Voici mes notes de la journée de la FER “De la créativité à l’action“. Si vous voyez des erreurs, merci de les signaler dans les commentaires!
09.08.2010: les vidéos de cette journée sont en ligne.
Parler en français => comme si elle devait refaire toute sa présentation! Intéressant…
La créativité casse les cadres, c’est la clé de l’innovation. La plupart du temps on n’en a pas besoin. 2% du temps, on se dit qu’il doit y avoir une “autre solution”. C’est là qu’on a besoin de la créativité. Problème: on cherche souvent une solution qui est trop proche du problème. Mais en fait il faut des fois chercher complètement ailleurs.
Créativité: relier deux aspects qui n’avaient pas de contact avant.
Osborne, américain dans les années 50. A cherché comment il pouvait faire en sorte que chacun de ses 500 employés produise des idées.
Expérience avec 4 personnes du public: A et B sur un panneau, les relier. Comment est-ce qu’on les relie? En général on a tendance à les relier par le chemin le plus court, le plus facile. Mais dans la vie c’est pas toujours possible… steph-note: très tentée d’aller arracher la feuille pour faire se rejoindre A et B en la pliant… ah, quelqu’un l’a fait!
Obstacles à la créativité:
- peur d’être ridiculisé, surtout par soi-même (on est son juge le plus sévère)
- “ça ne va pas réussir”
- on ne voit pas l’avantage
- tenir aux vieilles solutions (on n’aime pas le changement et les nouvelles habitudes, elles sont difficiles à installer! 30 fois un nouveau comportement pour qu’il s’installe, cf. FlyLady)
- “Les Autres” le rendent impossible
- se créer des barrières soi-même
- être satisfait de la première solution
- problème d’autorité: qui est le chef?
L’effet Eurêka: 10 phases
- problème est un défi
- le problème est le vôtre
- recherche de solutions => échec
- frustration
- distraction
- relaxation
- moment de coïncidence
- eurêka, inspiration (si on a de la chance!)
- euphorie
- réalisation
steph-note: lire The Myths of Innovation!
Conditions pour la créativité:
- indépendance
- liberté/espace
- concentration
- motivation intrinsèque *(steph-note: cf. la vidéo de Dan Pink dont je parle dans “Carotte et créativité ne font pas bon ménage“.)*
- bonne définition du problème
- breaking patterns/outside the box
- donner une chance aux idées
- humour
- temps pressé/nécessité
- chercher des alternatives
Conditions créatives en groupe
- stimuation de nouvelles idées
- rémunération d’idées
- moyens (budget, personnes)
- pas trop de contrôle: liberté
- ne poses pas de questions trop définies
- pas autoritaire
Sept règles de communication créative
- suspension du jugement
- écoutez attentivement: quelle peut être la valeur de cette idée?
- fantaisie et imagination
- quantité amène qualité
- pollinisation croisée
- 3x +++ (le droit de demander trois avantages de son idée à la personne qui la reçoit négativement, genre “oui mais bon, sois réaliste!”)
- 28 ideakillers sont tabous (y compris non verbaux!)
Utile de garder à l’esprit le temps d’incubation de certaines idées, entre l’idée et sa mise sur le marché:
- TV: 50 ans
- pacemaker: 30 ans
- fermeture éclair: 30 ans
- stylo bille: 7 ans
- radio: 24 ans
- antibios: 30 ans
- nourriture congelée: 15 ans
Xavier Comtesse
Réseaux sociaux et créativité: étude faite au démarrage de la Muse, sur Rezonance. Quelle est la part des créatifs chez Rezonance?
Parmi les abonnements payants de Rezonance, est-ce qu’un questionnaire va fonctionner? Réponse hallucinante: personne ne comprenait les questions. Problème de langue? Peut-être faut-il passer au hollandais…
Mise en garde:
- la créativité dans le contexte de l’innovation
- un sondage via un réseau déjà existant (Rezonance)
- démarche volontairement participative
- le questionnaire est soumis au Conseil scientifique
En français, “créativité” c’est vraiment associé à l’art. Gros échec
=> il a fallu tout revoir.
Ont monté un sous-groupe du comité scientifique, le “Groupe Montbrillant”. “Pourquoi est-ce que les gens ne comprennent pas nos questions, que nous on comprend très bien?” => ne plus poser les questions sur la créativité, mais partir du principe que la créativité fait partie du processus d’innovation.
En amont: créativité; en aval: amener au marché, stratégie commerciale. On s’est beaucoup préoccupés de l’aval, supposant que là est la difficulté, et moins de l’amont.
Résultats: dans la région lémanique, on aurait une classe créative deux fois plus dense qu’aux USA, par exemple, 62% ont participé à une start-up, 7% on déposé un brevet. steph-note: attention, on parle de Rezonance ici, et non pas d’un échantillon représentatif de la région lémanique!!
Par contre, seulement 5% fréquentent un centre créatif.
Ils ont appelé “net-ups” entreprises qui naissent dans un réseau social et se construisent avec lui. steph-note: pas sûre que j’aime ce terme… c’est simplement le modèle de beaucoup de start-ups dans les nouvelles technologies: agile, crowdsourcing, etc…
Centres créatifs: existent-ils réellement dans notre région? Différentes générations de creative centres.
- première générion, MIT etc: faire vivre des objets et des services avec des usagers, et les observer. Client-roi. Usagers ne sont pas co-créatifs.
Après, consommacteurs. Changement fondamental de percevoir le produit, l’économie. (On est des bêtes curieuses.)
Ces lieux jouent pour l’amont le même rôle que le prototype pour l’aval.
Mettre en place des méthodologies. Les méthodologies ne font qu’accélérer la créativité, rien d’autre. Ce sont des accélérateurs.
Xavier nous montre “la matrice”… “démerdez-vous avec!” — quand un matheux essaie de montrer les résultats d’un sondage. (steph-note: image dans l’article de Pascal Rossini…)
On ne cueille pas de champignons sur l’autoroute. Est-ce que ça s’apprend, la créativité? Difficile d’en parler.
Avait le sentiment qu’après avoir inventé la Swatch, il n’était plus possible dans la société d’inventer autre chose. => nouvelle structure. (Mais en fait le problème c’était lui… steph-note: si j’ai bien compris)
A la base plein de créatifs, mais on le reste pas tous. Métaphore moléculaire: l’être humain est une molécule d’eau (gaz, eau, solide, ça reste une molécule d’eau).
- Gaz: créativité, imagination, exploration
- Liquide: école, expérimentation, évolution (étape douloureuse)
- Solide: éducation universitaire, formation professionnelle, maturité, réalité (ordre, structure)
Relation d’amour-haine entre créativité et structures/organisation (gaz vs. solide).
Le créatif finit toujours par créer des cristaux (les cristaux c’est une idée qui marche!) — c’est la réalité de la créativité! Permettre à la société d’avoir de nouveaux cristaux pour nous donner l’illusion que demain existe. (On a des budgets, des projets, des plannings, “l’année prochaine ce sera bon”. steph-note: ça me fait penser à “The Black Swan“, livre à lire absolument d’ailleurs.
Difficile de trouver l’endroit où les trois états de la matière coexistent (le point triple). Startups.
La métaphore de la perle. L’huître ne crée la perle que si quelque chose dérange. Il faut un élément perturbateur pour la créativité. Clé: identifier et définir cet élément perturbateur. Malheureusement, on s’adapte à nos éléments perturbateurs et nos difficultés. On n’a pas envie de modifier nos habitudes.
Après avoir trouvé l’élément perturbateur, phase inventive, puis phase conceptuelle, phase scientifique, phase commerciale.
Modèle en oignon: chacun est responsable d’un truc, départements. Ça marche pour la rénovation et l’évolution, mais pas pour l’innovation et la révolution. Il faut pour cela supprimer la notion de départements.
Caisse à outils de la phase gazeuse. (The Gas-Phase Toolkit.) Cartes (?).
Important: ça prend du temps. On va pas juste prendre 1h pour être créatifs.
- cerner: quel est l’élément perturbateur? définir le problème
- curiosité: s’intéresser par exemple aux gens qui vont utiliser ce système, qu’est-ce qui se passe au niveau de l’industrie
- idéation: (3 jours) contrairement au citron (plus on presse moins il y a de jus), eh bien l’homme, plus on presse, plus il y a de jus. Il faut prendre le temps d’aller explorer d’autres chemins pour trouver des champignons. On va se sentir perdus. Prendre les chemins de traverse. Energie pour traverser le tunnel. Divergence et convergence. Augmenter le nombre d’idées. Brainstorming (attention, c’est pas une discussion chaotique, c’est un système rigoureux!). Méthode 6-3-5.
- entonnoir: convergence, sélectionner, éliminer, trier les idées après la diarrhée intellectuelle qu’est le brainstorming. Critique constructive. Intuition, imaginer ce que sera demain. Sur nos 100 idées, laquelle aura la médaille d’or, d’argent, de bronze?
Sans élément perturbateur, le brainstorming est de la masturbation.
Etre innovateur, c’est aussi être dans le faire. Ça nous aide à être de meilleurs innovateurs de les suivre jusque dans la dure réalité de l’actualisation.
Chaque fois qu’on a un problème, une nouvelle phase créative est ouverte.
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Donnant-donnant
J’avais l’intention de faire court lorsque j’ai commencé ce billet. Du coup, étalant la rédaction sur plus de 24 heures… il s’est allongé. Mes excuses.
Jeudi, invitée de dernière minute un peu muette à la table ronde qui a suivi la présentation d’Alban Martin sur l’Âge de Peer lors du dernier First de l’année de Rézonance (respirez!), j’ai enfin saisi la réponse à une réflexion qu’on m’a faite concernant la co-création et qui avait fini par me mettre mal à l’aise.
Les entreprises qui impliquent les clients dans la création de produits, qui comptent sur le bouche à oreilles ou les blogs pour faire leur marketing… ne sont-elles pas, en quelque sorte, en train de profiter de la bonne volonté des passionnés que nous sommes? Lorsqu’un service web sauce 2.0 encourage une communauté d’utilisateurs à devenir également une communauté de développeurs, et à produire plugins et extensions, ou lorsqu’il compte sur la “communauté” pour répondre aux questions dans un forum de d’aide, n’est-il pas en fait en train de réduire ses coûts sur le dos des pauvres naïfs qui donnent gratuitement de leur temps et de leurs compétences?
Réponse courte: non.
Réponse plus longue? C’est ce genre de dynamique qui permet aux utilisateurs de profiter de nombreux services gratuits ou quasi-gratuits. Si on peut aujourd’hui lancer un produit avec un budget marketing frisant le zéro absolu, parce qu’il est assez génial pour que les utilisateurs prennent eux-même en charge de faire sa publicité, cela réduit les coûts, certes, mais cette réduction est répercutée sur le prix que doit payer l’utilisateur: souvent rien.
On peut en quelque sorte dire qu’au lieu de payer en argent un service, l’utilisateur paie en donnant un peu de son temps pour recommander le service à des amis (réduisant ainsi la somme d’argent nécessaire à la publicité), ou bien en contribuant un peu de code qui profitera ensuite à tous.
J’aime bien cette façon de voir les choses: j’aime GMail, par exemple, qui fournit à mon sens un service e-mail extrêmement performant pour rien du tout (en cash). Cela ne me dérange pas de “payer” en recommandant GMail à mon entourage, ou en permettant à Google d’afficher parfois des pubs dans l’interface web. Personellement, j’aime recommander les produits que j’apprécie à mon entourage. On pourrait considérer que d’une certaine façon, Google me paie pour faire ça, et qu’en retour, je leur reverse d’argent pour utiliser leur service.
On se déplacerait presque vers une économie du troc, vous ne trouvez pas? L’avantage que j’y vois, comme ça un peu à froid, c’est que le “travail” que je fais pour permettre l’existence d’un service gratuit, je ne le ressens pas comme du travail. Finalement, le service devient le résultat d’un effort communautaire, avec un minimum de structure salariée pour servir de base.
Je crois qu’on commence à avoir tellement l’habitude du gratuit sur le web qu’on oublie ce qui le rend possible. Du coup, dès que quelque chose devient “un peu payant” ou se “commercialise” parce qu’il y a des gens qui gagnent un salaire, on pense que toute gratuité devrait disparaître — de la part des utilisateurs.
J’ai beaucoup entendu ce genre de réaction autour de WordPress. WordPress (le meilleur outil de blog de la planète en ce moment, à mon avis) est avant tout un outil open source et libre, résultat du travail d’une communauté de développeurs et d’utilisateurs. Lorsque Matt a fondé Automattic, une entreprise qui a des employés et qui fournit des services payants tournant autour de WordPress, certains ont commencé à dire “pah! les pigeons qui contribuent à WordPress sont simplement en train d’enrichir Automattic!”
Quand, dans le cadre de mon travail avec coComment, j’ai demandé à un utilisateur qui critiquait notre façon de faire ce que lui suggérait à la place, il m’a envoyé sur les roses en me disant que coComment n’avait pas à tenter d’extorquer du public des informations que lui faisait payer à ses clients.
Ce qui échappe à ces gens, c’est que les petites contributions volontaires sont entre autres ce qui permet de leur fournir gratuitement un service qui vaut plus que rien du tout.
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