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Clicker training avec son chat (dressage, éducation)

[en] A little intro in French on clicker training. There is a lot in English online (just google "clicker training cats" or search on YouTube) but really not much in French, and people often ask me about it when I mention it. All the links in the article point to English sources, so just click away if you're curious and don't understand French.

Je ne suis pas une grande experte de clicker training mais j’en ai fait un peu avec Tounsi, et je recommande souvent cette technique autour de moi. Le clicker training est nettement mieux connu dans le monde anglophone, alors j’ai décidé de vous offrir un petit article d’introduction en français.

Tounsi et son clicker

Qu’est-ce que c’est?

Le clicker training consiste à utiliser un son distinctif (le “clic” du clicker) pour indiquer au chat que le comportement précis qu’il vient de faire va être récompenser (par une friandise généralement). C’est une méthode de dressage de plus en plus populaire, utilisée avec les dauphins, les chevaux, les chiens, les chats… quasi tout animal.

Oui, il est possible de “dresser” un chat (notez en passant comme les félins de maison passent leur temps à nous dresser, avec beaucoup de succès). Par contre le motivateur chez le chat ne sera pas, comme chez le chien, la relation. Le chien veut faire plaisir (je trivialise un peu), le chat fera quelque chose si c’est dans son intérêt.

A quoi ça sert?

Certaines personnes n’aiment pas l’idée de “dresser” un chat, n’entendant dans ces mots que le côté “apprendre des tours“. Alors oui, on peut apprendre à un chat à faire des choses “inutiles” comme jouer au piano, mais l’éducation au clicker a en fait toute une utilité… éducative et relationnelle:

  • encourager un chat timide à sortir de son trou et interagir avec un humain, et diminuer son anxiété (très utile pour augmenter les chances d’adoption des chats de refuge)
  • apprendre au chat à faire ou tolérer des gestes utiles: rentrer dans sa cage de transport, se laisser examiner la bouche, toucher les pattes, prendre un médicament
  • renforcer la relation entre soi et son chat: une session de clicker, c’est du temps passé ensemble à communiquer, et c’est sympa!
  • corriger des comportements indésirables (se faire les griffes sur le fauteuil) en les remplaçant par des comportements désirés (se faire les griffes sur le poteau à griffer)
  • augmenter l’activité du chat ou le faire jouer (très intéressant pour les chats d’appartement qui peuvent souffrir d’ennui ou d’inactivité).

Comment ça marche?

Il s’agit en fait simplement de “dressage par récompense” (jamais de punition!) Le clicker sert à marquer de façon extrêmement précise le comportement qui a mérité la récompense. En fait, les chats fonctionnent déjà comme ça: quand le chat miaule pour obtenir de la nourriture, par exemple (ou pire, vous réveille), et qu’il est en suite nourri, il apprend que pour une certaine action (vous attaquer les pieds sous la couette) il y a un résultat désirables (vous vous levez et sortez la pâtée).

Dans un premier temps, on va associer le clicker à la récompense (je donne les instructions tout soudain). Puis le chat va comprendre qu’en faisant certaines choses il va “provoquer un clic” et donc avoir ce qu’il veut (la friandise ou la caresse ou la session de jeu). Le clicker est donc vraiment un moyen de communication entre l’humain et le chat.

Concrètement, on fait comment?

Il vous faut d’abord un clicker. Il n’a pas besoin de faire “clic”, juste un son distinctif qui ne sera jamais entendu en dehors des séances. Un stylo ou un bruit de bouche peut suffire, pour autant que le son soit constant et pas utilisé à d’autres occasions.

La vidéo ci-dessous est une très bonne intro, en anglais (même si vous ne comprenez pas l’anglais je pense que la vidéo est utile). Voir mes commentaires dessous. Il faut garder les séances courtes (max 5 minutes — si le chat est dissipé, arrêter… des fois après 10-15 récompense c’est assez). Il faut aussi utiliser une récompense que le chat adore.

https://www.youtube.com/watch?v=q787R2DNDJI

  1. Charger le clicker: on clique, et au même moment on donne une friandise. Après quelques clics on attend un poil avant de donner la friandise: si le chat a pigé, on voit qu’il l’attend.
  2. Toucher une cible: utiliser une cible spécifique (il faudra la cacher entre les séances). On la met près du chat, et on clique-récompense tout mouvement en direction de la cible. En la mettant assez près, le chat va aller la toucher du nez — clic! Après, on met la cible un peu plus loin, et en quelques séances, le chat se déplacera, traversera la pièce ou sautera sur un meuble pour aller chercher la cible.
  3. On ajoutera ensuite une “commande” pour une action donnée, récompensant le chat uniquement s’il fait l’action quand on a donné la commande (on voit comme on peut utiliser ça pour faire descendre un chat d’une table, par exemple — ou l’inciter à ne pas y monter à moins qu’on lui ai dit de le faire).
  4. Pour renforcer le comportement, on change le rythme des récompenses et on passe à un mode de récompenses intermittentes: le chat doit toucher la cible plusieurs fois pour avoir un clic.

Pour en savoir plus

Une grande pionnière du clicker training, c’est Karen Pryor, et son site regorge d’informations (en anglais — j’avais aussi acheté son bouquin). Cette page d’instructions clicker sur WikiHow est assez bien faite, aussi. Il y en a aussi une sur Catster. En français, franchement, je n’ai pas vraiment trouvé grand chose de bien, donc si avez des ressources valables, mettez-les dans les commentaires.

Un bon truc est d’aller sur YouTube et de faire une recherche pour “clicker training cat(s)“. Même si on ne parle pas anglais, en regardant assez de vidéos on finit par comprendre comment ça fonctionne, si on a un tout petit peu le sens de la psychologie ;-)

Ce que j’ai fait avec Tounsi

Comme je l’ai dit, je ne suis pas une grande experte, mais je fais un peu de clicker avec Tounsi, histoire de canaliser son énergie, et de trouver d’autres moyens de “l’éduquer” que le pistolet à eau et le “non”, auquel il réagit très peu. C’est aussi un chat vite excité et surstimulé qui peut être agressif, comme le noir et blanc dans cette vidéo. Il est aussi complètement impossible à manipuler — il déteste la contrainte.

J’ai donc commencé par lui apprendre à venir toucher une cible (une baguette), ce qu’il a vite pigé. Je peux maintenant utiliser la baguette pour le faire aller plus ou moins n’importe où. J’ai commencé à rajouter une commande mais il faudrait que je reprenne les séances!

Inspirée du clicker, je lui ai appris à rentrer dans sa cage de transport. Très, très difficile de mettre dans sa cage de transport un Tounsi qui ne veut pas. J’ai donc utilisé la méthode suivante:

  • cage ouverte posée par terre
  • friandise devant la cage
  • puis friandise à l’entrée de la cage (il la prend, repart)
  • puis friandise dans la cage (il la prend, ressort)
  • puis une fois qu’il est dans la cage, fermer la porte, lui donner une autre friandise, et rouvrir la porte après quelques secondes.

Donc maintenant, si je veux qu’il entre dans sa cage, je mets une friandise au fond, je ferme la porte, je lui en donne une autre, et hop, je file au chalet ou chez le véto! Il y a même eu un moment où il entrait tout seul dedans dès que je la sortais. Moins maintenant, il faut que je refasse une petite séance à l’occasion.

J’ai aussi utilisé le clicker et son inspiration pour lui apprendre à tolérer qu’on le touche. La tête, par exemple: je lui caresse la tête, ce qu’il aime, et mi-caresse, je m’arrête et je lui tiens la tête avec la main (comme je la tiendrais si j’allais lui basculer la tête en arrière pour lui ouvrir la gueule). Je tiens juste un quart de seconde, et je continue la caresse. Le but c’est d’être sous son seuil de réaction, pour qu’il ne se débatte pas. Puis j’essaie progressivement d’allonger l’arrêt. Là, on peut utiliser le clicker: cliquer quand on tient la tête, relâcher, récompenser. Tenir de plus en plus longtemps avant de cliquer.

Je fais ça aussi en “m’asseyant dessus” (pour si je dois un jour lui mettre des gouttes dans les yeux, quasi impossible maintenant): je m’assieds à genoux avec Tounsi sous moi, je tiens une seconde, et avant qu’il essaie de sortir, je clique-récompense. Vous voyez l’idée? L’idée c’est de transformer quelque chose qu’il considère comme désagréable (être maintenu) en quelque chose de désirable, parce que ça mène à un clic et donc à une récompense.

On peut utiliser ce principe sans le clicker pour un bout (par exemple, quand on caresse le chat tout détendu, l’habituer progressivement à ce qu’on touche ses pattes ou ses oreilles). Mais avec le clicker on peut être plus précis et plus rapide.

Voilà, vous avez certainement des questions parce que mon article n’est pas hyper hyper détaillé, et je vous réponds volontiers dans les commentaires!

 

 

 

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Echapper aux notifications Facebook des conversations groupées

[en] How to mute a facebook chat with lots of people in it. Sometimes those notifications get a bit out of hand, don't they?

Si vous utilisez Facebook autant que moi, vous vous retrouvez probablement de temps en temps dans des chats “à plusieurs”. Voire “à beaucoup”. Et comme vous avez activé les notifications en cas de message privé, à chaque fois que quelqu’un dit un mot dans le gros chat commun, votre téléphone s’affole ou votre ordinateur bipe.

La solution radicale: quitter la conversation. Quasi tout le monde sait faire ça. Mais des fois on ne veut pas quitter la conversation. On veut rester dedans, mais on ne veut pas être prévenu en super-priorité quand quelqu’un dit “:-)”.

Sachez, mesdames et messieurs, qu’on peut couper le son à la conversation. En anglais, c’est “mute conversation” — quelqu’un me dit ce que c’est en français? C’est dans le menu “roue dentée” juste au-dessus de “quitter la conversation”. Oui, je vous fais un dessin:

Mon%20chat%20m'a%20domestiqu%C3%A9(e).%20Et%20j'aime%20%C3%A7a.

Voilà, en espérant que ce sera utile à certains!

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Vivre avec un chat FIV+ — dédramatisons

[en] Some notes on living with an FIV+ cat -- it's not the end of the world. An FIV+ kitty has every chance of dying of something else than AIDS, so keep calm and get informed. FIV-healthscience on Yahoo groups is a great ressource.

Mon chat Bagha était FIV+. Il a eu une bonne vie, il sortait, et est mort d’autre chose — une crise cardiaque à 14 ans.

Bagha in mid-play

Un diagnostic FIV+ n’est pas un arrêt de mort — pas plus que ne l’est aujourd’hui un diagnostic HIV+ pour un humain. Homme ou bête, on peut vivre de longues années séropositif et asymptomatique. Quand l’immunité baisse, le danger vient des maladies opportunistes — et ça se gère.

Vu l’espérance de vie d’un chat, celui-ci a toutes les chances de mourir d’autres chose que du SIDA.

Certes, apprendre que son chat est FIV+ est un choc. On manque souvent d’informations. En voici quelques-unes:

  • généralement on diagnostique le “SIDA des chats” suite à une infection opportuniste (dans le cas de Bagha, il a fait une réaction à la toxoplasmose, parasite très répandu dont le chat est porteur sain)
  • il s’agit donc en premier lieu de soigner cette infection, et de faire un bilan de la situation de santé du chat
  • il semblerait qu’il y ait de relativement bons résultats avec les traitements à l’interféron; c’est cher, mais je l’ai fait pour Bagha (mon véto m’a montré comment faire les injections histoire d’économiser sur les frais); j’en ai eu pour moins de 1000 CHF
  • le chat diagnostiqué est probablement FIV+ depuis des années; inutile de changer dramatiquement son train de vie; s’il sort, il y a certainement d’autres chats infectés dans les environs (de façon générale 3-5% de la population féline est atteinte) — inutile de le garder dedans, sauf pour le protéger lui
  • le FIV se transmet par contact sexuel et par morsures profondes (bagarres); on peut donc faire cohabiter chats FIV+ et FIV-, même si certaines personnes préfèrent ne pas le faire
  • vu l’espérance de vie du chat et la lenteur de l’évolution de la maladie, il y a toutes les chances qu’il vive encore bien des années (suivant son âge) et meure d’autre chose; il faut juste surveiller sa santé de près et aller chez le véto plutôt tôt que tard quand quelque chose cloche
  • si votre véto considère qu’un diagnostic FIV+ signifie qu’il faut envisager d’euthanasier le chat, considérez un changement de véto! (mais j’espère qu’en 2013 on n’en trouve plus qui réagissent comme ça…)
  • il y a un vaccin mais il est peu efficace (et un chat vacciné teste positif, après…)
  • on ne fait pas de dépistage systématique parce que dans la grande majorité des cas les chats positifs meurent de tout autre chose bien avant qu’ils deviennent symptomatiques — on dépiste quand on a une raison sérieuse de soupçonner une chute d’immunité.

Par rapport à mon histoire personnelle, voici quelques liens (en anglais):

Dans mon chemin avec Bagha et cette maladie, il y a une mailing-liste qui m’a été d’un grand secours: FIV-healthscience. C’est un groupe sérieux, où l’on demande aux membres de donner des nouvelles sur le suivi médical de leur chat, et dont font partie des personnes qui consacrent leur vie au soin des chats FIV+. S’il y a quelque chose à savoir sur cette maladie, quelqu’un dans le groupe le saura. Si votre chat a été diagnostiqué FIV+ et que vous parlez un peu l’anglais, je vous encourage vivement à rejoindre ce groupe.

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Faire sortir un chat

[en] Many people without cats -- or with indoor cats -- wonder that I let my cats out (including at the chalet). Aren't you afraid they'll run off? Well, not too much. Here's how I proceed to introduce my cats to the outside.

J’ai des chats depuis à peu près 30 ans. J’ai toujours eu des chats qui sortaient. Pour moi, un chat, ça sort. Je comprends qu’on puisse voir les choses autrement, et ce serait peut-être mon cas si je n’avais pas la possibilité de vivre quelque part de “chat-compatible”. (J’ai choisi mon appartement exprès pour que mon chat puisse sortir, c’était une condition sine qua non quand je suis rentrée d’Inde avec Bagha.) Après, bien sûr, c’est tout à fait possible de s’occuper convenablement d’un chat d’intérieur — mais c’est du boulot!

Souvent, on me demande — et j’ai même entendu ça de gens habitant le même immeuble que moi! — “mais t’as pas peur qu’il se taille?”

Alors voilà, une réponse sous forme d’article. Non je n’ai pas peur (enfin pas trop peur), et voici pourquoi.

D’abord, les préliminaires. Avant de sortir, le chat doit

    1. être à l’aise avec moi et venir (au moins un peu) quand je l’appelle
    2. être bien dedans

Le chat est territorial. Si c’est clair pour lui que dedans c’est son territoire, là où il y a du chaud, du doux, du miam, du glou, du ronron et des câlins, il ne va pas prendre ses cliques et ses claques comme ça et foutre le camp.

Par contre, le chat est un animal de nature plutôt timide. Il faut en tenir compte.

Pour sortir un chat, il y a pour moi deux clés:

      • y aller graduellement, avec possibilité de retraite rapide
      • l’accompagner pour s’assurer qu’il continue de me “reconnaître” dehors

La plupart des chats, quand ils explorent un nouvel extérieur, ils font 20m en avant, puis reviennent 20m en arrière, puis repartent 30m, reviennent, repartent un peu plus loin, etc. Bien sûr il y a toujours des exceptions comme Tounsi qui filent droit devant eux — mais on peut faire avec, j’en reparle. Si quelque chose fait peur au chat, il va plutôt essayer de revenir en terrain connu plutôt que de partir droit devant lui (mais ça peut arriver).

J’ai gardé mes nouveaux chats Tounsi et Safran à l’intérieur 3 semaines à peine, et c’était peut-être un peu juste. Ils ne me connaissaient pas avant, donc n’étaient encore pas vraiment en confiance. Avec Bagha, j’ai attendu beaucoup moins longtemps, mais c’était un chat que je connaissais et avec qui j’avais déjà vécu de longs mois.

Apprendre à un chat à venir quand on l’appelle (quand il veut bien) ce n’est pas extrêmement compliqué, avec un petit sachet de friandises. (On peut même aller plus loin et faire un peu de clicker training, ce qui est une excellente façon de créer un lien avec le chat.) Si le chat pige la fonction du sachet de friandises à l’intérieur, il y a toutes les chances que ça marche aussi dehors.

Avant de mettre le nez dehors, le chat doit bien entendu être pucé (faites d’ailleurs pucer même vos chats d’intérieur — c’est quand ils se retrouvent dehors de façon imprévue que la puce est utile!). Personnellement je prends une précaution supplémentaire: je mets au chat un collier avec une étiquette indiquant son nom et mon numéro de téléphone.

What are you looking at like that?

Pour Bagha, comme vous voyez ci-dessous, ça m’a été extrêmement utile pour indiquer aux gens chez qui il allait s’installer qu’il ne fallait pas le nourrir ni le garder longtemps dedans (il était vraiment sans-gêne, sans être tout à fait aussi envahissant que Tounsi).

Collar-label making process Bagha and his collar -- both sides!

Ensuite, il faut commencer par le début. La porte d’entrée. Pour que le chat revienne, il faut qu’il soit super familier avec “l’extérieur” juste derrière la porte. Alors on ouvre la porte, on la laisse ouverte, on sort, on laisse sortir le chat, qui probablement filera dedans au premier bruit un peu inquiétant. Il faut le laisser ressortir à sa vitesse. Si c’est un chat craintif et visiblement trop flippé, l’attirer dehors à coups de friandises (mais pas trop loin).

Je ne fais des séances “extérieur” trop longues au début. J’accompagne le chat, primo pour garder un oeil sur lui, deuxio pour qu’il s’habitue à ma présence dehors aussi. De temps en temps je l’appelle et je lui présente une friandise, histoire qu’il associe ma présence “en extérieur” à une gâterie.

Une fois que le chat commence à être à l’aise, peut-être après quelques sorties, il va s’éloigner de plus en plus. Là aussi je l’accompagne, et je profite pour l’encourager à rester dans les zones extérieures que j’aimerais qu’il s’approprie. Par exemple, chez moi, il y a quand même des routes pas loin. Je passe donc beaucoup de temps avec les chats devant et autour de l’immeuble, pour être sûre qu’ils sont bien là. Quand ils partent dans une direction que je ne veux pas encourager, je les rappelle (friandise) et je les invite ailleurs. (C’est comme ça que je me retrouve à “promener les chats”, au grand amusement de mon entourage.)

Une fois que j’ai pu constater que le chat était à l’aise dans son environnement extérieur immédiat, qu’il connaît le chemin du retour (je l’aurai régulièrement appelé pour le faire rentrer, puis ressortir, puis rentrer, puis ressortir…), je commence avec les sorties non supervisées — ou supervisées depuis le pas de la porte.

Voilà en gros comment je m’y prends!

Avec Tounsi et Quintus, j’ai deux chats assez différents. Tounsi était probablement un chat voyageur: il n’avait aucune peur ou appréhension dans un environnement nouveau, par contre, revenait en courant comme un petit chien lorsque je l’appelais, et me suivait. Le souci ça a été les premières sorties sans supervision (il allait loin, et je l’ai laissé faire trop vite). J’ai donc rétrogradé aux sorties surveillées et fait beaucoup beaucoup de tours d’immeuble avec lui.

Quintus est plus peureux. Il a peur du couloir. Peu après qu’on ait commencé à le laisser sortir, il a “fugué”. J’étais en vacances et ma catsitteuse n’était pas très rassurée! (Pas malin de partir, mais j’avais des soucis “intérieurs” avec les chats et c’était vraiment important de le laisser sortir — et c’est un chat que je connaissais déjà un peu.) En fait il était planqué à une dizaine de mètres de l’immeuble, ne réagissait pas quand on l’appelait, et avait peur de l’entrée. A mon retour j’ai fait une grande opération “séduction en extérieur” pour qu’il comprenne que venir vers moi quand on était dehors était gustativement intéressant ;-) . Quant à ses jours de fugue, on avait la chance de pouvoir lui laisser l’accès au bureau ouvert la nuit, avec eau et croquettes. Pas idéal, mais ça a marché.

La semaine dernière au chalet, j’ai sorti les deux chats d’un coup après 36h environ. Ils étaient bien peinards dans le chalet, et Tounsi commençait à faire la vie pour sortir (il fait normalement ses besoins dehors). Il n’y a pas de dangers immédiats autour du chalet, il me restait plusieurs jours avant de devoir redescendre, alors je me suis lancée. Je suis sortie avec Tounsi, j’ai laissé la porte ouverte, Quintus a suivi. Tounsi a filé assez vite chez les voisins, et je l’ai suivi — Quintus aussi. J’ai perdu de vue Quintus près de leur chalet. Après un moment j’ai appelé Tounsi pour le rentrer et je suis partie à la recherche de Quintus — en vain. De retour au chalet, je suis accueillie par deux chats: Quintus était en fait rentré tout seul au chalet bien avant, sans que je le voie! J’ai donc ensuite simplement pris soin de laisser la porte du chalet entrebâillée quand les chats étaient dehors, et d’aller les rapercher à coups de friandises après 15-30 minutes. (Sortie du chalet en photos et en vidéo. Premières sorties de Tounsi et Safran à la maison.)

Questions? :-)

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Tounsi et le restaurant “Au Gras Haret”

[en] A crazy old lady some buildings (and a road to cross) away is feeding "stray" cats, including Tounsi. I'm pissed.

Il y a quelques semaines, j’ai fini par percuter que non content de me réveiller chaque matin à l’aube pour sortir, Monsieur Tounsi filait en droite ligne à travers les immeubles pour une destination inconnue. Un matin, j’ai enfilé toutes mes couches et je l’ai suivi. Il avait le museau plongé dans ceci, trois immeubles et une route à traverser plus loin:

Au Gras Haret

Je vous passe les détails du feuilleton, message dans la nourriture, nourriture déplacée, sonner aux portes, non c’est pas nous, nourriture de retour, chez la concierge, ça doit être la dame là-haut, non-non c’est pas moi je peux pas vous dire qui c’est non c’est pas moi, nourriture envolée comme par hasard dans l’heure qui suit.

Aujourd’hui, je file à nouveau Tounsi. J’arrive au coin de l’immeuble, je le vois foncer tout excité sur quelque chose dans l’herbe, je contourne le coin, et voilà que je prends sur le fait la dame “non-non c’est pas moi je peux pas vous dire qui c’est” en train de lancer depuis son balcon la pâtée dans le jardin de l’immeuble.

Elle me voit, range ses mains, genre j’ai rien fait.

Je suis en pétard. Un peu fermement peut-être, mais tout de même poliment, je lui demande de ne pas mettre de la nourriture dehors comme ça. S’ensuit un dialogue de sourds comme je suis sortie sans mes appareils, mais qui contient “vous avez qu’à le garder dedans” et des choses comme “si vous nourrissez un chat, vous devez vous en occuper, et si c’est pas le vôtre, vous avez rien à faire à le nourrir” (je vous laisse deviner qui a dit quoi).

Un peu hors de moi (qu’on me mente en me regardant dans le blanc des yeux, je prends ça mal) je monte chez la concierge lui dire que j’ai une preuve visuelle, parce que la dernière fois, tant qu’on a pas vu, on peut rien dire. De l’étage d’en dessus, porte ouverte: “c’est pas vrai!” — je suis estomaquée par tant de toupet. La dame a clairement perdu un certain nombres de boulons sur le chemin de la vie. La concierge me dit qu’elle lui parlera. Je m’en vais, Tounsi gueulant et gigotant sous le bras.

La suite au prochain épisode.

Note: si vous êtes une personne à chat, je vous invite à demander à rejoindre le super groupe Facebook “Mon chat m’a domestiqué(e). Et j’aime ça.” où vous pouvez entre autre suivre le déroulement de ce genre de drame félin en direct, en plus de gagater quotidiennement sur les photos de nos domestiqueurs à poils.

2ème Back to Blogging Challenge, jour 1. Autres courageux: Nathalie Hamidi (@nathaliehamidi), Evren Kiefer (@evrenk), Claude Vedovini (@cvedovini), Luca Palli (@lpalli), Fleur Marty (@flaoua), Xavier Borderie (@xibe), Rémy Bigot (@remybigot), Jean-François Genoud (@jfgpro), Sally O’Brien (@swissingaround), Marie-Aude Koiransky (@lumieredelune), Anne Pastori Zumbach (@anna_zap), Martin Röll (@martinroell), Gabriela Avram (@gabig58), Manuel Schmalstieg (@16kbit). Hashtag: #back2blog.

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Bye-Bye Bagha (1996-2010)

[fr] Mon compagnon chéri Bagha est mort hier soir d'un infarctus. Je suis sous le choc -- je pensais honnêtement qu'avec sa santé de vieux chat, il allait décliner gentiment et que j'aurais le temps de me préparer.

Je sais que beaucoup d'entre vous l'ont connu et aimé, le temps d'une caresse ou d'un séjour à l'eclau ou chez moi.

Bagha était un super compagnon. Il était toujours là avec moi, surtout ces dernières années: au travail comme à la maison, et surtout, la nuit, lové au creux de mon bras.

Je suis effondrée. Mais je sais qu'il a eu une belle vie, entre l'Inde et la Suisse, et que j'ai été une bonne maîtresse pour lui.

Il va me manquer terriblement.

My beloved Bagha died last night of a heart attack.

Bagha @eclau 3

As all of you who know me can imagine, I’m devastated. Bagha has been my constant companion through the last 11 years — at home and at work, from India to Switzerland, and the cuddly purrball of my often lonely nights.

Bagha was an extraordinary cat with a lot of character and a quite incredible early life story. By some weird twist of fate, in less than two weeks I’m heading back to the precise place in India it all started a little over 14 years ago. My plan is to take Bagha’s ashes with me.

I knew I’d have to write this post one day, but I really thought I’d have more time to prepare for it. Bagha was FIV+ and had a heart condition, and he’d been showing clear signs of ageing and slowing down these last two or three years. But I thought he would continue slowing down, or develop complications due to his FIV status. I didn’t imagine it would be this brutal.

His last day was very normal: out for a stroll, back in for some food, a cuddle, and the beginning of his long day-time naps. He spent the afternoon on the bed while my friends and I baked Christmas cakes, coming over to help us clean egg-yolk mess from the floor (a rare treat for him).

We heard him crying out early evening and found him trying to hide under the bed, in pretty poor shape. Though we rushed him to the emergency vet, his heart was too damaged, his body temperature was dropping, and there was nothing to do but let him go.

Facing life without Bagha is a bit scary. I sometimes said we were like an old couple. We knew each other well, had our habits, and our lives integrated pretty seamlessly. I moved into this flat with him 10 years ago. He’s been the resident cat at eclau for the past two years.

I wonder how much time it will take for me to stop expecting him to show up or be in the garden when I come home. How long I’ll wake up in the morning surprised that he isn’t on the bed, or hasn’t woken me up to be let out.

I miss him terribly.

A lot of people knew Bagha. He was already famous in IUCAA (Pune) when we were living there. He quickly made a name for himself in his new Swiss neighbourhood. He’s had a good handfull of catsitters during the last 10 years, who came to live in my flat and care for him while I was travelling. He has fans online and offline, not least through eclau.

I can’t face telling everybody who knew him personally right now, so forgive me if you learned this sad news through this blog post.

Bagha was a great pet, and I know I treated him well, and he had a great life. There are worse ways to go, too. I’m thankful he was a part of my life for as long as it lasted. And I think that everybody who crossed paths with him, for a few minutes or much longer, was lucky for it.

Bye-Bye Bagha. You were loved. You’ll be missed.

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Chat ou e-mail pour rester en contact?

[en] I almost never write personal e-mail -- as in, letter-e-mails. I use e-mail a lot for business and factual stuff, but when it comes to catching up with friends and personal relationships, nothing beats reasonably synchronous modes of communication: IM, IRC (and other forms of chat), SMS, Twitter, phone calls, or even meeting face-to-face (yes!).

I wonder if this is a question of personal preference (some people are letter-writers, some aren't) or if something in the nature of the tools pushes things more in one direction than another (for example, talking about one's life and emotions is clearly nicer to do in a very interactive setting).

Au détour d’une conversation avec Fabien ce matin, je (nous) faisais la réflexion suivante: même si j’adore écrire (preuve les kilomètres de texte qui s’alignent sur ce blog, sauf quand je n’écris pas) je ne suis pas du tout versée dans l’e-mail “correspondance”.

Certes, j’utilise (beaucoup) l’e-mail comme outil de travail. Pour des échanges factuels. Pour de l’administratif.

Mais pour parler de sa vie ou de son coeur, je préfère être en intéraction directe: IM, SMS, IRC Twitter, téléphone, ou même (oh oui!) se voir en chair et en os pour boire un café ou manger un morceau.

Déjà avant que l’e-mail ne débarque dans ma vie, je n’étais pas vraiment une correspondante. Ma grand-mère paternelle se plaignait amèrement du manque de lettres provenant de sa petite-fille, les cartes postales signées de ma main étaient dès le jour de leur réception des pièces collector, et les deux ou trois tentatives adolescentes d’avoir des correspondantes dans d’autres pays se sont assez vite essoufflées.

Peu étonnant, dès lors, qu’un fois accro au chat sous toutes ses formes, ce soit les modes de communication interactifs que je privilégie pour mes relations avec les gens.

Je me demande si c’est simplement une préférence personnelle (certains sont épistoliers, d’autres pas) ou bien s’il y a véritablement des caractéristiques des médias en question qui la sous-tendent: l’interactivité (relativement synchrone), par exemple. Parler de ce qu’on vit ou fait (c’est souvent l’essentiel des conversations), c’est bien mieux avec un retour direct d’autrui en face, non?

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Chalet, chat sous duvet

[en] A few words about being at the chalet alone with Bagha. I'm happy there is no internet connection there.

Me voici seule au chalet. Enfin, seule avec mon fidèle et ronronnant compagnon à quatre pattes. J’ai choisi d’écourter mon séjour, ayant deux (peut-être même trois) crises à gérer ces jours, mais j’ai refusé d’y renoncer. Un long week-end pour reprendre de l’air, du vendredi au lundi, je crois ne pas exagérer en disant que j’en ai bien besoin.

Cela fait longtemps que je ne suis pas montée ici seule. Je pourrais vérifier dans le carnet de bord du chalet, sorte de livre d’or où les visiteurs chroniquent les jours passés ici. C’était mon initiative, ce livre de bord: un “blog collaboratif hors-ligne” — et à ma surprise, tout le monde s’y est mis.

Je me souviens de deux séjours solitaires. Le premier, c’était dans une autre vie. Avant l’Inde, avant le blog, avant Bagha. J’avais découvert internet depuis quelques mois, je chattais à n’en plus dormir la nuit, j’avais peur d’être “accro”, et je suis montée quelques jours durant les (à l’époque) longues vacances universitaires de février pour faire le point. A défaut de cahier pour le chalet, c’est à cette occasion que j’ai acheté mon premier “cahier de route” (j’en suis au treize ou quatorzième) servant à la fois de journal, bloc-notes, liste de commissions.

Le deuxième, justement, c’est “celui du carnet de bord”. C’était en 2002, je préparais ma licence de philo, et j’avais besoin d’un changement d’air. Je me souviens que je lisais Paul Ricoeur devant un feu de cheminée, le chat sur les genoux, et à un moment donné, j’ai réalisé que je comprenais ce que je lisais. Vraiment. C’était une expérience de “flow” intellectuel assez intense. Peut-être que je devrais ressayer de lire Ricoeur — j’ai des tas de livres à lui dans ma bibliothèque.

Me voici donc seule au chalet, pour quelques jours de répit dans la tourmente. J’ai éteint mon téléphone, je sais à peine quelle heure il est, et demain matin je me lèverai quand je me lèverai, déjeunerai, prendrai ma douche, puis m’inquiéterai à ce moment-là de savoir ce que je fais de ma journée. Marche s’il fait beau. S’il pleut, lecture, écriture, ou piscine à Villars (puisque mon passe “indigène” m’y donne droit).

Avec les autres copropriétaires, on a évoqué la possibilité d’amener une connexion internet au chalet. J’espère que ça ne se fera pas. Je crains de ne pas réussir à me tenir à une décision qui ne serait pas soutenue par une contrainte technique: bien sûr que je pourrai continuer à monter au chalet “sans internet” — mais dans l’état actuel des choses, la décision est prise pour moi, et cela rend les choses plus simple.

Plutôt qu’une question de dépendance à internet, je pense qu’il s’agit ici plutôt d’une surcharge de décisions à prendre. J’ai déjà mentionné le livre The Paradox of Choice, qui m’a fait prendre conscience à quel point nous devons prendre un nombre toujours croissant de décisions (micro et macro) dans nos vies, à plus forte raison lorsque l’on est indépendants. N’avoir pas à décider de ne pas travailler quand je monte ici, c’est déjà des vacances. Vous voyez ce que je veux dire?

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Retour de vacances

[en] I've written a lot about my holidays in English. Time for my French readers to get a share!

Voilà, j’ai promis quelque chose en français, me voici donc. J’ai filé à la montagne pour une petite semaine au vert, sans internet, avec pas mal de marche et beaucoup de photos de fleurs.

J’ai un chalet (copropriété familiale, il appartenait à mes grands-parents, je me retrouve donc avec une tranche) à Gryon, tout près de la gare, et que je ne fréquente de loin pas assez.

Une de mes excuses c’est que c’est compliqué d’y monter, surtout maintenant que je n’ai plus de voiture, avec le chat, etc — mais expérience faite, ce n’est pas si terrible. Ça coûte une dizaine de francs aller simple. La même chose que pour aller à Genève.

Je mets le chat dans sa cage, et le charge sur les roulettes de mon caddie à commissions. Il y a un bac à litière et du sable déjà là-haut, et si je m’organise un peu, je monte des draps que j’y laisse, histoire de ne pas avoir besoin de descendre à chaque fois les draps communs pour les laver après utilisation. Un taxi direction la gare depuis chez moi, hop, 90 minutes de train, et j’y suis.

Gryon, c’est un coin superbe. Ça faisait une année que je n’y étais pas montée (et même quelques mois). Surtout, c’est un coin que je n’ai jamais vraiment fréquenté en été (du moins depuis mon enfance). Je garde des bons souvenirs de marche en montagne avec mes parents et des amis, quand j’étais enfant. Oui, c’était parfois pénible, marcher des heures et des heures, mais je crois que j’aimais assez ça — du moins retrospectivement.

Cinq jours sans accès internet, vous vous rendez compte? Ça faisait des années que je n’avais pas fait ça. J’avoue n’y avoir pas trop pensé, avant. J’ai toujours eu assez confiance qu’il me serait sans trop de difficulté possible de me passer de “connexion” durant un moment. En fait, je n’avais même pas tellement prévu si j’allais profiter ou non des possibilités offertes par mon téléphone mobile (e-mail, Twitter, chat/skype).

Après une première journée où j’ai manqué consulter mon e-mail durant les moments où j’étais seule, j’ai assez vite “déconnecté” sans souffrance. Oui, je me demandais parfois ce que j’avais dans mon inbox, tout comme je me reprenais parfois à penser au travail — mais simplement dans la mesure où quand on travaille non-stop et sous pas mal de stress durant des mois (voire des années), eh bien, il faut quelques jours pour décrocher complètement.

Marcher m’a fait le plus grand bien. Marcher, regarder les montagnes. Prendre des photos — un plaisir redécouvert, après quelques années ou la photo est devenue pour moi de plus en plus orientée “objectif-publication” (aux conférences surtout — prendre beaucoup de photos, les mettre en ligne à mesure, taguer, etc.)

J’ai envoyé quelques photos avec TwitPic, histoire de faire saliver un peu mes amis, mais pas de façon compulsive. Comme l’a bien dit Xavier, quelque chose qui me ressemble assez peu: pas de tags, pas de notes, juste une photo et un petit titre.

J’ai décidé que je voulais marcher plus, venir au chalet plus. Et j’ai bloqué des dates de retour à la montagne avant de redescendre en plaine. C’est beaucoup plus facile de bloquer des vacances quand on est reposé et en train justement d’en profier, que lorsque l’on est pris dans la spirale infernale du stress-travail.

Pour prendre de la distance, c’est important de se recentrer. Et me retrouver 5 jours à la montagne, avec une copine, à faire des activités tout sauf intellectuelles (marcher, dormir, manger, bûcheronner dans le jardin, papoter un peu et lire/écrire avant que le sommeille ne m’assome, avant 10h du soir), c’est ce qu’il me faut. Pas de soucis, pas de prises de tête, pas de possibilité de faire quoi que ce soit. Repos forcé de l’esprit. De temps en temps, rebooter la machine.

Etre au milieu des montagnes, en pleine nature, ça aide à prendre un peu de distance par rapport à ses soucis et à sa vie. Les montagnes sont là depuis de millénaires, immuables. Leur présence me donne le tournis. On voit sur elles la trace de leur naissance, les plis rocheux un jour liquide. Et puis dessus, quelques petits chalets. L’homme est un invité sur cette terre. A Lausanne, le lac me fait un peu le même effet. Mais en moins radical.

J’aime la montagne.

Une source importante de mon stress est ma tendance à aborder tout problème comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. Je prends les petites choses beaucoup trop à coeur, je m’y épuise.

Depuis mon retour, je m’exerce à “m’en foutre”. Pas dans le sens d’être indifférente, mais de me détacher un peu, de me laisser moins affecter. A ne pas prendre les choses tellement à coeur, justement.

J’ai ralenti, et je dédramatise. Le ralentissement est particulièrement perceptible. Je mets le temps qu’il faut pour faire les choses, plutôt qu’essayer de les faire aussi vite que possible, d’être la plus productive possible. Ça n’a rien à voir avec utiliser ou non une méthode telle que GTD, mais vraiment avec sur quel “canal” je branche mon cerveau.

Et là, je sens que c’est pour de vrai. Quand je me réveille, je ne me sens pas sous pression de démarrer au plus vite, d’abattre ceci ceci cela durant la journée, ce qui va habituellement de pair avec une furieuse envie de ne rien faire, de procrastiner, ou de replonger dans les bras de Morphée pour une heure ou deux.

Je me recentre sur moi. Je prends le temps de me lever. Se lever c’est pénible, j’ai souvent l’impression qu’il me faudrait plus de sommeil, mais en fait (et c’est mon couchsurfeur de l’autre soir qui m’a sorti ça, sans ce rendre compte que cette phrase me suivrait durant des jours), “après on se sent mieux”. Se lever c’est pas drôle, mais en fait, une fois qu’on a fini de se réveiller, on se sent mieux. J’expérimente ça très consciemment depuis deux jours, et c’est vrai. Plutôt de focaliser sur la pénibilité du réveil, je garde à l’esprit que c’est un passage difficile pour me sentir mieux plus tard.

Au chalet, j’ai découvert le plaisir de me “réveiller” dans le jardin. Non pas que je dormais dehors — je parle de la phase où on “émerge”, où l’on ne dort plus, mais où tout ne fonctionne pas encore. Chez moi, cette phase un peu vaseuse se faisait souvent en ligne. Il y a un moment j’ai découvert que passer ces 10-15 minutes sous la douche plutôt que dans son e-mail était nettement plus agréable. Mais ça n’est pas rentré assez profond pour que je change mes habitudes.

Là, au chalet, une fois réveillée, j’allais sur le balcon regarder les montagnes, puis je sortais avec le chat, qui, peu à l’aise dans ce territoire qui n’est pas le sien, rechignait à aller prendre l’air tout seul.

D’une certaine façon, je dirais que ces petites vacances à la montagne m’ont aidée à mieux me reconnecter à ma vie.

Voilà, chers lecteurs francophones. Vous voyez comme c’est. Je vous néglige pendant des semaines voire des mois, puis je vous assome d’une tartine qui n’en finit pas.

On va s’arrêter là. Mais n’oubliez pas de jeter un oeil aux photos des vacances!

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5 Lessons in Promoting Events Using Social Media (Back to Basics)

[fr] Leçons apprises lors de la promotion de Going Solo:

  • communiquer directement avec les gens (messagerie instantanée, conversation offline, téléphone) est le mode de communication le plus efficace
  • ne pas négliger l'e-mail, les dossiers de presse, le matériel imprimable: tout le monde ne lira pas le blog ou Twiter
  • rien ne devient automatiquement "viral" parce que c'est sur internet: aider les gens à vous aider à passer l'info, par exemple avec un e-mail "forwardable"
  • aller où sont les gens, les retrouver dans leur communauté (Facebook, MySpace, Rezonance, LinkedIn... partout)
  • ça prend du temps... beaucoup de temps

J'ai été surprise à quel point tout ceci a été difficile pour moi, alors qu'une partie de mon métier consiste à expliquer aux gens comment utiliser les nouveaux médias pour communiquer plus efficacement. Une leçon d'humilité, et aussi un retour à certaines choses basiques mais qui fonctionnent, comme l'e-mail ou le chat. En récompense, par contre, un événement qui a été un succès incontesté, et tout cela sans le soutien des médias traditionnels (pour cause de communiqué de presse un poil tardif) -- mis à part nouvo, qui a répercuté l'annonce, mais qui trouvait que c'était cher!

One of the big lessons I learnt while organising Going Solo is that promoting and communicating about an event through social media requires a huge amount of time and energy. In this post, I’d like to share a few of the very practical things I (re-)discovered.

Even though part of what I do for a living is explain social media and its uses in marketing to my clients, I found it quite a challenge when I actually had to jump in and do it. (Yes, I’m aware this may sound pretty lame. By concentrating on the big picture and the inspiring success stories, one tends to forget some very basic things. Sending managers back to the floor every now and then is a good thing.)

The main lesson I learnt is the following:

  • 1. The absolute best channel to promote anything is one-on-one personal conversation with somebody you already have some sort of relationship with.

Any other solution is a shortcut. And all shortcuts have prices.

This means I ended up spending a lot of time:

  • talking to people on IM, IRC, and offline at conferences
  • sending out personal messages on LinkedIn and Facebook.

Anytime you do something to spare you this time (like sending out a collective e-mail, writing a blog post, or even tweeting — situations where you’re not adressing one specific individual directly) you dilute what you’re communicating. You open the door to:

  • imperfect understanding of what you’re trying to say
  • people not feeling like it’s really addressed to them (lack of interest, or lack of awareness that their actions are important to you)
  • people simply not seeing it.

I have many examples of this. I created a page with material people could use to promote Going Solo, in particular, blog sidebar badges. But not many people put them up spontanously, even amongst my friends. But when I started pinging people on IM and asking them if they would please put up a badge to support my event, they did it. They just hadn’t got around to doing it, hadn’t realised that them doing it was important for me, or it had simply slipped their mind. It’s perfectly understandable: it’s “my” event, not theirs.

Another example is when I started sending out my “forwardable e-mails” (lesson #3 is about them), most people stopped at “well, I’m not a freelancer” or “I can’t come”. It took some explaining to make sure they understood that the main reason I was sending them the e-mail was that they might know somebody who would like to come to the event, or who could blog about it, or help with promoting it. If I spared myself the personal conversation and just sent the e-mail, people were much less likely to really understand what I expected from them, even through it was spelled out in the e-mail itself.

And that was a big secondary lesson I learnt while preparing Going Solo: it’s not because people don’t get back to you, or don’t act, that they aren’t interested or don’t want to. The burden is on you to make it as easy as possible for them to help you.

Let’s continue on to the next lessons.

  • 2. Blogs and Twitter are essential, but don’t neglect less sexy forms of communication: newsletter, press release, printable material.

The first thing I did for Going Solo was to create a blog and a Twitter account. Getting a blog and Twitter account off the ground isn’t easy, and it took quite a lot of one-on-one communication (see lesson #1) (and blogging here on CTTS) to get enough people to link to them so that they started taking off.

But the lesson here is that not everybody is on Twitter, and not everbody reads blogs. We highly-connected types tend to forget that. It didn’t take me that long to get the feeling that I had “exhausted” my immediate, social-media-enabled network — meaning that all the people who knew me directly had heard what I was talking about, linked to stuff if they were going to, or registered for the event if they were interested.

So, here are some less “social media cutting-edge” forms of communication I used, most of them very late in the process (earlier next time):

Some comments.

Our press release came out so late that we got no coverage at all from traditional media, bar one exception, which focused on how expensive the event was. This means Going Solo Lausanne is a great case study of successful event promotion entirely through social media.

When I created the newsletter, I spent a lot of time following lesson #1 and inviting people personally to sign up, through IM most of the time. I sent out invitations through the Google Groups interface, of course (to the extent that I got flagged as a potential spammer). But I also went through the process of inviting people directly through IM.

A word of warning about newsletters: don’t add people to your newsletter unless you’ve checked beforehand that they were OK with it, or if you have a very good reason to do so (they are the speakers/attendees for your event) — but even then, it can be risky. I was recently added to a bunch of mailing-lists without having asked for it, rather than invited, and I find it really annoying. It’s way more impolite to unsubscribe from a newsletter than refuse an invitation to subscribe, so adding people can put them in an embarrassing situation (be impolite vs. be annoyed at getting newsletters one doesn’t want).

  • 3. Don’t expect “viral” or “organic” spreading of your promotion to happen, but prepare the field so it can: the forwardable e-mail.

There is so much talk about the fact that social media allows things to spread all by themselves (and indeed, there is an important potential for that, and when it happens, it’s very powerful) — that we tend to expect it to happen and be disappointed when it doesn’t. And let’s face it, it’s not something that we can control (sorry for stating the obvious again, I’m doing that a lot in this post) and it takes quite a bit of skill to create the right conditions so that it may happen.

So, now that we’ve set our expectations, what can be done to help things spread? I mentioned having exhausted my immediate network higher up, so I needed to come up with a solution which would help me reach beyond it. How could I get my friends to mention Going Solo to their friends?

Of course, our use of social media in general allows that. Blogs, Facebook Groups and Events, sidebar badges… all this is material which can spread. But again — what about the people who aren’t bathing in social media from morning to evening?

Back to basics: e-mail. E-mail, be it under the shape of a newsletter, a discussion list, or simple personal messages, has a huge advantage over other forms of online communication: you’re sure people know how to use it. It’s the basic, level 0 tool that anybody online has and understands.

So, I started sending out e-mail. A little bit of push is good, right? I composed a rather neutral e-mail explaining what Going Solo was about, who it was for, giving links to more information, and a call to action or two. I then sent this impersonal text to various people I knew, with a personal introduction asking them to see if they knew anybody who could be interested in information about this event, and inviting them to forward the message to these people. Nothing extraordinary in that, right?

I of course applied lesson #1 (you’re starting to know that one, right?) and tried as much as possible to check on IM, beforehand, if it was OK for me to send the “forwardable e-mail” to each person. So, basically, no mass-mailing, but an e-mail written in such a way that it was “forwardable” in a “here’s what my friend Steph is doing, could interest you” way, which I passed along as a follow-up to a direct chat with each person.

In a more “social media” spirit, of course, make sure that any videos you put online can easily be shared and linked to, etc. etc — but that will be pretty natural for anybody who’s familiar with blogging and “being online”.

  • 4. Go where people are. Be everywhere.

Unless your event is already very well known, you need to go to people, and not just wait for them to come to you. If you’ve set up a blog, Twitter account, newsletter, then you have a place where people can come to you. But that’s not enough. You need to go where people are:

  • Facebook
  • Upcoming
  • LinkedIn
  • Xing
  • MySpace
  • Pownce
  • Seesmic
  • Existing communities big and small… (blogs, forums, chatrooms)

Again, this is a very basic principle. But it’s not because it’s basic that it’s invalidated by the magic world of social media. Where you can create an event, create an event (Upcoming, Facebook, Pownce, Rezonance — a local networking thingy); where you can create a group, create a group — I waited a lot before creating a Facebook group for Going Solo, because I had a fan page for it already, but as you can see the group worked much better.

  • 5. It’s a full-time job.

Honestly, I didn’t think I’d spend weeks doing nothing else but send e-mails, update Facebook pages, blog, send e-mails, talk to people, IM, tweet, e-mail again… to promote Going Solo. It’s a huge amount of work. It’s so much work that one could imagine having somebody full time just to do it. So when you’re (mainly) a one-person shop, it’s important to plan that a significant amount of your time might be spent on promotion. It’s easy to underestimate that (I did, and in a major way).

Working this way doesn’t scale. At some point, one-on-one communication takes up too much time and energy to compensate for the benefits it brings over more impersonal forms of communication. But that only happens once your event is popular enough. Before you’ve held your first event (which was the situation I was in with Going Solo Lausanne), you don’t have a community of advocates for your work, you don’t have fans (you might have personal fans, but not fans of your event) or passionate attendees ;-) , you don’t have other people doing your work for you.

At the beginning, every person who hears about your event is the result of sweat and hard work. Hopefully, at some point it’ll take off and you’ll start seeing more and more people blogging about the event you’re organising — but even then, it might take a while before you can just sit back and watch things happen. But in case this moment comes earlier than planned, you’re all set: you have a blog, a Twitter account, a Facebook group and a newsletter. Until then, though, you’re going to be stuck on IM and sending out e-mails.

A few last words

I hope that by sharing these lessons with you, I’ll have contributed to making things a little easier for somebody else in the same situation I was. You’ll have understood that I haven’t tried to be exhaustive about how to use social media for promotion — indeed, I’ve skipped most of the “advanced” stuff that is more often spoken about.

But I think it’s easy to get so taken up with the “latest and greatest” tools out there that we forget some of the basic stuff. I, for one, was guilty of that initially.

Also, one thing I haven’t spoken about is how to talk to people. Of course, some of what you’re doing is going to be impersonal. Own up to it, if you’re mass e-mailing. Don’t pretend to be personal when you aren’t — it’s hypocritical, doesn’t come across well, and can be smelled a mile away.

I haven’t quite finished reconciling my practical experience with how I believe things “should” work. I’ve learnt a lot, but I certainly haven’t figured everything out yet. I would have wanted to do a lot more, but time simply wasn’t available, so I tried to prioritize. I made choices, and some of them were maybe mistakes. But overall, I’m happy with how things went and what I learnt.

If you have had similar experiences, I’d be really happy to hear from you. Likewise, if you disagree with some of the things I’ve written, or think I’m wrong on certain counts, do use the comments. I’m open to debate, even though I’m a bit hard-headed ;-) .

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