Paroles [en]

Car il n’est pas normal d’être mort aujourd’hui, et ceci est nouveau. Etre mort est une anomalie impensable, toutes les autres sont inoffensives en regard de celle-ci. La mort est une délinquance, une déviance incurable. Plus de lieu ni d’espace/temps affecté aux morts, leur séjour est introuvable, les voilà  rejetés dans l’utopie radicale – même plus parqués: volatilisés.

Jean Baudrillard, L’échange symbolique et la mort

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Paroles de Maeterlinck I [en]

[…] l’enfant qui se tait est mille fois plus sage que Marc-Aurèle qui parle. Et cependant, si Marc-Aurèle n’avait pas écrit les douze livres de ses Méditations, une partie des trésors ignorés que notre enfant renferme ne serait pas la même.

Maurice Maeterlinck, introduction à  “Fragments” de Novalis

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Notes de lecture [en]

Mathématiques et logique, situées comme elles le sont au centre de notre organisation conceptuelle, tendent à  se voir accorder une telle immunité, conséquence de notre préférence conservatrice pour les révisions qui dérangent le système le moins possible; et là  réside peut-être la “nécessité” dont nous sentons que jouissent les lois des mathématiques et de la logique.

Finalement, il revient peut-être au même de dire, comme on le fait souvent, que les lois des mathématiques et de la logique sont vraies simplement en vertu de notre organisation conceptuelle. […]

Il faut toutefois remarquer à  présent que notre préférence conservatrice pour les révisions qui dérangent le système le moins possible a contre elle une force adverse importante, une force en faveur de la simplification. […]

Les lois logiques sont les énoncés les plus centraux et les plus décisifs de notre organisation conceptuelle, et pour cette raison les mieux protégés de la révision par la force du conservatisme; mais, toujours à  cause de leur position décisive, ce sont aussi les lois dont une révision convenable pourrait provoquer la simplification la plus radicale de notre système de connaissance tout entier.

W.V.O Quine, Méthodes de logique, p. 13

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Risque [en]

Ma petite commotion m’a donné à  réfléchir sur une question qui me tient à  coeur: le risque.

En effet, quand vous allez raconter aux gens que vous avez perdu une semaine de travail suite à  une chute de judo un peu rude, on vous répond: “Ah, sport dangereux! il faudrait éviter d’en faire durant les deux mois précédant les examens!” En effet, je suis très embêtée par cette semaine d’études perdue. Et si je me casse un doigt ou me foule un poignet maintenant, je peux repousser mes examens. Cette remarque paraît donc pleine de bon sens… Mais!

Mais si je suis prise dans un accident de voiture, je serai aussi très embêtée; est-ce que je devrais peut-être éviter de conduire? Est-ce que je devrais éviter de traverser la route, de courir dans la forêt avec le chien, de descendre les escaliers en chaussettes (oui, je suis une grande flemme parfois!), de jouer avec le chat de peur qu’il me morde? Toutes ces activités comportent un risque – et peuvent potentiellement me mettre dans la situation d’être incapable de présenter mes examens.

C’est ici qu’il faut faire intervenir une petite “définition” du risque (ramassée lors du cours de Gestion du risque que je suivais lorsque j’étudiais la chimie):

Le risque lié à  un événement est le produit de sa gravité et de sa probabilité.

Prenons deux situations représentant de petits risques:

  • attrapper un rhume (grande probabilité, désagrément faible)
  • recevoir une météorite sur la tête (faible probabilité, désagrément très grand!)

La magnitude d’un risque aura une influence sur les mesures que l’on prendra pour se prémunir contre lui. Si l’on prend les deux cas cités ci-dessus, il s’agit de petits risques que l’on juge tous acceptables: nous ne nous promenons pas avec des pare-météorites sur la tête, et nous fréquentons des lieux publics où nous risquons d’attrapper la crève.

Prenons aussi le cas d’une entreprise: la chute d’un avion sur ses bâtiments (restons dans la chute de corps célestes!) représente un bien plus faible risque économique qu’une épidémie de grippe. Il ne vaut donc peut-être pas la peine de prévoir un dispositif de réaction en cas de chute d’avion – mais il peut être sensé de prendre des mesures pour éviter l’épidémie (vaccination, sensibilisation, etc.)

A la lumière de ces développements, revenons donc à  notre judo et à  nos examens. Il s’agit de peser différents risques, et de décider s’ils sont acceptables ou non. La présence des examens influencera la gravité de certaines situations: si je me foule un doigt de la main droite durant l’année, c’est embêtant, mais pas très grave. Si c’est à  la veille de mon examen écrit, c’est une catastrophe. La probabilité de se fouler un doigt ne va pas changer, mais le risque augmentera.

D’où l’abandon de l’entraînement quelques semaines avant les examens… même si on pourrait imaginer mettre dans le deuxième plateau de la balance tous les aspects positifs liés au maintien de l’entraînement: activité physique dans une période de travail intellectuel intense, lutte contre le stress, et tout le toutim.

La probabilité d’avoir un accident de voiture, de se faire renverser sur un passage piétons ou de se faire mordre par le minou soudainement devenu enragé est assez faible pour que ces risques ne rentrent pas en ligne de compte.

Et la commotion, alors? C’était un très faible risque. Cela fait bon nombre d’années que je pratique le judo sans commotion cérébrale. Je commence à  avoir une solide expérience de ce que je peux faire sans me faire mal – et de ce qu’il vaut mieux éviter. J’ai aussi pris une ou deux fois dans ma vie de bien grands coups sur la tête sans m’en trouver incommodée par la suite.

Prendre un risque, c’est un peu comme un pari. Les chances étaient bonnes, mais j’ai perdu quand même…

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Notes de lecture [en]

Oswald Ducrot (en collab. avec M.-C. Barbault), dans La preuve et le dire (p. 85).

Cette étude est destinée à  illustrer la façon dont nous concevons la mise en rapport des opérateurs logiques et des mots du langage ordinaire. Il ne s’agit en aucun cas, on le verra, d’élaborer un code permettant de traduire automatiquement une langue dans l’autre. Au contraire, nous sommes persuadés que la traduction linguistico-logique (plus encore que celle qui va d’une langue naturelle à  une autre) exige, à  chaque fois, une réflexion spécifique, qui porte, d’une part, sur l’énoncé à  traduire, et, d’autre part, sur les possibilités d’expression de la langue dans laquelle on traduit.

Le projet de l’article présenté ici recouvre celui du travail de séminaire que je suis en train de rédiger. On ne s’étonnera donc pas que cet intéressant ouvrage de Ducrot soit une de mes sources principales.

Le point sur la traduction linguistico-logique me paraît tout à  fait pertinent. Certes, la nécessité de cette réflexion spécifique à  chaque cas frappera d’autant plus lors de la traduction d’une langue “organique” dans une langue artificielle (aux visées sémantiques plus précises et restreintes). Mais cette remarque reste parfaitement appliquable à  la traduction dans le cadre des langues naturelles.

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Paroles [en]

Une culture qui ne traverse pas les générations n’est pas une culture: ce n’est qu’une distraction.

Jean-Marie Vodoz

Qu’en pensez-vous?
Peut-être que comme Karl vous désirez le contexte

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Mi-maître, mi-esclave [en]

Mais quand on est seul
On est mi-maître, mi-esclave

D’une liberté indiscutable
La fin du monde est pour demain

Véronique Sanson

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Mère et père… [en]

Cette fois, il ne s’agit pas de la mienne (on s’est assez étalé là -dessus ces derniers temps !), mais de la vie en général. Je me dois en effet de répondre à  Karl sur les hommes, les femmes et les enfants.

Selon Karl :

Il n’y a pas de rôle prédéterminé par le sexe, si ce n’est celui de la reproduction puisqu’elle est vraiment sexuée.

Eh bien justement ! La reproduction se trouve à  la base de la différenciation des rôles dans la société. Au risque de me répéter, ce sont les femmes qui portent les enfants durant neuf mois, et cela crée un lien – avant même celui de l’allaitement.

Même s’il pourrait devenir envisageable un jour de remplacer la grossesse par des moyens technologiques, je ne pense pas que cela soit souhaitable – premièrement pour le développement de l’individu, et deuxièmement pour les répercussions sociales que cela pourrait avoir.

Le fait que ce soient les femmes qui donnent naissance aux enfants conditionne une grande partie de leur place dans la société. Et ce n’est que récemment que notre société judéo-chrétienne s’est mise à  réclamer à  corps et à  cris l’égalité.

Je suis consciente de m’avancer sur un terrain glissant, et je ne voudrais pas être mal comprise. Je suis pour un traitement égal de l’homme et de la femme dans la société. Les droits et privilèges de chacun ne devraient pas dépendre de son sexe, pas plus que ne le devrait le montant qui tombe dans la tirelire à  la fin du mois. Mais je m’oppose à  une tendance qui voudrait rendre identiques les deux sexes. Les femmes et les hommes sont des êtres différents. Et cette différence, toute sociale qu’elle soit, s’ancre en fin de compte dans le biologique. Passé un certain point, on risque de tomber dans l’acharnement thérapeutique.

Quand je dis que le père d’un jeune enfant pourrait techniquement continuer à  travailler 70 heures par semaine alors que cela est impossible à  sa mère, je veux dire exactement ce que je dis. C’est techniquement possible.

Ce n’est pas du tout souhaitable. Avoir un enfant se fait à  deux, et ce n’est pas pour rien – surtout quand on vit dans une société où la famille s’est réduite à  son strict minimum. Je pense qu’il faudrait arrêter de parler de “congé paternité” et l’instaurer (mais hélas, je sais bien que c’est plus compliqué que ça). D’ailleurs, si l’on veut être un peu utopique (et je suis une grande utopiste !), un congé paternité obligatoire de même durée que le congé maternité ferait sans doute beaucoup pour l’égalité des sexes à  la place de travail.

Quant à  l’éducation des enfants et la responsabilité des femmes dans ce domaine, je pense que la situation est bien plus complexe. Premièrement, nous ne sommes pas si libres que ça de reproduire ou non les schémas d’éducation des générations précédentes. Elever un enfant, ce n’est pas “faire” quelque chose, c’est “être”. Et même si je crois profondément à  la capacité de l’être humain à  changer et évoluer, on ne peut s’affranchir de son histoire.

Deuxièmement, si ce sont certes les mères qui assument la plus grande part de l’éducation des enfants, c’est bien le reflet du regrettable syndrome du “père absent” – que ce soit d’ailleurs physiquement ou affectivement. Assurer à  la femme la place que l’on veut dans la société passe beaucoup par l’éducation des pères.

Sur ce, il est temps que je m’envole vers mon cours de philosophie sur le dialogue neurosciences-phénoménologie !

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To Hell With Bad Browsers [en]

A List Apart: To Hell With Bad Browsers

Thousands of new sites premiere every day. Most of them are built to support bad browsers intead of standards. It’s an epidemic. Enough already. We finally have good browsers. Let’s use them.

Makes sense. Seems like a move. What do you think?

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Grandma and Bagha [en]

Each time I sit down to write one of these Life entries, I think of my Grandma. She lives in England – not that far off but still quite far.
My Grandma is over 70 now, and she logs onto the Internet regularly to visit my website. I know that what she looks for are these little (rare) Life entries.

So today I had two rather long phone calls with England. One with my Grandma – who will hopefully soon be fit to fly over and meet my animals – and one with Somak.

Speaking of animals, Somak told me he received an email from IUCAA with a rather intriguing signature:

When you find life is coming down on you, think of Bagha.

Well, Bagha was quite well known in IUCAA – particularly for breaking into people’s fridges and hanging around the canteen. And obviously, the word has spread that he emigrated from India and is now a lucky Swiss citizen. I’m sure he’ll be glad to learn that his fate helps members of the IUCAA staff lift their spirits during the hard times.

I should be going back to India beginning of August. I’m actually starting to miss India. I have cravings for dreadfully hot Marathi food (the kind of stuff I found simply dreadful when I first tasted it).
I will have a Hindi course in Rishikesh again, and I hope to be able to spend a couple of weeks in Pune before that. That means I’m going to have to work hard to get my October exams ready before I leave ; )

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