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Formation à l’écriture blog le 03.12.2011

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Giving a day-long course on blogging (the writing part of it) -- how to write a blog that reads like a blog and not like press release rehash or marketing copy :-)

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Depuis des années qu’on en parle, ça se concrétise enfin: je donne une journée entière de formation à l’écriture blog, le 3 décembre 2011.

Ça se passe à l’eclau, bien sûr, il y aura entre 5 et 10 personnes, et vous repartirez en ayant:

  • appris ce qui différencie le style “blog” des autres formes de rédaction (ou genres littéraires ;-) ) — y compris le choix du titre, le formatage, le choix du sujet
  • mis en pratique, appliqué, corrigé, ré-écrit, écrit encore, recorrigé, jusqu’à ce que ça devienne naturel!

Le but: que vous puissiez écrire un blog qui ressemble à un blog “sérieux” (et non à un resucé de communiqués de presse ou de contenu marketing, pour les cas les plus graves ;-) ) et que vous compreniez les mécanismes de ce type d’écriture, possiblement pour l’expliquer à de tierces personnes…

Informations utiles:

  • c’est donc à l’eclau, à Lausanne (facile d’accès en transports publics et en voiture — prévoyez un petit moment pour trouver une place de parc en zone bleue)
  • on commence à 9h, on finit à 17h
  • le repas de midi est compris dans le prix (on commandera au Baz’Art, c’est très bon)
  • le prix? 340.- à verser pour confirmer l’inscription à Stephanie Booth, Guiguer-de-Prangins 11, 1004 Lausanne, CCP 17-683449-5
  • annulation d’inscription: 30% jusqu’à 15 jours civils avant la formation, 50% jusqu’à 8 jours, et 80% jusqu’au jour avant (conditions piquées chez quirao parce qu’elles me paraissent très raisonnables)
  • chacun(e) amène bien entendu son ordi (et son blog! ce n’est pas un cours d’ouverture de blog, mais bien d’écriture!)
  • un grand grand merci à Valérie Demont qui me donne un coup de main pour la mise sur pied de cette journée, elle n’aurait pas lieu sans elle :-)

Des questions?

Si ce sont les médias sociaux en général qui vous intéressent (plutôt que spécifiquement l’écriture blog), jetez un petit oeil du côté des workshops médias sociaux que j’anime au SAWI dans le cadre de la formation de Spécialiste en médias sociaux et communautés en ligne.

Merci de parler de ce cours autour de vous si vous connaissez des personnes susceptibles d’être intéressées! (Il y a un événement facebook que vous pouvez faire circuler.)

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L’entreprise sans voix

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I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

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Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Pour ne pas aller dans le mur lorsqu’on met les pieds dans les médias sociaux, il est important d’apprendre (ou de réapprendre) à parler comme un être humain.

Corollaire: il est beaucoup plus facile pour une personne d’avoir une expérience enrichissante dans les médias sociaux que pour une entreprise.

Etre en ligne, c’est laisser s’exprimer sa voix. L’humain a une voix, mais pas l’entreprise — si ce n’est la somme des voix des différentes personnes humaines qui la composent. Mais celles-ci, en règle générale, sont muselées par la politique de non-communication de l’entreprise. Je dis non-communication, car trop souvent, tous ces efforts pour “communiquer” servent surtout à ne rien dire. Vous trouvez fascinante la lecture des communiqués de presse et des brochures promotionnelles, vous?

(Je suis en train de relire le Cluetrain Manifesto en préparation à la formation que je donne cette semaine… comment ça, ça se sent?)

Soyons concrets. Pour se mettre à Twitter ou ouvrir un blog, il est beaucoup plus facile de se lancer en tant que personne qu’en tant qu’entreprise ou institution. On trouvera plus vite sa voix (et aussi sa voie), on sera moins retenu par les questions politiques, et on jouira des conversations authentiques et connexions qu’on y fera.

L’entreprise, elle, ne peut vraiment parler avec personne. Elle ne peut que demander à ses humains de parler pour elle — comme une coquille vide si elle tente de les contrôler, ou comme des personnes riches, sensibles, et complexes si elle leur fait cette confiance.

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Parler comme un être humain

[en]

I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

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Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Dans un article publié hier, Dan Pink (que vous avez déjà rencontré dans ma chronique “Carotte et créativité ne font pas bon ménage“) lance un défi à ses lecteurs: parler comme un être humain dans le monde professionnel.

Il relève le fossé qui existe entre la façon dont nous parlons aux gens qui nous entourent dans un contexte privée et le language utilisé dans le monde professionnel. Un bon exemple est celui des excuses. Qu’est-ce qui vous paraît le plus crédible? “Nous nous excusons pour tout désagrément que ce retard aura pu occasionner” ou “Oh, excusez-moi, je suis vraiment, vraiment désolée”?

Ou bien, si vous ne pouvez pas prendre un appel, diriez-vous quelque chose comme “mon cerveau est en ce moment entièrement mobilisé par une autre tâche; merci de me rappeler plus tard ou de patienter en ligne — votre appel est important pour moi”? Pour ma part, j’opte plutôt pour “désolée, je suis en ligne avec quelqu’un d’autre juste là, est-ce que vous pouvez me rappeler dans une dizaine de minutes?”

Je crois que vous voyez l’idée. La “parler professionnel” crée de la distance entre les gens. Les formules toutes faites, les e-mails de réponse standards, les messages enregistrés dans les files d’attente, les communiqués de presse ou les réponses stéréotypées que nous donne le robot à l’autre bout de la ligne ou au guichet d’information — rien de tout ceci n’est fait pour renforcer les relations entre les gens.

Quand j’essaie de mettre l’accent sur l’importance de l’authenticité dans l’écriture en ligne, c’est à ça que je fais référence. Parler comme des êtres humains et non comme des robots professionnels.

Savez-vous encore le faire? Je suis souvent consternée de constater à quel point la plupart des gens trouvent cet exercice extrêmement difficile.

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Tulalu avec Paule Mangeat

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A literary meetup with a local author, and some considerations on what language I write in as a bilingual person (answer: way more English than French).

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Mon “petit homonyme” Stéphanie, comme je l’appelais affectueusement il y a une quinzaine d’années déjà, co-organise depuis plusieurs mois les rencontres littéraires Tulalu ?!. (Oui, ça fait beaucoup de signes de ponctuation à la suite. J’ai un peu de mal, mais j’essaie.)

Cet après-midi, au détour d’une conversation branchée “écriture” (je suis en train de lire “On Writing” de Stephen King, après avoir dévoré “Bird by Bird” de Anne Lamott, à l’origine de ma révélation du mois de février), elle me propose de venir une fois à ces rencontres. Ou deux, peut-être. Et bien justement, il y a en a une ce soir.

Après moult tergiversations internes (et externes) dont je vous passe les détails, j’ai foncé en bas l’avenue de France pour aller m’asseoir autour d’une table au Zinéma, en compagnie d’une bonne douzaine d’autres amateurs de littérature du coin et de Paule Mangeat. Paule, je ne la connais ni d’Eve ni d’Adam, et son nom ne me disait même rien. Mais il aurait pu, Michelle ayant parlé d’elle en termes fort élogieux il y a quelques années.

Je suis à présent en mesure de vous confirmer qu’elle écrit de fort jolies nouvelles (elle nous en a lues (lu?) trois), en plus d’être une personne tout à fait sympathique. Je suis repartie avec une copie de son ouvrage dans mon sac, que je me réjouis de finir prochainement, entre un chapitre de Stephen King et un autre d’Anne Lamott (oui oui, j’ai entamé son roman “Rosie“, qui me donne envie de me mettre à écrire de toute urgence à chaque fois que j’en lis une page).

Parenthèse: clairement, j’abuse autant des parenthèses en français qu’en anglais, mais un peu moins des tirets, on dirait.

J’ai appris avec intérêt que quasi toutes les nouvelles de son recueil, “Côté Rue“, ont été écrite d’un jet. Moi qui suis une horrible écriveuse du premier jet, j’ai trouvé ça très réconfortant. Je ne prétends pas écrire aussi bien que Paule, et celle-ci avoue d’ailleurs avoir maintenant évolué au-delà de la tryrannie de ce premier jet dans son processus d’écriture (c’est moi qui formule ça comme ça, hein, n’allez pas la citer avec ces mots). Mais je peux vous dire qu’à force d’entendre (et de lire!) tant de personnes écrivaillantes autour de moi sur les bienfaits et les affres de la réécriture et du travail d’édition, je commençais à me demander si je n’avais pas des branchements qui manquaient. Eh bien, ça me rassure de savoir qu’il y en a d’autres que moi avec le même genre de branchements (ou leur absence).

Une de mes motivations pour ce soir, c’était de me reconnecter un peu avec la littérature francophone. De ce côté-là, mission accomplie. Etre bilingue ce n’est pas si simple, quand on aime écrire. Je me rends compte qu’au cours des dernières années, l’anglais est très clairement devenu ma langue numéro un à l’écrit. J’ai toujours lu surtout en anglais, même s’il y a des livres en français que j’adore — j’ai d’ailleurs un point faible pour la littérature romande.

Et ici, même s’il y a des phases assez francophones, je me rends bien compte que j’écris surtout en anglais. Avec les chroniques du monde connecté, j’ai une excuse pour écrire au moins une fois par semaine en français, mais bon… ça ne fait pas le poids face au reste. Pour vous dire à quel point l’anglais est devenu ma première langue à l’écrit, quand je prends des notes à usage personnel lors d’une conversation en français… oui, vous devinez juste. J’ai tendance à prendre des notes en anglais.

Ce genre de réflexion, sur fond des nettoyages de printemps que j’ai faits aujourd’hui sur Climb to the Stars, ça me donne aussi une furieuse envie de rendre un peu plus facile le tri des langues pour les 10 ans d’écriture passés qui sont plantés sur ce site. Si j’avais une journée ou deux à disposition…

Enfin bref, assez radoté. Il est temps que je réinvestisse un peu mon côté francophone quand j’écris.

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Raconter une histoire

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I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

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Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

J’ai eu une révélation ce week-end. Elle concerne l’écriture, et plus particulièrement la fiction. On sort donc aujourd’hui un tout petit peu du domaine de la technologie, mais on y reviendra, vous verrez.

Depuis toute petite, je veux écrire. Des histoires. Mais, contrairement à d’autres aspirants romanciers, les histoires à raconter ne se bousculent pas dans ma tête. C’est même plutôt le grand désert déprimant.

Je vous passe toutes les étapes de mon cheminement par rapport à l’écriture ces dernières années pour aller droit au but: samedi soir, en lisant un livre consacré à l’écriture (pas moins que ça!) j’ai enfin compris que les histoires émergent des personnages qui les vivent.

Cette prise de conscience m’a fait l’effet d’un électrochoc: je faisais tout à l’envers! Depuis des années, je me torture le cerveau à essayer d’inventer des histoires dans lesquelles j’insérerai ensuite, un peu accessoirement, quelques personnages pour leur donner corps. Il faut bien faire vivre les acteurs, après tout.

C’est bien joli, me direz-vous, mais quel rapport avec la technologie qui sert de fil rouge à nos petits rendez-vous du lundi? Les histoires, justement.

Le cerveau humain aime les histoires (c’est d’ailleurs pour ça que les anecdotes gagnent toujours face aux statistiques, et qu’on continue à avoir une peur panique des prédateurs sexuels sur internet et des accidents d’avion). Quand on se lance dans le monde des médias sociaux, en ouvrant un blog, par exemple, on aura beaucoup plus de succès si on sait y raconter des histoires que si on se contente d’y recopier communiqués de presse et autres informations promotionnelles.

A la lumière cette petite porte ouverte sur le monde de la fiction, je relis mes conseils d’il y a quelques semaines pour bien écrire sur un blog, et je réalise qu’il y a maintenant des clés supplémentaires à offrir:

  • lorsque je recommande d’utiliser la première personne dans un blog, c’est bien sûr parce que ça rend la chose plus personnelle et que ça aide à connecter l’auteur et le lecteur, mais c’est aussi parce qu’en se mettant en scène dans son article, on a plus de chances d’en faire une histoire — une histoire réelle, qui émerge de qui l’on est
  • raconter des histoires vraies plutôt que de les inventer, mis à part la question éthique, est une question de survie puisqu’écrire de la fiction crédible est un exercise vraiment difficile et périlleux (sauf peut-être pour les romanciers confirmés).

Donc quand vous écrivez, souvenez-vous: on cherche à raconter des histoires, et une histoire, c’est avant tout l’histoire de quelqu’un. Encore une fois, les êtres humains sont la clé.

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Ecrire pour un blog

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A few tips on writing for a blog: don't advertise, be interesting, use your authentic voice, remember the media is conversational, and be a real person writing something. This is not easy to do if you've been formatted to spew commercial copy or marketing-speak, but it can be learned. Learning requires exercise, and often help from others (peers or a trainer).

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Hier, séance de formation chez un client. Deuxième séance, quelques mois après la première. Les bases techniques du maniement de WordPress sont acquises, on parle donc plus en profondeur de:

  • quels sujets aborder sur un blog d’entreprise
  • quel style d’écriture utiliser?

Voici quelques éléments intéressants qui ont émergé de nos discussions, et que je reproduis ici.

Publicité

En y réfléchissant bien, peu de personnes vont volontairement aller chercher du contenu publicitaire à lire. Toute l’industrie télévisuelle tourne finalement autour d’un but: attirer des gens devant un écran pour pouvoir leur enfiler de la publicité (oui, je suis un peu cynique). Mais sérieusement, la publicité c’est ce qu’on met sous les yeux des gens quand ils ne peuvent (ou ne veulent) pas s’échapper. Si on leur propose de s’abonner à du contenu purement publicitaire, peu de chances qu’ils le fassent.

Avec un blog, et en ligne en général (je pense aussi à Twitter), le public n’est jamais prisonnier. Il peut s’en aller d’un clic de souris. Si on veut utiliser un canal en ligne pour faire passer du contenu publicitaire, il faut le faire avec beaucoup de délicatesse — au risque de crier dans le désert.

Etre intéressant

Du coup, la logique rédactionnelle d’un blog ne peut pas être purement publicitaire (ou purement “marketing”, au sens de “pousser à la vente, à la consommation, promouvoir directement”). On privilégiera du contenu véritablement intéressant pour le lecteur. Pour le lecteur — pas du point de vue de l’entreprise.

Qu’est-ce qui intéresse vraiment les gens, du coup? C’est ça la grande question, mais voici quelques pistes:

  • rencontrer les êtres humains qui sont derrière l’entreprise
  • en apprendre plus sur le fonctionnement de l’entreprise ou son histoire
  • se cultiver (surtout quand la culture est intéressante!)
  • avoir droit à des informations “insider” pas forcément accessibles ou évidentes pour tout le monde…

C’est assez vague, tout ça, et il est possible (malheureusement) d’aborder ce genre de sujet de façon totalement inintéressante… Ce n’est pas une recette magique garantie!

Un ton authentique

La clé réside le plus souvent dans le ton utilisé. Le language marketing, “communiqué de presse”, pub, ou trop journalistique est à éviter. Oui, me direz-vous, mais comment faire?

Ce qu’on cherche, c’est à parler comme des êtres humains. Il faut pour cela souvent se “dé-formatter” (beaucoup de professionnels de la communication sont des crispés du “je”, par exemple). Le ton juste, c’est celui qu’on utiliserait dans un e-mail à un ami, ou bien dans une conversation avec des amis autour d’une table. Bien sûr, c’est de l’écrit, mais on se rapproche de ça.

Pour faire ça, quelques trucs:

  • raconter des histoires ou des anecdotes vraies (ne pas inventer!)
  • se mettre en scène dans l’histoire: raconter depuis son point de vue et utiliser la première personne
  • élaguer au maximum les informations publicitaires/marketing (les lecteurs peuvent toujours laisser un commentaire pour demander des précisions)
  • se mettre dans les chaussures la peau du lecteur, ou du moins l’imaginer en face (“est-ce que ça l’intéresse vraiment, ce que je raconte?”)
  • rester dans un état d’esprit “dialogue, conversation”.

Un petit tuyau: quand on est passionné par ce qu’on écrit, ça vient plus naturellement!

Un média conversationnel

Le dernier point de la liste ci-dessus est capital: avec un blog, nous sommes dans une conversation. Bien sûr, pas dans une véritable conversation en face-à-face, mais quand même, dans une dynamique d’échange.

Vous avez déjà certainement dû subir des cours ou des conférences où l’orateur lit son discours ou débite un monologue assommant. Comparez cela au bon orateur, qui n’est pas en train de parler au public, mais de discuter avec les gens dans la salle (même si ce n’est que lui parle).

On cherche à faire la même chose dans un blog. Si on parle comme une brochure de marketing, personne ne nous répondra. Un être humain, par contre, c’est autre chose: on peut discuter avec!

Autre avantage d’un style informel et conversationnel: votre lecteur retiendra mieux ce que vous lui dites. En effet, il a été démontré que l’utilisation du “je” et autres marqueurs de la conversation dans le language écrit informel donnent au cerveau l’illusion qu’il est dans une conversation. Du coup… il est plus attentif! Kathy Sierra explique très bien tout ceci (en anglais).

Une vraie personne qui écrit

Bloguer nécessite de se dévoiler un tout petit peu. Pas de raconter ses pensées ou envies les plus secrètes, bien entendu, mais quand même de se livrer un peu. Si le blog “marche”, c’est qu’il met le lecteur en contact avec quelqu’un d’humain, d’imparfait, d’atteignable. Quelqu’un comme lui — pas une organisation ou institution désincarnée.

Il est important pour cela que le blog soit formatté de façon à ce que le nom de l’auteur apparaisse à côté de l’article — ou le cas échéant, que les auteurs signent leurs articles. Si c’est Julie ou Sophie ou Robert qui écrit, ce n’est pas la même chose! Je veux savoir qui me parle, et à qui je parle si je réponds.

Comment changer?

Le problème de beaucoup de personnes qui se mettent au blog, c’est d’avoir été “formatté” à écrire dans un language pseudo-neutre, impersonnel, journalistique, ou marketing/commercial. Il faut “désapprendre”.

Heureusement, on sait tous avoir des conversations avec nos amis, ce qui nous donne un point de repère.

Il vaut la peine de se mettre à plusieurs, de regarder ses productions et celles des autres avec un oeil critique et impitoyable:

  • est-ce que ça sent la pub?
  • est-ce qu’on y croit?
  • est-ce que le lecteur de passage a une chance d’y trouver un intérêt?
  • est-ce que le narrateur (celui qui écrit) est présent dans l’histoire?

Puis, si nécessaire, retravailler, récrire. Ça ne vient pas tout seul, mais ça peut s’apprendre.

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Je chronique, chronique

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I'm really enjoying writing my weekly column for Les Quotidiennes, and discovering that the constraints of the genre are giving me all sorts of ideas to write about.

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Il y a un peu plus d’un mois, je démarrais mes chroniques du monde connecté pour Les Quotidiennes. J’avoue prendre beaucoup de plaisir à l’exercice.

Quand on pense à la créativité, on imagine que celle-ci s’exerce dans les champs du possible qui ne connaissent ni entraves ni limites. D’une certaine façon, ce n’est pas faux, mais la créativité, c’est surtout en présence des contraintes qu’elle se manifeste. Ce sont les contraintes, quand elles rentrent en friction avec les désirs et les objectifs, qui font jaillir la créativité.

Pourquoi ce discours sur la créativité? Parce que je suis en train de faire l’expérience, après bientôt dix ans d’écriture sur ce blog, qu’écrire dans un autre format, pour un autre lectorat, avec un agenda de publication fixe — bref, des contraintes — me donne un autre souffle. Le blog, tel que je le conçois, est un espace de liberté quasi absolu de mon écriture: j’écris quand je veux, sur ce que je veux, pour qui je veux, et aussi long ou court que je le désire.

Pour la chronique, par contre, c’est différent. Le public n’est pas le mien, c’est celui des Quotidiennes, pour commencer. J’ai un thème (relativement souple, certes) auquel me tenir. J’écris une chronique par semaine. Je vise une longueur et un type de discours “genre chronique”.

Et ce qui est dingue, c’est que ces contraintes me donnent l’idée d’écrire des choses que je ne penserais pas à écrire ici, sur Climb to the Stars — alors que je peux y écrire tout ce que je veux.

Vive les contraintes!

Du coup, je vous encourage à aller me lire là-bas. Pour vous faciliter la tâche, titres et liens vers les six chroniques déjà écrites.

Bonne lecture, feedback bienvenu!

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Me lire, ailleurs

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A handful of articles I've published elsewhere (in French) these last days.

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Ces derniers jours:

Bonne lecture!

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Chat ou e-mail pour rester en contact?

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I almost never write personal e-mail -- as in, letter-e-mails. I use e-mail a lot for business and factual stuff, but when it comes to catching up with friends and personal relationships, nothing beats reasonably synchronous modes of communication: IM, IRC (and other forms of chat), SMS, Twitter, phone calls, or even meeting face-to-face (yes!).

I wonder if this is a question of personal preference (some people are letter-writers, some aren't) or if something in the nature of the tools pushes things more in one direction than another (for example, talking about one's life and emotions is clearly nicer to do in a very interactive setting).

[fr]

Au détour d’une conversation avec Fabien ce matin, je (nous) faisais la réflexion suivante: même si j’adore écrire (preuve les kilomètres de texte qui s’alignent sur ce blog, sauf quand je n’écris pas) je ne suis pas du tout versée dans l’e-mail “correspondance”.

Certes, j’utilise (beaucoup) l’e-mail comme outil de travail. Pour des échanges factuels. Pour de l’administratif.

Mais pour parler de sa vie ou de son coeur, je préfère être en intéraction directe: IM, SMS, IRC Twitter, téléphone, ou même (oh oui!) se voir en chair et en os pour boire un café ou manger un morceau.

Déjà avant que l’e-mail ne débarque dans ma vie, je n’étais pas vraiment une correspondante. Ma grand-mère paternelle se plaignait amèrement du manque de lettres provenant de sa petite-fille, les cartes postales signées de ma main étaient dès le jour de leur réception des pièces collector, et les deux ou trois tentatives adolescentes d’avoir des correspondantes dans d’autres pays se sont assez vite essoufflées.

Peu étonnant, dès lors, qu’un fois accro au chat sous toutes ses formes, ce soit les modes de communication interactifs que je privilégie pour mes relations avec les gens.

Je me demande si c’est simplement une préférence personnelle (certains sont épistoliers, d’autres pas) ou bien s’il y a véritablement des caractéristiques des médias en question qui la sous-tendent: l’interactivité (relativement synchrone), par exemple. Parler de ce qu’on vit ou fait (c’est souvent l’essentiel des conversations), c’est bien mieux avec un retour direct d’autrui en face, non?

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Chalet, lecture, écriture

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A couple of days at the chalet, reading and writing.

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Le chalet en novembre se traduit en volets fermés pour emprisonner la chaleur, en feux de cheminée et tas de feuilles mortes et d’aiguilles de mélèze dans le jardin. Moins d’excursions (il fait froid et gris et la carte “libre accès” n’est plus valable) et plus de lecture — et d’écriture.

J’ai fini “Sepulchre” (Kate Mosse). C’était peut-être l’heure tardive, mais le dernier quart de ce livre m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps. J’ai entamé “Voyage en Acratie” de Bernard Krummenacher, une surprise agréable. Très vite, je me suis laissée prendre par ce récit un peu décalé d’exploration de notre futur.

Hier soir, j’ai également pondu un certain nombre de ces fameuses histoires en cinquante mots. Quelques-unes en français. Je me rends compte en faisant l’exercice que si peindre une situation de départ ou une complication ne me pose que très peu de problème, c’est toujours la fameuse fin qui me résiste. Le dénouement. La destination. Où va l’histoire? Où va la vie? Quel est le but?

Reflet pour moi de ma difficulté à trouver du sens, une finalité, dans le monde autour de moi.

J’y travaille.

Lire le roman de Bernard (que je connais) renforce encore mon envie et ma détermination de moi aussi, un jour, écrire un livre de fiction. Construire une histoire. Habiller des personnages. Inventer des situations. Faire la scénariste, et aussi la peintre.

Alors je continue avec mes histoires de cinquante mots. C’est peu, mais c’est ça le but: l’exercice est court, on peut le répéter à l’envi.

Et bientôt, une kyrielle de fins débarquera dans ma tête. J’en saisirai une et je passerai à l’étape suivante. Plus ambitieuse.

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