Je fais des Ă©tudes en histoire et sciences des religions. La plupart des gens Ă Â qui je le dis s’imaginent tout d’abord que j’Ă©tudie la thĂ©ologie. Ce n’est pas la mĂȘme chose.
Quelques rĂ©flexions tirĂ©es du dernier cours d’epistĂ©mologie en science des religions, qui a eu lieu aujourd’hui.
- La science des religions est non-apologétique.
- Elle n’a pas de visĂ©e eschatologique ou sotĂ©riologique.
- Elle vise à  une transparence de méthode.
- C’est une approche qui est le produit d’une culture occidentale et judĂ©o-chrĂ©tienne.
- C’est une discipline scientifique qui vise Ă Â une certaine objectivitĂ© (avec les rĂ©serves dĂ©taillĂ©es ci-dessous).
- Discipline en phase d’Ă©mancipation (de la thĂ©ologie en particulier), elle tend Ă Â se dĂ©finir par la nĂ©gative: elle n’est pas de la thĂ©ologie, elle n’est pas de l’anthropologie religieuse, elle n’est pas de la sociologie de la religion…
- De mĂȘme, elle peine Ă Â dĂ©finir son objet (les “religions”).
- La science des religions vise Ă Â produire un discours “de l’extĂ©rieur” qui soit la transposition d’une comprĂ©hension “de l’intĂ©rieur”.
Ce dĂ©sir d’objectivitĂ© (bien lĂ©gitime), visant Ă Â produire un discours qui soit dĂ©tachĂ© de toute appartenance religieuse, pose problĂšme. Tout discours est idĂ©ologique – mĂȘme celui des sciences dites “exactes”.
MĂȘme si je n’ai aucune affiliation religieuse, cela me met dans une certaine classe d’appartenance religieuse. L’exemple de cela que j’aime Ă Â donner est celui de l’athĂ©isme – c’est une prise de position idĂ©ologique aussi forte que l’adhĂ©rence Ă Â une religion ou Ă Â une croyance.
Ce dĂ©sir d’objectivitĂ© paraĂźt aujourd’hui ne pouvoir ĂȘtre exaucĂ© que par cette transparence de mĂ©thode que j’ai mentionnĂ©e aussi: je dis qui je suis, comment je procĂšde, ce que je veux montrer – je mets tout sur la table afin que l’on puisse me suivre.
Je ne veux pas dĂ©battre ici de terminologie. Que l’on dise histoire des religions, science(s) des religions, histoire et science(s) des religions, history or religions, ou encore religious studies… je considĂšre pour le moment que si on parle de la mĂȘme chose, il est inutile de nous battre sur les termes.