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C’est quoi un blog? Quelques réflexions à défaut d’une définition tranchante

[en] What's a blog? Thinking about it.

Deux articles sont apparus sur mon radar cette dernière semaine:

Les deux posent des questions de catégorie, limites, définitions. Elles sont liées: si on sait ce qu’est un blog, on sait ce qu’est un blogueur — et vice-versa. Ou bien…?

Durant mes études d’histoire des religions, j’ai appris que les catégories rigides ne fonctionnaient pas trop quand on commence à toucher aux sciences humaines. On a plutôt des définitions ou regroupements par affinité. Je crois qu’il est illusoire de vouloir dresser une liste de critères à la “si et seulement si” pour définir ce qu’est un blog. De même, je crois qu’il est illusoire de vouloir faire une distinction nette entre blogueurs et journalistes, dans le cadre des RP ou d’accréditations pour une conférence.

Il y a très longtemps, j’avais fait une page sur SpiroLattic intitulée “C’est quoi un weblog?“. Vous imaginez bien que ce n’est pas aujourd’hui la première fois qu’on se pose la question. Plus récemment, j’ai écrit ici un article (en anglais) sur les relations blogueurs, dans lequel je tente de poser quelques distinctions entre journalistes et blogueurs qui justifient de traiter ces derniers différemment.

Je vais tenter de démêler un peu ces termes. Ce qui suit n’engage que moi, ce sont mes définitions, mes conceptions, et elles n’ont pas la prétention de faire autorité (ou pire, parole d’Evangile). Tiens, d’ailleurs, en passant, à Coworking Europe j’ai l’impression qu’on a passé une bonne partie de notre temps à nous demander ce qu’était le coworking. Quelques débuts de réflexion de ma part là-dessus.

Donc, un blog — ou un weblog, comme on les a appelés durant des années — c’est quoi? Je vais essayer de partir avec une définition minimale sur laquelle tout le monde (je l’espère) sera d’accord:

  • un blog, c’est une sorte de site web
  • un blog, ça contient des articles datés (billets, posts) organisés en ordre chronologique inverse.

Je pense que si on a affaire à un truc qui n’est pas un site web, ou qui n’est pas une collection d’articles datés en ordre chronologique inverse, on aura de la peine à appeler ça un blog. Par contre je pense pas que ces deux caractéristiques soient suffisantes pour définir un blog. Nécessaires, oui, mais pas suffisantes.

Allons un cran plus loin: voici certaines caractéristiques qui sont généralement partagées par tous les blogs. Mais elles sont plus discutables. On pourrait hésiter, face à un “blog” qui ne les a pas toutes.

  • un blog permet de laisser des commentaires sur les articles
  • chaque article du blog est archivé à une URL stable permettant de faire un lien direct vers celui-ci
  • on sait qui écrit: il y a une personne ou des personnes identifiables derrière le blog, même si c’est sous pseudonyme
  • les anciens articles du blog restent en ligne, archivés chronologiquement
  • un blog facilite et automatise la publication grâce à une technologie spécifique (outil de blog/CMS) côté serveur
  • un blog est intégré d’une façon ou d’une autre dans quelque chose de plus large que lui, à travers des liens vers/depuis d’autres sites/blogs (intertextualité), ou des échanges entre le(s) blogueur(s) et d’autres via commentaires ou blogs interposés (communauté de lecteur ou e blogueurs)
  • un blog contient principalement du contenu original
  • la mise en page d’un blog consiste en une colonne principale présentant les x (généralement 10) derniers articles les uns sous les autres, généralement accompagnée d’une ou plusieurs colonnes latérales avec du contenu secondaire.

(Et hop, petit article en train de se transformer en tartine.)

Rapidement, pour chacun de ces points, un petit argumentaire expliquant pourquoi je ne les considère pas obligatoires.

Commentaires: clairement, la plupart des blogs aujourd’hui permettent les commentaires, mais il faut savoir que durant les premières années des weblogs, les commentaires n’existaient pas. Historiquement, c’est un peu restrictif. C’était pas des blogs qu’on avait? Le blog de Seth Godin, c’est pas un blog? Alors oui, un blog en général ça a des commentaires, mais l’absence de commentaires ne permet pas de dire “c’est pas un blog”.

Permaliens: pour moi, c’est une caractéristique importante du blog. C’est ça qui fait que le blog fonctionne, comme format de publication. Ça attire les liens. Chaque article est archivé pour toujours, avec un lien stable, le paradis! Mais on trouve encore des gens qui disent avoir des blogs, et qui ont des trucs qui ressemblent à des blogs, mais où il est impossible (ou très difficile) de faire un lien vers un article. Exemple: Solar Impulse. C’est un blog ou pas? (Alors oui, quelque part caché j’avais réussi à trouver comment révéler le permalien de l’article, mais on peut pas dire que ça encourage les liens.)

Auteur(s): ça, je crois que c’est super important. Il y a un être humain derrière un blog. Même si on ne sait pas son nom, il est là. Il a une personnalité. Une agence de comm’ ne blogue pas — ses employés le font. Le ton institutionnel, désincarné, impersonnel: c’est peut-être des news publiées avec un outil de blog, mais pour moi ce n’est pas un blog. Vous savez des edge-cases à proposer pour ce critère?

Archives: le format du blog est fondé sur l’organisation chronologique inverse du contenu. Les catégories sont venues bien plus tard, font à mon avis partie des “bonnes pratiques” pour un blog mais ne sont pas une fonctionnalité obligatoire. Si la première page est en ordre chronologique inverse, on s’attend à pouvoir “remonter le temps”, et trouver des archives temporelles. De plus en plus aujourd’hui, on voit des blogs (“blogs”?) qui s’en passent. Pour moi, on tombe dans le blogazine quand le thématique prend le dessus sur le chronologique. Edge case? Le Rayon UX, qui est à mon sens toujours un blog (t’en dis quoi, Fred?) même si il manque furieusement de chronologie dans l’organisation de son contenu.

Technologie: quand blogger.com a débarqué, une des choses géniales que faisait ce service était d’automatiser l’habillage répétitif des articles et leur transfert sur un serveur web. De façon générale, les blogs modernes utilisent un outil ou service de blog qui épargne au blogueur bien des manipulations techniques. Par contre, je refuse de poser ça comme une exigence. Il y a des blogs cousus main. Zeldman l’a fait pendant de longues années (disant même “c’est pas un blog!” pendant longtemps), et à moins que je ne me trompe, Karl fait toujours son blog à la mano.

Réseau: souvent, quand je regarde un “blog” en me disant “ça ressemble à un blog, mais ce n’en est pas un”, c’est cette dimension qui manque. Le blog qui blogue tout seul dans son coin, ignorant la multitude de pages du web et de gens qui les fréquentent. En général, le blogueur fait des liens vers d’autres pages (si ce n’est d’autres blogs), on (= d’autres blogueurs) fait des liens vers lui, s’il y a des commentaires il y a un minimum d’interaction — ou via articles interposés. Il y a une “culture blog”, et c’est celle du réseau, de la relation, et de la conversation.

Contenu: oui bien sûr, le blogueur produit du contenu, ajoute de la valeur quelque part. Est-ce qu’un blog sous Tumblr qui ne fait que republier sans commentaire ce qui a été trouvé ailleurs est toujours un blog? Si Digital Crumble était mon seul blog, j’avoue que j’aurais du mal à me dire blogueuse.

Apparence: j’avoue être assez vieux jeu sur ce coup. Une mise en page magazine, pour moi, ça transforme le blog en blogazine. Un blogazine, ça peut être bien — mais ce n’est plus un blog. Le chronologique a cédé la place au thématique. Et ça se voit dans la façon dont l’information est organisée sur la page d’accueil. Sans articles les uns sous les autres, j’ai du mal à appeler ça un blog. On voit d’ailleurs des blogs qui étaient partis dans une direction 100% blogazine revenir vers quelque chose d’un poil plus chronologique, même si c’est pas un long défilé d’articles les uns sous les autres. Exemple: celui de Tara Hunt.

Alors un blog, c’est quoi? Un blog, c’est plus ou moins ça. C’est cet ensemble de caractéristiques. Mais on va trouver des choses qui n’ont pas toutes ces caractéristiques et qui sont quand même des blogs, tout comme on en trouvera qui remplissent tous les critères mais… n’en sont pas. Signe qu’il faudra réfléchir plus et affiner. Définir, c’est un grand travail de va-et-vient.

Un blogueur, alors? Quelqu’un qui blogue. Mais je m’attarderai un autre jour sur ce qui le sépare du journaliste.

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Identifier commentaires et tweets douteux

[en] Not sure whether a tweet/comment is legit or spammy? A few tips.

Une chose que je fais et qui ne va pas de soi, je me rends compte, c’est filtrer et identifier le contenu “douteux” dans les commentaires de blogs et parmi les tweets (non, on ne dit pas twit(t), à moins de vouloir passer pour un imbécile) qui vous sont adressés. Voici quelques trucs pour identifier ces malvenus et y réagir adéquatement.

  • Premier signal d’alarme: le tweet ou le commentaire provient d’une personne qui vous est inconnue.
  • Deuxième signal d’alarme: le contenu est banal, un peu (ou carrément) hors sujet, particulièrement flatteur ou (plus rarement) méchamment négatif.

Si un tweet ou commentaire déclenche ces signaux d’alarme, il vaut la peine d’investiguer un peu pour en avoir le coeur net.

Pour un commentaire:

  • Regardez le nom laissé par le commentateur: semble-t-il réel ou bidon?
  • Regardez l’adresse e-mail associée au commentaire: semble-t-elle correspondre au nom donné, ou bien est-elle également bidon?
  • Est-ce que le texte du commentaire contient des liens? Si oui, sélectionnez l’adresse de destination de ceux-ci (c’est plus prudent que de cliquer) et allez voir si le site semble publicitaire — c’est souvent le cas.
  • Faites de même avec l’adresse du site web de l’auteur du commentaire: est-ce que c’est un site publicitaire/commercial, ou clairement le site d’un individu?
  • Est-ce que les sites liés sont bourrés de publicités? Que pensez-vous de leur contenu?

Aucune de ces questions ne permet d’évaluer sans erreur la légitimité d’un commentaire, mais en faisant ce petit tour d’horizon en cas de doute, vous récolterez certainement des informations qui vous aideront dans votre décision.

Voir aussi: Les commentaires d’un blog ne sont pas un espace de pub!

Pour un tweet:

  • Cliquez sur l’identifiant de la personne vous ayant adressé le tweet pour aller lire ses derniers messages.
  • Si les derniers messages sont tous similaires à celui que vous avez reçu, mais adressés à des personnes différentes, vous avez à coup sûr affaire à un robot/spammeur/marketeur paumé!

Dans ce cas, je proposerais (suivant la gravité de l’affront), les mesures suivantes:

  • éviter de cliquer sur le lien dans le tweet, pour commencer
  • ne pas suivre le compte en question
  • bloquer le compte en question
  • le dénoncer comme spammeur (lien se trouvant sur la page du profil)

A vous d’évaluer l’action à prendre!

J’espère que ces quelques petits conseils vous aideront à y voir clair la prochaine fois que vous n’êtes pas trop sûr si un commentaire/tweet est du lard ou du cochon.

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Les commentaires, c’est une conversation

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Les “commentaires”. Avec, souvent, sous-entendu, un adjectif qui les accompagne: “anonymes”. Je le vois dans les yeux de nombre de mes clients lorsque je prononce le mot: “les commentaires”, c’est un peu sale. C’est inquiétant. Dangereux, même. Ça va avec “blog”, d’ailleurs. Un blog, ça a des commentaires, et c’est là que se passent les problèmes et franchement, on préfère ne pas en avoir. (Ni les problèmes, ni les commentaires, et souvent, ni le blog.)

Si on fait un site web, après tout, ce n’est pas pour que n’importe qui puisse venir y raconter n’importe quoi. Parce que oui, on sent bien que c’est ce qui se passe, dans les fameux commentaires. C’est pas très différent d’un forum, au fond, non?

Tant de désinformation m’attriste, j’avoue.

On retrouve là encore une fois cette peur des “inconnus d’internet”, cet oubli que les gens qu’on côtoie en ligne sont avant tout des êtres humains comme nous et non des monstres sans visage, et qu’un commentaire “problématique” n’est pas un engin nucléaire sur le point d’exploser mais une parole à laquelle on peut répondre. Oui, c’est en public. Oui, ça reste dans la grande mémoire numérique d’internet. Et oui aussi, on ne sait pas toujours à qui on a affaire.

Mais on peut répondre. Entrer en relation. Faire preuve dans sa réponse de plus de maturité que le malotru qui utilise nos commentaires comme un mur de WC publics. Mettre des limites, accepter l’acceptable et ne pas publier l’inacceptable.

Quand on dit que les commentaires sont un espace de dialogue ou de conversation, cela ne signifie pas que c’est un chat, une zone de non-droit, un lieu où la foule prend le pouvoir. En tant qu’auteur du blog, on y a sa place, et c’est nous qui allons donner le ton, par nos articles d’abord, mais aussi par nos réactions aux commentaires, et encourager ainsi des discussions constructives plutôt que du blabla vide.

Et de toute façon, le souci majeur de la plupart des blogs, c’est plus l’absence de commentaires que les débordements de ceux-ci.

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Les commentaires d’un blog ne sont pas un espace de pub!

[en] I'm tired of people using blog comments as advertising space (it's particularly a problem on the ebookers.ch travel blog that I manage). I've decided that I was tired of racking my brains to figure out if this or that slightly fishy comment was ham or spam, so in future, people who sign comments with brand names (or any non-human name, for that matter) will not see their comments published. Ditto if the URL provided with the comment points to something resembling a commercial site (well, anything that is clearly not that person's site).

Y’en a marre! Le spam mécanique qui nous assome de Britney peu vêtue et de Viagra dans nos commentaires de blog, c’est déjà pas drôle, mais il y a des filtres à spam genre Akismet qui font assez bien leur travail.

Mais là, ce qui commence à me sortir par les trous de nez, ce sont les personnes (au pire malhonnêtes, au mieux mal informées) qui s’appliquent à laisser des commentaires “pseudo-intelligents” à droite et à gauche pour promouvoir leur site/blog/produit.

Ça va de la remarque vide genre “super article, merci!” ou “j’adore ton blog!” au commentaire un peu plus réfléchi et même parfois pertinent, en passant par le franchement publicitaire plus ou moins subtil.

Les auteurs de ces commentaires ont parfois un nom d’être humain, mais souvent pas. Et leur URL n’est clairement pas celle de leur blog ou site personnel.

C’est particulièrement grave sur le blog de voyage ebookers.ch, dont j’ai l’honneur d’être “blogueuse-rédac-chef”. Environ la moitié des commentaires que nous recevons sont entre le douteux et le franchement commercial. Quand quelqu’un qui s’appelle “blog voyage” laisse un commentaire sympathique 2-3 fois par mois, on se pose des questions. Ou bien alors l’annonce pour une location d’appartement dans une rue de Paris dont nous parlons dans un article. Les liens vers d’autres sites de tourisme ou de voyage. J’en passe.

Alors bref, y’en a marre. Voici ce que j’ai décidé.

  1. Déjà, pour commencer, si vous n’êtes pas capable de signer votre commentaire d’un nom humain ou d’un pseudonyme clair, je ne publie pas votre commentaire.
  2. Si votre commentaire se complaît dans la banalité et sent de façon suspecte “l’excuse à lien”, il croupira dans l’obscurité de la file de modération sans jamais voir la lumière du jour.
  3. Si vous utilisez un nom d’humain et qu’en plus votre commentaire est génial, mais que le lien fourni laisse à penser qu’il est commercial, alors je le publierai, mais en supprimant le lien.

Méchant? Oui.

Je comprends toutefois que de nombreuses personnes (et agences, parce que je me rends bien compte qu’il y a des professionnels qui se lancent dans ce genre d’opération misérable) agissent ainsi par manque d’informations. Ou se basant sur de mauvaises informations provenant de soi-disant experts en marketing 2.0 ou que sais-je, mais en fait qui n’y comprennent que dalle.

Donc, du coup, je vais vous expliquer.

Oui, laisser des commentaires sur d’autres blogs est en excellent moyen de promouvoir le vôtre. Mais seulement si vous ne le faites pas dans le but premier de faire de la promotion. Paradoxal? Pas tant que ça.

La raison pour laquelle les commentaires vont faire connaître votre blog, c’est parce que ces commentaires vont vous faire connaître. Ils vont vous faire connaître à travers l’intelligence de vos propos, la vivacité de votre esprit, le tranchant de votre plume clavier. Les commentaires d’un blog, c’est l’espace privilégié de la conversation, et donc de la rencontre entre êtres humains. Comme j’aime le dire, on ne peut pas avoir une conversation avec un communiqué de presse — on ne peut pas non plus avoir une conversation avec un robot publicitaire, même si celui-ci s’appelle Juliette.

Et j’ai une mauvaise nouvelle pour les robots publicitaires: on les repère de loin dans la foule des humains.

Quelques exemples. (J’ai omis les cas tout à fait évidents d’un côté comme de l’autre.)

  1. Un article portant sur la bonne manière d’organiser sa valise: j’y laisse un commentaire vantant les mérites des shampooings solides de chez Lush. Je n’ai pas d’actions chez Lush, ce n’est pas un client (sinon je le préciserais, du coup), je n’ai aucun bénéfice direct à en parler, si ce n’est que je suis un fan de produits Lush et que j’ai envie de partager ça. => publié.
  2. Un article parlant de San Francisco: Ben (je sais qu’il s’appelle comme ça grâce à son e-mail et à une signature en fin de commentaire) laisse un commentaire avec une petite info supplémentaire et un merci pour les photos qui lui rappellent de bons souvenirs. Ça s’annonce bien, sauf que dans le champ “nom et prénom” il a écrit “blog voyage” et que le lien qu’il fournit est celui de Enroutes!, une plateforme de blogs de voyage, justement. Ajouté aux deux autres commentaires du genre laissés sur d’autres articles, ça sent fortement le “j’essaie de faire connaître un site en laissant des commentaires à droite et à gauche”. => pas publié.
  3. Sur l’article “Trois destinations de rêve“: quelqu’un laisse un commentaire répondant à la question posée dans l’article. Problème? Son nom est “Ces petits riens”, comme le blog donné en lien. Du coup, alerte rouge. Je vais visiter le blog en question, je fais un peu d’analyse de texte et… cela semble effectivement a première vue être un blog personnel écrit par une personne. Un conseil pour la blogueuse en question? Se choisir un pseudonyme qui ressemble plus à un nom qu’à un titre de publication, si elle tient à rester anonyme. Son commentaire a failli ne pas être publié. => publié, mais ça m’a demandé du boulot de vérification et j’en ai marre.
  4. Enfin, l’article donnant quelques trucs “santé” pour voyager malin: “Rando” (ça commence mal) laisse un commentaire pour préciser qu’en effet, il ne faut pas oublier de prendre une trousse de secours pour ce genre de destination… avec lien sur la page de vente de trousses de secours d’un magasin en ligne de matériel de randonnée. => pas publié.

Avec ces quelques exemples, j’espère que vous voyez où est le problème avec ce genre de commentaire “trop promotionnel”: on ne sait pas vraiment qui est en train d’écrire le commentaire (le proprio du magasin en ligne? le créateur de la plateforme de blogs de voyage? l’employé d’une agence de comm?) et clairement, le commentaire est laissé plus pour la valeur qu’il leur apporte que pour celle qu’il nous apporte. C’est pas très désintéressé, comme qui dirait.

Pourraient-ils procéder autrement? Oui.

Par exemple, Ben pourrait signer les commentaires de son nom et laisser en lien son propre blog de voyage au lieu de celui de la plate-forme. Cela éviterait de donner l’impression qu’il essaie simplement de placer un lien vers la plateforme. Ou s’il est le créateur de la plate-forme et qu’il cherche à promouvoir celle-ci, il pourrait nous écrire pour nous suggérer de faire un article à ce sujet pour nos lecteurs (ce qu’on ferait ou non, c’est une autre histoire). Dans les deux cas, la communication serait claire et transparente.

Quant à “Rando”, il pourrait nous dire simplement dans le commentaire que son magasin en ligne vend des trousses de secours, et peut-être nous expliquer en quoi les siennes sont tellement plus extraordinaires que les autres que l’on pourrait trouver. Il nous donnerait son nom, et un lien qui nous en dise un peu plus sur lui. Ça passerait ou non, clairement, aussi en fonction de son engagement dans la micro-communauté du blog. Si c’est son seul commentaire, bof. Si c’est un contributeur engagé (et authentique!) régulier, on lui passerait probablement ça, parce qu’il aurait accumulé assez de capital social pour se le permettre.

De façon générale: payer quelqu’un (à l’interne ou à l’externe) pour aller arroser les blogs de pseudo-commentaires dans l’espoir de faire connaître son site (ou le faire soi-même) est une mauvaise stratégie, qui finira simplement par vous ranger dans la catégorie des spammeurs et pollueurs.

Ici, comme avec tout ce qui touche aux médias sociaux, ce n’est pas l’action (laisser un commentaire, envoyer un tweet, faire une page sur facebook, publier sur un blog) qui est importante. C’est l’état d’esprit dans laquelle elle est faite.

Et pour cela, encore et encore, lisez le Cluetrain Manifesto. Oui, même s’il faut vous taper la version anglaise.

En attendant, moi, je vais devenir impitoyable dans la modération des commentaires des blogs que je gère. Si vous n’avez pas un nom d’humain, passez votre chemin!

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Commentaires et bonnes manières: 8 conseils

[en] Today's blog comments are assaulted by spammers, marketers, and sometimes simply clueless self-promoters. A few words of advice to the wise, to increase chances of preventing your comment from being deleted or worse, spammed. The French version of this post contains explanations for each of the following eight points:

  1. use your real name or an established pseudonym (God forbid, don't use your company name)
  2. give a personal URL
  3. demonstrate at least competent spelling and writing skills
  4. add value
  5. remain conversational -- your dissertation should go on your blog, not my comments
  6. stay more or less on topic
  7. don't blatantly promote stuff
  8. be polite, respectful, etc

These are not absolute rules, but guidelines based on my criteria for publishing or not a comment. What are yours?

Allez, je vais faire un peu ma Nadine de Rothschild, et vous proposer une petite séance de savoir-vivre blogosphérique. Les manières pour les manières, c’est clair, c’est barbant, mais elles ont généralement un sens. En l’occurence, faire preuve de bonnes manières lorsque l’on laisse un commentaire sur le blog de quelqu’un, c’est avant tout:

  • s’assurer que celui-ci ne sera pas confondu avec du spam
  • lui assurer au moins une chance de publication.

Mais de quelles bonnes manières est-ce que je parle? Etre poli, c’est bien joli (en effet, même sur un blog, être respectueux et éviter d’insulter son prochain passe toujours bien) — mais est-ce que ça m’évitera d’être confondu avec un spammeur?

Je m’explique un peu avant de vous donner ma petite liste de préceptes à suivre (ou ne pas suivre). Les spammeurs sont malins. Les créateurs de filtres anti-spam (comme Akismet) le sont aussi. On assiste à une véritable course aux armements, et les spammeurs font tout ce qu’ils peuvent pour embrouiller les filtres à spam, et faire en sorte que leur spam ressemble à un véritable commentaire. (C’est exactement le même processus pour ce qui est du spam d’e-mails.) Parfois, il n’est pas aisé de reconnaître au premier coup d’oeil (même pour un blogueur expérimenté) s’il s’agit ou non de spam.

Une autre plaie des commentaires de blog, c’est la déferlante de marketeux ou autres individus auto-promotionnels maladroits ou carrément imbéciles: mon blog n’est pas une plate-forme de promotion pour autrui, et l’art de ramener du traffic vers son blog en laissant ailleurs des commentaires est délicat, et doit être manié avec goût.

Donc, histoire d’éviter que votre commentaire se retrouve à la poubelle (ou pire, dans le piège à spam), voici ce que je vous recommande.

  1. Signez de votre nom: vous avez un nom, utilisez-le. Une discussion a lieu entre êtres humains. Si vous signez du nom de votre boîte, c’est au mieux déplaisant (je ne discute pas avec des boîtes, moi), au pire une utilisation de mon blog comme plateforme publicitaire. Il va sans dire qu’un pseudonyme bien établi peut servir de nom, mais attention: je ne fais pas une enquête en ligne au sujet de l’auteur de chaque commentaire que je dois approuver, donc à vos risques et périls.
  2. Donnez une URL personnelle: à la base, les commentaires se faisaient entre blogueurs, et le champ URL ou “site web” était là, bien évidemment, pour qu’on y mette l’adresse de son blog. L’adresse, donc, d’un site personnel qui pourra informer sur l’auteur du commentaire. En près de neuf ans, le paysage a certes changé, mais si l’URL que vous fournissez ne semble pas mener au “site de quelqu’un”, mauvais point. Faire un lien vers un article particulier pue l’auto-promo excessive, la plupart du temps. Un lien vers le site de son entreprise, c’est limite: n’avez-vous pas d’autre identité que celle d’employé? Si vous êtes là pour représenter votre boîte, à la limite… mais cela ne marchera bien que dans un contexte de support.
  3. Orthographe! Je sais que je suis parfois une pinailleuse sur ce sujet (ex-prof de français, on ne se refait pas), mais là aussi, il y a les limites raisonnables et le dépassement de ces limites. Language SMS-kikou-lolllll? Passez votre chemin (votre commentaire, en tous cas, passera le sien). Ponctuation et orthographe frisant l’illétrisme? Préférez un commentaire vidéo (lien Seesmic en bas de chaque champ de commentaires). On a le droit de faire des fautes, tout comme on a le droit de sortir mal vêtu. Mais pas tout nu.
  4. Ajoutez de la valeur: de nombreux spammeurs essaient de pourrir les filtres en laissant des commentaires gentils comme “super article!” ou encore “merci, ça m’a été très utile”. On apprend vite à ne pas se laisser aveugler par la flatterie! Si vous laissez un commentaire, assurez-vous que vous apportez quelque chose aux lecteurs futurs de l’article commenté. Sinon… abstenez-vous. Si on se connaît, c’est différent, mais si on ne se connaît pas, s’arrêter pour “lâcher un comm’” un peu vide, ce n’est pas une entrée en matière très respectueuse de l’autre.
  5. Freinez vos élans dissertatifs: les commentaires sont là pour apporter des compléments d’information à l’article principal, ou héberger un débat ou une discussion y prenant naissance. Veillez donc à ce que vos contributions soient digérables dans un contexte conversationnel. S’il vous prend l’envie de partir dans une envolée lyrique sans fin, ou de rédiger sur un coup de tête votre travail de thèse, votre blog est le meilleur endroit pour le faire. Laissez ensuite un commentaire aux dimensions modestes incluant un lien vers votre article. Pas de blog? C’est par ici. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire de longs commentaires, juste… qu’il y a des limites. (Une dissertation dans les commentaires d’autrui, c’est soit dit en passant le meilleur moyen de tuer toute conversation en ayant justement l’air de lancer le débat.)
  6. Restez dans le sujet: l’article que vous commentez parle d’un problème de ventilateur MacBook? Evitez d’y laisser un commentaire détaillant votre dernière visite de Rome (sauf éventuellement si c’est en lien avec un problème de ventilateur MacBook). Les conversations dévient, on peut parler de choses en rapport par association, mais si le lien n’est pas évident, ça ne fait pas de mal d’expliquer pourquoi on laisse le commentaire qu’on laisse.
  7. Publicisez avec doigté: si vous êtes là pour (entre autres, on l’espère) attirer l’attention sur un autre produit ou article, réfléchissez à deux fois et dégainez votre tact. Est-ce que votre commentaire apporte véritablement quelque chose aux autres lecteurs, ou n’est-il qu’un prétexte à pousser un lien, un nom, ou une idée? Avez vous assez de “capital social” pour le faire? (Tiens, une idée d’article vient de germer dans mon cerveau…) — Chez moi, les commentaires trop franchement publicitaires (à plus forte raison si je n’en connais pas l’auteur) passent direct à la trappe. Dans le doute, abstenez-vous.
  8. Politesse, respect, tout ça: ça ne fait jamais de mal de le redire, mais personne n’est obligé d’accepter dans son salon un individu irrespectueux, malpoli, et qui crache par terre. Vos commentaires sont votre présence dans le salon du blogueur qui les héberge. On peut ne pas être d’accord (c’est même là pour ça, les commentaires) — mais un minimum de politesse et de respect s’impose.

Comme vous le voyez, les trois premiers conseils ont vraiment trait à la forme ou aux métadonnées de votre commentaire. C’est la première chose que regardera celui qui modère les commentaires (avec un coup d’oeil au contenu).

Et vous autres blogueurs, quelle politique exercez-vous pour la validation de commentaires sur votre blog? Durant longtemps, j’ai tout tout tout publié (sauf le spam), mais ces dernières années, le spam devient parfois franchement difficile à distinguer de certains commentaires vides de contenu et de présence humaine, et je sabre donc plus lourdement qu’auparavant dans les commentaires “douteux”.

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Twitter, encore des explications

Il y a quelque temps, je répertoriais les arguments les plus communément utilisés par les personnes qui ne comprennent pas l’intérêt de Twitter. Aujourd’hui, je découvre que c’est Pierre Chappaz (Wikio, Netvibes) qui ne capte pas. j’ai laissé pas mal d’explications de mon point de vue dans les commentaires de ce billet, que je reproduis ici avec un peu de contexte.

Attention, digression. J’ai pris conscience il y a peu que la publication de mes commentaires ailleurs dans la blogosphère dans la barre latérale de ce blog, grâce à coComment, avait un effet pervers : souvent, au lieu de bloguer au sujet de quelque chose que j’ai lu ailleurs, je laisse simplement un commentaire. Bon nombre de mes lecteurs suivent ce blog à travers son fil RSS, et n’ont d’ailleurs pas du tout accès au contenu de la barre latérale. Je termine cette digression, qui a pour but de vous expliquer ma résolution relativement fraîche de ramener la conversation sur ce blog, en vous signalant que mon “tumblelog” sur Tumblr republie dans un format peut-être plus agréable à lire tous ces commentaires (ainsi que quelques bêtises sans intérêt que vous verrez surgir de temps en temps).

Vous avez compris, j’ai trouvé Twitter nul. Sans intérêt. Pardon, je sais que je vais contre la pensée unique qui règne dans la blogosphere, selon laquelle ce qui fait du buzz c’est forcément top…

Twitter n’est pas pour moi, j’ai déja du mal à publier régulièrement des choses “importantes” sur ce blog, alors je ne vais pas passer ma vie à décrire toutes mes pauses pipi.

Pierre Chappaz

Mon commentaire:

Twitter, c’est un outil de liant social. Si on cherche “à quoi ça sert” on est déjà sur la fausse piste.

J’ai repris quelques-unes des critiques les plus communes (“c’est sans intérêt”, “le monde s’en fout”) dans mon dernier billet sur Twitter: http://climbtothestars.org/archives/2007/05/14/pas-capte-twitter/

Pour comprendre Twitter, il faut regarder les relations entre les gens, et non pas le contenu des messages. Ce n’est pas un outil de publication, mais un outil de présence.

commentaire de Steph

Jérôme est d’accord avec mon commentaire et rappelle la similarité entre Twitter et le “IM status”:

Tout à fait d’accord avec le commentaire de Stéphanie. Twitter est un outil de présence, ni plus ni moins. Il permet d’actualiser sa présence (ce qui est déjà prévu dans l’instant messaging mais que personne n’utilise vraiment). Il serait d’ailleurs très intéressant de faire cohabiter les deux mondes en synchronisant twitter et les logiciels d’IM.

commentaire de Jérôme Charron

Un complément d’information, et une idée:

Jérôme: je connais beaucoup de gens qui utilisent intensément les “status” IM pour communiquer ce genre d’information à leur buddy list. Sur IRC, aussi, on voit fréquemment des changements de pseudo pour indiquer l’activité de la personne.

Pour ce qui est de l’intégration Twitter/IM, c’est déjà là: sur OSX, il y a moyen de mettre à jour son status sur Adium via Twitterrific.

Je serais curieuse de voir s’il y a une corrélation entre l’utilisation du chat (IRC ou autre) ou bien de l’IM et l’attitude générale face à Twitter (“capte pas” ou “c’est génial”). Il faudrait probablement décortiquer un peu l’usage chat/IM des gens sondés pour avoir quelque chose d’intéressent (en particulier l’utilisation ou non des fameux “status”).

commentaire de Steph

Un peu plus tard, deux autres commentaires me font réagir:

Oui il y a une hype assez horripilante autour de Twitter, et effectivement 99% des fluxs sont absolument sans intérêt.

commentaire de ZeLab

1/ faire et suivre twitter sur le web n’a aucun intérêt, par sms c’est encore plus stupide; non ce qui change tout avec twitter c’est de l’installer sur gtalk sur son blackberry. Le coté instant messaging de tribu y prend son ampler et surtout l’interface est super marrante, entre irc (messages privés) et IM traditionnel. les fonctions cachés de twitter seront super utile et peuvent carrément bypasser les opérateurs (tu passe par gtalk plutôt que d’envoyer des sms surtaxé pour recevoir des infos ?REQUEST cool restau paris et hop tu recoit une liste ?REQUEST adresse hotel kube paris et hop tu as l’adresse, etc…)

2/ l’autre chose qui est vraiment intéressante c’est qd tes potes ou tes contacts sont sur twitter. C’est vraiment à SF que je percois le vrai potentiel de l’outil, je suis abonné à des amis, des clients, des services de news que j’ai trié sur le volet. En quelques instant, je peux savoir ce qu’il se passe sur San Francisco et ou aller faire un tour en arrivant dans la ville. Personnellement, twitter pour le reste du monde n’a aucun intérêt, je pense que l’on devrait limiter et surtout ne pas archiver (comme tu le fais avec wikio) les contenus qui doivent êtres des contenus instantanés.

commentaire de Tariq Krim

Ma réaction:

ZeLab: quand tu dis “sans intérêt” tu te places du point de vue de l’observateur extérieur, qui n’a pas de lien affectif avec la personne qui envoie des messages.

On a fait cette critique à une certaine forme de blog-journal il y a des années déjà — et on a compris depuis que le blog super-chiant-pour-le-monde-entier peut être fascinant pour 15 personnes — et c’est ça qui fait sa valeur inestimable.

Toi qui ne me connais pas, tu n’en as rien à faire (pour être polie) du fait que je cherche mon chat ou que j’ai oublié de changer de fuseau horaire en rentrant de Londres. Ce sont des petits détails anodins de ma vie.

Mais les gens qui me sont proches (affectivement, je dis bien, pas forcément géographiquement) trouvent dans ces petits messages du quotidien quelque chose qui les rapproche de moi — et qui me rapproche d’eux, car je sais que “they care”.

OurielTariq: pas vraiment d’accord avec ton point 1/ — je crois que chacun a son moyen “préféré” d’intéragir avec Twitter. Personnellement, je préfère le web ou Twitterrific à l’IM — trop intrusif.

Je ne vois pas non plus de raisons de ne pas archiver les messages. C’est vrai que c’est une archive qui a relativement peu d’intérêt — mais des fois, comme les logs IRC ou IM, on va fouiller dedans et ça rend service.

Par contre, parfaitement d’accord quand tu dis que c’est entre l’IM et IRC.

commentaire de Steph

Voilà… ça fait un peu Reader’s Digest mais je crois que c’est utile à certains de mes lecteurs que je rapporte ainsi ce genre de conversation!

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Ouvrir ou non les commentaires?

A midi, un ami m’apprenait qu’il avait un blog déjà depuis un petit moment, mais qu’il n’avait pas osé ouvrir les commentaires (c’est-à-dire: permettre aux lecteurs de s’exprimer directement sur son site, en réaction à ses articles) de peur de se faire déborder ou d’y passer trop de temps.

Souvent, lorsque je commence à “parler blogs” avec des clients (ou futurs clients), c’est autour des commentaires que tout se crispe. On a peur de ce qu’autrui pourrait venir écrire “chez nous”, et on se retrouve aux prises avec ce bon vieux pote qui nous joue pourtant de bien sales tours: le contrôle.

Si vous avez lu Naked Conversations (fortement recommandé pour qui voudrait comprendre l’importance que les blogs prennent dans le monde économique et social d’aujourd’hui) ou bien The Cluetrain Manifesto (le “manifeste” est traduit en français mais franchement, il m’a passé complètement par-dessus la tête plusieurs fois avant que j’attaque le livre — que je dévore en ce moment — disponible gratuitement sur le site), si vous avez donc lu un de ces deux livres, vous saurez de quoi je parle. On ne peut plus contrôler.

Sur internet, chacun peut en deux minutes, gratuitement et sans compétences techniques particulières, créer un blog (filez chez WordPress.com si vous êtes tenté) et y écrire ce qu’il souhaite. Tôt ou tard, si ce qu’il écrit présente un intérêt pour suffisamment de personnes (et ce nombre n’a pas besoin d’être bien grand), il se trouvera un public.

Le rapport avec les commentaires? Si vous avez peur de ce qu’on pourrait dire de vous ou répondre à vos écrits, ne pas avoir de commentaires ne change rien. Si vous avez des choses peu honorables à cacher, si vous êtes malhonnête, si vous refusez de dialoguer avec autrui, alors certainement, internet est un grand méchant espace effrayant, et si vous y avez un site, vous allez éviter d’encourager les gens à s’y exprimer. Oui. Laisser à ses lecteurs la possibilité de s’exprimer chez vous, via des commentaires, c’est inviter au dialogue — et bien des personnes qui s’expriment dans les commentaires ne l’auraient pas fait s’il leur avait fallu prendre la peine d’envoyer un e-mail ou d’ouvrir leur propre blog. Mais de l’autre côté, fermer les commentaires n’empêchera jamais quiconque de déverser du fiel à votre sujet en ligne — que ce fiel soit justifié ou non n’est ici pas la question.

Admettons cependant que la plupart des gens (et des entreprises) sont (raisonnablement) honnêtes et n’ont pas trop de vilains cadavres pourrissant au fond de leurs placards. (Il y en a toujours quelques-uns, de squelettes ou de cadavres, mais on finira par comprendre que les vrais êtres humains ont parfois des boutons d’acné sur le nez et qu’ils ne sont pas retouchés en permanence sous PhotoShop.) Donc, pourquoi cette peur des commentaires, si au fond on est relativement comfortable avec qui l’on est et ce qu’on fait? Quelques hypothèses:

  1. Les gens peuvent dire n’importe quoi! C’est vrai. Ils peuvent aussi dire n’importe quoi ailleurs. Sur votre site, l’avantage c’est que vous pouvez immédiatement répondre au commentaire en question pour corriger le tir. Pensez-y: dans la “vraie vie” (arghl, je déteste utiliser cette expression) on agit pareil. Quand quelqu’un dit quelque chose de stupide ou de faux à notre sujet, eh bien, on répond. On discute. (La conversation, vous vous souvenez?) De plus, notons que la plupart des gens ne passent pas leur temps à aller laisser des commentaires débiles sur les blogs des autres. Pas dans le monde des adultes civilisés, et sur un blog qui a l’air “sérieux”, en tous cas.

  2. Ça va prendre du temps! Là, il vaut la peine de s’arrêter une minute et de se demander ce qui va prendre tellement de temps. Déjà, réaliser que les craintes du point 1. se réalisent peu souvent. Ensuite, savoir que la plupart du temps, le problème d’un blog n’est pas qu’il y a trop de commentaires, mais pas assez. Sur Climb to the Stars, avec environ 2000-2500 lecteurs par jour (ça varie, mais voilà l’ordre de grandeur), j’ai entre trois et cinq commentaires par jour en moyenne. Parfois zéro. Combien de lecteurs a votre blog? Ce qui peut prendre du temps, c’est de nettoyer le spam, si l’outil de blog que l’on utilise n’a pas un bon filtre. Mais ça, ce n’est pas une question de principe, c’est une question de choix de moteur de blog (et aussi pour ça qu’en général je recommande WordPress — le filtre à spam fourni avec, Akismet, est assez efficace).

  3. Les gens pourraient poser des questions difficiles, ou dire des choses incomfortables… Ça, honnêtement, je pense que c’est la seule crainte réelle à avoir. Si la conversation n’est certes pas impossible sans commentaires (on avait des conversations via nos blogs avant que ceux-ci ne comprennent cette fonctionnalité), ceux-ci invitent clairement au dialogue. Et le dialogue, cela implique une certaine ouverture à l’autre — d’assumer une certaine humanité. On ne peut pas dialoguer si l’on parle comme un communiqué de presse ou des prospectus de marketing. Oui, il y des choses qui sont imparfaites. Oui, on fait des erreurs. Non, on ne sait pas tout. Oui, la concurrence peut être bien aussi. Il vaut donc la peine de se demander si on est prêt pour ça — sachant que dans le fond, ce n’est pas si difficile que ça (discuter, c’est quelque chose que l’on fait tous les jours, sans y prêter vraiment attention), et qu’en fin de compte, l’évolution d’internet nous permet de moins en moins d’échapper à ce dialogue…

Moralité: ouvrez les commentaires, ne les filtrez pas, gardez un oeil attentif dessus au début si vous êtes inquiet, résolvez les problèmes posés par les commentaires “difficiles” en y répondant plutôt qu’en censurant… et si vraiment vous considérez que vous êtes débordé de commentaires, activez la modération, voire supprimez-les. Mais dans cet ordre. Essayez d’abord. Faites marche arrière ensuite si nécessaire (et je vous parie que dans 99% des cas, cela ne le sera pas).

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Biofrais: ça suffit!

09.01.2007: Le responsable de Biofrais a partagé avec moi son inquiétude quant aux répercussions négatives que cet article pouvait avoir sur son commerce. Je voudrais préciser que le mécontentement que j’exprime ici concerne uniquement la politique éditoriale du site internet. Je ne me prononce aucunement sur les produits vendus ou la qualité de l’entreprise en tant que telle, que je ne connais pas. Je n’ai pas non plus de griefs personnels à l’encontre du responsable de cette entreprise, outre l’épisode relaté ici.

Il y a quelque jours, je tombe sur cet article qui reprenait sans autre forme de procès mon billet d’introduction à Second Life. Oui, je publie mes articles sous un contrat Creative Commons, mais en l’occurence l’article en question ne citait pas nom nom et se contentait d’un vague lien vers la page principale de mon site.

J’ai laissé le commentaire suivant:

>J’apprécie l’intérêt que vous portez à mon article.

>Cependant, je vous demanderais de bien vouloir indiquer que le texte que vous reproduisez ici est une citation. Je ne suis pas une contributrice à votre site. Ce serait aussi sympa d’indiquer la source précise de l’article:

>http://climbtothestars.org/archives/2006/08/12/second-life-cest-quoi/

>De plus, selon les termes de la licence CC-by-sa-nd sous laquelle est mis à disposition mon contenu, je vous demanderais de bien vouloir indiquer clairement (en utilisant mon nom) que je suis l’auteur de ce texte.

>Merci d’avance!

J’ai également posté dans le forum un message expliquant que ce n’était pas moi qui avais contribué l’article en question (effacé depuis).

Suite à mon commentaire, je reçois une réponse de l’administrateur du site Biofrais:

> c est fait steph a+;)

Je vais vérifier: en gros, mon prénom a remplacé l’URL de mon site (“Rédigé par Stephanie”) et un lien (cassé) vers mon article a été rajouté. Mon commentaire a été supprimé.

J’ai envoyé à l’administrateur le message suivant par e-mail, que j’ai aussi republié en commentaire et dans le forum:

> Merci d’avoir réagi!

>Cependant, je reste un peu mal à l’aise avec ce procédé. Pourquoi reproduire du contenu (en le sabrant, puisque sans la photo une partie du texte perd son sens) plutôt que de faire un lien vers ce contenu?

>Je préférerais nettement que la personne qui a contribué l’article écrive un bref texte d’introduction, cite une partie de mon article, et fasse un lien. (D’ailleurs, votre lien vers mon article est cassé – il y a un http:// de trop)

>Je ne connais pas votre site, je n’ai aucune idée de ce que vous faites, et je suis également un peu mal à l’aise de me retrouver citée comme “rédactrice” chez vous alors que je ne vous connais ni d’Eve ni d’Adam ;-)

>Je serais nettement plus comfortable si vous citiez une partie de mon article (clairement indiqué comme citation) avec un bref texte d’introduction et un lien. Je suis ouverte à d’autres propositions bien entendu.

> (Dommage d’avoir enlevé mon premier commentaire, il permettait quand même de donner un peu de contexte, et du coup les lecteurs arrivant en cours de route et ne lisant que celui-ci vont être un peu perdus… Voyez le forum, si jamais.)

Suite à ce message, le lendemain, l’article a été raccourci et le lien vers mon billet réparé. J’ai reçu un autre message de l’administrateur de Biofrais:

> c etait juste une facon de faire connaitre a mon reseau le second life pas de m approprier le texte ni l article je m en oocupe de suite :) bonne fête

Suivi quelques minutes plus tard d’un deuxième message:

> D ailleur second life j y ai rien compris tout est en anglais j ai un pote qui m en a parler ca me semble compliquer en plus qu elle avenir pensez vous a ce sujet si vous aviez une video ou vous expliquiez le fonctionnement je pourrais l herberger et faire une redirection vers vous car j ai essayer d ouvrir un compte sur second life c est payant et je comprend pas vraiment pas le but de ce truc en plus le fn et reuters si trouve j ai un pote qui ma dit qu il vendais de la biere virtuel qu elle idée …

Mon deuxième commentaire a bien entendu été supprimé. En allant dans le forum, je constate que mes deux articles ont été supprimés également. Je laisse un message exprimant mon étonnement face à la disparition systématique de mes “contributions” au site.

En retournant plus tard au forum, je me trouve face à un pop-up me disant que mon quota d’accès journalier est dépassé. Une fois la page chargée, un message m’indique que mon adresse IP a été bannie. Problème avec le site? Je vous laisse juge, on ne peut que faire des suppositions.

Mon dernier message sur le forum a été tronqué pour ne laisser que la phrase introductive “je vous remercie encore de votre intérêt”.

Inutile de dire que je trouve cette façon de faire déplaisante au plus haut point. En regardant le site de Biofrais, on a l’impression que j’ai contribué un article, et que je remercie ensuite gentiment le monde de l’intérêt qu’on lui porte. Ce n’est pas vrai. Tous les commentaires que j’ai laissés sur l’article ou le forum ont été systématiquement effacés, voire pire — édités pour en changer le sens.

Heureusement, je peux quelque peu rectifier le tir ici pour mes lecteurs. Par contre, je doute qu’il me soit possible de mettre un lien vers cet article sur le site de Biofrais.

Edit: étant bannie du forum, j’ai voulu publier le commentaire suivant sur l’article. Je suis visiblement bannie là-bas aussi. Je viens donc d’envoyer le commentaire par e-mail à l’administrateur en lui demandant de le rajouter à son site, et lui signalant que sa politique éditoriale est franchement déplaisante. (Oui, je peux être méchamment revendicatrice dans des situations comme celle-ci.)

> Je n’apprécie pas du tout la façon dont vous censurez systématiquement mes propos sur votre site — ou pire, les éditez afin d’en changer le sens (comme le commentaire tronqué qui demeure dans votre forum). Je ne sais pas si suis bannie de publier dans votre forum par erreur ou si c’est volontaire de votre part, mais dans l’impossibilité de publier là-bas, je vais laisser mon commentaire ici. Je vous prie de vous abstenir de l’effacer.

>Voici les commentaires effacés et ma réaction à vos pratiques.

Edit, 10h05: réaction à mon e-mail…

> Bonjour stephanie, > je fais la promotion de second life et de voàtre site et vous vous servez de mon site pour casser du sucre sur moi bon comme c est comme ca merci d eviter mon site et dailleur l article sera detruit .

> Merci

Nous noterons tout de même que pour ce qui est de la promotion de mon site, l’article en question compte 165 lectures à ce jour (dont une bonne vingtaine de moi-même, probablement).

Edit, 10h40

Vous noterez que l’article original a bien été effacé et remplacé par un autre “pompage” (avec photo cette fois). Voici l’article tel qu’il était ce matin.

Edit, 10h46

Oh, puis pendant qu’on y est, voici une saisie d’écran du fil dans le forum.

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Films, TMS, et blabla nocturne

[en] A couple of film recommendations, update on my RSI and some considerations on chronic pain, as well as various random other things (like cats in boxes).

Je trouve mes blablas un peu plus décousus que mes billets. Des tas de petites choses à dire plutôt qu’une grande. J’ai rajouté un “générique” (haha), parlé de deux-trois choses (les liens ci-dessous vous donneront une idée) et pas mal de TMS et de douleur chronique (avec quelques nouvelles d’où j’en suis). Allez, assez de parenthèses, plongez dans le vif du sujet [16min41] — oui je sais, c’est un peu long.

Liens pour aujourd’hui:

J’ai oublié un lien? Dites-le-moi!

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Le coComment nouveau est arrivé

[en] With the new coComment extension activated, browse to this article by 24heures. Click on the coComment logo once. Don't spill your coffee.

Je parlerai plus longuement de la nouvelle version de coComment qui vient d’être déployée (après l’annonce officielle, par exemple), mais je tenais à vous montrer ceci avant de filer à Paléo.

  1. Avec un navigateur FireFox (ou Flock! muni de la magnifique extension coComment, rendez-vous sur la page de l’article 24heures sur les blogs. *Edit: version archivée ici on dirait.
  2. Remarquez que le logo coComment en bas à droite devient orange. (Au lieu de bleu.)
  3. Cliquez sur le dit logo, une fois, avec le bouton de gauche.
  4. Lisez et extasiez-vous!

(Je n’en dit pas plus, il faut essayer. Oui, ça marche partout. Dingue.)

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