Not Giardia? [en]

As many of you know, I’ve been ill this winter. It started out with what seemed to be a simple stomach bug in early December, but it turned out I had a giardia lamblia infection — probably brought back from India in 2015 (at least), and mostly dormant (well, with hindsight, there were subclinical symptoms) until tiredness of a new job with a demanding schedule and winter funk pushed it (me?) over the edge.

I relapsed after the first treatment, and the second, and seemingly after the third. A month of being unwell after the third treatment led me to repeat the analysis to make sure the nasty protozoan was still around.

It wasn’t.

Much as having giardia detected in December came as a huge relief (I hadn’t been dreaming this last couple of years that my digestion wasn’t great and that my tiredness wasn’t normal), this negative result left me nonplussed. If I didn’t have giardia anymore, what was going on? And if I did it now, and my third relapse wasn’t a relapse, what about my second relapse? And the first?

Doubting myself, again.

Thankfully, by the time I got the results I’d gone about a week feeling better. Lots of rice and no dairy, had said the doc. I’d been doing that since before the third treatment. Maybe my gut was finally rested enough that it had stopped misbehaving?

I don’t know if I had a third relapse and got over it myself. Though giardia can be really hard to get rid of, you’re also supposed to be able to eliminate it yourself. And a week or so after the end of that third antibiotic treatment, I found myself extremely tired and sleeping a lot. Maybe it was my body putting up the fight?

I’ll never know.

Now, things are quite good. Two weeks of holiday also helped. It’s hard to recuperate from a long illness when you’re working nearly full-time over an hour from home.

I can now eat cheese without any trouble. I’m going to take a second batch of probiotics (s. boulardii). I took the first early in my holidays, a bit less than three weeks ago. I’m careful not to overload my digestive system, particularly with raw veggies (salad) or dairy.

I’m much less hungry than I was. I can actually “stand” being hungry. I used to get frantic if I didn’t have food. It seems much better now. Was it giardia? Was it something else that all the antibiotics got rid of? How long have I had giardia?

Again, I’ll probably never know.

So, I’m less hungry, and eating less, and I can wear the trousers I couldn’t fit in last autumn again. I’ve lost weight, in between being ill and having less of a “stuff myself” drive. Maybe I’ll be able to reduce my grocery budget 🙂

Giardiose: ma copine giardia lamblia [fr]

[en] My friend giardia lamblia has probably kept me company for a good couple of years. Two antibiotic courses later, looking at a third. If you have any kind of tropical parasitic infection, go see a specialist.

Je dis que giardia lamblia est ma copine parce que ça fait probablement deux ans ou plus qu’on traine ensemble. Oui oui, probablement chopée en Inde, mais ça existe aussi dans nos contrées (chats, chiens, et jeunes enfants).

L’histoire? Je vous la résume, si vous n’avez pas suivi le feuilleton sur Facebook. Début décembre, “gastro” qui tarde à passer. Analyse de selles. Giardiose! Premier traitement. Rechute. Deuxième traitement. Rechute. Médecin spécialiste des maladies tropicales.

Si j’ai un tuyau à vous donner: la prochaine fois que vous avez un truc tropical, allez directement voir un spécialiste.

Des mots dudit spécialiste, c’est une “belle saloperie” pour s’en débarrasser. En fait ça me rassure et me soulage infiniment d’entendre ça. Il confirme que je me balade certainement avec depuis au moins deux ans. Oui, l’intolérance passagère au lactose, c’est ça. Les douleurs, ballonnements, gaz, et diarrhées intermittentes. Moi qui croyais que j’étais un peu trop relax avec le nombre de jour que je gardais mes restes au frigo (ou le nombre d’années au congél).

Semblerait que dans nos contrées, ce sympathique protozoaire soit même responsable de “mauvaises classes” chez les enfants. Celles où ils sont fatigués, pas à leur affaire, absents…

Je n’ai aucune peine à l’imaginer. Depuis des mois voire des années (et maintenant, je me dis “depuis en tous cas octobre 2015”), je me trouve fatiguée, sans énergie, et à la digestion souvent pénible. J’en ai même parlé à mon médecin, on a fait des analyses sanguines, quelques mini-carences, mais rien de profondément anormal. Et c’en est resté là.

On est toujours plus intelligent après: en gros, ça fait probablement deux ans que j’ai une infection parasitaire qui a un impact négatif sur ma capacité à être active dans ma vie. Con, hein.

Ce qui me fait penser ça?

Après le premier traitement (3x250mg de metronidazole par jour pendant 5 jours, un peu léger en première instance semblerait-il) je me suis sentie plus en forme et pleine d’énergie que je ne l’avais été depuis “des siècles”. Digestion nickel, je dormais même pas plus que d’hab, mais j’avais la pêche. Et patatras dix jours plus tard.

J’ai vu quelque part (je ne retrouve plus où) qu’il suffit d’une dizaine de ces bestioles dans un verre d’eau pour vous faire une belle infection.

Deuxième traitement, albendazole (400mg 1x/jour pendant 5 jours, bon choix en deuxième instance selon le spécialiste). Et moins d’une semaine après la fin de ce traitement, me voilà de nouveau HS (vive les vacances de ski).

Au programme:

  • éviter les produits laitiers pendant 2 mois (intolérance passagère aux produits laitiers)
  • si dans 10 jours j’ai toujours des symptômes, commencer mon troisième traitement d’antibios (histoire de se donner une chance que les symptômes soient dus à l’intolérance passagère)
  • troisième traitement, dose de cheval: ornidazole 500 3x/jour pendant 10 jours, qui devrait liquider l’éventuel ami blastocystis aussi.
  • si dix jours après le traitement je pète pas le feu, je retourne et on relance les analyses.

Au-delà de mon propre cas et des conséquences de cette infection sur ma vie (qui est encore à mesurer, une fois que je serai guérie, et que j’aurai un point de repère pour ce qu’est “aller bien”), ce qui me fait vraiment frémir c’est l’impact des infections à large échelle sur des sociétés entières. Si giardia lamblia peut nous donner une “mauvaise classe”, on ose à peine imaginer son impact sur les populations de pays en voie de développement où 30% des gens peuvent être infectés.

Ça ne m’étonne pas d’apprendre qu’elle a été largement négligées jusqu’à il y a peu.

Cette expérience me fait penser à Unrest — de nouveau, on est à une autre échelle de gravité que ce qui m’arrive, mais il y a des parallèles: le mari de la réalisatrice explique à quel point il est délicat d’obtenir de l’aide. Si on dit trop peu, personne ne peut nous aider, et si on en dit trop, on passe vite dans la catégorie “patient psy”.

Que faire avec ces symptômes vagues ou sub-cliniques? J’ai mal au ventre, je suis fatiguée, j’ai des coups de barre digestifs… C’est vrai qu’à force de revenir à la charge avec ces choses qui objectivement ne sont “rien”, on finit aussi par se demander si on imagine des choses.