Good Night [en]

When I’m so tired I can’t do anything
Except maybe mindless scrolling
Well yes, to be honest, that’s what I do
Why don’t I go to bed?
OK, I am in bed, but you get my drift
Why don’t I turn off the light
Put my head down on my pillow
Close my eyes, and drift
Into the unconsciousness of sleep?

I like sleep
Sleep is good
I used to pooh-pooh it
Though I knew it was important.
I don’t want to sleep!
Feels like a waste of time!
There is so much in life that calls to be done
And time is so finite
Short days, and weeks, and months
Life counted in years
Can end without a warning

But no, I like my sleep now
It gives me good days
It feels soft to slip into
Like silken sheets and a purring cat
Enough space to stretch and relax

And so why, oh why
When I’m so tired I can’t even pretend
That I’m using my time for something worthwhile
When my head is all foggy and my eyes glaze over
And the cat is complaining that his arm-pillow is missing
Why don’t I just give in?

Maybe because as the clock ticks the night away
As the fog comes in on the shores of my mind
I have run out of what it takes
To stop
To tell myself “done for today”
To deal with the frustration
Of yet another evening
Where I will read two lines or two paragraphs before dropping
Where I won’t get to enjoy much of the story
Do I really want to start reading to give up in two minutes?
No, I don’t, I definitely don’t
So I don’t start
I don’t stop
The ants march in circles inside my head
Neverending
So silly isn’t it
I messed up again
And am too brain-dead to deal with it
So I’ll just let the beachball spin to death
And the clock hands reach scary places
Until I really really can’t anymore
And I’ll tell myself
Tomorrow I’ll do better
I’ll go to bed early
Have time to read and enjoy my book
Just like I told myself that a day ago
And the day before
“Just go to bed,” they say
“Just do it”
Yeah sure, it’s that easy, right.
Good night.

Bon allez, je me lance [en]

Je pense qu’il faut que j’écrive. Que ça va m’aider. Ça fait des semaines que je me dis ça, et que je veux écrire, et que je n’écris pas. M’organiser c’est compliqué, certes. Mais il n’y a pas que ça. J’ai peur de découvrir des choses qui ne marchent pas. Depuis mon accident – je sais, il manque des épisodes, on y reviendra – je pense à Agatha Christie, dont les écrits révèlent, après coup, qu’elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Alors moi je n’ai “que” un syndrome post-commotionnel après un trauma crânien mineur. On adore l’attribut “mineur”, qui signifie qu’il n’y a rien de visible à l’imagerie, ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas “grave”, même si bien sûr c’est moins grave qu’un trauma crânien pas mineur (on s’entend). Et en effet, ça fait maintenant bientôt 3 mois que par moments, mon cerveau ne fait pas ce qu’il devrait. Enfin, qu’il ne se comporte pas comme d’habitude. Que je ne le reconnais pas.

C’est flippant mine de rien, d’être blessé au cerveau. Surtout quand c’est une “petite blessure”. Si on en est à ne plus pouvoir s’habiller ou parler, le problème est bien évident. Mais quand c’est la concentration qui est en PLS, que la fatigue débarque alors qu’elle n’a pas été invitée, qu’il y a des petits signes “anodins” qu’on remarque de l’intérieur parce qu’on se connaît bien mais qui ne se voient pas de l’extérieur, on se retrouve dans le terrain des maladies ou handicaps invisibles que tant de nous connaissons bien. (Evidemment, je ne dis pas que je souhaiterais avoir plus de problèmes plus visibles que ceux que j’ai!)

Donc le flip, il est double: je vois bien que mon cerveau est abîmé en ce moment, première chose flippante, mais aussi, est-ce que le monde extérieur et en particulier les soignants (au sens large) vont prendre ce problème au sérieux? Et jusqu’où? Les difficultés de concentration, la fatigue et les maux de tête qui m’empêchent encore de travailler, c’est une chose. Et déjà ça c’était pas forcément gagné, à un moment donné. Mais quid des “petites choses” plus subtiles, mais qui touchent à des capacités importantes pour moi – que ce soit pour ce qui est de mon rapport au monde, ou en tant qu’elles participent à mon identité?

Les mots, c’est un peu mon super-pouvoir. Et j’ai peur d’avoir perdu quelque chose, quelque chose de difficile à voir, et dont je ne sais pas si je le récupérerai. Et j’ai peur qu’en me confrontant à l’exercice de l’écriture, ça se révèle – comme l’écriture a révélé la maladie d’Agatha. Ce n’est pas par rapport au regard des autres que j’ai peur. C’est par rapport à moi. J’ai peur de découvrir des choses que je n’avais pas vues. Parce que mon cerveau qui boîte, c’est comme ça que ça se passe. Je découvre avec étonnement qu’il a fait un truc inhabituel, ou pas fait un truc habituel. Ou n’arrive pas à faire un truc auquel je m’attendrais. Je sais, c’est pas très précis. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il m’arrive des trucs que je ne vois pas venir. Pas des trucs graves hein. Mais pour moi qui suis une plutôt (très) bonne observatrice de moi-même et de mon fonctionnement, c’est très déroutant.

Donc écrire, d’un côté je me dis que c’est un bon exercice, et de l’autre j’appréhende ce que ça va me révéler.

Un de ces “petits soucis” que j’ai remarqués depuis mon accident, c’est que j’ai parfois de la peine à “sortir” un mot. (“Recall” en anglais.) Le mot est bien là, je sais qu’il est là et que c’est celui que je veux (ou un bon candidat), mais il ne vient pas. Je tends mon bras mental vers ma bibliothèque de mots, et il n’est pas là sur l’étagère là où il devrait être. Alors bon, c’est pas dramatique. Je pense que la seule personne qui remarque, c’est moi – et maintenant, mes interlocuteurs à qui je dis de temps en temps “zut, attends, je trouve pas le mot, me dis pas! … Laisse-moi chercher, attends!” – et je cherche, et au bout d’un moment, généralement je le trouve, et je suis contente. Ça n’arrivait pas avant, ou du moins pas autant. Et pas avec autant de difficulté à rapercher le mot si jamais il s’était égaré.

Un autre, sur lequel je viens de réussir à mettre des mots: je remarque parfois que mes souvenirs sont un peu lacunaires. Je sais que j’ai parlé de ceci ou cela à quelqu’un, mais je ne sais plus à qui. Ou je ne sais plus si j’ai fait quelque chose ou pas. Ou alors, je me replonge dans un épisode passé pour tenter d’en récupérer une impression, un sentiment, une idée, et ça ne vient pas. Clairement, ça pouvait m’arriver avant, ça. Mais post-accident, c’est bien plus fréquent. Est-ce que ça concerne les souvenirs post-accident, ou aussi les plus anciens? Je ne sais pas encore. Mais c’est comme s’il manquait des dimensions à ces souvenirs, des métadonnées, comme s’ils étaient un peu appauvris. A nouveau, pas quelque chose que qui que ce soit va remarquer, probablement, sauf moi. Mais pour moi c’est vraiment enquiquinant. J’ai l’habitude de pouvoir me reposer sur cette fonctionnalité de mon cerveau. Et là… y’a du sable dans les rouages.

Alors bon, vous avez lu jusqu’ici, et vous allez me dire “t’inquiète, tout parait normal, tu écris comme d’habitude!” – j’en suis sûre, que ça ressemble à ça. J’ai d’ailleurs pas l’impression que c’est très différent d’avant, d’écrire ça. Sauf que là je sens bien que je fatigue et que le mal de tête revient et qu’il faut que j’arrête. Bon, ça c’est l’histoire de la fatigue et de la concentration. Et hier j’ai eu ma première séance d’entrainement cognitif. Pas très long, mais on m’a prévenue que je pouvais avoir des répercussions. Honnêtement, je ne pensais pas. Oui, j’ai dû faire un peu des efforts, mais la séance n’était pas très longue. pas de l’ampleur des “efforts cognitifs” dont j’ai maintenant compris qu’ils étaient trop importants à ce stade de ma convalescence. Donc j’écris ça un jour où je me suis trainée un petit mal de tête post-effort et où je suis bien à plat (je suis même allée me mettre au lit à un moment, ça ne m’était pas arrivé depuis un moment).

Je retourne à mon puzzle, on verra ce que raconte mon cerveau. Et quand c’est la prochaine fois que j’écris (bientôt j’espère mais j’ai appris à revoir à la baisse mes attentes de “follow-through” quand je me dis “yes, je vais faire xyz!”)

Suspension [en]

Hello my life
We need to chat
It’s been pretty good
But I can’t keep up

I know I say “yes”
I even say “go!”
Come up with ideas
And projects and dreams

We’ve talked before
I want to do all the things
But our time is finite
And so are my cells

The fork in the road
No– not that one
But still
Let’s reassess

What do I want?
What do you want of me?
When my spoons dwindle
What will there be left?

I used to think
It’ll be better tomorrow
And then I got it
Today is the day – every day

No time to dawdle
Time flies us by
Cram everything in
All the things
All the ideas
All the dreams
All the hope
All the sights
All the emotions

But we want to last
You and I
Don’t we?
So how do we do this

What comes first
What needs to remain
What can be abandoned
What needs to be changed

We need to chat, my life
The road has been bumpy
And I hit my head
Suspension is dead
Has been for a while
I’m starting to think
We need smoother ground.

Maybe Tonight [en]

Nine thirty pm
Again
Where did my time go?
It really slips through my fingers these days

I make modest plans
One step at a time
I try not to be greedy
I know it goes slowly

They say it takes time
It will take time
It takes time every day
Out of my day

And the dishes are waiting
The clean laundry is waiting
My taxes are waiting
Friends and emails are waiting

But it’s nine thirty pm
Again
Already
Yes I’m already tired

Just finished eating
Dishes
The cats need their meds
I’ll brush my teeth
And once in bed
I’ll try to read
And maybe tonight
Get beyond the first few pages
That I read last night
And the night before
And maybe the night before that too
I can’t remember
Maybe tonight
I’ll get in bed
Before I drop.

Elisabeth Feytit: la fiction, terrain de jeu du New Age? (Textures) [fr]

Mes petites notes sans prétention de l’entretien avec la créatrice de l’excellent podcast Meta de Choc dans le cadre du Festival Textures à Fribourg, Suisse. Les erreurs sont les miennes.

A la suite de la conférence d’hier sur la présence du New Age dans les librairies. Histoire croisée New Age et littérature.

New Age? = mouvement spirituel, d’idées. Fin XIXe contre la suprématie des sciences et le dogmatisme des religions. Intégrer quelque chose d’universel dont parlent toutes les religions + la pensée crée la réalité (pensée positive, “manifesting”).

Ex: Théosophie, parcelle divine dans chacun. Idées “fictionnelles” au final! On a tous des super-pouvoirs en nous, cachées, il faut les retrouver pour nous rapprocher de notre état initial.

Anthroposophie (Rudolf Steiner). Réintégration de croyances chrétiennes, on s’éloigne de l’orientalisme de la théosophie. On y trouve entre autres catégorisation des races, etc – annales akashikes… plein de bonne “matière” pour la fiction.

Puis mouvements hippies, peace and love etc… tout en est imbibé.

Idée centrale: le Paradis n’est pas après la mort mais peut se trouver aujourd’hui à travers l’élévation de notre niveau de conscience, état vibratoire. On peut en faire l’expérience de notre vivant.

Le New Age est partout, en fait, sans qu’on le reconnaisse forcément.

Déjà Victor Hugo, spiritisme… mais attention ça pré-date le New Age, ça. Prionnier du spiritisme en France, véritable “religion”, reconnue conme telle par l’Etat. Beaucoup d’éléments qu’on retrouvera dans le New Age, comme le channeling. Victor Hugo croyait à la réincarnation, semble-t-il. Teinté d’orientalisme. (Rôle du décès de sa fille Léopoldine dans le fait qu’il se tourne vers ces croyances.)

Les surréalistes avec l’écriture automatique – ressemble à “l’écriture intuitive” du New Age. A nouveau, précise Elisabeth, inspiration du spiritisme. Ce n’est pas parce qu’on pratique une discipline que reprend le New Age qu’on est nécessairement dedans. Yoga par exemple. Occidentalisation du yoga aujourd’hui, même en Inde. (steph-note: pizza pie effect cher à mon coeur, cf. mémoire)

Avatar. A l’époque de sa sortie, Elisabeth était en plein dans le New Age. A vécu ce film comme une confirmation que tout ce à quoi elle croyait était en train de se réaliser. Etait très investie à l’époque. Sont bleus => enfant indigo. Beaucoup de signes qu’on peut relever si on est croyant. Peuple primitif, se connectent directement à la divinité (“Gaïa”) par les arbres. Personnage de la scientifique (Sigourney Weaver) qui nous explique comment cette communication mystique a une explication scientifique. Et à la fin, scène avec la grande prêtresse et toute la foule, où on se connecte au Grand Tout. Film qui véhicule des dogmes New Age pour ceux qui s’y connaissent. C’est plus qu’une fable, ça communique une croyance.

Avatar 2: on est encore complètement dedans. Connectés à la “Mer Mère”, intelligence rare. Cf les baleines et les dauphins dans le New Age (êtres extraordinaires à grande intelligence et sagesse).

Fin du film: héroïne ado a des crises et l’explication (par un médecin!) c’est qu’elle s’est connectée (=> “elle est malade”) alors qu’en fait la “sorcière” nous montre que c’est une crise spirituelle. Cf. Ayahuasca. (steph-note: pas vu le 2 donc doute sur le fil de l’histoire.)

Barbie “énergéticienne”. Banalisation de ces croyances. Et même commercialisation! publi Insta. Le fait que ça devienne mainstream est perçu comme les croyants comme validation et confirmation. Canaux “d’endoctrinement” qui passent comme une lettre à la poste parce que c’est pas forcément présenté comme “premier degré”.

Energie: autre sens dans le New Age que celui des sciences (physique) ou du langage courant (“j’ai pas d’énergie là je suis à plat”).

Avatar: était-ce volontaire de la part des auteurs? On peut supposer. Mais dans les autres oeuvres, combien est-ce que cette thématisation est volontaire? Matrix par exemple.

Référence à un jeune qui témoigne sur YouTube de son intégration du New Age: Dragonball, dans lequel les personnages méditent => intérêt pour la méditation, porte d’entrée dans le New Age pour ce Youtubeur.

Dur de savoir si c’est volontaire, mais au final tous ces éléments New Age dont sont imbibées nos productions culturelles finissent par former un tout cohérent qui “nourrit” les représentations du monde et les croyances.

The Matrix: vraiment une référence du New Age. En plus de la thématique du monde illusoire et de l’asservissement sous-jacent de l’homme, on a l’enfant qui tord les cuillère, red pill et blue pill, etc. Mais les Wachowskis n’avaient pas cette intention! C’était plus une représentation de la domination de la binarité homme-femme, donc plus une critique de société qu’un message mystique.

Enjeu de la science-fiction. L. Ron Hubbard qui commence comme auteur de SF. Dans la Dianétique, lire d’enseignement, il reprend ses thématiques de SF. (steph-note: j’avais entendu qu’il aurait dit “si on veut devenir riche il faut créer une religion”, à vérifier) Et la scientologie, en fin de compte, c’est une histoire d’extra-terrestres (steph-note: comme l’Ordre du Temple Solaire d’ailleurs, quasi.)

Rhétorique? La scientologie ne dévoile que tard sa carte “SF”.

Mission “réparatrice” de la fiction?

Qu’est-ce qui fait qu’on se tourne vers le New Age? Quelles portes d’entrée? (multiples)

Quand on est en galère et qu’on nous offre des réponses ou des solutions…

La fiction n’est pas tellement thématisée (steph-note: sorry je sais j’abuse du mot) dans le New Age. Fiction qui devient réalité? Ou éléments dans la fiction qui confirment ma réalité New Age?

Poésie de Rupi Kaur. Mécanisme littéraire (effet Barnum) très présent dans ses poèmes. Très abstrait et flou, on s’y reconnait toujours. Mécanisme très présent dans l’astrologie etc. Progression dans ses écrits, de plus en plus direction développement personnel, spirituel, etc. Tout est en soi!

Pour Elisabeth, intéressant de voir où elle va, va sans doute glisser de plus en plus. Y est peut-être déjà bien sur le plan personnel, mais en tant que personne publique, fait peut-être attention aux mots qu’elle utilise. Elisabeth raconte qu’à l’époque où elle était croyante, elle faisait attention à quels mots elle utilisait avec qui. Exercices d’écriture pour traiter les traumas: pas sans danger mine de rien.

David Chiquotte (film? pas bien compris le titre). Qqn (pas compris) écrit un premier livre Prieuré de Sion (bien complotiste). Film parle de cette pseudo-société secrète. Descendants de Marie-Madeleine portent le sang du Christ. Succès du bouquin et du film => 20 ans plus tard, on crée un engouement féministe et spirituel pour Marie-Madeleine. Retraites dans le milieu New Age pour suivre la voie de Marie-Madeleine. Porte-parole féministe de Jésus.

Wicca. Mouvement religieux, années 50, sorcellerie. Pratiques liées à la lune, au sang menstruel. Sorcières. Tout un panthéon. (Inventé par un homme!)

Rapport entre “nouvelles religions” et New Age.

“L’intuition”. Grande idée promue par Steiner, reprise par CJ Jung, puis devenue aujourd’hui complètement mainstream. (steph-note: à nouveau, sens distinct du sens commun, et aussi de “l’intuition” tell que décrite par Malcolm Gladwell dans Blink, si ma mémoire est bonne, à mon sens)

Grand classique ésotérique: La prophétie des Andes. C’est une fiction mais… reçu par les lecteurs comme une “réalité”. Energies, connection entre les êtres, les signes, la légende personnelle. Autre terme “récupéré” par le New Age, le “changement de paradigme”.

Voyage astral dans la fiction, y’en a! Doctor Strange. Marvel, à fond, franchement. Histoire personnelle de ce héros-là: médecin grinche et déprimé qui part en Asie et rencontre un sage qui lui redonne non seulement l’usage de ses mains mais des super-pouvoirs. Quand le Ancient One lui donne un coup de point dans le plexus, on voit vraiment représentée l’expérience de sortie de corps.

Réciprocité: New Age va puiser dans la fiction, mais la fiction se nourrit également du New Age.

Star Wars et la Force. Energie. Grande référence dans le milieu New Age. Lutte du Bien contre le Mal. Le Chemin initiatique. Très important pour l’imaginaire New Age. Fédération galactique pour maintenir la paix dans l’univers. => Starseeds, enfants indigo. Reptiliens (Children of the Matrix – inspiré par un poème + historiquement… La Doctrine Secrète de Helena Blavatsky, déjà dedans).

Raël: utilise très clairement la science-fiction pour avoir des adeptes.

Importance d’avoir les outils de décryptage pour désamorcer l’effet potentiel de “porte d’entrée” de la fiction “new-ageisée”. Mettre à jour les thèmes qui y sont et distinguer fiction et réalité. Pour développer nos outils de métacognition, écouter Meta de Choc!

Histoires de fric: comment éviter d’être trop dans la dèche à la retraite [en]

Ces derniers mois j’ai passé beaucoup (beaucoup) de temps à me documenter et à réfléchir et à faire des calculs pour déterminer quoi faire en vue de limiter la casse concernant ma retraite.

Et comme je suis en train d’avoir le même genre de conversation à répétition sur ce sujet avec plein de personnes de mon entourage, voici les points principaux. Un article de la série “je me suis pris la tête pour que vous n’en ayez pas besoin” (enfin un peu quand même, c’est vos sous, c’est vous qui devez décider quoi en faire, et ce qui est bon pour moi ne sera pas forcément bon pour vous).

La retraite: c’est facile de garder la tête dans le sable, c’est facile de croire au mythes auxquels on a été biberonnées (genre: avec le premier et le deuxième pilier on va pouvoir maintenir notre niveau de vie; si t’as cotisé à l’AVS sans sauter d’années t’auras une rente complète; un troisième pilier assurance c’est un bon plan – non à tout ça) et se dire que de toute façon on a le temps.

Mais le temps c’est de l’argent, littéralement, car d’une part:

  • si je mets 100.-/mois de côté et que je commence 10 ans plus tôt, eh bien c’est 12’000.- de plus dans mon capital à la fin
  • les fameux intérêts composés sur lesquels beaucoup de nous ont souffert en maths à l’école, mais qui sont la pierre angulaire de cette histoire: si je mets 10’000.- quelque part à 3% d’intérêt, au bout de 10 ans je n’ai pas juste 13’000.- (ce qui en soi serait déjà pas mal) mais plutôt 13’440 (et à 5%? 16’300 plutôt que 15’000… et 3-5% c’est une perspective réaliste aujourd’hui)

Tu m’as déjà perdu·e 😰

Oui je sais, c’est ça le souci. Les finances c’est des maths. Et sortis de l’école, à moins qu’on aime ça (et à ce moment-là on part faire physique ou HEC) on laisse tout ça derrière nous joyeusement, confiant que les équations, les statistiques, les intérêts composés, les probabilités et même les bases d’algèbre n’ont aucun intérêt pour nous dans la vraie vie.

C’est faux.

Les maths, c’est ce qui va peut-être te permettre de ne pas finir au social à ta retraite, de pouvoir garder ton appart, de pouvoir te permettre de continuer à voyager de temps en temps, de ne pa te serrer la ceinture encore plus que maintenant à la fin de chaque mois. Si tu as des enfants, les maths c’est aussi peut-être ce qui te permettra de laisser à tes enfants/la personne avec qui tu partages ta vie une somme qui aidera vraiment et pas juste quelques dizaines de milliers de francs au cas où tu disparaissais.

Donc l’argent, c’est des maths, mais c’est des maths qui ne sont pas si horriblement compliquées que ça si on a un peu de patience et un tableau excel sous la main (ou Google Sheets). Il faut “juste” prendre un peu de courage, une tisane relaxante, et ne pas se dévaloriser. Ou solliciter l’aide d’une personne de confiance de son entourage qui n’a pas peur des chiffres.

Tu fais un premier pas en lisant cet article. Laisse mijoter. Relis-le dans deux semaines ou deux mois. Fais déjà un premier pas pour changer quelque chose si tu te rends compte que tu avais la tête dans le sable. Il y a un peu urgence, car chaque mois ou année que tu perds à te déterminer, c’est une perte de chance pour ton avenir. Je dis pas ça pour te mettre trop de pression, mais parce que quand on a 40 ans, on se dit, bah c’est encore loin, j’ai pas besoin de voir ça tout de suite, et tout d’un coup on a 50 ans, et là ça se rapproche, et puis le lendemain on a 60 et zut, si je m’étais bougé·e il y a 20 ans ça aurait quand même vachement changé la donne.

Mais même à 60 ans il y a des choses à faire.

Steph, elle en est où?

Alors, moi j’ai 50 ans. J’en suis pas au point zéro, mais ça fait des années que je sais que ma prévoyance retraite ne me prépare pas des vieux jours dans le confort. J’ai passé 10 ans aux études, j’ai été indépendante pendant plus d’une décennie, je n’ai quasi jamais bossé à 100%, j’ai passé plusieurs fois par la case chômage. Je mets le “maximum” sur mon 3e pilier depuis des années (sauf celles où j’ai loupé le coche) mais je n’ai quasi pas de deuxième pilier. J’ai des économies personnelles investies, sur les conseils du “banquier familial”, mais j’ai toujours laissé ça dormir bien passivement sans trop me sentir capable de comprendre ce qu’il fallait faire.

Il était temps que ça change, et sans rentrer dans les détails de ce qui m’a fait me bouger les fesses, je suis en train de me les bouger. Et je vais partager avec vous les choses que j’ai découvertes et comprises, dans l’espoir que ça vous aide aussi à faire un bout de chemin. Pas à pas.

Ce que je fais/ne fais pas

  • Je mets le max chaque année sur mon 3e pilier, que j’ai chez VZ et Finpension (utilise le code recommandation du Poor Swiss si tu ouvres un compte, je n’en ai pas à moi) avec profil d’investissement “risque maximal” (maximum d’actions)
  • je sépare mes 3e piliers pour avoir 50k max sur chacun à l’âge de la retraite et pouvoir les sortir de façon échelonnée pour éviter une taxation trop grande
  • je ne rachète pas mon 2e pilier, j’ai fait les calculs et même en tenant compte du gain d’impôts, en 10 ans je suis gagnante si j’investis cet argent de mon côté dans des ETF; stratégie à réévaluer 5 ans avant ma retraite
  • j’ai sorti mon troisième pilier assurance et transféré le capital chez Finpension, j’ai fait les calculs et même avec l’argent “perdu” en sortant maintenant après 20 ans de primes, je vais dans le pire des cas me retrouver avec le même capital à la retraite qu’en restant avec le 3e pilier lié jusqu’au bout (et vraisemblablement je vais me retrouver avec un plus grand capital)
  • je ne prévois a priori pas de prendre mon 2e pilier sous forme de rente – le taux de conversion dans 15 ans, qui sait ce que ce sera? En plus ce n’est pas indexé au coût de la vie, donc mon projet est de sortir le capital et de l’investir
  • je rebalance mon portfolio d’investissements (chez Swissquote, code 9ny5z2, et Interactive Brokers) pour investir principalement dans des ETFs (comme VT, explication ici) suivant des index mondiaux (FTSE/MCSI, voir explication) sans essayer de “jouer la bourse”
  • je verse et investis (3e pilier et investissements) mensuellement quand c’est possible
  • j’ai fait une estimation de ma rente AVS probable et vu que c’était moins la cata que ce que je craignais (ouf!)
  • je suis en train de me mettre à utiliser YNAB pour avoir de la visibilité sur mon budget
  • j’utilise Wise pour tous mes paiements en devises étrangères (en ligne et hors ligne) – à mon sens mieux que Revolut
  • j’ai remplacé mes cartes de crédit qui me coûtaient de l’argent chaque année par les cartes à cashback de chez Swisscards (code FC4FXGE8P), et je les utilise autant que possible pour mes achats en CHF (attention à toujours payer sa facture direct, ne pas retirer d’argent, ne pas faire d’achats dans d’autres devises!)

Ressources

J’ai beaucoup lu et apprécié deux blogs suisses orientés finances et fort pédagogiques :

Je les lis généralement en anglais, mais si j’ai bien compris tous deux sont francophones et leurs articles sont traduits. Marc vit en Suisse romande et Baptiste en Suisse allemande. N’hésitez pas à utiliser la fonction de recherche sur leurs blogs respectifs pour trouver ce qu’ils ont écrit sur tel ou tel sujet.

Le site ch.ch est aussi une excellente ressource “officielle” sur toutes sortes de questions, y compris financières. Le contenu est synthétique et bien écrit, et il y a toujours les liens vers les pages officielles pertinentes. C’est un super portail.

Le site de VZ (là où j’ai mon 3e pilier) a aussi de très bonnes infos et ils proposent un premier entretien gratuit avec un·e conseiller·e. Avant d’être une banque leur domaine d’expertise est la prévoyance retraite.

Le résumé

Histoire de ne pas rallonger le roman, je vais faire un résumé. Il y a des points qui vous intéressent particulièrement? Dites-moi et je ferai un article de détail.

  1. Il ne suffit pas de cotiser 44 ans sans “trou” pour avoir une rente AVS maximale, il faut aussi que le salaire moyen sur ces années de cotisation soit… 88’200.- – c’est facile de demander un extrait de compte AVS à une des caisses auprès de laquelle on a cotisé. On peut ensuite faire un calcul “dos de la serviette” pour ajouter un estimation de ce qu’on va gagner durant les années qui nous restent avant la retraite, diviser par le nombre d’années de cotisation et regarder quelle rente approximative ça donnerait dans la table des rentes (page 20 si on a cotisé sur 44 ans)
  2. Le deuxième pilier est intéressant pour ce que l’employeur y met et pour le gain d’impôts mais c’est un investissement avec un très mauvais rendement (0 ou 1% ces temps) – le rachat est donc rarement intéressant sauf peu avant la retraite ou (si j’ai bien compris) en cas de haut salaire.
  3. La rente du deuxième pilier n’est pas indexée au coût de la vie et à l’inflation. On a peu d’inflation en Suisse, mais il y en a quand même, et elle augmente. 100.- il y a 20 ans (en 2005) ça correspond plutôt à 125.- aujourd’hui. C’est une perte de 20% en 20 ans. Si le taux d’inflation est 2 ou 3%, ça veut dire qu’un montant fixe vaut chaque année 2 ou 3% de moins… et les taux de conversion baissent et baisseront encore.
  4. Mais sans rente, on s’en sort comment? Le principe de base est qu’on peut se permettre de vivre sur 4% de son capital (taux de retrait sûr). C’est mathématiquement un peu plus compliqué, mais c’est basé sur ce qu’on appelle la Trinity Study. Un capital investi présente plus de risques mais aussi une chance de suivre l’inflation et plus de flexibilité de mois en mois, alors qu’avec une rente fixe on est condamné à devoir tourner avec de moins en moins de revenu au fil des années. A garder en tête: l’économie va mieux avec un peu d’inflation (ni trop ni pas assez).
  5. Il faut absolument mettre chaque année le maximum dans son 3e pilier (7258.- en 2025), quitte à se serrer la ceinture (voire emprunter sur le court terme si on manque de liquidités au moment voulu). Et si on peut, un 3e pilier où les fonds sont placés (en adaptant le niveau de risque à sa situation personnelle) plutôt qu’un 3e pilier “banque” où l’argent dort et perd de la valeur (coucou l’inflation). On déduit directement ce qu’on met dans un 3e pilier de notre revenu imposable, donc c’est comme si ça rendait une partie de notre revenu “gratuite” (et même plus) pour autant qu’on l’utilise pour préparer notre retraite. Sur Lausanne, avec un revenu imposable autour de 60’000, mettre 7258.- sur son troisième pilier ne “coûte” finalement que 5640.- environ une fois qu’on a pris en compte la réduction d’impôt. Donc il y a juste besoin de “trouver” cette somme-là dans son budget, pas l’entier des 7258.-! Autrement dit, si tu arrives à trouver 5640 balles sur l’année pour ton troisième pilier, on t’en donne autour de 1600.
  6. Les 3e piliers liés à une assurance-vie sont toujours un plus mauvais plan que prendre une assurance-décès “risque pur” et mettre le montant alloué au 3e pilier dans un compte investi (avec un risque pur de quelques centaines de francs par an, on assure un capital qui peut, à vue de nez, être 5 à 10 fois plus important que ce qu’on aurait avec un 3e pilier lié où grosso modo 20% de ce qu’on verse part dans la prime). On peut déplacer son troisième pilier donc il est possible de sortir d’un troisième pilier assurance, et si on trépigne un peu par rapport au 3e pilier investi, démarrer avec un simple 3e pilier “banque” est facile, pas pris de tête, et toujours un bon plan. C’est bien d’avoir plusieurs troisième piliers pour échelonner les retraits (impôts).
  7. Pour beaucoup de gens, surtout si on a bossé à temps partiel ou été indépendant ou eu des petits salaires, la promesse “AVS+2e pilier+3e” = je garde mon niveau de vie est un mirage. Il faut donc faire tout son possible pour économiser+investir à côté, même si c’est des petites sommes.
  8. Investir fait peur, mais il y a aujourd’hui moyen d’investir dans “l’économie mondiale entière à travers des ETFs (qui sur le long terme, grimpe tranquillement) – ce sera toujours mieux que de laisser dormir de l’argent sur un compte en banque, où il perd de la valeur (les taux d’intérêt, quand il y en a, ne compensent pas l’inflation.)
  9. C’est pas forcément un bon plan de repayer son hypothèque. On a plus à la fin si on investit plutôt l’argent (les intérêts de l’hypothèque sont plus faibles que le rendement qu’on aura en investissant dans un ETF suivant un index mondial).
  10. Réduire les “pertes bêtes” de la vie quotidienne financière permet de dégager de l’argent qu’on peut investir pour sa retraite. On peut faire un budget dans excel ou bien avec une application comme YNAB, mais sous une forme ou une autre, ça vaut la peine de se faire un budget pour voir clair.

Tu as sûrement des questions. Les commentaires sont là pour ça.

Et si tu te dis, purée, mon banquier et mon assureur vont essayer de me vendre leur produits destinés à enrichir leur employeur (ou même eux-mêmes s’ils touchent une commission, ce qui est souvent le cas), je sais pas par où commencer, j’aimerais quelqu’un avec qui regarder mes chiffres et réfléchir… Ou qui me prenne par la main pour me donner le courage de sauter le pas et implémenter les décisions que j’ai prises… Je réfléchis à une formule genre “Demande à Steph” (oh le teasing) pour ce genre de chose qui va un peu au-delà des services qu’on rend sans arrière-pensée à nos amis et connaissances parce que voilà, les relations sont faites de ça, mais qui n’est quand même pas de l’ordre de “je suis un·e pro et je facture mes services”. Un truc sauce troc, wishlist, chapeau à la sortie. Ça mûrit encore, mais parlez-m’en si ça vous interpelle.

Vous avez eu des prises de conscience financières récentes, et fait des changements qui vous permettent d’économiser au quotidien, de gagner plus, ou de vous assurer un meilleur avenir? Les commentaires sont aussi là pour partager.

(Oui je bascule entre le “tu” – individuel/impersonnel – et le “vous” – collectif. Je sais. Ça ne m’empêche pas de dormir.)

Ce qui vient [en]

Depuis quelques jours les mots me démangent. Me chatouillent, plutôt. Ce n’est pas désagréable. Deux livres en papier, écrits par des hommes que je connais et dont j’aime l’esprit, se sont mis d’accord récemment pour venir remuer un peu la fourmilière calme où dormaient mes mots.

Le réel a quelque chose de fondamentalement textuel, pour moi. Le language est mon véhicule. Il en existe d’autres, bien entendu. Mais le mien c’est les mots.

J’ai été embarquée ce week-end par un élan nécessaire, et bienvenu, mais qui ne m’a pas laissé l’espace pour lire, pour écrire.

Ce n’est pas grave, juste un peu frustrant.

Frustrant, comme l’inadéquation entre mes projets et désirs, assez nombreux pour remplir trois ou quatre vies, et la finitude du temps qui passe et qui m’est offert pour leur donner un toit.

Alors, dans la fatigue du soir, avant de tourner des pages en papier, je me donne un peu de place pour voir ce qui vient.

Ça vient, mais pas ce que je voulais. Je voulais quelque chose à partager. Quelque chose qui amène quelque part. Qui offre un peu de lumière. Quelque chose qui élève, qui entrouvre une fenêtre dans le coeur ou dans l’âme.

Pas quelque chose qui plombe.

Les choses qui plombent, c’est ennuyeux, car quand on les lâche dans la nature, ceux qui les trouvent ne peuvent s’empêcher de s’interroger, de s’inquiéter, d’y lire des choses qui n’y sont pas.

Car au fond, ce qui plombe vraiment, c’est de garder les choses à l’intérieur. Donner une voix à ses ombres, c’est les reconnaître et les accueillir, c’est leur ôter une partie de leur pouvoir. La lumière les colore et les apaise. Il faut les écouter quand elles souhaitent qu’on leur ouvre la porte du cahier, du clavier, de l’écran ou de la chanson.

Alors je garde précieusement quelque part mes petits mots plombants, parce que je vais bien, au fond, et que je pense à toi, lecteur, lectrice, ami ou amie, qui pourrais voir entre les lignes des grains de poussière qui ne sont qu’un détail presque insignifiant dans l’épais mille-feuilles du réel, généreusement fourré de crème pâtissière et garni d’un glaçage bien rose et brillant.

Notes fraîches du chalet [en]

Je suis au chalet. Nous sommes mardi soir. Il fait frisquet. 4° quand nous sommes arrivés, 6° un peu plus tard, peut-être huit maintenant. Heureusement j’ai un sur-matelas électrique, un bonnet chaud, et j’ai réussi à convaincre Oscar de venir se mettre contre moi, sous les couvertures, bien au chaud.

Peut-être que c’est le dernier séjour d’Oscar au chalet. Oscar n’aime pas monter au chalet. Il aime y être, pourtant, enfin je crois. Au chalet, il peut sortir. Quand il fait assez chaud, il y a des lézards qui viennent le narguer sur le balcon. A Lausanne, il y a trop de chiens sans laisse dans le jardin et de fourrés impénétrables à l’humain pour que ce soit faisable facilement – peut-être qu’il faut que je creuse la question du harnais, pas évident avec un tripatte amputé à l’avant.

Pourquoi la dernière fois? L’an prochain, c’est l’autre famille copropriétaire du chalet qui l’occupera principalement. Peut-être que je pourrai monter à un moment ou un autre, mais ce sera en fonction d’eux. C’est un bon système, ceci dit, et j’en ai bien profité toute cette année, même si 2024 a un peu mal commencé avec mes maladies à répétition. 2025, donc, sera une année de pas ou peu de chalet.

Oscar est un vieux chat. Un très vieux chat, même. Âge inconnu, car chat de récup’, mais à voir son état, ses yeux, son déclin ces dernières années, ça ne fait pas de doute qu’il a plutôt 19 que 15, ou quelque chose comme ça. Il est à l’âge des très vieux chats dont on se dit, à chaque saison, “tiens, est-ce que c’est son dernier été, sera-t-il là l’an prochain, est-ce que c’est son dernier hiver”. Les chats sont toujours prêts à nous étonner, mais il faut être réalistes et se préparer aussi. Je ne sais pas si, en 2026, “année de chalet” suivante pour moi, il sera toujours là – et s’il est là, s’il sera en état de subir l’heure de trajet pour monter.

Oscar n’aime pas la voiture. Au début, il voyageait bien. Indifférent. Un passager tranquille. Puis il y a eu cette expédition fatidique chez le véto, avec Erica et Oscar dans la voiture (ce que je ne faisais jamais), Erica qui stressait toujours beaucoup dans la voiture, et Oscar qui, en l’espace de deux allers-retours de 10 minutes, s’est transformé en chat qui stressait en voiture. L’heure de trajet pour aller au chalet plus tard dans la même journée a scellé l’affaire. Malgré mes efforts de désensibilisation, de ré-entrainement, l’installation d’une cage XXL sur la banquette arrière contenant une litière et un dodo, depuis ce jour-là, les déplacements en voiture sont devenus toute une histoire. Pas un calvaire tel qu’il faille y renoncer entièrement (ce que j’avais fini par faire avec Erica), mais pas une partie de plaisir non plus. Heureusement qu’au chalet il y a le jardin et les lézards. Ça compense.

Il est mardi soir. Je suis au chalet, même s’il fait frisquet et que je tape ces mots entre mon sur-matelas électrique et mes couvertures, la tête au chaud dans mon bonnet, le bout du nez qui attend le dégel. J’ai mis le cap sur le Chablais vaudois un mardi soir car j’ai le privilège d’avoir un travail qui me permet une certaine autonomie. “Work Smart”, que ça s’appelle. Il y a des responsabilités aussi, évidemment, incluant celle de déterminer ce qui est nécessaire au bon accomplissement de mon travail. Ça va plus loin que le simple “droit à x% de télétravail”, même si ça en fait partie. La pandémie est passée par là, Microsoft Teams ou Zoom font partie de notre quotidien, augmentant l’indépendante géographique de toute un tas de salariés, dont j’ai la chance de faire partie.

J’avais prévu de monter jeudi soir, et redescendre lundi, “comme d’habitude”. Il se trouve que mon jeudi ne requiert pas ma présence au bureau. Et mercredi, j’avais prévu de télétravailler de toute façon. Me voilà donc à respirer l’odeur du chalet un mardi soir, avant une nuit en chaussons qui m’amènera à ma visio de 8h demain matin.

J’ai commencé à composer ce billet mentalement sur l’autoroute, quelque part entre Vennes et Montreux. Bien sûr, être au volant à 120km/h avec un chat qui miaule par intermittence derrière soi n’est pas le moment idéal pour être frappée par un grand élan de motivation à écrire sur son blog. C’est une difficulté récurrente pour moi, ça, et qui m’obsède depuis plusieurs mois. Comment “préserver” ces élans de motivation qui arrivent au mauvais moment, pour pouvoir en bénéficier lorsque le moment serait meilleur? Je sèche encore, même si je commence à entrevoir certaines pistes.

J’ai pensé à bien d’autres choses à dire, encore, au milieu de toutes ces voitures. Mais il se fait tard et demain matin le réveil sonnera. Je ferai de mon mieux pour débusquer ma motivation un de ces prochains soirs, afin de vous raconter ça.

5 novembre 1984 – 5 novembre 2024 [en]

Aujourd’hui, j’ai une pensée pour ma mère, décédée il y a 40 ans à l’âge de 40 ans. J’en avais 10 à l’époque, j’en ai 10 de plus aujourd’hui. Drôle de symétrie.

40 ans, je trouve ça tellement jeune vu d’ici. Je me demande qui elle aurait été pour moi, ado, adulte. Je regrette de ne pas pouvoir la connaître plus.

Je ne voulais pas laisser passer ce jour sans un mot. Un peu de tristesse évidemment, de la sérénité un peu perplexe, toujours, de l’impact capital de cet événement sur ma vie, la fin de la sienne, même si maintenant ça me paraît tellement loin, et que ce n’est qu’un des multiples fils dont j’ai tissé mon existence à travers les décennies.

Mais le 5 novembre 1984, ma vie entière s’est résumée à cet instant, celui où le ciel tombe sur la tête et semble rendre tout futur impossible.

Le présent lui donne tort – le monde est bien là, et moi au milieu.

Qu’est-ce que ça peut être moche et injuste, parfois la vie. Et pourtant, on persiste à y chercher du sens et même du bonheur. Il nous arrive parfois de les trouver, éphémères, jusqu’au prochain coup de ciel sur la tête.

Ma mère, présente dans ma vie surtout à travers son absence, mais qui en 40 années sur cette terre en a fait des choses, en a eus des rêves, a ri, aimé, souffert, chanté, exploré, pensé, partagé, a été une personne bien vivante dans le monde avec tout ce que ça comporte de complexité, de richesse et de profondeur.

40 ans de vie, c’est pas assez, mais c’est loin d’être rien – et ça ne se résume en aucun cas au moment de sa fin.

publié initialement sur Facebook

Rando: Gsteig – Lac de Sanetsch [fr]

  • 03.11.2024 (été indien, clairement!
  • 12.8 km
  • 935 D+/-
  • 4h55 durée théorique
  • Départ 9h45, retour 16h15 (6h30): environ 6h de marche
    juste des petites pauses sauf 30 min à midi
  • Lien Swisstopo
  • Photos en vrac

Pour aujourd’hui, j’étais tiraillée entre faire Solalex-Derborence et retour (ça me démange) ou aller en Valais me mettre des mélèzes plein les yeux. J’ai donc été jusqu’à Gsteig pour monter voir le Lac du Sanetsch, qui me fait envie depuis un moment. Pattern, anyone?

Dès l’instant où j’ai quitté la route du Pillon, j’ai réalisé que je n’avais pas été aussi maligne que l’autre fois: clairement, toute la montée allait être à l’ombre. Bien à l’ombre. Heureusement j’avais pris ma petite laine et que le givre présent sur le bitume menant au parking de la télécabine a assez vite disparu.

La montée, honnêtement, est assez peu intéressante. Ça monte. D’abord dans les sapins, puis quand il n’y a plus de sapins, dans la caillasse. Plus ou moins le long de la Sarine, qui s’appelle ici Saane car on est dans le Canton de Berne, et qui est vraiment toute mimi comparée à l’imposant cours d’eau avec lequel je suis plus familière. Il faut dire qu’elle a encore un sacré chemin à faire avant d’arriver en ville de Fribourg.

La montée est aussi peu intéressante dans le sens où elle est constante et sans difficulté majeure. Un ou deux endroits un peu plus raides où on pourrait glisser (sur quelques pas), mais voilà. C’est bon pour l’effort physique, et ça, j’en étais contente. Il faut arriver presque en haut pour se trouver au soleil, du moins à cette époque de l’année. Un bon plan à garder pour la canicule? Lors de la descente, le chemin était toujours (de nouveau?) à l’ombre.

En haut, c’est vraiment joli. Je suis toute dépaysée, je ne reconnais pas de montagnes! Je suis aussi dépaysée (désorientée, plutôt) de voir que la route qui arrive jusqu’au barrage n’est pas une petite route de montagne brinqueballante, mais une jolie route qui à mes yeux de randonneuse avec trois heures de montée dans les pattes, semble n’avoir rien à envier à celle du Pillon. J’avais vaguement en tête qu’on pouvait monter en voiture, mais je ne m’attendais pas à ça.

Après un petit pique-nique avec vue sur le lac et ses rochers flottants (j’adore les lacs), j’en ai fait le tour, histoire de passer un peu de temps en haut et d’admirer le paysage. Je l’ai fait dans le sens anti-horaire. Au bout du lac, là où il faut traverser la rivière qui l’alimente, surprise: le pont semble en travaux et est impraticable. Qu’à cela ne tienne, on traverse direct la rivière. Un peu sportif mais j’ai réussi à ne pas me mouiller les pieds.

Mis à part autour du lac, j’ai croisé un seul être humain durant cette randonnée, peu après le départ (il descendait). Vu quelques mésanges, deux ou trois champignons, quelques fleurs qui semblent s’être trompées de saison, et quand même des mélèzes. Ouf!

Je suis franchement ravie de ma forme physique, et frustrée de ne pas pouvoir faire plus de randonnées ces temps (il faut bien travailler, et j’ai d’autres occupations/obligations). Le corps tient! Sérieusement, merci le traitement hormonal de substitution. Je vais faire un article dédié, mais autorisez-moi déjà cette petite parenthèse sur le sujet. Chez moi, en plus des autres bénéfices, l’effet sur mes articulations et ma condition physique semble vraiment clair. Evidemment, il y a un cercle vertueux: plus on est en forme, et plus on fait d’activité physique, plus on est en forme. Mais il y a un avant/après clair pour moi: que ce soit au judo ou en rando, mon corps “tient mieux ensemble”, je n’ai plus cette crainte “physique” de me faire mal “pour rien”, je n’ai plus “mal partout”, mes genoux ne m’embêtent quasi plus alors qu’ils étaient carrément handicapants ces dernières années (aujourd’hui, par exemple, je n’ai utilisé mes bâtons que pour des questions de sécurisation dans certains passages à la descente, et pas du tout à la montée – pas pour la douleur), ma hanche gauche a arrêté de m’envoyer des messages constants concernant son triste moral, et je sens vraiment ma force qui revient. Fin de la parenthèse hormonale.

Côté timing, trois petites heures pour la montée, pauses comprises. Je suis arrivée en vue du lac après 2h45 (petites pauses comprises) et j’ai traînouillé en prenant des photos avant de me poser pour mon pique-nique. 1h10 pour faire le tour du lac, et, surprise, moins d’1h30 pour la descente. Le chemin et mes genoux se sont mis d’accord pour m’offrir un tracé qui me permettait vraiment d’avancer vite, quasi sans bâtons. Epatant!

Vu la saison, j’avais pris mon “grand” sac à dos et assez de couches de rechange. Et j’ai été très très contente de pouvoir complètement changer mon haut durant la montée. J’étais trempe et ça me refroidissait. Idem une fois arrivée au lac, j’ai pu remettre mon premier haut qui avait séché sur mon sac durant la fin de la montée. Et rebelotte avant de prendre la voiture pour rentrer, histoire de ne pas passer 1h30 dans les bouchons dans des habits mouillés. Pour le départ, j’étais contente d’avoir une laine polaire avec des manches, un bonnet et mes gants, parce qu’il faisait frisquet. J’ai gardé les gants quasi toute la montée. J’ai aussi fait bon usage de ma powerbank pour recharger mon téléphone en cours de route (faire la paparazzi a un prix).

A retenir:

  • rando à tenter pendant la canicule pour profiter de l’ombre
  • avoir un haut de rechange (et l’utiliser) c’est vraiment top
  • la plaine plate-plate-plate devant Gsteig bei Gstaad
  • merci Oestrogel, je continue “jamais sans mes bâtons” mais clairement j’en ai moins besoin!
  • profiter de la télécabine quand elle tourne, ou du bus, pour randonner en partant du lac
  • gants, bonnet, laine polaire, rechange, assez à boire et manger: c’est bien d’avoir un grand sac
  • 2 litres de boisson: eh bien c’était juste, j’ai acheté à boire à la Coop des Diablerets sur le retour, j’avais fini mon stock avant la fin de la descente
  • la jolie chapelle
  • les rochers qui flottent et les gens qui pêchent
  • l’automne c’est vraiment une super saison pour faire de la randonnée, quand il fait beau
  • le zoom optique du téléphone mobile faut vraiment éviter
  • 1h30 de trajet en voiture (porte à portière fermée) jusqu’au parking de la télécabine à Innergsteig
  • les bouchons du dimanche soir pour rentrer
  • penser à vérifier l’heure de l’appareil photo avant de partir pour ne pas avoir à corriger les heures des photos par la suite
  • le car postal qui passe deux fois par jour
  • le pont pour amateurs de parkour
  • la bébé-Sarine
  • Lac du Sanetsch? Lac de Sanetsch? Lac de Sénin.
  • je suis quand même allée en Valais!

Allez, quelques photos, mais j’ai vraiment pas fait de tri: