Mars II [en]

À présent on ne pouvait plus contester qu’en fait j’avais toujours eu bien raison et que mon impression avait été parfaitement correcte, que j’avais été séparé de tout le monde fondamentalement et en tout, et que tout ce que la vie m’avait offert jusqu’à  présent n’avait été que des bagatelles qui n’avaient rien changé à  ce seul fait important que l’essentiel m’avait manqué depuis toujours. Mais lorsque le cours de mes pensées eut atteint le point où fut prononcé le mot « essentiel », ce que c’était donc que cette chose essentielle apparut aussitôt avec évidence : l’amour, naturellement. Or il n’y avait là  rien de nouveau pour moi dans la mesure où, au fond j’avais toujours su, où d’ailleurs tout le monde sait et a toujours su et où chacun aurait pu me dire après avoir lu la première page de ce récit, dans quel domaine se situait ma maladie.

Mais c’était tout de même une nouveauté pour moi. J’ai beaucoup parlé dans ce récit du ne-pas-savoir et du ne-pas-vouloir-savoir et du fait que, quand on apprend une chose, il faut toujours aussi qu’on veuille d’abord savoir cette chose nouvelle avant qu’on puisse dire vraiment qu’on la sait. Au cours de ma vie, j’avais bien dit des sottises en parlant de mes « difficultés d’amour » sans m’avouer que j’aurais dû formuler la chose en disant que par manque d’amour je dépérissais et mourais. Quand quelqu’un est mort d’inanition, on ne dit pas, n’est-ce pas, qu’à  la fin de sa vie il a eu des « difficultés de nutrition », on dit qu’il est mort de faim. Lorsque je dis de moi que j’avais dit « difficultés d’amour », l’expression était à  peu près aussi juste que si j’avais des de quelqu’un qu’il avait des « difficultés de forme » après être passé sous un rouleau compresseur.

Il ne me restait plus qu’à  m’avouer que je n’avais pas eu lesdites « difficultés » mais que dans l’affaire absolument la plus importante de la vie j’avais complètement échoué, que je n’avais pas supporté ce manque essentiel, c’est pourquoi j’étais devenu fou (ou tout bonnement névrosé, pour employer encore une fois cet euphémisme bienséant) et que cette folie avait ensuite déclenché le cancer qui, à  présent, se préparait à  détruire mon corps.

Fritz Zorn, Mars

Frozen Ramble [en]

Lausanne-Zürich train, 10 a.m.

I sometimes get the feeling I spend my life being cold and hungry. They go together usually — one of the first signs of hunger is that I start freezing.

I’ve been in the train for two hours now, finished my book (About a Boy), and covered with goosebumps. Why does the A/C have to be set to winter-temperature when the air outside is as hot as it is? I’ll probably have to stop somewhere in Zürich to buy a jacket if I want to survive the trip home this evening. To say nothing of the day in the office, which has been called “The Fridge” in my mind for quite some time now.

One of the reasons I’m writing this is that I switched on the laptop with the hope that it would give out a bit of warmth. It gets really hot on my lap at times. Not now, of course. It’s behaving like car heating: I guess I’ll start feeling the heat once we enter Zürich station.

Some time from now, I might be provided with a wireless network connection for work. Just think about it! Internet on the train 🙂

You can probably be thankful I don’t write this kind of ramble more often, it’s turning out really lame. My brain hasn’t woken up yet.

Maybe a life update? I’ll be on holidays next week. I’ve been wanting holidays for ages. Now that they’re here, I’m going to spend them trying to translate a Hindi short story by Premchand, because I did my usual thing of waiting until it was too late before getting to work. (No, please don’t ask.) I did have a vague plan to go off somewhere exciting, but it didn’t happen; my last chances of escaping my sad fate as a future-ex-étudiante-éternelle have just drowned somewhere in the ocean. Maybe Aleika will come over a few days. That would be nice, as we haven’t seen each other in ages.

We’re in Zürich. Out of the freezer.

Photographs and Videos [en]

Check out Dumped Photographs every now and again, you’ll see it’s updated pretty regularly. I’ve just uploaded the photographs I took this week-end.

You might also want to check out the videos we shot (quite a few of them are linked in the posts below, by the way). Even though they are in French (obviously), you might enjoy them. Not dialup-friendly though, I’m afraid.

Mars I [en]

Cependant si, toute ma vie, j’avais été malade de l’âme et une possibilité de guérison existait pour moi, cela signifiait en fait qu’on pouvait me guérir du malheur que je traînais depuis trente ans et que j’avais considéré comme le véritable contenu et la véritable forme de ma vie ; cela signifiait en fait que le tourment qui, pendant trente ans, avait été ma vie à  mes propres yeux, n’était aucunement ma vraie vie, mais bien plutôt que l’élément morbide qu’il contenait avait brisé ma vie ; cela signifiait en fait que s’ouvrait la possibilité d’exister, que peut-être j’avais encore la vie devant moi et que je pouvais m’éveiller, comme d’un cauchemar, de celle qui l’avait précédée. Si mon tourment était névrotique et si on pouvait guérir une névrose, cela pouvait uniquement signifier que peut-être je pouvais encore voir le jour où ce tourment ne serait plus là .

Fritz Zorn, Mars

New Haircut [en]

Ok, I wouldn’t normally post this kind of thing here (I try not to be a cheese sandwich weblog), but I’m actually really happy about the photograph, so here goes:

Yours truly, pretty happy about her new haircut.

Of course, that’s still at the hairdresser’s, so it didn’t stay like that all day 😉

Sloggi déchaîne les passions ! [fr]

La dernière pub de Sloggi et les passions qu'elle déchaîne.

Les sous-titres, pour ceux qui ont de la peine à  deviner le texte (et aussi parce que j’ai coupé un bout en prenant la photo) :

– Sloggi : it’s string time!
– On n’est pas des plantes vertes
– STOP! Publicité sexiste
– Nos culs ne sont pas à  vendre
– Regardez-nous plutôt dans les yeux

(Bien entendu, l’affiche d’origine ne masque pas les fesses de ces demoiselles…)

Mutants, Anyone? [en]

Right. So I’ve just come back from seeing X-Men 2, and I absolutely loved it. OK, I’ll admit to crappy cinematographic taste every now and again; but all these mutant stories must hit right on a soft spot of mine.

Has anybody else spent a fair amount of teenage years devouring Perry Rhodan books?