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Huit lectures pour comprendre les réseaux sociaux, cuvée 2014

[en] Reading recommendations for those who want to understand social media, and social networks, and this online stuff in general.

Pour Grégoire et les autres qui l’ont demandé, voici mes recommandations de lecture 2014 pour “comprendre les réseaux sociaux”. Cette sélection reflète bien entendu mon angle d’approche pour ce qui touche à internet, un sujet qui me fascine depuis 98-99: je ne viens pas du marketing, ni de la comm’, mais du cluetrain. Ce qui m’intéresse ce sont les communautés, les gens, la façon dont la publication personnelle a bouleversé la communication de masse. La sélection est aussi principalement anglophone, parce que, il n’y a pas de miracle, si on veut creuser un peu, il faut passer par l’anglais.

  1. The Cluetrain Manifesto
    Incontournable, épuisé en français (et mal traduit si je me souviens bien), le Cluetrain a plus de 10 ans mais il n’a pas pris une ride quand il s’agit de comprendre les enjeux profonds du monde connecté.
  2. Organizations Don’t Tweet, People Do: A Manager’s Guide to the Social Web
    Euan est un ami qui a le cluetrain dans le sang. Son livre le distille au fil de petits chapitres digestes mais profonds, fort bienvenus à l’ère de Twitter et des statuts Facebook.
  3. Everything is Miscellaneous
    David Weinberger, co-auteur du Cluetrain Manifesto, explique comment s’organisent tous ces « objets numériques », dans un ordre qui va parfois à l’encontre de notre conception de ce qu’est l’organisation. Un ouvrage important pour comprendre les caractéristiques physiques du monde numérique.
    Lecture complémentaire, sur les bénéfices inattendus du désordre, omniprésent en ligne: A Perfect Mess.
  4. Naked Conversations
    Un livre qui commence à dater un peu mais qui reste néanmoins une splendide collection d’exemples d’utilisation des blogs (et des conversations en ligne) par des entreprises/organisation. Inspiration, exemples concrets, modèles à suivre (ou pas).
  5. It’s Complicated
    J’attendais depuis des années que danah écrive ce livre. A l’époque où je donnais beaucoup de conférences “prévention internet” en milieu scolaire, j’avais apprécié de trouver dans son travail des confirmations un peu plus académiques de mes intuitions. Ce livre est incontournable pour quiconque veut réellement comprendre les enjeux de l’adolescence connectée, au-delà de la paranoïa que nous servent les médias et organisations bien-pensantes genre “sauvez les enfants”.
    Lectures complémentaires sur le thème “ados et internet”: The Culture of Fear, pour une perspective sur comment en faisant peur aux gens, on les rends plus dociles citoyens et consommateurs; Generation Me, une analyse sociologique des générations 70-80-90; Hanging Out, Messing Around, and Geeking Out, le point sur la recherche “ados et internet” il y a quelques années et EU Kids Online, groupe de recherche européen équivalent.
  6. L’intimité au travail: la vie privée et les communications personnelles dans l’entreprise
    Avec les nouvelles technologies de la communication, les sacro-saintes frontières entre “privé” et “professionnel” s’effritent. Eclairage ethnologique très éclairant. Spoiler: non, ce n’est pas la fin du monde.
  7. Le peuple des connecteurs: Ils ne votent pas, ils n’étudient pas, ils ne travaillent pas… mais ils changent le monde
    Comprendre les réseaux sociaux en ligne, c’est comprendre les réseaux tout court, et la complexité. Tour d’horizon en français avec Thierry Crouzet, auteur expert de rien.
  8. Here Comes Everybody: The Power of Organizing Without Organizations
    On ne peut pas comprendre les réseaux sociaux sans regarder de près la façon dont la technologie a bouleversé l’auto-organisation et le passage à l’action collectif.
    Lectures complémentaires pour mieux comprendre les humains dans les réseaux: Predictably Irrational: The Hidden Forces That Shape Our Decisions, qui met le doigt sur les réactions humaines illogiques mais très prévisibles qui nous rendent vulnérables à la manipulation; Influence: The Psychology of Persuasion, ouvrage précieux pour qui doit gérer des communautés ou obtenir des résultats; The Paradox of Choice: Why Less Is More, indispensable dans ce monde numérique où pléthore de choix n’est que le début du problème, et enfin Drive: The Surprising Truth About What Motivates Us, pour comprendre de quoi est faite la motivation, et que le bâton et la carotte ne sont pas des stratégies gagnantes.

Il y a plein d’autres livres qui sont sûrement très bien, mais ceux-ci ont été testés et approuvés et je les recommande comme valeurs sûres!

Bonne lecture :-)

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Les journaux se meurent — et les livres?

[en] Found a book by a Swiss publisher I want to buy. No way to order it online. And the publisher's contact e-mail mailbox is... full, and bounces.

Ce matin sur Facebook, je lis ceci (merci Charly):

Les journaux se meurent. Des centaines de journalistes perdent leur emploi. Mais que cache réellement cette situation sans précédent qui n’épargne pas non plus les médias audiovisuels? La crise du modèle basé sur la publicité n’explique pas à elle seule pourquoi certains groupes disparaissent et d’autres émergent jusqu’à étendre leurs tentacules sur l’ensemble d’un pays. En Suisse, les journaux gratuits font la loi et l’emprise de Tamedia ne semble plus connaître de limite après le rachat d’un autre géant, Edipresse. Pour la première fois, un groupe contrôle l’information de Zurich à Genève, sans que l’opinion publique ne bouge le petit doigt. Parallèlement, les médias perdent le goût de l’analyse. Soumis au tout économique, ils glissent hors de la réalité, fabriquant du rêve ou relatant du fait divers anxiogène. Comment en est-on arrivé à une situation qui comporte des dangers pour la démocratie? Deux journalistes d’investigation disposant d’une longue expérience professionnelle, l’un alémanique, l’autre romand, démontent le mécanisme d’un système d’information qui réduit le citoyen à un simple consommateur.

C’est la présentation d’Info popcorn, un livre que je lirais bien. Que j’achèterais bien, en fait. Malheureusement, sur le site de l’éditeur Eclectica, pas de magasin en ligne. Dommage.

Alors je leur écris, il y a une adresse e-mail sous “contact”, pour leur demander où je peux commander le livre. Parce que “disponible en librairies”, c’est gentil, mais je ne suis pas chez moi, là, je suis à l’étranger, et même si j’étais chez moi, je fais venir les livres à moi en 2012, je ne prends pas 1h pour aller voir s’ils sont dispos quelque part en ville.

Message en retour: e-mail pas livré, mailbox pleine.

Gros fail.

Le livre ne va pas mourir, ça j’en suis sûre. Les éditeurs, par contre… ça reste à voir.

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Rebirth of the Book Project

[fr] Vous vous souvenez du projet de livre sur les ados et internet? J'ai été approchée par un éditeur qui s'intéresse à publier un ouvrage sur cette thématique, et... qui a pensé à moi.

Un accord de principe, rien de signé encore, et des discussions à avoir concernant les conditions du contrat, qui, je le souhaiterais, pourraient être un peu plus en accord avec certaines de mes prises de position qu'un contrat classique. La porte semble ouverte à la discussion, j'ai lancé "Creative Commons", "édition électronique", "traductions", "bloguer le livre en l'écrivant", etc.

Je sais qu'il y a parmi mes lecteurs des personnes familières avec le monde de l'édition et les nouvelles réflexions autour du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle. Votre avis m'intéresse: que recommanderiez-vous d'inclure dans le contrat? A quoi faut-il faire attention? Quelles sont les "mauvaises" idées?

Merci d'avance de votre feedback!

If you were reading my blog or hanging out with me in 2006 and 2007, you may remember that I was planning to write a book around teenagers and the internet. It took me some time to realize this was not a money-earning project, that it would be hard for me to find a publisher, and that earning a living was higher on the priority list than writing a book.

A few weeks/months ago (time is a blur) I was approached by a publishing house who wants to publish a book on the “internet and family” topic. The editors thought of me, not knowing about my existing (dormant) book project. We met last week and though this is still very early stages (nothing signed, etc.) we’re both interested in pursuing.

As we were talking about process and next steps, I raised the issue of licencing. Though they have never published anything under a Creative Commons license, the editor had heard of it and said it was worth opening a discussion on the topic with the publisher. This got me thinking (and talking) about various concerns I have about an author contract:

  • what happens if they publish one run of the book and stop there? can I self-publish it on Lulu or Blurb afterwards, or take it to another publisher?
  • can I blog the work-in-progress as I write?
  • what about making an electronic edition available? (the publishing house only does paper so far)
  • can I publish it under a CC licence?
  • what the heck, how about making it available for free on the web?
  • what happens if somebody approaches me saying they want to translate my book? can they self-publish a translation?

Lots of questions, as you can see, that need to be clarified upfront with the publisher and included in the contract — and here is where I’d like your input. I know that many of you reading this blog have experience with writing, publishers, licenses, and all. What would you recommend doing and not doing? What should I pay attention to?

Having a rather progressive stance on certain IP/copyright issues, it would make sense if the terms of my contract and endeavour in the land of dead trees reflected that to some extent. Of course, I’m aware everything might not be possible, but there seems to be an opening to talk about these things with the publisher, so it would be a pity not to take it. Before that, I need to make my mind up about what I’d want — in an ideal world.

I welcome all feedback!

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A la grande école d’internet: vive le réseau

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Internet, c’est un paradis pour autodidactes. Toute l’information est à portée de doigts!

J’y repense ces jours, alors que je suis en train d’essayer un nouveau programme de gestion (et retouche!) de photos (Lightroom) et que je me torture à tenter de décider si je veux acheter un nouvel appareil photo, et si oui, lequel.

Comment est-ce que je m’y prends? Par où est-ce que je commence? Je me rends compte qu’en tant que passionnée des médias sociaux, je ne pars de loin pas de zéro. Du coup, ma “marche à suivre” ne peut pas servir de modèle à ceux qui n’ont pas l’habitude d’utiliser ainsi Internet.

En fait, cette marche à suivre est simple: je demande autour de moi.

Je regarde ma liste de messagerie instantanée, et parmi les dizaines de personnes actuellement en ligne, je pose directement la question qui me turlupine à ceux qui me paraissent pouvoir détenir la réponse.

Des fois on me répond, des fois on me donne un lien, des fois on me donne simplement une suggestion de piste à explorer.

J’envoie un message sur Twitter. Idem. Certains répondent, et parfois de petits joyaux d’information tombent ainsi du ciel. Bien sûr, ça marche parce qu’il y a près de 3000 personnes qui me suivent sur Twitter.

Peut-être que je mets à jour mon statut Facebook pour rendre visible ma quête.

Et je vais sur IRC, dans le repère de geeks que je fréquente — et suivant le sujet du jour, je choisis le canal approprié (#macosx, peuplé de fous du mac qui savent tout, #photogeeks, rempli de passionnés de photographie, #wordpress… pour ce qui touche à WordPress, etc.)

Des fois, j’écris un article sur mon blog, si rien ne tombe du ciel.

Vous voyez, l’état d’esprit c’est “faciliter l’arrivée de l’information à moi”. Et quand j’ai de la chance, elle vient effectivement à moi.

Mais il n’y a pas que ça.

Il y a Google, le grand frère toujours dispo. Il suffit parfois de quelques mots-clés pertinents pour toucher le jackpot (en règle générale, les recherches précises ont souvent plus de succès). Il y a Wikipédia, qui est un point de départ extraordinaire pour commencer à s’éduquer sur un sujet dont on ne connaît rien, par exemple les capteurs photographiques.

Et il y a aussi le fait que toutes les entreprises (presque) sont présentes en ligne. Je me mets à Lightroom? Adobe a des tutoriaux. Je m’intéresse aux micro 4/3? Il y a un site dédié à ce nouveau format d’appareil photo. Je cherche à comprendre les différences entre les multiples séries Powershot? Le site Canon permet de les comparer.

Mieux encore, il existe des sites spécialisés dans les critiques et comparatifs, comme Digital Photography Review.

Alors bon, me direz-vous, il faut déjà savoir que ça existe. Mais finalement, tout ce que je sais, c’est soit que quelqu’un me l’a dit, soit que j’ai passé assez de temps à taper des mots-clés dans Google ou à cliquer sur des liens d’un site à un autre. Il n’y a là rien de magique… sauf le réseau. Les gens que je connais, à qui je suis connectée, à qui j’ai rendu service et qui me le rendront en retour.

Ah oui, et ça aide de comprendre un peu l’anglais. C’est vrai!

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Mais j’ai trouvé la photo sur internet!

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Vous avez sûrement déjà entendu que le FBI a diffusé une photo de Ben Laden, artificiellement vieilli,  puisque le dernier portrait du monsieur très recherché date d’il y a une dizaine d’années, et qu’il a dû un peu changer depuis. Le hic, c’est que le FBI s’est vraisemblablement basé pour ce faire sur le portrait d’un politicien espagnol, Gaspar Llamazares, trouvé sur internet. (Ce monsieur-là, du coup, n’est pas très très content, comme vous pouvez l’imaginer.)

“Mais j’ai trouvé la photo sur internet!” s’est sans doute exclamé le responsable de ce mauvais photoshopping. “Je ne savais pas qu’il s’agissait d’un homme politique espagnol!”

En l’occurrence, le fait qu’il s’agisse d’une personnalité publique n’a en fait aucune importance.

Ce qui m’interpelle ici, c’est que même au FBI, on semble se satisfaire de l’idée naïve qu’une photo trouvée via Google Images peut être utilisée comme bon nous semble. Eh ben non.

Mesdames, messieurs, accrochez-vous donc bien à vos fauteuils: pour changer, je m’en vais me ranger cette fois du côté des droits d’auteurs. Il faut varier les plaisirs dans la vie, non? (N’ayez cependant crainte, il n’y a là rien de contradictoire, sauf peut-être pour les adeptes de prises de position simplistes.)

Ce n’est pas parce qu’une photo a été trouvée sur internet qu’elle est libre de droits.

Souvenez-vous de vos premiers cours de traitement de texte ou de fabrication de pages web, si Google existait déjà à l’époque. Un des exercices consistait très probablement à aller chercher une image “quelque part sur internet” pour l’incorporer dans votre document. Fatale erreur! On enseigne ainsi à une génération d’internautes que tout ce qui se trouve dans un moteur de recherche est “à disposition”. On confond allègrement “à disposition pour consultation” et “à disposition pour réutilisation”, voyez-vous.

Oh, c’est une erreur répandue, et je passe mon temps à remettre les pendules à l’heure: auprès d’élèves et de parents, mais aussi auprès d’enseignants et de professionnels de la communication. Et j’aurais peut-être dû faire un saut au FBI…

Alors je le répète ici: si vous trouvez une image “sur internet”, cela ne signifie pas qu’elle fait partie du domaine public. Il y a toutes les chances qu’au contraire, quelqu’un en détienne les droits.

Cette problématique trahit en fait une méconnaissance bien plus grave à mes yeux: une méconnaissance de la nature même des contenus qui composent internet.

Tout ce que l’on trouve sur internet y a été mis par quelqu’un: un particulier, une entreprise, une association, un gouvernement ou une organisation quelconque. On peut espérer que les personnes qui mettent des choses en ligne en aient les droits (ou au moins le droit). Mais même si ce n’est pas le cas, ce n’est pas parce tout le monde copie et recopie à droite et à gauche que cela nous autorise à le faire, comme on nous le répète à l’envi lorsqu’il s’agit de musique ou de films.

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Problèmes d’internet, problèmes d’humains

[en] I write a weekly column for Les Quotidiennes, which I republish here on CTTS for safekeeping.

Chroniques du monde connecté: cet article a été initialement publié dans Les Quotidiennes (voir l’original).

Les médias se plaisent à nous rappeler régulièrement qu’internet est un espace dangereux. Passons pour cette fois, si vous le voulez bien, sur les exagérations et les dangers particuliers (je le fais déjà assez ailleurs) pour nous pencher sur un principe de base.

Internet est peuplé d’humains. Les problèmes que l’on y rencontre sont donc avant tout des problèmes d’humains. Et dans les médias sociaux en particulier, les principales difficultés sont de l’ordre du relationnel.

Les personnes peu familières avec internet semblent tout d’un coup perdre toutes leurs compétences interpersonnelles dès que l’échange a lieu par écrans interposés. Un commentaire désagréable en réponse à un article? Il suffit souvent de se demander comment l’on réagirait en face-à-face. Certes, cela demande parfois un peu de maturité — mais il est très rare que l’on se retrouve compètement démuni face à quelqu’un dans la plupart des situations de la vie courante.

Même les problèmes plus “sérieux” comme le harcèlement en ligne, les contacts sexuels entre adultes et mineurs, les communautés “malsaines” (pro-ana, racisme…) sont à la base des problèmes de personnes. Ce sont des problèmes qui existent en-dehors d’internet, qui se manifestent là où il y a des gens — y compris sur internet.

On comprendra donc qu’y remédier passera donc par se concentrer sur la dimension humaine du problème, et non sur celle, accessoire, de sa présence sur internet.

Je simplifie, bien sûr, et il y a des exceptions. Tout ce qui a trait au droit d’auteur, par exemple, est inextricablement lié aux caractéristiques techniques d’internet. La permanence des objets numériques, également, change le paysage de nos relations les uns aux autres, et à l’information.

N’oublions donc pas, dans notre exploration du monde connecté, que les principales difficultés que nous y rencontrerons seront humaines. Et que les humains, c’est du terrain connu.

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A lire: recherche académique sur les risques courus par les adolescents sur internet

[en] I'm currently reading the literature review contained in the report Enhancing Child Safety and Online Technologies by the Internet Safety Technical Task Force. I can't believe this was published a year ago and I'm only looking at it now -- shows how much I really need to plan my work a bit more long-term so that I can refocus on research.

The other links at the end of this article are next on my "teenagers and internet" reading-list. If you have any interest or concern about teenagers/children online and the risks they face (or don't face!), I would suggest you do the same.

Un des avantages déjà perceptibles de mes efforts pour passer de “penser mes journées” à “penser mes semaines” est que je recommence à donner un peu plus de priorité à mes travaux d’écriture et de recherche. Je suis ainsi en train de gentiment avancer dans la lecture de l’annexe C du rapport Enhancing Child Safety and Online Technologies, paru il y a déjà un an (!) et co-dirigé par mon amie danah boyd.

Toute personne qui prétend parler des risques que courent les enfants et adolescents sur internet devrait lire ce rapport. L’annexe C, par laquelle je commence mon exploration, est une méta-étude qui tente de rassembler toutes les recherches académiques publiés au sujet des adolescents et internet.

La lecture du livre Bad Science il y a quelques mois m’avait déjà sensibilisée à l’importance de ce genre de démarche, mais plutôt dans le domaine médical: plutôt que de se baser sur une seule étude, on fait le point sur toutes les études cliniques qui ont été faites pour tester un médicament (par exemple), les examinant pour des problèmes méthodologiques et compilant/comparant leurs résultats lorsque c’est pertinent. C’est comme ça qu’on survit aux études “contradictoires” (l’une montre que oui, l’autre montre que non — on les confronte).

On est donc ici bien loin des titres racoleurs d’articles dont le contenu sent bon la soupe de restes (on prend les mêmes et on recommence: “ne mettez pas en ligne ce que vous n’êtes pas prêt à assumer davant tout le monde, futur patron y compris, et Facebook n’est pas une exception”). Se plonger dans la littérature académique est d’autant plus important que la question de la sécurité en ligne de la jeune génération souffre douloureusement de la prépondérance des anecdotes sur les statistiques dans la construction de notre compréhension du monde. Dans l’édito du numéro 45 d’Allez Savoir!, le rédacteur en chef Jocelyn Rochat entre ainsi en matière:

C’est dur à accepter pour un intellectuel, pour un homme du chiffre et de l’écrit, mais c’est une réalité. Il est quasi impossible de trouver des mots ou des statistiques qui soient capables d’effacer une photo choc. Surtout quand l’image est géniale, et qu’elle pèse de tout son poids dans l’imaginaire collectif.

Jocelyn Rochat parle de deux sujets abordés dans le magazine: les Gaulois, que l’on croit connaître via Astérix (bien moins historiquement correct qu’on voudrait le croire), et le grand requin blanc, proclamé tueur d’hommes assoiffé de sang par le film Les dents de la mer. Réalise-t-il que nous sommes dans exactement la même situation avec le thème des “pièges d’internet” pour les jeunes, sujet d’un article en page 44 du même numéro. Là aussi, d’ailleurs, Allez Savoir! fait un assez bon travail de remise à l’heure des pendules, même si l’on pourrait à mon avis encore appuyer un peu plus fort.

Tout ça pour vous dire que maintenant, fin 2009, contrairement à il y a quelques années quand j’ai commencé à donner des conférences sur le sujet dans les écoles de Vaud et d’ailleurs, il commence à y avoir un sacré paquet de recherche académique sur le sujet. Grâce à internet, elle est à porté de souris et d’écran — il suffit de s’y plonger. Si l’on veut prendre des décisions fondées et faire de la prévention efficace, il est indispensable de comprendre correctement comment les jeunes utilisent internet et quels sont les risques réels qu’ils courent (pas juste ceux de nos fantasmes, colportés par les médias grand public à coups d’anecdotes frappantes mais… anecdotiques).

Quelques points de départ, donc (et oui, désolée, faut se taper l’anglais, pour la recherche académique — et la plupart des liens vont télécharger des PDF):

Quant à moi, je vais me remettre à ma lecture!

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Fréquence Banane: Internet rend-il stupide?

[en] On the radio tonight -- and tomorrow night. In French.

Ce soir, de 20 à 21h, je serai l’une des invités de l’émission “La langue de bois” de la radio universitaire Fréquence Banane. Le thème: Internet rend-il bête? :-)

Grande question pour un débat qui, j’imagine, sera animé (sauf si nous sommes tous d’accord avec moi!), avec Lyonel Kaufmann et Olivier Glassey.

Donc, ce soir, branchez-vous sur 94.55 si vous êtes dans le coin, et sinon, écoutez l’émission en streaming sur le site de Fréquence Banane!

(Je serai à nouveau sur les ondes demain, mais sur Couleur3, pour y parler de l’eclau lors de l’émission Saperlipopette, à 17h30 si ma mémoire ne me fait pas défaut.)

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Lift09 — Vint Cerf

Story of the talking dog. Excitement, but nobody is paying attention to what the dog is saying.

Vint feels like the talking dinosaur.

(haha)

Lift09 141

The Internet works because there are standards, and people cooperate to work together around those standards.

Jan 1983, 400 computers, official launch of the Internet.

Now: 542 mio hosts, 1.464 mio users. Doesn’t count computers behind firewalls.

Lift09 138

Other relevant phenomenon: 3.5 bio mobiles have come into the system. The first experience of the internet for many people in the world is going to be through mobile.

More internet users in China than in the US

Lift09 139

Asia biggest number of users, then Europe. Hard to make predictions about Europe as it keeps adding countries.

Astonishing: the kinds of things that people put on the net! Fridges and picture-frames! (Sounded about as useful as an electric fork…)

steph-note: internet-enabled picture frames sound cool, to share photos with family around the world

Internet-enabled surfboard. Surf the internet while waiting to surf the next wave, with wifi hotspot on the beach :-)

Vint seems to have the house of the future: sensors all over the place, network, monitors temperature of the wine cellar for example, and sends and SMS when something is wrong (happened to him when nobody was home, so got one SMS for every five minutes for the next three days of his trip, and when he got back the cellar was a bit warm…)

For the moment, all Vint can tell is that the lights have been on in the wine cellar, but not if somebody took wine. RFID: could put a chip on the bottle, so would know if it walks away. But you could drink it and leave the bottle! So put something in the cork… steph-note: wild!

This year is a significant year of change for the internet. moving to run in parallel with the IPv6 something or other (steph-note: fuzzy for me)

In the seventies, nobody could decide how much address space was needed for this “experiment”. Someone wanted variable length fields, too much computing power. 128-bit addresses (3.4 X 10^38 sounded like a preposterous number of addresses to ask for for an experiment).

The experiment never ended… we’re living in it.

Non-latin characters in domain names — that’s happening now. Hard to integrate that in the current domain name system without disrupting it.

Multi-core chips. (steph-note: technical stuff I’m not following, about clock speeds and chips and stuff and how this relates to the internet)

Conventional relational databases are not scaling up to the sizes people are looking at today. Petabytes of data…

Bit-rot problem: it’s 3000, can you interpret a 1997 Powerpoint? Big big problem. Application software needed to interpret our bits not available anymore. Need to maintain access to application software after support is dropped.

Before: computing utility = big building. Today, big buildings with lots of computers and people use the internet to access it = Clouds. Cloud makers don’t usually worry about dealing without other clouds. No vocabulary to talk about other clouds. How does one cloud communicate with the other? How do you tell Cloud B to protect the data that’s just been copied to it in the way that Cloud A was protecting it?

Privacy and acceptable behavior: how will we agree on what privacy is online, and what is acceptable or not there?

Big clash between copyright policies and the structure of the internet. Legislators and technologists will have to come together to figure out stuff that will hold in a world built by copying.

Digital libraries. Most works will hopefully be available in online form.

In 100 years we’re going to say “can you imagine that at some point, we had books that did not talk to each other?” How do you navigate a dynamic world of books.

Non-Google project here: Interplanatary stuff. Point-to-point transmission is ok if you don’t have to talk to too many devices or spacecraft. Design a space communication system that is as rich as the internet. Why not use TCP/IP? doesn’t work because the distance between planets is astronomical… it takes 3.5 minutes for a signal to propagate to mars (20 minutes at the furthest). TCP/IP is not designed for 40 minute delays. Other problem: celestial motion. Planets have the nasty habit of rotating and we haven’t figured out how to stop that yet.

Disruptive and highly delayed environment. Devised new protocols. Went to test them in tactical military communications because it’s also a highly disrupted environment. DTN.

DTN transfered way more data than TCP/IP, and the marine corps ran away with it. Where is my experiment?

NASA: Deep Impact Testing. launch a probe and get data, but the spacecraft is still going round the sun, so they used it to test data transmission from and to it. Neat!

This summer they upload the protocols to the space station. August, another craft. October, another, so three nodes. By the end of the year, will have formally qualified the interplanatary protocols, and they’ll be able to offer them to standardize communication in space. => interoperability between space missions, if desired!

Next step: interstellar network. But… today it takes long to get over there to the other stars. So need to work on a propulsion system to fix that. Lot of work to be done!

Questions:

  • Are you happy? Yes, internet shows people are willing to come together and collaborate. And the WWW has demonstrated that sharing information is power. Happy to be at Google, because they’re too young to know “you can’t do that” and so they just go and do it. The reason things didn’t work out 25 years ago might not be true anymore.

  • Can we keep the internet open? Amazing pressures in the network today. At the time, academic geeks who were happy to work together. Pressures to try and control the network and the way people use it. Not necessarily all bad. Privacy questions. Protecting people. Legal system needs to be adapted. Tension between the open internet and being so shut down that nothing is possible. Somewhere in between the network is openly accessible, things can be tried out. Committed to keeping it as open as possibly.

  • Semantic Web, will it become reality? You should ask TBL… Was feeling sorry for TBL because the idea of the semantic web was moving as quickly as IPv6 into the public internet… Link = “something over there that is of interest”. What if we could add a “semantic hyperlink”? Jaguar can be a car, operating system, animal… (steph-note: this is what wikipedia disambiguation pages do) More hopeful.

  • Is Google the real Big Brother? Doesn’t think so and hopes it never does become it. Helping people manage their information. How well is the information managed and protected? Google recognizes that separate access and privacy is important. E-mail is always read by programmes. The one that puts ads in Gmail just does pattern matching.

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Lift09 — Frank Beau — Métromantiques

Notes prises à l’occasion de la conférence Lift09. Bla-bla habituel de prise de notes: je fais de mon mieux, mais ce ne sont que des notes, qui peuvent contenir des erreurs et inexactitudes.

Coup de foudre dans le métro. Comment sera le métro du XXe siècle? A la fois un moyen de transport et d’échanges.

Paradoxal! Un véhicule qui circule, qui voudrait organiser la circulation interne des “particules” qui l’habitent.

Est-ce qu’internet permet d’éclairer cette question?

En France, sites de “retrouvailles” pour personnes qui se sont croisées furtivement dans le métro. Bouteille à la mer pour retrouver la personne qu’on a croisée. 600 annonces en un an. 600 histoires. => quelques pistes.

Matrice commune du récit: montés ensemble, tu es sortie à l’arrêt X, nos regards se sont croisés… plusieurs fois… => bouteille à la mer.

  • la connexion s’établit avec le regard (dans le métro, on cherche une ligne de regard où on croise personne, et quand on croise… en même temps on n’arrête pas de regarder les autres. “L’électricité du regard.” => comment on passe au sourire?
  • sourire
  • contact des corps (le Tetris des corps… uniquement dans le métro) — typologie des contacts corporels dans le métro
  • on partage le même temps — pour les pendulaires
  • accélérateurs du contact: écouter de la musique, même si on est dans sa bulle; livres!; téléphones portables;

Romantisme urbain de la mobilité. Tutoiement.

Anti-internet par certains aspects:

Co-présence, force du hasard, non verbal, zone temporairement autonome, on est tous acteurs et spectateurs, le métro est un théâtre.

Espace public qui a des propriétés qu’on ne trouve nulle part d’autre. Ces propriétés expliquent la quantité de coups de foudre dans le métro. steph-note: comme sur internet.

Culture de l’ephémère.

Le métro, c’est pas un espace si terrible que ça. Internet est une caméra du réel, et un excellent lieux pour les bouteilles à la mer du XXIe siècle.

L’amour existe toujours!

=> mobile dating, rencontre à travers le téléphone portable, bluetooth, wifi, culture de 15 mètres. Phéromones?

3 approches:

  • laissez faire! l’amour n’est pas de maths!
  • technophéromonisons le métro et voyons ce qui se passe
  • le sujet est en fait les codes sociaux de l’amour

Scénario de SF:

Edit, 8 mars 2009: à la demande expresse de Frank Beau, les photos que j’ai prises de son “scénario de SF” ont été retirées de cet article. J’avoue avoir été très surprise et déçue par cette demande (faire une présentation en public, devant 800 personnes munies d’appareils photos et de connexions wifi, et espérer pouvoir “contrôler” la diffusion des visuels utilisés lors de celle-ci, cela dénote à mon sens d’une assez grande naïveté et d’une incompréhension de comment fonctionnent les nouveaux médias — cf. Streisand Effect.) Ceci dit, je ne suis pas là pour chercher querelle, donc je m’exécute, mais à regret. Si j’en ai le courage, je reproduirai le contenu de ces slides ici (ça allait trop vite pour prendre des notes) — mais ne retenez pas trop votre souffle, j’en ai assez sur mon assiette ces temps, comme on dit.

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