Brain Downtime [en]

[fr] On a besoin de débrancher son cerveau -- avez-vous assez l'occasion de le faire?

My brain needs downtime. So does yours.

We’ve managed to make our lives so efficient that we’ve removed all the downtime that used to be part of them. We can work on the train, listen to podcasts while we clean and cook, why, we even read on our iPhones as we walk through town.

Sleeping just doesn’t cut it. Of course, we need sleep (that’s also body-downtime), but we need awake-downtime.

What’s your downtime?

For me, reading fiction and watching TV series qualify as brain downtime. My conscious mind is immersed in fiction, though I’m sure a lot is going on in the background. Sailing and judo qualify to, as does riding my exercise bike if I’m listening to music rather than a podcast.

When I’m on the bus and reading FML or flicking idly through my Twitter stream, is that brain downtime?

When I’m walking in the mountains, drinking a cup of tea on my balcony, watching the sun set, taking a bath, or meditating, that’s definitely brain downtime.

Do you get enough brain downtime?

Supports de cours: notre philosophie (formation MCMS) [fr]

[en] For the course I'm co-directing, we decided to make course materials available through the website instead of handing students a big fat file at the beginning of the course. Here's an explanation of why we're doing things this way.

J’ai publié sur le blog du cours MCMS une explication sur notre philosophie concernant les supports de cours. Je pense qu’il est intéressant de la reproduire ici.

Il est coutumier, lors d’une formation d’une certaine ampleur, de démarrer le premier jour avec la distribution d’un gros classeur bien lourd servant de support de cours.

Nous avons fait le pari de fonctionner différemment — pari qui n’est pas très difficile à faire, au fond, puisqu’il reflète par les actes la matière de cette formation: mettre les supports de cours à disposition des étudiants ici, sur ce site.

Premièrement, il s’agit d’une occasion de mettre un peu plus les « doigts dans le cambouis » et de se familiariser avec l’information numérique, et d’en découvrir les avantages. Parfois, c’est le support physique qui présente un avantage, et rien n’empêche dans ce cas d’imprimer le support numérique.

Deuxièmement, fonctionner ainsi nous permet plus de flexibilité et de réactivité. Dans le milieu des médias sociaux, tout bouge très vite, et préparer des mois à l’avance un support de cours imprimé au sujet de Facebook (par exemple) tient du suicide pédagogique — il y a de fortes chances qu’il soit en partie obsolète avant même d’être utilisé. Le support de cours numérique peut être maintenu à jour (et modifié) à tout moment et pour tous.

Troisièmement, nous sommes conscients que les supports de cours ainsi mis à disposition vont circuler, y compris en-dehors de notre public cible premier, les personnes inscrites au cours. Renonçant à un protectionnisme encore trop répandu (« c’est mon travail et je ne le partagerai pas! »), nous avons confiance d’une part que notre valeur en tant que formateurs n’est pas réductible à un support de cours, et d’autre part qu’en mettant à disposition de la communauté, nous recevrons en retour.

Chaque intervention fait donc l’objet d’un article dans ce blog, avec liens vers les supports de cours (ici ou parfois hébergés par l’intervenant lui-même), et parfois des notes prises lors du cours. Il est aussi possible à l’intervenant de publier directement dans ce blog, s’il le désire.

Quelques recommandations de lecture [fr]

[en] A bunch of books I recommend reading. Descriptions are in French, but titles are in English!

A l’occasion du premier module du cours MCMS au SAWI, j’ai brièvement présenté quelques livres qui me semblaient intéressants/pertinents aux participants. Je vous redonne la liste ici — un jour je ferai une page correcte avec mes recommandations de lecture, mais c’est un début!

Les liens sont vers Amazon.de parce que c’est par là qu’il faut passer en Suisse pour avoir les frais de port gratuits.

Naked Conversations: un livre qui commence à dater un peu mais qui reste néanmoins une splendide collection d’exemples d’utilisation des blogs (et des conversations en ligne) par des entreprises/organisation. Inspiration, exemples concrets, modèles à suivre (ou pas). [amazon.de]

The Long Tail: la longue traîne de Chris Anderson. Je ne l’ai personnellement pas encore lu (shhh, motus!) mais c’est une référence pour ce qui est de la diversification des marchés à l’heure d’internet. [amazon.de]

Drive: pas encore lu non plus (je l’ai commandé il y a peu), Drive est un livre sur ce qui motive les gens. J’ai parlé de Dan Pink dans Carotte et créativité ne font pas bon ménage et vous pouvez déjà regarder sa conférence TED en vidéo pour vous faire une idée. [amazon.de]

Predictably Irrational: ce livre, qui n’a de prime abord pas de lien direct avec les médias sociaux, fait partie de la catégorie « a changé ma façon de comprendre le monde ». On est fondamentalement manipulables, nos réactions sont irrationnelles même quand on les comprend. Qu’en faire? A lire absolument pour comprendre tout un tas de phénomènes qui sont en jeu dans le milieu « organique » en ligne. [amazon.de]

Everything is Miscellaneous: David Weinberger, co-auteur du Cluetrain Manifesto, explique comment s’organisent tous ces « objets numériques », dans un ordre qui va parfois à l’encontre de notre conception de ce qu’est l’organisation. Ils peuvent être à plusieurs endroits à la fois, comportent des méta-données sur lesquelles on peut effectuer des recherches, etc. Un ouvrage important pour comprendre les caractéristiques physiques du monde numérique. [amazon.de]

The Culture of Fear: un regard (un poil polémique et qui date un peu) sur le rôle des peurs collectives dans notre société. Il y a toujours quelque chose qui fait peur. A mon sens, ce livre est pertinent pour remettre en contexte toutes les peurs qui circulent autour des nouvelles technologies, internet, les médias sociaux, etc. [amazon.de]

The Myths of Innovation: huit idées préconçues sur l’innovation, exposés de manière claire avec plein d’anectodes à l’appui. (En résumé, Gutenberg ne s’est pas réveillé un matin en se disant « hmm, qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui… Eurêka, je vais inventer l’imprimerie! ») [amazon.de]

L’âge de peer: un livre (en français!) sur la co-création et l’économie du monde du peer-to-peer (P2P). Le chapitre « nouveaux modèles économiques » et « nouveaux modèles de création »… [amazon.de]

We Are Smarter Than Me: utiliser en business le pouvoir de l’intelligence collective. Livre co-écrit en ligne avec une myriade de contributeurs. [amazon.de]

Le monde a changé (Cluetrain 101 pour formation SAWI MCMS) [fr]

[en] This is a "Cluetrain 101" presentation I gave as part of the course I teach at SAWI on community management and social media. It was initially published on the course blog.

Je co-dirige la formation au diplôme SAWI de spécialiste en management de communautés et médias sociaux. Cet article a initialement été publié sur le blog du cours [voir l’original].

Si cette présentation est une “introduction au Cluetrain”, c’est en tant que le Cluetrain Manifesto est le représentant et l’expression d’une culture — et même, si on veut oser les grands mots, d’un changement de paradigme. Mon but n’est donc pas tant de faire un résumé du livre (lisez-le plutôt!) mais d’aborder un certain nombre de thématiques qui permettent de comprendre en quoi internet a profondément (à débattre!) changé la façon dont les organisations intéragissent avec les gens, que ceux-ci leur soient intérieurs ou extérieurs.

Sans vouloir mettre par écrit ici tout ce que je vais dire, voici la présentation Prezi qui servira de base de discussion, ainsi que quelques notes aide-mémoire.

Pas vraiment changé

  • retour à des valeurs pré-industrielles
  • “les marchés sont des conversations” => “les marchés sont des relations” — ça va plus loin!
  • culture de masse comme anomalie historique — traiter les gens en masse comme on traite les objets sur la chaîne de production

Perte de contrôle

  • une des conséquences les plus visibles, et les plus déstabilisantes pour la culture d’entreprise classique
  • démocratisation de la parole publique, redistribution du pouvoir (VRM)
  • on a les moyens de remettre en question les “messages” qu’on nous sert

Objets numériques

  • les lois de la physique n’ont plus cours en ligne
  • donner sans perdre (cf. tout le débat sur le partage de fichiers)
  • économie basée sur la rareté qui perd ses repères dans un monde d’abondance
  • “ideas want to be free”

Différentes conceptions d’internet

  • ville: celle des gens qui y vivent et y créent (des liens ou de la culture)
  • bibliothèque: celle des consommateurs d’information
  • télé: celle des annonceurs

Voix humaine

  • reconnaissable, désirée
  • très différente de celle de la communication officielle, du blabla publicitaire ou marketing
  • écoute, authenticité (qui n’est pas un vain mot), partage, humour, personnalité, transparence (jusqu’où?)
  • c’est la seule qui rend possible la relation (essayez d’avoir une conversation sensée avec un robot de service clientèle ou un communiqué de presse publié sur un blog)

Conversation

  • pas juste deux personnes qui parlent (être vraiment présent, authentique, désintéressé, transparent)
  • il ne suffit pas de dire qu’on a une conversation pour en avoir une (cf. blocages à la communication)
  • importance de la narration — ce n’est pas par hasard qu’on aime les conversations et les histoires
  • les conversations ont lieu de toute façon — l’entreprise peut rester extérieure ou se mouiller
  • on n’est plus dans une logique de broadcast; la profondeur des échanges importe plus que leur nombre

Bouche à oreille

  • le plus grand influenceur
  • en ligne, prend une autre dimension (espace public + objets numériques)
  • libre choix de ce dont on parle, d’où sa valeur
  • véhicule: la voix humaine

Espaces semi-publics

  • difficulté à se positionner
  • le cloisonnement en perte de vitesse
  • impose la réconciliation de discours parfois contradictoires
  • “public” élastique (taille, nature)

Réseaux

  • renversent la hiérarchie
  • réseaux de gens, réseau hypertexte — le double réseau internet
  • chacun en son centre, propagation, veille, recherche

Communautés

  • groupes restreints
  • investissement émotionnel
  • émergent de la complexité des rapports entre les gens et aux choses

Retour à la conversation: en quoi internet change-t-il la donne pour vous? Si on prend quelques pas de recul sur nos peurs, que peut-on dire sur ce qui se passe dans le monde? En y regardant de près, beaucoup des thèmes que nous avons abordés sont présents dans la fonctionnement de l’entreprise classique, mais clandestinement ou inofficiellement.

Liens en rapport, ou notes de dernière minute:

L'entreprise sans voix [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Pour ne pas aller dans le mur lorsqu’on met les pieds dans les médias sociaux, il est important d’apprendre (ou de réapprendre) à parler comme un être humain.

Corollaire: il est beaucoup plus facile pour une personne d’avoir une expérience enrichissante dans les médias sociaux que pour une entreprise.

Etre en ligne, c’est laisser s’exprimer sa voix. L’humain a une voix, mais pas l’entreprise — si ce n’est la somme des voix des différentes personnes humaines qui la composent. Mais celles-ci, en règle générale, sont muselées par la politique de non-communication de l’entreprise. Je dis non-communication, car trop souvent, tous ces efforts pour “communiquer” servent surtout à ne rien dire. Vous trouvez fascinante la lecture des communiqués de presse et des brochures promotionnelles, vous?

(Je suis en train de relire le Cluetrain Manifesto en préparation à la formation que je donne cette semaine… comment ça, ça se sent?)

Soyons concrets. Pour se mettre à Twitter ou ouvrir un blog, il est beaucoup plus facile de se lancer en tant que personne qu’en tant qu’entreprise ou institution. On trouvera plus vite sa voix (et aussi sa voie), on sera moins retenu par les questions politiques, et on jouira des conversations authentiques et connexions qu’on y fera.

L’entreprise, elle, ne peut vraiment parler avec personne. Elle ne peut que demander à ses humains de parler pour elle — comme une coquille vide si elle tente de les contrôler, ou comme des personnes riches, sensibles, et complexes si elle leur fait cette confiance.

Community managers chez Thierry Crouzet: mon grain de sel [fr]

[en] An article by Thierry Crouzet on community managers is stirring a minor storm in the francophone blogosphere, just a week before he comes to teach in the course I'm co-directing on... community management and social media. This is my comment (I pretty much agree with him).

Article publié initialement sous forme de commentaire chez Thierry Crouzet. Lire également son explication sur le coup de provoc’ en question.

Allez, je ne résiste pas, je viens ajouter mon grain de sel au billet de Thierry Crouzet intitulé “Les community managers sont des putes” 🙂

Je passe comme chat sur braises sur le titre provoc de son billet, à mon avis très bien choisi, à voir les réactions (on le félicite ou on proteste, la preuve est là).

Sur le fond: je suis assez en accord avec ce qu’écrit Thierry, et ça fait écho avec les chapitres supplémentaires de l’édition 10 ans du Cluetrain, que je suis en train de lire juste ces jours.

Je développe.

Dans ma tête, je schématise un peu ainsi la jungle des médias sociaux (c’est donc schématique, faudra me pardonner): il y a, à la base, d’un côté les “passionnés-désintéressés” d’internet, et de l’autre, les professionnels des médias, de la pub, de la communication, du marketing. (Je vous avais prévenu, c’est schématique.)

Les “passionnés-désintéressés” ont pris le Cluetrain sans même réaliser qu’ils faisaient quelque chose de spécial. Leur internet est celui de l’expression, de la création, des relations, des gens. Ils ont débarqué sur ce terrain en friche, ont écarquillé leurs yeux devant la richesse des possibles pour exprimer ou vivre leur passion. Ce sont les blogueurs accidentels de la première heure (ou de la deuxième), les geeks qui passent leur temps sur IRC, les podcasteurs fous, les artistes numériques, et j’en passe.

Les professionnels amènent avec eux un bagage et une culture issus des médias et de la communication de masse. Ils se rendent compte à des degrés divers des spécificités propres d’internet, et réussissent avec plus ou moins de bonheur de prolonger leur travail dans le monde numérique. Le “plus ou moins de bonheur” est ce qui va nous intéresser, ici.

Trigance 2010 Gorges du Verdon 13Ces deux populations ont germé sur deux paradigmes différents (que j’appelle, dans ma tête toujours, pre-Cluetrain et post-Cluetrain), faisant d’internet un lieu de choc des cultures. (Je vous rappelle que je suis toujours en train de schématiser. C’est plus complexe que ça. Mais on revient bientôt aux CM et vous verrez comment ma schématisation permet d’expliquer mon point de vue sur la question).

Aujourd’hui (ce n’est pas vraiment une chronologie historique, mais plutôt un processus), nous trouvons dans les médias sociaux des professionnels provenant des deux bords. Ils réussissent ou ne réussissent pas, selon que les passionnés-désintéressés-hippies parviennent à s’adapter aux réalités du monde du business, et que les professionnels des médias “traditionnels” parviennent à véritablement intégrer à leur pratique la rupture paradigmatique que présente internet.

Les hippies du net qui échouent à cette tâche ne posent pas grand problème: ils restent des passionnés-amateurs-idéalistes-utopistes sans grande réussite commerciale. Et qui sait, ce sont peut-être quand même eux qui changeront le monde.

Les professionnels des médias qui échouent dans leur mission (enfin, celle que je leur attribue ici) m’inquiètent plus. Ils ont le bagage commercial, ils maîtrisent souvent la comm’ et le marketing, et instrumentalisent internet pour en faire un prolongement de la culture de masse. Les auteurs du Cluetrain, dans leurs introductions à l’édition anniversaire, avouent avoir sous-estimé il y a dix ans ce danger pour la culture d’internet qui nous est chère.

Et les community managers dans tout ça?

Eh bien, à la lumière de ce que je viens d’expliquer, cela devrait être assez clair. Le community manager est un être hybride, tirant sa nature double des deux côtés du fossé paradigmatique (ah! les grands mots!). En français courant, le community manager “naturel” est un hippie du net, mais son job le place dans l’entreprise aux côtés des professionnels de la communication et du marketing — et les attentes de l’entreprise (souvent pre-Cluetrain) sont généralement de cet ordre.

Etre community manager professionnel, je crois que c’est un exercice délicat, et qu’il y a (au moins) deux moyens de se planter.

Pour le passionné, le risque de ne pas survivre au décalage entre la vision qu’on se fait de son job (véritablement être le berger/catalyseur/facilitateur désintéressé de sa communauté) et les attentes de l’employeur qui se traduisent en termes d’objectifs, de retour sur investissement, de nombres de commentaires sur le blog ou de fans facebook.

Pour le mercenaire (et c’est un peu dans ce portrait que je retrouve la “pute” de Thierry), de finalement vendre son âme et sa communauté (oui, j’utilise des mots forts), la trahir aux intérêts du marketing utilitariste qui exploite autrui pour en profiter, et de ne pas ancrer son travail dans une réelle passion authentique pour la communauté en question.

(Après, il y a encore le CM qui n’a de CM que de nom, et dont le rôle se cantonne à faire des RP — ou même de la pub — dans les médias sociaux.)

Contrairement à Thierry [attention: il se rétracte dans son billet explicatif], je ne me considère pas comme une community manager. En tant que blogueuse, je suis plutôt entourée d’un public (old-style) que d’une véritable communauté (cf. explication cachée quelque part dans ce Prezi). On m’a proposé plusieurs fois des mandats de CM, et j’avoue avoir à chaque fois refusé — à part une fois, parce que j’étais au final déjà en train de jouer le rôle de CM pour ce client, par passion et sans paie. Si j’ai refusé les autres, c’est parce que je place la barre très haut pour ce qui est de l’authenticité de mon engagement pour quelque chose — ça a à voir avec ma personnalité, aussi: si le feu n’y est pas, je sais que je ne peux pas l’allumer. (Et aussi, soyons honnêtes: il y a des tas de choses que je fais bien mieux que le community management — je suis très loin d’être le meilleur CM de la planète.)

Bref: CM, c’est un terme chargé ces temps. Hypé ou décrié. Et sous ce même terme, on trouve une multitude de réalités — certaines que je trouve admirables, et d’autres qui me font froid dans le dos. Dans ce sens, je trouve passionnant et important de voir que les professionnels de cette branche commencent à s’organiser, par exemple en Suisse romande.

Disclaimer, si vous avez lu ce long commentaire-article jusqu’au bout: je co-dirige le cours au SAWI à l’occasion duquel Thierry interviendra la semaine prochaine. Nous avons d’ailleurs eu de nombreux débats internes à la direction du cours pour savoir si notre objet était ou non de former des community managers. Mais c’est un autre sujet… 😉

Blog à thème ou blog à moi? [fr]

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Quand on fait un blog, vaut-il mieux s’en tenir à un thème donné (la cuisine, la technologie, les papillons, l’Islam) ou faut-il au contraire en faire le reflet de la multitude de sujets qui nous passionnent?

Ceux qui lisent régulièrement mon blog savent de quel côté je penche, mais je crois que ça dépend de ce qu’on recherche: une publication qui montre qui l’on est, ou une qui ait du “succès” (terme fragile et souvent maltraité, à définir délicatement)?

Je lis par périodes le blog de Seth Godin, que j’apprécie particulièrement (il faut d’ailleurs que je me mette à lire ses livres). Hier, au hasard de mes clics, je lis son article “The non-optimized life“. La voilà, cette fameuse clé qui me manquait pour expliquer ce que je fais! Je ne cherche pas vraiment à optimiser mon blog. Je préfère passer mon temps à écrire plus qu’à optimiser. (Aussi, probablement, parce que je suis plus douée pour l’écriture que pour l’optimisation.)

Clairement, un blog à thème va plus dans le sens de l’optimisation: homogénéité du contenu, du public cible. Possibilités de partenariats et de monétisation.

Mais si ce qu’on cherche c’est partager qui on est, ses passions dans différents domaines (admettons-le, les humains sont rarement unidimensionnels), il ne faut pas hésiter, à mon sens, à laisser émerger un peu d’hétéroclite dans ses écrits. Après tout, les catégories d’un blog, c’est fait pour ça, non?

Writing: Source of Income or Marketing Budget? [en]

[fr] Ecrire pour gagner de l'argent (en tous cas en tant qu'indépendant) ça ne rapporte pas des masses. Par contre, écrire est un formidable moyen de promouvoir ce qu'on fait (indirectement). Je propose donc de considérer l'écriture comme "budget marketing" plutôt que "source de revenu" (si on arrive à gagner de l'argent, tant mieux... mais ce n'est pas le but premier!)

A couple of days ago I was talking to a friend, who amongst various activities she juggles as a freelancer, is a journalist. Lately, she’s been less satisfied by her journalistic work, which ends up not paying much, and was wondering whether it really made sense to keep on writing. But actually, her work as a journalist is what gives her contacts and leads for her other activities: so it makes sense for her to keep on being a journalist — but not for the money, as a marketing investment.

Come to think of it, I’ve only very rarely earned money by doing actual writing. I did an article for a local paper once, but honestly, the amount I was paid for the work I put in just made no sense. So, yes, as a marketing strategy, it’s interesting, but not for actually putting food on the table.

Even the work I did for Fleur de Pains, though decently paid, was way more work than expected and ended up being not that much money for the energy it took. Consulting, speaking and training are clearly better sources of income, or managing “my type” of projects (blog editing, coworking space, or conference blogger accreditations for example).

Most of what I’ve read over the last six months about writing fiction also points in that direction: writing for a living is insanely hard work and will not make you rich. We’re blinded by the black swans out there named J. K. Rowling and other successful writers. Most people who write for a living don’t become insanely rich, and most of those who try to make a living out of writing fail.

So, where does that leave us/me? I love writing, and I’m not too bad at it. Honestly, writing is its own reward, as far as I’m concerned. That’s why I’ve kept this blog going for the last 10 years (by the way: take a moment now to let me know what your favourite articles from CTTS are — the blogversary is less than 48 hours away!). And honestly, I think I’ll never stop writing. But I don’t think it makes sense for me to try to actually earn a living doing it. Which doesn’t mean I’m closing the door to earning *some* money writing — but if I do, it’ll be a happy *extra*.

So, in times like now where I’m giving quite a bit of thought to all I do for free and which ends up bringing me business, and also (given right now business is going pretty well) cutting back a little (not too much though!) on what does not earn me money directly, I am realising that I need to make it my priority to have enough time to write.

You know these blogging crises I go through regularly? “OMG I’m not blogging much I need to write more?” Well, here we are. If paid work keeps me from blogging, so be it — it means I’m earning lots of money right then, and I can live with that for a while. But if unpaid “marketing budget” stuff keeps me from blogging, something is wrong.

So this is what my hierarchy of priorities could look like:

paid work > blogging > other writing (“for others”, or requested by others) > other marketing/networking/promotional activities

What about you? Where does writing fit in the “stuff you do”?