Hypothesis [en]

As you might have noticed by peeking at the sidebar, I’m currently reading The Web of Belief (W.V.O. Quine & J.S. Ullian). It is a little study of rational belief. What makes us believe this or that is true? How are our beliefs held together? What makes us give up one belief for another?

Truth and even reasonable beliefs cannot be deduced solely from observation or self-evident truths. In science as well as everyday life, we frame hypotheses to help hold together our web of beliefs. A hypothesis would explain, if it were true, some things that we already believe.

Hypothesis, where successful, is a two-way street, extending back to explain the past and forward to predict the future. What we try to do in framing hypotheses is to explain some otherwise unexplained happenings by inventing a plausible story, a plausible description or history of relevant portions of the world.

Five virtues count in favor of a hypothesis:

  • conservatism of existing beliefs
  • modesty – as opposed to extravagance
  • simplicity
  • generality
  • refutability

I find these are interesting criteria to measure one’s beliefs about the world upon.

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Réalité [en]

La plupart des gens admettent le fait que nous n’avons pas un accès direct et immédiat aux choses et au monde. Nous pouvons dire avec certitude ce que nous percevons, nous pouvons parler de ce qui apparaît à  nous, mais nous pouvons plus difficilement nous prononcer sur ce qui est véritablement.

Cette situation est une des grandes préoccupations de la phénoménologie, courant dont la paternité remonte à  Edmund Husserl (mais comme toujours en philosophie, ça a commencé bien avant!) et dont quelques illustres représentants plus proches de nous sont Maurice Merleau-Ponty, Paul Ricoeur et Jacques Derrida.

Lorsque l’on parle de ses croyances, convictions, et opinions sur le monde, je trouve que l’on mélange souvent deux niveaux de discours – particulièrement lorsque l’on discute de choses qui ne sont pas “prouvables” scientifiquement.

Le premier niveau pourrait être appelé celui du Fond du Monde. Il s’agit de ce que l’on dit sur la réalité, sur ce que sont les choses en elles-mêmes. On pourrait parler aussi d’ontologie. C’est à  ce niveau (pour prendre un exemple flagrant) que l’on dira “Dieu existe” ou “Dieu n’existe pas”.

Le deuxième niveau serait donc celui de notre Experience du Monde. Ce que je perçois, sens et pense, ce que je vis aussi: un plan plus phénoménal. Pour rester dans le domaine du religieux, on dirait “j’ai vécu une expérience que je ne peux expliquer autrement que par l’intervention de Dieu”.

On pourrait aussi distinguer ces deux niveaux en les nommant “la Réalité objective” et “ma réalité subjective” – bien que les termes d’objectif et subjectif soient quelque peu réducteurs, et que ma distinction ne les recouvre pas tout à  fait.

Un domaine dans lequel cette confusion de discours apparaît souvent est celui des “coincidences” ou “hasards”. Pour certains, des hasards trop fréquents indiquent que le Fond du Monde a une intentionnalité, un sens. Pour d’autres, le Fond du Monde ne contient pas de sens en lui-même, et c’est nous qui projetons du sens sur ce qui n’en a pas.

La question de savoir ce que l’on fait de ce sens est en fait une autre question (bien qu’elle soit cependant liée à  la première): en effet, même si je n’accorde pas de sens immanent au monde, je peux juger que le sens que je projette autour de moi enrichit ma vie – ou bien alors je peux décider que je veux vivre au plus près de ce que je crois réel et accepter l’absence de sens. De même, je peux aussi décider de suspendre mes inférences concernant le Fond du Monde: je vois du sens ou je n’en vois pas, mais je ne me prononce pas quand à  la présence de sens dans le monde en-dehors de moi-même.

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Liberté [en]

A lire chez Karl un beau texte de Michel Bakounine sur la liberté.

La question de la liberté est épineuse. Chacun a sans doute au cours de sa vie à  la fois ressenti à  quel point nous sommes libres, mais aussi à  quel point nous ne le sommes pas. Pour ma part, je crois qu’il faut faire coexister ces deux réalités: ma liberté est infinie, mais elle est dans un cadre donné.

J’aime personnellement beaucoup l’expression “la liberté des uns s’arrête là  où commence celle des autres” – même si elle a été remâchée et ressassée au point d’en devenir un lieu commun, et utilisée à  tort et à  travers pour entraver la liberté d’autrui. Je l’entends comme une responsabilisation face à  sa propre liberté, qui comme le dit bien Bakounine (mais certes dans un autre sens) n’est pas indépendante de celle des autres.

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Vie [en]

Relativisme

Je suis une victime de la suspension du jugement.

Les crises de la vie et mon parcours académique m’ont appris à  faire abstraction de mon jugement et de mes a priori lorsque je suis face à  un événement ou une idée.

Je suis devenue experte dans l’art de poser mes valises et de sauter sur d’autres rochers que le mien pour explorer des points de vue différents. Mais à  force, j’ai perdu mes valises. Je ne fais que bondir de rocher en rocher, sans me reposer sur aucun.

Je veux retrouver un rocher dont je pourrai dire “celui-ci est le mien”. Je veux retrouver mes valises – ou plutôt en racheter, parce que depuis le temps, la mer les a certainement emportées.

Il faut oser hiérarchiser les points de vue. Mais j’ai trop peur de me tromper.

Identité

En écho à  ce sentiment de dissémination de moi-même, je sens depuis quelque temps le besoin d’unifier mes identités. J’ai trop d’adresses e-mail. Il fut un temps où cela me rendait comfortable, mais maintenant elles sont devenues un obstacle.

Je n’ai jamais fait de cloisonnement étanche entre “moi online” et “moi offline”, mais j’ai toujours gardé mon identité réelle soigneusement cachée. Chaque pseudonyme que j’ai utilisé avait sa propre adresse e-mail – même s’il s’agissait à  chaque fois de moi.

C’est en train de changer. Déjà , en achetant un nom de domaine, j’ai laissé voir mon nom au monde, pour qui sait le trouver. Et récemment, j’ai commencé à  avoir une envie grandissante qu’on m’appelle par mon vrai nom. Je ne cesserai pas pour autant d’utiliser “Tara” – mais je veux me sentir libre de briser cette censure auto-imposée.

Verbe

Comme la vie fait parfois bien les choses, j’ai suivi ces deux derniers jours le premier volet du cours-bloc sur l’Islam donné à  l’UNIL. La culture arabe a un rapport à  la parole très fort, mettant en avant sa performativité. Dire, c’est faire. Ecrire un poème d’amour à  une femme, c’est aussi grave que de la toucher.

Cela me fait penser à  quelques réflexions que j’ai envie de mettre par écrit depuis longtemps sur la puissance du nom. En effet, dans nombre de civilisations, connaître le nom de quelqu’un, c’est détenir un pouvoir (magique) sur lui. Ce n’est pas sans raison que l’on ne connaît pas le nom de Dieu.

Internet est le lieu de la puissance de la parole. La plupart des canaux de communication non-verbaux sont coupés. On ne peut pas agir – sauf par les mots *sourire*. J’ai mentionné il y a quelque temps le cas du “viol virtuel“.

Je crois qu’il ne serait pas inintéressant de considérer à  cette lumière l’utilisation des pseudonymes (qui reste très populaire dans les forums ou les lieux publics, même pour les gens qui ne cachent pas leur identité). Que représente “donner son vrai nom” à  quelqu’un ? Pourquoi une des questions de prédilection chez les chatteurs inexpérimentés est-elle justement “quel est ton vrai nom” ?

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Précipitation [en]

Gnosticisme [en]

Dans la même lancée, voici un séminaire que j’ai écrit sur le gnosticisme, un courant de la religion chrétienne datant des alentours du deuxième siècle, et qui a joué un rôle fondamental dans la constitution de l’identité chrétienne.

A noter que j’ai converti le document Word d’origine avec W2CSS.

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Compte-rendu de séminaire [en]

Pour ceux que ça intéresse (on peut toujours rêver!), voici le compte-rendu de mon séminaire sur le cosmos chez Maeterlinck.

Bonne lecture…

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Goldbach's Conjecture [en]

Goldbach’s Conjecture says that each even number is the sum of two primes.

For example, 6=1+5, 8=3+5, 18=11+7, etc.
Sounds good, doesn’t it?

The only problem is that up till now, nobody has managed to prove or disprove it. We do not know for sure that it is correct or false – though we do have good reasons to think it is true.

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