Guide de survie anti-doomscrolling en cas de catastrophe [en]

Pour les personnes dont le cerveau reste coincé sur la chaîne catastrophe Crans-Montana (TDAH ou pas): il faut décrocher. Dans cette vidéo j’explique pourquoi et ce qui peut vous aider à y réussir, concrètement. Sorry elle est un peu longue…

Je reproduis ci-dessous ce que j’ai publié sur Facebook:

Il faut absolument (j’insiste) décrocher. Il y a un risque réel de se traumatiser via l’exposition aux contenus autour de cette histoire.

Donc: priorité absolue, faire autre chose. Regarder des films ou des séries. Faire un puzzle ou du nettoyage. Trouver quelqu’un qui va nous traîner dehors pour prendre l’air. 

Considérez cette consigne comme une nécessité médicale, vraiment.

Un avertissement parmi d’autres que j’ai trouvé sur linkedin, par une professionnelle de la santé au travail (Sarah Bertschy):

Ne vous exposez pas aux images, vidéos et récits des réseaux sociaux relatifs à Crans Montana.

Le risque de trauma et stress chronique suite à l’exposition à ce type de contenus est réel, a fortiori si elle est répétée.

Pour être informés, vous pouvez suivre les conférences de presse.

Un autre avertissement d’un prof de psychologie clinique (Joël Billieux):

Prenez soins de vous et ne vous exposez pas de manière non nécessaire à des images traumatisantes. Protégez-vous, et protégez les enfants et adolescent·es sous votre responsabilité. 

Les algorithmes liés aux (Insta, Facebook, Tiktok) sont susceptibles de vous inonder très rapidement de scènes tragiques et de témoignages terribles et poignants. Les algorithmes sont terriblement efficaces et il y a un risque réel de se laisser prendre dans une spirale de visionnage de contenu potentiellement traumatique

Ces vidéos, via des phénomènes d’empathie et d’engagement émotionnel, risquent de provoquer chez vous de la détresse, de l’anxiété, ou même des symptômes qui peuvent s’apparenter à ce qu’on observe suite à l’exposition à des événements traumatisants. Ces risques ont été documentés dans des études scientifiques.

Suivant la situation, on peut aussi essayer d’appeler le 143 (la main tendue) mais le mieux est vraiment, si on n’est pas directement impacté de mettre le paquet (pardon) pour se prendre par la peau des fesses afin de mettre son cerveau sur autre chose. « Mécaniquement », même si on n’a pas envie, même si on est bouleversé, même si on veut comprendre, même si on ne sait pas quoi faire de ses émotions.

Un tuyau: « arrêter » n’est pas une bonne instruction, en fait, il faut vraiment remplacer l’activité non souhaitable par une activité plus souhaitable et incompatible, comme en comportement animal.

Quelle est votre « activité plus souhaitable », même sans être motivé•e? C’est ça la chose à faire, peu importe ce que c’est, juste là. Une série, un puzzle ou une promenade c’est très bien. Et on lâche le tel et l’ordi car sur les réseaux, impossible d’y échapper pour le moment.

I Never Lost My Hearing [en]

As the founding editor of Phonak’s community blog “Open Ears” (now part of “Hearing Like Me“) I contributed a series of articles on hearing loss between 2014 and 2015. Here they are.

Though I find myself favouring the expression “hearing loss” to talk about “hearing that’s not ‘normal'”, it always feels wrong for me.

You see, I haven’t lost my hearing: I just never had it. Well, the part that’s missing. Because there is a sizeable chunk that is there. Give me 60 dB in any frequency (down to 25 in my better ones) and I’ll happily hear.

As far as I can tell, I was born with “hearing like that”. I share my cookie-bite audiogramme with my brother and father, a typical situation of hereditary congenital “not hearing well-ness”.

Saying “hearing loss” makes it sound like at some point I lost my hearing. Like I have a “before” and an “after”, or that my hearing is deteriorating. That I have an awareness of what life with “more hearing” is like. But my “loss-less” story is very different from the stories of loss that others like Stu, Christina, Howard or Angie have been through.

I-Never-Lost-My-Hearing

I have not suffered the trauma of losing. I only have the grief of having never had, and of realising at age 40 how much more difficult my hearing impairment made my life as a child and a teen (even an adult!) during all those years where it was first undiagnosed, then underestimated to the point I just decided to cope, because it was “no big deal”.

But it was, and it’s painful to think about.

I am left with not knowing how to describe myself or my hearing, in terms that are both understandable by others and do not betray my experience of living with these somewhat wonky ears. I fall back on “hearing loss” in English, and “je n’entends pas bien” in French, but they feel like a pair of jeans that is not quite the right shape for me.

This struggle with language is, in my opinion, symptomatic of both the lack of general information about D/deaf/HoH issues in the hearing population, and (related of course) the greater social stigma (leading all the way to denial in some cases) around hearing vs. vision impairments.

Because of our unease around malfunctioning ears (yes, I dare say that), we do not speak gladly of hearing loss/impairment/problems, and the inadequacy of our language is there to remind us of this state of affairs.

We “on the spectrum” are tossing these terms and expressions around, and will continue to do so for a while before they agree to settle.

Until then, we will do the best we can with the words we have — at the risk of being misunderstood.