Vacances [en]

Les vacances s’étiraient interminablement devant et derrière elle. Une grande plaine de vide, morne et grise.

Elle avait épuisé les activités qu’elle pouvait mener d’elle-même. Elle avait ralenti et n’attendait plus que la rentrée, là , dans plusieurs semaines.

Tout serait simple. On lui dirait quoi faire, elle le ferait, on serait content d’elle, elle serait heureuse en retour. C’est important de faire pour quelqu’un.

Sans le regard des autres, d’ailleurs, elle n’existait pas vraiment. C’est pour cela qu’elle n’aimait pas l’été. Trop long, trop vide, plus personne ne la regardait.

Procrastinons [en]

Il y a la fuite. Et il y a la fuite de la fuite.

C’est cette dernière qui empêche la fuite d’être productive.

Procrastinator? Yes! [en]

At many points in my procrastinator’s life, I’ve had an inkling this was the way to go.

All procrastinators put off things they have to do. Structured procrastination is the art of making this bad trait work for you. The key idea is that procrastinating does not mean doing absolutely nothing. […] The procrastinator can be motivated to do difficult, timely and important tasks, as long as these tasks are a way of not doing something more important.

John Perry, Structured Procrastination.

Look at what I’m doing now: I have exams to prepare, laundry to do, piles of books to read, a website to update. And I’m writing for my weblog. Writing for my weblog is definitely not a high-priority task. But on the other hand, over the past year or so, I’ve started to gain a reputation for being an active weblogger, worth reading by some.

Now, this doesn’t mean that I’m going to stop fighting my procrastination. Actually, one of the reasons I’ve been “going the wrong way” lately (ie. refusing commitments) is very precisely because I’m trying to get to the root of my procrastination. I’m inching nearer each day, actually. But on the other hand, when I’m deep in it, I might as well do something useful, mightn’t I?

[link from Glenn, again!]

Incompetent? Never! [en]

Abstract: People tend to hold overly favorable views of their abilities in many social and intellectual domains. The authors suggest that this overestimation occurs, in part, because people who are unskilled in these domains suffer a dual burden: Not only do these people reach erroneous conclusions and make unfortunate choices, but their incompetence robs them of the metacognitive ability to realize it. Across 4 studies, the authors found that participants scoring in the bottom quartile on tests of humor, grammar, and logic grossly overestimated their test performance and ability. Although their test scores put them in the 12th percentile, they estimated themselves to be in the 62nd. Several analyses linked this miscalibration to deficits in metacognitive skill, or the capacity to distinguish accuracy from error. Paradoxically, improving the skills of participants, and thus increasing their metacognitive competence, helped them recognize the limitations of their abilities.

Unskilled and Unaware of It [PDF]

The article is pretty long: read the beginning, hop over the study reports and go directly to the analysis at the end.

A very interesting article which studies the fact that unskilled individuals tend to overestimate their skills. There seems to be a correlation between lack of expertise and lack of metacognitive ability.

[via Glenn]

Original? [en]

Nothing is new. Only your ignorance of what came before makes things seem original.

Peter Cooper (on MeFi)

Weblog Directory [en]

May I suggest that if you haven’t already done it, you hop off to the eatonweb portal and add your weblog? Yeah, do it now. That’s good.

Mise en page [en]

Encore un site francophone “sans les tableaux”: celui de Sébastien. Allez lire ses textes, aussi, il y a du bon!

Refus [fr]

Franchement, je préfère ne pas y aller. Il fait noir là-dedans, et il y a des loups. Je te promets, j’en ai même vu, une fois. Puisque je te dis. Je ne m’en sors pas si mal. Tu vois, si je reste debout comme ça assez longtemps, je ne sens plus rien. Donc c’est pas si grave. Je vais attendre que ça passe.

Et puis il y a des moments où je peux même jouer. Ça ne me fait rien quand je joue. C’est quand même mieux que d’aller me promener dans le noir avec les loups!

Tu veux vraiment que j’y aille? Ah non, pas question! Tu ne me feras pas aller là-dedans. Je suis plus forte que toi, tu sais. Surtout quand j’ai peur. Ben oui j’ai peur d’aller toute seule dans le noir! Ah bon? tu veux venir avec moi? Quelle idée! Oui mais bon, ça va rien changer. Il fera toujours aussi noir. Et tu ne pourras pas me sauver des loups.

Non, non et non! Tu ne me feras pas aller. Je m’échapperai! J’oublierai le chemin. Je me perdrai. Je veux rester tranquillement ici. Ça finira bien par s’arranger tout seul, je le sais. Si.

Non, je ne bougerai pas. Puisque je te dis que je n’ai pas de problème! Tout va bien! Mais oui, promis. Regarde, est-ce que j’ai l’air d’aller mal? Je me débrouille très bien toute seule. Je n’ai besoin de personne! Personne, tu entends? Pas même toi!

Tu ne comprends pas que si je suis ici, c’est bien parce qu’il m’est impossible d’aller dans cette saleté de forêt? Les loups ont déjà failli me manger une fois. Ils m’ont attaquée, mordue, déchirée. Alors je me suis mise en boule et j’ai fait la morte. Je ne sais plus trop bien ce qu’il s’est passé ensuite. Peut-être que je me suis endormie, ou alors les loups sont partis, je ne sais plus. Je me suis retrouvée ici &mdash j’avais tellement mal que je ne pouvais plus bouger.

Je suis restée longtemps immobile. J’ai oublié la douleur. Ou bien je m’y suis habituée, je ne sais pas trop. J’ai réappris à  marcher. Je cache mes cicatrices sous de longs habits.

Je suis allée m’installer le plus loin possible des loups. Parfois je les entend hurler la nuit. Alors je me réveille, en sueur, et j’ai mal partout comme s’ils étaient là, à planter leurs dents dans mon corps.

Mais en général ils ne me dérangent pas. Ils sont loin, dans la forêt noire. Moi je reste à  la lumière. Je reste sans bouger à  fixer le ciel, et je ne sens plus rien. Ça me va tout à fait. Un jour ça passera, quand quelqu’un sera venu tuer les loups pour moi. Mais je préfère attendre, je ne veux pas aller là-bas.

Alors arrête de m’embêter, d’accord? J’irai pas. J’ai pas envie d’avoir mal.