La fausse sécurité du digicode [fr]

[en] Codes on building doors? Less safe than keys, imho.

Il y a quelques années, la gérance a fait installer un digicode à la porte d’entrée de mon immeuble. Auparavant, l’immeuble était ouvert la journée, fermé la nuit, et il fallait pour rentrer une clé protégée (non copiable sans autorisation).

Argument: meilleure sécurité, demandes des locataires.

Je précise: digicode sans interphone ni sonnette. Si vous ne l’avez pas, vous appelez votre hôte au téléphone, et celui-ci soit vient vous ouvrir (mais oui bien sûr) soit vous dicte le code, que vous rentrez quelque part dans votre carnet d’adresse histoire de ne pas être embêté la prochaine fois que vous venez en visite.

Fermé la journée? Super, sauf pour le local commercial qui tient lieu d’espace coworking où des professionnels reçoivent durant les heures de travail clients et collègues. Juste invivable. J’ai d’ailleurs fait installer à mes frais une sonnette FM (discrète) pour l’eclau.

Résultat? Alors oui, la porte est fermée la journée. Super.

Qui peut accéder à l’immeuble avec le code? A vue de nez, à peu près la moitié de Lausanne (je suis sûre qu’il n’y avait pas autant de clés en circulation). Entre les locataires, leurs familles, leurs amis, les livreurs et autres professionnels qui doivent pouvoir rentrer, les gens qui sont venus une fois à une soirée (je ne mentionne même pas tout l’écosystème qui tourne autour de l’eclau), les ex-locataires (“rendez-nous le code!” haha!), les ex tout court… On a toujours confiance dans les gens qu’on connaît. N’est-ce pas?

Ah oui, et il y a aussi tous les autres locataires des numéros avoisinants qui partagent le même bâtiment. La gérance a en effet envoyé un courrier unique aux trois numéros avec les digicodes des trois entrées.

Et encore? Un code, c’est comme une idée, un objet numérique, ou un mot de passe, ça se transmet super facilement à un tiers. Une clé protégée? Un peu plus dur à dupliquer.

Alors qu’on n’aille pas essayer de me dire qu’en plus de tous les emmerdements que nous procure le digicode, il accroît notre sécurité.

#back2blog challenge (4/10) — articles des autres participants suivront, en attendant allez voir #back2blog sur Twitter.

Pédophiles et hébéphiles [fr]

[en] Listen to Dan Savage's podcast episode about pedophilia. Enlightening.

Si vous n’avez jamais écouté le podcast de Dan Savage où lu ses chroniques, je vous encourage à y remédier tout de suite. Attention cependant, si le franc-parler autour de la sexualité vous heurte, ou que vous avez une vision très traditionnelle de ce que devrait être une relation amoureuse, vous risquez de trouver parfois dérangeant. Mais des fois c’est bien d’être dérangé.

Dan prodigue ses conseils sur tout ce qui touche au sexe et aux relations depuis 1999. Il prend des appels de gens venant de tous horizons, il est extrêmement ouvert et je trouve ses conseils très avisés (même si pas toujours très polis ;-)).

Il n’est donc pas surprenant qu’il soit parfois approché de ceux ou celles qui ne savent plus vers qui se tourner. Ce fut le cas dans l’épisode 272, avec l’appel d’une femme dont le compagnon est pédophile et qui — ça se comprend — ne sait pas quoi faire.

Pédophile, c’est un mot qui me dérange. Il me dérange parce qu’il est usé à toutes les sauces dans les médias, et a fini par devenir synonyme de “prédateur sexuel”. Revenons un peu au sens premier: un pédophile, c’est quelqu’un qui est attiré sexuellement par les enfants pré-pubères. C’est tout.

Le lecteur consciencieux aura noté qu’on parle ici d’attirance (ou de désir) et non pas de passage à l’acte.

Je ne crois pas que l’on choisit son orientation sexuelle. Pas plus qu’on ne choisit quel genre d’homme ou de femme nous attire. Et je ne crois pas non plus que l’on choisit d’être sexuellement attiré par de jeunes enfants.

Ecoutez cet épisode (du moins le début) dans lequel Dan fait appel à un spécialiste de la pédophilie pour faire le point. Qu’il y ait une crispation telle (compréhensible lors de passage à l’acte!) qu’il est impossible aux Etats-Unis pour une personne sujette à ce genre de pulsions d’aller consulter pour chercher du soutien afin de les garder sous contrôle, c’est terriblement attristant, je trouve. Aussi intéressant, la distinction entre “pédophile” (attiré par les enfants pré-pubères, moins de 11 ans) et “hébéphile” (attirée par les enfants pubères, 11-14 ans) — a force de brandir le mot “pédophile” quand un ado de 16 fréquente un adulte de 28, on finit par le vider de son sens.

Bref, écoutez ce spécialiste. C’est si facile de se contenter de condamner en bloc.

#back2blog challenge (3/10):

Smokers and Smell: a Rant [en]

[fr] Coup de gueule contre la fumée... son odeur surtout. Chers amis fumeurs: je vous aime quand même.

I’ve been wanting to write this post for ages but holding back because of fear I’ll offend my smoking friends. I have many smoking friends. Close friends. I’ve had smoking lovers and boyfriends. So, keep in mind while reading this that I don’t throw away the person for the smoke.

Now for the rant. Brace yourselves.

Smokers smell. I’m sorry, but there is no other way to put it. I know that people are smokers before I see them light up, if I get close enough for “la bise” (our standard local greeting here). And not only heavy smokers.

Smokers, clearly, do not realize how much they smell. I know smoking takes away some of your sense of smell. And we get used to smells we live in. But I don’t live in smoke, and I have a good nose.

A heavy smoker friend of mine once taunted me saying smoke didn’t stink. I said it did for me. I asked him to imagine a smell he really hated, and now imagine hanging out with people who smelled like that. Or easier: how would you like hanging out with somebody who kept spraying toilet deodorant around them? Or who never washed?

I won’t even get into the whole kissing/physical intimacy thing.

Smokers also don’t realize how far a non-smoker can smell a light cigarette. If we’re in a restaurant and you light a cigarette at the other end, I’ll smell it. Even outside. (Insert something about people smoking under bus stops here. Specially when it rains.) It’s not because we’re outside that your cigarette doesn’t bother me even 10 meters away.

Sure, you have a right to smoke. And I have a right not to breathe foul-smelling air.

Related pet peeves? Smokers who smoke in non-smoking places. Or on the verge of non-smoking places. Smokers who come and sit on my bench to light their cigarette — upwind. People who sit next to me on the bus smelling like old ashtray. The wall of smoke you have to walk through to exit or enter a building nowadays.

Yes, I’m an intolerant bitch at times.

To be fair, not all smokers are as bad. I know smokers who pay attention to staying as nice-smelling as possible. Who make sure their smoke is not coming in my direction. Who will walk away a bit from a group of people to light their fag. And who try to quit. Given how many smoking friends I have who are trying/have tried/try to quit, it’s clearly horribly hard to do. Don’t give up. Smell is important.

Thanks for putting up with my rant. Dear smoking friends: I still love you, even if I sometimes wish you smelled nicer…

#back2blog challenge (2/10):

 

Using Google Docs for Small Team and Project Management [en]

[fr] Pour gérer des petites équipes et des projets de modeste envergure, simplement utiliser les documents partagés de Google Docs peut vous sauver la mise et diminuer grandement les communications inutiles. Par exemple, un document texte avec la timeline, les éléments clés du projet, les next actions... Pas besoin de se casser la tête à rentrer ça dans un programme dédié!

I regularly work with small teams of people, particularly when wearing the blog editor or blogger relations consultant hat. I love using Google Docs to keep everyone in the loop. It’s not a very structured way of doing things, but it works well enough.

I usually have one text document which contains an outline of the timeline, project description, decisions to make, and an action list of who does what. It’s shared with everyone and team members ideally update it as we go along.

If there is a larger group of people involved, I might set up a Google Groups discussion list so we can all communicate with each other.

For lists of people (bloggers to invite or accredit, posts to publish/review…) I make a spreadsheet that I share with all people involved, again.

I also use shared folders so we can try to collect all project-related documents in one place.

Using these shared documents avoids dealing with e-mail attachments (urgh!) which are forever out-of-date (“got the latest version?”) and minimizes to-and-fro communication just to know where things are.

However, it remains really important to have phone calls or face-to-face meetings in parallel — shared documents alone aren’t going to make your project run itself!

This post is 1/10 of the #back2blog challenge. Blogged today too — congrats to all:

10-Day "Back to Blogging" Challenge [en]

For the next ten days, starting tomorrow (Tuesday), I’m going to write a post a day. I’ll keep it short: blogging used to be quick and dirty, and somewhere between the arrival of Facebook and Twitter, posts have started growing into long essays that take hours to write.

How short is short? Roughly a screenful. Not more. I have a ton of ideas to blog about, and view this as an exercise in concision, as well as a way to get myself blogging again — which I seem to periodically need to do.

I expect that each post will take me under 30 minutes to write — at the most under an hour.

Care to join me? Let me know and I’ll put your name here and link to your posts as they come out. Hashtag: #back2blog. Get your blogging pals on board!

Rising to the challenge:

Une semaine sur l'eau [en]

J’ai voulu intituler ce billet “une semaine en mer”, puis je me suis dit que c’était un peu grandiloquent compte tenu du fait qu’on dort principalement dans des ports, ou à l’ancre à quelques dizaines de mètres du bord.

N’empêche.

Le bateau est basé à Torrevieja, sur la côte sud-est de l’Espagne — sur la Costa Blanca plus précisément. A quelques petites heures de route (par la mer!) il y a Mar Menor, un petit lagon à l’eau salée et chaude, pour le plus grand bonheur de la population de méduses qui s’y reproduit joyeusement année après année. Pourquoi tant de méduses? Peut-être à cause de la pollution

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Alors je sais, “méduse” ça fait un peu “arghl”, mais en fait, celles-ci sont inoffensives (on ne sent rien ou presque) et plutôt jolies une fois qu’on a appris à les apprécier. C’est clair, se baigner dans un eau qui grouille de méduses, ce n’est pas très appétissant, même si elles ne nous font rien, alors les autorités locales font de grands opérations de “démédusification” durant la haute saison, qui s’arrête mi-septembre. Il y a aussi des filets pour protéger les plages, afin que les baigneurs ne soient pas incommodés. Mais pas en octobre.

Espagne 1130394

J’en ai bien sûr profité pour apprendre tout un tas de choses sur les méduses. Elles sont fascinantes. Au cours de mes recherches, je suis tombée sur un article portant sur la faune de Mar Menor. En lisant, j’ai compris qu’il avait été écrit par Roxanne, une dizaine d’années à l’époque, et qui vivait avec sa famille sur le Mollymawk, de façon permanente. Elle est même née sur le bateau! J’ai plongé dans la lecture du site et je vous recommande de faire de même. Je vais probablement commander leurs livres.

Retour à notre semaine de bateau. Conditions idéales, soleil, jolie navigation — variée — et quelques aventures. Mar Menor est peu profonde, et distraite par le ballet des kitesurfs, j’ai procédé à un nettoyage en règle du bas de la quille (traduction: on s’est échoués dans la vase). Quelques grands coups de moteur plus tard, et on était désenglués. La mise en marche d’urgence du moteur a été l’occasion de constater un problème de batterie. Comme le capitaine n’est pas encore très familier avec le bateau, on est repartis à Los Alcazares, d’où nous étions partis le matin, plutôt que d’ancrer au nord de Mar Menor comme prévu. Il ne faut pas tenter le diable.

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Los Alcazares, où nous devions passer une seule nuit mais finirons par en passer quatre, est la “grande ville” du côté terre du lagon. Ville bien endormie, appartements fermés, immense centre commercial abandonnée dont toutes les fenêtres en entrées sont murées, Los Alcazares sent la crise et la basse saison

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Le port est joli, et on a dégotté un extrêmement bon restaurant, le Restaurante Ramon, où on a soupé soir après soir.

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Après notre deuxième nuit à Los Alcazares, on a repris la route pour le sud de Mar Menor, cette fois. Au programme: mouillage. En réalité: retour à Los Alcazares à la voile (avec entrée dans le port à la tombée de la nuit), parce qu’au moment d’approcher le lieu de notre ancrage, le moteur a catégoriquement refusé de partir. Même pas un bruit. Rien.

Le lendemain, l’électricien arrive de Torrevieja pour nous dépanner. Impossible en effet de rentrer sans moteur: il nous est indispensable pour passer le canal qui sépare Mar Menor de la Méditerranée. Verdict: c’est le fusible du chargeur qui a fondu. Ces nuits au port où l’on imaginait charger les batteries… eh bien non.

On aura donc en tout et pour tout passé une nuit à l’ancre, la première, près de la Isla Perdiguera. Réveil bien agité par les vagues le matin, et découverte des troupeaux de méduses qui avaient échappé à notre attention en arrivant la veille au soir.

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Avec un jour de retard sur notre programme, on reprend la route pour Torrevieja. Au milieu du canal se trouve un pont (il faut bien que les voitures puissent passer d’un bout à l’autre de La Manga) qui s’ouvre 15 minutes toutes les deux heures pour laisser passer les bateaux. On vise la première ouverture du pont, 8h, avec l’espoir d’arriver à Torrevieja assez tôt pour faire encore un tour au marché avant qu’il ne ferme. Debout à l’aube, donc, mais pour rien: à 8h dans le canal, le pont reste résolument fermé. On se renseigne, la première ouverture est à 10h. Nos informations dataient probablement de la haute-saison…

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Il y a du vent pour le retour. 25 noeuds au départ, arrière. Et des vagues. C’est chouette. Je prends la barre, et on peut dire que c’est physique. Je réussis tout de même à garder un cap approximatif. De temps en temps, une vague plus grosse que les autres arrive et nous pousse. On surfe dessus, on la descend à toute vitesse, ça fait un peu montagnes russes. J’adore.

En bateau, on a beaucoup de temps pour penser. Du temps à “rien faire”. Lire quand on navigue? Pas top. L’ordinateur? L’électricité est limitée, il ne faut pas abuser. Internet? Au port, oui, si on a de la chance. On a du wifi à Torrevieja dans le bateau, mais à Los Alcazares, par exemple, il faut aller s’installer au club nautique (et encore, pas n’importe où, et la connexion est bien capricieuse).

Los Alcazares by Night 7

En bateau, donc, on pense. Ou on ne pense pas, et on regarde juste l’eau autour de soi. Ou les méduses. Et comme toujours lorsque je me mets au vert (enfin, “au bleu”), j’apprécie de voir ma vie ralentir. De ne plus savoir quel jour on est. Mon occupation principale quand j’en ai assez de “rien faire”: tuer des zombies sur mon iPhone (je suis incorrigible) et trier mes photos. Je me retrouve toujours à trier mes photos en vacances. Comme si c’était une activité que je ne jugeais pas digne de mon temps lorsque je suis “en travail”.

La lecture du site Yacht Mollymawk me fait rêver. Est-ce que ça me plairait, d’emménager à long terme sur un bateau? Peut-être pas pour toute une vie, mais pour une année? Je me souviens avoir pensé aller passer quelques mois sur une péniche — c’était il y a un moment. Le nomadisme géographique ne m’a jamais vraiment attirée (je suis plutôt casanière dans l’âme, je n’aime pas trop le changement). Mais avoir une maison qui bouge, ça, c’est autre chose.

J’ai lu il y a quelques mois le livre Drive, de Dan Pink. Dans la dernière partie du livre, contenant des idées et suggestions pratiques, il y en a une qui a retenu mon attention: prendre un “Sagmeister”, du nom du designer allemand qui en a parlé à TED, une année sabbatique de retraite anticipée durant les années travaillées. Tous les 7 ans de vie active, par exemple.

Un vague projet se forme dans ma tête: en 2019, je pourrais retourner passer une année en Inde. Une amie à moi devrait d’ici là avoir sa ferme. Aller y vivre, apprendre à monter à cheval, voilà qui me motive bien. Pour la suivante (2026? à 52 ans? ça me fait un peu peur ça), pourquoi pas passer l’année en mer? Peut-être que je n’ai pas besoin d’attendre aussi longtemps. J’organise déjà mes années pour avoir 4-6 semaines de break chaque hiver. Peut-être que je peux m’organiser pour avoir un plus long break toutes les x années, sans aller jusqu’à “un an” et “tous les sept ans” (je suis quand même bien installée dans la vie active, là, ce n’est pas comme si j’avais 25 ans). Bref, ça flotte dans ma tête.

J’aime la vie en bateau. Ce ne sont pas mes premières vacances sur l’eau. Quand j’avais 13 ans, nous étions allés passer 3 semaines en famille (3 de plus pour mes parents) dans les îles de ce qui est maintenant la Croatie. C’était magnifique. J’adorais — et j’adore toujours — m’endormir bercée par les vagues. Mon seul souci maintenant c’est que je tangue beaucoup lorsque je suis sur la terre ferme (= “mal de terre”). Après 10 jours sur le bateau en mai, ça avait été assez terrible à mon retour en Suisse. On verra si c’est mieux cette fois ou non.

Un bateau, c’est comme un petit studio flottant, ou un immense mobilehome sur l’eau. C’est petit bien sûr, mais c’est prévu pour utiliser au maximum la place disponible, et on y est étonnamment bien. Quand il fait beau, on est dehors la plupart du temps, de toute façon.

Les ports sont assez chers (25€ la nuit pour nous, tout est relatif) mais les nuits à l’ancre ne coûtent rien, sont super calmes, et bercent bien.

Sailing in Spain, Torrevieja to Mar Menor (Los Alcazares) 4

Si on n’est pas pressés, on navigue à la voile. Il y a quelque chose d’assez extraordinaire avec le fait d’avancer uniquement grâce à la force du vent. Sans autre bruit que celui du bateau qui avance dans l’eau et du vent qui souffle dans les voiles et les haubans. Comme j’ai pu le constater lors de notre retour de Mar Menor à Torrevieja, j’aime assez quand il y a des vagues et qu’on sent la mer sous la coque. Il y a des limites, je suis certaine — je n’ai jamais été exposée vraiment au gros temps.

Alors voilà. Une semaine sur l’eau, plutôt dix jours maintenant (nous sommes de retour à Mar Menor pour la deuxième semaine), mon cerveau est ralenti voire arrêté, et si mes chats ne me manquaient pas, je crois que je n’aurais aucune envie de rentrer à la fin de la semaine.

Tounsi câlin Quintus very unhappy in Switzerland

Bien bloguer: l'art de faire des liens [fr]

[en] Some guidelines and advice for making links. Blogging is more than just shoving text in WordPress!

Pour bloguer, il ne suffit pas d’écrire des articles à la suite les uns des autres. Il faut apprendre à écrire en 2D — écrire en hypertexte. Bien maîtriser l’art du lien est indispensable pour celui ou celle qui veut bloguer un tant soit peu sérieusement.

Editeur visuel

Je donne ici les indications pour WordPress, que je vous conseille vivement d’adopter comme outil de blog.

  1. Si nécessaire, aller chercher l’URL (=adresse web) de la page web de destination et la copier.
  2. Dans le texte de son article, sélectionner les mots sur lesquels on veut mettre ce lien — ceux qu’on veut rendre cliquables.
  3. Cliquer sur le bouton représentant un maillon de chaîne dans la barre d’outils.
  4. Coller dans le pop-up qui apparaît l’adresse du lien précédemment copié, et appuyer sur entrée.

WordPress: faire un lien

Editeur HTML

Si on écrit en HTML directement, on sait en principe ce qu’on fait. Il peut arriver néanmoins qu’on doive aller farfouiller dans le code pour réparer des accidents. Dans ce cas, c’est utile de comprendre un peu ce qu’on voit. Un lien comme “Climb to the Stars“, ça ressemble à:

<a href="https://climbtothestars.org" title="Le blog de Stephanie.">Climb to the Stars</a>

Les parties en gras sont les bouts à ne pas toucher. Ce qui n’est pas en gras peut être modifié à volonté (destination du lien, texte pour quand on survole le lien, texte cliquable).

Etre efficace

Quand on écrit article après article, et qu’on veut les enrichir de liens joyeusement, et qu’on ne veut pas que ça prenne des plombes, il faut absolument abandonner sa souris et utiliser le clavier. De façon générale, moins on utilise la souris, plus on est rapide.

Voici donc comment ajouter un lien sous WordPress avec le clavier (sous OSX). Pour apprendre, n’hésitez pas à exercer cette séquence 10-20 fois pour bien l’intégrer.

  1. Seule manipulation à la souris autorisée (mais on peut aussi faire ça au clavier!): sélectionner les mots sur lesquels on veut mettre le lien 😉
  2. ⌘T — ouvre un nouveau tab de navigateur
  3. Ouvrir la page vers laquelle on veut que notre lien pointe: taper l’URL, les mots-clés pour chercher dans Google… Ne pas oublier d’utiliser les flèches pour naviguer dans les suggestions de complétion et la touche entrée pour valider. Pas besoin de souris!
  4. ⌘L — sélectionne l’URL dans la barre de navigation
  5. ⌘C — copie l’URL
  6. ⌘W — ferme le tab qu’on avait ouvert pour charger l’URL de destination, et nous ramène donc sur notre page WordPress avec les mots sélectionnés
  7. ⌥⇧A — ouvre la petite boîte de dialogue pour insertion du lien
  8. ⌘V — colle l’URL de destination. Pas besoin d’appuyer sur quoi que ce soit pour effacer le “http://” déjà dans le champ, il est sélectionné et sera écrasé quand on colle
  9. ⏎ [entrée] — pour valider tout ça.

Ça peut sembler long et compliqué écrit comme ça avec tous les détails, mais quand on a mémorisé la séquence et qu’elle est bien entraînée, ça prend quelques secondes (et on remarque par exemple que les étapes 5-6-7 sont quasi instantanées: on garde la touche ⌘ enfoncée et on appuie sur L, C, W à la suite). Exercez-vous, cela en vaut la peine: vous vous en féliciterez bientôt!

Faire les choses proprement

On rentre un peu dans les détails. Ils sont importants même si tout le monde n’est pas capable de les identifier, parce que comme les finitions d’un meuble ou la typographie d’un document imprimée, ils influent sur la perception globale qu’on aura de votre blog ou de vos articles.

  • Choix du lien de destination: vérifiez que celui-ci est pertinent par rapport à votre texte.
  • Quand on fait un lien vers un article, attention de bien prendre l’adresse de l’article (en cliquant sur le titre) et non simplement l’adresse du blog ou de la page d’accueil du site.
  • Après avoir publié votre article (ou avant, si vous prévisualisez), cliquez sur vos liens pour vérifier s’ils mènent là où vous le désirez. Surtout si vous débutez 😉
  • Nettoyez l’URL du lien de destination (suivant comment vous y êtes arrivés, il peut contenir des indications de source, comme ?utm_source=fb&utm_medium=fb... etc.). Enlevez des morceaux, appuyez sur entrée, regardez si vous arrivez toujours sur la bonne page.
  • Choix des mots sur lesquels on met le lien: d’une part, le lien met en évidence les mots sur lesquels il est (c’est l’occasion de les faire ressortir pour le lecteur); d’autre part, ces mots vont compter pour l’indexation du site de destination (et possiblement du vôtre) par les moteurs de recherche. Des fois, il vaut la peine de remanier sa phrase pour avoir une jolie suite de mots sur laquelle mettre son lien.
  • Espaces et signes de ponctuation: ne jamais les inclure dans le lien sauf si le lien porte sur toute la phrase. Attention au mode “sélection automatique des mots” qui sélectionne toujours l’espace après le dernier mot. Ça fait chenit, les espaces qui traînent à la fin des liens!
  • Si on met un lien sur une expression ou un nom, éviter de remettre le lien à chaque fois qu’on cite ce nom ou cette expression.
  • Ne cochez jamais la case “ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre” — target="_blank" c’est très bien pour les applications web comme Twitter et Facebook, mais vraiment pas top pour un blog ou un site web.
  • Eviter d’utiliser les URLs raccourcies (bitly et autres). Une URL raccourcie a toujours une espérance de vie plus courte que l’URL originale. Réserver les URLs raccourcies à Twitter, là où le nombre de caractères compte.
  • Trouver le bon équilibre entre pas assez de liens et trop de liens…

Bloguez bien! Avec des liens!

LeWeb'12 Paris Official Bloggers: Selection Underway [en]

[fr] C'est le moment de vous porter candidat pour être blogueur officiel à la conférence LeWeb à Paris. Lisez l'annonce sur le blog de Frédéric.

LeWeb - Register Now!Here we go! Selection for official bloggerdom at LeWeb’12 in Paris (4-6 December 2012) is underway. Time to apply if you haven’t heard from us and think you would make a good addition to the team. Time, also, to pass this around to all the various international and “rising star” bloggers and podcasters around you!

Read the announcement on Arne’s blog.

Loading…

Here’s a link to the form if you can’t see it above. Please tweet/facebook it.

Here are some banners and badges for your blog.

See you in Paris in December!

Facebook: on s'est pris une machine à remonter le temps dans la tronche [fr]

[en] Musings on the Facebook "private message bug" hysteria.

Hier soir, vous avez peut-être entendu qu’il y avait un “bug” Facebook qui faisait apparaître des messages privés dans la timeline. Rassurez-vous, jusqu’à nouvel avis, il n’en est rien: allez vite lire ce super petit compte-rendu de 20minutes.fr sur l’hystérie collective qui nous a frappée dans la nuit.

Pour les sceptiques, je vais faire comme 20minutes: si vous avez une preuve matérielle qu’il y a effectivement bug (à savoir, une message apparaissant dans votre timeline accompagné de l’e-mail vous annonçant que vous avez reçu un nouveau message privé), balancez-moi ça et je rectifierai. Et bien sûr je ne publierai pas votre message privé :-p

Je ne résiste toutefois pas à faire quelques commentaires, un peu en vrac. Début de tartine, allez chercher un jus d’orange.

Notons d’abord que les médias (et non pas les “internautes anonymes”) sont les grands coupables dans la génération et la propagation de cette rumeur. Et ça me fait penser à l’instant à cet excellent article de Titiou Lecoq, à lire aussi: “Ma réponse aux élites qui ‘détestent’ internet“.

PEBCAK. Problem exists between chair and keyboard. Le problème ici, c’est nous et notre mémoire faillible, nos codes sociaux mouvants, notre compréhension partielle des outils avec lesquels on jour, notre recherche incessante (et inconsciente) de ce qui confirmera nos croyances (ici: Facebook sont des gros méchants irresponsables).

(Vous noterez en passant mon “confirmation bias” à moi: rares sont les “vrais méchants”; les médias — et certaines personnes — aiment se faire peur et faire peur; on a tendance à sombrer dans des théories du complot face à ce monde qui nous échappe — au moins quelqu’un maîtrise la situation, ouf; le monde est plus complexe qu’on ne le croit et on cherche toujours un coupable pour ce qui ne va pas; et j’en passe…)

Revenons à la mémoire. Ah, la mémoire. Vous chercherez les articles vous-mêmes, sur ce coup, si vous voulez plus d’explications. Mais on sait bien aujourd’hui que la mémoire est extrêmement plastique. Ce n’est pas un enregistrement sur un disque dur. Et je ne parle pas que des “fausses mémoires”.

A chaque fois qu’on se souvient de quelque chose, on reconstruit le souvenir à partir des bribes de contexte et d’éléments “enregistrés”. Le présent et nos émotions du moment s’y mêlent. Et après ça, le souvenir est “réenregistré”, écrasant la première version. A chaque fois qu’on fait appel à un souvenir, on le change. Effrayant, non? Et en plus, c’est même pas des souvenirs complets, c’est des machins partiels qu’on réinvente à moitié.

J’ai vu arriver sans surprise le démenti initial de Facebook. Mais quelques personnes de mon entourage soutenaient qu’elles avaient trouvé chez elles la preuve du bug. Des personnes que je respecte, et qui savent faire la différence entre un message privé et public.

Alors je suis allée regarder chez moi. Consternation! J’ai trouvé dans ma timeline des messages passablement personnels. Oh, pas de quoi fouetter un chat ou briser mon couple. Mais quand même, étonnant. Pour en avoir le coeur net, j’ai consulté ma Mémoire: GMail. Comme l’a très bien dit David Labouré dans notre conversation Facebook sur le sujet, “ta mémoire s’appelle GMail”.

Eh ben, stupéfaction: c’était bien tous des messages du mur. Oui, même les machins qui commençaient avec des salutations, se terminaient avec des xoxo, et qui suggéraient qu’on se voie pour une pizza la semaine prochaine. J’ai fouillé, fouillé, et rien trouvé.

Allez, sautons dans la machine à remonter le temps. 2011, 2010, 2009, 2008, 2007, 2006… Y avait-il des messages privés vraiment privés à l’époque? Je ne m’en souviens plus, honnêtement. Par contre ce dont je me souviens, c’est qu’on écrivait des choses sur les murs des gens. Il y avait même, à une époque, la vision “mur-à-mur” qui affichait sous forme de conversation les messages qu’on s’était laissés sur nos murs respectifs. Le mur, c’était le truc sur lequel nos amis laissaient des messages. Ecrire sur son propre mur, ça ne se faisait pas. (J’ai même posté des choses sur mon mur pour dire ça, c’est dire!)

J’en déduis (parce que là, ma mémoire me fait défaut, enfin, un vague souvenir, mais il est vague) que poster un statut ce n’était pas la même chose que publier sur son propre mur.

Je me souviens avoir dû rendre attentifs les gens (lors de conférences, formations) au fait que ce qu’ils publiaient sur le mur d’autrui, ils ne savaient pas qui pourrait le lire. Les amis du destinataire… c’est quelque chose qu’ils ne contrôlaient pas. Et surtout, ils ne contrôlaient pas si le mur était visible aux amis, aux amis d’amis, aux amis et aux réseaux (vous vous souvenez du réseau “Suisse” dans les débuts?) Avec les commentaires, on avait le même problème. Je me souviens d’élèves qui écrivaient des choses “privées” dans les commentaires de leurs amis, sans réaliser que ces amis étaient peut-être amis avec des profs 🙂

Aujourd’hui encore, je vois que la distinction entre message privé et message sur le mur est loin d’être évidente à saisir pour des internautes débutants, tant sur le plan conceptuel que technique.

Dur-dur pour nos petits cerveaux de mammifères d’appréhender comment circule l’information dans un espace numérique semi-privé.

Il y a six ans ou même quatre ans, on n’utilisait pas du tout de la même façon les messages sur le mur des autres. Aussi, à l’époque, on avait bien moins de contacts. Ce qu’on était prêt à mettre sur le mur de quelqu’un en 2006 ou en 2008, on ne le mettrait plus aujourd’hui.

Même si le réglage est resté “amis seulement” durant toutes ces années, sa signification a évolué. Quand on publie quelque chose aujourd’hui, on peut avoir une relativement bonne idée de qui le lit. Mais on n’a aucune idée qui le lira dans le futur. C’était déjà un enjeu important avec les blogs, lorsque le web était moins “mainstream”. On publiait des choses sur l’internet public, pour son public actuel, en oubliant que dans six mois ou six moins son patron pouvait débarquer dans le monde en ligne et lire nos écrits immortels.

Facebook n’est pas complètement blanc dans l’histoire: les paramètres de confidentialité ont changé de nombreuses fois, parfois de force. On est bien pardonnables d’avoir perdu le fil. Comme le rappelle mon ami Kevin Marks, danah boyd a très bien expliqué l’importance de prendre en compte les codes sociaux et la perception des utilisateurs, et en particulier notre tendance à nous reposer sur “privacy by obscurity”. C’est “privé” parce que peu de gens le trouvent, même si les droits d’accès le sont moins. Avec timeline (et d’autres évolutions de la plate-forme avant ça, comme l’apparition du newsfeed, qui avait provoqué une véritable révolution — les francophones ne l’ont pas vécu, c’était très tôt), Facebook fait remonter à la surface et rend facilement trouvable des choses qui étaient auparavant relativement cachées.

Ma politique générale de publication (“tout ce que tu mets en ligne risque de finir dans les journaux”) me paraît bien saine, du coup. (Et non, je n’applique pas ça littéralement-tout-le-temps-sans-exception. Il y a des choses que je publie sur Facebook que je préférerais ne pas voir apparaître dans les journaux. Quand même. Mais je sais que tout ce que j’y mets court un risque de devenir un jour un peu plus public que ce que je pensais au départ.)

Pourquoi sommes-nous si prêts à croire à une magistrale bourde de Facebook? C’est vachement grave, quand même, de rendre public des messages privés. C’est arrivé à Twitter et c’était pas joli. Si je concevais un système comme ça, je m’assurerais bien que les baquets dans lesquels on stocke le privé et le public ne se mélangent pas trop côté code. Je suis pas développeuse ni ingénieur, mais d’après ce que nous dit Facebook, quand ils disent que ça peut pas arriver techniquement, c’est à ce genre de chose qu’ils font référence. (Quelqu’un qui sait mieux que moi peut peut-être expliquer.)

Facebook, ces temps, c’est la grosse méchante entreprise. Celle qui est évaluée à des montants astronomiques et qui a fait une entrée en bourse générant bien du schadenfreude chez ses détracteurs. C’est le Big Brother de 2012. Notre Microsoft. La sale entreprise qui fait un profit indécent sur le dos de nos photos de chats. Un service qui devrait être d’utilité publique mais qui est au mains de Zuck. En même temps, on adore passer du temps sur Facebook. On est accro. Amour-haine, quoi. Donc oui, s’il y a l’occasion de dire qu’ils se sont plantés grave, on va sauter dessus! Scandale! Outrage! Drame! Catastrophe!

On est un peu susceptibles. On monte aux barricades pour un oui ou pour un nom. Cf. le fameux statut qui a recommencé à faire ses rondes, mais qui n’est rien d’autre qu’un message en chaîne à côté de la plaque: “Attention, avec la nouvelle version de Facebook, les gens peuvent voir des trucs privés qu’ils devraient pas pouvoir voir, merci de vous bander les yeux quand vous regardez mon profil histoire que vous ne les voyiez pas!”

L’être humain n’aime pas trop le changement. On réagit négativement, on menace de tout quitter. Rappelez-vous les révoltes lors de chaque nouvelle version de Facebook: on est toujours là, et même tellement là qu’on en a oublié comment c’était avant, au point de croire en toute bonne foi que les messages “privés” sur nos murs ne peuvent pas en être, parce que jamais on aurait fait des choses pareilles.

On réagit “contre” parce que c’est du changement. Son contenu importe moins. J’ai d’ailleurs pris l’habitude d’attendre quand quelque chose change et que je n’aime pas. Je sais qu’une bonne partie de mon “je n’aime pas” c’est juste parce que ça a changé. J’ai des nouveaux embouts dans mes appareils auditifs. Ça remplit mes oreilles. Ça change le son. Je n’aime pas. Mais j’attends quelques semaines avant de décider que vraiment je n’aime pas et que je veux revenir en arrière. Parce que ce que je n’aime surtout pas, là, c’est juste que “c’est pas comme j’ai l’habitude”. Bon, moi je suis un cas un peu particulier, parce qu’avec un léger trouble de l’adaptation, j’ai dû me pencher sur ces questions avec beaucoup d’attention. Mais je ressens juste un peu plus fort ce que “tout le monde” ressent face au “nouveau imposé”.

Si on résume?

  • les médias ont bien chauffé la salle
  • on utilisait Facebook bien différemment il y a 4-5 ans
  • notre mémoire est plastique et faillible
  • Facebook a changé ses paramètres de confidentialité de nombreuses fois, et dans le processus certaines choses “un peu plus cachées” sont devenues “un peu plus publiques” (comme les messages du mur)
  • on aime bien taper sur Facebook ou tout autre grand méchant monopole profiteur
  • les espaces numériques semi-publics, c’est pas facile de s’y retrouver (même pour les pros)

 

Life and Trials of a Social Media Consultant [en]

[fr] Le marché et l'industrie des médias sociaux a beaucoup changé depuis que j'en ai fait ma profession (c'était en 2006, pardi!). Petit regard en arrière sur le chemin parcouru et où je me situe par rapport à la pléthore actuelle de services tournant autour des médias sociaux. Un profil de généraliste avec deux domaines de prédilection, les blogs et les indépendants.

Since I went freelance over six years ago, a lot has changed. We weren’t talking of social media back then. I was a “blogging consultant” and what I told people about was “the living web”. At some point what we did was “social software”. Somewhere along the line “social media” showed up (who still speaks of “web 2.0” nowadays?), and it’s become a pretty well-accepted umbrella term for all sorts of stuff from “viral videos” to “facebook marketing” to blogging to digital strategy to online communities… And all the rest.

At some point here in Switzerland, the social media industry matured. I went from being one of the very few people in the French-speaking part of Switzerland who could come and give a talk on “blogs and the living web” (when I started out) to one of the many fish in a larger and larger pond (including, sadly, some sharks). In other words, there are now people who specialize in creating marketing campaigns for facebook pages, others who are experts at Twitter, yet others who are full-time community managers.

I realized a couple of years ago that there was no point in me trying to compete with marketing/advertising agencies. Or community managers. I’m not a marketing expert. Or a community manager. Or many of the specialized roles that have appeared over the last couple of years. Today there are people who have full-time corporate jobs with “social media” in their job title — good luck finding any of those in 2004-2006.

You might remember my specialist/generalist series of articles. In today’s industry, I have a generalist profile (it’s a question of point of view of course, I’ll always be a “social media specialist” to the outside world). That makes me a great person to bring in during early stages of social media adoption/development (one reason I work with lots of freelancers and small organisations) and in situations where a wider view of the field is necessary to break through what are becoming the social media silos. It also makes me a good social media course director, because I have this global overview 🙂

There are, however, areas that I am specialized in — or have specialized in, over the years. I started out being a web standards advocate (Pompage.net and the associated mailing-list live on). I gave a whole bunch talks (and wrote some code) around the question of languages and multilingualism online. Until recently (and still sometimes, actually!) another area of expertise of mine was teenagers and the internet (I’ve lost track of the number of talks I’ve given in schools, but it’s probably somewhere around 50).

Today, the two areas I “expertise” in are blogging and freelancers/freelancing. I’ve been doing quite a bit of soul-searching as I prepare the much-needed revamped version of my professional website, which I won’t even link to here, it’s so horribly painfully out of date. Maybe once the new version is up I’ll come back here and add all the relevant links 😉

Blogging: I’ve been blogging since July 2000. Blogging is my thing. It’s in my DNA. I’ll probably never stop, even though I am blogging less than I used to, because there are now other channels of communication and self-expression that were not there in the early days of blogging. I’m a blogger. Professionally, that means it’s a tool I love, and that if you need somebody to get you started in the world of blogging, or help you progress along the way, I’m your person.

I’ve been playing around with WordPress since forever (even written a bunch of plugins). I’ve been the editor of the French-language ebookers travel blog for three and a half years. Last year I helped get the Paper.li community blog off the ground (not even mentioning the countless others amongst my more “modest” clients). I’ve advised and coached companies as varied as Intel (2007), Fleur de Pains (2008) or Solar Impulse (2010) on their blogging, and developed services in blogger relations for Web 2.0 Expo Europe, LeWeb, Solar Impulse, and now Orange. And how could I forget Bloggy Friday Lausanne!

Enough with the list. I’ve been doing this blogging stuff for a long time, and doing quite a lot of it.

Freelancers/freelancing: the freelance ride has not been smooth for me, though I’ve made it. I’m somebody who self-analyzes a lot, and so I have spent a lot of time reflecting on how to manage one’s life and job when one freelances. The first outcome of this trend was the Going Solo conference (now a group on facebook), and then the eclau coworking space in Lausanne. For many years I have also had lots of freelancers amongst my clients: people who have little or no web presence and want to get started, or learn how to blog, or use social media to make themselves more visible. All this ties together nicely, and I appreciate it goes beyond social media: business strategy, productivity, negotiating and dealing with relationships, work-life balance…

So, there we go. I initially wanted to speak about the wisdom (or not) of specializing in “blogging” nowadays, but the introduction of this post took on a life of its own, so there you are! I’ll keep that question for another post.