Colloque francophone TDAH 2024 Genève [en]

Me voici de retour au CICG après des années d’absence, pour suivre des conférences sur une thématique très différente de ce qui m’occupait alors (à la grande époque des conférences Lift). Je prévois de prendre quelques notes (en vrac et n’engagement que moi, comme d’hab) et surtout, de rencontrer des gens. C’est très étonnant pour moi de me retrouver dans ce lieu avec autant de femmes, je dois dire!

8e colloque international en langue française sur le TDAH

Francophonie: différents pays, différentes problématiques?

France (Manuel Bouvard + ??)

(Pardon la France, soucis d’audio donc notes très minimales. Ensuite j’ai découvert les headsets.)

Quid de la formation des professionnels? Société Française du TDAH.

Frank W. Paulus (Allemagne).

Tous les 5 ans, il faut reprendre les guidelines. Premiers résultats d’une grande étude (ESCA) à l’automne. DIGA (Digitale Gesundheitsanwendungen) en développement. Sujets: (auto-)stigmatisation, liens TDAH et développement de l’identité, tenir compte du fait que les diagnostics psy ne doivent pas être considérés comme des entités “naturelles”, donc il faut plus se concentrer sur la manière dont la capacité d’action individuelle peut être améliorée. (Frank Paulus a posé la question au prof. Banachewski).

Formation? filière de formation pour les psychothérapeutes. Réforme en vigueur. Avant: psychologie puis formation de 5 ans. En vue: psychothérapie dès l’uni.

Traitements: données provenant de la caisse maladie. 25% TDAH pur. 36% traités uniquement pharmaco (pas au niveau des recommandations). 6% seulement traitement multimodal. 6% uniquement thérapie (TCC). La moitié (!) n’ont reçu aucun traitement!

Sensibilisation et diagnostics accrus, en particulier à l’école et dans les médias.

Annick Vincent (Québec).

CADDRA, CADDAC. Consensus d’experts pour diag et prise en charge. Beaucoup de ressources accessibles.

Pharmaco: MPH + amphétamines et non-stimulants. Recommandation = cibler le traitement. Quels sont les objectifs? Selon l’évidence scientifique, que peut-on proposer dans cette situation? Equiper la personne => meilleure prise en charge.

Défis: briser les tabous, augmenter l’accessibilité (listes d’attente!!)

Solutions? Collaboration, piste de services claire, hiérarchie des interventions (très en silos actuellement), outiller la personne, programme universel en amont du diagnostic (accès à certaines mesures avant).

Ce qui bouge: les psychologues peuvent maintenant diagnostiquer, médecins de famille aussi. Infirmières praticiennes en santé mentale qui peuvent initier et gérer la médication. Pharmaciens peuvent ajuster la médication et la prolonger!

Coup de coeur “ressources”.

Encore deux autres que j’ai pas pu capturer (Fondation Philippe Laprise et un autre). Ça fourmille de ressources!

Laurent Victoor (Belgique)

Que dire? Rien de vraiment nouveau sous le soleil… pas grand-chose qui bouge? Quoique… Les médias, ça a beaucoup bougé. Quand on parle du TDAH, on parle toujours aussi du TDAH. “Etude” sortie en janvier, d’une mutualité chrétienne qui “tire la sonnette d’alarme”. Tape sur les pros en disant qu’ils suivent mal les patients et font pas leur travail. Chiffres qui sortent de nulle part dans l’article… Vrais chiffres: consommation de stimulants en Belgique similaire à il y a dix ans (versus augmentation 20% dans l’article!). Plein de fausses informations. On sait aujourd’hui que le diagnostic et le traitement du TDAH n’augmente pas le risque d’abus de substances, diminue même (?) quand le traitement est poursuivi pendant longtemps.

Mais: réactions!! Articles, émissions… “Rilatine” en Belgique… Ça a mal commencé mais finalement les choses se sont retournées.

Problème: pénurie de médicaments, ça devient très inquiétant. Arrêt de commercialisation de certains médicaments (Strattera).

Enjeux:

  • exploiter le changement d’orientation de la presse et de la perception des choses
  • faire face aux pénuries de médecins (pas qu’en psychiatrie) et de médicaments (Laurent Victoor a 2.5 ans de liste d’attente par ex)
  • manque de politique globale TDAH (3 régions, deux langues, ministres qui tirent pas à la même corde)
  • …sinon, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement…

Naoufel Gaddour (Tunisie)

Comme la Belgique? Différent, les politiciens se battent pour être celui qui sauvera la Tunisie. Groupes de parents d’enfants qui s’organisent. Implication de plus en plus importante des “coaches de vie”. Aussi échanges de pseudo-infos neurobiologiques, fake meds mais… pas que. On trafique aussi les livres occultes d’Annick Vincent sur le TDAH!

Big: pénurie de médics. MPH libération immédiate ou prolongée. Parents qui activent même leur réseau à l’étranger pour tenter de se fournir! Beaucoup aiment la Ritaline car effet initial plus puissant et journée scolaire courte de 5h (Concerta apprécié pendant le Ramadan…). Multiples switches déroutants.

Exode des médecins vers les pays occidentaux (1325 quittent le pays en 2023 pour 800-1000 formés par année). Très préoccupant.

Aménagements scolaires. TDAH fait partie des besoins spécifiques pour lesquels il y a des aménagements prévus. Mais le gros débat, ministère a décidé que les enfants avec besoins spécifiques n’avaient pas besoin de refaire leur année. Programmes d’aide parentale (entre l’enfant roi et les mesures radicales). Programme EQUIPE à Tunis.

Ceux qui restent font du bon travail, études, collaborations. Dysrégulation émotionnelle (en vue d’ailleurs, intégration dans les critères diag). Recherches autour d’applications mobiles.

Michel Bader (Suisse)

TDAH chez les Helvètes, 24% de la population CH en Suisse Romande. Manque de collaboration avec nos compatriotes alémaniques.

Est-ce que le TDAH ça vient des USA? Etude (Index de Conners) qui nous montre que ça existe aussi ici. Grand changement: l’arrivée des adultes et de l’âge avancé sur la scène. Coûts considérables en terme de souffrance personnelle et d’impact sur la société.

Politique de l’autruche de nos autorités. Manque de prise de conscience. Parcours d’obstacles pour les familles. Associations de parents comme l’ASPEDAH font du bon job.

Approche multimodale.

Pharmaco: on est privilégiés, large palette de molécules et formulations, pas trop de pénurie. Les prescriptions de stimulants ont augmenté de 16% ces six derniers mois par rapport à 2023 (?). Surtout chez les adultes. Etude Helsana 2013-2019. Seul groupe d’âge avec augmentation des femmes = jeunes adultes.

Reste les étiquettes “pschostimulants = stupéfiants”. Alors que dans la rue on trouve toutes les drogues qu’on veut en l’espace de 5 minutes.

Genève, merci Nader Perroud, centre TDAH adultes, ça démarre aussi à Lausanne.

Désert moins prononcé qu’ailleurs mais vraiment manque de personnel important, listes d’attentes, point à suivre.

Ecole: progrès côté sensibilisation, mais sentiment qu’on manque de formations suffisantes par rapport aux caractéristiques fines du TDAH. On a des aménagements (recommandations nationales), restent des résistances suivant enseignants/directions. Stigmatisation du TDAH (armée).

Adolescence et jeunes adultes, “maillons faibles”, transition très délicate.

Ecrans et réseaux sociaux, touche les jeunes et les ados. Nouvelles approches (cf. Paulus, Vincent): Alexa! Mais attention à la déshumanisation.

Croire en soi et penser différemment est fondamental, cf. Simone Biles. Force créative et artistique. Pas que des côtés négatifs!

Anthony Rostain (USA)

Pendant la pandémie, changements dans la progression de problèmes comme se souvenir, se concentrer, prendre des décisions. Incidence du TDAH a passé de 0.19 à 0.57% des patients, mais la prescription de médicaments est restée stable.

Augmentation la plus marquée des prescriptions pour la tranche d’âge 22-44 ans, parmi les femmes également. Prescription par infirmières praticiennes en augmentation. Pas assez de médecins qui diagnostiquent mais ces infirmières prennent le relais. La majorité des personnes sous traitement sont sous stimulants. Stable depuis 2013. Mais % de femmes nouvellement diagnostiquées a augmenté fortement.

Explications:

  • faux auto-diagnostics (vision des médias)
  • cas auto-reconnus
  • augmentation des demandes de traitement chez patients précédemment diagnostiqués
  • exacerbation des symptômes liés au stress chez les patients avec des symptômes légers
  • covid long? (déterminants neurobiologiques)
  • médias numériques en augmentation?
  • nouveaux praticiens bien informés
  • meilleure sensibilisation des praticiens
  • télésanté (startups) e.g. Cerebral ADHD Launch et crash (cf. podcast Scripts!)

Pénurie de stimulants. Beaucoup de pharmacies signalent des pénuries. La disponibilité ne suit pas la demande. Rostain a 3-4 appels par jour de patients qui n’arrivent pas à trouver leurs médics.

Augmentation de la demande, chaine d’approvisionnement, problèmes de fabrication, etc.

Nouvelles technologies en cours de développement pour l’évaluation du TDAH.

APSARD: préparation de guidelines pour professionels.

Rando: Col de la Croix – Champ de Culan (via Les Mazots, La Laya, Orgevaux) [en]

  • 21.09.2024
  • 12km
  • 940 D+/-
  • 4h45 durée théorique
  • Départ 9h50, arrivée 17h10 (7h20): environ 5h30 de marche sans les grosses pauses
    45 minutes de pause-repas en deux fois, et perdu une bonne heure à admirer les champignons dans la forêt… plus les habituelles lenteurs-paparazzi
  • Lien Swisstopo
  • Photos en vrac

Commencer par la descente, pourquoi pas? Mes genoux ont assez apprécié, en tous cas pour le premier bout. (La deuxième descente vers la fin du parcours, c’était une autre histoire.) J’ai aussi choisi le sens pour profiter du soleil. La montée très raide dans la forêt jusqu’à La Laya, j’étais contente de la faire à la montée et pas à la descente.

Là, grosse surprise de la journée, après les colchiques dans les prés: un festival de champignons comme je n’en ai jamais vu. Je suis restée bouche ouverte et j’ai perdu beaucoup de temps à explorer à droite et à gauche et à faire des photos. Enfin, c’était pas du temps perdu, mais ça ne m’a pas fait beaucoup avancer.

Entre le Chalet Vieux et Orgevaux, autre surprise: un long passage avec des chaînes. Pas un souci, mais j’étais contente de n’avoir pas convaincu qui que ce soit de m’accompagner qui n’aurait peut-être pas été très à l’aise avec tout ce vide. Mais c’était magnifique! Orgevaux et le Creux de Culan après ma petite escapade l’année dernière au Plan de Châtillon depuis la Pointe d’Arpille. Je n’ai pas été déçue.

J’ai survécu aux presque mille mètres de dénivelé, mais j’ai eu bien mal dans la descente depuis Orgevaux (orteils de droite qui s’entassaient dans la chaussure, genou de gauche – le bon! – qui a décidé de faire des siennes). Et j’ai bien trainé la patte dans la dernière montée, pour arriver au parking du Col de la Croix à vitesse de limace. Mais bon, vu comment a débuté ma saison de randonnée, je ne me plains pas.

Ce que je retiens:

  • la course d’école de Ferraris aux Mazots
  • les colchiques
  • la descente en premier, c’est pas mal!
  • plus de champignons en une heure que durant toute ma vie
  • lors d’une boucle, bien choisir le sens pour profiter (ou pas) du soleil
  • la montée vers La Laya est raide-raide-raide
  • la descente depuis Orgevaux est aussi raide-raide et pas très sympa
  • long passage avec les chaînes pour traverser la zone du Torrent de Culan, bien gazeux qu’on dirait en via ferrata (bref: potentiellement vertigineux)
  • les deux messieurs qui faisaient de l’entretien de chemins
  • quasi vu aucun être humain, surtout après avoir entamé la montée (clairement plus de colchiques et de champignons)
  • 1l à boire ce n’est pas assez
  • à inclure dans le pack de base randonnée: powerbank et câble (les champignons ont failli avoir raison de ma batterie de téléphone)
  • “jamais sans mes bâtons” est une excellente politique (même sans mauvais genoux, c’est pas un parcours que je recommanderais sans)
  • voir lorsque je refais mes formes orthopédiques s’il y a quelque chose à faire pour empêcher mon pied droit de glisser dans la chaussure et de détruire mes pauvres orteils

Quelques photos (je complèterai plus tard)

Faut-il des titres? [en]

Il y a des années de ça, après un atelier d’écriture de 30 jours sur le thème du deuil, j’ai commencé à écrire des choses que je ne partage pas ici. Parfois beaucoup, parfois peu, souvent poétique. Des fois je m’épate, mais je sais bien que mon regard est celui du créateur émerveillé par sa créature, alors je me retiens prudemment. D’autant plus que quand j’écris, voilà, ça sort, je relis à peine, je retravaille encore moins. Une fois dehors ça m’intéresse beaucoup moins.

Alors ça vaut ce que ça vaut, probablement, mais parfois, secrètement au fond de moi, je me prends à rêver qu’il y a peut-être là-dedans des petites perles géniales. Vous savez, ce genre de rêve qui n’a pas le courage de se confronter à la réalité, ni vraiment de s’assumer, et qu’on classe au rayon des illusions un peu naïves, sans y croire tout à fait (à notre classement).

Parfois je partage quelque chose sur facebook, mais souvent pas. Je suis souvent étonnée des réactions, prudemment, mais ça me fait plaisir quand quelqu’un aime, bien sûr. Et ça vient nourrir le petit rêve que j’ai rangé sur l’étagère avec toutes les autres illusions.

Ces jours je me suis reprise à mettre en mots quelques couleurs de vie. Je suis allée relire des choses du passé, et comme souvent, je n’ai aucun souvenir d’avoir écrit ça, ou alors à peine, et surtout, j’ai l’impression de lire les mots d’une autre. (N’y voyez rien de mystique là-dedans, je vis dans un monde bien matérialiste. La complexité du fonctionnement de notre cerveau est suffisamment merveilleuse pour ne pas avoir besoin de plus.)

Je suis remontée un bout. Il y a plus de 70 pages dans ce document.
Clair, quand on écrit des choses en colonne, ça prend plus de place. Mais quand même.

Alors que je reprends pour la nième fois une relation un peu plus suivie avec mon blog, j’ai envie de mettre ici certaines de ces choses que j’ai écrites et écrirai. Pas forcément celles que je trouverais les meilleurs (sérieusement, j’en sais rien), juste celles qui me feront envie. Parce que voilà, c’est moi aussi, et si j’écris, c’est d’abord pour moi, parce que c’est bon pour moi de le faire, mais ce n’est pas que pour moi, c’est aussi pour rencontrer l’autre, participer de cette façon aux liens entre les êtres, ne pas vivre comme des îles. Contribuer à ma manière à cette aventure collective qu’est tenter de comprendre ce que c’est d’être en vie, d’être humain, d’exister, d’être dans le monde.

Et là, le truc qui me bloque: la plupart de ces petits écrits n’ont pas de titres. Et dans un blog, y’a des titres. Et franchement, j’ai pas toujours envie de rajouter un titre. Je numérote? Je mets la date? “Poème du 23 mai 2021”?

A quoi ça tient.

Things I Use And Things I Don’t [en]

These are times of transformation for me. Getting medication for my ADHD (and also, simply understanding what was going on with my brain) has really opened doors for change, after many years of feeling stuck and hopeless with certain issues.

Of course, it’s not only the meds. As my (new, wonderful) therapist says, it’s also “doing the work”. I’m actively trying to figure things out, and as I always have been, doing my best to understand life and the world. Only now, I have a better set of keys. Discussions with those around me, as well as podcasts and things I read, in addition to observing myself and analysing how I function both at work and outside of work, are all ingredients in this time of change.

Some time back I wrote about a breakthrough moment: understanding that My Space Is There To Serve Me. This notion has really stuck with me and has been a paradigm change in how I view “housework”. It has given me an impulse to really be active in creating a living space for myself which “does good things” to me. A space that does not generate stress or anxiety because of the stuff I see in it or can’t find in it, a space that helps me relax and makes me feel happy.

This impulse was already in preparation, as part of the “post-meds effect”, and also following a breakthrough during my hypnotherapy training in summer 2023 – I still need to write about that, in fact.

Years ago, I remember Monique telling me that for a long time, she would actually take a week off in spring for spring-cleaning. Back then, I was baffled by the idea. There were so many other things I would rather do during a week of holidays! (And, reminder for my American readers: in Switzerland we get a minimum of 4 weeks a year, usually 5. I now have 6.)

As I was having an inner debate over what to do for my autumn holidays, I decided to spare myself the stress of travel plans and time away from home, and to use these two weeks to give myself time to care for my space – assist it in serving me well. So, starting October 7th, I have two weeks of “autumn cleaning” – and more.

Given my tendency to want to cram too much into every little nook and cranny of available time, and seeing that my mind was creating a very long list of all the things I would finally be able to do during these two weeks of holidays, I sat down a couple of weeks back to make a “housecare” (better than “housework”, isn’t it?) programme for myself. The result is that I have a day for each room, taking into account I have a bunch of appointments here and there and also need time to rest and do a few other things.

Now that I have clearly seen that it’ll be only a day per room (pro tip: calendars and plannings transform time into space, really useful when you have time blindness to any degree), I’m thinking about what I’ll prioritise in each room.

Deep cleaning, definitely.

Uncluttering, definitely.

The rest varies from room to room. For example, on my balcony I have an old set of shelves that are falling apart. They will go and be replaced by something else. My kitchen shelves are an awful formica brown, I have light-coloured sticky paper to cover them (bought it years ago), that’s going to happen. And maybe put some pretty vinyl on the floor. Etc.

The uncluttering and tidying part had had me thinking a lot about where I put things. One thing I’ve really understood (and that is ADHD-related) is that for me, out of sight really is out of mind. If something is in a cupboard or a drawer that I don’t open regularly, I forget it exists. I have closed spaces in my flat that I haven’t looked in for a year or more. What’s in there? I have no clue, and definitely don’t use what’s in there. So, I tend to leave things “out there” so I don’t forget about them. The result: a lot of clutter.

Over the years, I’ve come up with workarounds. Plastic transparent boxes in my bathroom to store things. Tinned food in my kitchen lives on shelves and not in the cupboard. Labels on my clothes drawers and shelves inside the cupboard. Easy access spaces for certain types of objects I use everyday. I also rely a lot of habits to keep things under control. I need to use labels more. I’m still looking for a nice set of food-shaped fridge magnets that I can use to make visible which perishables are at risk of perishing in the bottom drawers of my fridge.

(If you’re starting to be concerned the title of this blog post was false advertising, don’t worry. We’re getting there.)

Over twenty years ago (heavens!) I wrote: Keeping The Flat Clean: Living Space As User Interface. See, even back then I was onto something. How do I store things and organise my space in a way that it is usable?

Does anybody remember The Mirror Project?

I’ve been staring at these two baskets in the middle of my living room for weeks now. They are filled with clutter. I never access them. They are in the middle of my living room. They could be put to good use. What could I store in them?

I friend of mine who moves around quite a bit told me one day she had plastic boxes for various needs or activities. She just grabs the box and throws it into the car. Box for the dog. Box for the week-end. It inspired me. I put together a Box For Respiratory Infections. (I had a lot of practice using and appreciating it this winter, as I went through six viral infections in a row.) What other boxes do I need? A hiking box? A sailing box?

The idea of duplicating key objects had started to make its way into my mind. I bought a second computer charger that lives inside my bag – I never again have to ask myself if I need to take my charger when going to work (or to the chalet, for that matter, or anywhere). I have a second set of “cat gear” that stays at the chalet. Having ready-to-go boxes might involve some duplication.

This is the kind of stuff that has been on my mind lately. And this morning, an idea took form clearly: there is the stuff I use and the stuff I don’t use. (Or don’t use very often, or don’t use nowadays.) And if I look at how things are stored in my flat, the underlying design is not “do I use it or not or how often”, but “what category of thing is this”. All my towels are in the same overflowing cupboard in my bathroom. But I don’t use them all. I rotate through a quarter of them. Only those need to be easily accessible. The space ones can go somewhere else (with a label, hopefully). Or simply go (but that’s another matter).

So, how about I really go all in with this “Living Space As User Interface” thing, and instead of making an inventory of stuff I have, start with what I use and do, and give real, useful, sensible homes to those things, instead of having them hang out in ad hoc spaces?

I have a big collection of plant pots on the top of my bookcase, easily accessible. I don’t pot plants every month. They are there because I didn’t have a place for them and there was space on top of the bookcase.

A lot of things are like that now: organic solutions that were not really thought out, and that became the default.

Boxes. Labels. Activity and frequency-based stuff management.

I’m now thinking about how to tackle this. Where do I start? How do I not get lost in the planning?

Here are some ideas:

  • in each room, list the activities I do there, and start from that
  • make an inventory of “storage spaces” and start from those: what would this or that space be good for storing?
  • go through my calendar and list things I do over a week or month, and start from that
  • list visible things in each room that I “never” touch

This is suddenly feeling a bit overwhelming. How would you tackle this?

80% Capacity [en]

These last weeks I’ve been obsessing over queuing theory. Well, actually, about how queuing theory can help me deal with my hyperactive calendar. Want to read up? link 1, link 2, link 3, link 4. I’ll read them too – when I have time (haha).

Seriously, what I have no understood is that I need to keep at least 20% of “unallocated” time. The queue is in my head and in my to-do list. Get back to such-and-such about having lunch together. Plan this or that activity. Buffer time means flexibility and higher reactivity. Does it mean I will have to do less? Maybe. Or not. Because time is what time is. I’m using it up anyway, whatever I do with it. So: I’ll probably be doing as much, but differently.

Which brings me to the fundamental question of what I want to spend my time doing. What’s important? What gets priority? In this episode of Hidden Brain, there was mention of an exercise in which the subject counted how many times they had done a certain valuable activity, and how many times were left in their lifetime. In this example, it was eating with their parents. Realising there was a finite number of opportunities for this valuable moment helped them prioritise this commitment.

As I was trying to figure out how to do deal with my ever-longer list of interests and activities, I stumbled upon this article (this was before the queuing theory lightbulb) which lead me to a “needs assessment” tool. That was interesting: what are my core needs, and how does the stuff I do fit in fulfilling them? Am I spending a lot of energy on stuff that doesn’t fulfil them? That was good food for thought.

Anyway, I’ve now understood I need to make space in my calendar. At least a “me time” evening per week. (Not that easy when I already have judo on Monday and Friday, and singing on Wednesday.) Also, how about keeping a Saturday a month to deal with domestic affairs? That’s not free time, but it’s a class of activities I should reserve time for. And maybe I should have a week-end a month without any plans? Does being at the chalet count as a plan? (I’m afraid it probably does…)

I’ve been reconnecting with my desire to “design” my living space so it can serve me better. I’ve two weeks set aside for that in October, and enough ideas to keep my busy two whole months. I’ve started doing a little planning so I can adjust my expectations and have a chance of seeing them squeeze into reality.

I have a very hard time with the concrete step of keeping time free in my calendar. Each empty evening, each free week-end day is courted by a long list of candidates who would like to make good use of this time. I struggle. I try to resist. Sometimes I manage.

Example: this week-end, I had a plan with a friend. A two-day plan. It was fun and exciting and we were looking forward to it. Unfortunately we miscommunicated and it fell through (no hard feelings on either side). My initial impulse was to recycle the plan with somebody else. Who would I extend the invitation to? I managed to stop and breathe before sending out messages. I have been over-busy these last weeks, I haven’t cleaned my flat since I got back from holidays, I am like butter stretched over too much bread, as Bilbo Baggins would say.

I decided to wait, digest the disappointment of the canceled plan. Maybe I could still do something Saturday – not a two-day thing, but something on my list of fun activities to do with people? I sent out feelers.

I started thinking about what would be reasonable. Oh, reasonable! Of course, have a quiet week-end at home. I have a big pile of admin tasks screaming at me (I’ve been putting my hands over my ears for the last few weeks), and did I mention how dirty my flat was? Oh, and maybe just having some downtime would be nice.

I realised that one of the reasons I was tempted to organise a “fun activity” to make up for the cancelled one was that I wasn’t certain that I would be able to give myself “off time” if I stayed home. My whole week-end could disappear in tasks like cleaning, laundry, tidying, shopping, doing the dishes, paying bills, getting back to people, ordering stuff, planning the next weeks and my holidays…

I finally managed to go the “quiet week-end” route. The more I thought about it, the more the prospect of being able to clean my flat felt attractive. I made a deal with myself: do my “stuff” in the morning, and take time off in the afternoon. I managed (made good progress on the puzzle you can see – finished it tonight).

It felt really good to have time to tidy things up. It’s nice to be in a place that is at least minimally clean. My conscience is lighter, having knocked off a couple of admin emergencies from my list (there are more). I’m hanging on to this feeling so that when comes the time to decide what I’m doing with my next weeks and week-ends, I remember that this is also something I want to do – not just wandering around mountains, hanging out on the lake, being with people, putting together jigsaw puzzles or reading a book. (And I could go on.)

Layer one: remember “domestic time” and “me time”.
Layer two: add in “buffer time”.

This feels stressful. It feels like I won’t be able to do everything I want to do and enjoy doing. But I’m hanging in there and trying to ignore that feeling.

La file d’attente [en]

C’est l’histoire d’une file d’attente. Il y a du monde dedans. Certains attendent patiemment, d’autres essaient par tous les moyens de passer devant. Il y a des silencieux et des bruyants. La file est longue, longue, elle s’étire à l’infini. Je n’en vois jamais le bout. Les gens passent à mon guichet, mais rien n’y fait, la file d’attente ne raccourcit pas.

La file d’attente, c’est une métaphore pour mes désirs et obligations, mes projets, mes tâches et mes rêves, mes envies et mes devoirs. Aussi longtemps que je m’en souvienne, aussi loin que remontent mes souvenirs d’en avoir la conscience, cette file d’attente a toujours été interminablement longue. Longue et décourageante. A quoi bon s’activer, puisque je n’en verrai jamais le bout?

Je n’arrête pas de penser à cette histoire de file d’attente depuis qu’un collègue m’a parlé de “Queuing Theory”, et que j’ai lu cet article (en allemand svp!): Warteschlangen Theorie – Der Fluch der Auslastung und Überoptimierung.

Ce qu’il faut retenir: quand on est “occupé/booké” à 80%, il y a déjà une file d’attente. Et ensuite, plus on charge l’agenda ou le programme, plus la file d’attente augmente – de manière exponentielle.

J’ai bien compris ça au travail, où je préserve des moments “sans meetings”. Quand j’étais jeune adulte et chef scoute très (trop) investie, je me souviens aussi que j’avais bloqué dans mon agenda des soirées “je suis prise”, pour m’éviter de me retrouver avec des séances ou des engagements tous les jours de la semaine. Voyez, ça remonte à loin mon histoire avec la surcharge d’activités.

Mais c’est dur, bon sang, de prendre une pause quand la file d’attente s’étire jusqu’à l’horizon. De dire “non, pas là”. De regarder l’agenda pour tenter d’y glisser (au chausse-pied souvent) quelque chose que j’ai envie de faire, et de garder des pages blanches.

Premièrement parce que j’ai besoin de pages blanches, de temps morts. Deuxièmement parce que pour pouvoir gérer un peu la file d’attente, gérer la vie qui arrive, le temps qui ne s’écoule pas à la vitesse prévue, avoir un peu de spontanéité et suivre l’impulsion du moment, il faut de l’espace. Du temps blanc.

Je comprends bien le cercle vicieux de l’agenda surbooké: plus il est booké, plus les choses prennent du temps. Les gens sont énervés d’avoir passé tant de temps dans la file d’attente, et ils sont plus difficiles au guichet. Comme ils savent que la prochaine occasion ne se présentera pas avant un moment (refaire la queue? vous imaginez?) ils en profitent pour tout déballer.

L’article que j’ai lu dit d’ailleurs que dans le monde professionnel, les personnes et ressources importantes (pompiers, médecins des urgences, dirigeants) ne devraient avoir un taux d’occupation de leur temps que de 50 à 60%. En tant que patronne de ma vie, ce serait donc ça que je devrais viser, plutôt que 80% – ou les quasi 100% actuels.

Quarante pour-cent, c’est deux cinquièmes. C’est deux soirs de libre par semaine. C’est presque un jour de week-end sur deux sans projets. J’ai le coeur qui tremblote rien que d’y penser.

On va y aller pas à pas, d’accord?

Quand tu marches [en]

Quand tu marches dans la montagne, tout ce que tu as part dans tes jambes, tes jambes qui te portent un pas après l’autre, sur le chemin, un pas, un pas, un pas, plein de pas.

Il n’y a plus rien pour ton cerveau, dont le mouvement devient inversément proportionnel à celui de ton corps. Tu marches.

Autour de toi des millénaires de roche t’observent. L’espace immense te fait rétrécir. Réfléchir aussi parfois, en tâche de fond, sans même que tu ne t’en rendes compte. Toujours ces pieds qui marchent, le souffle court, allez, un pas, un pas, un autre pas encore, l’odeur du sol sous tes pas.

Ce n’est pas toujours confortable, ce corps qui grimpe et avance tant bien que mal. 

Des fois il n’y a plus que lui, même le paysage disparaît – que dire donc des pensées. Mettre un pied devant l’autre, inspirer, expirer, poser le pied ici, le suivant là, ne pas glisser, assurer le pas sur le sol, la tête remplie du bruit des muscles fatigués et de la peau qui chauffe.

Être étrange parmi les arbres quand il y en a encore, parmi les sommets quand ils sont en vue, tu as laissé en bas tracas et peines, fardeaux inutiles pour aller disparaître sur les chemins. 

Peut-être, si tu as de la chance, tu ne feras qu’un avec le chemin. Tu sentiras ton âme se dissoudre dans le monde qui t’entoure – ce monde sauvage qui n’a aucun besoin de toi.

Coming Back After A Break [en]

It’s never easy to come back after a break. To “start again”, once more. Especially when the break wasn’t intentional.

I never think “oh, I’m going to go a few months without writing or blogging”. Or “I’m going to stop judo for 6 months”. Life happens, and time goes by, and there we are.

As always, the easiest way back is to take the path of least resistance: in my case, when it comes to blogging, writing about coming back.

You know the meme: “My brain is like an internet browser. I have 17 tabs open, 3 of them are frozen and I have no idea where the music is coming from.” That’s it, and it’s not just my brain: my life is like that.

Hyperactivity tends to fill up calendars and keep one running around. Medication for ADHD is (literally, for some people) life-saving but it doesn’t change who we are: it makes the challenges that come with the condition more manageable.

In my case, I have discovered, with medication, that I have better control on being able to make myself do things. I can plan things for my day and follow the plan. I can make long(ish) term projects without feeling deep despair. I am “able to do” much more easily, and therefore spending much less of my time bogged down by my executive disfunction, less of my time worrying about what is wrong with me or feeling distressed because I don’t understand why certain parts of my operating system seem broken or buggy. As I’ve written a few times, I now feel like I have admin rights to the operating system of my life, and it’s great.

But the flip side is that I still want to do as many things as before. And I’m actually doing more than before. But even with my new-found power to “do”, I cannot do all the things. My wants are too numerous for the time and energy life puts at my disposal.

So I’ve been running a lot, doing cool things, resting too (not quite enough, but decently enough), and not managing to squeeze writing into there.

I have come to understand, over my many years of writing, that I generally write on impulse. An idea goes through my head, I write. Something pisses me off, I write. I think of something helpful for somebody else, I write. I want to share something with others, I write. I’m upset, I write. Now that my impulse control is better, this need to write is not as strong – which is great, because it means that when something annoys me or catches my attention, instead of having to sit down and write about it for an hour or three, I can “stick to the plan” more or less and get my work done or pay my bills. But it’s also not great, because I haven’t yet figured out where and how to firewall writing time and energy in my life. Because I very much still want to write. I still have ideas, there are things I want to say, to share, to rant (diplomatically) about.

To be able to write, I need to feel that I have enough time to do it. So, clearly, one of the keys is having a less busy schedule. Surprise. Nothing new to see here. I’m working on it.

Also: when I sit down because I have some space where I “could” write, the stuff to write is gone from my brain. I remember, many years ago, keeping a list of “to blog” ideas. It completely backfired because they became “tasks” that I never felt like doing. This is also something I’m looking for the keys to, with my new understanding of how my brain works: how to “generate motivation” for a task I want to do, when the motivation is not there. I watched this video on “jumpstarting” a few weeks back and I think there is something in it. Exploring what I can do with these admin rights, you see.

One thing I know I wanted to write about was my “going to sleep” advice, because it’s a question that comes up here and there, and I have a long list of advice, which would be perfect to collect in a blog post.

I want to write about my holidays walking the Dales Way (without getting stuck processing 1500 photos and without waiting so long that it all fades away). I’ve been thinking a lot about how to manage time and tasks (at work and off work), including how queuing theory can maybe help. (Yes, the article is in German, and I actually read it in German: another thing to write about, my experience with working in a majority-German-speaking environment. Lots of thoughts about that.) Perimenopause and HRT is also a topic that is on my radar, as is, of course, a lot of stuff about ADHD. Turning 50. And more, but my brain is drawing blanks right now (I had a very long day on Wednesday and I’m still recovering).

Are you a reformed “impulse writer”? How did you manage the transition? How do you “generate motivation” when faced with a task you want to do – but you’ve let the fire for it die?

My space is there to serve me [en]

A few weeks ago I was listening to this episode of Life Kit on keeping your house clean. Of course I was. Each passing day puts my failings in that department right under my nose.

A few things clicked for me while listening to the show. Beyond the 5-step method for dealing with an overrun living space (go by category: trash, laundry, dishes, things that have a place, things that don’t have a place), what resonated the most was the attitude towards housekeeping:

  • you do not exist to serve your space, your space exists to serve you
  • rather than viewing tidying as reactive, after-the-fact, view it as a proactive kindness to your future self.

Nowadays, my space is rarely overrun. It’s just permanently cluttered. There are hotspots where stuff accumulates. Drawers I never open (I wonder what lives in there). But it’s “functional enough“.

However, every time I travel, every time I visit a nice cosy café or office, I am put in touch with how much I yearn to be able to exist on a daily basis in a living space that does not breathe chaos. I don’t mean immaculate with not a book out of place – space must live and be lived in – but at least tidy. And with pretty stuff on display rather than in boxes or in my head, waiting for a future that never comes.

I like the idea that my space is there for me. It removes some of the weight. It makes it feel a bit more like my body. I don’t feel that taking care of my body is a chore. It’s something I do willingly because I’m aware of how my body serves me and I want it to be able to serve me well, so that I can go skiing, do judo, write blog posts, and simply, exist in it comfortably.

So with my space, then: it is there to participate in my sensory experience of the world. It is there to hold me, provide shelter and warmth and comfort to my existence, allow for the activities I want to do in it. This changes the mindset around cleaning and tidying. It becomes less about what I’m supposed to do, and more about how I want my space to be for me to exist inside of it.

Reframing tidying or cleaning as a proactive kindness heads in the same direction. I already had this idea of treating myself as I would a good friend. But something was still missing. It still felt like a kind of moral obligation. “I need to treat myself as well as I would treat a friend.” Yes, I would do my friend this service, do the dishes. I will take this weight off my friend’s shoulders. The missing link, as I understand it today, is that “doing the dishes” is not just some chore that exists in the void, or a consequence of living and eating. It is something I can do to help my space better serve me.

If I focus on how I want my space to serve me, doing the dishes takes on a different tone. For example, one way in which my space can serve (or “disserve”) me is through the experience it provides me when I get up in the morning, not very awake but very hungry, and want to get ready to go to work. Do I enter the kitchen to be bombarded with reminders of things yet-to-do (yesterday’s dishes, a messy table?) or on the contrary, do I enter a kitchen that feels like a new day, and maybe even has the bowl and knife and cutting board already out on the counter for preparing my breakfast?

The shift here is moving from “doing the dishes tonight so I don’t have to do them tomorrow morning” to “doing the dishes tonight so that my kitchen is ready to serve me well tomorrow morning”.

I’m at the chalet right now, and over the weekend I’ve experimented a bit with this. Yesterday for example, before sitting down to do a quick puzzle (I’ve fallen in love with Ravensburger’s “Puzzle Moment” series), I did the dishes and tidied the kitchen, not to “get it out of the way”, but because I understood that my relaxing moment with my puzzle would be more pleasant and relaxing with a kitchen ready for preparing lunch, rather than containing the remains of breakfast, and I wanted to offer myself that.

I feel like I am getting there. It’s less about what I’m supposed to do and more about how I want to shape the context of my fragile moments of existence.

Escapade au Tessin [en]

J’ai aimé Bellinzone, et j’ai aimé aussi le reste de mon week-end prolongé au Tessin. J’ai réalisé encore une fois que dès que je suis quelque part, j’ai envie d’y rester, de revenir, d’explorer plus. Ma tête se remplit avec un milliard de projets pour là où je suis en cet instant. C’est un peu frustrant… mais c’est comme ça qu’elle marche, ma tête.

Alors en plus du millier de photos (encore à trier évidemment) que j’ai prises durant ces trois-quatre jours, quelques notes sur ce que j’ai vu, testé, expérimenté, et fait.

Un peu sur un coup de tête, je me suis dit que ce serait sympa de rallier Locarno à vélo depuis Bellinzone. A la gare de Bellinzone, j’ai pu louer un vélo à la journée, avec un panier assez gros pour y mettre mon bagage (je n’avais pas prévu le vélo, donc je n’avais pas fait particulièrement attention à voyager léger, mais c’est allé). J’ai pris un vélo pas électrique, pour avoir le panier, et aussi, c’est plutôt plat. 38.-, avec dépôt du vélo à Locarno.

Franchement, je n’imaginais pas que ce serait aussi facile, et je garde en tête de tester à d’autres occasions la combinaison train + vélo de location. Pour un VAE il m’en aurait coûté plutôt 70.-, je crois, et 10 pour le déposer ailleurs qu’au lieu de location. Je ne suis pas sûre que c’est possible dans toutes les gares.

Avant d’enfourcher mon vélo sans moteur, j’ai passé la matinée à aller voir les forteresses de Bellinzone. Je n’ai pas eu le temps d’aller partout, et je n’ai pas payé pour visiter non plus. Ce serait à refaire, en prévoyant une journée entière pour bien prendre le temps sur chaque site et aller à l’intérieur.

J’ai réalisé que ce n’était pas tant la somme d’argent à payer qui me retenait mais le fait de devoir gérer la logistique de payer. (Et aussi, quand même, d’avoir le temps de “profiter” si on a payé une entrée.) Mais si l’argent avait été magiquement prélevé sur mon compte en banque en passant la porte, j’aurais peut-être été.

Arrivée à Locarno avec 20km de vélo dans les pattes, j’étais quand même contente de prendre ma douche! J’avais pris un chambre pas très chère et un peu à la der dans un hôtel sur la Piazza Grande. Petite chambre spartiate et propre, je n’avais pas besoin de plus, mais qui sentait la cendre froide… ça c’était bof. C’était dans une belle vieille maison, avec salle de bain et WC séparés, mis en pratique, la chambre et les deux salles d’eau donnaient sur une sorte de grand hall semi-ouvert aménagé en coin “canapé-salon”. C’était presque comme si j’avais une suite (pas tout à fait privative), avec les WC d’un côté, la salle de bains de l’autre, aussi grande que la chambre. Pas si mal en fait, et l’accueil au check-in était sympa. Heureusement la chambre donnait sur une ruelle à côté de la place, donc je n’ai pas été gênée par la terrasse du bistrot dessous. A noter le simple vitrage et le chauffage d’appoint, possible qu’il ne fasse pas très chaud quand il fait froid dehors, ce qui était loin d’être le cas en ce week-end estival de mi-avril!

J’ai clairement moins flashé sur Locarno que sur Bellinzone, mais j’ai réalisé le jour de mon départ que j’avais complètement passé à côté de la vieille ville, donc il va falloir lui redonner sa chance.

Le samedi, je suis allée faire une petite randonnée dans le Valle Verzasca, le truc classique, montée en bus jusqu’à Sonogno et descente à pieds jusqu’à Lavertezzo. C’est vraiment très beau. Sonogno est le dernier village au fond de la vallée, à plus d’une heur de la plaine, et à partir de là, on voit des panneaux de randonnées de 6h, 8h, 10h… Et même visiblement un tour de 4 jours de cabane en cabane. Bref, ça donne vraiment l’impression que la montagne ne fait là que commencer, et qu’il y a un monde à explorer!

La descente le long de la rivière est facile et variée, j’ai eu la surprise d’y croiser des genêts, pas du tout le genre de végétation dont j’ai l’habitude en montagne.

Après des mois d’inactivité physique pour cause de diverses maladies et blessures, j’étais assez satisfaite du fonctionnement de mes jambes ce jour-là.

Le lendemain, j’ai pris le bateau pour aller visiter les Isole di Brissago et leur jardin botanique. J’ai commencé par me faire rembarrer alors que j’essayais de monter dans un bateau italien avec mon AG, mais une fois dans le bon bateau, j’ai pu profiter d’un petit zig-zag entre les ports du Lac Majeur avant d’arriver sur l’île.

J’ai adoré, vraiment. Il faudrait revenir une fois quand plus de choses sont en fleurs, mais c’était déjà bien beau.

Je suis restée scotchée devant l’étang abritant tortues et grenouilles en rut.

Là aussi, c’est bien de prévoir la journée pour pouvoir prendre son temps.

Il y a des plages et divers coin pique-nique si on ne veut pas manger au restau de l’île (j’ai réservé sitôt arrivée et j’ai bien fait, sinon je serais restée sur ma faim, littéralement).

La surprise de cette journée lacustre, c’était Ascona.

On m’avait dit que c’était joli, mais alors là! Un vrai coup de coeur. Les quais, les platanes énormes, les maisons colorées, les petites ruelles, les glycines partout… Je me dis que la prochaine fois, je prends une chambre là plutôt qu’à Locarno (c’est 20 minutes de bus jusqu’à Locarno). Ou a Tenero, de l’autre côté de Locarno, dont j’ai passé le bord du lac en arrivant à vélo, et qui semblait vraiment très joli.

Il a fallu manger, bien évidemment. J’ai testé le Grottino Ticinese, sans réservation – j’ai eu de la chance, on m’a trouvé une petite place, mais il aurait fallu réserver. L’accueil et le service étaient super sympa, le cadre super sympa, polenta très bonne mais un peu déçue par le rôti de veau. Mais je reviendrai.

Ensuite, j’ai quand même pris une pizza (10% de rabais) au restau de l’hôtel où je logeais: pizza et soupe OK, mais service désincarné et robotique. En passant, le buffet de petit déjeuner de l’hôtel ne valait vraiment pas le coup, autant s’acheter un truc à la coop d’à côté (ce que je ferai si j’y reloge une fois, ce qui est possible, car bien situé et si tout ce qu’on veut c’est dormir et laisser ses bagages ça fait très bien l’affaire).

Ma première soirée à Bellinzone, j’avais mangé à la Croce Federale sur recommandation d’un collègue: très bon risotto aux asperges et service sympa!

Pour mon lunch sur l’île de Brissago, j’avais donc réservé une table dès mon arrivée. Le serveur était vraiment très sympa, m’avait donné une super table sur la terrasse face à l’eau.

Cadre vraiment chouette. Par contre le fritto misto que j’ai commandé ne cassait rien (clairement j’aime la truite saumonée, mais les deux autres poissons blancs m’ont laissée de marbre). Frites un peu bof, thé froid maison qui ne m’a pas fait danser les papilles. La prochaine fois je prends un burger. Franchement top pour l’emplacement et le service. Mais pour un truc gastronomique il faudra repasser. C’est dommage parce que vu le cadre il y aurait de quoi!

Je suis donc rentrée du Tessin avec la ferme intention d’y revenir. Quand, comment, avec qui, pour y faire quoi précisément? A déterminer.