Foutoir [en]

Caramba! J’avais oublié le Foutoir Suisse. Me voilà  bloquée en haut de l’avenue du Mont-Blanc par… un troupeau de moutons, qui descendait cette même avenue.

Là , voyez-vous, je me suis crue de retour à  Pune, l’espace d’un instant (que j’adore cette expression).

Résultat: de retour à  la maison après un détour par Cery (pas pour ce que vous pensez!), j’attendrai cet après-midi pour me rendre en ville en bus.

Entre les quatre amendes de parkage en trois jours de cette semaine, et le comptoir la semaine prochaine, j’éprouve en ce moment une légère irritation à  l’égard de ma ville chérie.

Petit conte des transports publics [fr]

Deux ans qu’elle le croise dans le bus. Ils écoutent la même musique. C’est encore un gamin, il doit avoir à  peine deux ans de plus qu’elle. Il lui plaît bien, même s’il est bien sûr un peu trop jeune. Ils ne se sont jamais parlé.

La dernière fois qu’elle est descendue du bus, elle s’est retournée. Il lui a souri. Elle a souri aussi.

La prochaine fois qu’elle le verra, elle le saluera. Il lui répondra, et leurs sourires resteront accrochés quelques instants à  leurs visages. Ils ne seront plus des inconnus. Entre sourires et salutations, ils s’assiéront un jour sur la même banquette et échangeront timidement quelques mots.

De paroles banales en confidences un peu plus personnelles, viendra le jour où il lui proposera de prolonger la conversation à  l’extérieur du bus qui jusque-là  les aura chaperonnés. Ou peut-être sera-ce elle à  nouveau qui fera le pas ? l’histoire ne le dit pas, et cela n’a finalement pas grande importance.

Ce que dit par contre l’histoire, c’est que bien des années plus tard, il regarderont rire leurs enfants en repensant à  ce fameux bus et à  leur timidité d’alors. Ils frémiront en se souvenant qu’ils auraient très bien pu continuer à  faire semblant de ne s’être pas reconnus. Les gens bien n’adressent pas la parole aux inconnus, ici.

A quoi ça tient, des fois.

Sociolinguistique [en]

Puisque j’en suis aux idiomes régionaux, Stéph cherche des volontaires suisses pour un projet de sociolinguistique:

Je me demande aussi si il y a des Suisses de tous âges, ainsi que des immigrants habitant en Suisse, qui voudraient partager leurs impressions sur les germanophones, et la situation linguistique, elle peut avoir trait à  n’importe quoi, de la politique à  votre voisin de palier, etc…

Stéph

Octante [en]

Internet me fait fréquenter un nombre impressionnant de francophones non-helvètes. J’ai appris à  leur contact que j’avais un accent et que j’utilisais des mots bizarres. J’ai beau le savoir, chaque fois que je me trouve en compagnie de français peu habitués à  côtoyer des gens de ma région (ceci exclut donc mes collègues français et l’helvète underground), je me retrouve inévitablement à  un moment où un autre de la conversation face à  des sourires ravis ou des yeux écarquillés.

Oui, je dis vraiment septante, huitante, nonante. Et le pire, c’est que je ne m’en rends pas compte.

Pas plus que quand j’ai dit à  ce pauvre Karl que je m’étais encoublée sur quelques fautes d’orthographe (ou carrément sur son site, je ne suis plus sûre, c’était il y a un bail). J’ai eu droit à  un mail en retour assez surpris, dont je n’ai malheureusement plus trace.

Lors de cette visite à  Paris, j’ai donc eu droit à  un regard interrogateur mais néanmoins fort souriant de Flaoua lorsque je lui ai demandé si elle avait un foehn; Bingirl, un sourire ravi aux lèvres, me demande de répéter un nombre que je venais de dire et qui devait contenir un joli septante ou nonante. Et la fameuse roille, celle qui a fait tomber à  l’eau l’expédition à  roller, elle en a aussi laissé plus d’un perplexe…

Mais venons-en à  l’objet de ce billet: octante. J’avoue que je n’avais jamais (au grand jamais!) entendu ce mot étrange avant qu’un certain nombre de personnes sur IRC me sortent des “ah oui, en Suisse vous dites ‘octante’, juste?”

Octante? Ça se mange, cette bête-là ?

Fouilles faites, il semblerait que mot ait tout de même été utilisé à  une époque:

Un certain nombre de sources affirment que le synonyme (et doublet) octante est encore employé en Suisse romande […]. Pier (1926) écrit en fait : Nos anc. textes donnent très souvent octante ; il est fr. vieilli (voy. les dict.) et hors d’us. en Suisse romande sauf dans le langage administratif des Postes suisses. Or, de nos jours, cette forme n’est plus du tout employée en Suisse romande, aux Postes ou ailleurs, dans quelque canton que ce soit.[…]

langue-fr.net

Je profite de ce billet pour citer quelques helvétismes que j’affectionne (en attendant d’acheter le Dictionnaire Suisse Romand et de vous inonder). Tout d’abord, à  la piscine, on fait attention de ne pas se noyer quand on n’a pas son fond, et on va aux linges (parce qu’une serviette c’est un machin qu’on met autour du cou pour manger). Les gens qu’on ne tutoie pas, on les vousoie (avec un seul “s”, s’il-vous-plaît), et si on est méchant, on appelle le Lac de Sauvabelin une gouille.

Comme toujours, j’ai certainement oublié les mots qui feront glousser le plus joyeusement mes lecteurs français (ou québécois?), parce que bien évidemment ce sont ceux qui ne sont pas étiquetés “mot bizarre” dans ma tête, et que je prononce au détour d’une conversation avec le plus parfait naturel…

Photos de Paris [en]

Vous avez aimé le récit du week-end, et vous mourez d’envie de voir à  quoi cela ressemblait? Voici, enfin, et dans un format pas trop indigeste pour votre bande passante, les photos (un peu floues) du week-end à  Paris.

Les aimables lecteurs sont priés de ne pas tenter de se faire de l’argent sur mon dos en revendant les photos compromettantes de célebrités blogosphériques contenues dans cette gallerie. Nous avons les moyens de vous retrouver.

Nuits entre amis [en]

Hier soir au Château (un lieu à  ne pas rater si vous visitez ma belle ville), question de nos voisins de table suite à  une anecdote racontée par ma soeur adorée: “Le mec qui passe la nuit dans le même lit qu’une fille qui lui plaît sans la toucher, il marque des points, ou bien?”

Réponse d’Isabelle avec démonstration en quatre points: oui, dans tous les cas de figure il marque des points. Regardons ces quatre hypothèses:

Petit “a”: la fille n’a en fait pas envie.
Le mec marque des points, parce qu’il reste “correct” et ne lui fait pas d’avances qu’elle refuserait, ce qui mettrait à  mal la relation “amicale”.
Petit “b”: la fille aurait envie, mais elle est timide et a la trouille.
Le mec marque des points, parce qu’elle se sent respectée et pas brusquée. Du coup, elle peut avoir moins peur et plus envie pour la prochaine fois.
Petit “c”: la fille aurait envie, mais aimerait qu’il fasse le premier pas.
Le mec marque des points, parce que la fille sera monstre frustrée, ce qui ne manquera pas de verser de l’huile sur le feu de son désir.
Petit “d”: la fille en a envie et n’hésite pas à  prendre l’initiative.
Le mec marque des points, parce que bingo!

Isabelle

Moralité, les mecs: dormez “entre amis” avec les nanas sans vous jeter sur elles, ça ne peut pas faire de mal! 🙂

Souvenir élastique [en]

Les souvenirs se modifient avec le temps. C’est un phénomène connu, recherché et documenté. Pourtant, on croit à  nos souvenirs. Il est dans leur nature de nous paraître le reflet exact de ce qu’il s’est passé ou de comment l’on s’est senti.

Mes souvenirs sont en train de tricher. Je le sais, parce que j’ai pris des notes sur le moment. Mon intellect a tout enregistré et sait très bien comment je me sentais à  ce moment-là , mais je me mets à  croire ma mémoire qui me dit que c’était autrement.

Alors les regrets commencent à  prendre le pas sur ma certitude d’avoir agi au plus près de mes émotions, d’avoir été fidèle à  qui je suis, et de ne pas avoir abdiqué une part de moi-même pour un possible qui semblait s’offrir.

Ou pas.