissances concernant la mise à nu des infidèles. Mes petites théories perso sur le salaire minimum (fausse bonne idée) et le système de santé suisse (bon équilibre des pouvoirs).

After a tropical summer, the monsoon. It’s pouring all its worth outside. No, it’s not very pretty.

Swiss Monsoon

Ashley Madison leaks. Another opportunity to drag “nobodies” into the spotlight and shame them. Oh, the horror of the affair! I don’t have proper stats handy, but cheating is something roughly half of people do at some point, if my memory serves me right. If it’s not more. It’s a small crime. Yes, it’s ugly, it’s a betrayal, a breach of trust, and can even endanger your partner if you’re having unprotected sex. Lying is ugly (don’t I know it). But in the grand scheme of things, it’s a commonplace transgression. That usually has a story. Anyway, my purpose is not to discuss adultery in length or excuse it (go read Dan Savage again), but to invite those who may be perched there to descend from their moral high horses.

Does being on the Ashley Madison leaks list mean you should be outed to all those who know you as a cheater, maybe ruin your marriage beyond repair, and even damage your career? (And just sayin’ — not all those with Ashley Madison accounts are cheating scumbags.)

So, I will not gloat about these possibly lying and cheating people who are now outed to the world. Not because I think they have done no wrong, but because I do not think that the public square should be the one to judge their crimes. (Read my patchwork post from the chalet for some background.)

And then there is this:

Josh Duggar? I will allow myself some schadenfreude, given the guy has made a career shaming others for their sexual orientations, preferences, or even gender. He’s not a nobody. He’s a celebrity with a big PR machine. Different can of fish.

I didn’t just want to talk about Ashley Madison — I actually took notes of the various things I would blog about in my “next post, this week, oh next week, ouch another week has gone by”.

There’s a very interesting Planet Money episode on the birth of the minimum wage. It’s funny that for the US it is so obvious that there must be a minimum wage. Yeah, guys — it didn’t always exist. Here in Switzerland, there is no minimum wage. On the one hand I think it’s important to ensure people are paid fairly. But on the other hand it seems to me that setting a minimum wage makes us run two systemic dangers:

  1. The first is “tampering with the system” of offer and demand. This is not a very palatable point of view, and it’s certainly shaped by the fact Switzerland has a very low employment rate. I like to believe that if something is really underpaid, people will not take the job. But I know this is wishful thinking, to some extent. When you are desperate, you will even take a bad deal. But does artificially raising the bar for the price of labour solve the underlying issue, which might simply be that there is just not enough work for everybody anymore, which may call for much more radical solutions than a minimum wage?
  2. The second, way less far-fetched, is priming. When there is a minimum wage, this in a way sends a signal that if you’re paying that amount, you’re “OK”. What are you complaining about, you’re getting the minimum wage! I worry that if we do set a minimum wage, salaries which used to be just above might end up being “attracted” to that theoretical minimum. If everybody is paying minimum wage, you don’t have much choice but minimum wage. With no “reference point”, employers will probably be more free to compete to attract employees by varying how much they pay. I realise this is coming back to my first argument, and assuming a system in which there is “enough work”, so I’m not sure how things hold up when employees are competing for just any kind of employment.

Does anybody know of research around these questions? I’d definitely be interested in reading more on the topic.

This slightly “political” topic brings me to one of my little theories about the world. It has to do with healthcare. Healthcare has always been of a particular interest to me, probably because I use medical services quite a bit, and maybe also because I had heart surgery when I was a little girl and quite liked my hospital experience then.

I have people close to me in various countries, not the least my grandparents in the UK, and close friends in the US (and we hear enough horror stories about US healthcare, don’t we). I’ve lived in India (OK, extremes). I am in love with the Swiss healthcare system. And I have my little theory about why it is so good.

First, here’s how it works:

  • basic insurance (which actually covers a lot, determined by law) is compulsory; if you’re really too broke to pay for it (300-400 CHF/month roughly) your town will normally pitch in
  • when you go to the doctor, you pay the bill directly, then send it to your insurance which reimburses 90% of it; every year, you pay the first 300-2000CHF of your bills before getting reimbursed (you choose the “franchise” and your monthly insurance bill is reduced if you take a higher one)
  • for fancy stuff like alternate healthcare, private rooms in private clinics, etc, there are optional “complementary insurances”; they can refuse to take you on, but once you’re on, you’re on

So, it’s quite expensive, but the quality of care is really good. The reason I think it works well is that there is a balance between those parties who have a vested interest in costs being high (doctors etc.) and those who have a vested interest in keeping it low (insurance companies).

This means:

  • nobody can get dropped by their insurance because they get sick, or some “preexisting condition” BS
  • your insurance is not tied to your employer
  • “everybody” has insurance (quotes, because it’s probably not the case for a tiny marginalised fraction of the population)
  • you are free to see the doctor your want
  • no huge waiting lists for specialists, or hospitals, or doctors, or whatever
  • no quotas (your “GP” has more than 8 minutes to see you, and will just charge more if you end up needing a 45 minute consultation)
  • you get the bills, so you have an awareness how much your healthcare is costing
  • the quality of healthcare is high pretty much everywhere.

It’s not perfect. Ask Swiss people, they will complain about the healthcare system all day if you let them.

For me, the US is an example of a system where the people who have a vested interest in raising the costs have too much power. That’s how you end up with ghastly expensive bills for things like a drip, and insurances which have no incentive to defend your interests, as they can seemingly easily get rid of you if you become too expensive.

We see this in two areas here in Switzerland:

  • dental care
  • pet insurances.

Dental care insurances are not compulsory and not regulated. We are used to paying our dentists out-of-pocket. Having anybody in this country look at your teeth costs an arm and a leg, and insurances are commonly perceived as “not interesting” to have. Easier to drive to France (that’s what I do).

As for pets, we have seen insurances show up these last years. I got one for Tounsi as he was young enough, and it did serve me well as I ended up with thousands of francs of vet bills a couple of summers back. But the insurance has a clause for “chronic conditions” where they only pay for care during the three first months, and then they don’t cover it anymore. Sounds a lot like something one might find in human insurances on the other side of the pond?

As for the UK, it suffers from the opposite problem. As everything is state-run, and paid for by taxes, the parties looking to minimise the cost of healthcare end up having too much power. You end up with ridiculous quotas, sub-standard care, huge waiting lists. Sure, it costs less, but the quality of healthcare takes a dive.

What do you think of my “perfection in the balance of power” theory? Specially interested in your views if you’re an expat and have first-hand experience of different healthcare systems.