Neige 2003 [en]

Ce matin, une fine couche de neige a recouvert le monde, du moins dans mon quartier. Elle décore les toits, les jardins, et aussi les voitures. Le soleil brille dessus et la fera bientôt fondre. Mais il fait froid, elle tiendra peut-être quelques heures.

C’est la première neige de l’année, et comme chaque année, j’ai envie de vous en parler. Je cherche des mots pour la dire, mais toutes les métaphores neigeuses ont été épuisées par des générations d’écrivains. Est-il encore possible d’en trouver une qui chante, au lieu de sentir le renfermé ?

Neige chez moi. Une image vaut mille mots, qu'ils disent.

Dumping Photographs [en]

Putting photographs online has always been a source of never-ending frustration for me. I therefore tend to be a little bit sluggish with my updates.

To help you wait for updates (and to help myself) I have conjured up a quick and dirty PHP script which allows me to dump photographs in a directory and present them to you on reasonably clean pages.

You can now admire dumped photographs of the cat, the dog, some Swiss mountains, a weekend in Paris, and a pretty random collection of other pictures taken with the SPV. If you want to try and touch them up in PhotoShop, you are most welcome to play with them!

"Vaincre la peur du vide" [fr]

Vaincre la peur du vide : quelques mots qui me sont tombés dans la tête, à  mon retour de Paris, ou peut-être alors que j’étais encore là -bas. Les mots sont ensuite devenus musique. Quelques jours plus tard, j’avais retrouvé la chanson.

Une chanson d’Étienne Daho. Sur un album qui s’appelle… Paris Ailleurs. Coïncidence ?

Du coup, je me suis mise à  l’écouter. Me voilà  replongée près de dix ans en arrière.

Zermatt. Cinq jours de ski avec trois copines de gymnase. Un walkman, une cassette : Étienne Daho. Peu avant, j’avais regardé Taratata — je m’en étais tirée en achetant le CD que je m’étais empressée d’enregistrer sur cassette afin de pouvoir le prendre avec moi en vacances. (Oui, c’était un peu primitif à  l’époque. Aujourd’hui, je copierais simplement le mp3 sur mon téléphone mobile.)

Je revois le chalet, les rues enneigées du village, une pile de bons de 2 francs pour aller manger ou McDo. En haut du glacier, il faisait -30 degrés. Je me souviens des discussions, des notes de chimie que je recopiais, et des grosses larves que nous étions le soir dans nos sacs de couchage. Je me souviens d’Étienne Daho en boucle dans mes oreilles.

Il y avait un goût de liberté dans ces quelques jours sur les pistes de ski. Entre nous, indépendantes, on était des « grandes ». On avait l’âge où c’était un sentiment nouveau.

En ce mai de fous messages, j’ai un rendez-vous dans l’air
Inattendu et clair, déjà  je pars à  ta découverte
Ville bonne et offerte
C’est l’attrait du danger qui me mène à  ce lieu
C’est d’instinct qu’tu me cherches et approches
Je sens que c’est toi

[…]

Où mène ce tourbillon, cette valse d’avions
Aller au bout de toi et de moi
Vaincre la peur du vide, les ruptures d’équilibre
Si tes larmes se mêlent aux pluies de novembre
Et que je dois en périr, je sombrerai avec joie

Étienne Daho : Saudade

Soit dit en passant, j’avoue que cela me plairait bien d’entendre Joshua chanter cette chanson avec sa guitare. J’en profite d’ailleurs pour faire de la pub pour la dernière chanson qu’il a mise en ligne [mp3, 5.5Mb], si vous ne l’avez pas encore écoutée. Elle est fort jolie, et cette fois, ce n’est pas une reprise…

Douleur, pensée, dictée [en]

La douleur est invisible. Quand vous dites que vous avez mal, de façon chronique, les gens ont inévitablement de la peine à  vous croire. Ça ne se voit pas. Vous arrivez à  manger, vous déplacer, et même taper à  l’ordinateur, « si vous le voulez vraiment. »

On sympathise, bien sûr. On est même consterné. C’est terrible, ce qui vous arrive. Tellement, qu’on a de la peine à  imaginer ce que c’est. Oui, on a presque un peu de peine à  y croire. On vous souhaite un bon rétablissement et l’on s’en va, une brève pensée inquiète pour ses mains sans douleur…

Je me suis rendu compte récemment que je n’arrivais plus à  penser mes mains sans douleur. Je n’arrive plus à  dissocier la douleur de mes mains. Je pense (kinesthésiquement) « mains », je pense « douleur ». Je repense à  des choses que j’avais l’habitude de faire il n’y a pas si longtemps, et elles sont devenues inconcevables.

C’est effrayant et merveilleux de voir à  quel point notre image de notre corps (du corps propre) se modifie en fonction des contingences physiques, et impacte également les souvenirs. Notre corps se vit en actions, passées, présentes, et futures. En potentialité. Ce que je peux faire. Ce que je pourrais faire.

Dans le même ordre d’idées, je me suis surprise hier en train de dicter toute seule dans ma voiture. Oui, comme si je parlais à  mon Dragon.

Dans le passé, il n’était pas inhabituel que lorsque mon esprit tournait à  vide, je me retrouve à  « penser en écrit », et même à  « taper en pensée ». J’ai toujours eu tendance à  me faire beaucoup de « films » dans la tête : ce que j’aurais pu dire, ce que je pourrais dire, ce que je vais faire. Et après une soirée passée à  discuter par clavier durant de longues heures, il n’était pas rare que cela prenne la forme d’un mouvement de doigts dans ma tête et de frappes sur un clavier imaginé.

Maintenant que je dicte, lorsque je pense à  quelque chose à  écrire, je me retrouve parfois à  le penser « en dictée ». Et des fois, ça passe à  voix haute sans que je m’en rende compte. C’est amusant. Je vais commencer à  sérieusement utiliser la fonction dictaphone de mon téléphone portable.

Cherche hébergement sur Paris pour le week-end [en]

Jeune femme non-fumeuse, non-buveuse et non-drogueuse (!), un peu trop sérieuse, cherche hébergement pour ce week-end à  Paris (vendredi soir à  lundi matin). De préférence dans un lieu chauffé et raisonnablement sec.

Les volontaires sont priés de s’annoncer au plus vite par e-mail (on les remercie par avance grandement de leur générosité). Les individus mal intentionnés sont prévenus que la jeune femme en question prendra dans ses bagages sa ceinture noire de judo et qu’elle n’hésitera pas à  s’en servir.

(Je vous rassure, je ne suis pas trop pénible ni chère à  l’entretien. Ça ne me dérange d’ailleurs pas de faire une nuit ici, une nuit là …)

Update 11.12.02: logement trouvé, merci à  tous!

15 décembre : Paris ? [en]

Comme le dit Christophe, je suis « salement tentée » de faire un petit saut à  Paris pour être présente au souper des webloggueurs. Et toi, ami lecteur, y seras-tu ?

Une des certitudes que j’ai peut-être (!) au sujet de moi-même, c’est que j’ai du plaisir à  voir des gens. J’avais au départ renoncé à  cette expédition pour travailler sur mon mémoire. L’état des choses étant ce qu’il est, (je ne vous ennuierai pas avec les détails) je pourrais tout aussi bien m’offrir ce petit plaisir. J’en ai bien besoin. Et qui sait, maintenant qu’il n’y a aucun risque de terminer mon mémoire à  temps, peut-être que je vais commencer à  pouvoir l’écrire ?

Allaitement [en]

Lorsque j’ai rencontré Aleika et Akirno, j’ai été très surprise que celle-ci allaite encore un bébé qui avait près d’une année. Dans mon esprit, l’allaitement convenait à  de tout petits bébés, quelques mois tout au plus.

Au fil des semaines qui ont suivi, je me suis plongée dans la bibliothèque d’Aleika. En particulier, un livre (je crois) de la Ligue La Leche et The Baby Book. J’ai bien peur que ce dernier n’existe malheureusement pas en français. Je serais très heureuse d’apprendre que je me trompe !

En Inde, il est parfaitement normal d’allaiter au moins une année ou deux. De retour en Suisse, j’ai réalisé que mes idées « pré-indiennes » étaient tout à  fait répandues parmi mes concitoyens. L’idée d’allaiter « encore » après une, deux, voire trois années était considéré comme choquante, malsaine, néfaste, ou tout du moins irréalisable et peu pratique.

Une rapide recherche sur l’allaitement en Suisse m’a fait découvrir toute une série de ressources intéressantes sur l’allaitement, en français. Vous me connaissez, je vais m’empresser de les partager avec vous !

Tout d’abord, quelques chiffres concernant l’allaitement en Suisse. Si le taux d’allaitement à  la naissance est élevé (90 %), on n’allaite pas longtemps (moins de 50 % au-delà  de trois mois).

Toujours sur le site de l’IPA, apprenez-en plus sur l’allaitement maternel chez les primates, dans l’histoire et la diversité des cultures humaines : on se rend compte que l’allaitement court (ou même son absence) est une caractéristique de notre civilisation occidentale postindustrielle :

La proximité mère-enfant, l’allaitement à  la demande et une durée d’allaitement le plus souvent d.au moins deux ans, sont des éléments retrouvés dans de très nombreuses cultures, y compris en Europe avant l’industrialisation.

On rappellera en passant que l’OMS recommande deux ans ou plus d’allaitement, dont six mois d’allaitement exclusif :

Pour avoir une croissance, un développement et unesanté optimaux, le nourrisson doit être exclusivement nourri au sein pendant les six premiers mois de lavie : c.est là  une recommandation générale de santé publique. Par la suite, en fonction de l.évolution deses besoins nutritionnels, le nourrisson doit recevoir des aliments complémentaires sûrs et adéquats dupoint de vue nutritionnel, tout en continuant d.être allaité jusqu.à  l.âge de deux ans ou plus.

Ce n’est bien sûr pas valable uniquement pour les pays en voie de développement !

Sur un plan plus pratique, ce site très complet nous offre une FAQ (« Ai-je assez de lait ? », « Comment sevrer mon bébé ? »), un guide au fil des mois qui couvre l’allaitement dit « tardif », et surtout un répertoire des thèmes importants liés à  l’allaitement : allaiter la nuit, le manque de lait (souvent un « faux problème » : il est très rare qu’une femme soit physiologiquement incapable de produire assez de lait pour son bébé) et la reprise du travail.

Notons encore pour terminer les dossiers allaitement de jolimont.com et cet article de Construire sur l’allaitement.

Nerves, Judo and Spring in Autumn [en]

So the neurologist says my nerves are fine. That is good news. In the space of a day, the weather has gone from beautiful sunny autumn to grey drizzly November. That, on the other hand, is depressing.

The neurologist gave me two weeks of sick leave from work. That should allow enough time for my special equipment to arrive. I’m going back to judo—no hard training of course, but it will do me good to move a little.

I’m starting to understand why I have been doing so much judo for all these years. When doing judo, I am myself—body, mind and emotions—in a way that I am not usually capable of. I now see much more clearly why I tend to be in low spirits when I don’t train.

I’m slowly starting to thaw. It is at the same time less frightening and more frightening. It is exciting. It makes me wonder what my future is going to be made of.