Pirater n’est pas voler, en sept mythes

[en] Debunking the myths used to fight file-sharing. There are many good articles about this in English (many which I quote or link to here, just look for them in the French text). Here are the myths:

  1. piracy is theft
  2. a downloaded file is a lost sale
  3. artists are people who sell CDs
  4. CD sales decrease because of file-sharing
  5. we're all criminals
  6. you can "own" an idea
  7. it's the end of the world!

Extra links and comments welcome. The comments are yours!

Pirater n’est pas voler. Le vol enlève l’objet original, le piratage le duplique:

piracy-is-not-theft

Pirater, c’est donc plutôt comme photocopier un livre à la bibliothèque ou vite graver une copie d’un CD qu’on nous a prêté.

Je suis atterrée de voir à quel point le lavage de cerveau opéré par la grosse machine a faire du fric de l’industrie du film et de la musique a été efficace: nombre de personnes dans mon entourage avalent tout rond l’affirmation selon laquelle le téléchargement d’oeuvres protégées par le droit d’auteur est un crime comparable (si ce n’est pire!) à aller se servir dans le porte-monnaie des artistes.

Il est temps de monter au front, à l’heure de la Loi Hadopi, du procès The Pirate Bay (suite auquel le Parti des Pirates est en passe de devenir un acteur majeur de la politique suédoise), et du cautionnement par le Tribunal Administratif Fédéral des activités de traquage d’IP par la société Logistep (rejoignez le groupe Facebook), pour renverser la vapeur, lutter contre ce lavage de cerveau, dénoncer les arguments fallacieux (voire malhonnêtes et confinant au mensonge) d’une industrie qui échoue à se réinventer face aux évolutions technologiques du monde moderne, bref, remettre les pendules à l’heure et l’eglise au milieu du village.

Contrairement à ceux qui voudraient nous faire penser que télécharger (ou partager) un mp3 ou une série télé fait de nous des criminels endurcis (souvent récidivistes), méritant la prison, l’amende, ou tout du moins l’opprobre général de la société (nous mettant du coup dans le même sac que les meurtriers, les voleurs, les faussaires, les plagiaires, et autres escrocs) — je vais prendre le temps ici d’expliquer ce que j’avance. On fera un peu d’histoire, un peu d’argumentatif que tout le monde peut suivre, je ferai intervenir quelques témoins, on regardera quelques chiffres. Je m’efforcerai de nommer les mythes que nous servent au petit-déjeûner les apôtres d’un droit d’auteur conçu pour le monde des objets physiques, et nous les regarderons ensemble s’écrouler sous le poids de la réalité numérique d’aujourd’hui. (Oui, “mythe” c’est un peu plus diplomatique que “mensonge”.)

Ce n’est pas gagné d’avance:

  • le lavage de cerveau à fonctionné — à force de répéter les choses, les gens finissent par y croire
  • les raisonnements et les statistiques n’ont que peu de poids face à un adversaire qui manipule l’émotionnel
  • la loi reste la loi, et le non-respect du droit d’auteur est illégal.

Mais ne nous décourageons pas. En répétant à notre tour, on peut espérer se faire entendre par nos concitoyens.

Mythe #1: “pirater, c’est voler”

Voler, c’est prendre à quelqu’un par la force ou l’astuce quelque chose que celui-ci possède, pour se l’approprier. Comme l’illustre bien le dessin ci-dessus, la copie (illégale) de fichiers, ce que l’on nomme “piratage”, n’enlève rien à qui que ce soit (ce point sera développé plus loin pour ce qui est de la perte d’une “vente potentielle”). En piratant un fichier (que cela soit de la musique, un film, une photo, ou un logiciel), on entre effectivement en possession de quelque chose auquel on n’aurait “pas droit”. Mais le parallèle avec le vol s’arrête là.

Tenter d’enfoncer dans le crâne d’honnêtes citoyens que le piratage est l’équivalent du vol, c’est une exploitation manipulatrice des mots. En fait, je pense qu’on peut carrément dire que c’est un mensonge. Diriez-vous que faire la photocopie intégrale d’un livre à la bibliothèque, c’est la même chose que le voler?

Pour illustrer un peu plus avant ce point, j’aimerais prendre ce témoignage donné par Tim O’Reilly, l’éditeur bien connu.

Consistent with my observation that obscurity is a greater danger than piracy, shoplifting of a single copy can lead to lost sales of many more. If a bookstore has only one copy of your book, or a music store one copy of your CD, a shoplifted copy essentially makes it disappear from the next potential buyer’s field of possibility. Because the store’s inventory control system says the product hasn’t been sold, it may not be reordered for weeks or months, perhaps not at all. I have many times asked a bookstore why they didn’t have copies of one of my books, only to be told, after a quick look at the inventory control system: “But we do. It says we still have one copy in stock, and it hasn’t sold in months, so we see no need to reorder.” It takes some prodding to force the point that perhaps it hasn’t sold because it is no longer on the shelf.

Tim O’Reilly

Ce qu’explique Tim, c’est que le vol a l’étalage a des conséquences que l’on ne voit pas immédiatement: le système de gestion d’inventaire de la librairie indique qu’un ouvrage est en stock et n’a pas été vendu depuis des mois, alors qu’en fait il manque dans le magasin suite à un vol. Combien de ventes perdues?

La confusion au niveau des termes employés va encore plus loin: parler de piratage pour la copie illicite de fichiers, c’est déjà noircir le tableau. A la base, le piratage, c’est la contrefaçon. La contrefaçon consiste à reproduire des biens (montres, sacs, CDs, DVDs, habits de marque…) pour ensuite le revendre et en tirer profit. La plupart du temps, ceux qui téléchargent de la musique sur le net ne le font pas pour la revendre — c’est simplement pour se la procurer.

File sharing is not piracy.

(Et puis bon, parler de piratage pour de la contrefaçon… c’est aussi très discutable.)

Je résume: il y a clairement manipulation en ce qui concerne le vocabulaire utilisé pour parler de ces questions. Le partage et la copie de fichiers, dans la plupart des cas, ce n’est pas de la contrefaçon (personne ne vend quoi que ce soit). Et le partage ou la copie de fichiers, dans tous les cas, ce n’est pas du vol. Ces amalgames servent à faire paraître le crime plus grave qu’il ne l’est.

Manquer de respect aux droits d’auteur ou à la propriété intellectuelle (une autre notion discutable, voir plus bas), comme lorsque l’on photocopie en douce un livre à la bibliothèque, grave en vitesse un CD qu’on nous a prêté, ou télécharge de la musique ou des films “trouvés” sur internet, ce n’est pas un crime du même acabit que détrousser une petite vieille, piquer dans la caisse ou au supermarché du coin, ou braquer une banque.

Je redonne la parole à Tim O’Reilly pour qu’il nous donne sa perception de la copie illégale de fichiers, en tant qu’éditeur:

And overall, as a book publisher who also makes many of our books available in electronic form, we rate the piracy problem as somewhere below shoplifting as a tax on our revenues.

Tim O’Reilly

…une taxe progressive sur leur revenu, et un problème moins grave que le vol à l’étalage.

Mythe #2: chaque copie téléchargée représente la perte d’une vente

Qu’est-ce qu’on l’entend, celui-là! Comment peut-on en toute bonne foi prétendre que chaque personne qui télécharge gratuitement un fichier sur internet aurait été prête à acheter ce même fichier (ou une version bridée de celui-ci, merci les DRM) au prix fort? Ce n’est tout simplement pas vrai.

Il ne faut pas négliger le pouvoir de la gratuité: elle incite à essayer, à prendre des risques, à se procurer ce dont on n’a pas besoin. Jules passera des heures à télécharger des séries télé… mais peut-on honnêtement imaginer qu’il les aurait achetées s’il ne les avait pas téléchargées, avec son budget d’étudiant?

Ça me scandalise que ce soit ce genre de calcul fallacieux qui serve de base à des estimations de dommages-intérêts en cas de procès.

Une illustration — puisque l’on sait que les histoires valent tous les raisonnements et les chiffres:

A while ago a teacher told me that she didn’t use a chapter of my book Small Pieces Loosely Joined because she didn’t want to ask her students to buy the entire volume. She should have instead freechased the chapter by printing up some copyright-bustin’ copies. Since she wasn’t going to buy the book, she wouldn’t have been depriving me or my publisher of any money. And freechasing the chapters would have created some value: She obviously thought it would have some salutary effect on the students (presumably as they sharpened their logical skills by ripping it to shreds), and it’d be in my long term interest to have students introduced to my writing.

David Weinberger

David Weinberger, auteur de plusieurs livres, raconte qu’une prof lui a avoué avoir renoncé à utiliser une partie de l’un de ses livres dans son cours, car elle ne voulait pas demander à ses étudiants d’acheter le livre entier pour cela. David dit qu’elle aurait simplement dû photocopier le chapitre en question. Puisqu’elle n’avait pas l’intention d’acheter les livres, en faisant cela elle ne prive ni David ni son éditeur d’un quelconque revenu. Il ajoute qu’en plus, en faisant cela, tout le monde y gagnait: clairement, elle pensait que ses étudiants gagneraient à étudier ce texte, et David et son éditeur gagnaient à ce que les étudiants aient un contact avec son livre, qui, un jour, mènerait peut-être à une vente — qui sait.

Cela nous amène au corrolaire de la destruction de ce mythe: et si, en plus de ne pas priver le détenteur des droits d’auteur d’une vente, le partage de fichiers était susceptible d’en générer? C’est ce que démontre une récente étude hollandaise sur la question (notons que ce n’est pas nouveau: des conclusions similaires déjà en 2002…).

Ajoutons à ces études un peu de logique primaire: comme le dit Tim O’Reilly, l’ennemi numéro un d’un artiste ou d’un auteur aujourd’hui, c’est l’obscurité:

For all of these creative artists, most laboring in obscurity, being well-enough known to be pirated would be a crowning achievement. Piracy is a kind of progressive taxation, which may shave a few percentage points off the sales of well-known artists (and I say “may” because even that point is not proven), in exchange for massive benefits to the far greater number for whom exposure may lead to increased revenues.

Tim O’Reilly

Le partage de fichiers a un pouvoir extraordinaire: celui de faire connaître. Depuis toujours, on fait des cassettes de compilations pour des amis, on fait écouter ses disques aux invités. La copie de fichiers est l’équivalent numérique de ces comportements. J’ai découvert Michel Sardou et Jean-Jacques Goldman parce qu’une de mes amies d’école m’avait fait des cassettes (illégales). J’ai croché sur Elton John, et plus tard, acheté plusieurs de ses albums, parce que j’avais fait une copie (illégale) d’un CD de lui que mon père avait emprunté. Et je ne vous ferai pas la liste des artistes que j’ai découverts grâce à de la musique téléchargée (illégalement) sur internet — et dont j’ai fini par acheter des CDs, et même, dans un cas, un livre.

Rien de nouveau sous le soleil: tout ce qui change, c’est l’échelle. Question d’échelle qui rend douloureusement visible le fait que l’industrie de la musique est basée sur une économie de la rareté — système qui ne tient simplement plus la route dans un monde numérique.

Mythe #3: les artistes sont des gens qui vendent des CDs

Ce mythe-ci, je le trouve carrément insultant pour les artistes. Non mais, franchement. Pourquoi diable vendre des CDs serait-ce la seule façon pour un musicien ou un chanteur professionnel de se réaliser dans la société d’aujourd’hui? Un artiste, c’est tellement plus qu’un fabricant de CDs.

Les vendeurs de CDs, ce sont les maisons de disques. Et si on creuse un peu, on imagine qu’à l’origine, la maison de disques qui produisait l’artiste lui était utile, car les disques étaient le moyen le plus pratique de diffuser et faire connaître sa musique. Maintenant, un disque c’est un objet matériel — il faut donc bien le faire payer.

Mais aujourd’hui? De moyen, le CD est devenu une fin. Alors qu’en somme, internet offre un moyen bien plus économique de se faire connaître. Alors certes, on renonce peut-être au revenu de la vente des CDs.

Mais qui exactement se fait de l’argent quand un CD est vendu? Je vous le donne en mille: principalement les maisons de disques. (Mais vous le saviez, non?)

Comment donc est-ce qu’on arrive encore à se faire avoir, en sachant cela, et avaler des énormités du genre “quand tu télécharges de la musique sur internet, tu pilles les artistes que tu aimes” (je cite de mémoire, mais il y avait une grande campagne d’affichage en ville il y a un an ou deux) — ou encore cette explication (mensongère, vous le verrez), trouvée sur le site de l’association suisse pour la lutte contre le piratage:

L’artiste vit des droits d’auteurs qu’il perçoit. C’est là son gagne-pain principal. Comme par définition sur des produits contrefaits il n’y a pas de droit d’auteur, les artistes sont totalement spoliés.

Appelons quelques témoins:

  • Courtney Love, qui en 2000 déjà sortait sa calculette et nous faisait les maths de la production d’un album à succès: un contrat de rêve avec 20% de royalties et un million d’avance, pour un groupe de quatre artistes, finit par laisser à chacun 45000$ avec lesquels vivre durant un an; le disque se vend à un million d’exemplaires, mais entre les frais de promo et l’avance à rembourser, il ne restera rien.
  • Steve Albini (producteur de “In Utero” de Nirvana) sort aussi sa calculette pour nous montrer à quel point le contrat avec la maison de disques est une forme moderne de servage; les artistes finissent avec presque rien, alors que “l’industrie” fait des millions.
  • Pascal Nègre nous avoue qu’un disque d’or touche 4000€ par mois… Une poignée d’artistes français, donc, mais qui affichent des revenus bien supérieurs. Pas difficile de deviner d’où vient leur revenu: concerts et “produits” dérivés.
  • Numérama, enfin, découpe le gâteau et nous dit où va l’argent dépensé lors de l’achat d’un CD (pas de surprise de ce côté-là).

Je résume? Si les artistes sont perdants, c’est parce que les maisons de disques ont conçu le système pour qu’ils le soient. Et si vraiment le téléchargement de MP3 sur internet était responsable de la chute des ventes de CDs… ce sont les maisons de disques qui perdent gros, pas les artistes. Qu’on arrête de nous raconter des salades et qu’on appelle un chat un chat — ils ont bon dos, les artistes.

(Et on apprend d’ailleurs de la bouche de la Suisa que les pertes sur les redevances de CDs ont été compensées par celles des concerts… Tiens, tiens!)

Mythe #4: la chute des ventes de CDs est imputable au téléchargement illégal

On le sait tous: si les maisons de disques (et donc les musiciens) vendent moins de CDs, c’est à cause des vilains pirates qui partagent (et téléchargent) gratuitement et illégalement de la musique en ligne (on devrait d’ailleurs aussi leur faire porter le chapeau pour la mort du vinyle et des cassettes audio et vidéo). N’est-ce pas?

Eh bien, cela reste à prouver:

  • Le CD est maintenant en concurrence avec une pléthore d’autres formes de divertissement (DVD à l’achat ou la location, jeux vidéo, connexion internet, téléphone mobile, concerts, cinéma, manifestations sportives…) — si j’ai un budget “divertissements”, est-ce qu’acheter un CD est vraiment la meilleure façon de dépenser mon argent (que je puisse ou non me procurer de la musique gratuitement en ligne)?
  • Les baladeurs CD ont été remplacés par les lecteurs MP3. 12 titres sur un CD, des milliers sur un iPod. Le format CD est-il encore attractif, et pire, a-t-il encore une raison d’être?
  • Fin 2002, les principales maisons de disques américaines ont été reconnues coupables d’avoir maintenu artificiellement haut les prix des CDs. Et si c’était ce genre de pratique qui décourageait les acheteurs, dès qu’il existe d’autres alternatives?
  • Entre 2000 et 2001, la vente de CDs de contrefaçon a augmenté de 50% (4.3 millions de dollars pour 650 millions de CDs). N’est-ce pas là un problème sur lequel il mériterait de s’attarder? Cf. mes remarques plus haut sur la distinction entre le partage gratuit de fichier et la contrefaçon…
  • La variété des artistes mis en avant par les maisons de disques (albums publiés, radios, vidéos sur MTV) diminue. Par exemple, en 2000, l’industrie du disque a sorti 25% d’albums en moins que l’année précédente. Alors, blâmer la diminution des ventes de 10% sur les méchants pirates, c’est un peu limite.

Un peu plus près de nous dans le temps (je sais, je vous sers des vieilleries, mais à voir comme l’industrie et les autorités restent crispés sur leurs positions en ce qui concerne ce sujet, cela n’a pas grande incidence):

  • Durant le fameux procès The Pirate Bay, le Prof. Roger Wallis a pris la barre pour témoigner de l’absence de lien entre le partage de fichiers et le déclin des ventes.
  • L’étude hollandaise déjà mentionnée plus haut, qui semble montrer que le partage de fichiers encourage plutôt l’achat dans son ensemble.

Quelques articles que je vous conseille (certains sont les sources des points ci-dessus):

L’industrie du disque est une industrie basée sur la rareté des objets physiques. A l’époque où le seul moyen de distribuer de la musique, c’est de la mettre sur un support physique, de l’expédier à travers le pays dans des avions ou des camions, alors oui, il faut payer ceux qui investissent pour rendre cela possible.

Mais cette époque est révolue. On passe d’une économie de la rareté à une économie de l’abondance. Dans un environnement numérique, le partage multiplie les biens, alors que dans un environnement physique, il les divise. Peut-être que le vrai coupable, dans la chute des ventes de CD, c’est simplement le fait de vouloir s’accrocher à tout prix à un modèle économique qui n’a plus lieu d’être le seul possible pour la distribution de la musique.

Mythe #5: on est tous des criminels

Une des conséquences de cet amalgame malhonnête du partage de fichiers avec le vol, c’est une criminalisation de ceux qui pratiquent le téléchargement. Est-ce que toute personne qui viole une loi est un criminel? Si on veut être littéraliste, peut-être que oui — j’avoue ne pas être une spécialiste des nuances juridiques (crime, délit, infraction… et comment nomme-t-on les personnes qui en sont coupables?)

Je sors mon chapeau de linguiste. Regardons un peu les connotations des mots.

  • quelqu’un qui braque une banque, viole ou tue quelqu’un: un criminel
  • quelqu’un qui détrousse des passants, cambriole des appartements: un criminel
  • quelqu’un qui trafique les comptes de sa société, puise dans la caisse, escroque autrui: un criminel
  • quelqu’un qui crée des biens de contrefaçon et en vit: un criminel
  • quelqu’un qui fait un excès de vitesse?
  • quelqu’un qui “oublie” certains revenus en remplissant sa déclaration d’impôts?
  • un mineur qui achète de l’alcool?
  • quelqu’un qui photocopie un livre à la bibliothèque, ou copie un CD qu’on lui a prêté?
  • quelqu’un qui tond son gazon un dimanche (on est en Suisse)?
  • quelqu’un qui échappe à BILLAG?
  • un randonneur en tenue d’Adam (ou d’Eve)?

J’espère qu’il est clair, par cette liste d’exemples, que toute infraction à la loi n’a pas le même poids. Je doute que quiconque envisage d’appeler “criminel” une personne qui fait un (ou même plusieurs) excès de vitesse, ou photocopie un livre à la bibliothèque. Car si c’était le cas, nous serions tous des criminels (que celui qui n’a jamais enfreint la loi se dénonce).

Revenons à ce qui nous intéresse, le partage de fichiers. Voici quelques chiffres:

J’aurais pu creuser plus pour trouver encore d’autres chiffres (utilisez les commentaires si vous en avez), mais ceux-ci suffisent à vous donner un ordre de grandeur. En somme, si toutes les personnes partageant des fichiers sont des criminels, on criminalise la société — et ça… ça ne tient pas debout.

La loi suit l’évolution de la société et s’y adapte. Si on se retrouve dans la situation où l’application d’une loi rendrait la majeure partie d’une société criminelle, je pense que c’est plutôt la loi et son application qu’il faut repenser, plutôt que s’obstiner à la tâche (impossible) de son application et criminaliser la société.

Mythe #6: on peut être “propriétaire” d’une idée

Si on creuse, tout le débat autour du partage de fichier prend ses racines dans la propriété intellectuelle. Si l’on admet les malhonnêtés des uns et les manipulations des autres, la soif de profit d’une industrie en perte de vitesse… reste la question que l’on trouve normal qu’une personne qui crée quelque chose puisse en retirer un profit.

Et je vous rassure tout de suite, je ne prône nullement l’abolition de la propriété intellectuelle ou du droit d’auteur (je suis moi-même une personne qui “crée”, et j’avoue que l’idée de pouvoir en vivre au moins partiellement me plaît bien). Cependant, il faut bien avouer qui si l’on met côte-à-côte les lois et principes régissant la propriété intellectuelle et le droit d’auteur avec internet, ses possibilités technologiques, et la culture qui en est née, ça coince.

La racine du problème est la notion un peu naïve (et erronée) que l’on peut être “propriétaire” d’une idée. Les idées veulent être libres: une fois qu’on laisse une idée hors de sa tête, en la partageant sous quelque forme que ce soit, on ne peut plus la reprendre. On ne peut pas non plus s’en défaire. La nature même de l’idée est de se propager d’une personne à l’autre, sans que rien ne puisse la contrôler.

J’aimerais citer à ce sujet-là Thomas Jefferson:

If nature has made any one thing less susceptible than all others of exclusive property, it is the action of the thinking power called an idea, which an individual may exclusively possess as long as he keeps it to himself; but the moment it is divulged, it forces itself into the possession of everyone, and the receiver cannot dispossess himself of it. Its peculiar character, too, is that no one possesses the less, because every other possesses the whole of it. He who receives an idea from me, receives instruction himself without lessening mine; as he who lights his taper at mine, receives light without darkening me. That ideas should freely spread from one to another over the globe, for the moral and mutual instruction of man, and improvement of his condition, seems to have been peculiarly and benevolently designed by nature, when she made them, like fire, expansible over all space, without lessening their density at any point, and like the air in which we breathe, move, and have our physical being, incapable of confinement or exclusive appropriation. Inventions then cannot, in nature, be a subject of property.

Thomas Jefferson, cité dans Embrace File-Sharing or Die

Pour protéger les oeuvres de l’esprit, dans un monde où leur expression a un coût, on protège ces expressions. La propriété intellectuelle, en fait, donne le droit de protéger l’expression d’une oeuvre ou d’une innovation — mais non celle-ci en elle-même. Je peux contrôler qui crée et distribue des copies de mon livre dans le monde physique, mais je peux très difficilement contrôler qui y a accès (une fois mis en circulation, le livre peut tomber entre les mains de n’importe qui). Avec un brevet, je peux contrôler qui a le droit de réaliser et de commercialiser mon innovation, et à quelles conditions.

Les lois de propriété intellectuelle protègent les expressions et non les oeuvres de l’esprit elles-mêmes. Si vous lisez l’anglais, filez lire du début à la fin The Economy of Ideas, écrit par l’ancien parolier des Grateful Dead. Il explique ces choses bien mieux que je ne le pourrai.

Donc, toutes ces lois vont très bien dans un monde où la production et la distribution des expressions d’oeuvres de l’esprit ont un coût. Elles ont même été initialement mises en place pour encourager les auteurs de telles oeuvres à les partager avec le monde. Par exemple, pour encourager un éditeur à investir dans un auteur, prendre le risque (financier) de faire imprimer des tas de bouquins et les distribuer, l’état lui garantit une certaine protection (l’exclusivité) durant un certain temps. Idem avec la musique.

The framers [of copyright law] understood that the state-created property monopoly of copyright was justifiable only to the extent that it would “promote the progress of Science and the Useful Arts.” It created therefore a fixed, and originally very short, period of time in which one might sell copies of one’s works with state protection. Without this protection, in the nature of intellectual things, piracy was naturally rampant. After authors have been given a decent interval to exploit their property, the monopoly to the work is ended, and the work may be reabsorbed into the culture at large, be remixed into new works, for the public benefit for the rest of time: hence the name “Public Domain” which refers to the domain of this public good.

Against Perpetual Copyright — Lessig Wiki

Je résume: le droit d’auteur est là pour encourager la diffusion de l’oeuvre, et non l’empêcher. Sans droit d’auteur, l’état naturel des oeuvres de l’esprit est un état de “piraterie”.

A l’heure où l’expression et la diffusion des ces oeuvres de l’esprit sous forme numérique ne coûte à peu près plus rien, il est clair que l’attirail juridique en rapport a besoin d’être repensé. Si diffuser une oeuvre ne nécessite plus d’investissement significatif, s’il n’y a plus de prise de risque, a-t-elle encore besoin d’une pareille protection?

Je précise en passant que ceci n’a rien à voir avec la reconnaissance de celui à l’origine de l’oeuvre. Je vois souvent des gens confondre “droit d’auteur” (= je peux contrôler la diffusion de mon oeuvre) et “crédit” (=on reconnait que je suis l’auteur de cette oeuvre) — l’ennemi du crédit étant le plagiat, qui est une toute autre histoire, que je trouve complètement condamnable.

Si on accepte qu’on ne puisse pas être “propriétaire” d’une idée, qu’on ne peut plus, à l’ère numérique, contrôler la diffusion des choses qu’on rend publiques (c’est ce que j’explique aux ados), se pose donc la question: comment le créateur d’oeuvres de l’esprit gagne-t-il sa vie?

Je vous renvoie à l’article The Economy of Ideas, qui explore l’importance du contact direct (on retrouve ici un lien avec le mythe #3): concerts et autres “performances”, produits dérivés…

One existing model for the future conveyance of intellectual property is real-time performance, a medium currently used only in theater, music, lectures, stand-up comedy, and pedagogy. I believe the concept of performance will expand to include most of the information economy, from multicasted soap operas to stock analysis. In these instances, commercial exchange will be more like ticket sales to a continuous show than the purchase of discrete bundles of that which is being shown. The other existing, model, of course, is service. The entire professional class – doctors, lawyers, consultants, architects, and so on – are already being paid directly for their intellectual property. Who needs copyright when you’re on a retainer? In fact, until the late 18th century this model was applied to much of what is now copyrighted. Before the industrialization of creation, writers, composers, artists, and the like produced their products in the private service of patrons. Without objects to distribute in a mass market, creative people will return to a condition somewhat like this, except that they will serve many patrons, rather than one.

John Perry Barlow dans The Economy of Ideas

On peut se consoler en se rappelant que ceci n’est qu’un retour à l’état des choses d’avant l’industrialisation de la création.

Mythe #7: c’est la fin du monde! au secours!

Bon, j’avoue, ce dernier mythe je l’ai ajouté principalement pour le plaisir de taper sur ceux qui s’amuse à faire de l’alarmisme (vous savez que c’est un de mes dadas).

N’empêche: les hurlements de fin du monde d’une industrie installée “confortablement” sur le pont d’un bateau en train de couler prêteraient à rire, s’ils n’étaient pas l’indice d’une myopie historique effrayante. Je vous ai dit au début de cet article que ce contre quoi je m’élève ici, c’est la malhonnêteté intellectuelle dans ce débat, et le mépris de l’histoire en fait partie.

Le partage de fichiers n’est pas la première révolution que connaît l’industrie du disque et du film: l’apparition des cassettes audio, des enregistreurs vidéo, des graveurs CD, de la radio (allez d’ailleurs voir à ce sujet The Boat That Rocked — premièrement c’est un excellent film, deuxièmement la problématique des radios pirates des années 60 n’est pas sans rappeler le sujet qui nous occupe ici).

Et avant cela, en parlant de révolutions, c’est simplement l’apparition du support enregistré qui a révolutionné le monde du théâtre et de la musique (je les entends d’ici: “quelle plaie, ces enregistrements, plus personne ne viendra me voir pour écouter ma musique!)

Les modèles commerciaux ont changé, mais la musique et l’art survivent. Internet est une opportunité incroyable pour quantité d’artistes qui jamais n’arriveraient à intéresser les gros de l’industrie. Il n’a jamais été aussi facile de laisser son art trouver un public.

Et à côté de ça, vous avez les majors schizophrènes, comme Sony, qui tentent d’un côté de profiter de l’explosion du téléchargement musical et des nouvelles opportunités de développement commercial qu’elle présente, et d’un autre côté, qui s’aggrippent aux DRM et aux droits d’auteurs en tant que membre de la RIAA:

As a member of the Consumer Electronics Association, Sony joined the chorus of support for Napster against the legal onslaught from Sony and the other music giants seeking to shut it down. As a member of the RIAA, Sony railed against companies like Sony that manufacture CD burners. And it isn’t just through trade associations that Sony is acting out its schizophrenia. Sony shipped a Celine Dion CD with a copy-protection mechanism that kept it from being played on Sony PCs. Sony even joined the music industry’s suit against Launch Media, an Internet radio service that was part-owned by – you guessed it – Sony.

Les lois aussi s’insèrent dans un contexte historique. Elles ont été écrites pour répondre à un besoin ou à un problème. Quand la société change et que les lois finissent par être détournées de leur raison d’être première, il est temps de se mettre au travail et de repenser les choses en profondeur.

Conclusion

Si vous avez lu cet article en entier, chapeau — j’ai perdu la trace du temps que j’ai mis à le rédiger, mais cela se compte en jours. Je vous invite à laisser un commentaire, je serais ravie d’avoir des retours. Je ferai de mon mieux pour y répondre.

Si je devais reprendre ici les points les plus importants de mon argumentation, je dirais ceci:

  • il y a un problème de terminologie dans ce débat qui brouille les cartes de façon délibérée (partage de fichiers / piratage / contrefaçon / vol) et criminalise une pratique répandue et plus innocente qu’on voudrait le faire croire (penser “photocopier un livre/article à la bibliothèque”)
  • les intérêts des artistes et de l’industrie ne sont pas aussi liés que ce que celle-ci voudrait nous faire croire (les artistes ont autre chose dans le ventre qu’être des vendeurs de disques)
  • sans vouloir abolir la propriété intellectuelle et le droit d’auteur, il est temps de les repenser soigneusement à la lumière du numérique (en mettant peut-être les intérêts de la culture et des citoyens devant ceux d’une industrie à brasser des milliards)
  • la chute des ventes des CDs n’est pas clairement une conséquence du partage de fichiers (il semblerait même, au contraire, que celui-ci stimule l’achat)
  • un fichier téléchargé illégalement n’est pas équivalent à une vente perdue (quelqu’un en doute encore?)

Et finalement, cerise sur le gâteau, les décideurs souffrent d’un déficit effrayant de culture numérique et ne saisissent souvent pas les conséquences des lois qu’ils passent (ou tentent de faire passer). Il est certes plus facile d’écouter les cris de l’industrie et de traiter le partage de fichiers comme de la contrefaçon, phénomène concret avec lequel on est déjà familier.

(Et là, je me dis qu’en plus de vous recommander de lire le livre L’âge de peer d’Alban Martin… je devrais aussi finir de le lire moi-même!)

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156 Responses to Pirater n’est pas voler, en sept mythes

  1. STPo says:

    Un bien chouette article !

    (tiens, une coquille au passage : “connection internet” > “connexion internet”)

  2. Marie-Aude says:

    Très intéressant.

    Mais il y a beaucoup de choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord, pas avec ce que tu dis “en soi” mais simplement parce que le problème est amha nettement plus large que celui des “ados” copiant pour leur seul plaisir des fichiers de musique.

    La “copie illégale” recouvre beaucoup plus de choses, et ce qui me gêne le plus dans celle des fichiers musique, c’est simplement qu’elle met en place une culture de la copie qui se retrouve ailleurs.

  3. Frédéric says:

    Mythe #8 (malheureusement présent dans l’article): “photocopier en douce un livre à la bibliothèque”, “graver en vitesse un CD qu’on nous a prêté”, “télécharger de la musique ou des films “trouvés” sur internet” est illégal.

    La copie d’oeuvres est légale en Suisse quand elle reste dans le domaine privé (pour la personne qui copie, ou pour sa famille ou amis proches). Ca inclut photocopier un livre, copier un CD et télécharger sur Internet (avec le bémol que le “peer to peer” ne fait quasiment jamais que télécharger, mais met aussi à disposition les parties de l’oeuvre qui ont déjà été téléchargées, ce qui est illégal) — toutes ces activités sont donc légales tant que les copies ne sont pas redistribuées.

    Voir par exemple la page de l’IPI pour les détails.

  4. Stephanie says:

    Donc en fait, ce qui serait illégal, c’est de mettre à disposition mes livres ou mes CDs pour que d’autres puissent les photocopier ou les graver?

  5. Jérôme says:

    Voici mes réflexions, au fil de ma lecture. Elles sont donc un peu décousues.

    Le piratage n’est effectivement pas un vol. Le vol est défini, en droit français, comme la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui (art. L311-1 CP). Il y a donc 4 éléments qui doivent être cumulativement réunis pour qu’il y ait vol. Le droit suisse est quant à lui un peu plus précis puisqu’il évoque une chose mobilière (art. 139 CP).

    Le piratage ou la contrefaçon pour être plus juridiquement correct est défini en droit français comme “Toute édition d’écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs” (art. Article L. 335-2 CPI). Le droit suisse parle quant à lui simplement de violation de droit d’auteur (art. 67 LDA). Il est toujours possible de profiter des exceptions au droit d’auteur, dans le cadre familial notamment.

    La différence de définition tient évidemment compte du fait que dans le cas de la contrefaçon il n’y a pas de dépossession de l’œuvre.

    S’en tenir simplement à la valeur économique du droit d’auteur est mon avis une grave erreur. En effet, au delà de l’aspect patrimonial du droit d’auteur existe, notamment en droit français et en droit suisse la notion de droit moral. Cela signifie que même avec l’accord de l’auteur, il n’est pas permis de faire quoique ce soit avec une œuvre.

    L’absence de cet aspect moral dans le débat vient à mon sens que les enjeux sont d’une part économique mais également soumis le plus souvent au droit américain qui ne connaît que le copyright. Ce dernier ne connaît pas cette notion de droit moral.

    La finalité de la contrefaçon, clairement pécuniaire ou simplement la curiosité d’écouter une fois un morceau n’entre pas en ligne de compte dans la loi. La différence se fera par l’application qu’en feront les juges. Il est évident que des personnes faisant commerce de contrefaçons seront davantage punies que les internautes ayant téléchargés des chansons ou des films. De la même manière un gros téléchargeur sera puni davantage qu’un petit.

    La plupart des artistes ont cédés leur droits d’auteurs à des sociétés de gestion et ont consenti des licences à des éditeurs. Il est clair que les principales victimes des téléchargements illégaux sont les éditeurs et non les auteurs eux-mêmes. La moyenne de la redevance reversée à un auteur est de l’ordre de 8% du prix de vente public.

    Les termes relatifs aux infractions : crime, délit, contraventions renvoient tant en droit français qu’en droit suisse à l’échelle des peines encourues.

    Sur la nécessité de faire évoluer la loi au motif qu’une partie importante de la population ne la respecte pas est je pense dangereux. Par exemple, pour rester dans le domaine de la contrefaçon, acheter un faux sac de marque n’expose une personne, en cas de contrôle à la frontière qu’à se voir confisquer ce produit. En revanche, le commerçant qui pratique de manière habituelle ce type de commerce risque quant lui beaucoup plus.

    En droit, l’idée est dite de libre parcours. Le seul moyen de protéger une idée est de la garder secrète. Le droit d’auteur protège la mise en œuvre de cette idée. Il est ainsi possible de raconter plusieurs fois la même histoire.

    Le droit d’auteur donne à l’auteur d’une œuvre un monopole provisoire quant à son exploitation. Il s’agissait à l’origine de protéger les auteurs contre les abus des éditeurs. Maintenant, il est possible pour un auteur de laisser son œuvre faire sa vie. Le choix d’une licence de type CC ou Cecil sont en principe possible. Je dis en principe possible parce qu’en cas de cession à une société de gestion de droits, ces licences sont inopérantes.

    A mon sens le problème tient davantage à l’obsolescence du modèle économique des majors qu’à une inadaptation du droit d’auteur. Les auteurs sont liés à ces majors par des contrats sans que leurs intérêts soient concordants. Le manque de culture juridique et technique des artistes ne leurs permet pas de se faire leur propre idée sur la question.

    A quand un nouveau modèle économique ?

    Le débat est ouvert !

  6. Pingback: Ceci n’est pas une oeuvre protegée « La Ville Nouvelle

  7. Laurent says:

    Mythe #1: “pirater, c’est voler”

    En tout cas, selon ton raisonnement, le contraire est certainement vrai : voler c’est souvent pas pire que pirater. Le coût de duplication de la majorité des objets qu’on achète est nettement plus bas que le coût de vente. Argumentation détaillée ici : http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2009/05/26/Voler-un-jeans-c-est-comme-voler-de-la-musique

    Mythe #4: la chute des ventes de CDs est imputable au téléchargement illégal

    Là, je ne vois arithmétiquement pas comment ça pourrait être faux. Si on possède autant de musique aujourd’hui qu’il y a 10 ans, mais qu’on en achète moins, il est évident que le piratage explique la chute des ventes. Attention : il est faux de dire que chaque musique copiée est une vente de perdue; par contre, il est trivial que chaque vente perdue est une musique copiée. Je l’argumente en détail ici : http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2008/07/23/Telechargement-illegal-:-un-point-d-arithmetique-que-je-ne-comprends-pas

  8. Chman says:

    Article intéressant et bourré de vérités, même s’il faut bien garder à l’esprit que la contrefaçon, c’est mal :)

  9. Frédéric says:

    Stephanie (9): c’est légérement plus subtil… Le livre ou le CD, en tant qu’objets physiques, t’appartiennent et tu peux les prêter, les donner, les vendre ou les mettre à la disposition de n’importe qui (mais pas les louer, à moins de payer quelque chose à l’auteur) — sinon, les bibliothèques seraient illégales. Après, la personne fait ce qu’elle veut avec (y.c. une copie pour elle-même). Tu ne peux pas, par contre, faire les copies et les distribuer (ce serait de la contrefaçon).

    L’idée de “mise à disposition” est liée à la forme immatérielle des téléchargements (la différence que tu expliques clairement dans l’article). Dans un sens, si tu mets un fichier à disposition du public sur ton ordinateur, c’est ton ordinateur qui effectue la copie pour quelqu’un qui n’est pas dans ton cercle d’amis et de familles proches, d’où problème. Mais l’interdiction de la “mise à disposition de telle manière que quiconque puisse y avoir accès de l’endroit et au moment qu’il choisit individuellement” a été (en plus) ajouté spécifiquement l’an passé à la loi suisse sur le droit d’auteur.

    J’ai oublié dans mon commentaire précédent d’ajouter mes félicitations pour cet excellent article plein de liens intéressants et de vérités qui sont/devraient être du bon sens — oubli réparé !

    Frédéric

  10. Frédéric says:

    Laurent (@13): concernant le fait qu’il est “évident que le piratage explique la chute des ventes”, je doute que tu puisses le montrer avec un calcul aussi simplistique (et si c’était évident, il n’y aurait même pas besoin de calcul :-) .

    Parmi les problèmes que je vois dans ton raisonnement, deux en particulier: 1) on n’a aucune idée de l’évolution de la quantité de musique vendue (on entend toujours des informations sur les montants des ventes, pas sur leur nombre — si le prix de la musique baisse, ce qui est le cas, ça diminuera le montant des ventes; en plus, il faut se souvenir que tous ces chiffres sont fournis par les vendeurs de disque, qui ont un intérêt dans l’histoire et ne sont pas objectifs — les statistiques des contrefaçons, par exemple, sont notoirement foireuses et exagérées !), et surtout, 2) tu égales “musique légale” avec “musique achetée” (oubliant par exemple la copie privée: si je copie les 10000 titres du lecteur MP3 de mon frère, j’ai 10000 morceaux en plus, totalement légalement, et plein d’autres façon d’obtenir de la musique sans devoir acheter un morceau).

    Frédéric

  11. Mirko says:

    Bon article, je pourrais presque signer au bas. Il y a juste un point avec lequel je ne suis pas d’accord, il s’agit du mythe #6: “On ne peut pas être propriétaire d’une idée”. Sur la phrase dans l’absolu je n’ai rien à redire, par contre je pense qu’elle est hors-sujet dans le contexte de l’article.

    Quand on évoque le piratage, on pense immédiatement à la musique et accessoirement au cinéma, deux arts qui sont bien plus qu’uniquement des idées. Le musicien a pour lui (et son groupe) tout un savoir-faire, un travail de longue haleine, du matériel, du temps investi et même quelques-fois du talent. Je ne parlerai même pas de la création cinématographique.

    Que le résultat de ce travail doive être rendu libre d’accès au citoyen, je suis d’accord. Je trouve toutefois que c’est déconsidérer le travail des artistes de parler d’idées lorsqu’on évoque leurs oeuvres.

  12. Félix GG says:

    @STPo : « (tiens, une coquille au passage : “connection internet” > “connexion internet”) »… tu n’as que corrigé la moitié de l’erreur, car Internet prend un I capital :-)

    Sinon, superbe note que je vais garder en évidence dans mes marque-pages!

  13. s427 says:

    Article passionnant quoique légèrement vertigineux de par le nombre de liens externes qu’il propose pour approfondir la réflexion. ;-) J’en ajouterai un (à moins qu’il y figure déjà, désolé s’il m’a échappé) : le passionnant essai de Florent Latrive, “Du bon usage de la piraterie”, disponible sous forme imprimé et sous forme numérique.

  14. Laurent says:

    @ Frédéric. Effectivement, si tu me dis que le nombre de musique vendue ne baisse pas, mais qu’en réalité c’est le prix qui baisse de 10% par an, alors mon raisonnement ne tient plus. Mais franchement … hein ? ” tu égales “musique légale” avec “musique achetée” (oubliant par exemple la copie privée: si je copie les 10000 titres du lecteur MP3 de mon frère, j’ai 10000 morceaux en plus, totalement légalement, et plein d’autres façon d’obtenir de la musique sans devoir acheter un morceau). ” Je compte évidement pas le nombre d’”exemplaires” de musique que je possède (sinon, comme tu le dis, rien qu’avec mes backups, j’en ai déjà aujourd’hui le double d’hier). Je compte la quantité de titres qu’on a de disponible sous la main, c’est à dire la variété de musique qui peuvent se produire quand je met “shuffle” sur toute ma liste de lecture. Et là, je prends comme hypothèse que ce nombre ne varie pas depuis 10 ans, ou, plus précisément, que la quantité de musique qu’on se procure chaque année ne varie pas : j’ai acquis autant de nouveaux titres en 2009 qu’en 2010. Sous ces hypothèses, alors il est pour moi trivial que le piratage explique exactement la baisse des ventes.

    Note que 1. Copier la musique de ton frère n’est “légal” que si tu habites sous le même toit que lui 2. ça se faisait déjà du temps des bandes magnétiques (et donc ça ne peut pas compter pour expliquer ce qui arrive depuis la numérisation de la musique) 3. même en la comptant, si tu veux je repose mon hypothèse : la quantité de musique qui rentrent dans la maison ne baisse pas d’une année à l’autre. 4. Quelles “plein d’autres façons d’obtenir de la musique sans la payer” ? 5. Le jour où je vois que les ventes de magnatunes augmentent au même rythme que la baisse des majors, alors je retournerai mon opinion :)

  15. Stephanie says:

    Laurent: Moi je pense, clairement, que la quantité de musique qui rentre dans la maison chaque année change, et augmente. (Donc en gros, je ne suis pas d’accord avec ton hypothèse. Donc du coup, il faudrait pouvoir trouver des arguments et des chiffres pour permettre de trancher d’un côté ou de l’autre. Ma position au moins le mérite de montrer que ton hypothèse n’est pas “évidente”, et que tu dois donc apporter quelque chose pour la soutenir avant de la faire “gratuitement”.)

    Quant à ton “voler n’est souvent pas pire que pirater” dans un commentaire précédent, c’est une position qui ne tient absolument pas compte de la distinction fondamentale entre “piratage-copie” et “vol” que je m’échine à mettre en avant dans cet article: quand tu voles un objet physique, quel que soit son coût de production, cet objet physique n’est ensuite plus à disposition pour une autre personne.

    Les ventes perdues, à mon sens, proviennent plus du fait que la musique est à disposition sous un tas d’autres formes que le CD: DVD, films, jeux vidéos, concerts, radio (sur internet ou non), MP3 (payants), MTV — et que le choix du CD pour “dépenser son argent musical” est de moins en moins attractif.

  16. Stephanie says:

    Ah, internet avec une minuscule, ça fait belle lurette que je suis ici la ligne du New York Times (je crois que c’est lui) qui lui a viré sa majuscule il y a belle lurette. Je considère ça plus comme un “statement” stylistique que comme une “faute” ;-) (mais je sais que strictement, ça prend majuscule).

  17. Laurent says:

    @Stephanie

    Moi je pense, clairement, que la quantité de musique qui rentre >dans la maison chaque année change, et augmente.

    Moi aussi, en fait. Mon hypothèse est en réalité très prudente. Si la quantité qui rentre est constante, et que les ventes diminues, alors le piratage compense exactement la perte des ventes. Si la quantité augmente, a forciori ce que je dit est correct.

    Merci de confirmer mes dires.

    En fait, il ne faut pas confondre deux affirmations :

    1. Toute musique piratée est une vente perdue
    2. toute vente perdue est une musique piratée.

    Je ne crois pas que la première soit vraie. Ce que j’argumente est la seconde. Et cette seconde est une absolue évidence si on accepte que la quantité de musique qui rentre dans la maison est constantes (et a forciori si elle augmente)

    quand tu voles un objet physique, quel que soit son coût de >production, cet objet physique n’est ensuite plus à disposition >pour une autre personne.

    Tu n’as pas bien lu mon article. Dans mon article, je propose de “voler” en Jeans en laissant sur le comptoire le prix de fabrication, de telle façon à ce que le commerçant ne soit dépossédé de rien.

    Souvent, dans un café, si tu renverses ton café sans faire exprès, le barman t’en donne un nouveau. Hors de question de dire que ça lui a coîté les 1.5 euros du café. Ce geste lui coûte en réalité seulement les 0.5 euros du café et d’amortissement de la machine. Suivant cela, si je prend un café et que je sors sans payer, mais en laissant 0.5 euros sur le comptoire, je ne cause aucun dommage (dans la mesure où je puis dire “de toutes façons, jhe ne l’aurais pas acheté, je ‘l’ai prit juste pour essayer, et peut-être que si le café me plaît, je deviendrai client régulier”).

  18. Laurent says:

    Au fait, j’aimerais faire une remarque qui touchera peut-être les adeptes du logiciel libre.

    D’abord, la licence GPL est une restriction que l’auteur d’un logiciel mets sur l’utilisation et la propagation du logiciel. (si vous n’en êtes pas convaincu, demandez à un adepte de BSD ;) )

    De plus, de nombreux éditeurs de logiciels libres utilisent leurs droits d’auteurs de façon cruciale pour se protéger contre les abus que l’on pourrait faire de la copie de leur travail.

    Exemple : le logo et le nom de Firefox ne sont pas libres du tout : pour les utiliser, vous devez fournir un logiciel qui vérifie un certain nombre de conditions strictes imposées pas la fondation Mozilla. La fondation ne voudrait pas que leur nom et leur image soit associée à des logiciels dérivés des leurs de moins bonne qualité, ou qui feraient des choix différents.

    Dans le même ordre d’idée, je comprends parfaitement que Jean MIche Jarre ne voudrait pas voir sa musique dans la catégorie “new-age”, ou bien Renaud dans la catégorie “communiste”, ou bien que Sttellla ne voudrait pas que sa chanson “le fils de l’homme invisible” soit sortie de son contexte (l’album dans laquelle elle se trouve), que Beethoven ne voudrais pas que quelqu’un entende le second mouvement de son troisième concerto pour piano sans enchaîner sur le troisième mouvement, etc.

    Bref, il est parfaitement légitime pour un artiste de vouloir avoir un contrôle sur la manière dont sa musique se diffuse. D’où l’importance de ne se procurer sa musique que via les canaux choisis par l’artiste.

    En tout cas, moi en tant qu’auteur d’un texte sous licence FDL, je trainerais en justice toute personnes qui publierait au format doc ou autrement que sous licence FDL un extrait de mon cours de physique[1], pour violation de la licence FDL. La licence FDL a une clause héréditaire et impose des formats ouverts, j’y tiens. Je trouverais mon travail dénaturé et mon droit d’auteur spolié si quelqu’un ne respecterait pas la volonté que j’exprime en plaçant mon texte sous FDL.

    Ceci pour faire un peu la part des choses entre le fait que la copie et l’internet c’est bien parce que ça permet de diffuser (ce que je soutiens en utilisant la FDL et non une licence plus restrictive), et le fait que les auteurs conservent des droits sur leurs créations, entre autres sur la façon de les diffuser et sur les formes que peuvent prendre la copie (ce que je soutiens en utilisant la FDL et non le domaine public).

    [1]http://student.ulb.ac.be/~lclaesse/physique-math.pdf

  19. Archange says:

    Hello steph,

    Article très fourni, bravo. Le #5 “tous criminels” me parait un peu tiré par les cheveux mais le point est je suppose résumable par “appellons un chat un chat et toutes fautes ne sont pas équivalentes”, ceci dit c’est bien comme ceci que cela fonctionne dans le droit, heureusement…

    J’hésitais moi aussi depuis qqs semaines à écrire un article de ce genre, mais manque de temps, et je n’aurais jamais pu le faire aussi renseigné que celui ci, bravo pour le temps impressionnant passé.

    Il y a 3 choses que j’aimerais rajouter: 1) effectivement ce sont les editeurs et non les auteurs qui béneficient principalement des revenus et qui ont qqchose à perdre. Principalement ? C’est même encore plus évident que ca : plus les gens copient et plus ils vont voir des concerts (ton passage de l’anonymat le résume très bien), c’est un fait avéré dans tous les pays. Du coup les artistes au final gagnent mieux mais ils doivent aussi travailler un peu plus (j’y reviendrais dans mon troisième point).

    Jusqu’ici les progrès technologiques ont principalement servis à ces éditeurs : depuis que l’on peut enregistrer qqchose ca leur coûte de moins en moins cher et côté client honnêtement je vois très peu la différence entre un vynil, une cassette vidéo ou un CD (qui est un progrès très relatif : donc ceci est numérique mais où est le titre des chansons ??? aucune donnée en dehors du son ? euh vous êtes sur que c’est numérique ?) mais c’est surtout du progrès de duplication dont je veux parler. Jusqu’à maintenant les éditeurs étaient très contents que cela soit simple de dupliquer : tout le bénéfice pour eux. A partir du moment où cette technologie est aussi contrôlé par les utilisateurs ca change la donne…

    2) La loi de protection intellectuelle a été mis en place contre les éditeurs et non contre le public. Cet argument est très bien expliqué par maitre eolas (http://maitre-eolas.fr/) un blog tellement intéressant que je demande si son auteur dort la nuit. En effet la loi a été mis en place pour protéger contre les requins qui gagneraient de l’argent sur le dos des auteurs sans les rémunérer et absolument pas contre les lecteurs ou spectateurs. Cela ne change pas forcément grand chose sur le côté délictuel ou criminel de la chose mais je trouve très intéressant ce point. Si les auteurs/interprètes (mal informés) comme Pierre Arditi ou autres poussent un peu trop loin la vindicte contre leur propres fans je ne suis pas certain qu’ils y ont quelque chose à gagner. Par exemple les DRM dans les jeux sont une source énorme de mécontentement pour le public fan du jeu qui n’hésite pas à les descendre en flammes sur internet et – ironiquement – sur les magasins en ligne comme amazon qui sont obligés de recourir à de la censure, généralement préssés par les éditeurs.

    3) le droit d’auteur et la propriété intellectuelle a t’elle de l’avenir ? Dans les lignes qui suivent je vais volontairement remettre en cause certains principes très ancrés justement dans l’avis général (y compris les défenseurs du P2P), ne serait que pour me faire l’avocat du diable et pour analyser d’autres voies sans forcément les promouvoir.

    Si vous regardez l’histoire des 30 dernières années, la majeure partie des progrès informatiques sont dus à une négation du droit d’auteur : Internet lui même n’aurait jamais été aussi efficace, n’aurait jamais autant rapporté d’argent, si ceux qui ont inventé les normes et logiciels qui y sont utilisés ne l’avaient pas fait sans le donner à la communauté. Toute la mouvance Open Source (ou Free Software) qui d’ailleurs est antérieure à internet s’est énormément développé depuis. Les normes, les logiciels (serveur webs, service de messagerie etc…) Open Source – qui parfois nécessitent autrement plus d’efforts pour être produit qu’un album de musique enregistré à la vite avec une boîte à rythme dans un studio – sont non seulement les meilleurs mais comme j’ai de plus en plus de mal à le rappeler ont créé internet et la société de communication (à bien ou à mal je vous en laisse juger mais le point n’est pas là). Oui les technologies propriétaires comme .NET, les Internet Explorer, les Outlook sont tous postérieurs aux technologies OSS.

    Bref, en tant que développeur OSS je ne profite d’aucun élément de licence, je n’ai pas de revenus liés à la propriété intellectuelle sur ce que j’ai pu créer. Je ne gagne de l’argent que dans le service que je rends (dev spécifique, installation, formation etc…) et non sur le principe encore sacrosaint de : je l’ai fait une fois, je gagnerais avec ensuite (dans le respect des lois qui théoriquement le place dans le domaine publique après une courte(???) période) – je ne vous ferais même pas l’affront de définir “courte” dans notre monde où tout va si vite. Ce serait d’un ridicule… Vous voyez où je veux en venir ? Alors finalement et j’espère à juste titre, on peut peut être commencer à remettre en question ces principes sacro saints comme tu commences à le faire dans le passage où tu te demandes ou est la protection de l’art si elle freine son expansion. Pourquoi les madonna, britney spears gagneraient autant d’argent sur qqchose de produit une fois, l’exemple le plus délirant étant un michael jackson ou de vieux chanteurs morts qui rapportent des sommes hallucinantes sans plus jamais donner de concert. Qu’un artiste gagne plus en travaillant plus cad en donnant des concerts – il me semble qu’un président avait dit “travailler plus pour gagner plus” non ? – me parait tout à fait approprié et justement c’est ce qu’aime leur public.

    La mouvance “CC” (Creative commons” – l’équivalent de l’Open Source pour autre chose que du code) commence enfin à bien décoller pour la musique justement avec des sites comme jamendo.fr et autre.

    L’homme, l’artiste a toujours voulu faire profiter les autres de son travail et pas uniquement en garder les bénéfices (souvenez vous aussi qu’il fut un temps SANS duplication possible ! Si si y a pas si lgt…). Il serait peut être temps que grâce aux progrès techniques on puisse justement lui simplifier la tâche, qu’en pensez vous ?

    Note: pour la musique qui curieusement sont ceux qui crient le plus (ils ont même en France droit à une taxe sur les mémoires de masse que d’autres comme les jeux vidéos ne touchent pas ! Cette taxe en elle même est un affront à tout logique de protection) le modèle basé sur le service plus que la galette paraît tout à fait approprié. Pour les films, c’est un peu moins évident mais le cinéma est le service lui même, après tout et malgré les pleurs de luc besson, 2008 a été la meilleure année du cinéma (je parle en chiffres) depuis une décennie… curieux non ? Un film comme “bienvenue chez les chtis” a été le plus copié… et le plus vu… et celui qui a du rapporter le plus probablement.

    Par contre pour les jeux vidéos cela ne fonctionne pas. Premièrement les frais d’investissements sont quand même bien plus importants que pour un CD quoiqu’on en dise (j’aime bcp quand j’entends que le dernier album de rihanna ou autre à coûté 500k dollars) et ensuite d’ici de dire que les auteurs vont interpréter le jeu en live… Par contre des services comme le jeu sur internet ? etc… d’autres pistes à trouver mais il est clair que c’est un problème.

  20. Laurent says:

    @Archange

    Si vous regardez l’histoire des 30 dernières années, la majeure >partie des progrès informatiques sont dus à une négation du droit >d’auteur : Internet lui même n’aurait jamais été aussi efficace, >n’aurait jamais autant rapporté d’argent, si ceux qui ont inventé >les normes et logiciels qui y sont utilisés ne l’avaient pas fait sans >le donner à la communauté. Toute la mouvance Open Source (ou >Free Software) qui d’ailleurs est antérieure à internet s’est >énormément développé depuis.

    Le logiciel libre n’est absolument pas une négation du droit d’auteur. Relire la GPL, ou bien mon commentaire juste au-dessus, où j’explique pourquoi les éditeurs de logiciels libres jouent sur leurs droits d’auteurs pour contrôler la diffusion de leurs logiciels.

    La seule licence qui soit de la négation du droit d’auteur, c’est le domaine public. Tu connais beaucoup de logiciels dans le domaine public ? Moi non plus.

    En tout cas, les logos et noms d’Ununtu, Firefox,

    Je ne gagne de l’argent que dans le service que je rends (dev >spécifique, installation, formation etc…) et non sur le principe >encore sacrosaint de : je l’ai fait une fois, je gagnerais avec ensuite

    Tu ne trainerais pas en justice quelqu’un qui reprendrait ton logiciel en violant la GPL ? par exemple en rediffusant une version modifiée sans les sources ? En tout cas, Trisant Nitot, sur le Standblog est régulièrement satisfait quand des entreprises sont condamnées pour violation de la GPL.

    Regardes le nombre de projets qui doivent récrire des parties de code parce qu’un auteur refuse un changement de licence.

    L’homme, l’artiste a toujours voulu faire profiter les autres de son >travail et pas uniquement en garder les bénéfices (souvenez vous >aussi qu’il fut un temps SANS duplication possible ! Si si y a pas si >lgt…).

    Je ne sais pas ce que tu appelles “longtemps”, mais on a inventé les privilèges du roi au dix-septième siècle pour protéger les auteurs contre la facilité de copie des imprimeries. Trois siècles, c’est “longtemps” ?

  21. Laurent says:

    @Frédéric

    Est-ce que tu trouverais exagéré si je résumais tout ton commentaire à ceci ?

    C’est là le problème: on a à disposition soit des opinions, soit des >statistiques biaisées ou exagérées. Il est difficile de se faire idée de >la vérité avec si peu

    Bon, ben alors pourquoi tant de gens prennent comme un fait acquis que le piratage ne tue pas la musique, que les artistes gagneraient plus en laissant leur musique gratuite, et blablalbla le gratuit c’est l’avenir ?

    Tenons-nous en alors au “on ne sait pas”, et laissons chaque artiste décider pour lui-même. Si l’un accepte que des vidéos de ses concerts soient sur youtube, bien pour lui; l’autre mets un ogg de sa chansons sur son site ? Bien pour lui.

    Un autre demande de payer et n’accepte que de vendre que des CD physiques ? Bien pour lui également. Au pire, si les impressions largement partagés par les pirates sont vraies, ce dernier gagnera moins d’argent que les autres. C’est quand même plus son problème que le notre, non ?

    Encore un autre signe avec un major ? Eh bien, respectons son choix (ou votons des lois contre les clauses abusives). Et enfin, un dernier signe avec Magnatunes ? Tant mieux pour nous.

    [mode ironique]

    C’est d’ailleurs un des arguments classiques contre les majors : je voudrais bien acheter chez un major, mais tous les bons chanteurs super populaires sont chez Jamembo. Ben oui : grâce à la diffusion gratuite et sans limite offerte par l’internet et encouragée par Jamembo, ces chanteurs sont nettement plus connus que ceux des majors.

    C’est le cas de “Au lit les mômes”[1] par exemple : ce groupe est démesurément connu. C’est clair que sa libre diffusion sur internet lui fait faire un tabac que la piètre qualité de sa musique ne justifie absolument pas.

    [fin de mode ironique]

    Bref, on ne sais pas les conséquences de tel ou tel modèle économique, on n’a pas assez de recul, et surtout, on n’a pas assez d’exemples de succès sur le modèle gratuit 2.0[2]. Laissons chaque artiste parier sur son cheval, et respectons ses choix. C’est pas une bonne conclusion, ça ?

    [1]http://www.jamendo.com/en/artist/au.lit.les.momes [2] À propos de succès du gratuit, j’aime toujours me pâmer devant le réalisme économique des logiciels libres : Suze a été racheté par Microsoft, Ubuntu est en pertes et vit que grâce à son mécène et Mandriva est passé plusieurs fois au bord de la faillite. Face à cela, je ne comprends pas comment certains hésitent à se lancer dans ce super modèle économique 2.0 libre, gratuit, et où tout le monde est heureux et les créateurs plus riches.

  22. Florence says:

    Très intéressant! Je ne résiste pas à citer cette anecdote sur un “copyright” antique sur les nouveautés gastronomiques des cuisiniers. Le copyright n’est valable que pour une année et son but est d’encourager la concurrence et l’excellence. C’est une loi chez les Sybarites. Elle est rapportée dans le chapitre 25 des Histoires de Phylarchos, lui-même cité par Athénée dans ses Deipnosophistes 12,20: « Si un cuisinier inventait de nouvelles et succulentes recettes, nul autre de ses confrères n’était autorisé à les mettre en pratique pendant une année, lui seul ayant le privilège de confectionner librement son plat : le but avoué de la chose était d’encourager les autres cuisiniers à se concurrencer dans la confection de mets toujours plus raffinés. Selon ce principe, les marchands d’anguilles ne payaient pas d’impôts, ni ceux qui les avaient pêchées. De même, les teinturiers de la pourpre marine, tout comme leurs importateurs, étaient également exemptés d’impôts. »

    Comme quoi les lois et droits d’invention et diffusion sont culturellement et historiquement déterminés et qu’on réfléchira peut-être différemment dans quelques temps. Et le problème n’est pas nouveau!

    Merci Stéphanie pour cet éclairage.

  23. Archange says:

    @ Laurent

    Non effectivement il y a bien des licences et je ne parle pas du tout du domaine public, mon propos essayait de résumer ce qui est important dans la discussion générale sur le piratage (cad revenu sur droits d’auteur), le logiciel libre c’est la négation du revenu sur les droits d’auteurs pas du droit de celui-ci (le contrôle comme vous l’avez bien démontré), du coup pas de piratage possible de ces oeuvres là puisqu’elles sont basées sur le partage. Du moins dans le sens où on l’entend dans cet article. Il reste effectivement le piratage de l’oeuvre libre en par exemple l’intégrant dans une oeuvre propriétaire. Violer la GPL ou autres – car cela devient technique vu les différences entre elles et je pense que ce n’était pas le sujet ici – n’est pas du tout lié à la “piraterie” qui nous vaut toutes les lois et faits liberticides qui nous tombent dessus en ce moment et je ne m’intéressais pas ici à ces dérives.

    Mais vous avez tout a fait raison de réagir, mon propos était un peu trop “vulgarisé” pour saisir pleinement les subtilités. J’espère que les arguments auront quand même porté ;)

  24. Archange says:

    3 siècles : au vu de l’histoire des arts non je ne pense pas que cela fusse si longtemps ;)

    Ceci dit l’imprimerie n’est pas tout à fait la même problématique (cela reste un boulot énorme pour copier un livre). Je ne suis pas spécialiste du droit mais il me semble que les concepts de propriété intellectuelle, de droits d’auteurs et de droits dérivés (interprètes) ont été inventé au 19eme mais je peux me tromper.

  25. Laurent says:

    @ Archange

    Ceci dit l’imprimerie n’est pas tout à fait la même problématique >(cela reste un boulot énorme pour copier un livre).

    À mon avis c’est exactement la même. Il faudrait que je refasse des recherches, mais il me semble que tu peux trouver des textes de Beaumarchais (XVIII ième) qui parlent des imprimeries pirates exactement comme les majors parlent des pirates aujourd’hui.

    Et non, c’est pas un énorme boulot de copier un libre. En tout cas c’est plus facile d’innonder toute la France de livres à très bas prix que de construire un serveur de musique : le premier exploit a été réalisé trois siècles avant le second.

    Dès le XVIIième, de nombreuses imprimeries pirates ont commencé à piller les oeuvres des auteurs de l’époque (Corneille, Racine …). Ces imprimeries éditaient des livres à très bas prix (nettement moins cher qu’un mois de connexion internet pour avoir l’intégrale de Racine) sans en reverser un sou aux auteurs. La bataille fut longue, mais ça fait certainement depuis le dix-septième que les auteurs se sentent pillés par les gens qui diffusent leurs oeuvres sans autorisation. À l’époque, il y avait les privilèges du roi en France; la pleine notion de droit d’auteurs a évidement mit du temps à se développer.

    Je crois que beaucoup de monde surestime la “révolution” d’internet. La vraie révolution qui a changé l’histoire de la diffusion des idées, c’est l’imprimerie, pas l’internet.

    le logiciel libre c’est la négation du revenu sur les droits d’auteurs >pas du droit de celui-ci (le contrôle comme vous l’avez bien >démontré), du coup pas de piratage possible de ces oeuvres là >puisqu’elles sont basées sur le partage.

    Dit comme ça, je suis bien d’accord (je pinaillerais bien sur le fait que violer une GPL en distribuant un code modifié fermé est du piratage … mettons … en tout cas, c’est mal et ça vaut un procès)

    Cependant, nous sommes d’accord que l’auteur a bien le droit de contrôler la façon dont l’oeuvre est distribuée. Pour moi, à partir de là, un corollaire est que le piratage de musique, c’est le mal parce que ça ne permet pas à l’auteur ce contrôle.

    À partir de là, tout le reste c’est bu blabla. Si tout le monde est tellement certain que la musique gratuite est tellement gagnante, ils n’ont qu’à écrire de la musique et la publier gratos, et on verra bien.

    Richard Stallmann n’a pas écrit à Microsoft pour leur dire qu’ils devaient changer de modèle, et puis il n’a pas cautionné le piratage de Windows sous prétexte qu’il y avait moyen de faire des logiciels libres. RMS a fait des logiciels libres. Eh bien que parmi les millions d’internautes persuadés que la musique gratuite 2.0 est encore plus rentable que la musique payante 1.0, il s’en trouve un qui ait le courage de le prouver … mais qu’on foute la paix aux artistes qui ne le croient pas et qui préfèrent parier sur le 1.0.

  26. Jean-no says:

    Une autre chose un peu négligée dans le débat : l’industrie musicale en 2009 représente sans doute plus d’argent que jamais dans toute son histoire. Elle dépasse toujours le jeu vidéo qui lui-même dépasse le cinéma. Certes, elle connaît des bouleversements (la virtualisation des supports notamment) et on comprend qu’il en naisse de la peur, mais ce secteur est extrêmement riche. Je pense que les industriels ne sont pas fous : ils savent que le jour où les musiciens auront compris que le numérique permet à terme de se passer de labels et d’éditeurs, ce sera la fin d’un certain modèle économique, même si les revenus des artistes resteront confortables ou même, augmenteront.

  27. Laurent says:

    @Jean-no

    Je pense que les industriels ne sont pas fous : ils savent que le jour où les musiciens auront compris que le numérique permet à terme de se passer de labels et d’éditeurs, ce sera la fin d’un certain modèle économique, même si les revenus des artistes resteront confortables ou même, augmenteront.

    [mode ironique, prise au mot]

    Effectivement, quand on voit à quel point les artistes qui publient sur Jamembo et sur magnatunes sont mieux connus et vendent plus que ceux chez les majors, on a du mal à comprendre pourquoi certains artistes restent chez les majors.

    Tous les jours je vois au moins 15 blogs qui parlent d’un artiste de Jamembo en mettant un lien direct vers un OGG d’une chanson à découvrir absolument. C’est ce super-pouvoir de diffusion et de partage créé par l’internet, et favorisé par le modèle du gratuit2.0 de Jamembo qui fait en sorte qu’il ne se passe pas un jour sans que je découvre un nouvel artiste ultra-talentueux … sans parler de l’intégration à Rythmbox et Amarok qui me permettent d’acheter (au prix que je veux !) en ligne directement dans mon lecteur de musique.

    [fin de mode ironique, prise au mot]

    Nan sérieux maintenant, est-ce que tu as le moindre indice pour étayer ton propos ? un exemple d’artiste qui vend plus depuis qu’il a arrêté son contrat avec un major pour le mettre au gratuit2.0 ? Note que le le modèle du tout gratuit 2.0 n’est absolument pas partagé par les petits producteurs, qui plaident pour un maintient du CD physique à payer : http://www.feppia.org/site/

  28. D Ruzicka says:
    1. Il n’y a pas de bon, il n’y pas de méchant. Le paranoïa de Sony se tirant dans ses propres pattes en est un amusant exemple.
    2. Ceux qui vont dans le sens du progrès technologique seront toujours gagnants sur ceux qui essaient de le freiner et d’engranger des bénéfices sur ce freinage.
    3. Un autre modèle juridique doit être mis en place ou le modèle existant doit être adapté.
    4. De nouveaux modèles économiques doivent être inventés.
  29. Gabriel says:

    Superbe article, merci Steph de remettre un peu les pendules à l’heure!

    Tout cela me paraît mettre en lumière le besoin de réforme du droit autour de ces questions de droit d’auteur, tel que le suggère d’ailleurs Larry Lessig, prof de droit à Stanford, et qui a fait une excellente conférence à TED: http://www.ted.com/talks/larry_lessig_says_the_law_is_strangling_creativity.html

    Il compare la situation actuelle à l’époque où les premiers avions étaient apparus. A cette époque, selon le droit américain, les propriétaires terriens avaient un droit sur leur propriété sans limite vers le haut et le bas. Les avions qui commencèrent à parcourir le ciel furent d’abord considérés comme des pirates car ils violaient ce droit à la propriété… Puis, finalement, le bon sens fit que l’on modifia la loi pour l’adapter à une réalité du monde moderne. Le droit des propriétaires se limita à quelques mètres de hauteur au-dessus de leur propriété.

    Verra-t-on un tel bon sens se mettre en place pour les questions de copyright?

  30. alban martin says:

    Très bonne analyse, qui permet de bien replacer les choses dans leurs contextes ! PS: la fin du livre l’age de peer est la meilleure:)

  31. Bon Stéphanie,

    Tu m’impressionnes. Quel boulot! Je vais relire ça attentivement ce soir… Mais c’est très intéressant. D’accord sur la plupart des points. Je précise quand même une chose tout de suite. Il est clair que ce sont les maisons de disques qui souffrent le plus de cette crise et qui manipulent l’information pour que l’on pleure sur leur triste sort… Néanmoins, les artistes crèvent aujourd’hui plus la dalle qu’il y a dix ans. Et tant qu’un nouveau modèle économique ne sera pas mis en place ce sera très dur pour eux.

    Cela dit, je trouve aussi qu’il y a plus de bonnes musiques en période de crise qu’en période d’abondance… Mais bon, chut… ça il ne faut pas le dire! Ce n’est pas politiquement correct! Bisous

  32. Stephanie says:

    Le comble pour un article sur le piratage, me direz-vous, mais un petit malin s’est amusé à reproduire sur son blog l’intégralité de mon article. Alors oui, on pourrait discutailler: mon article est sous Creative Commons (je suis d’ailleurs encore pas certaine que ce soit affiché sur le blog), donc a priori, on peut le reproduire… Reste à voir ses motivations.

    Mais c’est au minimum impoli et ça me fâche un poil.

    Edit: Après une discussion par IM tout à fait civile, Alexis a réduit sa reproduction de l’article à l’introduction, et rendu plus clair la distinction entre “mon texte” et “son texte”. Tout est donc en ordre, merci!

  33. Actustragicus says:

    Article très intéressant, merci ! Il existe en effet des subtilités de vocabulaire juridique qui ne sont pas toujours bien définies (en droit français, un contrevenant n’est pas un délinquant, et un délinquant n’est pas un criminel ; mais c’est exact que ceux qui y ont intérêt mélangent allègrement les termes)… Il est cependant possible que cet article soit plus influencé par la législation anglo-saxonne du copyright que par le droit d’auteur français (je ne connais pas la loi suisse, ni son vocabulaire juridique).

    Manque une chose à mon avis, concernant le droit dit “moral” : une raison d’être essentielle du droit d’auteur était d’éviter le plagiat ; or, internet limite considérablement le plagiat, dans la mesure où il est beaucoup plus facile aujourd’hui, via une recherche généralement simple, de retrouver la source originale d’une idée – les étudiants qui s’amusent à faire des copier-coller dans leurs mémoires l’ont appris à leurs dépens… Internet protège donc au contraire le droit moral !

  34. Christine says:

    Bravo Stéph, superbe article!:-)

  35. Laurent says:

    Non non, la conversation ne me déboussole pas du tout. Je comprend bien les arguments des uns et des autres; je suis même tombé d’accord avec plusieurs.

    Ce qui me déboussole, c’est le décalage entre ce qui a été dit jusqu’ici et le fait d’être agacé de se voir pomper son texte dans des conditions aussi respectueuses que citer l’auteur, mettre un lien et demander de poster les commentaires sur le billet original. Si ça c’est agaçant, alors je en comprends pas ce qui peut ne pas être agaçant.

  36. Jean-no says:

    @Laurent : Je me base sur une bête équation… à quoi servent les maisons de disques exactement ? Production, édition, diffusion, promotion. Depuis une décennie, avec quelques milliers d’euros de matériel, on peut produire un disque. Si l’importance des supports physiques baisse, la partie édition peut se passer d’éditeurs, tout comme la diffusion peut se passer de diffuseurs, mais sur ce point encore faudrait-il que les gros marchands de musique (deezer, virginmega, itunes, etc.) et les gros consommateurs de droits d’auteur (Nouvelle star etc.) jouent mieux le jeu, ce qu’ils ne font généralement pas tout bêtement parce qu’ils sont liés financièrement. Reste la promotion… Imposer un titre de Britney Spears sur toutes les radios pendant quinze jours, ça coûte extrêmement cher effectivement, mais ça rapporte mécaniquement. Maintenant en tant qu’auditeur ça ne m’intéresse pas tellement, cette approche de la musique, je pense qu’il y a une place pour plus de musiciens qui gagnent correctement leur vie et moins de musiciens qui représentent des dizaines de millions. Le secteur de la musique ne peut pas changer de monde en un claquement de doigts, il n’y est pas préparé. Mais en même temps le monde change, alors changer est une question de survie. Dans les années 1950, les musiciens vivaient d’abord de concerts, il y avait un orchestre dans chaque théâtre ! Et puis ce monde la a disparu et les Barclay et autres ont fait fortune sur le microsillon. À présent nous sommes dans une nouvelle mutation, et ceux qui en profiteront seront ceux qui auront compris les premiers comment. Il faut tout changer pour que rien ne change comme l’écrivait Lampedusa.

  37. kisifi says:

    Salut,

    Je tiens à te remercier du temps que tu as passé à écrire cet article.

    Je ne suis pas parfaitement d’accord avec tous tes arguments, mais j’apprécie énormément le soin apporté à les expliquer de manière claire et percutante. J’ai pris du plaisir à te lire , merci! Et surtout : j’ai appris des choses. Bravo.

  38. fbianco says:

    Excellent billet !

  39. wallen-ch says:

    Stéphanie, excellent billet que tu as écris là sur le dit “piratage”. Ceci dit, sans remettre en cause le fond de ce post, je ne pense pas que cela soit la bonne défense dans le débat qui s’annonce sur la décision du TAF sur Logistep. Les opposants à Hadopi en France n’ont pas été aidé par le “réseau des pirates” – au contraire. Cet argument, même s’il est pertinent, ne peut pas fédérer une part assez large de la population, au contraire il fait peur à une grande partie de la population. En réalité, que l’on soit pour ou contre le piratage n’a aucune importance dans cette affaire, il s’agit simplement d’une attaque inacceptable de la sphère privée – une attaque qui devrait faire peur autant à gauche qu’à droite, autant aux jeunes qu’au moins jeunes. De plus, la méthode de Logistep est inefficace et va mener à accuser des “non-pirates”… ce qui rend nul et non avenue l’argumentaire du TAF selon lequel “la fin justifie les moyens”. Etant donné, le résultat très serré de la votation sur le passport biométrique, on peut imaginer que les chances d’une telle mobilisation soient réelles. J’en parle sur mon blog : http://tinyurl.com/no6nz4.

    Par ailleurs, pour aider à informer sur le sujet, j’ai crée une carte reprenant les différents posts et articles sur la décision du TAF et sur Logistep en général: http://www.pearltrees.com/wallen/map/1_46099/ A promouvoir, c’est en informant le plus possible des dangers de cette décision que l’on créera un mouvement s’y opposant. S’il y a d’autres articles à ajouter, n’hésitez pas à me le dire.

  40. Iwanami says:

    Hello a tous. Bravo pour ton article, Steph, j’adore ;-)

    bon, j’ai pas lu les commentaires jusqu’a la fin, mais il y a tout de même un certain nombre de choses auxquelles je veux réagir.

    premièrement, le recul de ventes de cds: prenons un exemple. Britney Spears a gagné en 2009 (et pas en 2008, si j’ai bien compris, ça ferait donc depuis le début de l’année. c’est du coup encore pire…) 35 mio. de $ (selon Forbes). disons que tout son revenu vient de la vente de cds. les ventes ont reculé de 10%. 35 M$ – 10% = 31.5 M$. MON DIEU LA PAUVRE! en 6 mois, elle a gagné plus que moi durant (probablement) toute ma vie. je trouve donc ridicule que des stars viennent se plaindre de ça. et je parle même pas des maisons de disque qui se font encore plus de pognon la dedans. maintenant, la défense habituelle, c’est “et le petits artistes?”. déjà, comme l’a déjà dit quelqu’un, internet (sans majuscule, il mérite pas), c’est un moyen de se faire connaitre. et je sais que énormément de monde (moi le premier) achète des œuvres quand ça lui plait – même les grand groupes, hein. j’ai acheté tout Metallica, Iron Maiden et Rammstein (entre autres), parce que j’aime ça. et dans le cas de petits groupes, allez aux concerts, ça leur est bien plus utile…

    deuxièmement, le droit d’auteur: Je pense effectivement que le droit d’auteur a une raison d’être. celle de protéger ses idées et d’éviter le plagiat. maintenant, en ce qui concerne la musique, par exemple, je trouve que la copie n’affecte en rien les idées des artistes et ce n’est pas du plagiat non plus. sur ma liste de lecture, il y a tous les noms d’artistes, les titres, les albums, etc. je ne me suis rien approprié. tout ce que j’ai sur mon ordi (légal ou pas, le n’est pas la question) ne m’apparient pas. je ne vole donc pas d’idée ni les plagie. je trouve par contre faux de s’attribuer les mérites des autres. (cf. le type qui a copié l’article de Steph).

    troisièmement, le prix de la musique: ma biblio musicale contient 6220 chansons. en moyenne 20 chansons par cd, ça fait 311 cds. a 30.- le cd, on arrive a 9330 .- en achetant un cd par mois, il me faudrait près de 26 ans pour arriver la. j’en ai 22, je suis étudiant, et jusqu’à ma 2eme de gymnase (17 ans, donc), j’avais 50.-/mois d’argent de poche. et évidemment, j’ai autre chose a faire de ma thune que d’acheter des cds (surtout a cet age-la. je suis sur que vous avez pas oublié, pour les plus âgés d’entre nous). c’est clair et net que si on me propose la même chose en gratuit, je vais pas hésiter une fraction de secondes quant a ce que je vais faire. donc, même si certains groupes (de musique, cinématographiques, etc.) se plaignent du piratage, ils ont qu’a s’en prendre a eux-mêmes. ce sont eux qui l’ont provoqué…

  41. Stephanie says:

    Julien: En fait, j’ai commencé à écrire ce billet bien avant l’histoire de Logistep, autour de l’époque du verdict dans le procès The Pirate Bay. Je crois que j’en ai parlé autour de moi un peu, et j’ai été frappée de voir à quel point l’équivalence “pirater = voler” avait été intégrée par des personnes tout à fait normales parmi mes amis. J’ai commencé des recherches, je me suis mise à écrire, etc. et la décision du TAF m’a remise sur le dossier le week-end passé.

    Je ne pense pas non plus que c’est un article comme ça qui va aider contre Logistep. Je vise plus large, disons.

  42. wallen-ch says:

    @ Stéphanie, mon post est modifié en conséquence. Du coup, je ne peux que t’encourager à utiliser ton blog pour mener la “charge” contre la décision du TAF sur Logistep…

  43. kalvin says:

    excellent !! chapeau mzelle

  44. Pingback: Pirater c’est - un peu - voler. | Encre de Lune

  45. Marie-Aude says:

    Voilà, j’ai pris le temps – grâce à toi – d’organiser mes idées. Ma réponse était trop longue pour la mettre ici, mais pour résumer :

    je suis parfaitement d’accord avec beaucoup de choses :

    • le piratage n’est pas la cause principale des difficultés des maisons de disque, mais leur propre incapacité à gérer et à innover
    • le piratage, en soi, n’est pas un crime, mais ce n’est pas pour ça que c’est “bien”
    • la lutte contre le piratage ne justifie en aucun cas les moyens (il)légaux mis en place par les gouvernements français ou suisse, dont les conséquences sont nettement plus graves que le piratage

    Mais je pense que le piratage

    • n’est pas obligatoirement créateur de richesses au niveau global, les exemples que tu donnes ne m’ont pas convaincue. En fait je crois qu’on peut faire parler les chiffres dans tous les sens
    • s’inscrit dans une logique d’opacité de la distribution culturelle qui me semble gênante
    • est une des facettes d’un ensemble de comportements dommageables, et très directement
    • n’est pas acceptable parce qu’il est répandu

    Je voudrais juste ajouter qu’on se concentre aujourd’hui sur le piratage de la musique, qui n’est qu’une des facettes du piratage en général. Clairement parce que c’est le seul domaine où il y a une grosse industrie capable de monter au créneau et de faire du lobbying pour défendre ses intérêts. Mais en tant que photographe et rédactrice, je souffre tous les jours du piratage, ce qui a tendance à me rendre nettement moins indulgente pour le reste. Chacun voit midi à sa porte…

    @ Iwanami,

    1. je trouve particulièrement absurde de dire “si elle est riche elle n’a pas le droit de se plaindre de l’être moins”, dans un un état de droit il y a deux choses, la propriété et les impôts. Si on sort de ça, je pense que n’importe quel SDF pourrait venir te taxer de ce que tu possèdes, en te disant “tu n’as pas à te plaindre, tu es tellement plus riche que moi”. C’est le problème de sortir des “principes” pour traiter moins bien ceux qu’on envie, après se pose toujours la question de savoir où on met la barrière. A partir de quel niveau de revenu un musicien est il “trop riche” ?

    2. dans un système peer to peer, comment peux tu être sûr que tu ne mets pas tes fichiers à disposition de gens qui auraient parfaitement les moyens de se payer les CD ? Ou de gens qui vont ensuite les graver pour revendre les copies piratées ? Et donc, au sens premier du terme, commettre un délit (de contrefaçon). C’est bien de regarder toute la chaîne à laquelle on participe, avant de se déclarer innocent comme l’agneau qui vient de naitre.

    3. Les chiffres que tu donnes sont exactement la preuve de l’inutilité du piratage ou de ce que j’appelle le téléchargement compulsif. Tu as en stock plus de 300 heures d’écoute… très honnêtement, tu as tout écouté ? Tout apprécié ? Tout écouté au moins deux fois ? Ou tu “prends ce qui passe” et le redistribue ? Autant je peux arriver à comprendre qu’on télécharge ce qu’on aime vraiment, quand on ne peut pas se le payer, autant cette accumulation de musique, j’ai du mal … J’ai commencé ma CDthèque il y a plus de vingt ans, et j’ai un nombre assez impressionnant de titre, mais je ne t’arrive pas à la cheville, je dois avoir à peine 2.000 CD. Apprécies tu réellement ce que tu as ?

    @Laurent, tout à fait d’accord, surtout avec ta phrase “laissons chaque artiste choisir ce qu’il veut faire de sa création”

  46. Stephanie says:

    Je vous invite à lire le Pirate Party suédois fera-t-il des émules en Suisse chez Lyonel Kaufmann. Peut-être! Une assemblée de constitution (est-ce le bon mot) du parti pirate Suisse a été fixée au 12 juillet. Vous pouvez trouver pirates et autres personnes intéressées ou intriguées sur IRC (freenode), canal #piraten-schweiz.

    Pour le moment la communication est pas mal en allemand, mais il y a des romands impliqués et la volonté de franciser un peu tout ça.

    A suivre, je ferai un article là-dessus… (j’ose pas vous dire quand, bientôt j’espère, mais je préfère ne pas m’engager trop concrètement, ça fait chenit quand je tiens pas!)

  47. Laurent says:

    @Iwanami Marie-Aude a écrit presque tout ce que je voulais répondre. Je voudrais juste ajouter que le seconde main permet de diminuer facilement par deux le prix de la musique (et son coût écologique). Je ne sais pas pour les autres pays, mais en Belgique, on a le droit de copier les CD de la médiathèque : 1.6 euros par CD. Vérifie si la législation de ton pays te permet de le faire. Et puis même si tu ne peux pas copier, louer un CD par semaine (7 euros par mois) te permet d’écouter varié, tout en prenant le temps d’apprécier ce que tu écoutes. Puis quand un auteur te plaît, tu vas acheter un CD en seconde main. C’est comme ça que j’ai vécu des années, et je n’ai franchement pas l’impression d’avoir manqué quelque chose.

    Magnatunes te permet également d’acheter la musique au prix de ton choix, et Jamembo te la donne gratos[1]

    Moi je n’ai même pas 500 CD : une petite partie achetée en direct, et puis le reste moitié-moitié entre la médiathèque et le seconde main.

    L’abus de quantité de musique nuit à la qualité de la musique; c’est pas moi qui le dit, ce sont les artistes indépendants : http://www.feppia.org/site/ C’est un très joli contre-pied : d’après eux, la numérisation et la facilité de copie sur internet profite au majors, et à eux seuls … grosso-modo exactement le contraire de ce qui est prétendu en général.

    [1] Je te conseille : http://www.jamendo.com/en/album/441

  48. Marie-Aude says:

    @Laurent, intéressant ton lien. C’est exactement, par d’autres voies, la conclusion à laquelle j’arrive aussi : la facilité de la copie tue la qualité.

  49. Kassad says:

    Je serais aussi bref que l’article est long : Bravo ! Vous avez mis en forme (et quelle forme) nombre d’idées, voire d’intuitions que je nourrissais en mon fors intérieur.

    Ca fait toujours plaisir de savoir qu’on n’est pas seul, merci.

  50. Iwanami says:

    Marie-aude:

    1. Je ne suis absolument pas d’accord, la. C’est une question de respect et d’honneur. Je dois budgéter ma vie au centime près pour espérer arriver a la fin du mois. Elle ne sait pas quoi faire de son argent. Ca lui enlève le droit de se plaindre (elle le peut, mais en privé, avec des gens qui gagnent la même chose ou plus qu’elle). Elle est vraiment pas a 3 M$ près. D’ailleurs, si je parles avec un SDF, je vais en tout cas pas me plaindre de mon budget. J’en ai pas le droit (ni l’envie, d’ailleurs), par respect pour lui. Et l’histoire de la taxe est absolument hors contexte. Britney, elle a gagné son argent, j’ai rien a y redire, et je n’en veux pas. Il lui apparient, elle a le droit d’en faire ce qu’elle veut, elle a même le droit de payer des impôts. Mais en aucun cas elle n’a le droit de se plaindre de perdre 10% d’une partie de ses revenus (NB: et pas fortune), surtout a ce niveau-la.

    2. je bloques toujours mes upload a 0…

    3. Je ne pense pas que ce soit vraiment le sujet ici, mais soit. Et bien oui, j’ai tout écouté (a l’exception de ce que je viens d’acquérir, mais je suis en train). Oui, j’ai (presque) tout écouté au moins 2 fois. Oui, j’apprécie ma musique et non, je ne prends pas ce qui passe, et je ne le redistribue en tout cas pas. Il est vrai que les titres que j’écoutes régulièrement sont qu’une partie de ma biblio, mais en même temps, qui écoute tous les titres de tous ses cds? J’ai surtout pas mal de cds complets dont je garde tout, par principe. Si je ne devais garder que ce que j’écoute vraiment, je n’aurais que moins de la moitié de ma biblio. Mais ca ne m’empêche pas d’avoir tout écouté et apprécié. Petit exemple? La Zauberflöte de Mozart. L’Arie qui me plait le plus, c’est celle de la Reine de la Nuit (Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen). C’est la seule que j’écoute régulièrement. Cependant, j’ai toute la Flute, et ca ne m’empêche pas de l’écouter de temps en temps en entier. J’ai aussi beaucoup d’albums live que je garde par principe, mais que je n’écoute presque pas. Et encore une fois, ce n’est pas parce que je n’écoute pas tout tout le temps que je n’apprécie pas ce que j’ai. Au fait, si tu as vraiment 2000 cds, tu as bien plus que moi, mais je suppose que tu voulais dire titres?

    Laurent:

    Oui, on a une cdthèque qui coute une petite cotisation annuelle. Et en suisse faire des « copies a usage personnel » est tout a fait autorisé. Cependant, celle-ci étant une partie de la Biblio Cantonale Universitaire, je me vois mal trouver Metallica ou Wumpscut chez eux…

    en ce qui concerne la qualité/quantité: je me refuse a voir ca comme ca. J’étais musicien moi aussi, je sais donc apprécier ce qu’est de la bonne musique. Et je n’ai pas besoin de passer 3 mois sur une chanson pour pouvoir l’apprécier. D’ailleurs, je préfère presque écouter une chanson dans une liste de lecture de 800 titres que 800 fois la même chanson. Au moins, ca tourne un peu, et ca lasse pas. J’ai toute la vie devant moi pour apprécier ma musique. Pareil pour la nourriture: j’aime manger. Surtout des plats consistants, et je n’ai pas besoin (ni envie, d’ailleurs…) de passer 3 heures a table. Et ce n’est pas pour ca que je ne sais pas apprécier ce que je mange…

    Bon, je vais pas entrer dans un débat sur les « artistes indépendants », c’est stérile, ca va mener a rien si ce n’est du trollisme de bas étage, et j’estime qu’on est un peu plus malins que ca… Mais dire qu’internet ne profite pas aux « indépendants » m’étonne. Regarde Kamini ou Lily Allen (pour ne citer qu’eux…). Sans internet, ils feraient toujours partie du commun des mortels.

  51. Marie-Aude says:

    @Iwanami, ton argument sur Brtiney ne tient pas la route, et il est malhonnête intellectuellement.

    D’abord parce que sur tes 6.000 titres et dès, ça m’étonnerait beaucoup que TOUS soient chantés par des artistes qui gagnent aussi bien leur vie qu’elle.

    Ensuite tu oublies tout simplement que les droits d’un CD sont répartis entre : - la chanteuse - le/les paroliers - le/les compositeurs - les musiciens - les choristes - les arrangeurs

    donc en tout, en moyenne, une cinquantaine d’ayant-droit par CD. Si on peut considérer que les paroliers et les compositeurs qui travaillent pour des artistes connus sont aussi des gens qui gagnent bien leur vie, je peux te garantir que ce n’est plus le cas pour les trois dernières catégories, et que ces gens là, même dans ta grille de lecture “les gens riches peuvent être volés”, n’entrent pas dans la catégorie “riche”. (je sais, j’en connais…)

    Je m’étonne qu’un musicien ne pense pas à ça ?

    Et j’aimerais bien savoir quel est le seuil de revenu au delà duquel quelqu’un n’a pas le droit de se plaindre ? Juste un chiffre comme ça…

  52. Laurent says:

    Juste deux minuscules réflexions.

    Le piratage ne touche pas que Britney : ça touche aussi toute son équipe jusqu’à la vendeuse à la caisse de la FNAC. En piratant, on passe outre tout le travail de toutes ces persones.

    Encore une fois, on peut prétendre que le numérique permet de se passer de la caissière (mais pas de l’ingénieur du son, de la manucure, le tailleur qui a fait les vêtements, le chinois qui a assemblé l’électronique du synthé, …). Donc bon, oui, dans le tas des personnes spoliées par le piratage, il y en a une (Brithey) que tu ne plains pas et une (la caissière) qu’on peut qualifier d’inulile. Et les autres ?

    Bon, je vais pas entrer dans un débat sur les « artistes indépendants », c’est stérile, ca va mener a rien si ce n’est du trollisme de bas étage, et j’estime qu’on est un peu plus malins que ca…

    Et pourquoi pas ne pas en parler ? Tu n’est pas d’accord avec le liens que j’ai donné ? Tu trouves que leur texte est du “trollisme de bas étage” ?

    PS : en Belgique, on a vraiment tout à la médiathèque, jusqu’à des jeux pour la Wii :)

  53. Jean-no says:

    (supplément) : l’occasion de se débarrasser des maisons de disques (ou d’un certain rapport aux maisons de disques) est historique, et justement, les majors le savent pertinemment, c’est la raison de la tension qu’ils imposent sur le sujet à leurs écuries d’artistes ou aux législateurs.

  54. Pingback: Sommet mondial du droit d’auteur les 9 et 10 juin à Whashington | bertrandkeller

  55. Iwanami says:

    @marie-aude: quand on respecte son interlocuteur, peu importe le niveau de revenu. je ne vais pas me plaindre de ma condition d’etudiant aupres d’un SDF, parce qu’il galere encore plus que moi. j’estime donc logique que une personne ne sachant plus quoi faire de son argent ne se plaigne pas. par pur respect envers les autres. imagines avoir un ami millionnaire, qui a 3 jets privés, 15 voitures de collection et 10 villas a travers le monde. tu lui dirais quoi s’il venait te dire “oh, c’est la galere, j’ai gagné que 5 millions, ce mois-ci… je sais pas comment je vais faire pour survivre…” ? a mon avis, tu l’enverrais sur les roses… et effectivement, toutes les musiques que j’ai ne sont pas de personnes ayant la notorieté de Britney, mais il se trouve que tous mes autres artistes “mineurs” proviennent de cds, et pas du telechargement. j’ai donc la conscience tranquille quant a ca.

    @Laurent: je n’ai rien contre ton lien et ce n’est pas les artistes qui sont des trolls, c’est nous qui allons le devenir si on commence la dedans: j’ai horreur des artistes qui se qualifient d’indépendants. pour moi, c’est la beauftitude moderne. le premier exemple qui me vient a l’esprit, c’est un film sur un mec en phase terminale qui traverse le desert, avec le chant des cigales en fond sonore, pendant 3 heures. c’est peut-etre super feng-shui, mais je trouve que c’est le sommet de la nullitude. mais bon, les gouts et les couleurs, on va pas en discuter. je n’ai rien contre eux ou les gens qui aiment ca, mais personellement, je deteste.

  56. Jean-no says:

    @Marie-Aude : le principe des droits pour la composition dit, ce sont les textes, que s’il n’y a pas de perception directe ou indirecte de droits d’entrée et que l’évènement est privé, alors il n’y a rien à percevoir. Une kermesse scolaire, qui engrange de l’argent (boissons, gâteaux des mamans, etc) est donc un moyen indirect de faire payer l’écoute de musique : là, ok, la sacem est dans son droit. Mais ils font des forfaits pour les mariages, qui sont privés et sans accès payant direct ou indirect… Là, ça me semble scandaleux. D’autant que les organisateurs ne fournissent pas une playlist mais s’acquittent d’un forfait. Mon mariage a été mis en musique par Sir Neville Mariner et par des artistes Motown et Atlantic, mais ce sont Johnny et Sardou (ou équivalents de l’époque), que j’excècre, qui ont reçu de l’argent. Cela me semble injustifiable. Je pense que l’à-peu-près ne peut pas être à sens unique.

  57. Pingback: Le Parti des Pirates débarque en Suisse! — Climb to the Stars

  58. Surf says:

    A lire également: le piratage

  59. Laurent says:

    Tant que les artistes signent avec les majors, les majors ont les moyens de gagner de l’argent.

    Mais le jour où un artiste passe d’un major à Jamembo, alors là, le major perd vraiment tout.

    Ce ne sont pas les pirates de Word qui ont poussé Microsoft a faire une version de MS-Office financée par la pub (les pirates, c’est pas grâve : on met des protections qui fonctionnent plus ou moins, et on fait payer les entreprise … exactement comme les majors exploitent les pirates en se foutant bien de leur gueule). Ce qui a fait plier Microsoft, c’est OpenOffice et GoogleApps. Ces deux-là, avec des parts de marché ridicules on réussi là où les pirates, aussi nombreux qu’ils sont, n’ont rien obtenu.

    À méditer…

    Qui fait vraiment peur aux éditeurs de livres scolaires ? La majorité de profs qui photocopient leurs livres, ou bien la petite minorité qui utilise les manuels de Sésamath ? http://manuel.sesamath.net/

    Si nouvelle économie de la musique il y a, qui contribue à la faire avancer ? Celui qui fait de la promotion 2.0[1] de magnatunes, ou bien le pirate qui télécharge la musique des majors en disant qu’il ne pourrait pas vivre sans avoir 6000 titres dans sa liste ? (ce qui fait un CD toutes les deux semaines depuis 16 ans sans interruptions !) ? Et lequel des deux fait en sorte que la transition se passe mal, à coups de conflits, de procès, d’incompréhension et de façon opaque ?

    [1] http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2008/03/13/Des-transcrition-de-Bach-pour-aubois http://laurent.xn--phnix-csa.net/post/2008/03/08/Des-quartets-de-Mozart

  60. Marie-Aude says:

    @Jean-no, en fait, sur le fond c’est un peu plus compliqué. Je pense que si la mise en musique de ton mariage est totalement gratuite (fête privé, pas de dj payé etc…) en pratique la sacem ne touche rien. Mais qu’en fait l’idée de base était de compenser le manque à gagner des musiciens auxquels on ne demandait pas de jouer. Et les règles inverses s’appliquant aux USA avec les sociétés d’auteurs US, ce sont en compensation les artistes Motown et autres qui ont touché des sous pour le mariage d’une de mes amies, qui était venue avec tous ses CD :)

    Cela dit, malgré ce qu’on peut croire, je n’approuve pas la gloutonnerie de la sacem. Simplement, le fait de désapprouver n’entraîne pas – en tout cas pour moi – la “résistance civile” avec le piratage.

    @Iwanami, tu ne m’as pas répondu sur les petits artistes qui touchent aussi de l’argent avec les CD de Britney Spears ?

    Quant à ton exemple de milliardaire :) bah ça m’est déjà arrivé, pas dans les mêmes proportions, mais que quelqu’un se foute du monde ne m’a jamais donné l’autorisation de contrevenir à ses droits. D’agir pour que le droit change, peut être, mais ça c’est autre chose.

    Et puis ça va peut être te surprendre, mais gagner beaucoup moins d’argent, quand on en a gagné beaucoup, c’est dur. Ce n’est pas une situation que je te souhaite jamais, mais si un jour tu t’y trouves, tu découvriras ce qu’on appelle “l’effet cliquet”.

  61. Pingback: à propos de “pirater” de la musique « Le blog d’Elisabeth Stoudmann

  62. Stéphane says:

    Ah les photocopies… Je me rappelle qu’on payait 10cts la photocopie, il fallait tourner les pages du bouquin, veillez à ce que la bibliothécaire ne traîne pas trop prêt, etc… Lorsque j’étais gymnasien (lycéen), je faisais un petit job de porter des express à travers mon village, alors j’achetais de temps à autre un “que sais-je?” ou un truc du style pour mieux comprendre un bouquin. Mais je détenais l’une des clés de photocopieuse, une copie qu’un prof avait maladroitement oublié, et qui se passait d’année en année. L’investissement pour en faire une copie devait correspondre au prix d’un bouquin. Je n’allais pas piailler vers mes parents pour avoir 10 balles pour faire cette copie non plus. Aujourd’hui, si je prends l’exemple de la photocopieuse, c’est de laisser la clé à proximité, que celui qui sait où elle est, sait également où est la meilleure copie afin d’en refaire un tirage. SAUF à un détail prêt, c’est qui paye l’encre et le papier??? Le secrétariat du gymnase (lycée) aurait vite fait de se rendre compte qu’il n’y avait plus de monnaie au fond de la caisse. Hors aujourd’hui qui ramasse une bonne partie de l’argent d’internet… ce sont les fournisseurs d’accès! et qui les paye? c’est bien souvent les parents dans un forfait intégrant le câble tv, une ligne fixe, et que sais-je encore… Bon ok… ni l’argent qui va aux FAI, ni celui qui tombe dans la caisse de la photocopieuse n’aide à payer les auteurs/artistes, etc… Bref, je rejoins Laurent pour que chaque auteurs soit libre de choisir son mode de diffusion, ensuite contractuellement c’est peut-être difficile de bouger, mais il a fait un choix. Pour moi le pirate, ce n’est pas celui qui est tenté un jour où l’autre de faire un petit délit, mais c’est celui qui le fait par métier. Bref, pomper quelques mp3, la casse n’est pas trop grande et toutes les grandes enseignes savent très bien qu’il y a un pourcentage de perte dues au vol qui n’est pas un chiffre caché derrière une virgule… celui qui génère le mp3 à partir d’un CD et qui le diffuse, ou prendre les cartons à l’arrière du magasin pour les écouler sur un marché parallèle c’est nettement plus grave. Bref, créer un parti des Pirates, pourquoi pas, et Stephanie je t’encourage à passer du côté des décideurs ou tout au moins de tenter ce processus démocratique. Je n’en reste pas moins perplexe que c’est un effet de mode, comme on a vu des “partis des automobilistes” (chaque automobiliste est un peu pirate, non? et si on avait laisser totalement agir, ben le baril serait déjà à 500$ tant les sources seraient déjà sèches) Par contre, je rejoins nettement les considérations du préposé à la protection des données et à la levée de bouclier qui doit se faire contre les agissements qui sont certainement illégaux de la société Logistep. C’est une tâche de la police. Maintenant si il développe des solutions comme les marchands d’armes fournissent des armes aux corps de police, ok. D’ailleurs je ne crois pas une seconde que notre justice, notre police soit si naïve de croire que seule la trace IP soit un élément décisif d’intervenir. C’est un peu comme si sur la scène d’un crime on prélevait toutes les empreintes digitales et on arrête tout le monde, ce n’est pas un bon moyen d’investigation.

  63. maikol says:

    Bonsoir à tous,

    Un bel article et beaucoup de commentaires intéressants!

    Néanmoins, je crois qu’à part Laurent, vous oubliez ou négligez tous la première moitié du problème, celle pour laquelle, comme l’a dit Laurent, le modèle n’a pas encore été trouvé.

    Une maison de disque n’est pas principalement un éditeur (certaines le sont aussi), c’est d’abord un producteur de phonogrammes. Un phonogramme, c’est une fixation d’une séquence sonore, un enregistrement.

    Art L.213.1 du code de la propriété intellectuelle : “Le producteur de phonogrammes est la personne, physique ou morale, qui à l’initiative et la responsabilité de la première fixation d’une séquence de son.

    L’autorisation du producteur de phonogrammes est requise avant toute reproduction, mise à la disposition du public par la vente, l’échange ou le louage, ou communication au public de son phonogramme autres que celles mentionnées à l’article L.214.1

    Tout enregistrement d’une prestation d’un artiste interprète doit au préalable faire l’objet d’un contrat écrit par lequel l’artiste autorise le producteur à fixer ( enregistrer), reproduire et communiquer au public sa prestation. “

    Ce producteur prend donc à sa charge les frais nécessaires à la fixation en question: -studios de répétitions, locations d’instruments -studios d’enregistrement/mixage -studio de mastering -salaires des intervenants techniques/artistiques (ingénieurs du son, assistants, arrangeurs,…) -cachets des musiciens -hôtels -nourriture, boissons, dopants ( :-) ),…

    Notez que je n’ai pas parlé de pressage/impression graphique de CDs. Ben oui, ce n’est pas parce qu’on diffuse via internet que l’on peut se passer de la phase de production de l’album! On évite certes les frais de pressage, mais pas le reste!

    Et non, non, et encore non, on ne fait pas un album avec quelques milliers d’euros.

    Je suis ingénieur du son, et je possède mon propre studio de mixage. C’est un studio de taille raisonnable (pas de grand hall avec un énorme piano à queue, pas de déco top classe et de canapé coûtant 2 twingos), dans lequel les investissements sont bien moindres que les “gros ” studios parisiens (enfin ceux qui restent!). Malgré tout, nous approchons les 200 000€ d’investissements en matériel, sans parler des travaux pour aménager le local. En gros, 3000€ de charges fixes par mois, sans parler de salaires…

    On peut faire un tas de choses avec un ordinateur récent, quelques logiciels (piratés? :-) ), trois micros pas chers et une carte son, mais on ne peut pas enregistrer une batterie rock dans son 2 pièces en centre ville sans entrer en guerre avec tout le quartier, ni un ensemble de cordes de 25 musiciens, ni un quartet de jazz avec piano, et encore moins mixer dans des conditions d’écoute suffisamment contrôlées (système d’écoute calibré dans une pièce “neutre” acoustiquement) pour ne pas faire n’importe quoi, etc etc etc.

    Je propose de vous donner un exemple:

    Prenons un groupe de pop-rock, voulant enregistrer son album. Formule assez classique: batterie, basse électrique, deux guitares, chant et choeurs. Musique assez énergique, et quelques ballades sur lesquelles sont envisagés des arrangements de quatuor à cordes. Les temps étant durs, il ne sera pas question de payer de répétitions ni de pré-production (où l’on prépare, enregistre sommairement, et arrange tout pour être le plus efficace possible lors du “vrai” enregistrement). Le groupe a assez répété et tourné sur scène pour se sentir prêt à attaquer directement le studio.

    Donc, le studio d’enregistrement. De préférence avec une assez grande cabine de prise de son (pour avoir de l’espace autour de la batterie) ainsi que de plus petites cabines isolées phoniquement de la grande (pour pouvoir enregistrer simultanément plusieurs musiciens en isolant les instruments pour la prise de son), suffisamment de bons microphones, préamplis, console, bref du matériel de qualité et entretenu.

    Tarif : de 600€ à 2000€ HT par jour, avec assistant mais sans ingénieur du son. Salaire de l’ingénieur : de 150€ à ???€ net, soit au moins 300€ de coût global par jour.

    Généralement, en pop-rock, on essaie d’enregistrer basse et batterie en même temps (guitares et voix jouent en témoin, car rares sont les groupes dont le niveau technique est suffisant pour tout faire ensemble sans trop d’erreurs), puis ont fait les guitares, arrangements divers, et enfin les voix.

    En moyenne, on passera un à deux jours de prise de son par titre (cela dépendra surtout du niveau technique des musiciens). Donc de 14 jours à 20 jours au moins pour 14 titres!

    Budget prise de son : au moins 13000€ juste pour le studio et l’ingé son… Ajoutez à cela: les cachets pour le quatuor à cordes et l’arrangeur (allez, 2000€ la journée de coût global?), d’éventuelles locations d’instruments ou amplis-de-la-mort-à-lampes, de quoi nourrir tout ce monde pendant 15 jours (7 personnes minimum à 20€ par jour, soit au bas mot 2000€), éventuellement l’hôtel,… Et si il faut en plus des cachets pour les musiciens du groupe, alors là…5x200x15=15000€!!!

    Bref, rien que pour la prise de son, on va osciller entre 15000€ et plus du double, en restant très raisonnable (studio pas cher, ingé son pas cher,…)

    Ensuite il faut mixer! Je prend mon tarif en exemple, le studio plus mon travail= 600€ HT par jour (soit très raisonnable vu le matériel!). On table sur un jour de mix par titre en moyenne, si on peut…allez, disons 10 jours pour les 14 titres, soit 6000€ HT, plus encore une fois la nourriture pour les présents, l’hôtel si besoin,…assez vite on tend vers 8-10000€ minimum…

    Mastering: environ 1500€ HT pour tout l’album

    Budget global, juste pour obtenir le master : difficile de faire moins de 25000€ HT en tirant au plus serré partout…et sans salaire pour les musiciens du groupe, qui auront donc travaillé pratiquement un mois sans salaire!

    Et je n’ai pas parlé de com’, graphisme, site web du groupe, etc.

    D’où questions : -Qui avance une telle somme (une année de salaire moyen, tout de même) si l’on n’a plus rien à vendre (feu le CD) pour espérer récupérer (au moins) sa mise?

    Sachant que si toute la part producteur (40% au mieux) du prix de gros HT (8.5€) d’un CD, disons 3.5€, servait à couvrir cette dépense, il aurait fallu vendre plus de 7000 CD pour s’y retrouver.

    Ce que j’essaie de dire, c’est que ce n’est pas le droit d’auteur qui finançait la production discographique (donc le fait de pouvoir enregistrer décemment un album), mais bien la vente du produit (33 tours, cassette, CD,…).

    Tout ce débat sur la licence globale concerne le droit d’auteur, alors même que la part de droit d’auteur et de compositeur dans le prix d’un CD est ridicule!

    L’essentiel des droits d’auteur et de compositeurs vient de l’exploitation des oeuvres, pas de la vente des CDs!

    La véritable manne des droits d’auteurs, ce sont les chaines de radio nationales et de télé qui la fournissent!

    Pour internet, je crois qu’il faut cesser de le voir comme un stock de fichiers à importer sur son ordinateur, mais bien comme un gigantesque diffuseur de contenus à la demande.

    A partir du moment où le débit de connexion devient suffisant en toutes circonstances (y compris en mobile) pour pouvoir toujours écouter en streaming avec une qualité suffisante, il n’est plus nécessaire de télécharger des fichiers et de les stocker sur un disque dur. Le P2P lui même devient totalement obsolète, et l’on finit avec une sorte de radio à la demande, avec des serveurs énormes diffusant exclusivement en streaming. Le seul frein technologique pour l’instant est le manque de débit en web mobile.

    Sur ce modèle là, le principe est le même que pour tout diffuseur qui exploite une oeuvre commercialement: il doit verser des droits d’auteurs/compositeurs à hauteur de la largeur de sa diffusion (une radio nationale paie plus cher qu’une radio locale par exemple). Sauf que pour l’instant, sur le net, il décide lui même de combien il reverse!!!

    Etant donné que ce modèle n’est pour l’instant pas viable en gratuit (regardez LastFM qui devient payant…), alors même que les droits reversés sont ridiculissimement faibles (0.0005$ par écoute, soit 1$ pour 2000 écoutes!!!), nous finirons certainement avec des sites à abonnement mensuel, ou l’équivalent intégré dans l’abonnement au FAI.

    Autrement dit, l’équivalent de la licence globale!

    Sauf que si ces sites peuvent décider eux même de ce qu’ils reversent aux créateurs, ces derniers resteront de la chair à canon pour vendeur de cerveaux disponibles…

    SAUF, SAUF, SAUF, que tout ceci n’aura toujours pas réglé le problème fondamental du coût de production d’un album…

    Pourquoi ne ferions nous pas comme pour le cinéma? En France, les chaines de télévisions privées, pour conserver leur droit d’émettre, sont tenues chaque année d’abonder à la création cinématographique en co-produisant des films. Cela représente une part importante des budgets des long métrages en France, et, avec le CNC, Canal+ et TF1 sont les plus gros financeurs du cinéma français (y compris de films d’auteurs et obscurs). Et ils n’ont pas le choix!

    Pourquoi ne pas exiger des chaines de radio privées (NRJ, Fun, Sky,…) , qui nous déversent de la merde sur la tête à longueur de journée, et pourquoi pas des sites diffuseurs de musique en ligne, de reverser une partie de leur chiffre d’affaire à des fonds pour soutenir la création phonographique?

    Bon, je me rends compte que j’ai été très très long!!! Désolé!

    Aaah! Il est horriblement tard!!! Satané net! ;-)

  64. Marie-Aude says:

    @maikol, c’est un peu ce que j’ai détaillé sur mon site, mais je ne voulais pas charger les commentaires de Stéphanie avec plus de 5.000 mots :)

    Ton commentaire “les temps étant durs il n’est pas question de payer de répétition” est aussi intéressant, car cela conforte cet espèce de sentiment global que j’ai sur “la baisse de la qualité”.

    Ton idée de support à la création est aussi intéressante, mais 1. la commission d’attribution des aides a quand même une action de “formatage” sur ce qui est fait. 2. c’est beaucoup plus facile de demander à des chaines diffusées en France de financer des films français. Pour mettre en place un système de ce genre, il faudrait des accords entre toutes les sociétés de droits…

  65. Cédric says:

    Bonjour

    Article ô combien intéressant dans le fond, mais qui occulte littéralement tout un pan de la création artistique… qui ne se résume malheureusement pas à la musique.

    Je suis auteur photographe. Quand l’une de mes photographies (pourtant diffusées en petit format et désormais munies de filigranes) m’est volée et est rediffusée sur le web, c’est un potentiel de vente qui est perdu. 99% de mes revenus photographiques viennent des droits d’auteur (je précise au passage que la vente d’oeuvres d’art photographique est elle, par contre, un mythe pour un très grand nombre de photographes auteurs travaillant dans l’illustration !!!)

    Quand ces droits sont bafoués, qu’une photographie est utilisée à des fins commerciales et/ou en diffusion publique (c.à.d laissée en patûre à autant d’autres “emprunteurs” en puissance), je perds de l’argent. En photographie, le schéma du libre n’est pas applicable.

    On me rétorque souvent que dans l’industrie du logiciel, le libre permet de générer autant de richesses. Mais ces richesses sont issues des services gravitant autour de biens immatériels qui sont des outils générateurs de valeur ajoutée.

    En photographie, il n’y a pas de service autour d’une photo (en tout cas pouvant rémunérer son auteur !) Quand on travaille comme moi dans l’illustration, on autofinance la prise de vue sur des sujets “vendables”. La SEULE source de revenu possible est la cession de droits d’auteur (je ne parle même pas du respect du nom de l’artiste, qui est une véritable plaisanterie à l’heure actuelle…)

    Utiliser une photo et faire son business avec sans rémunérer l’auteur, c’est lui prendre son unique rémunération…

    L’article est donc applicable aux créations musicales, mais certainement pas à toutes les formes de création artistiques et dérivées !

  66. Pingback: Piratage « Not all who wander are aimless…mais ils se perdent parfois.

  67. maikol says:

    Oui, de manière évidente, la qualité moyenne baisse (au moins du point de vue technique) . Et en ce moment de façon vertigineuse!

    Mais pour le son cela a commencé dans les années 80 avec l’arrivée du numérique…et avec…les radios libres ( Encore elles! ), lorsqu’elles se sont mises à compresser le son de plus en plus fortement pour obtenir un niveau sonore à l’antenne plus fort que les autres.

    Ajoutez le fait que l’aspect pratique du mp3 l’a emporté sur la qualité sonore, et vous avez de quoi faire glisser l’ensemble du niveau d’exigence vers le bas…

    A part ça, évidemment demander à des diffuseurs de subventionner la création, c’est aussi leur donner du pouvoir, sauf qu’aujourd’hui, elles le font déjà, mais sans aucun contrôle extérieur, et donc dans une pure logique de rentabilité à court terme! NRJ produit ou co-produit (voire co-édite) une bonne partie des daubes qu’ils font tourner 20 fois par jour à l’antenne (typiquement : les tubes de l’été), en faisant bosser les copains arrangeurs/compositeurs, on enregistre et mixe vite fait, campagne de pub en partenariat avec TF1/M6 et zou! Faites péter la banque! De même, skyrock plébiscite en priorité les artistes qu’elle co-produit…

    Plutôt que d’alimenter un fond d’aide à la création, le choix peut aussi être laissé aux radios, mais en leur imposant des quotas (c’est ce qui fait que vous verrez le logo TF1 à la fin de films d’auteurs qui ne passeront jamais sur TF1! Et c’est surtout ce qui permet que ce film d’auteur aura pu être tourné en 35mm et pas au caméscope…).

    Ce système de financement du cinéma en France permet aussi de maintenir un niveau de qualité technique élevé y compris sur les “petits” films, les financeurs ayant tout de même un niveau d’exigence assez élevé sur ce point (les normes télé sont assez serrées).

    Les aides à la création discographique existent déjà en France, mais elles représentent des montants faibles face au coût de revient d’un master, et les enveloppes globales annuelles sont trop petites pour pouvoir se substituer au rôle des producteurs.

  68. Lau says:

    Je suis entièrement d’accord avec votre discours, très bien amené. Vous exprimez bien mieux que moi l’argumentaire que je sers habituellemment à mes contradicteurs sur le sujet. Pour ce qui est de la baisse de la vente des CD j’ajoute en plus d que l’age d’or du CD (années 90) est passé et les maisons de disques en ont bien profité. Maintenant que les supports évoluent il leur appartient de s’adapter (ou disparaitre!) Avant cet âge d’or, artistes et éditeurs vivaient pourtant aussi….

    Reste toujours la question de la rémunération des auteurs. Car si en musique, on peut se produire en concert, si les films peuvent être projetés en salle, les séries achetées par la TV, les logiciels professionnels autofinancé par les entrprises utilisatrices… Mais comment peut-on rémunérer les équipes – auteurs de jeux video, auteurs d’articles, auteurs de BD (on commence à voir circuler des pages genre “strip comiques” ) voire de livres entiers (encyclopédies, ou roman) ? Par la pub ?

    Enfin, alors qu’on a jamais vu autant de gens et jeunes s’intérresser à la culture sous toutes ses formes par le biais du téléchargement gratuit et libre (légal ou non) je regrette vraiment que les gouvernements s’acharnent à vouloir fermer ce robinet de culture, pour maintenir contre le sens de l’histoire la suprémacie des éditeurs sur toute production artistique.

  69. maikol says:

    @LAU : navré d’insister sur ce point, mais si je suis le premier à dire que c’est bien fait pour les majors de manger les pissenlits par la racine, il reste malgré tout que personne n’est là pour reprendre le rôle de producteur que permettait la vente d’un support physique (fut-il un CD , un vinyle, une cassette, ou une tablette de marbre…), et donc de moins en moins de monde pour payer les enregistrements, mixage,…

    Vous dites que les supports évoluent, mais en fait ils disparaissent! Et si vous n’arrivez pas à en vendre suffisamment et à un prix suffisant, vos albums, eh bien vous ne pouvez plus les faire! A moins de trouver un autre mode de financement…

    Et le robinet de culture, comme vous dites, s’il est formidable qu’il soit “gratuit” ou pas cher, ne permet pour l’instant pas de financer la production musicale ou audiovisuelle.

    Et ce n’est pas avec les concerts que les musiciens pourront trouver suffisamment de revenus pour produire décemment leurs albums.

    En fait, ce qui risque de se passer, c’est que seuls les derniers mammouths de la variété, ceux qui vendent encore ou qui en tout cas gagnent vraiment beaucoup d’argent (Sardou prend plusieurs dizaines de milliers d’euros pour sa pomme à chaque concert…), pourront encore faire leurs albums dans de bonnes conditions, en les produisant eux-mêmes.

    Les autres seront réduits à bricoler avec des bouts de ficelles, et le fossé de la qualité technique se creusera encore d’avantage…

    Et puis, HADOPI ce n’est en fait pas du tout une question de droit d’auteurs! La rémunération des auteurs/compositeurs ne représentait pas grand chose dans les ventes de CD. Et très peu d’artistes et éditeurs ont vécu sur les ventes de supports.

    Non, HADOPI, c’est (enfin, c’était!) bien avant tout pour tenter de sauver les grosses boites des copains (et la sienne en passant pour Olivennes!) et leur mode de distribution dépassé.

    Ce n’est par contre pas la même chose pour la littérature, BD,… bien entendu, ou une part importante des revenus des auteurs provient de la vente des livres.

  70. Jean-no says:

    J’ai posté plusieurs réponses aux uns et aux autres mais elles se sont perdues dans les limbes d’Internet (antispam ?)… Pas le courage de les refaire. Mais je profite que je suis dans une autre ville, avec un autre navigateur et une autre adresse IP pour le signaler.

  71. Pingback: Une semaine sur la toile. « La vie mobile.

  72. Stephanie says:

    Pour ceux que ça amuse, quelqu’un s’est amusé à démonter mon article point par point: http://www.demainlamusique.com/2009/06/09/les-sept-mythes-de-stephanie-booth/

    (je lirai plus tard, je vais bosser, là, moi ;-) )

  73. iGor says:

    une idée qui me passe par la tête… est-ce que ça se protège de “l’oppression fiscale” les multinationales du spectacle (tout comme les autres) en faisant, comme l’explique si bien le bonhomme sur la plage de Jersey dans Let’s make MONEY, passer la majeur partie de leur commerce dans des repères de corsaires (pirates au service d’un Etat) à la fiscalité allégée (les centrales d’achat de la grosse distrib .fr sont à genève, mais pourquoi donc?), grâce à quelques écritures électroniques?

  74. Benjamin says:

    Je m’étais fendu d’un long commentaire, passé à la trappe par les miracles du web 2.0.

    Ca pourrait se résumer ainsi : oui, il y a désinformation, manipulation et ce sont des choses à dénoncer, certes. Mais au-delà, des lois existent (qu’elles soient “justes” ou non). Et ce que le citoyen vertueux se doit de respecter, ce sont ces lois, et non des camemberts excel. La contrefaçon de contenus soumis à des droits d’auteur est un acte répréhensible et visé par des lois. C’est ainsi. Mais une loi n’a de réelle existence que si elle peut être appliquée, et elle n’est réellement appliquée que lorsqu’elle se trouve transgressée et que cette transgression est mise au jour, puis punie.

    On pourra en écrire des articles, des dénonciations, des corrections lexicales, maltraiter excel pour qu’il produise ces #@ù$ de camemberts pour que TOUT LE MONDE sache que ce qu’on nous dit n’est pas la vérité. Oui, on pourra en écrire des tonnes et c’est d’ailleurs ce qu’il se passe actuellement, c’est une réelle effervescence.

    Il en reste que des lois existent, aussi iniques et infondées soient-elles. Alors être informé, savoir que tout ça est faux, c’est bien, mais ça ne suffit pas. Alors ?

    “salut à tous, portez des coups à ce système de merde, soyez ingérables, amusez-vous bien, soyez malins. rien n’était vrai. tout était permis.” (D.S via OttoK, nordexpress)

    ;)

  75. Gabriel says:

    De l’eau à ton moulin, Steph… “One Download Doesn’t Equal a Lost Sale” selon une récente étude de la part de rien moins qu’un économiste de Harvard! http://www.readwriteweb.com/archives/study_piracy_does_not_deter_the_production_of_music_books_films.php

  76. iGor says:

    je sais pas si il en a déjà été question sur ce blog, mais parfois, y en a qui ne se laissent pas faire : the pirate bay: les hackers ripostent

  77. Pingback: Stephanie Booth (stephtara) 's status on Sunday, 12-Jul-09 14:16:00 UTC - Identi.ca

  78. Pingback: “Piratage” dans Forum sur la RSR1 — Climb to the Stars

  79. pinard says:

    Pirater n’est pas voler , ça me fait penser à Bill Clinton avec Monika…s…..n’est pas trompé ben voyons, pourquoi tant de problème avec votre conscience Au moins, un jeune délinquant assume, ici non surtout pas nous ne faisons rien de mal je vous rassure, il n’y a pas mort d’homme, juste une remise en cause à cause de la technologie d’un droits de l’homme, celui du droit d’auteur mais pas seulement Alors sur les mythes, comment expliquer la chute de 60 % du marché du disque suite à l’arrivé de l’ADSL non compensé par le téléchargement légal ,il n’y a bien sur pas de cause a effet c’est sur alors qu’on a jamais écouter de musique, les gens se la procure comment ? Vos études de grands économistes sont parfaites, probabement les mêmes qui vantaient l’Islande et son modèle bancaire il y a 1 and et demi encore Des concerts en plus, à bon , où ça je suis curieux Stéphanie faites nous la liste des lieux ne serait ce quand Suisse avec le nom des artistes qui s’y produisent (je parle pas des bars où l’artiste est payé à la bière ) c’est drôle nous n’avons pas la même vision sur ce point, peut être parce que je suis producteur de spectacle et pas vous Internet à fait découvrir des groupes et un formidables outil de promo, chouette vu le nombre de groupe sur myspsace, mais ça devrait être l’explosion de nouveaux talents, il y en a bcp moins qui font une carrière que dans les années 80 zut Alors ils sont où ces fameux groupes, je ne les vois pas, je suis peut être ringard mais là non vraiment je vois pas Pour conclure parce que ça fait 5 ans que je rabâche la même histoire, nous ne produisons pas des disques mais des enregistrements originaux qui sont ensuite dupliqués suivant l’époque sur des 78 tours, Vynils, CD, DAT puis maintenant MP3, plus écolo mais de moins bonnes qualités j’en conviens Vous avez toujours achetez la copie d’un master donc oui quand vous téléchargez illégalement, vous lésez toutes une chaines d’ayants droits et pas uniquement le droit d’auteur Et posez vous la question de ce que vous achetiez derrière un CD , un bout de plastique ou une chanson donc de l’émotion et une émotion est immatérielle , vous qui êtes dans le dématérialisé, cette notion devrait vous parler je crois Et surtout, arrêtez avec vos mythes, produisez ne serait ce qu’un enregistrement , un concert et vous serez peut être de quoi on parle mais de grâce, arrêtez d’expliquer à des gens comme moi mon métier car c’est un métier ne vous en déplaise Je suis surpris d’ailleurs de constater que tout le monde se fichait de savoir comment ça marchait il y a 10 ans, sur les modes de rémunérations des artistes et très surpris de voir le nombre de cet objet affreux nommé CD vendu à la mort de Jackson en 2009. Voilà, que dire de plus, ne soyez pas de mauvaise fois, la culture vous en fichez, de savoir comment va vivre un artiste aussi ayez au moins cette honnêteté intellectuelle Ah j’oubliais, pirate bay a été vendu 8 millions de francs suisse, gratuité vous avez dit

    François pinard, producteur de Jeremie Kisling, éditeur de Marc Aymond, artistes Suisse, manager d Hubert Félix Thiefaine, kassav’…

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  81. Pierre-Yves says:

    Cher monsieur,

    comment expliquez-vous le prix d’un fichier sur iTunes/Amazon MP3 et consorts alors que la chaîne de fabrication est réduite à sa portion congrue? D’accord, il faut enregistrer l’artiste dans des studios professionnels, mais quid de la partie liée à la fabrication du support qui, il me semble, représente une partie non négligeable du prix, sans parler des commissions des divers intermédiaires.

    Comment expliquez-vous la bonne santé de certains producteurs (du type AEG Live) qui parviennent à dégager des bénéfices quand d’autres restent arc-boutés sur un modèle économique qui semble dépassé au vu de la situation actuelle et se retrouvent avec des finances désastreuses?

    Je ne suis ni pro ni anti piratage, je cherche juste des clefs pour ma compréhension.

  82. neodym says:

    Fabuleux débat! Mais…

    Dans tout les cas, c’est le consommateur qui aura le dernier mot, vol ou pas vol. Il a été drogué à la facilité. Télécharger un MP3, c’est si simple. Tant qu’on lui proposera pas un moyen plus simple, le piratage restera une grande activité de l’internaute. Cela ne changera pas beaucoup avec des lois, des restrictions, des punitions, ou je ne sais. Pire, aller à l’encontre du mouvement pourrait produire exactement l’effet contraire que celui voulu, non? C’est aux principales victimes du piratage d’inventer rapidement une solution plus simple et plus alléchante aux consommateurs pour survivre (que ce soit pour la vidéo, la musique, ou tous autres domaines…).

    N, consommateur “moyen”, qui ne se remet jamais en question…

  83. pinard says:

    à Pierre Yves 1/Le prix d’un fichier sur I tunes est celui d’un CD moins la fabrication physique et la distribution physique soit en gros 35% de moins que le support physique. Vous payez toujours des les droits d’auteurs, la royautés artiste, le coût de production de l’enregistrement, etc etc qui peuvent monter dans le cas du dernièr album de J Kisling à 200 000 CHF et nous ne parlons pas de faire des clips ! J’ajoute que Itunes ou Amazon prend une commission comme distributeur, pourquoi sont ils là, parce que contrairement aux affirmations de pro téléchargements, les gens ne vont pas sur les sites d’artistes acheter directement les fichiers mais sur un gros “centre commercial” ou un gros site de P2P La bonne santé du Live est relative, Live nation numéro un de la filière n’est pas bénéficiaire, AEG je ne pourrais vous dire mais je ne crois que ce soit l’euphorie oui le prix des places à augmenté pour les trés gros spectacles, pas pour les artistes moyens et si on regarde qui remplit les stades (U2, AC/DC/Rolling Stones/Madonna, Springsteen…), ça fleur la nouveauté non c’est grosse sociétés exploitent une notoriété et une carrière qui vient d’un modèle ancien j’en conviens mais quid de la suite le vrai problème vient de la société dans laquelle nous vivons, complètement matérialiste, incapable d’avoir une notion de l’immatériel donc de la propriété intellectuelle entre autre. On peut payer pour aller sur Meetic pour faire une rencontre parce que c’est un service mais pour avoir une chanson, un film, une photo donc une émotion du moment qu’on ne l’a pas dans les mains.On a du mal à se projeter Finalement, on nous traite de ringards mais ça fait longtemps que nous savons dans nos métiers ce que c’est l’immatériel Par ailleurs, je reviens sur l’exemple de Jakson qui est flagrant, on va acheter le CD pour avoir qq en souvenir, un coté fétichiste, comme si la chanson et les images qui vont avec ne suffisent pas En dehors de l’aspect financier, c’est un triste constat de voir l’évolution de la société à ce niveau non?

  84. pinard says:

    désolé, je ne me relis pas et fais plusieurs choses en même temps donc mes excuses pour la qualité de mon écriture …

  85. Pierre-Yves says:

    Merci pour les informations. En cherchant la petite bête, à combien se montent les diverses commissions prises par tous les intervenants dans la chaîne? Et quel pourcentage du prix final représente le marketing promotionnel?

    Concernant les live, Live Nation en effet ne roule pas sur l’or. Et clairement, il n’y a que les “blockbuster” qui font des tournées. Mais ne serait-ce pas une piste à explorer plus profondément? Comme sur les plages françaises avec une célèbre marque d’anisette, proposer une offre de concerts live plus importante et permettant de découvrir d’autres artistes? Et ainsi créer un appel d’air pour les produits dérivés.

    Et cette évolution de la société, n’a-t-elle pas été provoquée par certains, des deux côtés de la barrière, qui ont abusé du système? Certaines sociétés de production qui ont fourni des produits avec une valeur ajoutée réduite et à des prix importants. Et de l’autre côté des personnes peu scrupuleuses ayant court-circuité le modèle établi.

  86. goeland60 says:

    Très bien vu. A faire lire autour de soi. Les maisons de disques sont à l’agonie de toute façon. Elles n’auront eu que ce qu’elles méritaient.

  87. Die's Man says:

    Fasciné par le trollage sans précédent auquel s’est adonné M. Pinard quelques commentaires plus haut (je devais m’en rendre compte par moi-même, croire sur parole, c’est prendre beaucoup de risques), je vais m’essayer à démêler un peu de ce fatras de raccourcis et d’amalgames tellement dense par moments qu’il confine au lavage de cerveau.   Un matraquage de « faits » acides et aucunement étayés qui fait assurément honneur aux autres producteurs, maisons de disques et autres associations de défense des artistes.   Non, effectivement, mis à part essayer de préciser la différence entre le vol et le piratage, Stephanie ne fait rien de mal. Contrairement au pourcentage de délinquant qui s’assumera suffisamment pour récidiver.   Fort heureusement, il n’y a effectivement pas mort d’homme non plus. C’eut été dommage, car le dédommagement pour la perte d’une vie (cas air france) est trois fois moins important que pour un fichier MP3 illégal aux USA.   Faut-il d’autres exemples vides de sens ?   Ce qui meurt, sur internet, mis à part le matériel qui le fait fonctionner, ce sont surtout des sites et des connexions. Parfois une industrie ici ou là.   Internet, la technologie, sont ici blâmés tout comme n’importe quelle autre avancée permettant de s’affranchir de main d’oeuvre, d’intermédiaires, de frais…   Oui, M. Pinard, vous êtes probablement entrain de perdre votre gagne-pain. Je comprends que cela ne vous fasse pas plaisir, et vous avez toute ma sympathie, moi qui vient tout juste d’en retrouver un. Les temps sont durs, les médias nous le font bien savoir. Nous sommes, à quelques exceptions près, tous partie intégrante d’une société basée sur le capitalisme, dont nous faisons le jeu d’une façon ou d’une autre. J’ai peur, à vos remarques, que vous n’acceptiez ses règles que quand elles sont à votre avantage.   Je n’ai jamais entendu la Poste se morfondre et larmoyer à l’encontre des innombrables fournisseurs de messagerie électronique gratuite. Certes, ils ont de nombreuses fois cité l’impact que cette évolution pouvait avoir, mais ils n’ont pas disséminé des aberrations exécrables tout en essayant de manipuler au maximum l’appareil judiciaire.   Pourtant, savez-vous ce que l’on fait avec une messagerie électronique ? On envoie un contenu potentiellement identique à celui d’une lettre papier, au détail près que sa conception est simplifiée, facilitée, plus rapide, et que l’envoi à un ou 4’538 utilisateurs restera gratuit. Le nombre a été pris au hasard. Ah, et j’oubliais. La transmission est quasi-instantanée.   Tout parallèle avec d’autres évolutions informatiques pourrait ne pas être fortuit.   On peut bien parler d’une chute de 60% sans siter aucune source, tout comme Oskar Freysinger tire ses « statistiques » du journal « Le Matin », mais ca ne reste que du divertissement. On peut l’imputer à l’ADSL (en faisant sourire tout geek qui comprend l’énormité de ce raccourci) et parler de non-compensation dans de longues phrases à la limite du compréhensible.   On peut parler d’économie et de manque à gagner sur les ventes de CD et demander des listes infaisables pour dévier sur la forme et éviter le fond. Ou encore, laisser spontanément les artistes faire des maths.   On peut commencer à se questionner, maintenant que nous avons un choix qui n’existait pas 10 ans auparavant, tout comme on peut profiter d’engranger un maximum d’argent en surfant sur la carrière d’un défunt qui se termine en queue de poisson.   Par contre, confondre et mélanger les Droits de l’Homme, qui visent à garantir la liberté et l’intégrité de celui-ci, et le droit d’auteur, qui est un concept octroyant le monopole de l’exploitation d’une oeuvre à son auteur, vous ne trouvez pas que c’est un poil excessif ?   Même venant d’un producteur, espèce qui s’adonne volontiers au rachat de droits desdits auteurs, à un prix au premier abord intéressant, afin de vivre de leurs oeuvres, j’entends…   Dans une dernière petite pique, je m’abstiendrai donc de moi-même vous apprendre votre métier que vous maitrisez, dont la précarité semble vous avoir toutefois mis bien sur les dents, et qui vous oblige, au grand désespoir d’une majorité d’internautes, à vous battre contre des moulins à vent..   Les artistes, qui commencent à le comprendre, prennent d’eux même leurs distances alors que le reste de la chaine de production incontournable d’un album, qui se sait indispensable, est très silencieuse.   Quant à « The Pirate Bay, » qu’ils fassent don ou pas des éventuels gains de leur vente pas encore finalisée à une fondation de promotion du téléchargement libre, soyez rassuré. Eux qui disent se battre pour des idées, en mettent en application. Alors que l’ancienne infrastructure n’est pas (encore) morte, voici déjà la suivante, qu’ils vont rendre bien plus inattaquable, en mettant à profit les enseignements du passé.

  88. pinard says:

    A dies man 1/Le droit d’auteur est un droit de l’homme désolén renseignez vous 2/ne vous faites pas de soucis pour moi et pour mon gagne pain, ce n’est pas le sujet du débat et je suis plein de ressources (pas financières, permettez moi d’être juste passionné 3/C’est triste de la part de qq comme vous de ne pas parler à un aucunmoment de musique d’émotion, ça semble un peu vous échapper mais je crois que c’est le débat 4/Oui je sais que nous sommes dans une société capitaliste mais dois je pour autant accepter vos arguments ultra libéraux … 5/les chiffres de 60% ne sont pas inventés, ils viennent du SNEP, certes à vous lire ça doit être manipulé 6/Je ne blâme la technologie ni internet, je dis que c’est parce que la technologie permet de copier que pour autant il n’y doit pas y avoir de régles et arrêter de croire qu’on ne veut pas évoluer 7/Votre réfléxion sur le fait de me faire passer pour juste un financier qui rachète les droits de pauvres artistes est juste insultante de bêtise, c’est franchement méconnaître ce métier, ces implications y compris artistiques , terme que vous ne semblez pas connaître non plus 8/Soyons clair, au lieu de parler de trollage, d’argument vides de sens , avez vous bien lu ce que j’ai écrit et qui est argumenté contrairement à ce que vous m’écrivez , je ne suis pas pour la survie du CD, je me réjouis même de sa mort, si vous m’avez bien lu, c’est pas écolo, les coûts énergétiques de la distribution sont élevés 9/Oui un nouveau modèle économique doit ressortir à moins qu’ua nom du capitalisme sauvage, l’artiste doit revenir un saltimbanque Cous êtes curieux, vous parlez d’accepter les règles du capitalisme et ensuite vous vomissez les producteurs ou maisons de disques avides d’argent, je ne vous suis pas Alter mondialiste ou Ultra libéral 10/conclusion, même si vous n’êtes pas d’accord , Stéphanie fait “qq chose de” mal ” en piratant car elle ne rémunère pas un certains nombres d’ayant droit qui était rémunéré sur un support physique pour un travail bien réel que vous méprisez visiblement et pas seulement les ayants droits mais mais en péril les studios, les ingénieurs du son, les musiciens , assistants, attaché de presse et j’en passe

    Conclusion ce qui me sidère dans ce que vous appelez le lavage de cerveau, c’est que vous n’arriviez pas à comprendre que je ne défends en aucun cas le CD, que je ne produis pas des CD et que vous restez attaché au support hors moi je reste attaché à une chanson, ou à un film, un article Allez un petit effort pour vous projeter dans le monde immatériel, vous devriez y arrivez

    Nb votre // avec la poste est parfait, la poste envoyait un contenu sur une lettre , ce même contenu est envoyé aujourd’hui par email, ce dont je me réjouis écologiquement parlant, parfois je trouve que l’email n’a pas le même romantisme. Par analogie, la Fnac ou Média mart était la poste (distributeur), La lettre le support (CD) et le contenu de la lettre ben la chanson alors qu’est ce qu’il change avec Internet.Vous écoutez toujours de la musique.Pourquoi était elle rémunérée hier et pas aujourd’hui ? Ah, apprenez à être cynique, ça aussi c’est un art François Pinard

  89. pinard says:

    @ Pierre Yves je vais vous ressortir précisément les chiffres des commissions de I tunes pour le marketing variable suivant les artistes, proches du néant sur Jérémie Kilsing parce que nous n’avons pas les moyens

    Pour la tournée dont vous parlez , je la connais parfaitement pour l’avoir fait 3 fois par le passé Je ne crois pas que le concert soit le seul avenir parce que vous ne pouvez pas tourner tout le temps, vous lassé les gens à un moment je pense et ensuite, sur les produits dérivés, c’est bien ma crainte Je m’explique, si un artiste dépend d’une marque , je crains des dérives pour le coup assez inquiétantes les marques n’iront que vers les blockbusters donc exit les musiques de niche, croyez vous que Coca ou Orange va prendre des risques artistiques j’en doute C’est pourquoi je continue de penser que l’achat à l’acte permet une plus grande liberté artistique, puisque vous rémunérez directement l’oeuvre Mais je suis d’accord que l’époque est faite pour trouvez des nouveaux modèles et une plus juste répartition ce qui va mettre ne colère notre ami Die’s man qui souhaite une société non régulée visiblement

    J’ajoute juste un point important, quand vous êtes artiste ou producteur, vous prenez déjà un risque de ne pas rencontrez un public ce qui n’est pas le cas de nombreux métiers, il me semble juste et souhaitable que lorsque ce dernier , il soit rémunéré

  90. pascal rossini says:

    Je te soutiens a 100% dans ton argumentaire, un article culte qui sera une référence. Bravo

  91. Nicolas says:

    Ce débat est stérile. Je ne vois pas l’intérêt ni des uns ni des autres à défendre leurs positions respectives. Je ne suis pas convaincu non plus que la contribution de Stéphanie soit aussi “culte” que certains veulent bien le croire, j’ai en tout cas beaucoup de peine à comprendre ce qu’il apporte de constructif au débat. A noter que d’un point de vue pratique s’agissant du premier mythe, la plupart des librairies paient des royalties à ce que l’on appelle des Copyright Clearance Centers qui reversent ces sommes aux auteurs et que souvent aussi, les CD ou DVD sur lesquels on copie ceux de nos amis sont eux-aussi grevés d’une taxe qui part dans la poche des auteurs.

    Cela étant, je travaille pour l’un des plus grands éditeurs au monde dans son domaine et nous sommes bien évidemment touchés aussi par ce que j’appelle la copie non-autorisée. Nos publications, protégées par le droit d’auteur, sont photocopiées. Comme elles sont également souvent publiées en format électronique, elles sont reproduites, partagées, disponibles sur les réseaux P2P et ailleurs en même temps qu’elles sont en vente auprès de nos distributeurs générant un revenu qui permet à pas mal de vivre.

    Partant de là, il y a deux approches au problème.

    La première approche est de lutter contre la copie non-autorisée et la soit-disant perte de revenu qui en découle. Je dis bien soit-disant perte car il n’y a absolument aucun moyen précis de connaître son ampleur. Tout ce qui est avancé par les uns ou les autres est aussi solide que l’avenir prédit par Elisabeth Tessier. Or, lutter contre la copie non-autorisée impose des gros investissements. Certains engagent des batteries d’avocats, d’autres protègent leurs oeuvres par des techniques ou des technologies souvent aussi coûteuses que facilement contournables et tout cela est généralement supporté par des campagnes médiatiques elles-aussi très coûteuses. Cela sans compter les effets de bords de la lutte, eux aussi coûteux puisqu’il y a généralement dégradation de l’image de marque de la société, on passe pour les méchants, et un risque auprès des clients existants quand ceux-ci doivent supporter les désavantages des mesures de protection mises en place. Donc cela fait-il sens, d’un point du vue strictement économique, d’investir autant d’argent sans aucun certitude sur le ROI? La réponse est clairement non. A noter ici que par rapport au second mythe, le fait d’empêcher un téléchargement non-autorisé ne génèrera jamais systématiquement une nouvelle vente.

    La seconde approche est de s’intéresser à son client, à ses besoins et à s’efforcer d’y répondre aussi bien que possible. Car en regardant d’un oeil objectif son marché, quelle que soit la nature de l’activité, on remarque que l’essentiel se compose de gens foncièrement honnêtes et prêts à payer pour un service lorsque celui-ci répond à leurs attentes. A ce niveau on se retrouve avec deux cas. Soit l’offre répond exactement aux attentes de la demande et l’entreprise doit accepter de vivre avec la portion d’individus qui continuera à ne pas jouer le jeu. Punkt schluss. Peut-on espérer réduire un jour à néant le vol à la tire ? Non. C’est la même chose ici quels que soient les termes utilisés, le premier mythe évoqué n’est qu’un jeu absurde sur les mots. Par contre, il est véritablement faux de dire qu’un téléchargement pirate est une vente perdue.

    Le second cas est celui où l’offre ne répond pas aux attentes de la demande auquel cas, l’entreprise doit mieux cerner les besoins de son marché et investir pour les satisfaire. Le potentiel de ROI devient dans ce cas précis beaucoup plus intéressant. En ce qui nous concerne, d’une part en communiquant, d’autre part en offrant beaucoup plus de flexibilité dans l’utilisation de nos publications, notre approche nous a permis de faire évoluer nos revenus de plus de 39% en deux ans par rapport au taux de croissance habituel: notre marché s’est étendu et certains clients ont accepté de payer une prime pour des prestations qui répondaient mieux à leur besoin.

    Moralité, il vaut mieux s’intéresser à ses clients plutôt que de perdre son temps avec les pirates.

    Nicolas

  92. an.archi says:

    @pinard

    J’ai lu avec attention vos commentaires, mais ne vois aucune argumentation étayée de liens, ou références précises. D’après le dernier commentaire, ils arrivent et je suis donc impatient d’enfin lire quelque chose qui me fera peut-être changer d’avis sur le sujet.

    Jusque là, mis à part un mal de crâne manifeste pour avoir essayé de déchiffrer vos propos, je n’ai rien trouvé de très pertinent ou nouveau à me mettre sous la dent, désolé. Si vous souhaitez convaincre, prenez le temps de vous relire et d’affiner des arguments.

    Je ne suis pas producteur, et mis à part des membres de ma famille qui sont musiciens, je n’ai pas de lien direct avec l’industrie musicale, mais vous comprendrez aisément que le public en a marre d’entendre des inepties similaires à celles que l’on nous balance à l’Assemblée Nationale Française en ce moment pour justifier des lois qui vous utilisent peut-être vous aussi, en tant que producteur.

    Je veux bien admettre que tous les producteurs ne sont pas à ranger dans le même panier, et que comme certaines musiques sont des machines industrielles à faire du fric et d’autres plus artisanales, le métier de producteur connait ces mêmes variations. Reste que rien ne m’a convaincu dans vos propos.

    Merci d’avoir essayé, cela dit. J’attends les chiffres vérifiables dont vous nous parlez.

  93. an.archi says:

    @Nicolas J’aime ce discours censé et économiquement humain… :)

    Le problème principal reste que certaines personnes sont à convaincre, et que d’autres (ou les mêmes) menacent directement certaines libertés.

  94. pascal rossini says:

    Nicolas, ton discours est old fashion, il ne s’agit d’arbitrer un combat qui est perdu pour les éditeurs de contenu qui doivent créer de nouveaux modèles d’affaire autour de leur activité. C’est cela, vos priortités, en lieu et place de défendre des intérêts dont la valeur décline chaque jour. La presse, l’édition, l’industrie de la musique/film et la télévison sont condamnées à disparaitre sous leurs formes actuelles, reconnaissez le et inventez aujourd’hui l’avenir de votre activité!

  95. Nicolas says:

    Pascal,

    Tu ne m’as pas bien lu ou alors je me suis mal exprimé et je m’en excuse. Car ce que j’ai essayé d’expliquer est précisément que ces industries comme la mienne perdent leur temps à s’acharner à défendre leurs intérêts. Et je ne dis rien d’autre qu’il est effectivement essentiel d’être inventif et créer de nouveaux modèles quand je conclus qu’il faut se concentrer sur les besoins des clients. Actuels, c’est très important, et futurs, c’est vital.

    D’ailleurs, je le paie souvent de ma personne lors de présentations sur le sujet, en particulier aux USA où l’approche défensive, voire répressive, remporte encore et toujours un grand succès. Pas facile crois-moi, surtout quand on représente un éditeur important et que de surcroît on bataille contre les DRM. J’ai essuyé pas mal de lancés de tomates, oeufs et autres accessoires, sauf les chaussures mon honneur est sauf.

    Maintenant, je n’ai pas beaucoup de sympathie pour les discours extrêmes et ces condamnations à mort qui reflètent souvent une méconnaissance du terrain. C’est évidemment sympa pour l’égo que de jouer les évangélistes et les prédicateurs. C’est assez à la mode et ça fait bien. Le problème est que s’il y a des tonnes de blogueurs aussi forts les uns que les autres pour dresser des avis des décès de l’industrie de l’édition, de la presse et des médias, ils ne sont guère méritants. Bien moins nombreux ceux qui apportent de (bonnes et véritables) idées. Car l’exercice de création de nouveaux modèles est extrêmement complexe, plus encore quand il s’agit de faire transiter une industrie d’un état à un autre. Dans le domaine de l’édition qui est le mien, je n’ai encore rien vu de suffisamment original, novateur et puissant.

    En ce qui mon concerne et à mon modeste niveau, je persévère et continue de travailler sur de nouveaux modèles. Car si d’aventure je suis le premier à sortir avec The Solution, il est certain que je terminerai ma vie sans avoir à me soucier du résultat de mon deuxième pilier.

    Belle soirée à toutes et tous,

    Nicolas

  96. Die's Man says:

    Bien, après un retour quelque peu lyrique de ma part, qui m’apparaissait nécessaire afin de contrebalancer votre premier commentaire, je me propose de revenir ici dans un esprit un peu plus “1 partout, balle au centre”.

    Je me permets de noter en prélude que votre premier commentaire, M. Pinard, m’a probablement au moins autant agressé que l’a fait le billet (et/ou son intervention radiophonique récente, qui sait) de Stephanie vous concernant.

    Je ne ferai à personne l’insulte d’affirmer que mes insinuations et sous-entendus n’avaient pas le but de vous viser pour vous faire “piquer la mouche”. Il s’agissait toutefois de les voir dans un contexte bien plus large, car ne vous connaissant aucunement, il serait bien maladroit de ma part de vous prêter trop de vues, de principes et d’opinion sur la base d’un seul texte dont émane une forte émotion. Et encore plus de ne les prêter qu’à vous.

    Ces observations faites, et en saluant la contribution de Nicolas, je reviens, après votre citation d’une source, sur vos observations, puisqu’il se pourrait que nous puissions commencer à réunir les éléments et l’atmosphère propices à faire germer un débat.

    Concernant votre insistance sur le fait que le droit d’auteur est un droit de l’homme, je regrette, faute d’eau apportée au moulin de votre part, je dois persister à m’inscrire en faux. Peut-être n’utilisons-nous pas les mêmes sources ? Je me base sur la déclaration de l’ONU, pour ma part. A le reparcourir, et si bien évidemment nous nous entendons sur la source, je suppose que c’est l’alinéa 2 de l’articles 27 qui motive votre point de vue, de par certaines notions que l’on retrouve dans le droit d’auteur ? Le cas échéant, le raccourci est me concernant de par trop excessif pour que je l’emprunte. J’en profite pour attirer votre attention sur le premier alinéa, dont les pirates, et dans une large mesure les internautes, sont friands.

    Pour le point 2, n’ayant moi même aucun intérêt financier vis à vis du sujet, je constate donc avec plaisir que nous sommes donc deux passionnés liés à des domaines différents, qui se rencontrent à cette occasion (le mien est celui de l’informatique et de ses technologies).

    Concernant l’émotion, je ne l’ai effectivement aucunement abordée dans le cadre d’un sujet visant à clarifier la distinction entre le piratage et le vol. Ce qui n’empèche pas à certains commentaires d’en être chargés. Personnellement, je considère qu’on peut difficilement débattre sur des émotions, c’est ce qui me pousse à me cantonner au côté rationnel autant que faire se peut.

    Même si ce n’est pas “le débat”, je vais volontiers parler d’émotions quelques instants tout me glissant vers les points 7 et 10. Ce sont bien des émotions qui me transportent, me chamboulent et me renversent à l’écoute de certaines oeuvres musicales, en vivant un film, ou en contemplant d’autres formes d’art. Ce sont également elles qui m’incitent à écouter un titre en boucle, soit en caressant la fourre du support, soit en partant l’acheter, parfois avec un reste de larme à l’oeil, tellement l’oeuvre et les personnes impliquées dans sa création le méritent.

    Ce sont également des émotions qui émergent, malheureusement bien moins belles, quand je lis vos accusations sous-entendues ou explicites, à mon encontre, à celle de l’auteure de ce billet, ou à celle du pirate en général. C’est là que le fond de notre désaccord réside, sans doute. Car certes, il est peu probable que le 100% des personnes concernées jouent le jeu, mais vous vous aliénez la proportion qui le fait, quand on leur dit “vous lésez toutes une chaines d’ayants droits et pas uniquement le droit d’auteur” alors qu’ils contemplent avec dépit la foret luxuriante qu’est leur médiathèque légale, qui n’aurait rien à envier au désert de Gobi si le piratage n’existait pas. Je vous propose de considérer les réflexions mentionnées en /7 comme équilibrage (toujours dans cet esprit “balle au centre”) par rapport à cette notion de “pirate léseur qui ne lâchera jamais un sou pour le contenu qu’il apprécie” évoquée en /10, qui contient les mêmes atributs d’insulte et de méconnaissance.

    Voici pour l’instant “émotion”, je retourne à des aspects plus rationnels sans changer de sujet. J’aimerais parler du cas du pirate qui ne lâche pas un sou, et écoute quantité de musique sans rétribuer personne. A moins d’avoir recours à des méthodes de streaming, il va forcément stocker le média téléchargé sur un support physique, qu’il soit baladeur, CD/DVD ou simple disque dur. En Suisse, une part du prix de tous les supports numériques est une redevance liées aux droits d’auteur revenant à la SUISA. Le pirate méprisant l’ensemble des personnes impliquées dans la chaine de réalisation de ce qu’il écoute les rétribue donc sans le vouloir. Ne paie-t-on pas à double en achetant la musique que l’on met dessus ?

    Poursuivons. Nous avons donc un 60% de perte constaté par le SNEP (corrigez-moi si le lien est faux), bien, je consacrerai du temps dès que possible à la recherche de l’étude en question (n’hésitez pas à transmettre un lien détaillant ce point, ceci avancerait le débat). Diverses questions me viennent d’entrée de jeu: - Qu’exprime ce 60%, une perte par rapport à des prévisions, ou d’une diminution d’un chiffre d’affaire d’un an à l’autre, ou sur une plage plus large ? - A quels élément et dans quelle répartition les pertes sont-elles attribuées ? - Sur quelle méthode d’analyse répose les chiffres obtenus

    Accessoirement, pour compléter un aspect sur lequel vous étiez sur la bonne voie, une recherche très sommaire montrant qu’il s’agit d’un syndicat d’éditeurs représentant plusieurs majors, qui semble s’être félicité de l’adoption de cette loi essentiellement inconstitutionnelle qu’est Hadopi, il s’agit également de se demander si l’on peut considérer une étude, ou plus généralement des chiffres, comme objectifs alors qu’ils viennent d’une source dont le parti est clairement pris.

    Vous désireriez une régulation de l’internet, et c’est à ce propos que j’ai précédemment parlé de combat contre des moulins à vent. Internet et les technologies qui l’utilisent évoluent tellement vite qu’elle dépasse parfois même ceux qui y évoluent ou participent à ces avancées. Une régulation acceptable passant nécessairement par un cadre juridique l’affaire me semble perdue avant même qu’on finisse de l’énoncé, indépendament du fait qu’on désire ou pas ladite régulation.

    J’en viens aux questions de capitalisme, afin de préciser certains points, notamment quand aux entités que je “vomis”. Le mot est assez juste, par contre je ne vomis que celles qui s’adonnent à des abus de droits, directement ou par le biais de représentations, le menacer et tenter de le ponctionner le consommateur supposé délictueux à une échelle relevant du crime organisé (qu’elle dénonce chez la personne qu’elle attaque). Je mets également dans cette catégorie, et je vous demanderai dans le doute de ne pas vous sentir visé, les personnes physiques et morales matraquant des aberration sans fondement pour manipuler l’opinion publique et le législateur dans ce dessein.

    Ceux qui réussissent à vendre un produit à quelqu’un qui s’outre de son prix ont tout mon respect. L’acheteur n’a qu’à s’en prendre à lui même, puisqu’il accepte implicitement par son achat ce qui lui est imposé. Ceux qui refusent, mais ne veulent pas renoncer à leur droit à la culture et à l’art, élaborent ou utilisent d’autres solutions si on ne leur en offre aucune satisfaisante à leurs yeux.

    A propos des sensibilités artistiques, je vous avoue que les miennes se manifestent à priori dans le cadre d’émotions fortes de certaines situations de vie, d’ou émergent des poèmes. En guise de conclusion, devant me remettre à un article sur “l’affaire Logistep”, l’aspect monétaire omniprésent dans votre univers artistique et absent du mien (mis à part pour la rémunération des personnes qui m’apportent quelque chose), ne participerait-il pas à notre divergence de point de vue ?

  97. pinard says:

    @ an.archi Désolé pour le style mais écrire en plein milieu d’un concert dans le nord algérien n’est pas simple et je m’en excuse. Je ne me relis pas , je réagis sur le coup et basta Je suis contre l’atteinte aux libertés individuelles, contre aussi la suppression du droit d’auteur, etc etc je ne veux pas renter dans un dialogue de sourds, les chiffres sont là et la réalité des acteurs de cette filière probant, c’est tout vous voulez jouer les St Thomas, pourquoi pas si ça soulage votre conscience. Je suis comme Nicolas, à l’écoute et à la recherche de nouveaux modèles mais personne ne les a trouvés, ni dans la musique ni dans la presse, le cinéma. Et je vais sur ces forums pour comprendre vos positions, expliquer les miennes, de bonne foi et j’espère qu’il en est de même en face.

  98. an.archi says:

    Saint-Thomas tombe à point pour un archi, je dois avouer.

  99. Nicolas says:

    Par contre, ce n’est pas parce qu’aujourd’hui on n’a pas encore déniché la pierre philosophale qu’il ne faut pas bouger. Et c’est à mon avis tout le problème de l’industrie du disque en particulier. Une position aussi rigide que celle d’un Fontana dans son échange avec Stéphanie dimanche dernier n’est pas tenable. Il est tout de même fondamental d’écouter son marché et d’éviter de le frustrer.

    De notre côté, nous fêtons cette année les 10 ans, ce qui fait de nous des pionniers dans notre secteur, de notre magasin en ligne qui donne accès aux versions PDF non-protégées de nos ouvrages. Tout le catalogue, soit 50’000 titres, est entièrement numérisé et même si nos clients peuvent toujours obtenir les documents dans un bon vieux format papier s’ils le souhaitent, la distribution en PDF représente plus de 97% aujourd’hui. A titre de comparaison, la distribution électronique ne représente que 35% des revenus totaux de l’industrie du jeu vidéo, 20% des revenus de la musique, 4% des revenus de la presse quotidienne, 4% des revenus de l’industrie du film et 1% seulement des revenus de l’industrie des magazines.

    Pour le papier et les produits sur support CD ou DVD, tout est produit à la demande. En même temps que le passage à la vente en ligne, nous avons démantelé en 1999 notre bonne vieille imprimerie offset pour passer à l’impression à la demande. Nous consommions plus de 60 tonnes de papier par an à l’époque. Aujourd’hui, nous imprimons moins de… deux millions de copies A4 par année. Tous nos ouvrages sont disponibles sur un serveur auquel accèdent nos distributeurs qui peuvent les imprimer localement ou les redistribuer en format électronique.

    Tout cela a permis de répondre à une partie des attentes de nos clients, à un coût moins élevé pour eux, et avec en bonus la réduction de notre impact environnemental. Pascal, j’espère t’avoir convaincu que nous avons déjà quand même pas mal cherché à nous réinventer

    Mais cela ne suffit pas c’est certain. Je travaille entre autre sur l’ebook qui vit une seconde vie grâce à Amazon et son Kindle, et la réaction de Sony qui a suivi. Mais les opportunités ne sautent pas au yeux sauf pour des portions très ciblées de notre marché. L’autre problème est qu’Amazon cherche à capter la distribution en gardant des marges qu’historiquement le secteur n’a jamais connu. Par ailleurs, il est quasiment impossible pour un éditeur de discuter avec Amazon et leur attitude met, à mon avis, en péril leur projet. Heureusement de plus en plus de terminaux offrent des possibilités identiques au Kindle et au lecteur de Sony sans compter les nouveaux supports qu’on nous prépare.

    Un autre développement possible est le passage de PDF à XML et de profiter de la souplesse que ce dernier offre. Peut-être alors aurons-nous moyen de proposer un jour du contenu gratuitement qui serait financé par des services à valeur ajoutée. Nous y travaillons aussi même si les coûts d’un tel passage sont astronomiques.

    Nicolas

  100. Die's Man says:

    Nicolas, ce que je vous souhaite sincèrement, c’est que vos vues, vos recherches et vos initiatives vous soient dans le pire des cas salvatrices, et au mieux fort profitables.

    M. Pinard, doit-on comprendre par votre “je ne veux pas renter dans un dialogue de sourds” que vous coupez court ?

  101. pinard says:

    oui, fatigué de 4 ans de non dialogue, je suis prêt par contre à le faire autour d’une table, avec des acteurs de la musique entre autre, un modérateur, je l’ai proposé à Stéphanie Ah sinon pour les chiffres le disque d’or est passé 50 000 en France au lieu de 100 000 il y a 4 ans Et pour les concerts, -12% de fréquentation en 2008, chiffre du CNV De toute manière, je ne comprends pas (et ça doit être culturel) à vos arguments Je ne comprends pas pourquoi tout d’un coup les métiers de la musique enregistrée sont devenus la cible de tous les internautes Franchement, en dehors de me déprimer, ça me gave; J’ai relu les arguments de Stéphanie, non je ne comprends pas qu’on puisse dire pirater n’est pas voler,le terme est certes fort mais vous êtes conscients que vous “lésez” des gens qui travaillent ça fait 4 ans que je me “bats” à expliquer des choses simples, à dire qu’il n’y a pas de nouveaux modèles économiques, à ne pas comprendre comment des gens qui ne connaissent pas un métier se permettent non seulement d’en parler mais mieux de nous l’expliquer, que de prétention alors voilà, oui si voulez qu’on se voit pour une table ronde oui, je vous expliquerai l’économie de la musique en général , pour le reste, on oublie

    refaites bien le monde et entre nous , il y a plein de domaine qui sont bcp plus injustes en terme de répartition de revenus

  102. Stephanie says:

    Ça débat-discute ailleurs, avec liens vers quelques billets pertinents de Maître Eolas, pour ceux que ça intéresse: http://www.ecrans.fr/forums/viewtopic.php?id=6090&p=2

  103. Djé says:

    Bonjour, Pour étayer le point 3, je connais des artistes qui ne touchent pas un centime sur la vente de CD (tout va au producteur), ce ne sont que les concerts qui leur rapportent de l’argent.

    Bien à vous.

  104. pinard says:

    Bonjour Djé a/Pouvez vous me citez les noms de ces artistes qui ne touchent pas 1 cts sur les CD 2/vivent ils de leurs concerts et pensez vous qu’un artiste va faire 20 concerts par mois pendant 50 ans ??? ce n’est pas paresse mais pensez vous qu’un artiste suisse va pouvoir le faire et va avoir suffisamment d’offres et de public

    3/et si un artiste pour des raisons “médicales” ou trop fatigué ne peux plus faire de concert mais peut encore chanter ou composer, ne doit on pas le rémunérer J’attends toujours d’ailleurs la liste des groupes qui ne vivent que des concerts et comment font ils

    à vous lire

    François

  105. iGor says:

    un blog d’un bibliothécaire français qui se penche de manière assez intéressante sur les problèmes de copyright (et d’autres choses du genre, comme le domaine public…): http://scinfolex.wordpress.com/

  106. Stephanie says:

    Et lire aussi ce commentaire de Laurent Haug sur le speech de Bruce Sterling à Lift08, prédisant l’impact de Carla Bruni (détentrice de droits d’auteur ;-) ) sur la politique française: http://liftlab.com/think/laurent/2009/07/27/no-man-that-has-been-thunderstruck-by-carla-bruni-is-ever-in-command-of-events/

  107. Die's Man says:

    @ Stephanie: Je tombe tout juste dessus, et j’aime beaucoup le démontage de ton article sur demainlamusique.com (sic), ca remonte méchament le niveau ;-)

  108. Die's Man says:

    Pour des raisons inconnues (mais non liées à la taille, au premier abord), mon dernier commentaire n’arrive pas à se publier directement ici.

    Vous le trouverez donc au bout de ce lien, commentaires fermés, pour éviter la dispersion.

    J’y parle entre autres du SNEP, d’impact du web, et réagis par rapport à des commentaires d’ici.

  109. Pingback: Commentaire de commentaire… « Comment…

  110. Stephanie says:

    Merci pour ton commentaire-article! Je vous recommande vivement d’aller lire l’intégralité de l’article de Die’s Man — j’aurais aimé pouvoir écrire quelque chose comme ça!

  111. pinard says:

    Cher Die’s man J’ai lu votre article, bien Alors soyons positifs cher monsieur, pourquoi ne voulez vous pas accepter un débat public Je l’ai proposé à Stéphanie, je vous le propose, venez , je vous amène des chiffres mais pas seulement Ne me faites pas passer pour ce que je ne suis pas Je constate simplement que les ventes de disques sont en chutes libres, que le téléchargement légal ne marche pas (40% par rapport à une base nulle, qui ne compense pas la chute des ventes physiques) et que paradoxalement on écoute plus de musique aujourd’hui qu’hier tant que vous ne m’aurez pas expliqué la différence entre écouter un morceau sur un MP3 ou sur un CD et ce en dehors du son, la différence qu’il peut y avoir, je ne peux pas vous comprendre C’est bien de faire des longs articles , bien étayés, de me dire que je ne donne aucun exemple, soit Je ne suis pas là pour insulter qui que ce soit, je ne “condamne ” pas mais dit clairement que oui “pirater” lèse” la création, vous voulez que je vous donne des exemples concrets ok je vous amène tous mes chiffres de ventes de disques etc etc et vous me direz pourquoi ça n’a aucun rapport et comment les gens se procure la musique aujourd’hui puisque ce n’est pas via le P2P que les gens “trouvent” l musique aujourd’hui:question c’est pas quel biais ? Alors acceptez un débat , loin d’un pseudo sympathique à visage découvert, avec un modérateur et amenez vos idées, elles seront les bienvenues et nous nous vous parlerons de notre quotidien Je compte sur vous pour ne pas vous dérobez , vous qui m’avez accusé de le faire… François Pinard Nb:personne ne vous a dit que nous étions pour une coupure d’internet, le drame c’est qu’il n’y aucun civisme et que nous forcés d’avoir des lois, pas uniquement pour ça Maintenant , liberticide, le terme me semble mal choisit , Liberticide signifie par rapport à l’histoire y compris récente autre chose que d’envoyé un email d’avertissement, puis un autre avant une coupure (j’aurais préféré une amende ) Ah la dernière chose qui m’épate , Stéphanie publie les photos sur son blog et à juste titre précise que on ne peut pas les reproduire sans son accord.Pouvez vous m’expliquez la différence avec une oeuvre de musique Vous voyez, il y a bcp de choses que je n’ai pas comprises, je veux bien passer pour le méchant mais franchement, cher robin des bois moderne, je veux comprendre et pas uniquement moi Et je suis d’accord avec vous que n’importe quel informaticien arrivera à contourner la loi, super belle mentalité Ah dernière chose, Kamini et la chanson du dimanche sont signés sur des majors (bou les idiots)

  112. pinard says:

    je ne relis pas mes textes, je suis un poil occupé donc merci de ne pas faire attention à mes fautes de frappes et de français

  113. Die's Man says:

    Toujours pour les mêmes raisons, voici mon commentaire suivant ici.

  114. nono says:

    Très bon article…j’adhère depuis longtemps à ce genre d’idée…marre qu’on me compare à un voleur de voiture ou à un dealer quand je lance un DVD !!

    Je publie sur mon facebook et transmets par email à des potes.

  115. Die's Man says:

    En cours de balade, je suis tombé sur cette observation de la Commission européenne ainsi que sur ce lien, qui me rappelait quelque chose.

  116. Jael says:

    Salut, je suis en plein TP, et je le fais justement sur le piratage de film, je voudrait savoir si je peux utilisé certain de tes textes pour ettofé les miens…, et si tu veux bien entrer en contact afin que je t’envoi un petit questionnaire, car comme ton blog parle justement d’un sujet que je trouve interessant, je trouverais interessant de soumettre se questionnaire aux personnes qui te lisent, et a toi^^

  117. Stephanie says:

    Jael: ça dépend ce que tu entends par “utiliser certains de mes textes pour étoffer les tiens”. Si c’est me citer, avec des guillemets et une indication de la source, pas de souci. Si c’est faire passer mes écrits pour les tiens (mais je suis sûre que l’idée ne t’avais pas traversé l’esprit, parce que ça s’appellerait du plagiat), alors je préfère que non…

    Mes lecteurs ne sont pas particulièrement versés sur la question du “piratage”, parce que je parle de tout un tas de choses sur mon blog. Mais tu peux certainement m’envoyer ton questionnaire, c’est très volontiers!

  118. Jael says:

    Ben oui, je vais mettre mes source… cela va de soi…^^ dans une semaine je devrait avoir terminé ce questionnaire, et il devrait etre presentable, je t’enverais volontier se formulaire, et meme que je t’enverai une copie definitive de se travail qui va prendre environ 6 mois, dans 6 mois, ca tombe bien les temps corresponde… ok blague nul…

  119. Stephanie says:

    Super, je me réjouis de voir ça! :-)

  120. Djé, ic2t says:

    Un(e) actu-portrait des pirates de Suède à télécharger légalement sur Nouvo.ch (élections européennes, juin 2009) http://www.nouvo.ch/s-015

  121. Jael says:

    desolé du retard, mais c’est plus dur que ca n’y parrait, et je trouve que j’ai quand meme qu’il manque quelque chose, mais je n’arrive pas a savoir quoi… comment puis-je te donné le questionnaire en question, c’est un document au format .doc?

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  123. Xavier says:

    Si jamais tu ne l’as pas encore lu, énormément de matière à réflexion (Et de quoi alimenter ton moulin) dans http://www.amazon.com/Free-Future-Radical-Chris-Anderson/dp/1401322905

    C’est très américain, donc plus orienté pragmatisme et business models que questions philosophiques. Mais c’est super bien écrit, agréable à lire et très cultivant.

    Si tu l’as pas sous la main, je peux te prêter le mien, je viens de le finir.

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  127. Ah merci, je vais écouter!

  128. A lire: http://blog.rom1v.com/2010/08/piratage-ou-usage-commun/ (très juste analyse, et bien plus courte que mon long article à tiroirs!)

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  134. A regarder, petite vidéo de 6 minutes de la BBC sur comment l’industrie de la musique est en train d’évoluer: http://news.bbc.co.uk/1/hi/programmes/click_online/9422026.stm

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  138. Pingback: La propriété intellectuelle n’existe pas « 10 rue Giero

  139. Ricardo says:

    Article intéressant. Effectivement, on ne pas pas protéger une idée, mais un brevet protège plutôt la technique utilisée pour réaliser cette idée ou alors un procédé de fabrication, plutôt que l’idée elle-même.

    Ensuite, je pense que tu mélanges droit d’auteur, propriété intellectuelle, copyright, crédit, droit d’utilisation, droit de diffusion, etc.

  140. Ah ben zut, moi qui croyais justement que j’essayais de séparer un peu tout ça! C’est où que tu vois du mélange, que je puisse clarifier?

  141. Ricardo says:

    Oups, bug…

    En effet, le droit de paternité (qui fait partie du droit moral dans le droit d’auteur), c’est ce que tu appelles “crédit”. Et c’est juste identique. Ce qui permet de gérer la diffusion d’une oeuvre, c’est évidemment le droit d’auteur, et plus particulièrement les droits patrimoniaux. Ces derniers permettent d’accorder des droits d’utilisation et de diffusion, de jouissance et d’exploitation, pour une durée limitée. Ainsi même si un magazine paie 10’000$ pour une photo de couverture, c’est bel et bien le droit d’auteur qui gère le fait que son nom soit mentionné, ainsi que la limite (de temps, géographique, etc.) d’utilisation de son oeuvre. Et c’est encore légèrement différent du copyright… mais ça, c’est une autre histoire.

  142. Tu me dis si je comprends de travers, mais ce que tu dis c’est (en gros) que le côté “attribution” et le côté “reproduction” sont liés, juste? En finalement, moi la direction dans laquelle je vais, c’est de les délier un bout. Creative Commons, j’aime beaucoup, par exemple.

  143. Ricardo says:

    Non, attribution et reproduction sont bien dissociés, dans le sens où ils représentent deux éléments distincts, mais d’un même tout : le droit d’auteur. Je reprenais l’exemple de la reproduction pour appuyer tes propos sur le fait qu’effectivement, c’est le bien droit d’auteur qui permet de gérer la diffusion d’une oeuvre (précisément les droits patrimoniaux). Mais je voulais insister sur le fait que c’est aussi le droit d’auteur qui permet de créditer l’auteur (précisément le droit moral).

    Pour reprendre tes termes avec plus de justesse : “les gens confondent souvent les droits patrimoniaux (droits de diffusion, reproduction, etc.) et le droit moral (paternité, intégrité de l’oeuvre, retrait, etc.), car les deux font partie du droit d’auteur.”

    Et dans ce sens tu as complètement raison. Même si le droit moral est imprescriptible, il est tout à fait possible de céder des droits patrimoniaux, en choisissant par exemple d’autoriser la diffusion de l’oeuvre gratuitement, et/ou sans modification. C’est exactement ce que permettent les licences cc.

  144. merci pour cette clarification, Ricardo!

  145. Pingback: Pêle-mêle de début juillet | Climb to the Stars

  146. Nymphette says:

    Très bon article qui met à plat les réflexions sur ce sujet.

    L’idée que je préfére: Le partage d’oeuvres (de toutes natures) pousse naturellement à la consommation de celles-ci. L’art rend addictif: plus je consomme, plus j’ai envie de consommer, plus ma consommation devient exigeante, et plus je suis prêt à payer (aussi) pour cela… La vertu de la gratuité donc!

  147. Pingback: Le piratage de la musique par Mark Twain | Clumsybaby, blog musical

  148. Pingback: Community managers, Firefox 3.5, Deezer... Billets de la semaine #54 - Le blog du Modérateur

  149. Lo Strano says:

    Juin 2009 et on en parle encore en janvier 2013. Pour le moment rien à évoluer.

    Sinon, en dehors des deux ou trois nuances à faire (pour ma part) ce texte est très intéressant.

    J’aimerais juste reprendre deux de tes phrases:

    “La loi suit l’évolution de la société et s’y adapte. Si on se retrouve dans la situation où l’application d’une loi rendrait la majeure partie d’une société criminelle, je pense que c’est plutôt la loi et son application qu’il faut repenser, plutôt que s’obstiner à la tâche (impossible) de son application et criminaliser la société.”

    Donc si je comprends bien, si dans 10 ans la plus grande majorité des gens qui peuplent notre planète devenait des assassins ou des violeurs il faudrait faire évoluer la loi pour que la société ne soit plus considéré comme des criminels?

    L’exemple est fort, j’en conviens. Mais continuons. Si de plus en plus d’adulte couchait avec des mineurs, il faudrait donc faire évoluer la loi pour qu’il ne soit plus considérer comme des pédophiles? Notre société voit malheureusement de plus en plus de cas de ce genre. Au point que certains pays veulent diminuer l’âge sexuel à 14 ans ou autoriserait un adulte à coucher avec un mineur si celui-ci est consentant. Notre société intellectualise beaucoup trop les choses.

    Enfin, cela n’a plus rien à voir avec les cd’s mais le raisonnement me semblait un peu particulier.

  150. Ton raisonnement sous-entendrait que la nature de l’homme est fondamentalement mauvaise et que c’est la loi qui le maintient dans le droit chemin — alors que celle-ci n’est qu’une expression des normes sociales. Et oui, il n’y a pas d’absolu dans la morale, en tous cas à mon avis.

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