Semi-Scoop [en]

Semi-, because I heard it on the radio and it will be in the papers tomorrow. Scoop, because you probably haven’t heard about it yet.

A gunshot was fired in the centre of Lausanne early this afternoon. A man was spotted on his balcony with a gun.

The police were warned and closed up the whole area for a good hour. They put in place a cell of negotiators. Residents were forbidden to come out of their houses.

When his doorbell rang, and elderly man calmly opened to the police. He had fired his automatic gun into the sky to make sure it was still working.

The police confiscated the gun.

Aimer, perdre [en]

Si l’attachement et la confiance te viennent difficilement, alors toute séparation est atroce, car elle risque de te laisser irrémédiablement seule.

Si pour être aimée tu dois à  chaque fois abdiquer une partie de toi-même, alors il est normal que cela te fasse peur et mal. Il est normal que tu ne t’attaches pas, que tu refuses de renoncer à  une part de toi.

Si donc être aimée se paie pour toi à  ce prix, la perte de cet amour qui n’est pourtant pas celui que tu voudrais ne peut que te déchirer.

Vie [fr]

Je ne suis pas au monde pour quelque chose ou pour quelqu’un. C’est la Vie qui est là  pour moi.

Scientologie [en]

A suivre: suite à  la censure par google d’une partie des pages de xenu.net, le célèbre site voué à  la lutte contre l’Eglise de Scientologie, une discussion sur la Scientologie, à  laquelle je participe activement (la discussion, pas la Scientologie!)

Love and Writing Project [en]

Script continue à  écrire sur le Love and Writing Project. J’espère que tu ne m’en veux pas de t’emprunter le titre. Et oui, je vais bientôt l’écrire, cette bafouille sur l’intertextualité.

Je ne suis pas certaine qu’avoir reçu beaucoup d’amour soit une condition nécessaire pour pouvoir s’aimer soi-même. Je crois au contraire que plus l’amour nous a manqué, plus il est important de trouver une personne de confiance absolue pour nous le donner: nous-même.

Je pense qu’une personne ayant reçu beaucoup d’amour inconditionnel depuis toujours n’aura pas trop de peine à  s’aimer: on lui aura montré mainte et mainte fois qu’elle est lovable, et s’aimer lui viendra naturellement.

S’aimer soi-même, ce n’est pas non plus un moyen de s’enfoncer dans la solitude. Je crois que c’est plutôt un moyen d’en sortir. Parce qu’en apprenant à  s’aimer, à  se sentir lovable, on apprend aussi à  créer des liens avec autrui.

J’utilise “lovable” parce que c’est beaucoup plus parlant que “aimable”. Quoique— “aime-able” pourrait peut-être faire l’affaire…

C’est vrai en revanche que si l’on ne dépend plus de l’autre pour recevoir de l’amour, cela rend la solitude possible. La solitude saine, pas celle qui fait mal et dans laquelle on se retranche pour éviter la vie.

C’est vrai que même si on s’aime, j’imagine qu’il peut y avoir des jours où l’on s’aime moins. Mais si au fond on s’aime vraiment, alors peut-être que ces jours-là , la chute est moins grande: on s’aime moins moins (mais oui, c’est comme “plus je pédale moins vite, moins j’avance plus fort”). On ne se retrouve pas au fond d’un abîme d’abandon universel. Et c’est peut-être cela qui nous indique vraiment à  quel point on s’aime.

Et l’écriture? Moi je renverserais la chose: je dirais plutôt que si l’on a tant besoin d’écrire, c’est qu’on a ce trou d’amour au fond de nous. Je ne pense pas qu’on a besoin d’amour parce qu’on écrit. Ce serait plutôt le contraire (s’il fallait décider d’un sens). Ou bien ça n’a rien à  voir?

Si j’écris, est-ce pour remplir ce trou? Trouver à  travers les mots l’amour qui me manque? Sublimer cette douleur? Je me souviens qu’avec Steph, un jour il y a déjà  longtemps de cela, on parlait du rapport entre souffrance et création. Douleur et art. On se demandait s’il y avait des artistes qui ne souffraient pas, quelque part au fond. Et je crois qu’on avait répondu “non”.

Y a-t-il des êtres humains qui ne souffrent pas? Y a-t-il une douleur existentielle indépassable? Tous les hommes sont-ils des artistes en puissance? Ce besoin viscéral de création disparaîtrait-il si l’on était profondément heureux?

Je pense qu’on doit pouvoir vivre heureux. Et pour le moment, je vois que le chemin pour y parvenir c’est d’apprendre à  s’aimer, et de faire taire les questions qui paralysent. Pas les bonnes, celles qui font avancer. Celles qui font qu’on ne fait pas. Celles qui font qu’on reste à  se poser des questions au lieu de vivre.

Scientology [en]

The CoS (Church of Scientology) is obviously pretty fearful of the work done by Operation Clambake, as it has seemingly asked Google to stop indexing this site.

See the article on Wired, and the email that xenu.org received from Google.

The latest news at Operation Clambake and a quick bout of googling tells us that Google is indexing most of the site again. If you think the work Operation Clambake is doing is useful, don’t hesitate to:

This piece of news gave me the motivation necessary to put online the reviews I had written for Fathom5 and AstoundingWeb (when they were alive), and in particular the review of Operation Clambake.

[from c-est-tout.com]

Heat [en]

I left my Easter Bunny on my desk today. Actually, it’s been there these last days and I’ve been steadily nibbling at it.

As the weather was nice and grey this morning, and the building in front of my balcony is getting taller (thus stealing a fair amount of my light), I pulled up the blinds before I left.

When I got back home this evening, the bunny was gone.

Well, there was a pool of warm melted chocolate inside the plastic wrapping.

Life is Movement [en]

In response to a remark from Steph.

I am sure I have said something about this last year in French, but I’m incapable of finding it.

Update, 11.2011: here is the original French post — Déséquilibre.

What characterises life is constant lack of stability. From a biological point of view, the basis for life can be said to be oscillating chemical reactions. They are not equilibriums, they oscillate from one state to another, back and forth, back and forth. Their existence makes the biochemical reactions upon which life relies possible.

Mind is not separate from its biochemical foundation. Even if it cannot (and will never be) totally explained in biochemical terms (hear Paul Ricoeur), without the biochemistry behind it there is no “thought”. So we might as well say that our interior lives oscillate in a way similar to these chemical reactions. We are a system in perpetual dis-equilibrium.

Things are stable and constant only when we are dead.

Aimer [en]

Pour Script.

On décide que ça vaut la peine d’aimer, qu’on ne va pas renoncer, qu’on ne laissera pas son coeur se recouvrir d’une croûte noirâtre. On se dit que ce n’est pas parce qu’on risque de se faire mal qu’on restera cloîtré chez soi.

Et puis de longues années passent. On se rend compte qu’on a le coeur recouvert d’une croûte noirâtre, un peu craquelée, mais là  quand même. On se regarde à  nouveau et on se rend compte que malgré toutes ces belles décisions, on a peur d’aimer. On en est même incapable.

Alors un jour, on réalise que pour pouvoir aimer l’autre, il faut s’aimer soi. C’est bête à  dire et ça a tellement été dit qu’on ne l’écoute plus. Tant que l’on aura besoin de l’autre pour nous donner cet amour qui nous manque pour se sentir être, on risquera toujours de ne tenir à  cet autre que pour cet amour qu’il donne, et non pas pour ce qu’il est. Et s’il voulait juste être aimé pour ce qu’il est…? Bouclons la boucle: l’autre pourrait tout aussi bien être nous.

Ce n’est pas facile d’apprendre à  s’aimer. D’abord il faut apprendre à  aimer, et aussi à  se sentir aimé. C’est peut-être ça le plus dur. Sentir qu’on est aimé. Pas aimé comme on imagine qu’on voudrait être aimé, mais aimé vraiment. C’est très différent. Ce n’est peut-être pas aussi grand, mais c’est réel.

S’aimer, ça peut commencer par ces tous petits actes que l’on fait pour prendre soin de soi. Ne pas attendre qu’un autre soit là  pour le faire, prendre sa vie entre ses propres mains. Ces petits détails inutiles mais qui font le tissu de la vie.

Et à  mesure qu’on est capable de se donner soi-même de cet amour sans lequel la vie est sèche et dure, le coeur dégèle, la croûte noire s’effrite, et vivre devient moins effrayant. La solitude est peut-être toujours là , mais elle n’est plus un péril mortel.

Parce que moi, je serai toujours là  pour m’aimer.