Troubles musculo-squelettiques (Repetitive Strain Injury)

Quand l’ordinateur fait mal, ou la « maladie de l’ordinateur ».

Il existe une liste de discussion par e-mail francophone, avec une bonne liste de liens et surtout des des archives qui commencent à  contenir une mine d’informations !

J’ai dicté ce récit en décembre 2002. Aujourd’hui, début 2005, les choses vont mieux depuis un bout de temps déjà . Je gère mieux mes douleurs, je tape à  nouveau beaucoup depuis une bonne année, mais les TMS restent toujours présents en toile de fond. Si j’exagère, j’ai mal, et je dois laisser mon clavier de côté quelques jours.

Le déni ne vous sauvera pas

J’ai toujours été physiquement active. Je n’aurais jamais imaginé me trouver un jour limitée dans ce que je peux faire. Aujourd’hui, il m’est très pénible de taper sur un clavier, d’utiliser une souris, ou simplement d’écrire. Je suis d’ailleurs en train de dicter ce texte avec un logiciel de reconnaissance vocale.

Sans vouloir vous alarmer (mais un peu quand même), cela pourrait vous concerner aussi : il n’est en effet pas impossible que les dégâts causant les troubles musculo-squelettiques (Repetitive Strain Injuries en anglais) se fassent dans les dix à  quinze ans précédant l’apparition de douleurs.

Mon histoire : comment la douleur a débarqué

Durant des années, j’ai tapé sur des ordinateurs sans avoir aucun problème. Je tape vite et bien, et cela ne me pose pas de problèmes de passer plusieurs heures devant l’écran. J’ai bien fait une ou deux tendinites au poignet droit à  des époques où j’abusais de la souris dans des positions vraiment peu ergonomiques ou avec des programmes mal fichus. Mais avec un peu de repos elles se sont bien arrangées. Je suis d’ailleurs assez vite devenue « ambidextre de la souris » pour pouvoir parer au retour de la tendinite dès les premiers signes avant-coureurs… Oui, je sais, vous n’avez jamais eu de tendinite.

Au mois d’août 2002, j’ai commencé à  avoir les avant-bras crispés et douloureux lorsque je tapais, après de longues périodes d’utilisation de l’ordinateur. J’ai aussi réalisé après coup que durant les semaines qui précédaient, ma souris s’était mise à  passer de ma main droite à  ma main gauche et vice versa de plus en plus fréquemment. Je me suis dit que deux semaines de vacances sans ordinateur me feraient le plus grand bien. J’avais raison.

Ce que je n’avais pas prévu, c’était que sitôt le travail repris, les douleurs reviendraient à  la charge, en empirant.

Assez vite, j’ai pris le taureau par les cornes (enfin, surtout après avoir dû faire une dizaine de pauses en tapant ceci). Je me suis documentée, je me suis inscrite sur une liste de distribution, j’ai fait une pause, commandé et installé mon logiciel de reconnaissance vocale. J’ai fait quatre semaines d’arrêt maladie en attendant un aménagement ergonomique de ma place de travail et l’installation du logiciel de reconnaissance vocale.

La douleur dans mes avant-bras est chronique. Dieu merci, c’est une douleur tout à  fait supportable si je surveille l’utilisation que je fais de mes mains. Elle ne m’empêche pas de dormir la nuit, par exemple. Si je passe quelques jours sans toucher du tout à  un ordinateur, j’ai nettement moins mal. Par contre, si je me mets à  taper, à  écrire, ou à  utiliser la souris, j’ai très vite assez mal pour arrêter.

Prenez soin de vos mains avant qu’elles ne vous fassent mal

Bon, je ne vais pas vous embêter plus longtemps avec ma petite histoire personnelle. J’espère qu’elle vous aura donné une idée de la situation dans laquelle je me trouve, et convaincus qu’elle n’a rien d’enviable.

Vous aurez compris qu’il faut agir avant d’avoir mal. Prenez garde à  votre posture et à  l’ergonomie de votre poste de travail. Faites des pauses fréquentes. Très honnêtement, même si l’on est motivé, le seul moyen de véritablement prendre des pauses est d’installer un programme comme RSIGuard. Lorsque l’on travaille à  l’ordinateur, on perd inévitablement la notion du temps. Installez un programme comme Mousetool (attention, si vous avez déjà  mal, un tel programme peut vous encourager à  utiliser encore plus la souris et être contre-productif — c’est ce qui m’est arrivé).

Il n’est pas impossible que le plus dommageable dans le travail à  l’ordinateur soit tous ces moments où l’on n’est pas exactement en train de faire quoi que ce soit : les mains suspendues au-dessus du clavier, ou posées sur la souris, tendues et prêtes à  l’action mais immobiles. Posez vos mains sur vos genoux lorsque vous n’êtes pas en train de les utiliser activement.

Et surtout, si votre travail à  l’ordinateur commence à  devenir inconfortable, prenez cet inconfort au sérieux. N’attendez pas d’avoir trop mal pour taper avant d’agir.

Ressources

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7 Responses to Troubles musculo-squelettiques (Repetitive Strain Injury)

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  4. Céline Empain says:

    Bonjour ! Je laisse un message parce que j’ai apprécié ta page sur les chats d’appartement, puis j’ai été attirée par ta page sur le TMS. Je veux t’apporter un témoignage plein d’espoir: je pense avoir souffert de TMS/RSI en anglais, bien que je n’aie pas rencontré de médecin pour me confirmer cela; je n’ai plus jamais mal aux épaules, et mes contractures, qui étaient permanentes ont complètement disparu: oui, je témoigne, c’est possible. Ces douleurs sont apparues pendant mes études, lors de mon mémoire, suite à de longues stations assises au microscope ou (mal installée, puis malgré l’aménagement de mon espace de travail) devant un pc. Mon traitement a consisté à suivre des cours d’Alexander Technique, corriger mon terrain physiologique (prendre des compléments alimentaires adaptés à mes carences avérées en Magnésium et d’autres (spasmophilie, analyse de sang, mais des globules rouges)), et mieux gérer mon angoisse par rapport à la douleur et à mon travail, ainsi que prendre conscience de mon corps, dans différents états de conscience justement: par les audiocaments/métarelaxation, téléchargeables sur internet. Les praticiens d’Alexander Technique ont écrit des bouquins par rapport à l’usage que la tête fait du corps, consciemment ou inconsciemment, et des principes pour se mouvoir à l’économie, pour réparer notamment les mains, la ceinture scapulaire, la nuque, les hanches… Pour moi c’est l’école du dos en plus sensible, “sharper”. Le bouquin d’Elisabeth Langford, “Mind and Muscle” est excellent, j’ignore s’il est disponible de l’étranger. Et réexpérimenter le bonheur de la détente physique passive grâce à des scéances de réflexologie (ou n’importe quelle autre technique qui te plaît j’imagine, j’ai aussi testé l’eutonie), et une technique de natation adaptée, basée sur la technique Alexander, cf DVD sur le site internet “the art of swimming”. Bon il faut dire que j’ai aussi changé d’orientation professionnelle pour mon plus grand bonheur. Si je me sers toujours d’un pc, c’est à plus petite dose. Prends bien soin de toi.

  5. Céline Empain says:

    C’est re-moi, j’avais vérifié, le bouquin d’Elisabeth Langford a l’air disponible, et je voulais rajouter qu’il existe en français, il s’appelle alors “l’esprit et le muscle”. Vraiment il est excellent, excellent. Le mieux est de voir si tu peux te faire suivre par un praticien.

  6. Céline Empain says:

    Tiens ! J’ai oublié de préciser que l’auteur de ce livre est violoniste et est arrivée à la technique Alexander via un méchant RSI/TMS, duquel elle a elle aussi non seulement complètement récupéré, mais aussi pu améliorer sa technique artistique pour jouer et s’entraîner encore plus qu’avant! Encourageant non? Elle consacre donc un plein chapitre au RSI/TMS dans son livre, et tous les autres chapitres seront utiles de près ou de loin. Notamment celui sur l’usage des mains, de la nuque et des épaules. Bon courage, et les personnes qui souffrent, soyez gentils avec vous même !

  7. Stephanie says:

    Hello Céline,

    merci pour ton message. Depuis 2002, ma situation a beaucoup évolué — de façon positive. Je n’ai plus de douleurs handicapantes, je m’écoute beaucoup plus, quand je rechute, je ralentis le rythme et je file chez l’ostéo, qui a découvert que mes douleurs aux mains sont liées d’une façon à l’autre à des histoires de tension dans mes artères… va savoir. Bref, tout ça est plutôt sous contrôle.

    L’Alexander Technique m’intéresse depuis longtemps et est sur ma liste de “choses à faire” — ton commentaire m’encourage dans ce sens! Contente de savoir que tu t’en es sortie, en tous cas.

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