Nouvelle expédition parisienne [en]

Le week-end prochain, si tout va bien, direction Paris. Il paraĂźt qu’on s’occupera de mon hĂ©bergement et des festivitĂ©s du vendredi soir.

Questions: en voiture ou en train? avec ou sans mes rollers? Je mĂ©dite…

Bien entendu, si vous ĂȘtes sur Paris et que ça vous dit de m’aider à  occuper mon samedi et mon dimanche en allant boire un thĂ© froid — ou autre chose bien entendu &#8212 faites-moi signe!

TempĂȘte [en]

Minuit — ou à  peu prĂšs. Je me rĂ©veille, interrompant un rĂȘve dans lequel j’ai oubliĂ© de m’inscrire aux examens. Il y a un gros orage dehors.

Je me lĂšve pour fermer la fenĂȘtre et baisser les stores. Ils le sont dĂ©jà . Un trĂšs gros orage.

Je fais le tour de l’appartement pour baisser tous les stores. J’arrive devant les grandes fenĂȘtres du balcon. Vite, fermer la porte-fenĂȘtre, il y a dĂ©jà  de l’eau dans le salon.

Le tonnerre gronde de façon continue, les éclairs blanchissent le quartier comme des stroboscopes. Le chat et dedans, tant mieux.

J’aime les orages. Je reste devant la grande fenĂȘtre pour regarder. Il y a des seaux d’eau qui sont jetĂ©s sur mon balcon. Les rafales de vent tentent de tuer les arbres. On se croirait sur le pont d’un navire dans la mer dĂ©chaĂźnĂ©e.

Pour la premiĂšre fois de ma vie peut-ĂȘtre, je ne me sens pas rassurĂ©e par ce mĂ©lange hurlant de vent, d’eau et d’Ă©lectricitĂ©. Je comprends ce que ça veut dire, les « Ă©lĂ©ments dĂ©chaĂźnĂ©s ». Je me dis qu’un ouragan ça doit ĂȘtre encore plus fort que cette « petite tempĂȘte », et que ça doit ĂȘtre bien effrayant. J’ai un peu de peine à  imaginer, ça fait dĂ©jà  tellement de bruit.

J’enfile pourtant ma robe de chambre et je vais sur le balcon. J’ai les pieds dans l’eau mais je suis encore relativement au sec. Les Ă©clairs m’Ă©blouissent — en voilà  un qui vient d’Ă©clairer le jardin et l’immeuble d’en face comme en plein jour. Certains Ă©clairs tombent tellement prĂšs que j’ai l’impression de les voir atterrir dans les buissons du jardin, à  portĂ©e de main. Je ne me sens pas en sĂ©curitĂ©. J’ai peur ; je rentre.

Le chat m’attend derriĂšre la porte. Il veut sortir. Je le ramasse dans mes bras et on regarde un petit moment l’orage ensemble à  travers la porte vitrĂ©e. À voir sa tĂȘte, je ne pense pas qu’il avait saisi l’ampleur de ce qui se passait dehors. Ça lui passe son envie d’aller trottiner dans le jardin. Pas con, l’animal.

Une dizaine de minutes plus tard, le vent est tombĂ© et la pluie se fait plus fine. Les Ă©clairs semblent se diriger vers le nord de la ville. J’Ă©cris pour ramener mon taux d’adrĂ©naline à  un niveau acceptable avant de retourner me coucher. Je ne sais pas combien de temps la tempĂȘte aura vĂ©ritablement durĂ©, parce que j’ignore à  quel moment elle m’a rĂ©veillĂ©e. J’imagine que je lirai tout ça demain dans les journaux, ou sur Internet.

Le chat est maintenant roulĂ© en boule paisiblement au bout du lit. Je vais mettre en ligne, boire un grand verre d’eau, Ă©teindre la lumiĂšre et occuper toute la place restante sur ce grand drap rouge.

Sobig Virus [en]

If you have a PC, and all the more if I am in your e-mail address book, please download and use the Sobig.F removal tool to make sure your computer is not infected.

I’m getting way too many falsely returned e-mails. Thank you.

Foire aux domaines [en]

J’ouvre une foire aux noms de domaine.

Si vous avez des noms de domaine inutilisĂ©s que vous seriez prĂȘts à  remettre gracieusement à  une personne connue avec un projet excitant, cette page vous permet de les annoncer. Et si vous ĂȘtes une personne avec un projet possible pour un des noms de domaines à  disposition, utilisez cette page pour vous faire connaĂźtre! Vous pouvez Ă©galement simplement suggĂ©rer des utilisations de ces noms, sans pour autant vouloir vous mouiller à  la faire.

Merci de transmettre cette information aux personnes qui pourraient ĂȘtre intĂ©ressĂ©es par une telle foire!

Vidéo: Grillade [en]

Dans le cadre de la visite guidĂ©e de Lausanne, je vous indiquais l’emplacement de la grillade de la semaine suivante. Virginie y Ă©tait, et avec elle, une camĂ©ra vidĂ©o digne de ce nom.

Le résultat ? Voici la vidéo de la grillade [57 MB.], filmée par votre serviteur et Virginie, et montée par cette derniÚre.

J'Ă©coute… [en]

Lausanne FM via Internet.

Moi qui n’ai pas de radio, ni à  la maison ni dans la voiture, ça me fait plaisir d’y avoir de nouveau accĂšs.

Mars III [en]

Je suis malheureux parce que je ne fonctionne pas et que je n’ai jamais fonctionnĂ©. En tant que jeune, je n’ai pas Ă©tĂ© jeune, en tant qu’adulte, je n’ai pas Ă©tĂ© adulte, en tant qu’homme, je n’ai pas Ă©tĂ© un homme ; à  tout point de vue je n’ai pas fonctionnĂ©. En plus de cela, pour que ce non-fonctionnement soit visible aux yeux du monde entier, voilà  que le corps, de maniĂšre à  la fois symbolique et consĂ©quente, ne fonctionne pas non plus, il est malade, il est empoisonnĂ©, il est imprĂ©gnĂ© par la mort. Ce non- fonctionnement, cette mort, la mort des sentiments, la mort du corps, la mort de la vie, voilà  mon malheur. Ce n’est pas « compliquĂ© », au contraire c’est logique, c’est clair, c’est simple, c’est comme ça.

Fritz Zorn, Mars

Mars II [en]

À prĂ©sent on ne pouvait plus contester qu’en fait j’avais toujours eu bien raison et que mon impression avait Ă©tĂ© parfaitement correcte, que j’avais Ă©tĂ© sĂ©parĂ© de tout le monde fondamentalement et en tout, et que tout ce que la vie m’avait offert jusqu’à  prĂ©sent n’avait Ă©tĂ© que des bagatelles qui n’avaient rien changĂ© à  ce seul fait important que l’essentiel m’avait manquĂ© depuis toujours. Mais lorsque le cours de mes pensĂ©es eut atteint le point oĂč fut prononcĂ© le mot « essentiel », ce que c’Ă©tait donc que cette chose essentielle apparut aussitĂŽt avec Ă©vidence : l’amour, naturellement. Or il n’y avait là  rien de nouveau pour moi dans la mesure oĂč, au fond j’avais toujours su, oĂč d’ailleurs tout le monde sait et a toujours su et oĂč chacun aurait pu me dire aprĂšs avoir lu la premiĂšre page de ce rĂ©cit, dans quel domaine se situait ma maladie.

Mais c’Ă©tait tout de mĂȘme une nouveautĂ© pour moi. J’ai beaucoup parlĂ© dans ce rĂ©cit du ne-pas-savoir et du ne-pas-vouloir-savoir et du fait que, quand on apprend une chose, il faut toujours aussi qu’on veuille d’abord savoir cette chose nouvelle avant qu’on puisse dire vraiment qu’on la sait. Au cours de ma vie, j’avais bien dit des sottises en parlant de mes « difficultĂ©s d’amour » sans m’avouer que j’aurais dĂ» formuler la chose en disant que par manque d’amour je dĂ©pĂ©rissais et mourais. Quand quelqu’un est mort d’inanition, on ne dit pas, n’est-ce pas, qu’à  la fin de sa vie il a eu des « difficultĂ©s de nutrition », on dit qu’il est mort de faim. Lorsque je dis de moi que j’avais dit « difficultĂ©s d’amour », l’expression Ă©tait à  peu prĂšs aussi juste que si j’avais des de quelqu’un qu’il avait des « difficultĂ©s de forme » aprĂšs ĂȘtre passĂ© sous un rouleau compresseur.

Il ne me restait plus qu’à  m’avouer que je n’avais pas eu lesdites « difficultĂ©s » mais que dans l’affaire absolument la plus importante de la vie j’avais complĂštement Ă©chouĂ©, que je n’avais pas supportĂ© ce manque essentiel, c’est pourquoi j’Ă©tais devenu fou (ou tout bonnement nĂ©vrosĂ©, pour employer encore une fois cet euphĂ©misme biensĂ©ant) et que cette folie avait ensuite dĂ©clenchĂ© le cancer qui, à  prĂ©sent, se prĂ©parait à  dĂ©truire mon corps.

Fritz Zorn, Mars