Translation [en]
Translating is a hard job. One is constantly confronted with subtlety which belongs to one language and simply cannot be rendered in the other.
I was expecting to notice this when translating from English to French. After all, they are both my language. But I was much more suprised to be faced with the problem when translating from Hindi.
Thinking of it, I shouldn’t have been. The language structure of Hindi is quite different from French or English – to say nothing of the treatment of verbs. What astonishes me most, in fact, is that I am actually capable of understanding some of these shades of meaning even though I haven’t been studying Hindi for very long.
There is something almost gratifying in being able to truly understand a sentence or expression in a foreign language, while in the same time being incapable of reproducing it in your own.
The translation job makes you take all this understanding one step further, by bridging the gap between the languages.
I think this shows two things – which may be considered contradictory. First of all, thought and meaning depend on language and are influenced by it. And second, thought is independant of language in some way – we need not think in words. I have to abstract my understanding of the hindi phrase from its original language and reproduce that meaning in French.
Artists are already aware that one can think without words – you can “think in painting” or “think in music”, just like we often “think in writing” or even “in typing”. Have you ever noticed how much easier it is to write a letter with a pen in your hand than dictate it?
I’m often surprised at how unaware of this people tend to be – hanging on to the idea that we only “think in words”.
Weblog [en]
En regardant mon weblog de ces dernières semaines, j’y constate une double évolution: il y a plus d’écrits “personnels”, et le français y prend plus de place.
Mon weblog est une sorte de “cahier de maison” où viennent se greffer différentes choses que j’ai à dire. Je pense que je traverse une phase où je réfléchis passablement à ma vie. Je ne crois pas que ce soit une tendance définitive que je ma production “weblogesque” soit en train de prendre.
En ce qui concerne l’augmentation de la présence du français sur ces pages, c’est assez simple: j’ai enfin des lecteurs francophones réguliers. J’ai l’assurance que je n’écris pas dans le vide – c’est important pour moi de savoir que je suis lue.
J’ai aussi commencé à m’intéresser au sort du web francophone, et je vais lancer un site dans la langue de Molière (encore un peu d’attente… je suis aussi impatiente que vous de le voir!)
Mais plus important que ça (et l’on rejoint ici ma première constatation), j’ai réactivé ma “voix” française. Je n’ai pas les mêmes choses à dire en français et en anglais – et dans tous les cas, pas de la même façon. Et bien sûr, même si je suis très à l’aise en anglais, il m’est plus facile d’écrire en français – j’ai plus d’entraînement, simplement.
Interaction [en]
C’est dans l’interaction que nait la relation. Rien ne sert d’essayer de vendre la marchandise. Il faut laisser la relation montrer ce qu’elle pourrait offrir.
Site [en]
Now that I’ve finally got my CD player up and running at home (it took me over six months!), the “radio song” list has been replaced by a list of CDs. If you hover your mouse over the entries, you’ll get a little information on each one.
Assez [en]
J’en ai assez de vouloir forcer mes entrées de weblog dans des catégories. Elles vont se désagréger, vous allez voir ça!
Lire – Ecrire [en]
Je n’ai plus trop envie de lire. Je me sens plutôt en mode “production”. La plume (ou ce qui en tient lieu) me démange.
Ecrire m’a toujours aidé à réfléchir et à y voir clair. Je sais qu’après le trouble vient toujours un nouvel équilibre – les choses se réorganisent. Peut-être que ces temps certaines choses sont justement en train de se mettre en place.
J’ai absorbé plus que je n’en pouvais ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années. Souvent je me suis plainte que ma tête réfléchissait trop et trop vite – et que ma vie et mes émotions avaient de la peine à suivre.
Je reviens de vacances – et j’ai toujours cette impression d’avoir besoin de vacances. Ce n’est pas parce qu’elles étaient trop courtes. Elles m’ont fait le plus grand bien. Mais ce sentiment pointe peut-être le doigt sur un certain besoin de… stabilité? Ou en tous cas, de consolidation.
Bilingual [en]
Spent a nice bilingual evening. Hindi translation is going on steady. Lots of things typed out for this space (mainly in French). Will post once I have re-read.
Inspiration [en]
A croire que tard hier soir, alors que j’essayais de dormir, je savais déjà quelle belle journée nous aurions aujourd’hui… Même si ce n’est malheureusement pas encore tout à fait l’été, voici un petit sentiment estival.
Jour d’été
J’aime les jours d’été. Les matins où l’on se lève tôt et où il fait déjà jour. Et chaud.
Je sors ; je peux sentir la vie qui s’anime de partout. Je respire une grande bouffée de soleil qui me rend vivante et belle. L’été, c’est ma saison.
Marchant dans la rue, je suis prête à aimer le premier regard qui se plongera un peu trop longtemps dans le mien.
Vie [en]
Relativisme
Je suis une victime de la suspension du jugement.
Les crises de la vie et mon parcours académique m’ont appris à faire abstraction de mon jugement et de mes a priori lorsque je suis face à un événement ou une idée.
Je suis devenue experte dans l’art de poser mes valises et de sauter sur d’autres rochers que le mien pour explorer des points de vue différents. Mais à force, j’ai perdu mes valises. Je ne fais que bondir de rocher en rocher, sans me reposer sur aucun.
Je veux retrouver un rocher dont je pourrai dire “celui-ci est le mien”. Je veux retrouver mes valises – ou plutôt en racheter, parce que depuis le temps, la mer les a certainement emportées.
Il faut oser hiérarchiser les points de vue. Mais j’ai trop peur de me tromper.
Identité
En écho à ce sentiment de dissémination de moi-même, je sens depuis quelque temps le besoin d’unifier mes identités. J’ai trop d’adresses e-mail. Il fut un temps où cela me rendait comfortable, mais maintenant elles sont devenues un obstacle.
Je n’ai jamais fait de cloisonnement étanche entre “moi online” et “moi offline”, mais j’ai toujours gardé mon identité réelle soigneusement cachée. Chaque pseudonyme que j’ai utilisé avait sa propre adresse e-mail – même s’il s’agissait à chaque fois de moi.
C’est en train de changer. Déjà , en achetant un nom de domaine, j’ai laissé voir mon nom au monde, pour qui sait le trouver. Et récemment, j’ai commencé à avoir une envie grandissante qu’on m’appelle par mon vrai nom. Je ne cesserai pas pour autant d’utiliser “Tara” – mais je veux me sentir libre de briser cette censure auto-imposée.
Verbe
Comme la vie fait parfois bien les choses, j’ai suivi ces deux derniers jours le premier volet du cours-bloc sur l’Islam donné à l’UNIL. La culture arabe a un rapport à la parole très fort, mettant en avant sa performativité. Dire, c’est faire. Ecrire un poème d’amour à une femme, c’est aussi grave que de la toucher.
Cela me fait penser à quelques réflexions que j’ai envie de mettre par écrit depuis longtemps sur la puissance du nom. En effet, dans nombre de civilisations, connaître le nom de quelqu’un, c’est détenir un pouvoir (magique) sur lui. Ce n’est pas sans raison que l’on ne connaît pas le nom de Dieu.
Internet est le lieu de la puissance de la parole. La plupart des canaux de communication non-verbaux sont coupés. On ne peut pas agir – sauf par les mots *sourire*. J’ai mentionné il y a quelque temps le cas du “viol virtuel“.
Je crois qu’il ne serait pas inintéressant de considérer à cette lumière l’utilisation des pseudonymes (qui reste très populaire dans les forums ou les lieux publics, même pour les gens qui ne cachent pas leur identité). Que représente “donner son vrai nom” à quelqu’un ? Pourquoi une des questions de prédilection chez les chatteurs inexpérimentés est-elle justement “quel est ton vrai nom” ?