Dernière nuit, dernier matin. Dernière injection d’insuline. Derniers médicaments du matin – je lui donne un Cerenia entier, parce que c’est le dernier de la boîte, et sait-on jamais, il sera peut-être un poil mieux qu’avec un demi. Et si c’est pas le cas, c’est pas comme si je devais garder la moitié pour demain.
J’ai sorti mon pilulier, celui que j’ai acheté après mon accident, quand j’ai réalisé que mon pauvre cerveau n’était régulièrement plus au clair sur où j’en étais avec ma prise de médicaments. Ça fait longtemps que je ne l’utilise plus. Mais là, tout comme hier à la Migros j’ai acheté ce que j’appelle de la “nourriture d’urgence”, je l’ai sorti, en me disant que peut-être cette prochaine semaine ce ne sera pas du luxe de ne pas avoir à me demander si j’ai bien pris mes médicaments ou pas.
Hier après-midi, après sa dernière crise, quand le Valium a commencé à faire effet, Oscar a fait un brin de toilette. Il a même passé la patte derrière l’oreille, quelque chose que je ne l’avais plus vu faire depuis au moins… un an? deux ans? plus?
Ce matin, après avoir mangé sa pâtée avec ses médics, il a léché son plastron un petit peu. Ça aussi, ça faisait longtemps. Quelques coups de langue.
Je suis contente qu’il semble “bien”. Contente pour lui. Mais c’est si dur pour moi. Il n’a pas l’air moins bien qu’il y a six mois, juste là sur le balcon, à s’étirer un coup après avoir observé le monde extérieur à travers la jungle de plantes accrochées à la balustrade. Après sa pancréatite de l’automne dernier, dont il s’est tiré de justesse, il a repris du poids.
Il est stable, là, si on fait abstraction de ce qui se trame dans son cerveau. Si on fait abstraction des moments où brutalement, il perd conscience, perd le contrôle de son corps, convulse, se fait dessus, crie parfois. Si on fait abstraction des minutes et parfois heures qui suivent où il est désorienté, agité, clairement incomfortable, anxieux ou irritable, pas sûr d’où il est, de ce qu’il veut, et peut-être même de qui il est.
Hormis les crises, il ne semble pas trop mal. Certes, la mobilité c’est vraiment compliqué. Trois pattes pour commencer, c’est déjà pas toujours évident. Mais je me souviens, quand il est arrivé ici, à l’automne 2019, juste avant la pandémie, avant mon opération au poignet. Il sautait sur la table. Ce sont les pattes arrières qui comptent pour ça, vous me direz, et vous aurez raison. Mais il sautait sur la table, il en descendait, il se débrouillait bien.
Cela faisait moins d’un an qu’il avait été amputé, et c’était déjà un chat vieillissant. Âge incertain, estimé à une quinzaine d’années. J’avais dit “nan, il a jamais quinze ans, plutôt dix”. Aujourd’hui, j’en sais rien. Cela fait des années qu’il a passé dans la catégorie “grands seniors”. Une chère amie qui connaît les chats mieux que personne m’avait dit “autour de 15 ans ils passent un cap, côté vieillissement”. Ou quelque chose comme ça. Il y a un moment où le vieux chat devient visiblement “très vieux”. Oscar a passé ce cap il y a longtemps.
La mobilité c’est compliqué, je disais. C’est pas juste le nombre de pattes. C’est l’arthrose qui déforme ses articulations, tellement que même moi je vois sur les radios que ça va pas. Il a toute une série de traitements pour la douleur, depuis des années. Elle est bien prise en charge – en tous cas je le crois.
La douleur, chez le chat, c’est un truc qui m’obsède. Parce que je sais qu’en tant que petit animal, même si c’est un chasseur redoutable, le chat a aussi des comportements de proie. Il cache sa douleur. Il ne la manifeste pas. Le chat n’est pas non plus un animal “social” au même titre que le chien ou l’humain. Il ne dépend pas des relations avec ses congénères pour sa survie. Cela colore la façon dont il apprend, entre en relation, et communique. Il ne se plaint pas. Quand il a mal, il fait moins, il bouge moins, il ne saute plus sur la table, il dort.
Quand on voit quelque chose, c’est qu’il a déjà très mal. Alors ça m’obsède: je ne veux pas que mes chats aient mal. Quand Tounsi est mort, je n’ai pas vu qu’il avait terriblement mal pendant une journée entière, alors même qu’il était paralysé par une thromboembolie aortique. Il ne criait pas, il semblait “normal” à mes yeux. C’est seulement quand j’ai mis l’oreille sur sa poitrine que j’ai entendu que sa respiration était un peu gémissante, et que j’ai pensé à en mesurer la fréquence, et que j’ai soudain compris qu’il souffrait.
Oscar se déplace avec difficulté, même les bons jours. Trois vieilles pattes frêles, déformées par l’arthrose, dont la musculature a fondu au fil des ans. Et par-dessus ça, des problèmes neurologiques qui rendent leur contrôle de plus en plus difficile. Il y a des chances que la source des difficultés avec ses pattes soit la même que celle des crises. On ne le saura jamais avec certitude, mais c’est probable. Les pattes ne font pas forcément ce qu’il veut. Elles vivent parfois leur propre vie. Se lever, c’est devenu de plus en plus compliqué pour lui. Ses gamelles sont surélevées. Se déplacer, faut que ça en vaille la peine.
Mais il ne lâche rien, il veut quand même. Il avance, il descend les deux étages d’escaliers qui mènent à l’eclau (que je ne m’avise pas de vouloir le porter), il monte sur le canapé, essaie même parfois d’en descendre direct sans utiliser ses petits escaliers, et est capable de piquer un sprint dans le jardin afin de pourchasser un autre chat, alors même qu’une minute avant il semblait ne plus réussir à tenir debout. Comme a dit une fois une de mes voisines, en le voyant foncer sur Juju: “heureusement qu’il n’a que trois pattes!”
Alors oui, Oscar est un très vieux chat et il a la vie qui va avec. Mobilité réduite, maladies chroniques et médicaments, visites chez le vétérinaire, beaucoup de siestes et surtout, ses petites habitudes. Différents moments de la journée, différents lieux de sieste. Le balcon, le salon, la chambre, et surtout, en bas sur le canapé, avec vue directe sur le jardin et Juju dans les parages.
Du temps d’Erica déjà, j’avais dû mettre une séparation à l’eclau. Oscar avait commencé à y descendre, et un jour j’ai réalisé qu’Erica venait de moins en moins dans la “partie bureau” de l’eclau. Petit à petit, Oscar était en train de le chasser. L’espace auquel Erica avait droit à l’eclau rétrécissait, rétrécissait encore, et on allait se retrouver dans la situation où Oscar ne le laissait même plus rentrer par la chatière. J’ai donc installé une séparation amovible, qu’Erica pouvait franchir s’il le souhaitait, mais pas Oscar – pour préserver un “safe space” intérieur pour Erica.
Après le décès d’Erica, Oscar a eu accès à l’ensemble de l’eclau, et il a très vite décrété que le meilleur spot c’était le perchoir devant la chatière. Il y passait de longues heures, même des journées entières. Le mari d’une amie avait bricolé auparavant pour moi une série de plate-formes au mur pour y faciliter l’accès, tant pour Erica qu’Oscar. C’est d’ailleurs en allant récupérer Oscar sur ce perchoir, un soir, que j’ai rencontré Juju.
La nuit, Oscar dort avec moi. Au creux de mon bras, comme le faisait Bagha. Je lui ai appris. Du vivant de Quintus, Oscar dormait au salon. Je les séparais quand j’étais absente ou que je dormais. Oscar, c’est le Roi. Quand le Roi arrive, on se pousse. C’est très clair, ça, chez lui. “Poussez-vous, le Roi arrive!” avait dit le vétérinaire comportementaliste que j’avais consulté suite a une altercation entre Oscar et Quintus dont le résultat avait été que Quintus n’osait plus aller au salon. A force de patience et de persévérance, j’avais pu raccommoder un peu la relation entre les deux, mais la surveillance était de mise.
Oscar le Roi: tout le monde fuit devant lui. Erica, Juju, les chats qu’il croise dans le jardin. Au chalet, une fois, il a croisé le matou qui régnait sur le quartier. Oscar n’a eu qu’à bomber le torse, se grandir un peu, regarder férocement son rival avec un grognement et celui-ci avait déjà déguerpi, avant même qu’Oscar ne se lance à sa poursuite, oubliant le temps de quelques mètres les trois pattes et l’arthrose ainsi que l’absence de dents. Il avait déguillé en bas du talus, dignité égarée dans les herbes montagnardes, mais l’autre n’en a jamais rien su, loin depuis longtemps.
Le Roi dort avec moi, au creux de mon bras, comme je lui ai appris. Après le décès de Quintus, Oscar a eu accès à ma chambre la nuit. Comme Tounsi avant lui, il avait choisi de s’installer contre mes jambes, ou même entre elles. Je ne sais pas vous, mais moi, je ne trouve pas ça super confortable, le chat qui coince les jambes pendant qu’on dort. Quintus, lui, dormait sur l’oreiller – il avait même le sien à la fin. Ça allait aussi bien. Mais entre les jambes, c’est bof. Donc petit à petit, je l’ai convaincu de tester le creux du bras. Et c’est comme ça qu’on s’endort chaque nuit depuis.
Dans les habitudes d’Oscar, qui persistent dans sa vie de petit vieux, il y a le massage d’oreille. Quand il est arrivé ici, Oscar faisait sa toilette. Certes, certaines régions étaient compliquées à atteindre avec une patte en moins, mais il faisait ce qu’il pouvait. Il toilettait d’ailleurs toujours soigneusement son plastron et la zone où manque la patte. Pour le museau, il faisait les deux côtés avec la patte qui restait. Mais l’oreille gauche… compliqué. Il a toujours aimé qu’on le caresse sur la zone d’amputation, et frotter son oreille dans la main. Il aimait aussi beaucoup venir frotter son museau contre les orteils qui trainaient.
Comme d’autres aspects de sa vie qui se sont rétrécis avec le temps, la toilette s’est réduite au point que maintenant, une “grande toilette” consiste à lécher la patte et la passer quelques fois sur le museau. Cela fait longtemps qu’il ne fait plus véritablement de toilette. Difficulté d’accès, difficultés de mobilité ensuite, maladies et vieillissement… Malgré l’absence de toilette, son poil n’est pas si catastrophique que ça. Il n’est pas magnifique, on s’entend. Mais là, couché à côté de moi à l’ombre du drap que j’ai suspendu pour le garder à l’ombre pendant que j’écris (au fil des paragraphes le soleil est sorti et avance dans le ciel), il n’a pas le poil d’un chat à l’article de la mort. Parce qu’il ne l’est pas, même s’il l’est, en fait.
Il y a eu des périodes où j’avais réussi à faire en sorte qu’il accepte d’être peigné. Ça n’a pas été simple, il a fallu de la patience, mais on y est quand même arrivé. Quelques coups de peigne, ici et là, au fil des jours, pour entretenir un peu le pelage et éviter les pire noeuds. Là, ça fait un moment que je ne le fais quasi plus, parce que ce n’est pas agréable pour lui, et qu’on est dans une perspective de temps de vie limité.
Quand il a eu sa pancréatite il y a maintenant plus de six mois, j’ai cru que c’était fini. J’ai aussi cru qu’il allait y rester en 2021, avec sa gingivostomatite. Il y a eu plein d’autres frayeurs, plus en toile de fond. Quand il a commencé à perdre du poids. Quand son diabète s’est déréglé. Quand l’insuffisance rénale s’est pointée et a commencé à évoluer. Mais on s’en est sortis à chaque fois.
Quand il est arrivé chez moi, son diabète était sous contrôle mais moyennement régulé. Il était vieux, il avait été malade peu avant, on le pensait plutôt sur la fin. Quelques semaines plus tard son diabète était parfaitement régulé, et au printemps 2020, après plusieurs fausses alertes, il est entré en rémission. Une année plus tard, les problèmes infectieux ont débarqué. D’abord une infection importante au nez, après le décès de Quintus, et six mois plus tard, la bouche, ce qui a résulté en une extraction totale de ses dents et une mise sous cortisone qui a nécessité une reprise de l’insuline. Je vous passe les détails, mais c’était une année vraiment difficile, j’ai cru le perdre plusieurs fois – jusqu’à ce qu’on se décide à passer à la cortisone. Il est resté dix-huit mois sous cortisone, et quand on a pu arrêter, il était “toujours” en rémission, dont il est sorti un peu moins d’un an plus tard, début 2024.
Je pense que personne n’aurait parié qu’il serait encore en train de chiller sur le balcon au printemps 2026. Mais à force qu’il surmonte tout ce que son corps mettait sur le chemin, on a presque fini par croire qu’il était immortel. “Il va tous nous enterrer,” avait dit une fois en riant sa vétérinaire.
Depuis novembre dernier toutefois, quand il a fait sa première crise convulsive, l’horizon s’est rétréci. Mais là aussi: en janvier, le vétérinaire neurologue disait prudemment “des mois, mais plutôt des semaines”. On est le 3 mai. C’est pas que je tienne à battre des records ou défier les pronostics. Et je sais que le chat est un animal coriace, qui peut revenir de très loin. Mais c’est mon vieux chat et je ne veux pas qu’il meure. Donc chaque bout en plus, c’est un bout en plus, même si c’est aussi douloureux de vivre au quotidien avec l’épée de Damoclès de la maladie incurable et de perspective de la décision à prendre, quand il sera temps.
On y est. Dans quelques heures. Oscar a quitté le balcon pour s’installer sur le lit. Un changement de lieu de sieste typique. Il commence à faire chaud, là dehors. Quand je regarde Oscar juste maintenant, à l’intérieur je crie non, je n’arrive pas à réconcilier l’animal vivant et “qui va”, qui respire, flaire mes doigts et s’y frotte, au poil doux et chaud sous ma main, avec sa mort à venir, prévue et nécessaire. Alors je repense à hier après-midi, sa dernière crise, au cri qu’il a poussé et qui m’a fait accourir, à sa confusion ensuite. Je pense à celle de la nuit de vendredi à samedi, à celle de jeudi matin, à celles qui ont précédé. Je sais que ça ne peut pas s’arranger. Je sais qu’il est temps.
Mais à l’intérieur mon coeur se débat et essaie de raconter qu’il y a peut-être encore de l’espoir, que c’est trop tôt aujourd’hui, qu’on pourrait attendre demain comme initialement prévu, qu’on pourrait peut-être attendre encore parce que qui sait, il y aura peut-être à nouveau une semaine ou dix jours ou deux semaines de répit, qu’il n’a pas fini de vivre, qu’on doit pouvoir faire quelque chose…
Mon coeur se débat parce que la fin de l’existence résiste à mon entendement d’être qui existe, parce que la mort qui délivre de la souffrance ça fait sens mais ici, la souffrance n’est pas sous mes yeux ou dans les yeux mouchetés de brun du vieux chat installé dans son panier, elle est dans le futur à la fois incertain et certain de la prochaine crise qui surviendra, et la suivante, et la suivante, jusqu’à celle qui ne s’arrêtera pas.
Alors je fais un compromis, je choisis pour Oscar une mort paisible et contrôlée, je choisis de ne pas repousser l’inévitable de quelques jours ou quelques heures parce que je sais que ce temps gagné serait au service de l’angoisse et de la peur, pas de la vie ni de l’amour. Ce temps serait une coquille vide.
Mais mon coeur n’est pas convaincu. La mort et la douleur lui font trop peur.
Pendant que j’écrivais ces dernières lignes, Oscar a commencé à s’agiter un peu. Il a quitté le lit pour le salon, il s’est levé, désorienté, recouché, relevé. Recouché, relevé. Retourné sur le lit.
Une part de moi espère presque que ce soit une crise qui se prépare, parce que ça rendrait les choses plus faciles, tout à l’heure. Mais évidemment qu’au fond je ne veux pas ça, parce que je préfère qu’on puisse passer ces dernières heures sereinement, déjà, et parce que je veux qu’il vive ce qui lui reste de vie le plus confortablement possible. Je suis sûre que vous comprenez ce genre de dissonance émotionnelle.
Ce soir, quand Oscar sera mort, je m’endormirai chez moi pour la première fois sans chat, à quelques exceptions près, depuis bientôt quinze ans. Je serai seule dans un appartement dont j’ai pensé l’aménagement pas juste pour moi, mais aussi pour mon vieux chat. Qui ne sera plus là. Il y a des escaliers pour chat avec des protections pour ne pas qu’il en tombe un peu partout. Il y a des paniers à chat un peu partout. Il y a des coussins et couvertures à côté du lit parce qu’il en est tombé une ou deux fois, ces derniers mois. Il y a dans la cuisine des étagères et tiroirs entièrement consacrés à sa nourriture, à ses médicaments. Il y a une litière aux WC et une gros conteneur pour les pellets. Il y a des gamelles, il y a même un tapis dans le couloir que j’ai mis pour lui, parce que le parquet a commencé à être trop glissant à un moment donné. Il y aura tout ça, mais il n’y aura plus de chat.
Oscar n’est pas mon premier chat, ni le premier chat que je vois mourir. Mais comme chacun des autres, il est unique. Il est une vie irremplaçable et précieuse, en particulier à mes yeux. Il est mon compagnon-témoin d’une tranche de vie, un lien affectif plus stable et long que beaucoup de relations humaines. Durant six ans et demi, il a été une constante dans ma vie. Pas le chat le plus câlin de la planète, pas le champion du ronron, mais un chat avec une très grande personnalité, un warrior, une histoire singulière dont une part restera toujours un mystère, et qui s’évaporera quand son coeur s’arrêtera de battre.
Ce soir, mon appartement sera vide. Il y a des années, j’ai une définition de ce qu’est “à la maison”, “home” en anglais. “Home is where the cat is.” Il me reste Juju, mais Juju ne vit pas ici. Il vit deux étages plus bas, et dehors dans tout le quartier, surtout la nuit. Un jour, il vivra aussi ici, mais ce n’est pas encore le cas. Il va me falloir du temps, comme il m’a fallu après Bagha, pour réapprivoiser ma vie sans chat. Sans chat chez moi, s’entend. Juju est mon chat – mais Juju vit sa vie, je peux partir trois jours, mes câlins lui manqueront bien sûr, mais il est autonome. Comme l’était Erica. Ce n’est pas le même genre de relation. Si j’ai de la chance, Juju aussi sera vieux un jour. Peut-être qu’il ne courra plus les rues du soir au matin et qu’il dormira quelque part sur mon lit. Très probablement, il me tiendra compagnie la journée quand je suis chez moi. Mais ça c’est l’avenir, pas immédiat.
Je n’ai prévu grand-chose pour “après”. Jusqu’ici, je n’ai pas été le genre de personne qui ressent le besoin de tout ranger les affaires du chat dès son décès. Mais qui sait, peut-être que cette fois ce sera différent. Ou pas. Je vais être prudente avec mon cerveau dans les jours qui viennent, parce que la charge émotionnelle est également cognitive, donc le risque d’en “faire trop” sans m’en rendre compte est très présent. Je vais regarder Grey’s Anatomy. Je vais passer câliner Juju. Je vais faire ce qui me semblera bon et utile, et ne pas faire ce qui ne m’aide pas. Je vais être indulgente avec moi-même. Je vais peut-être écrire encore.
La matinée a passé pendant que j’écrivais. Je vais publier cet article, manger quelque chose, donner à Oscar de la gabapentine pour qu’il soit relax et détendu le moment venu. Peut-être que je rajouterai des photos par la suite, ou pas. Merci à vous qui m’avez envoyé des gentils messages ou témoigné votre soutien d’une façon ou d’une autre. Je ne réponds pas toujours, mais sachez que ça me fait chaud au coeur.
Il est temps d’y aller.





On ne se connait pas, je te lis en silence depuis un moment. J’ai lu les deux derniers articles à la suite, ça fait tellement mal (et fait remonter des souvenirs). Des pensées douces pour tous les deux…