Ça fait un moment que j’analyse de quelle façon “j’échoue” à faire certaines choses du quotidien, alors que je veux les faire et que je comprends leur importance. Un exemple tout bête: aller me coucher à une heure raisonnable.
A un moment donné, j’ai réalisé que le premier signe d’une soirée qui allait aboutir à un coucher plus tardif que souhaité était l’heure du repas du soir. Si j’arrive à manger aussi à une heure raisonnable, j’ai une routine du soir qui est fonctionnelle en ce moment et qui m’évite de me retrouver encore éveillée à 1h du matin.
Ça parait simple, non? Pourtant, j’ai énormément galéré (et je galère encore régulièrement) à souper à l’heure approximative choisie.
J’ai identifié deux facteurs qui alimentent cette procrastination du souper. Je précise pour les gens qui ne me connaissent pas que j’adore manger, c’est un des plaisirs dans ma vie, et qu’en plus j’ai “tout le temps” faim. Donc quand je suis en train de procrastiner mon repas, il faut imaginer que ce n’est aucunement parce que je n’ai pas faim. J’ai la dalle.
- Décider quoi manger: ça, c’est plus compliqué, surtout quand je suis fatiguée et que j’ai faim. Ma capacité à trancher, décider, me mettre en action est réduite. Donc quand je ne sais pas ce que je vais manger et cuisiner, ça traine, car avant de manger, je dois passer par la case “aller à la cuisine, ouvrir le frigo, chercher de l’inspiration, être peut-être confrontée aux choses que j’avais prévu de cuisiner mais oublié…”
- L’état de la cuisine: si me faire à manger signifie que je dois d’abord faire de la place sur les plans de travail pour cuisiner, ou liquider une pile de vaisselle pour avoir les ustensiles et couverts nécessaires, vider la poubelle car elle déborde… vous voyez le problème.
Je commence par le deuxième point, que je ne vais pas traiter ici en détail mais qui le mériterait. Ce qui a changé la donne ici c’est l’acquisition d’un lave-vaisselle (il y a des occasions si jamais) et la mise en place de deux petites routines.
Le lave-vaisselle diminue de façon conséquente le travail requis pour faire la vaisselle. Oui c’est évident je sais. Mais c’est ça qui est important: “faire la vaisselle” est maintenant quelque chose de gérable.
Les deux routines sont les suivantes (deux ou trois suivant comment): chaque soir, directement après avoir mangé, avant d’enchaîner sur autre chose, je ramène mon assiette à la cuisine, je range la cuisine, et je mets en route le lave-vaisselle. Et chaque matin, après avoir mangé mon petit déj, je ramène mon bol à la cuisine et le mets dans l’évier, et je range les 2-3 choses que j’ai sorties pour le préparer. A midi, je fais aussi à peu près la même chose, mais c’est plus optionnel: vaisselle dans l’évier après avoir mangé où elle attendra le lave-vaisselle du soir, ranger un peu ce que j’ai sorti.
Ça demande un rangement de cuisine initial, mais ensuite, ça roule: le soir, quand il s’agit de faire à manger, la cuisine était propre et rangée après le petit déj, donc au pire il y a 2-3 trucs de midi qui trainent. La vaisselle de la veille est à dispo dans le lave-vaisselle. Il y a de la place pour faire ce qu’il y a à faire. Je peux cuisiner et manger sans stress parce que je sais que ça ne va pas être suivi (ou précédé) par une “corvée cuisine”.
Les routines demandent évidemment un peu d’effort et d’attention de mise en place, mais l’avantage c’est qu’une fois que c’est fait, ça tourne tout seul. Je n’y pense même plus maintenant, mon bol de céréales finit toujours dans l’évier, et tout comme avant de me mettre au lit je ne me poser pas la question de me brosser les dents ou non, après le souper je ne me pose pas la question de “vite ranger la cuisine” ou pas.
Bon, finalement je suis quand même allée un peu dans les détails.
En plus de faciliter la préparation du repas du soir, ces routines de rangement de cuisine luttent aussi directement contre la procrastination du coucher. Celle-ci, en effet, est faite (en tous cas chez moi) de “pas envie d’être demain”. Et si demain commence par entrer dans une cuisine en bordel, franchement, je comprends. Là, le matin, je me lève pour faire mon petit déjà et il n’y a pas de “corvées procrastinées” qui sont rappelées à mon attention par l’état de la cuisine. La cuisine est prête pour m’accompagner dans le démarrage de ma journée.
Passons au premier point: savoir quoi manger. Je ne suis pas le genre de personne qui (en tous cas en ce moment) planifie mes repas et fait les courses en conséquence. Je suis plutôt du genre à me laisser inspirer par ce que je vois dans le magasin et les bonnes affaires. Le problème c’est que sitôt les courses rangées, toutes les idées de repas que j’avais dans la tête en faisant mes courses s’évaporent. Je ne sais plus ce qui est dans le frigo, donc à chaque repas la première question est “bon faut que je voie ce que je vais pouvoir me faire à manger”. Pas idéal, comme dit plus haut, quand on est fatiguée et qu’en plus on a faim.
J’ai tenté deux choses qui marchent plus ou moins. Je suis encore un peu en recherche.
La première, qui était super durant les quelques semaines où elle a marché, c’était d’utiliser mon panneau blanc hebdomadaire pour marquer les repas de la semaine après avoir rangé les courses. La faiblesse de cette solution c’est que ça demande pas mal d’énergie et d’organisation d’un coup, et surtout après avoir fait et rangé les courses, j’ai du mal. Ajuster le planning des repas au fil de la réalité de la semaine ce n’est pas le problème, par contre, ça je fais assez bien. Ce qui m’a motivée à mettre ça en place c’est que j’avais tendance à me retrouver coincée avec les dates de péremption, donc être un peu proactive pour éviter d’avoir des choses qui se gâtaient était assez efficace.
Mais le problème c’est que si je lâche la balle une fois, c’est toute la semaine qui y passe. De plus, actuellement, parce que j’ai identifié que les magasins m’épuisaient (visuellement probablement, à confirmer), je commande maintenant mes courses de base pour deux semaines à la fois, ce qui change complètement le côté “je construis des repas dans ma tête pendant que je me balade dans les rayons”.
La deuxième option, avec laquelle j’avais expérimenté avant (mais pourquoi ai-je lâché? je ne me souviens plus ce qu’il s’est passé, ce serait intéressant de retrouver) c’est de déterminer après chaque repas quel sera le prochain. Ça, c’est une option un peu moins proactive et qui ne règle pas la question des choses qui peuvent mourir au fond du frigo, mais qui est assez robuste et supporte des hoquets.
Quand je me fais à manger (même si c’est juste réchauffer quelque chose), je mets le nez dans le frigo, je suis en mode “nourriture”, et après avoir mangé je suis généralement plutôt fonctionnelle. C’est donc en fait le bon moment pour me poser la question “je mange quoi?”, plutôt que quelques heures plus tard, juste avant le repas en question. C’est aussi une sorte de routine/habitude à mettre en place, mais c’est assez léger.
C’est quand même nettement plus facile d’arrêter de faire le truc dans lequel on est pris pour se faire à manger quand on sait ce qu’on va faire et que la cuisine est prête pour qu’on le fasse, à peu de chose près.









