Culture [en]

Juste une note. Comme le relève Karl aujourd’hui, on peut se poser la question de l’autonomie de la culture et de ses sources de financement.

A l’UNIL, le financement privé des chaires et des enseignements fait tout doucement son apparition – à  la grande inquiétude de la communauté, en sciences humaines particulièrement. Je crois vraiment que l’éducation est un domaine qui devrait rester le plus indépendant possible des enjeux commerciaux et économiques pour les groupements privés.

Pillows [en]

There is a lady in her fifties who lives in the building opposite mine. Almost every morning, I see her put the pillows at the window to air them.

First, a piece of cloth to protect them from any dirt which might be living on the window-sill. Pillow number one. Pat it. Turn it over. Pat the second side. Pillow number two. Pat, turn, pat. Place next to pillow number one. Pillows three and four, on top of the first two. She takes her time. Always the exact same gestures. And then the night-gown. Shake, shake, imprison between pillows three and four, overlapping slightly for the purpose.

She comes back some time later, brings in the pillows, pulls the curtains – arranging the folds with care – and closes the window.

She never smiles. She doesn’t look happy. She doesn’t even really look there. I wonder what her life is.

Sexisme et Majuscules [en]

Je viens de faire péniblement le tour du dernier numéro de L’auditoire, le journal des étudiantEs de Lausanne. Je ne parlerai pas des articles, dont certains commencent franchement à  ne plus valoir le papier (recyclé) sur lequel ils sont imprimés, mais des abérrations typographiques supposées faire avancer la cause de la femme.

Il s’agit, vous l’aurez compris, de l’introduction de majuscules au milieu des mots comme dans “étudiantEs”, et de l’utilisation systématique d’expressions comme “il·elle” ou “attentif·ves” – procédés qui en plus de déranger la lecture (je vous mets au défi de lire un texte ainsi traité sans que vos yeux tressaillent à  leur contact), m’irritent profondément par leur inutilité.

La féminisation des noms de professions m’est déjà  parfois pénible. Lire “professeure”, “auteure” ou (pire) “cheffe” me fait en général sourire. D’autant plus que l’on ne s’amuse pas à  dire d’un jeune homme qui fait son service militaire qu’il est “un recru”. Appelez-moi conservatrice si vous le voulez.

J’ai déjà  abordé il y a quelques semaines la question de l’égalité des sexes, et des places respectives de l’homme et de la femme dans la société. C’est une évidence qu’il y a à  l’égard des femmes préjugés et discrimination. C’est une évidence aussi qu’un homme et une femme faisant le même travail devraient gagner le même salaire.

Mais c’est une évidence aussi que les hommes et les femmes sont différents, et que lorsque l’on postule pour une place de travail, on ne peut pas dissocier son “moi professionnel” de son “moi personnel”. Les frontières ne sont pas étanches. On est engagé pour qui l’on est aussi bien que pour ce que l’on fait. Et si je suis une femme, je ne suis pas un homme. On ne peut pas faire abstraction du sexe d’une personne.

Revenons-en au langage et aux majuscules à  l’intérieur des mots. Je suis la première à  dire que le langage influence la pensée et qu’on sous-estime souvent sa force. Mais il y a des limites. Les règles d’accord du français voient la dominance du masculin sur le féminin. Clairement, on peut y voir l’héritage d’une culture patriarcale. Mais est-ce vraiment en forçant la langue hors d’elle-même que l’on fera avancer la cause féminine?

Je pense personnellement que c’est plutôt en mettant en place des structures sociales telles que des crèches, l’assurance maternité, le congé paternité et que sais-je, en encourageant le travail à  mi-temps et en insistant sur le dépistage et la lutte contre le harcèlement à  la place de travail (qu’il soit sexuel ou moral) que les choses bougeront.

J’attends vos remarques sur le coup de gueule de la journée!

First Snow [en]

This morning Lausanne was covered by a thin white blanket of snow. It is the first snow of the season here, and it is very late.
I woke up just in time to take some pictures before everything started melting away.