Comment on foire? (ou: comment souper tard mÚne à la cuisine déprimante) [en]

Depuis quelques semaines j’ai un rendez-vous hebdomadaire avec ma “binĂŽme planning”. Une copine, TDAH bien alignĂ© sur le mien (ou le mien sur le sien), aussi tendance Ă  la surcharge d’agenda qui fait finir sur les rotules. Une affaire qui roule (pas sur les rotules).

On parle Ă©videmment de problĂ©matiques TDAH en marge de l’agenda, et ce soir on parlait rangement de l’appart et nourriture. Quelques rĂ©flexions intĂ©ressantes que je veux partager avec vous (et non “vous partager“).

Le point de dĂ©part, c’est: “comment on Ă©choue”? Dans mon travail, dans le domaine de la maintenance et des ingĂ©nieurs et des machines, on parle de “failure modes”. C’est pas la mĂȘme chose si ma voiture est en panne parce qu’une piĂšce a cassĂ© dans le moteur, parce que j’ai oubliĂ© de mettre de l’essence, parce qu’une fouine a grignotĂ© un cĂąble, parce que les bougies sont encrassĂ©es ou parce que le moteur a serrĂ©. En gros, dire “ça ne marche pas”, c’est joli, mais c’est mieux de pouvoir dĂ©crire “de quelle façon ça ne marche pas”, et mĂȘme “comment la panne est-elle provoquĂ©e”.

Donc: qu’est-ce qui fait que ma cuisine est en bordel et que la vaisselle s’empile? Qu’est-ce qui fait que j’ai ratĂ© mon rendez-vous? Qu’est-ce qui fait que j’ai soupĂ© Ă  minuit? Qu’est-ce qui fait que je suis en panne de seringues pour mon chat diabĂ©tique?

Evidemment, la rĂ©ponse Ă  ces questions est de l’ordre du concret, pas du jugement moral (genre “chuis nulle”). Dans mon cas par example, j’avais fait le constat il y a bien des annĂ©es que la façon dont ma cuisine devenait un espace de chaos dĂ©primant, ça commençait avec le fait que je ne sortais pas la poubelle quand elle Ă©tait pleine. Les emballages restaient sur le plan de travail ou le bord de l’Ă©vier, du coup c’Ă©tait pas rangĂ©, du coup c’Ă©tait plus facile de lĂącher sur la vaisselle, et hop, la spirale infernale. Ce constat m’avait fait prendre la mesure de l’importance de changer la poubelle lorsqu’elle Ă©tait pleine, pour Ă©viter de dĂ©clencher la suite de consĂ©quences nĂ©gatives.

Une fois la poubelle sous contrĂŽle, j’ai fait un deuxiĂšme constat. Pourquoi la vaisselle s’empile-t-elle dans l’Ă©vier? Parce que l’Ă©gouttoir est encombrĂ© de vaisselle propre pas rangĂ©e. Et pourquoi n’est-elle pas rangĂ©e? Parce que la mĂ©thode de rangement dans les armoires n’est pas ergonomique, et ne “facilite” pas assez le rangement. Cela augmente l’effort nĂ©cessaire pour ranger et diminue donc les chances que ça se fasse.

Donc, tout comme changer la poubelle avant qu’elle dĂ©borde, rĂ©organiser le rangement des couverts et services et diffĂ©rents ustensiles culinaires peut contribuer Ă  faire en sorte que la vaisselle se fasse Ă  mesure.

Un autre Ă©lĂ©ment qui a Ă©mergĂ© de cet Ă©change: plus on est fatigué·e quand on finit de souper, moins il y a de chances qu’on fasse la vaisselle dans la foulĂ©e. On voit donc que “manger trop tard” peut donc, par un enchaĂźnement d’effets, mener Ă  une cuisine en bordel.

Ça me rappelle une discussion avec une autre amie, hier: elle n’aime pas faire la vaisselle aprĂšs souper. HonnĂȘtement, je comprends. Une fois le ventre plein, la journĂ©e finie, j’ai juste envie de chiller. Dans son cas, elle a une bonne solution: le matin, pendant que son cafĂ© cuit, elle a une fenĂȘtre de temps parfaite pour faire la vaisselle, au lieu d’attendre bĂȘtement. Mais dans le mien, et celui de ma binĂŽme, soit il n’y a pas de cafĂ©, soit il faut simplement se rendre Ă  l’Ă©vidence que le matin, il ne faut rien nous demander. Et de mon cĂŽtĂ©, arriver le matin dans une cuisine plus ou moins rangĂ©e dont l’Ă©vier est vide ou presque donne un bien meilleur coup d’envoi Ă  ma journĂ©e que si je suis confrontĂ©e directement Ă  une tĂąche qui m’ennuie au plus haut point et pour laquelle il me faut pas mal d’Ă©nergie.

La vaisselle, le souper… la nourriture. Le problĂšme du repas du soir, c’est qu’on arrive Ă  sa porte lessivĂ©e par la journĂ©e. Plus de jus, plus de methylphĂ©nidate (souvent), la batterie attentionnelle Ă  plat. Amplement de quoi procrastiner le repas, et faire le lit de l’Ă©vier plein de vaisselle (et de la cuisine qui se fait la malle avec notre moral). Comment remĂ©dier Ă  ça?

Planifier les menus Ă  l’avance… c’est joli en thĂ©orie, mais pour moi en tous cas, utopique. Je suis quelqu’un qui marche aux rĂ©serves et Ă  l’improvisation. Ce qu’on peut faire par contre, c’est rĂ©duire l’effort nĂ©cessaire Ă  la prise de dĂ©cision et Ă  la prĂ©paration du repas. Par exemple, avoir une collection de “repas d’urgence” plus ou moins Ă©quilibrĂ©s qu’on peut faire rapidement et sans effort, sans trop de vaisselle, sur la base d’ingrĂ©dients “stock” qu’on s’assurera de toujours avoir Ă  la maison. Et les mettre par Ă©crit (post-its, cartes) c’est encore mieux, parce que quand le cerveau est au bout, des fois mĂȘme faire 1+1+1= repas c’est trop. Quelques idĂ©es:

  • une demi-boĂźte de conserve de haricots rouges (ou pois chiches) + une petite boĂźte de maĂŻs + un bout de concombre/tomate et une boĂźte de thon ou deux oeufs durs (sauce salade toute prĂȘte of course)
  • pĂątes au pesto avec fromage rĂąpĂ© stockĂ© au congĂ©l pour qu’il ne devienne pas bleu, une demi-concombre en dĂ©s avec la sauce Ă  salade, pour accompagner un morceau de viande ou de poisson (le poisson se fait super bien au micro-ondes si jamais)
  • dans les pĂ©riodes chargĂ©es, acheter de la salade en sachet pour ne pas avoir Ă  laver sa pommĂ©e feuille par feuille et l’essorer (surtout si l’Ă©vier n’est pas inoccupĂ©)
  • une pomme de terre coupĂ©e en dĂ©s, dans une assiette avec un peu de sel et une ou deux cuillĂšres d’eau, 4-5 minutes au micro-ondes. Une courgette en dĂ©s, idem, 2 min au micro-ondes. Une escalope panĂ©e de Quorn (perso j’aime celles au poivre et citron) dans le air fryer: hop, c’est prĂȘt en moins de 10 minutes et quasi sans vaisselle

VoilĂ  l’idĂ©e – Ă  adapter selon ses habitudes alimentaires et son goĂ»t. Le tout est de prendre un peu de temps en amont (pas quand on crĂšve de faim Ă  22h30) pour identifier ces menus de secours, faire la liste du matĂ©riel de base Ă  complĂ©ter chaque fois qu’on fait les courses, et les noter quelque part.

Qui eĂ»t cru qu’avoir chez soi un petit stock de produits de base bien choisis (oeufs durs, concombre, tomates, maĂŻs et haricots rouges en boĂźte, thon, pĂątes, bocal de pesto, parmesan au congĂ©l, courgette, patates, etc) pouvait rĂ©sulter en une cuisine mieux rangĂ©e?

RĂ©amĂ©nagement d’appartement [fr]

Cela fait longtemps que je suis insatisfaite de l’Ă©tat de mon appartement. Des annĂ©es. LĂ , j’ai pris deux semaines de vacances pour m’en occuper. C’Ă©tait vraiment gĂ©nial de pouvoir faire ça et je suis hyper contente du rĂ©sultat.

Tu as fait quoi?!

Oui cher lecteur, tu as bien lu, j’ai pris deux semaines de vacances pour m’occuper de mon espace de vie. J’aurais mĂȘme pu en aligner une troisiĂšme. J’ai rĂ©alisĂ© que ma motivation pour m’y mettre augmentait, mais que je n’avais “pas le temps” – et je me suis souvenue que ma regrettĂ©e belle-mĂšre Monique m’avait dit qu’Ă  une Ă©poque, elle prenait une semaine de congĂ© chaque annĂ©e pour faire les nettoyages de printemps. Je n’avais pas de projet solide pour mes vacances d’automne, et je me suis dit, oh, des vacances Ă  la maison ce serait pas mal en fait, et je vais en profiter pour faire les nettoyages d’automne.

C’Ă©tait quoi le problĂšme?

Je dirais qu’il y avait trois thĂšmes:

  • des nettoyages “Ă  fond” qui n’avaient pas Ă©tĂ© faits depuis longtemps
  • du chenit Ă  ranger, soit ancien dans des boĂźtes, soit plus rĂ©cent en couches sĂ©dimentaires sur diverses surfaces
  • la dĂ©co qui n’a jamais Ă©tĂ© vraiment faite/pensĂ©e

En toile de fond, je vis dans le mĂȘme appart depuis plus de 20 ans. Evidemment, il y a eu des rĂ©amĂ©nagements partiels successifs, mais toujours Ă  tendance un peu organique: “oh, un nouveau meuble, je peux le mettre oĂč?”, ou bien revoir l’amĂ©nagement d’une piĂšce, etc. Et le dernier date d’il y a bien longtemps.

De façon gĂ©nĂ©rale, mon appartement Ă©tait amĂ©nagĂ© de façon “organique” et pas forcĂ©ment bien pensĂ©e pour “me servir“, que ce soit sur le plan logistique ou atmosphĂ©rique.

Tu avais prévu quoi, du coup?

Consciente que je commençais Ă  accumuler une trĂšs longue liste mentale de tout ce que j’allais pouvoir faire durant ces deux semaines (de quoi m’occuper pendant 2 mois au moins), j’ai fait un planning pour Ă©viter de me perdre complĂštement.

En tenant compte de quelques autres obligations durant cette pĂ©riode, et en prĂ©voyant un peu de marge (repos le week-end, jour tampon), j’en suis arrivĂ©e Ă  me dire que j’avais Ă  peu prĂšs une journĂ©e par piĂšce: chambre, salon, cuisine, couloir, salle de bains, balcon, cave, et les 110m2 d’espace coworking deux Ă©tages plus bas (qui font aussi largement partie de mon espace de vie vu que j’y ai mon bureau, un espace de rangement, un coin pour recevoir, etc.). Et pour lancer tout ça, une journĂ©e dĂ©chetterie et courses.

Le fait de voir que j’avais une journĂ©e par piĂšce m’a aidĂ©e Ă  ramener un peu mes rĂȘves Ă  la rĂ©alitĂ©. J’ai ensuite pris un moment pour brainstormer et mettre par Ă©crit ce que je voulais faire dans chaque piĂšce. Ça m’a permis de voir que pour certaines piĂšces il y avait beaucoup trop pour une journĂ©e et que j’allais devoir prioriser.

Ensuite, pour ce qui Ă©tait d’amĂ©liorer l’organisation de mon espace de vie, et en particulier, de ce que je range oĂč, j’ai aussi pris un moment pour faire un inventaire, pour chaque piĂšce, de mes activitĂ©s dans cette piĂšce et des espaces de stockage Ă  disposition. Pour certaines j’ai aussi listĂ© quelles Ă©taient les choses “rĂ©guliĂšrement utiles” rangĂ©es dans cette piĂšce, et aussi les choses moins utiles qui pourraient peut-ĂȘtre vivre ailleurs. Je ne suis pas allĂ©e tout Ă  fait au bout de cette dĂ©marche mais le fait de l’avoir fait dans l’ensemble a mis en route des rĂ©flexions en tĂąche de fond dans ma tĂȘte, durant le mois avant le grand rĂ©amĂ©nagement.

Du coup, tu as suivi ton planning?

Surprise: non! On connaĂźt la chanson: un planning est fait pour ĂȘtre modifiĂ©. Mais mine de rien, le fait d’en avoir fait un Ă  la base m’a vraiment aidĂ©e Ă  reprioriser et faire des choix au fur et Ă  mesure, laisser des choses de cĂŽtĂ©, etc.

En fait, l’arrivĂ©e des nouveaux tatamis reçus pour fĂȘter mon demi-siĂšcle (pour remplacer certains anciens bien trop usĂ©s qui approchaient du quart de siĂšcle ou l’avaient dĂ©passĂ©) a servi de catalyseur pour revoir en profondeur l’amĂ©nagement de mon salon. D’un coup, j’ai commencĂ© Ă  avoir envie de plus d’espace (mon espace de vie est passablement encombrĂ© Ă  la base), et de mettre mieux en valeur mes nouveaux tatamis. Ça m’a aussi donnĂ© envie de sortir de ma chambre Ă  coucher des meubles dont je n’accĂšde jamais au contenu.

Le nouveau plan d’amĂ©nagement a rapidement commencĂ© Ă  prendre forme aprĂšs une nuit oĂč j’ai fini par aller faire des mesures Ă  1h30 du matin pour voir si les idĂ©es qui tournicotaient dans ma tĂȘte et m’empĂȘchaient de dormir fonctionnaient. C’Ă©tait donc assez clair que j’allais probablement passer plus d’une journĂ©e sur le salon et la chambre – d’autant plus que je me suis dit que si je dĂ©plaçais tous les meubles du salon j’allais en profiter pour tout vider, trier, et rĂ©organiser. De mĂȘme pour la chambre.

J’ai pu m’organiser pour avoir de l’aide le lundi pour dĂ©placer les meubles et amener certaines grosses choses Ă  la dĂ©chetterie, donc ça a donnĂ© un bon coup d’envoi Ă  tout ça.

J’ai aussi la chance d’avoir beaucoup d’espace en bas Ă  l’eclau, ce qui m’a permis de sortir de l’appartement et de centraliser des dizaines de cartons d’affaires qui se trouvaient au salon et dans la chambre (en gros: tout sauf les habits du dressing).

Le deuxiĂšme ou le troisiĂšme jour c’Ă©tait trĂšs clair que j’allais complĂštement lĂącher le planning. Mais de savoir que mon plan de dĂ©part Ă©tait “une piĂšce par jour” m’a servi: j’ai par exemple assez vite dĂ©cidĂ© que je ne toucherais pas la salle de bains ou la cuisine. Ce sont des piĂšces “trĂšs utilisĂ©es” et donc qui sont fonctionnelles et que je rĂ©amĂ©nage pĂ©riodiquement, qui Ă©taient moins en souffrance organisationnelle. L’eclau aussi resterait sur la touche. Mes prioritĂ©s Ă©taient vraiment les affaires du salon, de la chambre, et du couloir.

Au final, j’ai naviguĂ© un peu Ă  vue (le fait d’avoir beaucoup de temps et pas juste un week-end permet ça), et fini par vider complĂštement la cave (quelque chose que je n’avais pas prĂ©vu), et rĂ©organiser complĂštement la “salle de stockage” Ă  l’eclau. J’ai par contre moins fait de nettoyage que ce que je pensais initialement (chambre, salon et couloir Ă  fond tout de mĂȘme).

Ce n’Ă©tait pas dĂ©courageant?

En fait, non! C’Ă©tait extrĂȘmement libĂ©rateur de savoir que j’avais deux semaines entiĂšres devant moi oĂč je n’avais rien d’autre Ă  faire (quelques rendez-vous mis Ă  part) que m’occuper de mon appart. Et donc que ce n’Ă©tait pas grave d’ĂȘtre “en chantier”, que je pouvais prendre le temps de tout sortir et mettre en tas, de chercher de l’inspiration dans les magasins, etc.

Je me suis aussi organisĂ©e pour avoir un peu de soutien moral (soit sur place, soit via un petit groupe WhatsApp) de copines, aussi pour avoir un oeil extĂ©rieur quand j’en avais besoin. Merci Ă  elles!

Comment as-tu trié?

La premiĂšre chose que j’ai faite, c’est tout rassembler mes affaires en bas dans un mĂȘme espace. J’ai ensuite organisĂ© les choses par catĂ©gories – en particulier la dĂ©co, qui dort dans des boĂźtes depuis longtemps ou alors Ă©tait disposĂ©e un peu au hasard ici et lĂ : toutes les bougies ensemble, les livres, les photophores, les miroirs, les tissus, etc. Ça m’a permis d’avoir une bonne vue d’ensemble de ce que j’ai, pour mieux Ă©valuer oĂč ranger ceci ou cela.

Le tri n’est pas terminĂ©! Mais j’ai fait beaucoup de prĂ©-tri. Par exemple, les livres, j’ai identifiĂ© ceux qui allaient retourner dans la bibliothĂšque du salon, ceux que j’allais donner (et lĂ  j’ai dĂ©jĂ  regroupĂ© dans des sacs par thĂšmes, si vous voulez de la SF anglophone il suffit de vous annoncer Ă  la rĂ©ception), ce que je devais vraiment trier, etc. J’ai regroupĂ© et commencĂ© Ă  classer tous les cĂąbles, rallonges, multi-prises qui Ă©taient stockĂ©s Ă  au moins 3 ou 4 endroits diffĂ©rents. Idem pour les outils. Les tissus indiens, j’ai bien pris le temps de voir ce que je pouvais en faire, si ça faisait sens de garder, etc.

J’ai aussi fait des achats un peu compulsifs de caisses transparentes en plastique (il y avait des actions chez Jumbo) et sollicitĂ© des sacs Migros dans mon entourage afin de ne pas manquer de rĂ©cipients pour trier et ranger.

OĂč as-tu rangĂ© les choses?

D’avoir fait mon inventaire “qu’est-ce que je fais oĂč dans mon appart, qu’est-ce que j’utilise oĂč” m’a beaucoup aidĂ©e. De voir aussi quelle quantitĂ© de telle ou telle catĂ©gorie d’objets j’avais aussi. Et de pouvoir commencer avec des espaces de stockage vides au salon Ă©tait extrĂȘmement prĂ©cieux.

J’ai bien compris, ces derniĂšres annĂ©es, que si je ne vois pas les choses j’oublie qu’elles existent. Donc si quelque chose est dans un tiroir ou une armoire, il faut que ce soit une catĂ©gorie claire et simple d’objets. Si c’est trop compliquĂ©, les choses finissent par trainer sur les surfaces (j’ai d’ailleurs, Ă  ce propos, diminuĂ© le nombre de surfaces Ă  disposition pour attirer du chenit dans mon espace de vie).

Un exemple: j’ai un meuble plein de tiroirs (16, pour ĂȘtre prĂ©cise). Jusqu’ici, j’y avais mis un peu pĂȘle-mĂȘle bougies, bougeoirs et encens. HonnĂȘtement, si j’ai sorti quelque chose d’un tiroir de ce meuble trois fois au cours de la derniĂšre annĂ©e, c’est Ă©norme. Une trĂšs mauvaise utilisation d’un meuble au salon! Les tiroirs servent maintenant pour des collections de petits objets courants: lunettes et Ă©tuis Ă  lunettes, paquets de mouchoirs entamĂ©s, stylos et post-its, ampoules, etc. Il va sans dire que je vais me prĂ©parer une jolie petite carte plastifiĂ©e qui indique oĂč va oĂč, une fois que l’organisation sera finalisĂ©e.

Je ne brĂ»le quasi pas de bougies, sauf parfois sur le balcon. Elles peuvent donc, pour le moment en tous cas, aller dans une boĂźte en plastique hors de l’appartement. L’encens, j’aime bien en brĂ»ler sur le balcon. J’ai dĂ©cidĂ© d’en mettre une sĂ©lection dans un tiroir pas loin du balcon, et au final, j’arrive Ă  tout mettre lĂ . Donc lĂ , on a une catĂ©gorie claire et simple: l’encens, c’est dans ces deux tiroirs. J’ai aussi un tiroir pour mon appareil photo, le trĂ©pied, la pochette de transports, etc.

Sous le lit, au lieu d’avoir des cartons de choses Ă  tirer ou qui devraient aller Ă  la cave, j’ai maintenant mis mes tissus indiens qui me serviront Ă  changer l’habillage du salon ou la dĂ©co, pour ceux qui vont au mur.

Et la déco?

La dĂ©co, ça a Ă©tĂ© ma hantise pendant Ă  peu prĂšs toute ma vie. Peur de faire faux, de faire des fautes de goĂ»t, de faire moche, d’ĂȘtre jugĂ©e, etc. Et aussi, le sujet de la dĂ©co rentrait dans mon gros angle mort de “l’expĂ©rience sensorielle du monde”, qui s’est Ă©clairĂ© il y a un peu plus d’un an lorsque j’ai fait ma formation d’hypnose (je dois toujours faire un article Ă  ce sujet). La dĂ©co, ça aide Ă  crĂ©er une atmosphĂšre.

A travers d’autres discussions rĂ©centes (merci TĂ©a et Sylvie), j’ai aussi compris que ce qui comptait, c’Ă©tait si moi ça me plaisait. Est-ce que j’aime quand c’est comme ça, ou pas? Et que, au fond, la dĂ©co c’est aussi s’entourer des choses qu’on aime. Donc si moi j’aime un truc, eh bien que je le mette quelque part oĂč je vais pouvoir le voir!

Mon espace de vie, il est pour moi en premier lieu.

Il paraĂźt que tu as dĂ©couvert les lumiĂšres connectĂ©es…

Ça, c’Ă©tait une des rĂ©vĂ©lations de ce grand rĂ©amĂ©nagement! Je savais bien entendu qu’on pouvait avoir des lumiĂšres connectĂ©es et plein d’autres choses dans le registre “maison connectĂ©e”, mais ça m’avait toujours donnĂ© l’impression d’ĂȘtre bien compliquĂ©. En fait, pas du tout! Et mĂȘme pas si cher que ça! AprĂšs qu’on m’en ait vantĂ© les mĂ©rites (merci TĂ©a!), j’ai dĂ©couvert qu’IKEA avait tout une gamme “Smart Home“, et j’ai profitĂ© de me faire expliquer les choses un peu correctement par un vendeur sur place.

Pour moins de 30.-, j’ai maintenant un interrupteur Ă  l’entrĂ©e de mon salon qui allume d’un coup toutes mes petites lampes d’ambiance. Mon rĂȘve depuis longtemps… Pour dĂ©marrer, j’ai simplement pris trois prises connectĂ©es. En fait, avec l’interrupteur, c’est un peu comme si on avait le bouton rouge du multiprises sur chaque prise, avec un contrĂŽle central Ă  distance.

Etape suivante: me procurer le hub qui donne accĂšs Ă  l’application sur le tĂ©lĂ©phone, acheter des ampoules (qui permettent aussi de rĂ©gler l’intensitĂ© ou mĂȘme la couleur Ă  distance, pas juste allumer et Ă©teindre), et installer tout ça ailleurs dans l’appart et Ă  l’eclau! N’hĂ©sitez pas Ă  me demander conseil, je suis maintenant relativement au point.

Es-tu satisfaite?

MĂȘme plus que ça, je suis ravie. Ça m’a fait un bien fou de reprendre le contrĂŽle de mon espace de vie. J’ai maintenant envie de me tenir dans mon salon! Il ne me stresse plus, car il n’est plus rempli de rappels visuels de tout ce que je devrais faire un jour si j’ai le temps (ranger, trier…).

Je suis aussi hyper contente d’avoir vidĂ© ma cave (j’y ai remis des choses mais elle a encore de la place), tout mis mes affaires “de rĂ©serve” dans des boĂźtes (avec des Ă©tiquettes mĂȘme si elles sont transparentes) et rangĂ© ça correctement dans ma piĂšce de stockage, triĂ© et prĂ©-triĂ© des choses qui en avaient besoin depuis longtemps, prĂ©parĂ© les choses Ă  donner, etc.

Il y a aussi des effets secondaires imprĂ©vus. Par exemple, j’ai beaucoup de thĂ©, depuis longtemps, mais j’en bois peu. Dans mon rĂ©amĂ©nagement, j’ai fini par mettre le thĂ© dans les Ă©tagĂšres du couloir (aussi comme dĂ©co car il y a plein de jolies boĂźtes et de jolies tasses), et c’est par consĂ©quent bien plus simple de me faire une tasse de thĂ© que quand il Ă©tait dans une armoire au fond du salon ou entassĂ© dans l’armoire au-dessus de l’Ă©vier. J’ai donc recommencĂ© Ă  me faire un thĂ© de temps en temps.

Pendant ces deux semaines, j’ai aussi sorti toute ma collection de CDs de la cave et numĂ©risĂ© tous ceux qui en avaient encore besoin. J’ai fait ça en tĂąche de fond, chaque fois que je passais devant le bureau oĂč Ă©tait l’ordi je mettais en route un nouveau CD.

J’ai mis mes albums photos au salon (au lieu de tout en haut du placard du couloir), et par la mĂȘme occasion dĂ©couvert que j’avais achetĂ© Ă  une Ă©poque toute une sĂ©rie de cadres pour mettre des tirages (je vais donc en faire quelque chose) et qu’il me reste deux boĂźtes contenant pas mal de tirages que je n’ai pas encore mis dans des albums. Une occupation sympa pour un week-end pluvieux!

J’ai aussi dĂ©cidĂ© de me faire des scrapbooks – dans mes boĂźtes de choses Ă  trier, il y a aussi plein de souvenirs ou autres petites choses que je n’ai pas trop envie de jeter, et qui seraient mieux dans un scrapbook que dans un carton Ă  la cave. Oui, il va falloir pas mal de jours de pluie. Dans la mĂȘme veine, j’ai dĂ©cidĂ© de faire de la jolie Ă©tagĂšre qui est maintenant dans ma chambre mon “Ă©tagĂšre du coeur”, une sorte d’autel oĂč je peux mettre des objets qui ont une signification particuliĂšre pour moi, des photos, des cartes reçues, etc.

Au chapitre des choses que j’avais oubliĂ© que j’avais: un nettoyeur de vitres Karcher. J’ai profitĂ© pour essayer de l’utiliser, histoire de savoir si je le garde ou le donne. C’est gĂ©nial! Avec ce truc, ça prend littĂ©ralement une ou deux minutes pour faire une vitre. Je prĂȘte et je fais des dĂ©mos, si jamais!

Qu’est-ce qui reste Ă  faire?

Plein de choses! DĂ©jĂ , toutes les choses qui Ă©taient sur ma wishlist mais que j’ai dĂ©priorisĂ©es: mettre du joli PVC au sol dans la cuisine et la salle de bains, recouvrir les armoires de la cuisine de papier autocollant plus joli que le formica brun des annĂ©es 60, trier/ranger les armoires et Ă©tagĂšres de la cuisine et de la salle de bains, m’occuper du balcon (pas touchĂ©), de mon coin bureau et de l’eclau, rĂ©organiser le dressing…

Mais dans l’immĂ©diat, il reste des choses “en plan” (sous contrĂŽle toutefois) que je n’ai pas pu boucler durant ces deux semaines: 4 ou 5 boĂźtes de chenit Ă  trier, outils et choses Ă©lectriques Ă  trier et ranger, donner les choses Ă  donner (il va y avoir une sĂ©rie de publis facebook “qui veut ce truc?”), livres et CDs Ă  dĂ©barrasser pour certains et finir de trier pour d’autres, complĂ©ter la dĂ©co dans l’appartement (mais maintenant l’idĂ©e ne me paralyse plus), rempoter certaines plantes pour qu’elles puissent trouver leur place dĂ©finitive…

J’ai aussi prĂ©vu de faire un inventaire de ce qui est oĂč (pas dĂ©taillĂ© mais “les affaires de via ferrata sont rangĂ©es ici”).

C’est marrant, maintenant que j’ai eu ces deux semaines pour me lancer, je suis impatiente d’avoir Ă  nouveau un moment pour continuer Ă  avancer dans mon rangement!

Que faut-il retenir? Qu’y a-t-il d’autre Ă  ajouter?

  • avoir du temps devant soi Ă  consacrer entiĂšrement Ă  son espace de vie, c’est libĂ©rateur
  • tout vider et catĂ©goriser ses affaires aide beaucoup (tout le monde n’a pas le luxe d’avoir autant d’espace que moi pour ça, mais ça vaut la peine de prĂ©voir un espace dĂ©diĂ©)
  • boĂźtes transparentes et Ă©tiquettes! (marqueur sur scotch de carrossier c’est dĂ©jĂ  bien)
  • utiliser un vieil iPad comme photoframe (merci Karin!)
  • les ampoules dĂ©co de Girard Sudron
  • pour le rangement: combien j’en ai, Ă  quelle frĂ©quence j’utilise, oĂč est-ce que je l’utilise?
  • faire un planning c’est toujours utile, ça sert de point de repĂšre mĂȘme si on finit par faire autrement
  • mon thĂ© dans le couloir
  • les meubles Ă  petit tiroirs pour ranger les petites choses plus ou moins utiles Ă  avoir sous la main
  • la dĂ©co, c’est faire un truc qu’on aime
  • si on a plein de petits objets qu’on aime et qu’on veut pas jeter, c’est OK d’en faire de la dĂ©co!
  • ne pas oublier de faire des photos “avant”

Photos avant/aprĂšs

(j’ai dĂ» fouiller dans les archives pour certaines, et les photos sont pas top comme si on avait fait exprĂšs! vous pouvez cliquer dessus pour les voir en plus grand)

Encore un matin… [en]

[fr] Little Victories: the title of the book Aleika told me she would write someday. Little victories are important in life. My kitchen table is clean (and has been so for a few weeks), and I'm getting in the groove of taking the time to wake up, shower, breakfast, clean the dishes before getting to work. Mornings have become easier.

Lorsque j’habitais en Inde avec Aleika, elle me disait que le livre qu’elle Ă©crirait un jour (nous avions — et avons — toutes deux des ambitions d’Ă©crivain) s’appellerait “Small Victories”: “Petites victoires”.

C’est important, les petites victoires. Depuis des annĂ©es, je suis persuadĂ©e que ce qui fait la vie, ce sont les petites choses.

Donc, encore un matin oĂč je me rĂ©veille de moi-mĂȘme vers 9h30. Je peux, je bosse chez moi, je fais mes horaires — c’est un petit luxe que je peux me permettre. Et comme je disais Ă  un ami hier soir, je me tape les cĂŽtĂ©s moins plaisants de la vie d’indĂ©pendant, donc autant que je profite Ă©galement des avantages!

Encore un matin aussi oĂč je me lĂšve, me douche, m’habille, dĂ©jeune et fais la vaisselle avant d’ouvrir l’ordinateur. Ça paraĂźt futile, comme ça, mais c’est important. J’en avais dĂ©jĂ  pris conscience il y a un moment, mais je peinais Ă  mettre en pratique. LĂ , avec le ralentissement bienvenu de mon retour de vacances, c’est chose faite. Je prends le pli.

Je n’ai plus envie de courir. Je l’ai dĂ©jĂ  dit, j’Ă©tais tombĂ©e dans une spirale de travail un peu frĂ©nĂ©tique. Mais si je regarde en arriĂšre et pense Ă  toutes les heures que j’ai passĂ©es Ă  promouvoir Going Solo Lausanne, eh bien, il n’y a pas un lien direct Ă©vident entre l’effort fourni et le rĂ©sultat. Je dis ça dans le sens oĂč une grande partie de ce que je fais est sans effet. De temps en temps, ::pouf::, quelque chose prend. Mais ce n’est pas travailler Ă  toute vitesse, rajouter une demi-heure Ă  mes journĂ©es, ou maximiser l’envoie d’e-mails qui va vraiment changer la face du monde. Qui sait, cet article que je prends le temps d’Ă©crire va peut-ĂȘtre indirectement amener un sponsor ou un participant Ă  Going Solo Leeds… On peut rĂȘver, mais bon (je lis “Fooled by Randomness” en ce moment), ce n’est absolument pas impossible.

Donc je ne cours plus. Je fais les choses tranquillement. Je prends le temps de déjeuner sans regarder quelle heure il est.

Du coup, donner un coup de patte Ă  la table et faire la vaisselle, ce n’est plus un problĂšme.

Et nous revoilĂ  dans les petites victoires: ma table de cuisine est propre, et l’a Ă©tĂ© de façon constante depuis des semaines. C’est con, mais c’est important. Ma table de cuisine avait la fĂącheuse tendance Ă  ĂȘtre envahie par toute une pile de chenit. Beaucoup n’en reviennent pas, mais je suis en fait une bordĂ©lique de premiĂšre. C’est relativement sous contrĂŽle (je peux encore faire le mĂ©nage) mais les Ă©tagĂšres et autres surfaces souffrent un peu du syndrome de la pile hĂ©tĂ©roclite. (J’ai fait les Ă -fonds de ma salle de bains l’autre semaine, et j’ai dĂ©barrassĂ© un bon sac poubelle et demie de choses. Ma salle de bains n’est pas immense, et ça fait moins de cinq ans depuis les derniers Ă -fonds ;-))

Donc, ma table de cuisine est propre, la cuisiniĂšre aussi, et la vaisselle est faite.

Reste plus qu’Ă  faire mes impĂŽts et ma compta ce week-end.